Meilleurs Conseils Ever Pour Les Parents

J’vous l’apprend peut-être, mais Papa pis Dada sont sur la mystérieuse et presque mythique liste. THE LIST. Quelle liste? La liste des participants à Célibataires et Nus bien entendu!

Mais non, en fait nous sommes sur la liste de postulants pour recevoir un enfant en tant que famille d’accueil en voie d’adoption.  Ouf c’était long à écrire. Bref, Papa pis Dada ont décidés de s’enfoncer continuer plus loin leur aventure familiale en accueillant un 2e bébé dans leur foyer. Comme la liste est imprévisible, ce bébé pourrait arriver la semaine prochaine comme dans 6 mois. Un autre bébé. Voilà un vent de renouveau dans une vie, n’est-ce pas?

Nous préparer mentalement à avoir un 2e bébé n’est pas une mince affaire. Pourtant, je suis beaucoup moins naïf et beaucoup plus à l’aise à présent (genre admettons dans mes meilleurs jours). J’ai tout même évolué en tant que parent et es appris quelques trucs ici et là.

Voilà les conseils que j’aurais aimé me faire dire avant l’arrivée de mon premier enfant:

Première chose tu vas recevoir la visite d’une infirmière, une intervenante sociale et des amies mamans bienveillantes. Toute la gang vont t’inonder de bons conseils, parce qu’elles veulent ton bien. Une fois qu’elles seront toutes parties, tu vas littéralement oublier tout ce qu’elles viennent de dire à cause du manque de sommeil. Pour compenser, tu vas passer une majeure partie de ton temps à farfouiller les blogs et les forums de discussion sur Internet pour trouver une réponse et tu vas découvrir à quel point l’univers des « mamans » est comparable à un épisode d’Occupation Double, beaucoup de mesquineries et de coups dans le dos.

Tu vas sentir que tout ce que tu fais au début c’est donner le biberon au bébé. T’as raison. C’est ta tâche principale. Pis personne va te dire que tu fais donc une bonne job de donner du lait à ton bébé. Fac félicite toi tout seul, tu le mérites. Tu applaudiras les mamans qui donnent le sein à ce rythme. J’imagine qu’elles ne s’attendaient pas un jour à ce que quelqu’un passe 30 à 40 minutes à jouer après leur nipples, et ce de 10 à 12 fois par jours. Pis fais toi en pas, même si ton p’tit à été nourri au lait formule, il est pas r’viré tout croche et il ne torture pas les animaux pour le plaisir.

Tu vas brailler. Genre beaucoup. Comme une feluette. Comme quelqu’un qui est à bout de souffle, à bout de ressources. Tu vas pleurer parce que ton bébé est tellement beau et parfait que t’as l’impression que ton coeur peut pas contenir autant d’amour et est sur le point d’exploser (American Beauty style). Tu vas aussi brailler parce que t’es fatigué et dépassé par les événements, tu vas brailler parce que tu ne sais pas pourquoi le bébé braille. Tu vas brailler parce que ton émission préféré termine. Tu vas brailler beaucoup.

Il va y avoir des nuits où tu es tellement fatigué que tes jambes en tremblent, littéralement. Tu vas tenir ton bébé, ou plutôt cet espèce de créature chaude et humide qui hurle sans arrêt et qui se calme seulement quand tu marches dans la maison. Tu vas sentir ta rage et ta colère graduellement bouillir dans ton corps, tes émotions vont tilter, tu vas avoir envie de crier: »Pourquoi tu rends ça difficile de même! Laisse toi donc t’aimer! ». C’est là que tu dois déposer le bébé, right now d’ailleurs, puis chrisser le camp. Hors de la chambre, hors de la maison. Même si le bébé braille, même s’il hurle. T’es pas un mauvais parent. T’es un humain, pis les humains sont fait pour agir quand ils entendent de la détresse chez un autre humain. Pis des fois, le mieux pour tout le monde, c’est que tu prennes une p’tite ou grosse pause.

