Je suis tanné de penser à lui

Je suis tanné de penser à mon enfant. Je suis tanné de penser à ce qu’il a fait, n’a pas fait, devrait faire ou aurait du faire. Je suis tanné de m’inquiéter sur son avenir, sur la journée de demain, s’il va avoir une belle matinée, un bel après-midi, s’il va faire mal aux autres ou bien se faire mal.

Je suis tanné de penser à lui, à sa condition, à l’autisme. Je suis tanné d’attendre après des réponses qui n’arriveront probablement jamais.

Je suis tanné de voir de la famille, des amis, des collègues, des connaissances et me faire dire comment mon garçon est mignon, et à quel point il n’a pas l’air « autiste » ou « si pire que ça » et de ressentir le besoin pressant de les corriger et d’expliquer qu’en fait il ne va pas toujours très bien, que de s’habiller ou prendre un bain peut r’virer en cauchemar et que de voir son enfant se frapper la tête sur le sol pour se calmer est une image que je ne souhaite à aucun parent.

Je suis tanné de sa rigidité mais je suis également tanné du regard des autres lorsque j’agis pour le bien de mon garçon en sachant où sont ses limites et qu’est-ce qui est mieux pour lui.

Je suis tanné des contradictions des spécialistes, des recherches, des autres parents.

Je suis tanné de mes propres contradictions. Je suis tanné de toujours me demander si telle ou telle intervention est la bonne.

Je suis tanné de me demander si tel ou tel geste est autiste ou simplement normal.

Je suis tanné de ne jamais véritablement savoir exactement ce que je devrais faire.

Je suis tanné qu’il n’y est pas un livre du genre: Le Guide du Parfait Petit Parent du Petit Autiste Parfait.  

Je suis tanné d’avoir à prévoir et gérer le futur d’une simple journée, à me demander si telle activité sera trop pour le petit cerveau de mon fiston, comment il pourra réagir, quelle stratégie je devrai utiliser et quel moyen je devrai prendre pour l’aider.

Je suis tanné d’être optimiste et espérer qu’une simple marche autour du carré de maison avec une trottinette pourrait être un beau moment en famille mais aussi de prévoir le coup en sachant très bien que la frustration et l’échec de ne pas réussir du premier coup feront que mon garçon pourrait se jeter au sol et se frapper ou bien fuir directement vers la rue ou pire encore.

Je suis tanné de ne pas pouvoir m’asseoir dans mon salon sans me faire tourner autour et me faire frapper parce que mon garçon ne sait pas comment gérer son ennuie et est incapable de s’occuper seul.

Je suis tanné d’avoir à expliquer à mon enfant qui veut constamment inviter des amis à la maison que parfois il faut prendre une pause d’inviter des amis, parce que quand il y a trop de gens, trop d’amis, quand il cour trop, qu’il saute, s’excite, mange des cochonneries, ben sa petite tête peut se rempli d’éclairs et que là il peut perdre le contrôle, frapper, se taper, ses éclairs peuvent sortir de sa tête et personne ne veut ça.

Je suis tanné d’inviter des amis pareil pis de sortir ma panoplie d’horaire, de pictogrammes, d’objets et autres trucs, de faire un plan de soirée et de stratégies avec mon garçon, nous épuiser avant même que ça commence et de me dire chriss, ça devrait pas être aussi difficile que ça de prévoir un souper avec des amis. Que moi aussi j’ai le droit de m’asseoir pis boire du vin pis de pas à avoir à m’inquiéter sur si mon garçon va en frapper un autre avec un camion parce que l’ami à passer trop près ou n’a pas voulu jouer comme il l’avait prévu.

Mais après tout cela, je réalise aussi que, oui, ça va toujours être aussi difficile. Difficile va faire parti de mon vocabulaire et ce jusqu’à la fin des temps. Parce que quand c’est difficile, c’est parce qu’il faut que je porte attention. Pis c’est à ce moment là que j’ai le goût d’arrêter de penser à mon garçon, à l’autisme, aux solutions pis aux stratégies.

C’est là que je réalise que dans l’fond, ce que j’veux, c’est juste que mon p’tit gars se sente un peu comme les autres enfants. Que de temps en temps, qu’il puisse courir, pis sauter, pis  s’énerver, pis manger, pis suivre pis faire un peu n’importe quoi, juste pour qu’il se sente comme un p’tit garçon de 4 ans, juste pour qu’il se sente comme un enfant.

Et là, je ne suis pas tanné d’être surpris lorsque mon garçon joue comme si de rien n’était avec d’autres amis ou qu’il fait des câlins aux autres à la garderie.

Et je ne me tannerai jamais d’être presque ému aux larmes lorsque je vois mon garçon jouer pendant plus de 5 minutes avec son petit set Playmobil.

Et je me tannerai jamais de voir un petit geste, un petit mot, un petit sentiment se dégager de mon garçon, quelque chose qui vient prouver que tous les sacrifices, efforts et découragements en valent la peine, au bout du compte.

Et je me tannerai jamais de lui.

 

Dada Blaise

 

Adventures in Adoptionland, part 3: Ze Boutte Rough!

Adventures in Adoptionland, PART 1: Ze Commencement

Adventures in Adoptionland, PART 2: Petit Pou Contre-Attaque (avec de l’amour!)

Papa pis Dada, dans leur vie « pré-bébé de l’amour », n’avaient pas de gros questionnements quant à leur futur avec des enfants. C’était assez clair que, biologiquement parlant, ça ne serait pas possible d’avoir un enfant, même si on essayait tous les soirs (oh those were the days…). On était pas mal satisfait de notre vie par contre. Vous devez d’ailleurs pouvoir vous l’imaginer: caviar, champagne, sexe dans le hot-tub, couchers de soleil tout rose, glitter, danse dans les clubs et voyages aux Bahamas…Oui, on pouvait voir tout cela à la télévision dans Occupation Double, assis sur notre grand sectionnel blanc immaculé, en mangeant des chips BBQ. Pis un jour on s’est dit: « Heille, me semble que c’est trop propre pis calme chez nous pis qu’on feel pour avoir un p’tit tout mignon à aimer et éduquer qui serait l’équivalent d’avoir à contrôler les dégâts d’un blender pas de couvercle. » Donc oui, comme tous les futurs parents, un m’ment donné, l’envie d’avoir un enfant nous a pogné. Lors des entrevues pré-sélection, l’intervenante adoption nous a demandée pourquoi on en voulait un exactement. Et en effet, c’est LA question non? Pourquoi les parents ont des enfants?  Je sais que si je posais cette question à mes grands-parents ou mes arrières grands-parents, ils me regarderaient avec un air bafoué tout en agrippant leur Reader’s Digest et leur bol de peppermint pour me dire:

« Parce que c’est d’même. »

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« J’suis parti en famille. » « Batince. »

 

Je comprends qu’il y a une part biologique et survie de l’espèce préprogrammée dans nos esprits qui nous pousse à procréer. Je comprends également que pour certains, c’est un désir profond qui ne s’explique pas, qui se vit. Mais une partie de mon cerveau, la partie logique, froide, analytique, se demande pourquoi l’être humain d’aujourd’hui, qui sait comme moi que le monde est dur, cruel, froid, plein de danger, de risque, de mort, décide d’avoir un enfant.

