Le Paradoxe Parental

Être parent est la pire job au monde, there I said it…Pis être parent, c’est la meilleure chose qui me soit arrivé. Être parent c’est le pire pis le meilleur mixé dans une seule soirée. C’est de passer toute la gamme des émotions entre la fin du souper jusqu’au dodo. C’est d’avoir envie d’étrangler ton propre enfant puis d’enfouir ton nez dans le creux de son cou pour y respirer l’odeur de familiarité, tout ça dans l’espace de quelques secondes à peine. C’est la haine pis l’amour pis les pleurs pis les rires pis les sâcre moi patience pis viens te coller.

Être parent c’est de constamment vivre dans un état incertain. Être parent c’est vivre des contradictions, des paradoxes. Comme par exemple:

Le Souper

Pour de kessé faire qu’il mange DONC bien à la garderie pis qu’il en redemande alors qu’au souper ça me prendrait des mâchoires de desincarcération pour lui ouvrir la bouche pour qu’il accepte une simple bouchée. Pis ça c’est SI il est resté assis plus de deux minutes sans grouiller pis sacrer le camp en bas de sa chaise ou se lever pour aller faire pipi subitement. Évidemment, les fois où il s’assied avec nous et raconte sa journée tout en mangeant allègrement et en disant « c’est bon Dada! », c’est comme là que j’me dis que notre vie de famille est pas pire pantoute finalement. Il est tellement drôle et mignon cet enfant!

Le Bain

Il déteste aller dans le bain, il déteste sortir du bain, il déteste avoir de l’eau dans les yeux, il déteste fermer ses yeux pour ne pas avoir de l’eau. Pis ça c’est sans parler de la partie « lavage ». Évidemment, les fois qu’il me montre ses prouesses à « se raser » avec la mousse du bain ou qu’il fait le dragon qui glisse dans l’eau, je bidonne de plaisir contagieux. Et il sent tellement bon après avec sa petite peau lisse et douce en prime! Il est tellement beau et attendrissant cet enfant!

L’heure du dodo

Le monde entier va se coucher quand la nuit tombe, alors pourquoi est-ce que c’est si fucking difficile à comprendre pour un jeune enfant? Moi j’me peux plus d’aller me coucher, j’pense à ça toute la journée, mais mon enfant de 3 ans résiste avec toute l’énergie du désespoir qu’il l’habite, et ce à chaque soir ou presque. C’est la guerre et la furie, comparable à essayer d’endormir Satan lui-même. Évidemment, quand il est enfin couché, blotti sous son duvet avec son p’tit lapin et sa doudou et que tu lui chantes Somewhere Out There, c’est comme le meilleur moment ever, non? Pis si tu te colles contre lui et sent la chaleur de son petit corps complètement abandonné au tiens, c’est là que tu te dis que tu t’arracherais le cœur pour qu’il vive. Il est tellement parfait cet enfant!

La Discipline

Donner une tape n’est pas recommandé. Faire un time-out n’est pas recommandé. Crier n’est pas recommandé. Ignorer n’est pas recommandé. Sois que je m’arrache les cheveux de la tête ou ben j’suis à la veille d’appeler Super Nanny à la rescousse. Je réagis constamment de la mauvaise façon et je suis sois trop soft ou ben trop sévère. Évidemment, les fois où il sort des « merci Dada! » ou « Je veux  t’aider à laver la toilette! » ben j’me dis qu’il est donc bien élevé cet enfant pis j’suis un peu fier. Il est si calme et sensible cet enfant!

Le Matin

Il se lève toujours avant 7h, qu’il pleuve ou qu’il grêle, que ce soit la veille de Noël ou ben le lendemain de sa fête, il est toujours debout, prêt à mordre dans la vie. Pis pas question qu’il reste dans le lit pour qu’on se colle et lui fasse des chatouilles comme dans une annonce de Thyme Maternité. Non, il faut qu’ON SE LÈVE, tout le monde, pis grouille toi les amusements pis la bonne humeur! Aweille la toast au beurre de pinotte, coupe la en parallélogramme pis sers lui un verre de jus d’orange ou de lait, à toi de découvrir avec son message télépathique, sinon gare à la crise! Évidemment, les fois où il insiste pour écouter PatPatrouille collé/collé sur le divan en chantant la chanson avec entrain est un bon moyen de te booster pour ta journée à venir, n’est-ce pas? Il est si amusant cet enfant!

Les Activités

Il adore nager! Il adore la gymnastique! Il adore les animaux! Vite, allons faire une activité qui lui plait! Quoi? Il refuse de mettre ses souliers? Il demande quand est-ce qu’on arrive? Il a faim? Veux une collation? Trouve ça plate rendu là-bas? Il veut aller à la maison? Stu une joke ça là? Est-ce qu’on me teste? C’est ça hein? C’est un test de la vie, une épreuve pour savoir si j’vais craquer, si j’vais l’abandonner sur le bord du chemin? Évidemment, il arrive toujours un moment dans l’activité où l’enfant a du fun en même temps que toi, pis mêmes les mauvais moments sont sujet à créer des souvenirs imperrisables.

Pis ça va être à tout recommencer les autres jours. Être parent est la pire job au monde seulement par le simple fait que ça passe donc rapidement. Voilà le paradoxe auquel chaque parent devra faire face éventuellement. Petit poupon parfait aux joues bien roses deviendra inévitablement un jour un toddler tyrannique se nourrissant exclusivement de Goldfish puis ensuite un enfant qui fait pipi sur le siège de la toilette, puis un adolescent avec du poils et des goûts musicaux que vous ne comprenderez tout simplement pas. C’est la pire job au monde parce que le patron (l’enfant) est implacable, demandant, difficile, exigeant et surtout, aucunement reconnaissant de toute votre travail. Mais bon, l’amour inconditionnel, tsé, c’est ça.

Dada Blaise

Le Parent Idiot

Être parent signifie échouer. Échouer tous les jours pour toutes sortes de raisons. Échouer quand ton p’tit mange pas ses légumes au complet. Échouer quand ton p’tit ne veut pas embarquer dans le bain. Échouer quand ton p’tit joue avec son pénis devant grand-maman. Échouer de façon grandiose en public, devant une foule de gens magnifiques, branchés et pimpants de bonheur pendant que tu ramasses les morceaux d’un pot de tapenade aux olives noires fracassé sur le carrelage d’une épicerie fine tout en retenant ton enfant qui a décidé qu’il voulait ingurgiter les morceaux de verres comme collation santé. Et même lorsque tu crois être le meilleur des meilleurs, tu es toujours sous le regard des gens, scruté et analysé dans tes moindres faits et gestes parce que tu as osé transporté ton p’tit dans tes bras au Zoo au lieu de le faire marcher sur le sol brûlant (oui, un véritable fait vécu par Dada lui-même…).

À ce que je peux comprendre avec cette mentalité de jugement qui est constante dans notre société, c’est que nous sommes tous une belle gang de caves quand viens le temps d’être parent. Qu’un parent est programmé pour fucker son enfant de mille façons différentes, soit en étant trop présent, trop impliqué, trop détaché, en offrant du miel avant 4 ans ou en lui essuyant les fesses trop fort. Ce que je trouve étrange c’est que tant de gens, et surtout d’autres parents, se sentent aussi confortables pour vous donner une opinion sur l’éducation de votre enfant. Certains en font même un métier semble-t-il. Pourtant le temps n’est pas si loin où moi aussi j’avais une opinion sur les parents. Le temps B.C. (Before Children) Je me rappelle très bien d’observer une famille et de me demander pourquoi leurs enfants étaient aussi bruyants, pourquoi ils les laissaient brailler ou ne les chicanaient pas plus que ça, pourquoi ils les laissaient manger telle ou telle affaire et pourquoi les parents étaient autant en amour avec leurs enfants.