Il va y avoir des moments où ton p’tit va être couvert de morve et de bave et de vieilles traces de compote ou résidus étranges. Il va sentir la marde et la pisse et il ne sera pas du tout mignon et attendrissant. Tu vas juste avoir envie de le mettre dans le bain et le laver avec une hose.

Tu vas faire ton gros possible pour rester en vogue et être drôle et intéressant, mais rapidement toutes tes conversations vont tourner autour du caca de bébé. Tu vas être bizarrement trop intéressé par le caca de bébé. Sa couleur, sa consistance, sa fréquence. Tu vas en parler avec ton conjoint et tous ceux qui vont te demander comment tu vas. Tu vas même prendre en photo ledit caca et l’envoyer à ton conjoint à sa job. Slack un peu.

Il y a des jours où le plus grand défi qui existe est juste de lui chrisser la cuillère de bouffe dans la bouche. Tu vas juste avoir envie de lui forcer sa p’tite bouche ouverte avec une main et d’y enfoncer son dîner dans la gorge avec l’autre. À la place, laisse le jouer dans la bouffe qu’il a pis va t’asseoir plus loin. Tu ramasseras plus tard, c’est pas grave.

Il va y avoir des après-midis où le p’tit va hurler et lancer ses jouets partout parce qu’il veut surtout pas faire de maudite sieste. Tu vas juste avoir envie de le lancer violemment dans son lit. À la place, reste dans ta chambre à toi et écoute tes vidéos de 30 Rock sur le iPad. En braillant, mais c’pas grave. Il veut pas dormir, qu’il dorme pas d’abord.

Il va y avoir des moments où après avoir relu la même fucking histoire pour la quarantième fois, tu vas juste avoir envie de lancer le livre dans le foyer en criant: « J’ÉCOEURÉ DE TON ESTI D’ÉCUREUIL FRISSONS! » À la place, relie l’histoire une 41e fois. Pis vas achetez des nouveaux livres en espérant d’en trouver un autre qui va intéresser le p’tit.

Tu risques de vouloir étrangler et embrasser ton conjoint quand il revient de sa job. Simultanément.

Parfois tu vas avoir le goût de tout abandonner, te coucher en position fœtale tout en regardant ton album photos souvenirs de l’Université, t’sais la fois où on t’avait élu « Party Animal » pis que tu étais on top of the world. Tu peux faire ça. Tu peux aussi faire un liste de tous les gens que tu connais qui ont eut des enfants. J’suis certain qu’il y en a une couple qui sont pas si hot que ça. Donc si eux ont été capable d’élever un enfant sans problème majeur, tu devrais t’en sortir pas trop pire aussi. Tu peux aussi écouter du Adele en boucle.

Finalement, si tu es en train de douter de quoi que ce soit, demande toi: « Est-ce que le bébé est toujours vivant? Bon. Parfait, tu fais une bonne job. »

Dada Blaise

Voyons câlisse!

J’me rappelle encore la première fois où j’ai sacré de mon plein gré. J’attendais l’autobus sur le coin de ma rue, je devais avoir 7 ou 8 ans, pis il mouillassait, ce genre de p’tite pluie fine comme un crachat frette pis désagréable. On était quelques uns attroupés autour du même spot au coin de la rue à attendre l’absolution/le gros autobus jaune. Il y avait deux filles plus vieilles, elle devait être en 6e année, pis c’était des badass, parce qu’elles mâchaient de la gomme pis elle se gauffraient les cheveux. Une des deux a dit à un moment donné: « Câlisse d’esti de pluie. J’haïs ça. » Quelques approbations et hochements de tête du reste du troupeau. L’autre cool girl a renchéri avec un « esti » pis un « chriss qui fait frette. » Ça y était. Les sacres étaient lâchés lousses. Rapidement, tous et chacun se sont mit à murmurer ou carrément dire leur propre gros mots avec un plaisir coupable. La plus grande de la gang, la sacreuse originale, s’est alors tourné vers moi pis m’a teasé du regard:

« Toi, t’aimes-tu ça la pluie? T’haïs ça toi avec hein? »

« Ouain. » que j’ai dis, avec ma p’tite voix simili certaine qui voulait pas être délaissé.

