Êtes-vous Prêt à Être Parent?

Vous voulez des enfants. Pas juste un, non, vous voulez le motherload de la famille moderne, une belle famille comme dans Les Sims, vous voulez de beaux enfants à la dizaine attablé autour d’une belle grosse dinde bien rôti, chantant des cantiques de Noël pis en riant en vous courant autour du divan et en faisant du lip synch sur Ain’t No Mountain High Enough avec vos brosses à cheveux pis vos peignes. C’est beau de rêver.

Si vous êtes un jeune couple hétérosexuel et dans la fleur de l’âge qui respire la fertilité, vous n’avez qu’à coller vos lits jumeaux et emboîter vos organes génitaux respectifs et vous aurez sous peu un joli petit bambin. Si vous êtes célibataire ou un couple avec des problèmes divers de fécondité ou couple homosexuel dans le vent qui veut une famille ou tout simplement parce que vous feelez pour prendre cette voie, l’adoption sera donc de mise pour votre couple.

Sachez-donc, comme je l’ai déjà mentionné auparavant, que viendra un moment dans la panoplie de tests psychosocial et autres entrevues du genre qui peuplent les procédures d’adoption où on vous demandera une série de questions du genre:

« Si votre enfant tient absolument à manger avec son nounours à table, qu’est-ce que vous dites? »

« Votre enfant pique une colère devant vos beaux-parents qui sont venu pour souper, est-ce que vous être trop gêné pour intervenir? »

« Votre enfant écrit REDRUM sur les murs et fait bouger son index en utilisant une voix creepy, qui va le recoucher en plein milieu de la nuit? »

« Vous entrez dans le salon et vos deux enfants se sentent tour à tour les fesses, vous retournez de bord comme si de rien n’était ou vous agissez comme un bon parent? »

Comme tout être humain normal, Papa pis Dada étaient parfois décontenancés à savoir de kessé de comment répondre à ce genre de question. Suite à ça, on se demandait si on était réellement prêt à être parent nous autres là.

Peut-être êtes vous comme nous, plein d’interrogations et de questionnements sur votre avenir et vos capacités en tant que futurs parents. Voici donc quelques petits tests faciles que vous pouvez faire chez vous drette là pour savoir si vous êtes prêt à avoir des enfants.

SPOILER ALERT: La réponse aux tests est non, vous êtes pas prêt à avoir des enfants, jamais.

Premier Test : Se sentir supérieur

Trouvez un couple qui a des enfants et passez du temps avec eux. Une fois dans la voiture avec votre conjoint, jugez les sur leur discipline disparate, leur manque de patience flagrant, leur seuil de tolérance presque inexistant et à quel point leurs enfants sont pas du monde.

Faites-vous de belles promesses sur votre façon d’éduquez vos enfants en riant follement et en faisant l’amour sur le bord de la 30 dans des positions impossibles. Félicitations ! Le premier test est pas mal facile.

Deuxième Test: Vie (et nuit) avec un jeune bébé

À partir de 4 heures de l’après-midi, promenez-vous de pièces en pièces avec une dinde dégelé de 10 lbs environ avec comme musique de fond Crazy Frog, Las Ketchup ou les Hanson (ou tout autre bruit qui vous irrite profondément le système). Crinquez le volume à fond jusqu’à temps que vous aillez envie de brailler ou vous chrisser des crayons dans les oreilles. Ne fermez pas la musique sous aucune raison.

À 10 heures, déposez votre dinde et allez vous coucher. Programmez votre alarme pour qu’elle sonne à toutes les heures environ. Réveillez-vous à chaque fois et promenez-vous avec votre dinde dans une des chambres de la maison. N’oubliez-pas de rallumez la musique irritante. Bercez-vous avec votre dinde et tentez de ne pas l’échapper en vous endormant.

Le matin (pas plus tard que 5h30,), réveillez-vous et prenez votre dinde avec vous. Préparez lunch pour votre époux et petit déjeuner avec votre dinde dans les bras tout en étant jovial et de bonne humeur afin de créer un climat positif pour toute la famille. Gardez le sourire perpétuellement.