Of course, j’ai ravalé ben vite mes beaux jugements de « moi ça va être différent », « moi chui capable, moi j’vais être un peu mieux que les autres », « moi il va m’écouter quand j’vais dire non. » quand j’suis devenu un Dada à mon tour. J’ai alors compris que la tâche parentale est énorme, intimidante et énervante, un projet sans fin semble-t-il, qui vous laisse toujours pantois et sur le qui-vive. Au départ, quand le petit n’est qu’un bébé, quand tu commences à peine à déchiffrer tout ce quoi implique la vie avec un bébé, tu te sens un peu plus insécure donc plus prompt à juger rapidement les autres. Tu sens une p’tite pointe de jalousie émerveillé également à voir certains parents aller, de voir à quel point ça semble facile et béatifique pour d’autres, que ce soit les nuits, calmer les pleurs, changer les couches ou réussir à partir du point A au point B dans un endroit public sans t’être arrêté 4 fois parce que le p’tit veut pas suivre. Chaque action commise semble énorme et irréversible, chaque cuillerée de crème glacée de trop semble la prémisse de l’obésité infantile, chaque câlin de trop semble être le début d’une relation malsaine, chaque « là ça va faire » semble être les premiers pas vers de l’abus verbale. Mais évidemment, plus mon enfant a grandit, plus mon jugement s’est estompé peu à peu, ainsi que ma jalousie et mes revendications de « ouain mais c’est pas juste! ». Je comprend mieux que les parents interagissent différemment avec leurs enfants selon leurs humeurs, leurs envies, leurs valeurs et leurs défauts.

J’aimerais terminer en affirmant que le jugement c’est out et qu’il faut arrêter immédiatement, mais c’est inutile. Je ne suis pas encore assez optimiste pour croire que le jugement va s’estomper aussi facilement. Parce que oui, c’est l’fun passer un commentaire disgracieux envers un autre. C’est méchant pis bitch pis c’est un plaisir malsain qu’on peut faire un soir entre copines. Le jugement restera présent parce qu’il est inné pour l’être humain de le faire et il est inné pour un parent de se sentir jugé. Essayons au moins d’être plus discret dans notre jugement public, gardons-le pour les soirées arrosé de vin, là où elles ont leur place.

Dada Blaise

La Pas-Sieste ou « Moment de Repos »

Je ris toujours violemment en saignant du nez quand quelqu’un m’affirme avec gentillesse que les siestes sont primordiales et très, très importantes. Je le sais qu’elles sont importantes, vitales même, principalement pour le parent. Les siestes font la différence entre un parent heureux et épanoui qui semble tout droit sorti d’un catalogue J. Crew  et le parent qui ressemble à un criminel qui vient tout juste d’être relâché d’un pénitencier, poilu, confus, avec du linge ample, un soulier en moins et arborant un regard psychotique. Malheureusement pour notre foyer, le p’tit a décidé il y a de ça plusieurs mois déjà qu’il n’y aurait plus de siestes dans cette maison. Je sais ce que vous vous dîtes. « Ben voyons, c’est toi le parent, c’est toi qui décide. » Sur ce je répondrai: « Mange du poils. »

C’est connu, l’heure propice à la sieste est tout juste après le dîner, quand votre rejeton s’est bourré la face dans le yogourt et les fruits en ne touchant aucunement à votre pâté au poulet que vous aviez préparé avec amour en l’achetant tout fait au Maxi pour le faire réchauffer cinq minutes au micro-ondes. Peu après le dîner, il existe un moment en particulier où l’enfant peut, l’espace de quelques secondes, ressentir une légère pointe de fatigue. Vous pourrez le voir se frotter les yeux ou bien bailler ou bien regarder le néant. C’est à ce moment qu’il faut agir au plus chriss et précipiter l’enfant dans sa chambre pour la petite histoire, la chansonnette et les caresses dans le dos. Chez Papa pis Dada, le p’tit n’a pas cette seconde où il ressent le sommeil. Ou bien si il l’a, c’est un quart de millième de micro-seconde. Dans le temps qu’il faut pour dire:  » Hyperactif », le p’tit est reparti pour un après-midi de plaisir débridé et pitchage de coussins décoratifs sur le plancher. Certains enfants s’épuisent facilement, se fatiguent et s’endorment dans toutes sortes de positions cocasses durant l’après-midi même s’il refuse de se couchere, pour le plus grand plaisir des mères Instagrammeuses et Pinteresteuses qui créent des univers ludiques autour de leur bambin endormi (MAIS OÙ TROUVENT-ELLES LEUR ÉNERGIE SACRAMENT? XANAX? COCAINE? JE T’HAIS ARTISTE QUI A DU TALENT!).

 

Pas dans ma maison. Ici, plus la fatigue grandi, plus l’énergie du désespoir abonde dans le petit corps dodu de mon enfant, tel un écureuil sur le crack qui aurait ingéré 4 kilos de cocaïne en douce. Les culbutes et les sauts de voltige vont bon train alors que je cherche désespérément le moindre signe de faiblesse pour commencer la routine de la sieste. La plupart du temps, j’affronte le moment de la sieste avec la résolution d’Helen Hunt face à la tornade: je suis déterminé et mes cheveux restent en place malgré la tempête formidable que je m’apprête à affronter. Convaincre mon enfant d’aller faire un sieste n’est pas chose simple. Il faut faire plusieurs détours, répondre à plusieurs caprices et rafale de questions existentielles sur l’origine des nuages, si le Père Noël arrive bientôt, combien de bonbons il pourra manger après le souper et pourquoi le chocolat est la même couleur que son caca. J’aimerais vous dire qu’après mes nombreux efforts le petit fini par s’endormir dans son lit l’espace d’une heure, le temps que j’aille m’endormir moi-même évaché devant une série à la mode sur Netflix avec une palette de chocolat d’Halloween dans la yeule, mais c’est tout le contraire. Il refuse obstinément le sommeil. Il a alors droit à un « Moment de Détente », c’est-à-dire un moment où il est seul, dans sa chambre, la porte fermée, là où il peut tranquillement profiter d’un moment seul avec des livres qu’il aura préalablement câlicer au bout de la pièce tout en réfléchissant sur sa condition d’enfant de 3 ans en bûchant sur le mur et en hurlant qu’il « adore pas ça me reposer! ». Après quelques agréables moments à passer ainsi à me ronger la corne des pieds en cherchant sur Google: « Porte Coupe Son. », je me suis dit que j’étais mieux d’arrêter le « Moment de Détente » avant qu’il y est un trou dans le gyproc de la chambre. J’ai également essayer de mixer de la camomille, du passiflore et quelques pilules de gravol écrasé dans son jus d’orange, mais il était difficile à réveiller par la suite…(je blague…presque.)

Finalement, c’est le p’tit qui a gagné. La Pas-Sieste à lieu tout les jours à présent. À la garderie il reste tranquille sur son petit matelas sans bouger, mais ici nope! Alors j’ai l’immense plaisir d’écouter les 30 premières minutes de Monsters Inc ou le même épisode de 4 minutes de Mickey Mouse en boucle pendant une bonne partie de l’après-midi collé contre mon enfant et à écouter ses questionnements et ses histoires de dragon qui mange les orteils des enfants qui font des culbutes. Ça pourrait être pire, je vous l’avoue. C’est le prix à payer, mais je sais comment gérer la tornade à présent: je me met à l’abris, j’m’accroche à ce que je peux pis j’attends que ça passe.

Et bonus: à 7h30 pile (genre), le p’tit dort à poing fermés, tout écarquillés dans son p’tit lit douillet. Aweille sur Netflix!

Dada Blaise

 

 

 

Moi VS Les Mères Parfaites

Aussitôt que nous avons pris notre décision d’avoir un enfant, il a fallu déterminer qui d’entre moi et le chum allait rester à la maison pour le congé parental. Dans la plupart des couples c’est la maman qui prend ce congé. Vieilles habitudes, contraintes de la société, critères attendus, tempérament, name it. La mère s’occupe des bébés, pis c’est de même. Moi j’me suis jamais senti comme une « maman ». J’me suis jamais senti interpellé par ce rôle en particulier. Je m’imaginais pas avec des bigoudis pis  ma robe de chambre à fumer ma cigarette pis dire au p’tit: « Dans 2 minutes mon bébé, môman fini ça cigarette. » J’avais envie d’avoir un enfant, j’avais envie que mon chum et moi formions une famille et j’avais plus d’affinités avec les jeunes enfants, donc c’est moi qui a pris le rôle. J’suis devenu le Dada, cet espèce de mutant entre les deux parents, pas tout à fait un père, pis pas tout à fait une mère.

