Parler Avec Son Enfant (Ou le plaisir d’entendre son nom être répéter 45 mille fois)

Avant d’avoir un enfant, je m’imaginais moi, mince et avec un sourire blanc scintillant, parlant des heures avec ma progéniture. Je me disais qu’une des plus belles facettes d’être parent était sûrement les conversations amusantes et attendrissantes entre un parent et son enfant. Oh mon doux que j’allais jaser avec mon p’tit! Les heures que j’allais passer avec lui, riant, répondant à tous ses questionnements sur le monde, lui ouvrant la porte sur la philosophie et l’esprit critique, lui faisant découvrir mers et mondes, forêts de l’imaginaire et vaste circonférences astrales. Nos discussions seraient pas mal le ciment qui souderait notre lien si fort et si puissant.

Quand j’voyais les autres parents à l’épicerie ou ben au parc ou bedonc dans des situations sociales agir du genre:

Enfant: J’veux c’t’affaire-là!

Parent: Sâcre-moi la paix!

Enfant: Pourquoi l’auto est rouge?

Parent: Parce que c’est d’même!!!!

 

J’avais alors presque envie de courir jusqu’à ce pauvre enfant et lui demander de venir vivre avec moi, loin de ces ingrats de parents qui ne savaient donc pas écouter leur enfant.

Moi, je ne dirais jamais à mon enfant de me sacrer patience. Moi, je ne dirais jamais à mon enfant de se la fermer. JAMAIS! Non, moi et mon enfant utopique nous irions courir dans les paquerettes, sous la voûte des cieux azur et observerions les nuages et parlerions toute la journée des mystères de la vie.

Fac quand Petit Pou est bel et bien arrivé dans mon foyer, tu peux t’imaginer que j’avais donc hâte qu’il me parle. J’avais vraiment hâte qu’il dise « Dada ». Qu’il m’appelle, moi. Qu’il est besoin de moi. Qu’il veule me parler, à moi. Je passais mes avants-midis à répéter « Dada » comme un forcené devant les yeux curieux de mon bel enfant, qui déjà semblait se dire « voyons qu’est-ce qu’il me veut lui calisse? ».

Puis un jour, c’est enfin arrivé. Le p’tit a bel et bien dit « Dada ». Pis pas juste par hasard ou ben entre deux prouts plein de bave. Un vrai « Dada » bien senti, qui allait drette dans le coeur. Les jours ont commencés à défiler à la vitesse de la lumière, pis le p’tit y allait de bon train avec « Dada » par ici pis « Dada » par là. Pis ben vite, ça a commencé à ressembler à des situations que j’avais déjà vu…

Le p’tit a vite catché d’autres mots également. Dans le temps de le dire, il savait comment demander « Pourquoi ». Une belle combinaison avec le mot « Dada ». Dans le genre:

Dada, pourquoi la carotte est orange?

Dada, pourquoi toi un gros ventre?

Dada, pourquoi le monsieur est foncé?

Dada, pourquoi le chat vomi?

Dada, pourquoi toi tu bois du gin à même la bouteille?

Je m’étais ben promis comme un épais de ne jamais dire à mon enfant de se la fermer, que j’allais apprécier chaque petites questions, mais tsé…Quand le p’tit m’a demandé pourquoi il y avait des trous dans son nez, j’ai failli répondre: « Pour que tu puisses respirer chriss de cave! » Mais comme je sais comment me contenir, j’ai juste répondu: « Là j’m’en vais aux toilettes deux minutes, Dada a besoin d’un p’tit break my love. »

Mais tu ne peux pas t’échapper de la parole de tes enfants. Il n’y a aucun endroit pour se cacher. Ils savent toujours vous retrouver…Ma fantaisie que j’ai écris plus haut, où je roule dans un champ de fleurs pis que je réponds aux sempiternelles questions de mon enfant? Ouain…ma fantaisie a changé astheure. Ma fantaisie est maintenant que j’aille aux toilettes 5 minutes sans entendre une question, varger dans la porte ou voir retontir mon enfant à deux pouces de ma face pour me faire demander si je fais caca ou pipi ou me faire dire « Je veux voir dans la toilette ce que tu as fait! »

Ces dernier temps, le p’tit a commencé à utiliser le mot « Dada » comme une arme de destruction massive. Sa cible? Ma santé mentale.