Troisième Test: Nourrir jeune bébé

Attachez un bol de grandeur moyenne sur le poteau de votre laveuse. Partez la laveuse à un cycle normal afin que le poteau tourne de droite à gauche sans arrêt. Mélangez des céréales genre Cornflakes dans du yogourt et tentez de mettre de petites cuillerés dans le bol qui bouge sans en échapper sur votre beau plancher. Prenez le reste du bol et sâcrez vous ça sur le chandail, vos pantalons et sur le beau plancher.

Quatrième Test: Vous préparez le matin avec des enfants

Réveillez-vous une heure plus tôt qu’à votre habitude. Habillez-vous et choisissant votre plus beau kit. Préparez un beau déjeuner santé et coloré pour votre dinde/poteau de laveuse. Mangez une toast en courant de pièces en pièces. Sâcrez le beau déjeuner coloré aux vidange. Versez une tasse de crème épaisse et une tasse de jus de citron dans un verre. Chauffez-le 1 minute au micro-onde. Mélangez le tout. Apprêtez-vous à sortir dehors et versez-vous le contenu du verre sur l’épaule et votre belle chemise. Essuyez-vous avec une vieille serviette prise dans votre panier à linge sale. Ne vous changez pas, quittez immédiatement pour le boulot.

Cinquième Test: Habillez un jeune enfant

Achetez-vous une petite chèvre. Achetez un petit pantalon de Teddy Bear avec le petit chandail et les petits bas et les ti-souliers qui vont avec. Badigeonnez généreusement la petite chèvre d’huile de canola et courez lui après dans toute la maison pour tenter de lui mettre les vêtements en moins de cinq minutes.

Sixième Test: Faire l’épicerie avec des enfants

Amenez votre petite chèvre avec vous à l’épicerie sans la perdre de vue une seule fois. Faites toutes les allées tout en retenant votre petite chèvre afin qu’elle ne mange pas tous les aliments qu’elle voit. Payez tous ce que la petite chèvre à mangé ou détruit accidentellement. En aucun cas il ne faut tuer la petite chèvre, sinon vous échouez royalement le test.

Septième Test: Le ménage avec des enfants

Regardez votre belle maison propre et bien rangé et versez une unique larme sur votre joue droite. Cachez un bol de lait sous votre divan et un cornet de crème glacée sur votre banquette arrière de votre voiture. Cachez des Goldfish et des Legos dans toute votre maison. Beurrez-vous les lèvres de beurre de pinotte, essuyez vous avec vos mains et roulez-vous ensuite dans votre lit, votre tapis et votre fauteuil blanc. Terminez en prenant une clé et marquant votre frigo et votre voiture. Voilà, votre maison est prête à accueillir un enfant.

Huitième Test: Temps libre avec des enfants

Enregistrez votre voix sur un petit magnétophone, répétant votre nom aux 4 secondes (ou vous pouvez répéter Papa, Maman, Dada ou Votre Majesté, peu importe). Installez-vous pour votre activité préférée (écoutez la télé, lire un livre, gosser sur le Net, vous touchez en cachette dans la salle de lavage, whatever) et allumez le petit magnétophone. Mettez le son FORT. Faîtes le jouer à l’infini. FOREVER. Si vous changez de pièce, apportez le petit magnétophone avec vous. Si vous allez dehors dans le remise, apportez votre petit magnétophone avec vous. Si vous vous cachez dans les toilettes, placez le petit magnétophone tout près de la porte fermé et faites le jouer plus vite. Si à tout moment vous détruisez le petit magnétophone ou ben vous le câlissez par la fenêtre, considérez que vous avez échoué le test.

Neuvième Test: Votre vie sexuelle avec des enfants

Ne faites plus l’amour. Fin du test.
Répétez chacun de ces tests à tous les jours et voilà! Vous êtes prêt à être parent. Bonne chance!
Dada Blaise

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Sujets de Discussion Awkward Avec Son Enfant Autiste – Part 1: La Mort

Faque, imaginez-vous donc que ces temps-ci on parle de la mort. Genre sans arrêt. Mon cher et tendre garçon unique en son genre à découvert, dieu sait comment, le sujet de la mort. Pis il veut savoir de kessé que ça implique, comprends-tu? Jour après jour, me voilà bombarder de questions du genre à quel âge on meurt, est-ce que grand-maman va mourir bientôt et où on va quand on est mort. Et tout cela avant huit heures du matin la plupart du temps. Happy thoughts!