« Ça te fait chier la pluie toi aussi hein? »

 

Je comprenais son invitation. Il était temps de prouver ma masculinité et ma rébellion contre le système en sacrant moi avec.

 

« Ouain, moi aussi j’haïs ça. J’haïs ça en tabarnak. »

 

Le mot était facile à dire. Presque jubilant. Tabarnak. C’est ainsi que j’ai vécu mon premier sacre. En voulant prouver que moi aussi j’étais capable de le faire. C’était un sacre inutile, il n’avait pas de substance, pas de raison d’être. Pourtant, il m’avait déjà accroché.

Flashfoward en 2016. Un moment où mon stress est trop intense pour toutes les mauvaises raisons, pis j’ai juste envie d’avoir la paix 2 minutes, pis toute me fait chier royalement, pis mon p’tit prend une heure pour mettre son fucking pyjama, pis j’suis entrain de perdre patience, en fait elle est rendu dans l’fond du tiroir à côté des bas blancs que personne ne met jamais. Fac j’m’en va dans un autre pièce pis j’accroche ma belle pile de linge bien plié pis, c’est plus fort que moi, j’lâche un « Voyons câlisse! ». Le p’tit retondit, bien intéressé.

« Kess qui a Dada? Toi fâché? »

Je répond pas tout de suite.

« Toi t’as dit, voyons câlisse? » qu’il demande avec la plus grande clarté et articulation inimaginable.

« Oui, Dada est fâché en tabarnak même! que je me permet, parce que j’étais pas arrêtable pis j’en voulais à la Terre entière et toutes les circonstances qui m’avaient amené à ce point dans ma vie où  je me retrouvais devant une pile de linge détruite.

« Oh…c’est pas grave Dada. »

Bon…d’accord, bon point Petit Pou.

J’exerce un métier prenant et exigeant qui comporte beaucoup de facettes différentes, notamment un self-control sur le langage puisque je passe ma journée à enseigner et à montrer l’exemple sur la bonne conduite à avoir. Il est donc rare de voir un enseignant dire « Bon, on va faire des esti de math pour changer! », « OK, là vous baissez le volume parce que j’suis chrissement écœuré de vous entendre! » ou bien « Yé c’est la fin de la journée, on décalisse d’icitte! » Je me retiens donc toute la journée pour ne pas lâcher des gros sacres bien senti qui me ferait DONC du bien. Je suis un ADULTE après tout. Et le soir à la maison, c’est la même chose. J’essai d’utiliser un langage normal et approprié pour mon enfant de 3 ans et demi. J’essai donc de ne pas dire « Mange tes sacraments de piments! » ou « Laisse moi pisser tranquille câlisse! ». Pourtant, à me r lire, il semblerait que je suis un espèce de bûcheron malpoli qui adore lâcher des « esti » à tout bout de champ, et pourtant pas tant non. Je ne suis pas particulièrement fan de langage vulgaire ou grossier. Je n’ai pas grandi avec des parents qui nous sacraient après sans arrêt. Quoique les partys de famille et les parties de cartes joués par la parenté m’ont quand même fait une belle éducation sur comment sacrer avec jovialité et envoyer chier quelqu’un parce qu’il m’a coupé aux cartes.

