L’Enfant Autiste et la Garderie (1ère partie)

*Warning! Ce post est tiré de mes expériences et mes observations, donc nullement représentatif de la vie en garderie en général, fac calmez-vous les commentaires de « moi je ». 

 

Que vous soyez un parent au foyer qui est sur le bord de commettre un crime pour vous sentir vivant ou bien un parent qui travaille afin de payer les factures et votre abonnement à Netflix (ou peut-être vous voler le service de vos amis généreux, qui sait), viendra un temps où il vous faudra placer votre petit n’enfant dans une garderie.

Ahhhhh les garderies. S’il y a bien quelque chose qui peut terrifier/faire chier/angoisser un parent, c’est les garderies.  Mais pourquoi vous demandez-vous en sautillant nu dans votre salon? En premier lieu, il faut choisir le genre d’installation: CPE, familial ou privé. Sachez qu’il faut tout d’abord être prévoyant. Si vous voulez envoyer votre enfant dans un CPE, il faudra l’inscrire quelques semaines avant la conception de l’enfant, tant les places y sont restreintes. L’autre option sont les garderies familiales. Là encore, il faut les magasiner afin de ne pas confier votre enfant à une suppôt de Satan ou pire encore une gardienne qui va vous jaser de La Voix à chaque lundi matin. Il faut également vérifier si il y a une odeur de cigarette caché dans les coussins décoratifs, si c’est le genre d’endroit qui prône les siestes de 4 heures d’affilés qui viendront gâcher votre précieux temps libre lors du dodo ou si ils font trop de projets artistiques de bricolage qu’ils vous ramène à la maison à chaque semaine. Votre maison est déjà rempli à rebord avec de beaux dessins et des affaires collés plein de paillettes, avez-vous tant besoin d’avoir un autre carton avec une trace de main en gouache rouge de votre rejeton?

Bref, c’est un véritable casse-tête pour tous un chacun. Pour les parents d’enfants différents comme nous autre, il y a un niveau de difficulté d’une coche supérieur. Papa pis Dada ont vécu ce périple au travers 3 garderies différentes. Trois. Je ne sais pas à quel point notre histoire diffère de celle d’autres parents d’enfants différents, mais voici un petit résumé de notre périple avec notre enfant autiste dans les garderies. Don’t worry, la fin est heureuse même si le début ne l’est pas!

Première Garderie – La Tite Madame qui voulait ben faire mais ne savait pas trop quoi faire

Petit Pou commence son périple des garderies dans une garderie familiale, chez une de nos amies. Tout va bien, Petit Pou est heureux, la vie est rempli de papillons et de jolies rayons de soleil. Puis la garderie ferme pour X raison et il faut en trouver une autre. Yishhh. Dada fouille sur Internet et, hourra!, quel chance, nous trouvons une garderie drette sur notre rue toé chose, à quatre pas littéralement de notre maison. Cela semble parfait. Nous rencontrons la dame et lui présentons le cas de notre enfant. À cette époque, on ne sait pas trop ce qu’il a exactement. Nous savons qu’il est différent, qu’il a quelque chose qui le met à part des autres, mais on ne sait pas trop quoi exactement. Il y a plusieurs hypothèses qui flottent (TDAH, TSA, Trouble de l’attachement dû à son adoption, alouette…), mais rien ne semble certain. Petit Pou à 2 ans.

Papa pis Dada expliquent donc le quotidien de Petit Pou. Il ne fait presque plus de sieste l’après-midi. Il est très anxieux, réagit parfois violemment aux changements comme un nouvel ami dans la garderie, une activité imprévu ou un étranger dans la maison. Nous lui expliquons également qu’il a de la difficulté à jouer avec les autres amis, il ne veut pas toujours participer, il ne veut pas faire d’effort, il dit « oui » mais veut dire « non », il tient tête, il s’oppose, il crie, il tape, il se tape, il grogne, il est inconsolable, etc. Qui plus es, à deux ans, Petit Pou ne parle toujours pas beaucoup, il préfère pointer. L’éducatrice, que nous appellerons Henrietta, semble un peu sceptique et overwhelmed à la fois mais nous dit pas de problème, elle va le prendre. Elle va faire de son mieux. Et c’est parti pour la garderie. Au départ, c’est pas trop mal, Petit Pou est en lune de miel, il est ben colleux et ne fait pas trop de vagues. Mais rapidement, les choses tournent mal. Dada reviens l’après-midi pour chercher son enfant et à chaque fois il doit entendre les litanies de Henrietta, qui est complètement dépassé par les événements.