Tout cela est en partie la faute d’un chien. Spécifiquement feu Wilson, notre p’tit chien saucisse qui pissait de bonheur sur nos piles de linge. Mon p’tit avait à peine 3 ans quand petit chien a quitté notre foyer et on avait pas mal sugercoaté son départ. Mais vl’à ti-pas que grace à nouveau bébé dans notre foyer, mon grand garçon nous plonge dans les souvenirs larmoyants en regardant son album photos de bébé. Pis qui apparait sur plein de photos? P’tit chien saucisse Wilson. Petit Pou s’ennuie de Wilson. Il en veut un autre. Et comme tous les parents d’enfant autiste savent, quand il a une idée dans la tête, il l’a pas dans l’derrière. L’idée est ben incrusté, il en veut un chien, pis drette tout de suite fucking now, peu importe mes manoeuvres de distractions boboches comme ce joli jouet de chien qui culbute. Frappant un mur et étant un peu écoeuré de me faire demander quand on aurait un chien, je fais comme tout parent coincé fait et je porte le blâme sur mon conjoint:

« On ne peut pas avoir de chien parce que papa peut pas avoir de chien. Il est allergique. Il ne peut pas avoir un chien dans la maison sinon il va tomber vraiment malade. »

Le sujet semble clos et je me félicite chaudement. Pis, vl’à soudain que la logistique autiste de mon garçon s’enclenche pis qu’un beau jour, en revenant de la garderie, mon enfant m’annonce:

« Tu sais, quand papa va être mort là, on achètera un chien. »

Craignant qu’il dévise alors un plan machiavélique de tuer mon tendre époux dans la nuit avec une paire de ciseau dans le but d’avoir un chien, je lui explique prestement:

« Tu sais tu vas grandir et devenir un grand garçon, aussi grand que papa. Tu pourras avoir ton propre chien dans ce temps-là! »

« Mais papa y vas-tu être mort? »

« Non. Papa il va mourir dans très très longtemps. »

 

Pause.

 

« Pis toi? C’est quand tu vas être mort? »

« Dans très longtemps aussi. Je vais être vieux, vieux, vieux. »

 

Je sens le malaise d’un petit garçon de 4 ans face à la brusque réalité de nos vies limités. Il semble bien seul et perdu sur son p’tit siège derrière moi. J’m’arrête dans un stationnement et je tente de bullshiter une réponse un peu fabuleuse, magique et réconfortante à la fois. Personnellement, je tente de garder un esprit ouvert sur le grand mystère de la mort et j’aimerais rien de mieux que d’aller straight au paradis avec des anges tout nus qui ressemblent à Hugh Jackman pis jouer aux cartes avec mes ancêtres pis retrouver mes anciens chiens, mais bof, j’suis quand même réalise. Anyway, peu importe ce qui va arriver, j’me vois mal aussi annoncer à mon enfant qu’après la mort ton corps pourri horriblement dans la terre pis se fait dévorer par des p’tits vers blancs dégoutant. Fac j’opte pour l’option facile:

« Yada, yada, yada, on quitte vers les étoiles pis chacun des petits points brillants dans le ciel c’est une personne ou un animal que tu as beaucoup aimé. Et quand tu t’ennuies de Wilson ben tu peux regarder le ciel et trouver l’étoile qui brille la plus fort! »

Tout est beau que j’me dis. Sauf que j’vois de ses deux confus yeux qu’il est entrain de s’imaginer l’espace tout entier avec un paquet de corps mort d’animaux pis de personnes qui flottent dans l’espace noir et infini de l’espace. Oups!

« Mais Dada, quand tu vas être mort pis papa aussi…moi je vais être tout seul? »

Oufff…Je vois bien sa grande peur, cette éternelle peur qui est resté ancré dans le fin fond de son p’tit coeur, celle qu’il a gardé depuis qu’il a changé de famille à ses 3 mois. Cette peur d’être tout seul, d’être abandonné.