Je sais également que beaucoup se demande pourquoi un couple serait prêt à adopter un enfant comme nous l’avons fait, avec tous les risques, troubles, pleurs et crises que cela comporte. Pourquoi avoir un enfant dans ce cas? Cette question revient souvent pendant l’aventure de l’adoption. Elle est sournoise, sneaky, te réveille en pleine nuit pour te murmurer à l’oreille, te faire douter. Parce que, oh oui, il y a des bouts difficiles. Chrissement difficile même. Tu ne peux pas t’imaginer à quel point c’est dur pour la tête et le cœur, pour tout ce qui fait de toi un être humain sain d’esprit. Mais on passe au travers. Les humains sont résilients de même. On affronte les pires horreurs pis on survit. Et le plus extraordinaire dans tout cela, le p’tit aussi. Il passe des moments difficiles, tristes, déchirants. Mais il s’en sort. La volonté d’un enfant à s’trouver une place dans le monde est grande, impressionnante. Son besoin de s’faire aimer l’est tout autant. Et toutes ces aventures feront alors de ce petit être un superhéros à part entière, comme ses Supers Parents.

Sans plus tarder, voici la suite des aventures de l’adoption, où l’on plonge tête première, avec témérité et un peu de folie, yeux grand ouverts dans toutes les épreuves qui ont tissé notre famille. Encore une fois, tout ceci est MA propre expérience et n’est aucunement représentatif des autres gens qui vivent l’aventure de l’adoption au Québec.

 

SIXIÈME ÉTAPE: ON S’PARTAGE LE BÉBÉ

Donc tu feel le parfait bonheur avec ton p’tit enfant. Oui, il y a eut une période d’adaptation, le p’tit a réagi un peu plus fort que tu t’attendais parfois, mais somme toute, c’est relativement facile. Un beau matin tu reçois un appel de l’intervenante sociale du p’tit qui te rappelle que les visites supervisées vont débuter la semaine suivante. Visites supervisées, tu sais c’est quoi. Tu as été prévenu. C’est des visites qui ont été ordonnées par le juge, celui-la même qui a décidé de placer le p’tit chez vous, même s’il vous a jamais vu de sa sainte-vie. Tu prends note l’heure et l’adresse de la rencontre, pis tu raccroches. La réalité sonne à la porte et rentre chez vous avec ses grosses bottes sales pis il fouille dans ton intimité sans demander la permission.

Le matin de la visite, tu prépares ton p’tit. Tu sors la grosse poche qu’on t’avait donnée quand tu as été le chercher, celle que tu as mise au fin fond d’un garde-robe pour ne plus y penser. Une poche remplie de trucs qui appartient à la maman biologique de ton p’tit. La Bio. C’est d’même que tu vas l’appeler à présent. Elle devient une entité qui reste et plane dans ta vie, un fantôme que tu ne pourras pas chasser facilement. Tu farfouilles dans les trucs et la désolation te serre le cœur. Les maigres affaires de la Bio se résument à un sac à couche, des jouets, des trucs de bébé et du linge trop petit. Tu pognes le sac à couche, une suce et un chapeau que tu trouves pas beau mais que tu prends pareil, question de montrer à la Bio tes bonnes intentions. Tu prépares les bouteilles de lait, ta propre suce, ta doudou, couches et tous les trucs indispensables dans ton propre sac à couche. Tu pars avec bébé dans sa coquille et deux sacs à couche ben chargés d’émotions différentes.

C’est avec appréhension que tu dois donc te rendre dans une autre ville que la tienne, ton p’tit dans sa coquille ben endormi. Première épreuve, ton GPS t’amène en plein milieu d’un champ et tu appelles en panique au Centre Jeunesse pour dire que tu vas être en retard. So far so good. Tu arrives enfin et tu entres dans un petit bâtiment adjacent à une école délabrée. C’est gris, c’est petit, c’est sombre, c’est super. Il y a des affiches de chat dans un pot de fleur (Hang in There) et des enfants qui sourient. Tu t’annonces à la secrétaire, tu signes un papier et tu attends dans la salle d’attente, ton cœur une fraction de ce qu’il peut être tellement tu es nerveux. Tu t’excuses pour le retard. Ce n’est pas bien grave, la Bio est également en retard. Par contre ce retard occasionne une rencontre entre vous deux qui n’était pas prévue, le principe étant que la Bio attende dans la salle et que l’intervenante amène le bébé elle-même. Bang. Face à face avec la Bio. Ici tu vas vivre la relation le plus étrange, houleuse et torturée de ta vie. La Bio est à la fois ta pire ennemie, ta fan incontestée, ton amie, ton cauchemar, ta rivale et ta raison de te sentir coupable. Elle est comme tu te l’es imaginé. Jeune, horriblement jeune, et pauvre. On ne peut pas passer à côté. Elle est comme un cliché dans sa robe trouée et ses cheveux gras et tu te sens affreusement mal et décadent avec tes sandales Puma et ton chandail Ralph Lauren La Bio te fait un sourire rapide et va s’asseoir. Giga malaise. Tu as son bébé avec toi, c’est SON bébé. Une voix te le répète sans cesse dans ta tête, nasillarde pis un peu bitchy. Ce n’est pas ton bébé. Comme tu es fin et aimes plaire aux gens par tous les moyens, tu lui demandes si elle veut le prendre. Elle dit que oui, gênée.

Elle se penche et pogne la coquille et parle avec une p’tite voix au bébé. Toi t’es clairement pas à ta place. L’intervenante arrive, une jeune poupounette qui a clairement terminé ses études la veille. Elle arrive, trépidante de bonne humeur, se présente et indique à la Bio qu’il est temps pour la visite avec la joie d’une cheerleader. Un peu plus pis tu te créerais en camp de vacances. La Bio n’a de yeux que pour le bébé. Tu lui donnes son sac à couche. À ce moment, tu l’haïs la Bio. Tu l’haïs comme jamais t’a haïs quelqu’un. L’amour de ta vie, ce p’tit bébé qu’on vient de te donner est en train de te filer entre les doigts. Pis ta haine part subitement, parce que tu la regardes partir cette pauvre fille-là, pis tu comprends. Tu comprends qu’elle a pas demandé à être comme elle est, à vivre ce qu’elle vit. C’est une fille qui a pas pigé le bon numéro dans l’jeu de la vie, pis sa réalité est à des kilomètres de la tienne. C’est comme se retrouver en présence d’un extraterrestre, son monde est tellement différent du tiens que tu ne peux pas t’imaginer comment elle pense ou qu’est-ce qui la pousse à agir. Tu ne peux pas te permettre de la juger car tu n’as aucune idée qu’est-ce que c’est vivre sa vie. Alors tu te fermes la trappe, ben humble, ben terrifié, ben p’tit dans tes culottes. L’intervenante, la Bio et le p’tit dans les bras partent pour la salle. Toi, tu restes comme un codingue dans la salle d’attente. Ici, plusieurs options s’offrent à toi:

  1. Quitter et aller manger tes émotions dans un snack-bar douteux que tu as vu à deux coins de rue d’ici.
  2. Quitter et aller dépenser tes émotions au centre d’achat de la ville.
  3. Quitter et aller brailler dans le char en écoutant Adele en boucle.
  4. Attendre dans la salle d’attente et lire les magazines Sept Jours circa 1996 avec Céline sur le cover, les nerfs en boule, l’oreille tendu pour le moindre pleur.