Je crois qu’ici beaucoup de parents d’enfants différents reconnaitront cette situation. Le négativisme. Se faire expliquer encore et encore, jour après jour, les troubles et les mauvais coup de son enfant. Sentir le découragement de l’éducatrice. Henrietta ne comprend pas pourquoi il ne veut pas faire les bricolages ou les coloriages. On apprend plus tard qu’elle est un peu exigeante sur ce côté, demandant à notre enfant de colorier les bottes du Chat Botté rouge et non jaune. Vous imaginez comment Petit Pou, qui est TSA, réagit à se faire dire une telle consigne. Bref, c’est pas la joie. Ça commence à être lourd pour Dada de sentir le découragement de l’éducatrice. Elle dit qu’elle n’a jamais vu ça, yada yada yada.

Je sais, je sais, c’te pauvre Henrietta faisait ce qu’elle pouvait avec les ressources qu’elle avait et P’tit Pou lui rendait pas la tâche facile. Il lui a quand même péter un carreau de vitre lors d’une crise et il ne dormait presque jamais l’après-midi, fac elle n’avait pas grand pause. Henrietta est d’un certain âge, elle n’a pas son service de garde depuis longtemps et ne comprend juste pas qu’un enfant ne veule pas faire des activités avec les autres ou bien boude ou bien bouge et fait des culbutes au lieu de décorer un petit bonhomme de neige en bout de papier de toilette. Semblerait-il qu’elle n’a eu seulement que des enfants élevés dans la ouate et qui chie de la barbe à papa rose. Elle ne sait pas trop quoi faire avec mon enfant, malgré les belle recommandations des spécialistes que nous avons payés pour l’aider. Après quelques mois là-bas, Dada en a ras le pompon de se faire répéter que c’est donc difficile et qu’elle est épuisée. Il braille son désespoir en mangeant un pot de margarine, alors son chum décide d’agir et va jaser avec Henrietta.

Cette dame aimait notre enfant et faisait réellement tou ce qu’elle pouvait avec ce qu’elle connaissait. Elle n’avait jamais vu de cas d’autisme, ni de TDAH ou autre trouble de ce genre. Elle passait les après-midi où mon p’tit ne dormait pas avec lui, lui tenant compagnie en lui proposant de l’aider à cuisiner ou en écoutant la télévision avec lui. Je ne lui en veux pas. Mon garçon aimait Henrietta. Il aimait aller là-bas. Malgré tout, je sentais bien qu’il n’était pas à la meilleure place pour ses besoins de Petit Pou spécial et unique et merveilleux comme un flocon de neige. Dada décida donc de cherche sur Internet pour tenter de trouver une autre garderie qui serait plus adapté aux besoins de notre petit.

J’allais bientôt découvrir un autre endroit pour mon enfant, et un nouvel enfer qui débuterait. SUSPENSE!

Dada Blaise

La Pas-Sieste ou « Moment de Repos »

Je ris toujours violemment en saignant du nez quand quelqu’un m’affirme avec gentillesse que les siestes sont primordiales et très, très importantes. Je le sais qu’elles sont importantes, vitales même, principalement pour le parent. Les siestes font la différence entre un parent heureux et épanoui qui semble tout droit sorti d’un catalogue J. Crew  et le parent qui ressemble à un criminel qui vient tout juste d’être relâché d’un pénitencier, poilu, confus, avec du linge ample, un soulier en moins et arborant un regard psychotique. Malheureusement pour notre foyer, le p’tit a décidé il y a de ça plusieurs mois déjà qu’il n’y aurait plus de siestes dans cette maison. Je sais ce que vous vous dîtes. « Ben voyons, c’est toi le parent, c’est toi qui décide. » Sur ce je répondrai: « Mange du poils. »