« Qui va s’occuper de moi? » me demande-t-il avec un début de trémolo dans le fond de la gorge.

Je me trouve bien embêté et honnêtement, un peu sur le bord de brailler à mon tour. Faut-il que je sois le plus honnête possible? Et comment je fais quand je ne peux même pas être certain de ce qui va arriver? Fac je lui dit que peu importe ce qui va m’arriver, mon amour va rester là. Direct dans son coeur. Je fais une petite boule avec ma main.

« Mon amour c’est ça. Pis il va être dans ton coeur pis celui de ton frère pis celui de papa. Pour toujours. Mon amour il ne peut pas s’en aller de ton coeur. Donc à chaque fois que tu vas t’ennuyer de Dada, tu vas avoir mon amour avec toi. »

Il me regarde furtivement, ses petits yeux bleus se remplissant de p’tites larmes.

« Tes mots me font rendre triste dans mes yeux mais sourire en même temps. » qu’il me dit  en se séchant les yeux.

J’dis pas que j’ai tout réglé avec ma phrase magique, mais disons que quand il me ressort un « C’est quand tu vas mourir? », j’lui rappelle de toucher son coeur pour vérifier si mon amour est encore là. Pis guess what, il l’est encore.

Dada Blaise

 

 

Parler Avec Son Enfant (Ou le plaisir d’entendre son nom être répéter 45 mille fois)

Avant d’avoir un enfant, je m’imaginais moi, mince et avec un sourire blanc scintillant, parlant des heures avec ma progéniture. Je me disais qu’une des plus belles facettes d’être parent était sûrement les conversations amusantes et attendrissantes entre un parent et son enfant. Oh mon doux que j’allais jaser avec mon p’tit! Les heures que j’allais passer avec lui, riant, répondant à tous ses questionnements sur le monde, lui ouvrant la porte sur la philosophie et l’esprit critique, lui faisant découvrir mers et mondes, forêts de l’imaginaire et vaste circonférences astrales. Nos discussions seraient pas mal le ciment qui souderait notre lien si fort et si puissant.

Quand j’voyais les autres parents à l’épicerie ou ben au parc ou bedonc dans des situations sociales agir du genre:

Enfant: J’veux c’t’affaire-là!

Parent: Sâcre-moi la paix!

Enfant: Pourquoi l’auto est rouge?

Parent: Parce que c’est d’même!!!!

 

J’avais alors presque envie de courir jusqu’à ce pauvre enfant et lui demander de venir vivre avec moi, loin de ces ingrats de parents qui ne savaient donc pas écouter leur enfant.

Moi, je ne dirais jamais à mon enfant de me sacrer patience. Moi, je ne dirais jamais à mon enfant de se la fermer. JAMAIS! Non, moi et mon enfant utopique nous irions courir dans les paquerettes, sous la voûte des cieux azur et observerions les nuages et parlerions toute la journée des mystères de la vie.

Fac quand Petit Pou est bel et bien arrivé dans mon foyer, tu peux t’imaginer que j’avais donc hâte qu’il me parle. J’avais vraiment hâte qu’il dise « Dada ». Qu’il m’appelle, moi. Qu’il est besoin de moi. Qu’il veule me parler, à moi. Je passais mes avants-midis à répéter « Dada » comme un forcené devant les yeux curieux de mon bel enfant, qui déjà semblait se dire « voyons qu’est-ce qu’il me veut lui calisse? ».

Puis un jour, c’est enfin arrivé. Le p’tit a bel et bien dit « Dada ». Pis pas juste par hasard ou ben entre deux prouts plein de bave. Un vrai « Dada » bien senti, qui allait drette dans le coeur. Les jours ont commencés à défiler à la vitesse de la lumière, pis le p’tit y allait de bon train avec « Dada » par ici pis « Dada » par là. Pis ben vite, ça a commencé à ressembler à des situations que j’avais déjà vu…

Le p’tit a vite catché d’autres mots également. Dans le temps de le dire, il savait comment demander « Pourquoi ». Une belle combinaison avec le mot « Dada ». Dans le genre:

Dada, pourquoi la carotte est orange?