Comme Dada est pragmatique, il a déjà son muffin pépites de chocolat et émotions trop intenses avec lui, qu’il dévore dans le temps de dire « adieu taille semi-mince ». C’est ici que Dada va attendre pendant 1 heure et 30 minutes à chaque fois, avec la petite secrétaire sympathique qui comprend son malheur, mais qui ne peut rien faire juste de l’autre côté de son plexiglast. Après ce long laps de temps, la Bio et l’intervenante reviennent avec le p’tit. À chaque fois Dada se dis, ça y est, il va parler et va dire tout haut: « J’veux repartir avec elle! C’est elle ma mère! ». Mais le p’tit, qui n’est pas capable de saisir les objets encore, reste dans sa coquille, bien sage. La Bio lui fait un gros bisou et lui parle et n’arrête pas de dire qu’elle l’aime, ce qui est son droit, mais Dada, comme un enfant boudeur, veut lui interdire ces mots. Mais il est maintenant un adulte mature, alors Dada sourit même si son cœur se fend en mille morceaux, parce qu’il comprend la peine de cette fille-là, il comprend l’amour qu’elle veut lui donner. Il comprend que cet enfant-là est aimé par beaucoup de monde, pis que chacun veut qu’il lui redonne son amour. C’t’enfant-là va devoir être partagé entre plusieurs parents, pis il a à peine 3 mois.

La Bio quitte, penaude et ton cœur se resserre plus fort, te faisant réaliser que oui, il est possible que tu feel encore plus cheap qu’avant! Isn’t this great? Ensuite, tu placotes rapidement avec l’intervenante, tu cherches les détails sordides. Est-ce que ça bien été, ton bébé a-t-il pleuré à en fendre l’âme tout le long, est-ce qu’il a bu son lait, est-ce qu’il la regardait, est-ce qu’elle va être apte à le reprendre? L’intervenante te sourit et essaye de te rassurer, mais elle ne peut pas dire grand-chose. Elle te dit que c’était correct, débrouille-toi pour déchiffrer ça comme tu veux. Tu dois donc refaire la grande route jusque chez toi, ton bébé dormant paisiblement derrière, tes convictions et ta vision des chose fracassées au-delà des réparations. Toi tu repars dans ton char qui shine la richesse pis la Bio repart sur sa bicyclette rouillée. Tu gagnes, tu l’sais. C’est toi qui a le bébé pis le beau char, pis elle, elle a rien. Fac pourquoi tu te sens aussi mal?

Et n’oublie pas qu’une fois chez toi, tu dois être comme Mary Poppins et être aimant, doux, chanter, faire voler les objets et faire de la claquette. Qui plus es, tu dois continuer d’épater la galerie, amuser la visite, faire le souper, le ménage, pis avoir du dirty sex sur le comptoir de la salle de bain. Donc ça se peut que, parfois, tu manges tes émotions, tu bois ta peine ou tu dis à ta tendre moitié, sacre-moi patience. Ou tu peux faire comme moi et engueuler n’importe qui.

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SEPTIÈME ÉTAPE: STRAIGHT TO HELL AND BACK

Si tout ça paraît morose et soul crushing difficile, ben ça l’est! Parfois ça coule comme l’eau su’l dos d’un canard, c’est-à-dire que le p’tit réagi pas vraiment, mis à part qu’il est fatigué. Pis d’autre fois, le p’tit braille et braille sans arrêt suite aux visites. Non, non. Pas comme le tiens Il BRAILLE comprends-tu? Braille sa vie. Plus il vieilli, pire c’est. Plus il passe du temps chez vous, pire c’est. Les visites continuent, elle n’arrête pas. Ton p’tit est de plus en plus attaché à toi. Tu te rappelles la période cocooning? Ben c’est à ça que ça sert. À te rendre exclusif au p’tit. C’est dur pour tout le monde, ta famille pis ton conjoint, parce que tu deviens indispensable au p’tit. Mais c’est le but. Ton p’tit va se consoler uniquement dans TES bras, il va boire son lait uniquement dans TES bras, il va s’endormir uniquement dans TES bras. T’as voulu connaître la parentalité, vis là astheure! Nonstop!

Les visites supervisées vont venir gérer ta vie. Elles reviennent encore et toujours, réglées comme un tour d’horloge. Certains les vivent 3 fois semaines, d’autres aux mois. La durée et la fréquence changent selon les cas. Ce n’est jamais le même jour, ça change constamment. Tu pensais que t’avais connu la peur pis l’angoisse parce que t’as écouté The Exorcist avec ton cousin tout seul dans une maison noire en pleine campagne pendant que vos parents étaient en vacances? T’as rien vu mon poulet.

 

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« On as-tu barré la porte en bas? » « J’sais pas. » « Va voir toi. » « Fuck that. »

 

Dada continu vaillamment de se rendre aux visites, comme s’il avait le choix. Il continue de tendre son p’tit vers l’intervenante. Parfois il croise la Bio, parfois non. Elle aime lui parler après les visites, lui donner des conseils. Elle n’aime pas la doudou ou la suce que Dada donne au p’tit. Elle veut sa doudou ou les vêtements qu’elle avait au départ. Il voudrait faire plaisir, mais sa doudou pue la misère et ses vêtements sont trop petits. Il aimerait passer par-dessus ça, mais il est pas capable, parce qu’il est trop impliqué, juvénile et blessé. Pourtant la Bio a encore plein pouvoir sur certaines décisions dans la vie de bébé. Elle choisit s’il peut ou non aller en vacances hors du pays avec sa famille d’accueil. Elle peut choisir ou non si Papa pis Dada peuvent couper les cheveux du p’tit. Elle refuse presque tout. Pas pour être méchante ou bitch, seulement parce que c’est là les dernières parcelles de sa parentalité. C’est sa dernière emprise sur son enfant, pis elle le veut, comme toute mère au monde.