Fac Dada, à force de longues journées en compagnie de son p’tit, à force de changer les couches, pis donner le biberon, pis consoler, pis accompagner, pis jouer, pis apprendre ceci pis cela, est devenu une virile maman. C’était correct. J’me plaisais. C’est vrai que j’étais plus « maternel » que mon chum. J’étais plus câlineux pis enjoué de faire des activités pis j’pouvais passer des heures à me bercer avec. J’étais une mom. Pis j’me suis fais avoir à mon propre jeu. Comme la plupart des mamans de ce monde, j’me suis mis à avoir des aspirations désillusionnées d’être la Maman Parfaite, la Super Mom, la Gratienne. J’voulais être comme celle qu’on retrouve dans toutes les belles photos, les belles annonces, les beaux films. Celle qui cuisine les déjeuners colorés en forme d’Elsa, celle qui fait de beaux projets avec de noix de pin et de la Mod Podge, celle qui nettoie la maison en riant, celle qui a le temps de gérer un carrière, un époux, un enfant, un foyer, des amis et des aspirations créatives. Vous savez de quoi je parle, vous avez eu les mêmes rêves il y a de cela longtemps. Ces temps-ci, après que le p’tit fut doucement amené et pas du tout menacé d’aller au lit au plus chriss, j’m’assied sur mon beau divan blanc tâché de j’sais pas trop quoi, pis je réalise que j’suis pas la Super Mom, j’suis pas le Super Dada. Ces temps-ci, j’pense que j’passe à peine la barre du Juste Correct Dada. J’suis pas un mauvais parent en tant que tel, mais quand j’regarde ma maison et ma belle énergie absente qui me dit que ça me tente donc pas de jouer avec mon enfant et j’me demande de kessé que j’fais pas de correct coudonc. Pis là j’me rappelle les nombreux et nombreux articles qui pleuvent l’Internet qui nous rappelle que la parfaite maman, ou parfait parent, n’existe pas. Que cette pression, on se la met tout seul.

Ouain…MAIS! te dis-je alors. Oui, il est vrai que le parent se met souvent la pression lui-même, qu’on doit cesser de se comparer mais un doute me ronge le cerveau malgré tout. Si elle fait tant parler d’elle, cette satanée mère parfaite, c’est qu’elle doit ben exister en quelque part, non? Ben je l’ai trouvé. Pour le vrai de vrai. La simili mère parfaite, celle qui dérange tant.

C’est dans les commentaires en dessous de ces fameux articles que la mère parfaite resurgit toujours. Elle est sneaky, parfois presque imperceptible, mais elle réussit toujours, TOUJOURS, à te faire feeler cheap avec son bonheur et son « j’comprends pas, chez nous on fait ça comme ça pis on a pas de problème ». Chez eux c’est donc plaisant, chez eux c’est donc propre, chez eux c’est donc bien organisé au quart de tour. Comme j’suis tanné de me sentir comme le pire fléau qui existe parce que j’ai fait garder mon enfant CINQ jours la semaine passé pis que ma salle de bain est tout crotté, j’me suis compilé une belle liste de corvées qui viendront une fois pour toute damner le pion à cette Mère Parfaite inexistante mais qui existe malgré tout finalement. Vlan dans tes belle dents blanches et droites nullement tâchés de vin rouge!

1. Le Lavage

Bien sûr, bien sûr, tous les paniers à linge sales peuvent être vidés et les salopes overachievers pourront vous dire qu’elles prennent bien le temps de plier et immédiatement ranger le linge, mais ATTENDEZ! Allez voir sous votre lit, dans le fond du garde-robe, dans la salle de bain ou même dans l’auto. Vous y trouverez des vêtements, garanti. Mensonge que le lavage est toujours fait! Mensonges que je dis! Serviettes, débarbouillettes, vieilles p’tites culottes, p’tits gants d’automne full morve, il y a toujours des choses à laver, FOREVER.

2. La Vaisselle

Bon, bon, bon. La mère parfaite réussi à faire un bon repas coloré, full légumes et craquant en bouche, pis oui, après elle fait la vaisselle tout en préparant les lunchs et en faisant un willey à son époux. Elle prend le temps, elle. Vous ne trouverez pas de vieilles vaisselles dans le fond de l’évier ou sur le bord du comptoir chez eux, non, non. Pourtant, vous le savez, une famille, parents, enfants, ça sali de la vaisselle. En viarge. Ici mon lave-vaisselle devrait être parti deux fois par jour. Et il y a toujours quelqu’un qui s’est pris un verre d’eau, qui a mangé un yogourt pis qui a laissé la cuillère dans les vieilles craques du divan, qui a mangé des Goldfish en cachette pis qui a oublié le bol à côté du lit… Fouillez dans votre maison mère parfaite, vous finirez ben par trouver ce vieux gobelet jaune, celui que le p’tit aimait donc, tellement qu’il l’avait caché en-dessous de son lit, entre les lattes de bois. Ah, le voilà donc. Pas la peine de le laver celui-là, ce serait cruel après tout de détruire l’aussi beau et précieux écosystème qui s’y trouve.

3. Jouer

Ah ça, la mère parfaite aime donc ça jouer avec ses enfants. Non, non, elle a pas le temps d’aller au 5 à 7, ni d’assister au concert privé de Bono dans une croisière aux Bahamas, elle veut jouer avec ses enfants et s’extasier devant l’immensité de leur imaginaire! Aweille à quatre pattes à faire le cheval et le cochon qui se roule dans la boue. D’accord, oui, ça peut être plaisant jouer avec un enfant, parce que, you know, l’amour pis les liens pis les beaux souvenirs. Mais, mère parfaite, assied-toi avec un tyran haut comme trois pommes pour jouer à un jeu, vraiment jouer là, comme qu’il veut. Qu’est-ce qui arrive donc? Ben vite tu entends des non, pas ce jeu-là, l’autre, non, pas lui, lui, LUI, pis joue comme ça, non, de même, non toi tu ne prend pas l’auto jaune, non, toi tu fais pas ça, non, PAS COMME ÇA, joue de même, à l’envers, NON…Ah pis joue donc tout seul! Si tu n’as jamais perdu patience à jouer avec ton enfant, c’est que tu es une imposteur robot d’une autre dimension, tout simplement.

4. Le Chialage

On aime nos enfants. Tout le monde aime ses enfants, tout le monde le sait. Mais…MAIS…Un enfant ça ressent un besoin pressant d’exprimer toutes ses émotions et vocaliser tout ce qui lui passe par la tête, ce qui est très bien I know, I know, mais cette gamme d’émotions et de sentiments contient également le chialage. Mon enfant chiale constamment. Il veut quelque chose, il chiale. Il ne veut pas cette chose, il chiale. Il chiale quand on dit non, quand on dit oui. S’il fait trop froid, trop chaud. Il chiale contre le bol rouge, le choix de vêtements, le fait qu’il doive faire pipi, contre le débat Trump/Hilary, contre sa tuque. Il chiale que je ne suis pas Super Mom ou Super Dada, parce que si j’étais Super Mom ou Super Dada, ben ça fait longtemps que j’aurais trouvé le moyen qu’il arrête de chialer, n’est-ce pas?

Fac ouain, j’suis pas un Dada parfait. Mon p’tit aura pas une enfance parfaite où ses parents sont toujours épanouies dans la joie du bonheur de l’amour de la tendresse. Des fois ça va être sale, pis ça va puer, pis on va dire joue tout seul, tu m’énarves, pis on va chialer. On va juste le fucker un peu, juste assez pour qu’il soit un adulte légèrement névrosé et sardonique, avec ses complexes non résolus qui le rendront intéressant, amusant et sexy. It’s a win/win situation en fin de compte.