Dada, pourquoi toi un gros ventre?

Dada, pourquoi le monsieur est foncé?

Dada, pourquoi le chat vomi?

Dada, pourquoi toi tu bois du gin à même la bouteille?

Je m’étais ben promis comme un épais de ne jamais dire à mon enfant de se la fermer, que j’allais apprécier chaque petites questions, mais tsé…Quand le p’tit m’a demandé pourquoi il y avait des trous dans son nez, j’ai failli répondre: « Pour que tu puisses respirer chriss de cave! » Mais comme je sais comment me contenir, j’ai juste répondu: « Là j’m’en vais aux toilettes deux minutes, Dada a besoin d’un p’tit break my love. »

Mais tu ne peux pas t’échapper de la parole de tes enfants. Il n’y a aucun endroit pour se cacher. Ils savent toujours vous retrouver…Ma fantaisie que j’ai écris plus haut, où je roule dans un champ de fleurs pis que je réponds aux sempiternelles questions de mon enfant? Ouain…ma fantaisie a changé astheure. Ma fantaisie est maintenant que j’aille aux toilettes 5 minutes sans entendre une question, varger dans la porte ou voir retontir mon enfant à deux pouces de ma face pour me faire demander si je fais caca ou pipi ou me faire dire « Je veux voir dans la toilette ce que tu as fait! »

Ces dernier temps, le p’tit a commencé à utiliser le mot « Dada » comme une arme de destruction massive. Sa cible? Ma santé mentale.

Le P’tit: Dada?

Dada: Quoi minou?

Le P’tit: Dada?

Dada: Oui?

Le P’tit: Dadaaaa?

Dada: Qu’est-ce que tu veux?

Le P’tit: Dadaaaaaaaa?

Dada: OUI? QUOIIIIIIIIIIII?

Le P’tit: Dadddddda? Dada? Dadaaa?

Dada: KESS TU VEUX!!??!?!???!???!??!!??!???!???!????!?

 

La meilleure solution dans ce temps-là?

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Tiens, un beau bol de poissons. Astheure va jouer plus loin là. 

Dada Blaise,

pour qui les Goldfish sont souvent la solution universelle

 

Comment Se Faire Des Amis « Parents » PART 1

Il serait simple de penser qu’une fois devenu parent se faire de nouveaux amis parents serait facile comme tout, après tout, vous êtes tous les deux parents! De jeunes enfants, à la même école/garderie/parc/cours de poterie de réalignement de chakra! Un petit sourire, une petite blague et pouf, vous vl’à ti-pas avec un nouvel meilleur ami! Vos enfants vont avoir du gros fun noir pendant que vous et votre nouvelle copine allez vous faire des tresses, boire du vin et divulguez vos histoires de baises de l’ancien temps en vous esclaffant et vous caressant mutuellement les seins.

Et pourtant, non. C’est pas si simple finalement. L’art délicat de l’amitié parental est difficile à maîtriser. Prenez les différents facteurs qui viennent compliquer l’amitié régulière, tel les horaires, intérêts, valeurs et venez tripler les complications en rajoutant un enfant ou trois. Qui plus es, le parent que vous apercevez de temps en temps au parc/école peut paraître bien sympathique mais peut cacher des secrets terribles une fois que vous vous mettez à le fréquenter de façon sérieuse. Vos enfants aiment peut-être tout deux se rouler de pâmoison devant Pat Patrouille, mais tout plein de facteurs peuvent venir fausser l’amitié bourgeonnante, comme par exemple:

« Oh moi et ma femme avons réservé nos vacances à OKApulco cet été! Vous devriez venir avec nous, il n’y a rien de tel que la douce brise sur un scrotum fraîchement rasé! »

« J’ai lu un reportage hier de Jenny McCarthy qui disait qu’il est très dangereux de faire vacciner son enfant. »

« Voici ma collection de Beanie Babies! »

« Est-ce que ces biscuits son vegan? »

« Kim Kardashian a tellement de talent! »

« En fait, il faut prononcer JIF et non GIF… »

Et en plus il faut également naviguer les différents parents et leur style de « parenting« .