Les visites vont de pire en pire. Le p’tit, qui a 4 mois, pis 5 mois, pis 6 mois, hurle aussitôt qu’il te quitte. Il n’est pas ben. Il ne veut pas se faire prendre par quelqu’un d’autre et veut surtout pas boire du lait donné par quelqu’un d’autre. Le p’tit veut se faire entendre. Et toi t’es où pendant ce temps-là? Bingo! La salle d’attente, à te ronger les sangs. La secrétaire te fait une face défaite, pis toi tu as le goût casser quelque chose. Il faut respecter l’heure des visites, jusqu’au bout. Ça va de pire en pire, c’est l’enfer. L’horreur. Le p’tit est pu ton p’tit. La visite semble se poursuivre chez vous. Ses réactions prennent de l’ampleur. Ça dure 1 jour, 2 jours, 3 jours. Il braille et ne veut pas que tu le touches. Il braille et veut que tu le prennes. Non non t’a pas compris, décode son humeur tout de suite, right now, constamment. Sers-le, aime-le, gère-le, prend-le. Garde-le dans tes bras, berce-le. Non arrête pas, même quand tu penses qu’il est correct, arrête pas. Arrête jamais. Genre tu peux pas vraiment aller aux toilettes, parce que le p’tit a peur que tu t’en ailles forever. Voilà l’étendue des visites. Une anxiété pis une peur de l’abandon que tu dois réparer, rabibocher, recoller à chaque coup. À chaque fois. Alors quand une p’tite caissière du IGA te dit: « Il doit avoir des coliques. C’est pour ça qu’il braille de même. », ben tu as le droit de lui hurler: « TA YEULE! ».

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« Ça doit être ses de… » PUNCH!

 

Pis subitement, alors que tu crois virer fou, un ange arrive. La divine nouvelle intervenante, la kickass intervenante, la bénit entre toutes. Celle qui va te poser une main sur l’épaule pis te dire: « C’correct. On va penser au p’tit en premier dans cette histoire-là. »

Ici je prends un moment pour vous dire que ce n’est pas comme ça pour chacun. Certains ont des histoires d’horreur et d’incompréhension avec leur intervenante. Mais un peu de positif, ça fait du bien parfois.

Donc l’intervenante vous sauve la vie, littéralement, sauve votre couple, votre famille, toute. Un nouveau jugement est décrété par un autre juge, les visites tombent à une fois par mois et l’intervenante mets en place un système pour votre p’tit. Finis les crises interminables, fini l’incertitude. Maintenant on le laisse plus pleurer. Maintenant on lui donne une chance.

J’ai mis beaucoup de temps à écrire cette suite de notre aventure adoption, car effectivement, c’est un boutte extrêmement difficile et surtout, pas très drôle. Mon but avec ce blogue est de vous faire découvrir les facettes comiques de l’adoption et la parentalité en général, donc il m’a été difficile de trouver le drôle dans cette partie de mon récit. Malgré tout, j’ai fait de mon mieux. Et ça m’a fait revivre l’entière gamme des émotions qui accompagnaient chacune de ces visites. Donc j’ai du boire quelques coupes de vin et me suis bercé en pleurant, comme dans l’temps. Ah doux souvenir.

Malgré tout, en revisitant ces moments sombres, j’ai compris pourquoi on voulait avoir un enfant. C’est illogique, ça ne fait pas de sens de vouloir souffrir autant pour un être, que ce soit l’accouchement ou des visites de ce genre. Oui, du point de vue logique, ça ne fait aucun sens, mais les meilleures choses en ce monde sont illogiques, comme l’amour inconditionnel qu’on porte à quelqu’un. C’est ça être parent. Et la preuve ultime est que malgré toutes les épreuves, Papa pis Dada sont en liste pour un deuxième projet d’adoption. C’est ti pas merveilleux, l’être humain?

Ne manquez pas la suite et fin de la saga, Adventures in Adoptionland: Papa pis Dada pis le P’tit, Forever. À paraître quand ça va me tenter.

 

Dada Blaise

Faites comme mon p’tit et « partagez » cet article avec vos amis, c’est-à-dire donnez l’auto verte rouillée qui lui manque une porte à l’autre ami et gardez le reste pour vous.

 

 

 

 

 

 

 

La Crise expliquée en 5 étapes

Ah les crises. Voilà ti pas un beau moyen de te scraper un après-midi familial? Le beau temps, le soleil, l’odeur du gazon fraîchement coupé…Fuck that. Le p’tit a décidé de vous faire payer d’être aussi heureux. Aweille la crise.

Je vous apprend rien, une crise, c’est poche. Ça hurle, ça pleure, ça lance des affaires, ça s’effouare par terre, ça te fait honte devant la visite, fun times! Quand c’est ton premier, tu ne sais jamais trop comment agir face à ça. Tu lis des livres, des articles douteux sur le Net, tu demandes au pédiatre, tu demandes même conseil aux fameux « Eux Autres » tellement tu es désespéré. Et pour une fois, la plupart des gens sont d’accord pour te dire une chose: les crises sont un moyen que ton p’tit a trouvé pour te tester. Il veut savoir tes limites et faire de toi sa prison bitch, te faire faire tout ce qu’il veut. C’est le temps de prouver que tu es (gulp!) l’adulte de la situation. Alors la solution est simple: ignore le p’tit. Ignore the shit out of him.

Et cette solution SEMBLE facile à première vue. Pourtant, ignorer une crise n’est pas quelque chose de simple à faire, surtout dans un endroit public. Le masse populaire qui se trouve dans les magasins et restaurants semble toujours réagir de la même manière lorsqu’il voit en enfant en crise dans un endroit public: comme s’il n’avait jamais vu ça de leur vie. Les regards accusateurs et les « ben voyons » se font aller allègrement, quoique tu fasses. Ignorer une crise dans le confort de votre foyer peut être aussi difficile. Les gesticulations et objets lancés sont une chose, les cris et les pleurs incessants sont une autre. Votre mal de tête s’intensifie, votre gros nerf du cou est sur le bord d’exploser et vous noyez votre rage en avalant une brique entière de fromage Velveeta ou en vous enfermant dans votre chambre et hurler calmement dans un oreiller.

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Ou tu peux passer en mode psycho bitch et trancher le tête du toutou de ton p’tit. Tout dépend de ton tempérament.

Avoir un toddler signifie nécessairement que tu auras à vivre une chrisse crise de bacon au moins une fois dans ta vie (ou 134 008 fois, c’est selon). Vous savez ce que c’est ces crises, tout le monde à déjà assisté de près ou de loin à ce genre de crise, surtout si tu oses t’aventurer dans un Wal-Mart dans le temps des Fêtes. Évidemment, il y a toujours une bonne âme charitable et légèrement chiante pour venir te dire qu’est-ce que tu devrais faire pour désamorcer la crise alors que tu es en plein dedans. On te suggère d’apprendre le Mandarin à ton enfant ou le calmer en lui offrant un bon verre d’eau (yes, for real). As-tu déjà tenté de calmer un enfant en crise? C’est l’équivalent de calmer un cheval schizophrène dans une écurie en feu, tu reçois beaucoup de coups et de crachat, pis ton verre d’eau se retrouve calissé à terre bien rapidement. Il est de mon humble avis qu’il est impossible d’éviter les crises, ni même de les arrêter complètement. J’crois qu’il faut que ça sorte de leur p’tit corps, pour faire place à tout ce qui est bon et beau. Les crises, c’est inévitable, comme les dimanches matins à bruncher avec la belle-famille. Par contre, il y a de l’espoir. Après quelques crises, tu commences à discerner un pattern récurrent. La crise est toujours composée des mêmes cinq étapes et bien les connaître aide grandement à passer au travers.