Dada Blaise

Pourquoi Autant de Jouets?

Comme pour beaucoup de choses dans ma vie, je m’étais fait une image parfaite dans ma tête sur un enfant qui joue avec des jouets. L’image était un amalgame de mes propres souvenirs, d’annonces de jouets full cool effets spéciaux retrouvés sur les postes américains de ma jeunesse, quelques scènes de films et photos de magazine. Je m’imaginais mon enfant, cheveux bouclés et joues bien roses, jouant avec ses petits blocs de bois solides, s’amusant à en faire des belles tours bien hautes ou tout simplement les alignant un derrière l’autre pour en faire des pistes de courses. Je m’imaginais également qu’un enfant adorait jouer avec des jouets, qu’il pouvait passer des heures à jouer avec des figurines et des Legos, se créant des histoires rocambolesques et des épopées fantastique grâce au puissant pouvoir de l’imagination.

Avant d’avoir des enfants, moi, Dada, je me permettais également le jugement du jouet. Quand j’allais chez les gens qui avaient des enfants, j’me disais avec ma voix sassy et assuré « Voire que ces jeunes-là ont AUTANT besoin de jouets que ça. Ils en ont ben trop! », pis je repartais fièrement avec ma tête arborant une énorme tignasse de cheveux sexy pis mes fesses rebondis. Mais la vie, cette salope cruelle qui offre et enlève en même temps, m’a donné la chance inestimable d’avoir un enfant tout en me ramollissant les fesses. Moi qui m’étais promis que mon salon n’allait pas ressembler à un sous-sol de garderie, ben regarde moi donc les centaines de chars, pis grosses pistes de courses, pis pouliches pis nourriture de plastique qui se répandent partout, pis toutes sortes d’autres belles affaires inutiles.

OUI, j’ai appris et je suis repentant. Je suis comme tous les autres parents à présent, je cours dans les Wal-Mart et Toys’r’Us de ce monde pour acheter quarante-cinq-mille bébèlles différentes. Ma salle de jeux et mon salon sont rempli à rebord de jouets dans un seul et unique but: occuper mon enfant assez longtemps pour que je puisse faire le souper/uriner/liker des photos sur Facebook. La vie d’un parent est difficile. Le parent mérite une pause. Les jouets sont là pour ça. Alors pourquoi il y en a autant?

Pour diverses raisons:

  • Dans l’espoir de trouver LE jouet, LA bonne affaire qui déclenchera un spark d’intérêt fabuleux qui donnera envie à votre enfant de jouer le plus longtemps possible tranquille et de façon raisonnable tout en développant son intellectuel et ses talents artistiques.
  • Parce que votre enfant en reçoit des tonnes et des tonnes à chaque Noël et jour de fête, particulièrement le genre de jouet électronique qui chante sans arrêt, surtout parce que l’enfant pèse et repèse sur le piton jusqu’à ce que la chanson ce soit incrusté dans votre cerveau comme un parasite et fasse partie de votre personnalité intégrale à jamais.
  • Parce que vous avez visité des amis qui ont des enfants et vous avez vu à quel point ils ont des jouets cool et branché comparé aux vôtres, pis ben coudonc, vous êtes jaloux pis vous aussi vous les voulez ces beaux jouets-là esti.
  • Parce que vous avez donc joué avec ce jouet-là quand vous étiez p’tit pis vous avez donc aimé ça, pis damn it, votre p’tit aussi va jouer pis avoir autant de plaisir que vous pis vous allez partager un beau moment pis ça va être le fun, correct-là? Pis évidemment le p’tit en a rien à faire de votre jouet plate et délavé.
  • Parce que vous avez eu le malheur d’écouter PatPatrouille, pis guess what, ça vous prend les p’tites figurines de chaque chiens. Les chars aussi. Pis la grosse base. Pis le temple. Pis les toutous. Pis devinez quoi? La nouvelle saison est sortie, pis il y a un nouveau chien! Hourra le mercantilisme et la faible volonté d’un parent qui aime avoir les belles collections « au complet »!

 

Dada Blaise

Les Nouveaux Stades de Développement d’un Enfant

Je ne suis pas un parent incroyablement complexe et nuancé. Je suis comme tous vous autres. J’aime faire pipi avec un enfant à quelques centimètres de moi, j’aime mettre mon gilet préféré et apercevoir qu’il y a une énorme tache de yogourt dessus, j’aime ramasser des Legos et des billes dans les craques du divan et, j’aime surtout aller fouiller sur le Net et me mettre à paniquer parce que mon enfant n’a pas l’air d’atteindre les stades de développement de son développement dans le temps « normal ». Lors des rencontres de sensibilisation sur l’adoption, j’avais été prévenu que mon enfant serait différent. Qu’il aurait parfois des comportements étranges, difficiles à gérer, voire terrifiants. Qu’il aurait une courbe de développement différente, en dent de scie, c’est-à-dire que par bout il semble régresser et d’autres il fait d’énormes bonds en avant. Mais j’me disais « bof…j’suis DONC un être merveilleux et supérieur à la norme, fac MOI j’vais comprendre, MOI j’me stresserai pas avec ça, MOI j’mange du kale et des chips aux épinards pis j’suis donc compréhensif et serein. »

Fac le p’tit est arrivé chez nous, ben beau, ben pimpant, sourire pis fossettes pis yeux bleus. La DPJ nous a offert le merveilleux recueil Naître et Grandir et une bonne amie m’a donné un guide de développement de l’enfant. « Tiens. Des fois ça nous calme un peu de vérifier des trucs dans ce livre-là. Mais revire pas fou non plus! » qu’elle me dit. Sauf que j’allais découvrir que concernant mon enfant, j’étais BATSHIT CRAZY. J’me suis mis à paranoïer pis je checkais ce maudit guide cent fois par jour. Je me suis retrouver sur des forums de Mamanpourlavie ou Doctissimo afin d’écrire des commentaires terrifiés, borderline psychotiques:

Moi: J’panique! Mon enfant devrait être capable de faire des bye bye par lui-même, non?
Personne sensée et calme: Inquiète toi pas, les bébés ont chacun leur rythme de faire les choses.
Moi: Ouain mais #lesgens vont penser qu’il est stupide! Pire encore, que je l’ai mal élevé!
Personne sensée et calme: Comment est-ce qu’il réagit quand tu lui fais des bye bye?
Moi: J’sais-tu! J’en fais pas vraiment encore. Je le stimules pas assez, c’est ça?

Avec le recul, j’me trouve un peu idiot de m’être autant énervé pour des peccadilles. Oui taper dans les mains et faire des bye bye c’est mignon, mais il y a beaucoup d’autres étapes et stades de développement importants dans la vie d’un enfant et surtout, d’un parent. Par contre, en fouillant Naître et Grandir, j’me suis rendu compte que, horreur, ces étapes n’y apparaissaient pas! Il y a une grave lacune de leur part. Afin d’y remédier derechef, voici une nouvelle liste d’étapes importantes dans le développement de votre enfant:

La Première Mordée de Chair Humaine

Les premières dents apparaîtrons dans la douleur et les pleurs, ainsi que le violent désir de tester leur durabilité en mordant quelque chose. Que ce soit votre mamelon préféré (le droit) ou votre épaule ou votre jambe, votre bébé aura vite fait de vous prouver son amour avec sa bouche et, si possible, quelques gouttes de sang. Gardez-le sourire et votre calme et réprimandant doucement et allez sacrer dans la salle de bain en passant vos seins sous l’eau froide. #nosexforyoutonight

La Première Fois qu’Il Sâcre le Camp en Bas de Quelque Chose

Vous venez de le déposer sur le divan et lui chantonner des trucs, puis vous avez tourné le dos UNE SECONDE, genre moins d’une seconde, le quart d’une seconde, puis dans le temps de le dire, votre p’tit à rouler vers le vide et s’est précipité vers le sol à une vitesse vertigineuse. Une peur glacée vous a enserré l’estomac pis vos réflexes vont ont fait tendre les bras et vous avez pogné le p’tit juste à temps (ou pas, pis il s’est cogné sur le tapis). Le p’tit a bel et bien lâché un whack de surpris et vous avez immédiatement proliférez toutes les plus belles promesses et dévotions, mais vous n’oublierez jamais le regard empli de déception de votre petit envers vos capacités parentales.