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Comme grand-maman le disait: « p’tite truie! »

Mais l’espèce d’interdit qui vient avec ma job de prof et de parent m’a comme qu’on dirait boosté les sacres depuis quelques temps. Une fois le p’tit endormi, les « chriss », « esti » pis « grosse conne » me sortent de la bouche facilement, surtout lorsque j’écoute Canal Vie. Je me défoule comme qu’on dirait (peut-être l’avez vous subtilement remarqué dans mes textes). J’ai donc découvert le pouvoir bénéfique du sacre. C’est un moyen comme un autre de s’offrir une libération émotionnelle. Il parait même que sacrer permet de mieux endurer la douleur. Ainsi, oui godamnit, j’me permets de sacrer pis joualer en masse dans mes textes et mes soirées entre copains. J’aime ça dire parfois que mon p’tit me fait chier, qu’il a été un p’tit câlisse, pis m’imaginer lui faire des fuck you dans sa face quand il annonce que non, il ira pas dans le bain (c’est notre guerre personnelle à tout les deux). Une étude (trouver sur Facebook mais bon, faut c’qui faut) démontre que ce de lâcher des gros mots devant les enfants n’est pas nocif en soi, ce qui est important est de ne pas dénigrer l’enfant par le biais du sacre, ni d’utiliser un langage péjoratif ou insultant. Par contre, si vous vous cogner l’orteil et que vous lâcher un « câlisse », votre enfant ne se mettra pas à vomir du sang et s’auto-mutiler pour autant.

Fac ouain…plus j’y pense, plus que finalement, chriss, j’sacre par boutte. Je suis un jovial sacreur moi avec. Pis, ça me dérange pas tant finalement. Des fois je lâche un « gros épais » quand je conduis ou « hey tabarnak! » quand j’perd à Mario Kart. Mon p’tit me dit « merci » et « s’il-vous-plait » et est poli avec la visite, mais de temps en temps, il entendra peut-être un « câlisse » quand on joue aux cartes. Puis un matin, alors qu’il joue avec ses petites autos pis qu’il tente de les faire tenir en équilibre pour what the fuck raison pis qu’une tombe, j’vais peut-être entendre un « voyons câlisse! ». Pis j’vais aller me cacher dans ma chambre pour ne pas éclater de rire.

Sur ce, j’vous souhaite une esti de belle journée.

Dada Blaise

Merci P’pa!

C’est le mois de juin, les pissenlits ont r’virés en mottons poilus, les shorts se font plus courts, la rhubarbe est prête, les jeunes se peuvent plus d’être à l’école (les profs non plus d’ailleurs) et le hockey est enfin terminé. Ça ne veut dire qu’une chose: la fête des Pères approche. La fête des Pères, si on la compare à la fête des Mères, c’est un peu comme la Claudette Dion du calendrier, c’est à dire qu’elle essaye ben fort d’avoir de l’importance, mais elle arrive pas à surpasser sa sœur. Un père, tout le monde le sait, ça n’a pas d’émotions, ça tient pas tant que ça à se faire fêter, ça grogne, chiale parce que quelqu’un a laissé les lumières allumés pis ça s’endort devant la télévision en un temps record.

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Heille, change pas de poste, j’regardais mon émission.

Il se trouve que j’ai également grandi sous la supervision d’un père. Un vrai de vrai comme qu’on dit. Pis, of course, mon papa, ben j’l’aime gros comme le ciel, même si il m’a fait roulé des yeux cinquante six mille fois avec ses histoires interminables et m’a fait honte devant la populace entière. Mon père c’est le crème de la crème des pères, parce qu’il était capable de faire des crêpes en forme de Lucky Luke, inventer des chansons su’l fly, me faire marcher sur ses pieds comme un géant, m’amener manger une p’tite patate frite full vinaigre, m’amener à foire agricole de Saint-Hyacinthe essayer les manèges chambralants et rouillés opérés par des ex-prisonniers tatoués parce que c’était mon plus gros thrill de mon été, m’amener au Servidéo louer des films à tous les weekends, parce que j’avais pas de vie sociale apparemment, pis me montrer à conduire (et me traumatiser du même coup).

J’ai dit merci à ma mère, pis comme j’suis autant téteux pour un comme pour l’autre, et pis que j’veux pas que mon père soit jaloux, c’est à son tour de se faire humilier remercier.