Voici donc une belle liste qui vous indiquera clairement à quelle étape vous êtes rendu et combien de temps il vous reste à souffrir avant la prochaine.

Première étape: Le Déni

Souvent accompagnée du lirage, cette étape commence tout de suite après que le parent ait décidé de ne pas combler le désir du petit, que ce soit de le laisser jouer dans la neige sans mettre ses bottes ou de ne pas avoir voulu couper son sandwich en forme de triangle isocèle (J’viens de les couper en carré de 4cm par 4 cm! Qu’est-ce que tu veux de plus!? Si je les coupe encore il n’y en aura plus de fucking sandwich!).

L’enfant va continuer à s’opposer férocement à tout ce que le parent annonce. Les larmes peuvent couler à flots ainsi que les « mais j’le veuuuuuuuuuuux! ». C’est LUI qui décide et ici les spécialistes vous diront que l’enfant « s’affirme ». Je comprends que l’affirmation de soi et un esprit fort sont des belles qualités pour devenir patron d’une multinationale, mais pour l’instant, shut the fuck up honey.

Cette étape peut être longue, tout dépendant des talents d’acteur de votre enfant et la longueur de sa mèche avant de péter un gasket.

Deuxième étape: La Colère

La grosse colère. L’autobus scolaire (jeu de mots familial ici). Ici, toutes prétentions de civilité prend le bord. Shit gets real. L’enfant comprend que les pleurs ne servent à rien et passe en mode dramatique. C’est l’étape la plus connue, car c’est elle qui est la plus visible. Les cris, les larmes de la haine, les tapes, les convulsions, les coups, les morsures, le feu, le sang qui gicle, tout y passe. Et tout ça en quelques minutes à peine!

L’étape de la colère est impressionnante et vous fera réaliser qu’il n’y a rien de plus fort et dangereux qu’un toddler qui pète sa coche. Votre foi judéo-chrétienne sera subitement remise en question. C’est l’étape la plus difficile à ignorer, surtout en plein Zellers (oui avant il y avait des Zellers, j’suis d’une autre génération moi). Abandonnez votre panier rempli de gogosses inutiles et fuyez vers la voiture. La crise intensifiera sans doute dans le confort de votre automobile, mais vous aurez le champ libre pour vous ploguer les écouteurs de votre iPhone dans les oreilles et écouter à plein volume vos chansons de Coeur de Pirate, cherchant ainsi à noyer les pleurs incessants avec la voix rêveuse de Béatrice.

Cette étape est terriblement longue, car selon la théorie de la relativité du monde des parents, chaque minute passée avec un enfant qui hurle à pleins poumons équivaut à 1 heure.

Troisième étape: Le Marchandage

Afin de reposer ses cordes vocales et vous prouvez que vos êtes en train de perdre la raison, l’enfant changera brusquement de tactique et sera tout miel, tout sucre. Il peut utiliser la technique « J’penche la tête sur le côté avec une petite voix mignonne » pour vous amadouer ou la promesse de « j’vais être gentil ». En bref, le p’tit flirt gros comme le bras pour avoir ce qu’il veut. Après l’horreur de la deuxième étape, la plupart des parents répondent à la demande de façon logique: « tu m’ris-tu en pleine face ciboire? »

Si la réponse fournie ne lui plait pas, l’enfant pourra facilement retourner à la deuxième étape, et ce en quelques millisecondes à peine. La transformation est digne de Dr. Jekyll et Mr. Hyde et c’est ici qu’on peut considérer sérieusement d’appeler le Père Merrin et son eau bénite.

Cette étape est INTERMINABLE et c’est ici que vous préparez mentalement toutes les futures interdictions injustes que vous imposerez à votre enfant quand il sera ado.

Quatrième étape: La Dépression

Cette étape commence lorsque l’enfant a épuisé toutes ses ressources et tous les tours dans son sac. Bien que les cris ont cessé, les larmes et les pleurs peuvent continuer de couler. Il peut également simplement se coucher face première et gémir inlassablement. En ces moments-là, Papa adore chanter : « s’effondre sur l’asphalte, et me laisser mourir! Stone! Le monde est stone! » Le p’tit trouve ça rarement drôle.

Cette étape est la plus difficile, car certains enfants sont des véritables Kate Winslet ou Tom Hanks et leur jeu d’acteur est si puissant de vérité qu’il peut vous arracher des larmes facilement et vous faire flancher. Restez fort. Le p’tit prépare déjà son speech pour les Oscars.

Point positif, l’enfant semble se tanner plus rapidement de pleurer que de crier, donc cette étape est généralement très courte.

Cinquième Étape: L’acceptation

L’enfant comprend votre point de vue et les explications fournies. Il va tranquillement s’asseoir sur sa chaise dans le salon pour enfin sortir le petit jeu « J’apprends à compter » aimanté qu’il a reçu à Noël et qui n’a jamais été ouvert. L’enfant joue seul pendant deux heures de temps et revient vous faire un gros câlin après un moment. Bonus: il sait maintenant compter et vous aidera à faire vos déclarations d’impôts à l’avenir!

Just kidding!

L’enfant a maintenant le choix: abandonner la partie, recommencer la crise ou quitter avec un peu de dignité. L’enfant utilisera la meilleure technique qui lui reste, celle que Dada utilise encore lorsqu’il se chicane avec son chum: le boudage. En croisant les bras et en tapant du pied, le p’tit s’éloigne et fait des « mmmm » sonores, afin de vous faire bien comprendre que ça ne fait toujours pas son affaire.

Il est conseillé ici de ne pas provoquer la bête, car la deuxième étape peut facilement être de retour, et ce de plein fouet. Attendez quelques minutes (heures) puis le p’tit se sera calmé. Attendez encore quelques secondes et le p’tit va spotter autre chose qu’il désire ardemment (les couteaux de cuisine/le « back massager » de maman/la litière du chat) et recommencer la liste du début! Enjoy the moment! Ça passe si vite!

 

Dada Blaise

 

 

 

Les Eux Autres: 4 Genres de Parents qui Font Chier un Tantinet

En ce bas monde, il y a plusieurs types de parents, mais la plupart d’entre eux peuvent être catalogués dans deux catégories. Le parent classique pis les Eux Autres.

Le parent classique est de son époque: il est fatigué, stressé, colérique, épuisé, à bout de nerfs, en manque de sommeil, impatient et crevé (j’ai tu dis fatigué, me sembles hein?). Certes, le parent classique adore son enfant, c’est toute son existence, se fendrait en quatre pour le rendre heureux et fait tout ce qu’il peut pour y arriver, mais le parent classique comprend aussi qu’il est humain donc, susceptible aux erreurs de parcours et aux « là ça m’tente pas ».