« Notre petite Elaura ne porte jamais de couche. Nous pratiquons la méthode naturelle, c’est-à-dire d’attraper ses défécations avec nos mains. »
« Spartacus ne joue pas avec des jouets de plastique, désolé. »
« Sharone joue seulement avec des jouets non-genré et qui développe ses capacités motrices. »
« Ici c’est une maison où les enfants participent à l’élaboration des règlements! Ils peuvent décider eux-mêmes des règles qu’ils nous impose. »
Bref, se faire de nouveaux amis parents est aussi complexe que de rencontrer l’âme sœur. Peut-être faudrait-il, pour faciliter la chose, créer un réseau de rencontre, du genre Réseau Contact ou Tinder, avec des petites annonces présentant les différents candidats:
« Elle est une maman à la maison qui cuisine une lasagne comme pas une mais qui fabrique elle-même les meubles de la chambre du bébé avec du bois de grange, elle aime utiliser la phrase: « C’est dans les mains de l’Univers! » et regarde de vieux épisodes de One Tree Hill en boucle; Lui est un amateur de bon vin et aime mordre dans la vie, mais disparait quand c’est le temps de faire la vaisselle. Leur petite Mélissa ne dit jamais « merci » ou « s’il-vous-plaît » mais aucun de ses parents ne semblent intéresser à lui apprendre à le faire. »
« Jeune mère œuvrant dans le monde du cinéma, adore les marches en forêt, les coupes de cheveux en forme de bol, se regarder dans le miroir et faire à semblant qu’elle aime la littérature québécoise. Vit seule avec sa petite Régine, mignonne mais qui a tendance à hurler dans sa chambre, marcher à l’envers dans les escaliers et cracher du sang. Elle parle couramment le latin. »
Mais avec tout ça je n’ai toujours pas dit comment se faire des amis parents!
Alors le voici: vous êtes sûrement aussi fucké que les autres parents. On a tous nos petits secrets, fac, baissez vos attentes, restez ouvert d’esprit pis laissez tomber vos grands principes parentaux pis le jugement. On est tous dans le même bateau, c’est nous contre les p’tits, pis ben vite ils vont rire de nous, de nos coupes de cheveux pis nous goûts musicaux.

Dada Blaise

P.S: Ne manquez pas la suite de mes conseils pour vous faire des amis parents dans quelques jours à peine! Avec mon aide, vous serez les plus populaires! 

 

Vive le Malheur!

De nos jours, il faut être heureux, tout simplement.  Il faut être de bonne humeur. Il faut donc être joyeux de notre joie de vivre, Namasté, consécration, r’garde moi donc mes beaux cheveux pis mon sourire enchanté dans la lumière naissante du matin, enfants coquins, plaisirs simples, rions en cœur, long fleuve tranquille, food porn, no filter, love my life. Maintenant, le bonheur est constamment mis et remis sous notre nez. Sois heureux damn it. Profites. Relaxe. Prend le temps. Mange bien. Fais ce qui te plaît. Zéro culpabilité. Aime. Prie. Mange du Kraft Dinner avec des tites saucisses. Regarde la lune pis savoure la nuit. On s’amuse entre copines, on se fait des massages, on pense à soi, on s’bataille dans le Jell-O, on va danser, on fait rien, on coure en détachant notre brassière. Être heureux est particulièrement épuisant en notre ère moderne de partage et ouverture sur le monde. Les réseaux sociaux et les médias proclament souvent que le bonheur, la joie de vivre sont le résultat, le but, le pot d’or à la fin de l’arc-en-ciel. Être heureux est l’aboutissement de dur labeur et d’efforts. Tu mérites d’être heureux après tout ce qui t’es arrivé. Cette année, tu mises sur le bonheur, tu as assez eu d’embûches comme ça.

Ce qui est de la belle bullshit, non?