POUR TOI PAPA:

 

Merci p’pa…

…de ne pas m’avoir forcé à faire du sport. J’le sais que tu avais peut=être des grands espoirs que j’sois le prochain Wayne Gretzky ou Lloyd Eisler (c’tu un joueur de hockey ça?), pis que quand on m’a mis sur la glace j’me suis effouaré en braillant, mais t’as jamais insisté pour que je continue. Tu m’as jamais fait sentir cheap ou nul parce que j’m’intéressais pas aux sports ou que j’voulais pas écouter la soirée du hockey. À place tu m’traînais à mes cours de gymnastiques, parce que oui, il fut une époque où j’pouvais fait des pirouettes sur une poutre, me mettre les jambes par dessus la tête et faire des roues sans main. C’était pas le sport le plus viril, mais j’ai quand même gagné mes p’tits rubans bleus, pis t’étais la pour m’applaudir avec toute la fierté paternelle qui te caractérise.

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Ou j’aurais pu être le futur Felipe Alou, le fameux joueur de soccer.

Merci p’pa…

…de m’avoir appris comment charmer les dames. Oui, je sais, tu pensais pas que je te remercierais pour ça, mais sans fausse modestie, chu pas mal pas pire pour charmer le sexe opposée. Grâce à toi, j’ai appris comment complimenter les madames, les faire sentir belles pis drôles et savoir quoi leur dire pour leur faire plaisir. Même si je vis avec un homme, ce don m’est pas mal utile quand j’veux avoir un plus gros budget scolaire avec ma directrice ou lorsque j’veux une plus grosse portion de frites au restaurant en jasant avec la serveuse. Tu m’as montré comment avoir de l’entregent, avec hommes ou femmes en fait, d’être jasant avec le monde, d’être souriant pis de dire s’il-vous-plait et merci.

Merci p’pa…

…de m’avoir construit plein de patentes à gosses pour m’amuser et transformer notre cours arrière comme un cliché de film américain avec une clôture blanche, une cabane dans les arbres, un vieux pneu dans le saule pleureur, et surtout, LA fucking grosse glissade faite en tôle. Ça tenait par la peur, c’était immense, la tôle était brûlante sous le soleil et nous écorchait les fesses, mais c’était l’attraction de la rue. J’pense que j’ai jamais été aussi populaire que la fois où tu as eu l’idée d’installer le boyau d’arrosage sur la glissade pis qu’on descendait à 90 km/h avant d’atterrir dans le gazon qui nous tailladait les cuisses. Merci papa bricole.

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Glissez les enfants, ça va être l’fun! Wheeeeeeeeeeouuuuuchhhhhh!

Merci p’pa…

…de m’avoir trimbalé à tous les films que je voulais aller voir. Le Petit Monstre 2 (où tes rires empêchaient le reste du monde d’écouter le film), Jurassic Park (4 fois dois-je le mentionner, mais c’tais ben trop bon!), Le Roi Lion (j’avais 14 ans pis mes amis se pensaient trop cool pour aller voir ça, mais DAMN IT, j’y ai été pareil!), etc, etc. Merci aussi de m’avoir amené au cinéma quand j’étais adolescent et d’attendre dans le char comme un codingue pendant que j’avais du fun PG-13. T’étais mon taxi de Saint-Jean-sur-Richelieu jusqu’à la campagne perdu de Saint-Sébastien, pis c’était une tâche ingrate, mais tu l’faisais sans chialer…enfin, presque pas.

Merci p’pa…

…de tout m’avoir appris sur les autos. Je l’sais que je devais pas être facile à cerner comme ti-gars vu que je jouais aux pouliches pis aux princesses, mais t’as quand même voulu m’inculquer tout ton savoir sur les autos. La nettoyer toutes les semaines, la shiner ben comme il faut, laisser le guenille sale proche du moteur pour qu’elle pogne dans la courroie, comment changer un pneu, pis bien reconnaître les différents modèles. Merci d’avoir autant essayer, pis désolé que j’aille pas écouté grand chose. La preuve ultime est quand j’ai du inscrire ma voiture pour le stationnement au Cégep et que lorsqu’on m’a demandé la marque de ma voiture j’ai dit: « Chevrolet », et quand on m’a demandé le modèle j’ai dit: « heu…Chrysler? Ben le char beige que tout le monde a ». #alwaysawkward