Pis il y a les Eux Autres. Les Eux Autres ils l’ont l’affaire. Ils ont compris le sens de l’univers, pis ils sont merveilleusement bien. Ils sont heureux d’être heureux pis ils vont te le faire savoir.

Les Eux Autres SAVENT ce qui es bon. Ils CONNAISSENT la vérité. J’vais vous le dire carré, les Eux Autres, y m’énarve beaucoup. Les Eux Autres sont habituellement pas tes amis. Ils sont souvent la connaissance d’une connaissance, une relique de ton passé que tu croises un beau jeudi en sortant du dépanneur, le trou du cul en dessous du bras pis le jeune qui hurle sa vie que tu traînes par la main. C’est évidemment là que les Eux Autres vont t’offrir jugement, souvenirs embarrassants et conseils dénigrants du même coup.

Afin de vous préparer à affronter les Eux Autres, et toujours dans le but de vous éduquer sur les réalités du monde, Dada vous offre ici quelques exemples types que vous risquer de croiser sur Facebook ou ailleurs:

Le « Hey que c’est l’fun! »

Commençons par les pires, parce qu’ils font le plus chier de toute la gang. Ils sont ben ben fins et ils sont sincères également. Ils sont beaux, drôles, heureux, ont du wild sex respectueux tous les soirs et le bonheur leur sort par tous les orifices possibles. Il apparaît évident que la vie les a choisis comme porte-parole de la joie et les a récompensés avec un enfant parfait qui aime le riz brun et les fibres, qui s’endort tôt et se lève tard et qui s’occupe tout l’après-midi en lisant des livres et en construisant des tours avec des blocs de bois. Quand tu leur racontes tes malheurs, ils haussent les épaules, bonasses, en disant « Ben coudonc! ». Tu leur souhaites toujours un p’tit malheur, genre que son p’tit pogne une diarrhée explosive ou que leur maison périsse dans les flammes. Trop les fréquenter pourrait mal finir…pour eux.

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La « Sans Gluten »

Elle fait de la musique tribale avec son djembé, ses cheveux sont lavés avec du sperme d’hippocampe, elle dort nue en position cuillère avec ses adolescents et porte rarement une brassière, donnant ainsi un libre accès pour allaiter ses enfants de 5 et 7 ans, la petite Quinoa et le rouquin Fève Germée. Elle n’accepte aucune toxine dans son corps et pour elle, l’allaitement est une religion. Le lait formule est l’équivalent de nourrir ton enfant avec l’urine du Diable. Elle fait son propre fromage, récupère sa cire d’oreille pour faire ses propres chandelles et elle RECYCLE! Elle va te conseiller à outrance sur les saines habitudes de vie, l’anti-vaccination et les omégas-3, que tu le veuilles ou non. L’inviter à manger chez vous n’est pas recommandé, car elle risque d’arriver avec une vinaigrette sang de mouton/épinards et te demander « est-ce que ce poulet à été élevé en liberté? » Fuck off.

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La « Tu m’en dois une! »

Elle, au lieu d’être jalouse et bitter comme nous autres, a choisi l’autre voie: righteousness. SON choix de vie est le meilleur, pis c’est toute. Elle a élevé la prochaine génération de premiers ministres, docteurs, péquistes et participants à Le Banquier, la société devrait donc la vénérer! Elle est une MÈRE. Elle s’implique, elle prend congé de sa job pour passer du temps en famille, nettoyer le parc de sa communauté, faire une murale contre le racisme et donner une conférence sur les bienfaits de l’accouchement dans la douleur et le silence. Non, non, elle ne demande pas un salaire ou de trophée. Seulement un peu de compréhension. Que tu comprennes pourquoi ce qu’elle fait compte, que sa vie est signifiante dans ce grand et complexe univers, contrairement à ta pathétique vie vide de sens, pleine d’argent sale de drogués et de virée dans les bars louches. Pis vient pas la faire chier que tu peux dormir le matin! Dérange la pas avec des choses banales comme une invitation à un souper de fête pour tes 30 ans ou une soirée à jouer aux cartes en prenant une petite bière. Elle n’a pas le temps!!! Peux-tu comprendre ça? Elle est occupée à être une SUPER MOM pour sa famille! D’ailleurs, n’as tu point lu son horaire détaillé sur Facebook, qu’elle update à la minute?

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La « Moi le mien »

Elle a l’ego sensible et le mariage instable, donc on mise sur le kid! GO! Son p’tit est dans chaque cours pas possible, du judo tantrique jusqu’au ballet jazz/funky/slutty. Son p’tit a mangé le plus de légumes, a fait le plus beau dessin, a chié le plus gros caca et a donné le meilleur câlin de tous les amis de la garderie. Elle cherche souvent à savoir où en est rendu le tien juste pour te upstager avec les prouesses du sien. Alors quand le tien vient de réussir à attraper les objets, le sien saute, roule et danse dans les grands ballets canadiens comprends-tu. »Heille, 6 mois et demi! » comme dirait maître Pérusse.

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C’est ti pas heureux tout ce beau monde là? Changez pas chers Eux Autres. Vous faites tourner le monde…et alimenter Facebook.

Dada Blaise

Psss, pour plus de blagues et de sarcasme, clique ici!

C’est l’démon!: 10 Trucs Pour Passer Au Travers le Terrible Two de Façon Sereine

Quand la fameuse étape du « Terrible Two » va arriver dans vos vies et n’ayez crainte elle arrivera sinon ce n’est pas juste et vous n’avez pas le droit de me le dire, multiples options s’offriront à vous pour gérer les crises qui accompagnent cette phase: le laisser pleurer, lui parler de ses sentiments à cœur ouvert, une petite tape sur les fesses ou la main, l’ignorer, le mettre dans le donjon ou lui faire faire un dessin de sa colère avec des macaronis sèches. Chacun à sa méthode. Mais malgré tout, y’a rien à y faire, vous êtes cerné par la société: vous allez vous faire JUGER!

 

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Argh, cette femme a osé enlever le jouet préféré de son enfant en guise de punition! Lynchons-la!

 

Oui. Désolé chers parents, mais la société est plate de même. On ne peut s’en empêcher.