Parce que tout le monde vous le dira, la vie est loin d’être aussi simple. Le bonheur réside dans les craques du divan, dans le tas de poussière, il est mêlé au malheur intimement, pis à l’excitation, pis la peine, l’angoisse, la peur aussi pis la culpabilité. C’est un beau sentiment, mais j’suis pas mieux que les autres.  J’ai un esprit compétitif. J’aime jouer. J’aime gagner. J’aime me surpasser. J’aime me démarquer. Comme plusieurs autres jeunes gens de ma génération d’ailleurs. Moi aussi j’voulais être heureux bonyeu. Surtout en étant parent. Parce que le monde des parents est truffé de bonheur, de petits plaisirs, de joies débridés, de belles photos de la complicité et de la candeur partagé en famille. J’voulais moi aussi gagner la course du bonheur. Coûte que coûte. Avec l’avènement des réseaux sociaux, beaucoup de parents jouent maintenant à la game du bonheur. Oh bien sûr, la game est subtile, avec quelques commentaires ici et de jolies photos par-là. Un petit mensonge blanc, un sourire de plus, voilà. Les parents aiment se dire qu’il faut arrêter de nous comparer. Que nos vies sont riches de différences, riches de leur propre complexité, riches de merveilleuses banalités. Mais voilà que le bonheur revient constamment à la charge, te rappelant sournoisement que tu as pas autant de fun que l’autre là-bas, toi tu n’es pas sur le bord de la plage en pleine restructuration de ton soi-même, toi tu n’es pas zen et relaxe, toi en fait, tu es dans ton simple bungalow avec ta plante qui est en train de pourrir pis ta tarte aux pommes qui a fouerré partout sur le comptoir. Moi aussi j’voulais être épanoui et heureux et voulait mordre dans la vie. J’voulais être aussi heureux qu’une madame qui mange de la salade.

Je m’ennuyais du bon vieux bonheur d’avant, celui qui se comparait entre voisins croisés à l’épicerie ou sur le coin de la rue, le bonheur compétitif qui se limitait aux partys de famille pis aux visites chez le coiffeur. Tu savais que tel ou telle était partie dans le sud mais t’avais pas à te taper toutes leurs photos en plus! Y’avait ben assez de mononc Fermand et matante Bérangère qui revenait d’Acapulco pour te montrer aussitôt la porte franchi leur démarcation de bronzage région brassière et fessiers! Le bonheur n’était pas constamment étalé dans ta face et te rappelant qu’il fallait sourire à pleine dents aujourd’hui pis aller jouer dehors parce que c’était donc une belle journée. Dans ce temps-là, tu pouvais rester effouaré sur ton divan à écouter L’Amour Dans de Beaux Draps en mangeant des crottes au fromage pis tu ne savais pas que Gina ou ben la voisine était sur un bateau de croisière à se faire griller son fessier parfait entouré d’éphèbes bien membrés. Regarde mes chats, regarde mon bateau, regarde mon bébé, regarde mon beau salon, regarde comme j’ai du plaisir, regarde comment je suis songeur, regarde les belles couleurs, regarde le beau bricolage, regarde nos sourires, regarde la belle vue que j’vais avoir, drette sur le bord de l’eau toi chose (ferme toi donc avec ton bonheur!).

Mais comme pour beaucoup d’autres, j’me suis fait avoir dans la game du bonheur, pis j’ai fait ça tout seul. J’ai trop misé sur le bonheur pis j’ai oublié le malheur. Ce pauvre yable que tout le monde repousse violemment ces derniers temps. Quand le bonheur est si grand qu’il fait chier, le malheur reviens toujours à la charge avec une pas belle journée, une petite crisette, une bonne chicane de couple, une constipation chronique ou tache de pâte à dents dans le miroir. Le malheur est là pour t’aider à être de mauvaise humeur pis chialer pis bitcher pis s’en câlisser de la belle énergie pis des balades en forêt, pis du beau pain frais pis de la salade de chia de la voisine. J’me suis rappelé que dans le fond, j’aime le malheur un petit peu. J’aime me baigner dedans de temps en temps, me lever de mauvaise humeur pis rager pis bougonner. J’aime me rappeler que ça va mal par boutte, pis que c’est correct, que je suis pas tout seul. Ça fait du bien pour l’ego. Ça fait du bien pour la personne. Ça fait du bien pour la colère et les frustrations. Ça fait du bien d’être jaloux pis envieux, pis être amer et insatisfait. Ça nous pousse à agir, ça nous pousse à trouver des solutions, ça nous pousse à chercher les petits bonheur qu’on a déjà, pis ça ben, c’est ben ben correct.