C’est connu, l’heure propice à la sieste est tout juste après le dîner, quand votre rejeton s’est bourré la face dans le yogourt et les fruits en ne touchant aucunement à votre pâté au poulet que vous aviez préparé avec amour en l’achetant tout fait au Maxi pour le faire réchauffer cinq minutes au micro-ondes. Peu après le dîner, il existe un moment en particulier où l’enfant peut, l’espace de quelques secondes, ressentir une légère pointe de fatigue. Vous pourrez le voir se frotter les yeux ou bien bailler ou bien regarder le néant. C’est à ce moment qu’il faut agir au plus chriss et précipiter l’enfant dans sa chambre pour la petite histoire, la chansonnette et les caresses dans le dos. Chez Papa pis Dada, le p’tit n’a pas cette seconde où il ressent le sommeil. Ou bien si il l’a, c’est un quart de millième de micro-seconde. Dans le temps qu’il faut pour dire:  » Hyperactif », le p’tit est reparti pour un après-midi de plaisir débridé et pitchage de coussins décoratifs sur le plancher. Certains enfants s’épuisent facilement, se fatiguent et s’endorment dans toutes sortes de positions cocasses durant l’après-midi même s’il refuse de se couchere, pour le plus grand plaisir des mères Instagrammeuses et Pinteresteuses qui créent des univers ludiques autour de leur bambin endormi (MAIS OÙ TROUVENT-ELLES LEUR ÉNERGIE SACRAMENT? XANAX? COCAINE? JE T’HAIS ARTISTE QUI A DU TALENT!).

 

Pas dans ma maison. Ici, plus la fatigue grandi, plus l’énergie du désespoir abonde dans le petit corps dodu de mon enfant, tel un écureuil sur le crack qui aurait ingéré 4 kilos de cocaïne en douce. Les culbutes et les sauts de voltige vont bon train alors que je cherche désespérément le moindre signe de faiblesse pour commencer la routine de la sieste. La plupart du temps, j’affronte le moment de la sieste avec la résolution d’Helen Hunt face à la tornade: je suis déterminé et mes cheveux restent en place malgré la tempête formidable que je m’apprête à affronter. Convaincre mon enfant d’aller faire un sieste n’est pas chose simple. Il faut faire plusieurs détours, répondre à plusieurs caprices et rafale de questions existentielles sur l’origine des nuages, si le Père Noël arrive bientôt, combien de bonbons il pourra manger après le souper et pourquoi le chocolat est la même couleur que son caca. J’aimerais vous dire qu’après mes nombreux efforts le petit fini par s’endormir dans son lit l’espace d’une heure, le temps que j’aille m’endormir moi-même évaché devant une série à la mode sur Netflix avec une palette de chocolat d’Halloween dans la yeule, mais c’est tout le contraire. Il refuse obstinément le sommeil. Il a alors droit à un « Moment de Détente », c’est-à-dire un moment où il est seul, dans sa chambre, la porte fermée, là où il peut tranquillement profiter d’un moment seul avec des livres qu’il aura préalablement câlicer au bout de la pièce tout en réfléchissant sur sa condition d’enfant de 3 ans en bûchant sur le mur et en hurlant qu’il « adore pas ça me reposer! ». Après quelques agréables moments à passer ainsi à me ronger la corne des pieds en cherchant sur Google: « Porte Coupe Son. », je me suis dit que j’étais mieux d’arrêter le « Moment de Détente » avant qu’il y est un trou dans le gyproc de la chambre. J’ai également essayer de mixer de la camomille, du passiflore et quelques pilules de gravol écrasé dans son jus d’orange, mais il était difficile à réveiller par la suite…(je blague…presque.)

Finalement, c’est le p’tit qui a gagné. La Pas-Sieste à lieu tout les jours à présent. À la garderie il reste tranquille sur son petit matelas sans bouger, mais ici nope! Alors j’ai l’immense plaisir d’écouter les 30 premières minutes de Monsters Inc ou le même épisode de 4 minutes de Mickey Mouse en boucle pendant une bonne partie de l’après-midi collé contre mon enfant et à écouter ses questionnements et ses histoires de dragon qui mange les orteils des enfants qui font des culbutes. Ça pourrait être pire, je vous l’avoue. C’est le prix à payer, mais je sais comment gérer la tornade à présent: je me met à l’abris, j’m’accroche à ce que je peux pis j’attends que ça passe.

Et bonus: à 7h30 pile (genre), le p’tit dort à poing fermés, tout écarquillés dans son p’tit lit douillet. Aweille sur Netflix!

Dada Blaise