  • Tu laisses ton p’tit pleurer et fais à semblant de t’éloigner parce qu’il ne veut pas vous suivre? Voyons, y fait rien! Si ça de l’allure laisser un enfant brailler de même! Il va se sentir abandonné!
  • Tu pognes ton p’tit par le bras pour qu’il tes suive parce qu’il est fixé sur l’escalier roulant pis ça fait 30 minutes que tu es là à poiroter pis t’as pas juste ça à faire? Mon doux! Heille on bardasse pas un enfant de même! Parles-y! Comprends-le un peu!
  • Tu t’agenouilles à sa hauteur et lui demandes d’extérioriser ses sentiments profonds à savoir pourquoi il pleure alors que tu sais très bien que c’est parce qu’il voulait enlever ses pantalons et sauter dans la fontaine d’eau pour se baigner? Bon le parent moderne! C’est ça, jases-y! Il t’écoute même pas innocent, il est en crise!
  • Tu gueules après ton jeune et lui dis: « Là ça fera! » alors qu’il hurle depuis une heure parce que tu n’as pas voulu acheter le petit chiot qu’il a vu à l’animalerie en passant? Barbare! Heille, on crie pas après un enfant sans raison! C’est ça, alimente sa crise.
  • Tu plies sous la demande du bambin pis tu lui donne son esti de suçon vert ce pourquoi il te harcèle sans relâche depuis que vous êtes entré dans l’épicerie? Bravo! Pas de colonne. Aucune discipline. Y’a donc ben pas le tour!

Étant un parent à la page et de son époque, je me devais de passer le plus clair de mon temps sur Internet afin de trouver LA solution à mon « Terrible Two » avant que je craque et aille me cacher dans le cabanon et y élire domicile jusqu’à ce que Petit Pou pogne son 4 ans. Dieu merci, Pinterest et Facebook sont là pour me suggérer des articles et listes qui viennent rapidement m’informer comment bien éduquer et surtout, discipliner mon enfant tout en venant détruire mon estime de soi à grands coups de réprimandes. Super Nanny, Dr. Sears, Gwyneth Paltrow, tous se relayent pour me dire ENFIN les erreurs que j’ai probablement faites jusqu’à présent en osant dire à mon enfant qu’il me laisse tranquille 2 minutes et tout le mal que j’ai pu lui faire en lui donnant des fraises CULTIVÉ EN SERRE!

Je sais, je sais. La plupart des gens veulent bien faire et leurs conseils et suggestions sont bien intentionnés, mais lorsque ton bambin de 2 ans vomit de la bouilli verte et sa tête fait un 360 parce qu’il ne veut pas mettre ses mitaines, tu peux te les fourrer où tu penses tes belles intentions.

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Calme-toi au nom du Christ, p’tit chriss!

Ce genre d’articles, souvent intitulés « Comment Parler À Votre Enfant Pour qu’Il Vous Écoute », « Gérer la Crise en Douceur », « Du Navet Pour Contrer Le Terrible Two? » ou « Cette Femme À Donner Une Flûte à Son Enfant de 2 Ans En Crise, La Suite Va Vous Épater! », sont relativement semblables les uns des autres. Leurs techniques sont intéressantes quoique légèrement utopiques, car il faut en apparence mémoriser et se souvenir d’urgence les 8 étapes pour désamorcer une crise en douceur alors que votre enfant est en train d’arracher la tête du mannequin chez Sears. Si vous êtes comme moi, vous aller mettre en pratique ce genre de bons conseils une fois et ensuite totalement oublier votre belle sérénité lorsque votre p’tit vous a craché au visage pour la 3e fois alors que vous lui avez demandé de venir souper.

Voici donc quelques judicieux conseils, tous réels soit dit en passant, pour vous aider à passer au travers le « Terrible Two » de façon zen:

  1. Restez Positif

L’alcool sera donc de mise à ce que je vois.

     2. Parler De Vos Sentiments

Exemple: « Lorsque tu t’enfuis dans le magasin, j’ai peur de te perdre! » Sentez vous ensuite horriblement coupable pour avoir brièvement fantasmé sur cette possibilité.

    3. Donner Des Choix

« Est-ce que tu veux me lancer ton jouet dans la face ou me lancer ton soulier dans la face? »

    4. Demander À Votre Enfant de Répéter La Consigne

N’oubliez pas de dire « Jean Dit » avant, sinon ça ne compte pas!

    5. Parler À Votre Enfant Comme Vous Lui Parleriez en Société

J’imagine qu’on ne peut pas dire « petit câlisse »?

    6. Parler À Votre Enfant Selon Son Âge De Dévelopement

J’imagine qu’on ne peut pas lui dire « petit câlisse »?

    7. Le « Tu » Est Très Accusateur. Utiliser Le « Je »

Là, JE vais péter ma coche!

    8. Parler Doucement À Votre Enfant

Le plus fort il cri, le plus doucement vous devez lui parler. C’est ben enrageant pour l’enfant, c’est comme si vous vous moquiez de lui. Une de mes techniques préférées.

   9. Laisser Votre Enfant Terminer La Consigne Lui-Même

Parfait lorsque vous avez un bon huit heures à tuer.

   10. Soyez Ferme et Mettez Fin À La Discussion

Soyez inébranlable, dîtes que non c’est non et que vous ne changerez pas d’idée, point final. Puis, voyez combien de temps cela vous prendra avant de crouler sous la pression des cris et des larmes pour finalement changer d’idée.

 

Conseil Bonus: ne prenez pas tout trop au sérieux. Ça donne des rides.

 Dada Blaise

 

P.S: Ça d’l’air qu’on ne s’en sort pas. Après le Terrible Two, il y a le Fucking Four, puis le Fuck My Life Five, le Sinister Six, le Sacrament Seven, le Esti Eight, le Nope! Nine et le That’s It I’m Done Ten. Hurray for my life!

Heille! Si le coeur t’en dit viens me voir sur ma page Facebook, 

https://m.facebook.com/papapisdada/

J’écris plein de niaiseries pis tu peux venir comparer ta vie à la mienne et te sentir beaucoup mieux! 

Excuses à Mr. Asphalte et Tous les Autres #sorrynotsorry

J’sais pas pour vous, mais moi j’aime un peu ça me fâcher. Juste un peu. Juste pour dire. Et quand j’étais en « congé » de dadaternité (c’est comme la maternité, sauf qu’il n’y pas tout ce débat sur l’allaitement), j’aimais ça pogner les nerfs après plein d’affaires. J’me suis découvert un côté lion féroce qui protège son p’tit et comme l’aventure de l’adoption est rempli de situations stressantes et incontrôlables, disons que je me vengeais sur le quotidien et toutes les petites injustices sociales qui peuvent t’irriter au plus haut point quand tu n’as dormi qu’une heure la nuit précédente. Maintenant je suis serein et en paix avec mon intérieur, car j’ai grandi, acquit de l’expérience et de la sagesse avec les épreuves de la vie, je suis un adulte mature et surtout, mon enfant s’est endormi par lui-même ce soir et j’ai terminé la bouteille de vin tout seul devant l’ordinateur. I feel great!