Dada Blaise

 

 

Comment Bien Répondre aux Questions Intrusives

Papa pis Dada ont un démon de l’enfer un charmant enfant. Il est la chose la plus merveilleuse qui nous est arrivé, sauf la fois où on a eut droit à des passes gratuites pour aller au Zoo de Granby, ça aussi c’était pas mal hot. Évidemment, en tant que membre d’un couple homosexuel qui a adopté un enfant au Québec, j’me fais poser tous pleins de questions par toutes sortes de gens. C’est normal, la plupart veulent simplement en apprendre plus, ils sont curieux. Parfois, malheureusement, ces questions sont borderline étranges, grossières et indiscrètes. Normalement je réponds semi-évasivement ou fais un sourire poli en riant de malaise ou invente une excuse pour me défiler: « Oh, vous avez vu l’heure, je dois absolument aller chez moi pour m’épiler l’anus, au revoir! » et ainsi de suite.

Mais en primeur ici même, voici les réponses qui me passent par la tête la plupart du temps quand je me fais aborder par une semi-inconnue et ses questions:

1. Qu’est-ce qui arrivé à ses VRAIS parents? 

Ishhh, je ne sais pas! Ce petit être humain à qui j’ai changé ses couches, donner le biberon, appris à marcher, parler et à être propre m’a réveillé à 4:30 ce matin en pleurant qu’il avait peur des dinosaures, puis ensuite m’a demandé une toast beurre de pinotte/confiture, chose qu’il mange depuis presque 2 ans à chaque matin, pis il m’a inventé une chanson sur les chiens pour finalement courir dans la maison tout nu parce qu’il ne voulait pas s’habiller. Ça semble pas mal VRAI dans mon livre à moi, non? Et toi en passant, qu’est-ce qui est arrivé à tes VRAIS seins?

2. Combien il a coûté?

Gratuit, un vrai bon deal! Mais tu aurais dû voir le coût pour le linge, les couches et le lait! On s’est fait fourré sur ce côté-là! Pis ça l’air qu’il faut payer pour le nourrir pis le vêtir convenablement. C’tu pas rire du monde? Oh, by the way, toi tes seins ils ont coûté combien?

3. Pourquoi vous n’avez pas adopté en Chine ou en Mongolie, comme Joël Legendre? 

Nous avons adoptés au Québec parce que dans d’autres pays ils acceptent pas les couples homosexuels. Quoi, le mot HOMOSEXUEL te rends-tu mal à l’aise?

4. Connais-tu Joël Legendre?

Bah, duh! C’est ben certain que je connais toute les personnalités célèbres qui ont adoptés! Justement hier, j’étais avec Joël, Angelina et Madonna pis on jouait à Mario Kart en buvant des Coolers pendant que nos enfants jouaient à Marie Stella dans la cour en arrière, pis on s’est partagé nos recettes de Crock-Pot. Madonna fait une trempette aux artichauts écœurante.

5. Est-ce que tu vas lui dire qu’il a été adopté? 

Ça dépend à quel point notre p’tit va être observateur. Il va peut-être un jour réaliser que deux hommes sont physiquement incapable de faire un enfant ensemble, donc on aura peut-être pas le choix. Toi, est-ce que tu vas dire à tes enfants que tes seins sont faux ou tu vas laisser planer le mystère?

6. Vous êtes vraiment des héros. Vous avez tellement fait un bon geste pour ce pauvre enfant-là.
T’as chrissement raison que j’suis un héro! Un Saint! Bon, j’te laisse, mon p’tit arrive avec mon gin/tonic que je lui avais demandé.
Dada Blaise
Pour plus de Papa pis Dada, viens faire un tour par ici.