Le P’tit: Dada?

Dada: Quoi minou?

Le P’tit: Dada?

Dada: Oui?

Le P’tit: Dadaaaa?

Dada: Qu’est-ce que tu veux?

Le P’tit: Dadaaaaaaaa?

Dada: OUI? QUOIIIIIIIIIIII?

Le P’tit: Dadddddda? Dada? Dadaaa?

Dada: KESS TU VEUX!!??!?!???!???!??!!??!???!???!????!?

 

La meilleure solution dans ce temps-là?

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Tiens, un beau bol de poissons. Astheure va jouer plus loin là. 

Dada Blaise,

pour qui les Goldfish sont souvent la solution universelle

 

Parler Comme Un Adulte: Le Code Secret des Parents

Ce post est à l’intention des enfants. Mais je vous conseille de ne pas leur faire lire, car ils gagneraient la partie contre vous à tout jamais.

Peut-être l’ignoriez-vous chers enfants, mais lorsqu’on devient un adulte, beaucoup de nos mots prennent un tout autre sens. Par exemple, lors d’une discussion avec notre conjoint, si quelqu’un affirme que: « Non, non, c’est correct. », ça veut nécessairement dire que ce n’est pas correct. Si quelqu’un au travail dit: « Super! » ça veut probablement dire: « Fuck you! ». Le monde des adultes est truffé de ces mots et expressions codés. Particulièrement dans le monde des parents. Ici, les mots prennent un tout autre sens. C’est une question de survie et de reconnaissance entre les diverses parents, car il faut faire équipe dans notre lutte de pouvoir contre vous, petits êtres que nous appelons les enfants. Pour vous mettre au parfum, voici quelques exemples de notre code secret et leur signification:

Peut-être = Probablement que non

On verra = Oublie ça

Mmm mmm = J’ai aucune idée de ce que tu viens de raconter, mais j’fais semblant de t’écouter.

Ah ouain? Wow! = J’ai toujours aucune idée de ce que tu racontes, mais tu avais l’air excité.

Veux-tu jouer? = Arrête de parler

Bravo, tu fais bien ça! = J’me sens mal de ne pas t’avoir écouté plus tôt, donc je te complimente beaucoup trop pour rien

Dans 5 minutes = J’espère que tu vas avoir oublié ta demande d’ici-là.

Dans 1 minute = Je ne bouge pas tant que tu n’as pas hurlé mon nom

Je m’en vais aux toilettes = Je m’en vais me prendre quelque chose en cachette dans le réfrigérateur

Es-tu certain que c’est une bonne idée? = Ce n’est pas une bonne idée.

Qu’est-ce que t’a fait là? =  WTF?

Tu es le champion! = Je me sens mal et insécure de ne pas t’avoir laissé faire quelque chose donc je te félicite à outrance, même si c’était pas les gros chars ce que tu viens de faire.

Non = J’ai mes limites.

NON! = J’suis en train de perdre patience.

Parce que c’est moi qui décide = Tu es en train d’avoir le dessus sur moi ou je suis tanné de t’expliquer quelque chose.

Va demander à Papa = J’ai pas le goût de gérer une crise et veut avoir l’air du parent gentil encore quelques minutes.

C’est quoi ça? = J’ose pas imaginer ce que c’est et j’ai très peur.

Quel beau dessin! = J’espère que mon enfant aura d’autres talents dans la vie.

Je t’aime = Je t’aime tellement que ça me fait mal. Pis j’veux que tu saches que tu es aimé.

Dada Blaise

Qu’en est-il pour vous, quel est le vrai sens de vos mots?