La Premier Bain de Sang

Vous les regardiez depuis un bout de temps, ces fins petits ongles blancs et immaculés, semblable à des coquillages délavés par le vent et le soleil tant ils semblent purs. Il était temps, alors vous avez décidé de couper avec grande finesse et préciosité les petits ongles de votre doux, oh si doux bambin avec les petits ciseaux assortis à sa douillette. Et puis, fouille-moi de kessé que l’câlisse qui est arrivé, mais vous avez coupé plus loin pis la lame s’est enfoncé dans le doigt rose de votre bébé pis le sang toé qui jaillit comme dans un film d’horreur, avec les larmes et les cris de panique. Définitivement le meilleur moment pour vous faire appeler par votre mère pour savoir si tout se passe bien.

 Le Premier Caca Apocalyptique

Le p’tit avait fait une drôle de face et vous avez senti les effluves nauséabondes. Évidemment, vous étiez en plein centre du DIX/30 avec vos sacs de Pottery Barn et votre bel espoir de faire des emplettes sous les légers flocons de neige. But shit is going down, littéralement. Armé de vos maigres lingettes humides, vous avez amené votre p’tit dans la salle de bain privé puis vous avez réalisé avec horreur que le caca semblait avoir explosé partout sur votre bébé. Il y en avait partout. Son dos, ses pantalons bleu sarcelle, ses p’tits bas, sa tuque, même l’habit de neige était souillé. Les plus chanceux auront par hasard du linge de rechange. Les autres devront se débrouiller avec les lingettes, du papier de toilette et l’eau intermittente du robinet public. #nevergobacktothatbathroom

La Première Érection Malaisante

Non, pas celle de votre conjoint pendant qu’il écoute la télévision la main dans les culottes effouaré sur le divan. Plutôt celle de votre p’tit, qui est anormalement tranquille dans le bain et qui se lève subitement pour vous montrer fièrement son p’tit tuyau ben drette, sourire extatique aux lèvres: « Dada, gros pénis moi hein? ». Heu…#theygrowupsofastlitteraly

La Première Nuit Où Vous Vous Demandez Comment Vous Avez Ben Fait Pour Passer Au Travers

Vous la reconnaîtrez quand elle arrivera. Il n’y aura aucun présage, aucun signe pour vous annoncer que la nuit de marde arrive. Pourtant, vous allez couchez votre p’tit et il se réveillera au 10 minutes en larmes et vous ne saurez pas pourquoi. Ce sera ainsi toute la soirée, pour avoir un léger break au moment où vous irez vous coucher. Puis le tout recommencera à nouveau. Aussitôt que le sweet, sweet sommeil semblera se présenter à vous, votre bébé se réveillera à nouveau. Il n’aura pas faim, ne voudra pas se faire bercer, ne voudra pas dormir avec vous. Vous aurez beau le changer de couche, le tapoter doucement, vous promener avec dans toute la maison, faire un massage apaisant et réaligner ses chakras, sweet fuck all. Rien ne marchera. Après 3 heures de cris stridents, vous vous questionnerez sérieusement sur la solidité de votre lien parental. Vous vous surprendrez à calculer combien d’argent cela vous prendrait pour fuir le pays illégalement et refaire votre vie au Guatemala à vendre des coquillages sur le bord de la mer. Pis vous allez voir le soleil se lever, votre pyjama trempé de sueur de la furie retenue et vous allez apercevoir votre enfant à semi endormi, toujours vivant. Vous vous souviendrez toujours de cette nuit-là.

 

Malgré tout ces belles étapes, ne faites pas comme moi. Ne paniquez pas si votre enfant ne parle pas autour du moins qu’il est supposé le faire et s’il ne marche toujours pas après tant de mois. Je sais que c’est plus fort que vous, mais don’t, ça ne vaut pas la peine. Je n’ai pas grand conseil à vous donner, sauf qu’il faut vraiment apprendre à let it go pis accepter que votre p’tit va ben finir par tout faire comme le reste. Par contre, si autour de 18 mois il n’a toujours pas fracassé l’écran de votre iPhone en le lançant violemment sur le sol dans un élan de furie rageuse, il faudrait peut-être consulter pour un petit retard de développement.

Dada Blaise

P.S: J’ai même quelques étapes importantes pour l’enfance et l’adolescence!

La Première Fois Que Votre Enfant Fouille Dans Votre Sacoche Pour Vous Prendre un 20$!

La Première Fois Où Vous Entrez Dans Sa Chambre et le Surprenez à Se Passer Un Poignet!

La Première Fois Que Votre Enfant Vous Insulte en Public!

La Première Fois Que Votre Enfant Vous Appelle Drunk Pour Venir le Chercher

Voyons câlisse!

J’me rappelle encore la première fois où j’ai sacré de mon plein gré. J’attendais l’autobus sur le coin de ma rue, je devais avoir 7 ou 8 ans, pis il mouillassait, ce genre de p’tite pluie fine comme un crachat frette pis désagréable. On était quelques uns attroupés autour du même spot au coin de la rue à attendre l’absolution/le gros autobus jaune. Il y avait deux filles plus vieilles, elle devait être en 6e année, pis c’était des badass, parce qu’elles mâchaient de la gomme pis elle se gauffraient les cheveux. Une des deux a dit à un moment donné: « Câlisse d’esti de pluie. J’haïs ça. » Quelques approbations et hochements de tête du reste du troupeau. L’autre cool girl a renchéri avec un « esti » pis un « chriss qui fait frette. » Ça y était. Les sacres étaient lâchés lousses. Rapidement, tous et chacun se sont mit à murmurer ou carrément dire leur propre gros mots avec un plaisir coupable. La plus grande de la gang, la sacreuse originale, s’est alors tourné vers moi pis m’a teasé du regard:

« Toi, t’aimes-tu ça la pluie? T’haïs ça toi avec hein? »

« Ouain. » que j’ai dis, avec ma p’tite voix simili certaine qui voulait pas être délaissé.

« Ça te fait chier la pluie toi aussi hein? »

 

Je comprenais son invitation. Il était temps de prouver ma masculinité et ma rébellion contre le système en sacrant moi avec.

 

« Ouain, moi aussi j’haïs ça. J’haïs ça en tabarnak. »

 

Le mot était facile à dire. Presque jubilant. Tabarnak. C’est ainsi que j’ai vécu mon premier sacre. En voulant prouver que moi aussi j’étais capable de le faire. C’était un sacre inutile, il n’avait pas de substance, pas de raison d’être. Pourtant, il m’avait déjà accroché.

Flashfoward en 2016. Un moment où mon stress est trop intense pour toutes les mauvaises raisons, pis j’ai juste envie d’avoir la paix 2 minutes, pis toute me fait chier royalement, pis mon p’tit prend une heure pour mettre son fucking pyjama, pis j’suis entrain de perdre patience, en fait elle est rendu dans l’fond du tiroir à côté des bas blancs que personne ne met jamais. Fac j’m’en va dans un autre pièce pis j’accroche ma belle pile de linge bien plié pis, c’est plus fort que moi, j’lâche un « Voyons câlisse! ». Le p’tit retondit, bien intéressé.

« Kess qui a Dada? Toi fâché? »

Je répond pas tout de suite.

« Toi t’as dit, voyons câlisse? » qu’il demande avec la plus grande clarté et articulation inimaginable.