Voici donc dans le désordre et chaos total une belle grande liste d’excuse pour les quelques fois où j’aurai peut-être exagéré légèrement dans ma colère:

Je m’excuse Mr. Asphalte qui est venu sonner chez nous en plein mois d’août pour me faire une offre spectaculaire de patcher mon entrée de goudron noir d’asphalte odorant pour une centaine de dollars seulement. Tu ne le savais pas, mais t’étais le huitième qui passait cet été là, pis tu ne savais pas non plus, mais quand tu sonnes à ma porte, mon petit chien saucisse jappe comme si on était en train de l’égorger pis ça réveille mon petit poupon qui fait sa sieste paisible de l’après-midi, moment sacré où je peux enfin m’adonner à des activités constructives et reposantes pour mon moi-même, c’est-à-dire être à moitié évaché sur mon divan avec mon Iphone dans les mains entrain de regarder des vidéos de vieilles madames qui tombent sur la glace. Je m’excuse de t’avoir dit que ton offre était inutile et mal chié, et je m’excuse également d’avoir pleuré 15 longues minutes pendu à ton bras afin d’avoir un peu de réconfort humain et de t’avoir raconté que mon bébé était constipé et que je ne savais pas quoi faire pour le soulager.

Je m’excuse Grosse Madame qui m’a volé mon stationnement « Maman+Poussette » au Wal-Mart. C’était le temps des Fêtes et tu étais probablement aussi pressé que moi d’aller dans une mer de monde louche et psychotique afin d’acheter des Legos et un sac de crottes au fromage. Je le sais que tu m’as pas vu attendre patiemment dans mon auto, avec mon clignotant pis toute, parce que tu jasais avec ton amie à grand coup d’éclat de rire. Je m’excuse d’avoir attendu à côté du stationnement pour voir si tu sortais bel et bien avec un bébé et que non, finalement t’en avait pas. Je m’excuse de t’avoir demandé haut et fort si tu prenais ce stationnement seulement parce que tu étais trop paresseuse pour marcher tout le stationnement avec tes grosses cuisses. Comme tu m’as fait un doigt d’honneur de la compassion, je crois que mes excuses ont été acceptées relativement vite.

Je m’excuse à toi Jeune Adolescent au parc. Je le sais que tu avais ben du fun avec tes amis de 13 ans pis jouer à la tag dans des glissades et des échelles c’est vraiment chill à 3hres de l’après-midi, mais quand tu as bousculé mon Petit Pou de 18 mois qui commençait à peine à marcher et que je t’ai vu le tasser avec ta délicatesse d’adolescent pressé par la vie, j’me suis senti interpellé. Je m’excuse de t’avoir un peu attrapé par le bras et un peu tiré vers moi avec autorité démentiel d’un prof en congé parental. J’avais comme pas beaucoup dormi la veille et le matin j’avais mit du savon à vaisselle dans la boîte à lunch de mon chum au lieu de sa vinaigrette, donc tu comprendras pourquoi j’ai attrapé ton skateboard et l’ai lancé au-dessus des bosquets de cèdre. Je m’excuse aussi d’avoir pleuré 40 minutes accroché à ton bras afin d’avoir un peu de réconfort humain tout en te disant d’aller au bout de tes rêves et de contrer le décrochage scolaire.

Je m’excuse Madame en Ligne au Centre du Pneu Costco. Je le sais que tu n’avais pas vu la file de monde qui attendait comme des moutons à l’abattoir et que c’est pour ça que tu m’as coupé prestement pour aller directement à la caisse quand c’était rendu mon tour. Je m’excuse d’avoir sorti ma voix de prof/ancienne religieuse indignée et de t’avoir demandé si tu avais bel et bien vu tous les gens qui attendaient patiemment comme des épais et que si tu te sentais supérieure au reste des communs mortels que nous sommes. À voir ton visage indigné et ton sac à main Louis Vutton acheté à Chinatown, je crois que tu t’en calissais un peu, mais ton « Scusez-moi mon Dieu! » m’a fait grandement du bien et je t’en remercie beaucoup.

Je m’excuse Monsieur au Téléphone avec qui j’essayais de régler mon problème d’Internet. Tu le ne savais pas que je voulais aller sur Netflix parce que mon garçon me réclamait POCOYO à tue-tête depuis le matin et que j’avais finalement flanché malgré mes belles convictions que mon enfant écouterait seulement 10 minutes de télévision par jour. Je le sais que tu étais probablement pas dans le même pays que moi et que la connexion était difficile, mais oui je l’avais bel et bien éteint et rallumé mon routeur sans fil, ainsi que rebranché le fil d’Internet. Je m’excuse de t’avoir dit de manger du poils, je t’expliquerai plus tard ce que ça veut dire.

Je m’excuse Madame au Téléphone qui m’a également appelé pour me vendre un cellulaire. Je le sais que tu voulais bien faire et aussi impressionner ta superviseure qui devait te juger derrière toi dans son tailleur Liz Claiborne de chez Target, mais lorsque tu m’as demandé pourquoi je ne voulais pas de nouveau cellulaire plus performant, j’ai comme craqué. Je m’excuse de t’avoir dit que ma mère était morte en conduisant au cellulaire et que depuis j’étais incapable de toucher à un cellulaire. Tu as du te sentir bien mal et peut-être as-tu complètement réévalué tes choix de vie et de carrière jusqu’à ce jour et questionner pourquoi tu passais tes soirées à déranger le pauvre monde avec tes offres bidons de cellulaires.

Finalement, je m’excuse mon chéri, mon tendre et cher chum. Je m’excuse pour toutes les fois où tu es revenu pimpant de bonheur de ta job et que je t’ai quasiment lancé notre enfant dans les bras pour aller me réfugier dans notre chambre afin d’aller hyper ventiler sagement dans un sac de papier brun. Je m’excuse pour toutes les nombreuses fois où je t’ai accusé de faire du bruit inutilement, que tu ne donnais pas le biberon de la bonne façon et t’accuser avec véhémence d’avoir fait exprès de laisser traîner ton linge près du lit pour que je m’enfarge dedans. Je m’excuse de t’avoir affirmé que j’haïssais ça la Saint-Valentin et que je trouvais ça kétaine pour ensuite bouder parce que tu ne m’avais pas acheté rien en fin de compte. Et finalement je te remercie d’avoir été aussi patient et de m’avoir ramené sur terre d’innombrables fois, d’avoir été m’acheter de la crème glacée Haggen Daas quand je t’en faisais la demande, d’être resté fort et sensé dans les moments de crise. Tu es pas mal la meilleure chose qui me soit arrivée et qui plus es, tu m’as vu à mes moments les plus désastreux, tu as senti mon haleine du matin, tu as enduré les histoires interminables de mon père et tu te tapes mes brusques envies d’écouter Black Swan et La Petite Sirène pour la 23e fois de suite sans trop chialer, alors il m’apparaît clair que tu es le bon et qu’on est pas mal un bon team ensemble. Je t’aime ben ben fort gros grognon.

Dada Blaise

Étiez vous une des personnes que j’ai malmené pendant mon congé?

Vous aussi vous aimez ça être en esti après les caissières bêtes du Rona? 

Alors démontrer vous aussi votre haine des vieux monsieurs qui prennent trois heures pour tourner dans l’entrée du Metro en partageant cet article avec toute votre furie.