Merci p’pa…

…de m’avoir amené vivre à la campagne. Grâce à ça, j’ai appris à faire du cheval, ranger des « bales » de foin dans une grange, tondre le gazon avec un tracteur (tout croche, mais c’pas grave), nourrir des poules et des lapins (pas souvent, mais c’pas grave), pis à travailler su’à terre (le moins possible, mais c’pas grave). J’ai grandi dans la banlieue blanche et verte pour ensuite vivre dans l’odeur de fumier pis les grands espaces et les champs de blé d’inde. C’est comme si j’avais vécu plusieurs vies, pis je t’en remercie. Même si j’étais pas toujours ben vaillant ou le plus viril de la gang, vivre en campagne m’a fait découvrir une facette plus masculine de ma personnalité. Ça m’fait un thrill de savoir que j’suis capable d’être un gars « gars » parfois, pis que j’suis capable d’allumer un feu de camp en crachant pis en rotant en me pognant le paquet.

Merci p’pa…

…de m’avoir transmis ta calvitie. Ma grosse tignasse qui poussait en boule s’amincit à mesure que je vieilli, me permettant ainsi d’avoir moins chaud l’été et me présenter comme député.

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Moi dans 3 mois.

Merci p’pa…

…d’avoir été celui qui participait. T’as toujours été le joueur, celui qui était willing de faire une p’tite partie de cartes avec nous autres, faire le mort dans nos films d’horreur, jouer à Scattergories même si t’hais ça le bruit du buzzer, essayer de jouer au bowling sur la Wii ou ben de faire des mimes pas déchiffrable. Surtout, merci d’avoir toujours voulu nous suivre dans les manèges. Astheure que j’ai un p’tit, j’trouve ça ben plate faire les p’tits avions qui tournent pendant cent mille ans. Mais toi tu l’faisais toujours avec le sourire, entouré d’une bande d’enfants criards et boosté au sucre, alors chapeau papa.

 

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R’gardez-nous donc le sourire Crest de ma soeurette qui vole le show comme d’habitude. Moi j’suis en arrière sur le bord, parce que mon cousin avait trop peur.

Merci p’pa…

…de m’avoir appris à jouer aux cartes, de m’avoir lancé dans les airs pis fait faire toutes sortes d’acrobaties, de m’avoir fait des spectacles de musique à bouche, de m’avoir fait écouter du Félix Leclerc, de m’avoir aidé à nous construire une friggin‘ maison, à moi et ma soeur, de m’avoir appris à nager pis faire de la bicyclette, de m’avoir protéger des extraterrestres quand j’allais me coucher avec toi, de m’avoir endurer pendant ma crise d’adolescent incompris, de m’avoir poussé à aller porter des C.V., d’arrêter au dépanneur à chaque semaine m’acheter mon Safarir, pis finalement, de m’avoir toujours, toujours, toujours serré dans tes bras, peu importe mon âge, peu importe ce qui arrivait. Tu as toujours voulu te démontrer affectueux, pis tu peux pas savoir comment c’était important pour moi que tu le sois. Pour tous tes gros câlins, tous ceux que tu m’as fait quand j’étais jeune et ceux que tu m’as fait pareil même quand je t’ai annoncé que j’étais amoureux d’un garçon, j’te dis merci p’pa. T’es réellement le meilleur père qu’un p’tit gars comme moi pouvait avoir.

 

Mon père c’t’un tendre, fac essuie tes grosses larmes p’pa, mouche ton nez moustachu, pis j’te fini ça avec un p’tit vidéo de tes acteurs préférés, pour te faire plaisir.

 

 

Quand je te demandais d’aller louer un film pis que j’oubliais de spécifier QUEL film, tu r’venais toujours avec ces maudits films-là. Chriss que c’tait plate bon.

 

Dada Blaise