« Oui, Dada est fâché en tabarnak même! que je me permet, parce que j’étais pas arrêtable pis j’en voulais à la Terre entière et toutes les circonstances qui m’avaient amené à ce point dans ma vie où  je me retrouvais devant une pile de linge détruite.

« Oh…c’est pas grave Dada. »

Bon…d’accord, bon point Petit Pou.

J’exerce un métier prenant et exigeant qui comporte beaucoup de facettes différentes, notamment un self-control sur le langage puisque je passe ma journée à enseigner et à montrer l’exemple sur la bonne conduite à avoir. Il est donc rare de voir un enseignant dire « Bon, on va faire des esti de math pour changer! », « OK, là vous baissez le volume parce que j’suis chrissement écœuré de vous entendre! » ou bien « Yé c’est la fin de la journée, on décalisse d’icitte! » Je me retiens donc toute la journée pour ne pas lâcher des gros sacres bien senti qui me ferait DONC du bien. Je suis un ADULTE après tout. Et le soir à la maison, c’est la même chose. J’essai d’utiliser un langage normal et approprié pour mon enfant de 3 ans et demi. J’essai donc de ne pas dire « Mange tes sacraments de piments! » ou « Laisse moi pisser tranquille câlisse! ». Pourtant, à me r lire, il semblerait que je suis un espèce de bûcheron malpoli qui adore lâcher des « esti » à tout bout de champ, et pourtant pas tant non. Je ne suis pas particulièrement fan de langage vulgaire ou grossier. Je n’ai pas grandi avec des parents qui nous sacraient après sans arrêt. Quoique les partys de famille et les parties de cartes joués par la parenté m’ont quand même fait une belle éducation sur comment sacrer avec jovialité et envoyer chier quelqu’un parce qu’il m’a coupé aux cartes.

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Comme grand-maman le disait: « p’tite truie! »

Mais l’espèce d’interdit qui vient avec ma job de prof et de parent m’a comme qu’on dirait boosté les sacres depuis quelques temps. Une fois le p’tit endormi, les « chriss », « esti » pis « grosse conne » me sortent de la bouche facilement, surtout lorsque j’écoute Canal Vie. Je me défoule comme qu’on dirait (peut-être l’avez vous subtilement remarqué dans mes textes). J’ai donc découvert le pouvoir bénéfique du sacre. C’est un moyen comme un autre de s’offrir une libération émotionnelle. Il parait même que sacrer permet de mieux endurer la douleur. Ainsi, oui godamnit, j’me permets de sacrer pis joualer en masse dans mes textes et mes soirées entre copains. J’aime ça dire parfois que mon p’tit me fait chier, qu’il a été un p’tit câlisse, pis m’imaginer lui faire des fuck you dans sa face quand il annonce que non, il ira pas dans le bain (c’est notre guerre personnelle à tout les deux). Une étude (trouver sur Facebook mais bon, faut c’qui faut) démontre que ce de lâcher des gros mots devant les enfants n’est pas nocif en soi, ce qui est important est de ne pas dénigrer l’enfant par le biais du sacre, ni d’utiliser un langage péjoratif ou insultant. Par contre, si vous vous cogner l’orteil et que vous lâcher un « câlisse », votre enfant ne se mettra pas à vomir du sang et s’auto-mutiler pour autant.

Fac ouain…plus j’y pense, plus que finalement, chriss, j’sacre par boutte. Je suis un jovial sacreur moi avec. Pis, ça me dérange pas tant finalement. Des fois je lâche un « gros épais » quand je conduis ou « hey tabarnak! » quand j’perd à Mario Kart. Mon p’tit me dit « merci » et « s’il-vous-plait » et est poli avec la visite, mais de temps en temps, il entendra peut-être un « câlisse » quand on joue aux cartes. Puis un matin, alors qu’il joue avec ses petites autos pis qu’il tente de les faire tenir en équilibre pour what the fuck raison pis qu’une tombe, j’vais peut-être entendre un « voyons câlisse! ». Pis j’vais aller me cacher dans ma chambre pour ne pas éclater de rire.

Sur ce, j’vous souhaite une esti de belle journée.

Dada Blaise

15 choses qui font de toi un bon parent

L’Internet tout entier semble souvent bien dévoué à te faire croire que tu es juste un pas bon pour toutes les raisons possibles et imaginables. Tu as laisser ton enfant jouer dehors tout seul? Abandon! Tu as laissé ton enfant manger des tranches singles de Kraft comme collation? Dépendance à la malbouffe! Tu as aider ton enfant à monter le p’tit mur d’escalade? Parent-hélicoptère!
Moi, je l’sais que tu es un bon parent. La preuve, tu es en train de lire cet article sur ce blogue, donc c’est déjà un bon point pour toi. Sans farce, comme il y a des millions de façons d’être parent de nos jours et de faire des erreurs, voici une liste pour te confirmer que tu fais BIEN les choses et t’assurer que tu es un bon parent. (indice: tu l’es):

 

1. Tu as déjà attrapé les fluides corporelles de ton enfant à mains nus.

2. Tu peux deviner la température de ton enfant au Celsius/Fahrenheit près avec juste le dos de ta main.

3. Tu as déjà laissé ton enfant faire sa crise dans une allée d’épicerie pendant que tu continuais nonchalamment à remplir le panier.

4. Tu as déjà abandonné ledit panier d’épicerie en empoignant ton enfant sous le bras de façon peu élégante pour le traîner jusqu’au char.

5. Tu as déjà dit la phrase: « C’est MOI qui décide! »

6. Tu as déjà fais 6 magasins pour trouver la maudite figurine manquante de Marcus/Stella/Chase/Ruben/Roukie/Zuma.

7. Tu as déjà passé une presque nuit blanche à cuire et décorer un gâteau en forme de Mickey Mouse qui ressemblait plus à Freddy Krueger en fin de compte.

8. Tu as déjà été magasiné pour te trouver du linge à TOI et tu es revenu avec 4 sacs de linges pour ton p’tit.

9. Tu as déjà utilisé la pompe à morve sans filtre, parce qu’il n’y en avait plus et c’était une urgence et tu as probablement avalé un bout de morve. Si c’est pas de l’amour ça, j’sais pas ce que c’est.

10. Tu as joué approximativement 6 431 heures de cachette et tu as réussi à faire semblant d’être surpris à chaque fois de trouver ton p’tit caché derrière les rideaux. (À. Chaque. Esti. De. Fois.)

11. Tu as utilisé l’excuse: « mon enfant est malade » plus d’une fois pour te défiler d’un événement social.

12. Tu as amené toute la famille au parc dans les jeux d’eau pour un après-midi de plaisir familial…ainsi qu’une excuse de ne pas prendre le bain ce soir-là. #winwinsituation

13. Quand tu te fais mal et que tu cherches un Band-Aid, tu passes beaucoup trop de temps à hésiter entre celui d’Elsa ou d’Anna.

14. T’as juste hâte de dropper ton p’tit chez les grands-parents pour un avoir un break pis t’as juste hâte d’aller le chercher pour le revoir.

15. Tu as gardé ton enfant en vie de son réveil jusqu’à ce qu’il se couche.

Dada Blaise

Les bons parents méritent un peu d’encouragement de temps en temps. Offrez leur de garder leurs enfants pour un weekend! Trop de trouble? Partagez cet article avec eux!

8 Genres de Parents que tu risques de rencontrer à la piscine

Être un adulte semble simple et reposant, et en majeur partie ça l’est. Tu peux décider de l’heure à laquelle tu te couches (9:33, whohoo, wild night!), tu peux manger tout un pot de Haggen Daas beurre de pinotte et chocolat pour déjeuner (ben quoi, le beurre de pinotte c’est au déjeuner qu’on mange ça!) et tu peux choisir d’écouter un film d’horreur avant de te coucher (et ne pas dormir en surveillant la fenêtre voir si les aliens vont arriver pour te kidnapper).

Être parent signifie que toute cette belle liberté se retrouve câlissé par la fenêtre et ta vie se concentre maintenant à une chose uniquement: entertainer le p’tit. Oui, d’accord, il faut également le nourrir, le laver, l’éduquer et l’aimer, mais ça c’est des broutilles. Plus ton enfant grandi, plus son besoin en activité augmente violemment. Comme tu veux que ton enfant soit épanoui dans le plus de sphères possibles et que faire des casse-têtes d’animaux et de la peinture à doigt commence à te taper sur le système, tu te dois de l’inscrire à des cours. Et des cours pour les enfants, il y en a une toute une panoplie. Ballet jazz funky/slutty, karaté post-moderniste, gymnastique haïtienne, hockey pro-féminisme, peinture expressionniste, danse moderne dans un leotard moulant, il y en a pour tous les goûts.

Comme Dada n’est pas trop aventureux et que Petit Pou est une p’tite affaire gêné (l’équivalent d’un chat sauvage qui crache quand on lui dit « bonjour »), nous avons opté pour les cours de natation. Les premiers cours de natation d’un enfant doivent se faire avec le parent, alors c’est avec JOIE que j’ai sorti mon plus beau maillot qui balloune dans l’eau, mes manboobs et mon casque de bain bien assorti qui étire mon visage comme celui de Manon Leblanc.

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On peut la voir ici en train de pleurer à chaudes larmes.

La Piscine. Quel bel endroit pour se retrouver un samedi matin, étouffant dans l’air stagnant et plein de chlore, pataugeant dans le jus d’enfant et l’eau tiède de l’avant-veille. Et c’est aussi une belle occasion de rencontrer des parents comme vous et vous faire de nouveaux amis! Après tout, vous allez passer presque treize samedi matins ensembles, alors voilà l’occasion de faire connaissance au travers l’apprentissage de la nage du p’tit chien qui se tortille. On le sait, se faire de nouveaux amis est un procédé tortueux, surtout lorsqu’on porte un maillot de bain et c’est beaucoup moins facile qu’à la maternelle où le simple fait d’avoir tout les deux un chandail jaune faisait de vous des BFF.

Voici donc un autre volet dans ce petit guide simple et pratique, cherchant cette fois-ci à vous aider à reconnaître les différents types de parents qui barbotent dans les piscines municipales afin de vous aider à choisir avec qui vous pourriez aller magasiner des napperons agencés un de ces quatre:

La Swim Mom

Ici, c’est SA piscine. Elle y a fait ses cours quand elle était jeune, fac elle est en terrain connu! Elle est impliquée dans la vie de ses enfants et damn it, ils sont mieux d’être reconnaissants! La Swim Mom va te faire douter à savoir si ton enfant est paresseux, stupide ou un désadapté social. Peu importe les réussites de ton p’tit l’enfant de la Swim Mom l’a déjà fait avant et de façon ben meilleur. Elle est évidemment avec toutes ses meilleures copines, avec leur serviettes agencés et leurs jugements à outrance, parce que toi tu as une serviette de bain rugueuse et ton p’tit à encore une trace de confiture aux fraises sur le coin de la bouche.

La Goddess

Elle est jeune, dynamique et surtout, athlétique. Elle a une peau de cuivre, des lèvres pulpeuses et des jambes qui finiront plus jamais de finir. Elle fait du CrossFit à chaque matin, du Pilates avant de se coucher et du Pole Dancing pour relaxer. Son maillot de bain, taillé dans le succès, est noir charbon bordé de fil doré et retient à peine son énorme poitrine ronde qui défit les lois de la gravité. Même son casque de bain est fashion et ne lui donne pas tout l’air de Bibi. Elle arrive la dernière parce que ça ne pourrait être autrement, marchant avec grâce et assurance, laissant une traînée de papillons dans son sillage. Elle scrute les enfants pour discerner qui pourrait faire ombrage à sa p’tite. La mère et la fille sautent en tandem dans l’eau et exécute une routine de nage synchronisé à couper le souffle. Le mot échec ne fait pas partie de son vocabulaire.

La Pimpante

Et qu’elle a donc du fun aujourd’hui! Son maillot te rappelle ceux des nageuses Allemande Olympique et son casque de bain n’est pas agencé, mais c’est pas grave, elle s’amuse! Son p’tit possède quarante-cinq différents surnoms et il semble serein et pleinement épanoui. Dans l’eau, ils sont encore plus heureux, tellement que tu as envie de la puncher en pleine face. À chaque saut et vagues, elle pousse des cris orgasmiques et rit à gorge déployée alors que son p’tit est déjà capable de faire des culbutes sous l’eau. Ils s’aspergent avec la joie de la complicité, oubliant du coup le reste du groupe. La monitrice, enragée car elle se fait voler le show, est obligé de monter d’un cran son enthousiasme et sourit à s’en fendre les joues. Si la Pimpante ne fait pas attention, elle risque fort de finir au fond de la piscine après avoir reçu un violent coup de nouille rose bonbon. De votre part ou de la monitrice.

La Rigide

Elle est en public, alors watch out. Elle ne s’attend à rien de moins qu’un comportement exemplaire de son p’tit de 2 ans. On attend son tour, on glisse pas, on pousse pas et, Seigneur Dieu, on se mouche pas directement dans l’eau comme l’autre là-bas (le mien qu’elle pointe du doigt). Elle a beaucoup de règlements complexes, beaucoup de pauses réflexions et elle aime répéter: « fais le bon choix ». Pendant ce temps, les autres enfants hurlent de joie dans la pataugeoire alors que le sien doit expliquer en 3 phrases argumentatives pourquoi il a voulu mettre la baleine de plastique dans son maillot de bain.

La Criarde

Sur les bancs elle est calme et composée mais perd tout sens d’amour propre et dignité lorsqu’elle touche l’eau. Lorsqu’il est temps d’encourager son enfant, elle le fait comme si c’était le jour du Jugement Dernier. Un peu plus et on se croirait dans son intimité avec son mari. « Pousse plus fort! », « Plus vite! De plus grands coups! », « Tourne toi sur le dos! », « Vas-y mon champion! », « Fais l’étoile, écarte tes jambes! ».

Le Papa Dude

Il est un des précieux mâles de la piscine, armé de sa bonne humeur gamine et son attitude relax. Il parle à tout le monde, les autres parents, les enfants, les p’tites lifeguards, le concierge et la vieille madame qui pensait que c’était son cours d’aquaforme. Il a un ou deux tatous, une barbe et un maillot de bain avec des palmiers. Il chantera certainement pas au début avec la monitrice, mais s’investit à fond la caisse dans les différents styles de nage. et il éclatera d’un rire similaire à un jeune de treize ans qui écoute Beavis et Butthead quand vient le temps de sauter dans l’eau. Son p’tit risque d’avaler quelques bouillons car il est souvent occupé à regarder les gros seins des autres mamans.

Le Gay Dad

Un nouveau modèle qui apparaissait rarement jusqu’à présent. Fier porte-parole du « Dad Bod », le Gay Dad trouve l’eau anormalement frette et que les nages sont répétitives (à quand la nage de la sirène?), mais se dévoue malgré tout pour son p’tit. Il ADORE quand vient le temps de chanter en début de cours, il sait tous les mouvements et est beaucoup trop enthousiaste quand vient le temps de faire les cris d’animaux. Il rend les dames à l’aise, peut-être même un peu trop car elles ont tendances à lui confier, entre deux sauts des p’tits depuis le tremplin, qu’elles aimeraient essayer le trip à trois avec leurs époux et quel lubrifiant il suggère pour…you know. Il est à l’aise pour jaser sexualité, mais pas dans une piscine probablement rempli d’urine fraîche.

Les Eux Autres

Oh yeah. Ils sont là. En couple. Ugh…Leurs maillots sont blancs, leurs sourires aveuglants et leur rires cristallins. Ils font la salutation au soleil avant d’entrer dans l’eau avec leur petite Eurydice qui porte un maillot Jean-Paul Gauthier et un casque de bain Prada. Dans l’eau, le père nage aussi vite que Michael Phelps et la mère explique aux autres sa recette de crème solaire maison fait à base d’huile de noix de coco, de sauge et du sperme de son mari. Les Eux Autres ne sont pas d’accord avec la chanson « Y’avait des crocodiles » car elle véhicule une image judéo-chrétienne de l’Arche de Noé. Ils n’aiment pas non plus qu’on demande aux enfants de nager « comme un chien », trouvant la comparaison dégradante .

 

Si vous réussissez à vous faire amis tout en gardant la tête hors de l’eau et vos parties intimes dans votre maillot, je vous félicite. Ça ben d’l’air que je l’ai pas pantoute.

Dada Blaise

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Papa pis Dada sont sur Facebook! Il y a des blagues pathétiques à allez lire régulièrement. Go for it!

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Comme tous les parents, il y a des journées que je l’ai l’affaire. J’me trouve donc bon avec mon p’tit. J’trouve que je suis le meilleur parent sur la Terre. Que j’suis un KICKASS parent.

J’me suis réveillé souriant, j’ai fait des crêpes farine de blé/banane/chocolat organique avec le lait de ma chèvre Biquette attaché dans la cour en arrière, j’ai joué à la cachette et couru après mon p’tit dans toute la maison en prétendant être un dragon qui avait kidnappé une princesse pendant 2 heures de temps sans arrêt, pis je lui ai ensuite expliqué l’importance de l’affirmation de soi en expliquant que la princesse était une femme forte et fière qui pouvait faire des choix. Nous avons passé l’avant-midi à faire de la peinture sur un sujet écolo-sensible comme le braconnage d’ivoire, nous avons mangé de l’orge perlé parsemé de morceau de kale pour dîner, nous avons été au parc et avons cueilli des fleurs sauvages pour ensuite se faire de superbes couronnes fleuries bucoliques que nous avons portés le reste de la journée. Tout semble parfait, facile, rose bonbon et p’tits anges nus fesses. J’prends cinquante-six milles photos pis j’les filtre même pas sur Instagram, parce que c’est la vrai vie pis j’me dis que j’en prendrais 8 enfants, pas de trouble. J’me dis que j’ai le droit d’être heureux, que j’ai le droit de partager mon bonheur. Comme un con imbu de lui-même, j’me dis alors: « J’pense que là ça va ben aller. J’ai enfin compris comment être un VRAI parent. »

Puis, comme la vie est une salope et aime te foutre un coup dans le dos quand tu t’y attends le moins, mon p’tit décide de me faire une giga crise parce qu’il REFUSE de prendre son bain le soir venu. À la façon dont il réagit, on croirait que c’est la première fois que je lui demande de prendre un bain ou que je suis en train de lui suggérer de se plonger dans une baignoire d’acide sulfurique. En quelques minutes à peine, alors que j’vois la serviette PatPatrouille revoler dans le corridor et les p’tits bonhommes de plastique se faire assommer violemment contre la cuvette, ma belle confiance s’effondre, j’me tourne la tête vers la fenêtre, la tête penché sur le coté, l’index sur la bouche de façon coquine et je me demande alors: « Kessé que j’fais de pas correct? »

Comme je suis moderne et légèrement masochiste semble-t-il, je me suis empressé d’aller farfouiller sur les Internets afin de trouver d’autres articles qui peuvent me venir en aide (ou me donner le goût de binge eating le paquet entier de cookie dough, c’est selon). Évidemment, ça ne m’a pas pris de temps de trouver trente-six articles écrit par des « spécialistes » qui viennent me dire les nombreuses erreurs que je fais constamment en disant « ton dessin est beau » au lieu de dire « explique moi ton inspiration et tes rêves » ou en mettant mon p’tit « en punitance dans sa chambre » au lieu de lui faire un spectacle de marionnette éducatif sur le thème de la méditation. Un article en particulier trouvé sur fatherly.com intitulé I’m A Family Psychologist And These Are The 20 Most Common Parenting Mistakes I See m’a interpellé pour toutes les mauvaises raisons.

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Le Family Psychologist en question. C’est David Bowie, avec une moustache.

Comme Papa pis Dada n’ont pas les moyens de se payer un thérapeute familiale, j’trouvais que cet article compenserait largement en attendant et j’espérais y trouver quelques conseils gratuits. Fac j’ai lu tout ça avidement alors que Papa relisait pour la 16e fois l’histoire de Frissons l’Écureuil Qui Ne Voulait Pas Dormir Or Some Random Shit Like That (Get the hint Petit Pou!). Les conseils qu’on retrouve dans l’article sont sensés, quoique irréalistes dans la plupart des cas, surtout pour le parent d’un jeune enfant. J’ai quand même pris note de certaines choses sur un post-it tâché de yogourt (parce que quand tu as un enfant, tout est couvert de yogourt dans ta maison), que je risque sûrement d’oublier une fois que j’en aurai besoin réellement.

Voici donc quelques erreurs que vous faites tous les jours et qui peuvent commettre des torts irréparables chez votre enfant:

Utiliser la honte, l’ignorance ou les menaces pour régler les conflits

Shit…ne me reste plus que l’extorsion dans ce cas…

Trop féliciter votre enfant

Est-ce que la félicitation suivante est de trop: « Bravo champion, j’adore la façon que tu as de totalement m’ignorer alors que je t’ai demandé de ranger tes jouets! »?

Essayer de faire plaisir à l’enfant à tout prix

Ahhh donc quand mon p’tit me réclamait une gorgée de mon Gin/Tonic, il ne fallait PAS que je lui en donne?

Trop les occuper

Mmm, pas certain d’être d’accord. Occupé = se fatigue plus vite. Se fatigue plus vite = dormir plus rapidement. Dormir plus rapidement = plus de temps à scroller mon Facebook inutilement. Basic math, tu ne peux pas argumenter avec ça.

Ne pas laisser les enfants s’ennuyer

Parce qu’il y a un moyen qu’un enfant ne s’ennuie pas? Chriss dîtes moi c’est quoi???

Ne pas tout expliquer ou cacher une partie de l’information concernant des sujets importants, comme le sexe

Bien d’accord! Donc chaque soir, après avoir écouté Dora and Friends, on écoute 20 minutes de Pornhub afin de bien l’éduquer sur le sujet.

Constamment critiquer les erreurs de notre enfant

Encore faut-il avoir le temps…Mon p’tit a trois ans…Il fait constamment des erreurs. La fourchette à dessert va à gauche de l’assiette voyons donc! Et c’est 3 olives dans un martini, pas quatre! On dirait qu’il n’écoute pas!

Demander aux enfants de faire des choses qui ne sont pas de leur âge

« pas de leur âge » comme les forcer à mettre la table avant le souper? Ou « pas de leur âge » comme jouer à recréer la scène du « Red Wedding » de Game of Thrones avec ses toutous?

Trop écouter la télévision

Ahahahhahahahhahahhhhaahahahhaha…Nope. La télévision est ma gardienne favorite.

Ne pas lire à votre bébé

Moi je n’ai pas pris de chance, aussitôt que mon p’tit est arrivé chez nous, nous avons commencé à lire 50 Shades of Grey avant le dodo. Question qu’il apprenne à rire.

Protéger votre enfant en le faisant gagner constamment

Pas de problème, lorsqu’on joue à Candyland et que je gagne, j’me lève et crie « in your face bitch! » tout en le pointant du doigt. C’tu correct?

Ne pas laisser l’enfant jouer dangereusement

Dada lui apprend à explorer le p’tit bois derrière la maison, la nuit avec des allumettes et un bidon d’essence; Papa lui apprend à se servir du gun à clous, les deux pieds dans une flaque d’eau, pendant un orage qui gronde. Are we doing it right?

Ouf! C’est difficile être parent de nos jours! J’me console en me disant que toutes ces erreurs auxquels mon p’tit est soumis tous les jours auront au moins l’effet bénéfique de faire de lui un être torturé avec un lourd bagage émotionnel, le kit parfait pour un futur artiste/chanteur/acteur à la mode qui fera des millions. #parentingISeasy

Dada Blaise

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