Être parent ce n’est pas drôle!

Quand tu es parent, tu aimes ça parler de ton enfant. C’est ben certain, il devient pas mal le centre de ton univers. Tout ce qu’il fait est merveilleux et amusant et incroyable, du moins quand il est un bébé. Quand l’enfant grandit, le discours change de façon imperceptible. Tu pimentes la conversation avec une phrase adorable que ton enfant à dit ou de la fois où la fois que tu pensais saigner du nez tellement t’étais en esti après lui, c’est selon ton auditoire. Il y a les histoires de pleurs toute la nuit, de premier caca dans la toilette, de rot bruyant au restaurant et les incontournables histoires de gastro. Ça, le parent en raffole. Il est toujours question de fluides corporels dans les histoires d’enfants. « Mon Dieu qu’il a été malade. » « Mon Dieu qu’il feelait pas. » « Mon Dieu qu’il a vomi! » « C’était épeurant tellement il vomissait! » Dada, qui est toujours prêt à placer une bonne blague aux moments les moins appropriés, lâche alors un commentaire du genre: « Hiiii, est-ce que sa tête a fait un 360 et elle s’est masturbée avec un crucifix? »

stephh harwood exorcist.jpg

As-tu essayé de lui donner une boisson du style Pédialyte? Peut-être ça lui f’rait du bien…

Bon, c’est évidemment là que le parent se tourne vers moi, somewhat indigné, me fixant avec la tête légèrement penchée sur le côté, incertain, terrifié même. « Ce n’est pas drôle. Elle a vomi toute la nuit! J’ai été obligé de désinfecter la maison entière avec de l’eau de javel et du Purell! » Ok. I get it. La p’tite était malade pis elle a passé une ben mauvaise nuit. Les enfants sont précieux. Ils sont notre avenir. Teach them well and let them lead the way. Moi aussi j’connais la chanson de Whitney.

Et que c’est sérieux, mon Dieu que ce n’est pas drôle. Ne touche pas à ça, reste assis, écoute bien, mange tous tes brocolis, fait un arrêt complet, fait du jogging, bois pas trop de vin, passe du temps en famille, laisse pas de graines de toast dans le beurre, rince ton recyclage, mange pas trop de chips, rit pas de la grosse madame. C’est sérieux la vie. I know, I know. Y’a ben du drame dans le monde. Tous les jours des gens sont assassinés, il y a la guerre, la corruption, les génocides. Quelqu’un, en ce moment même, se fait laisser par un être cher. Quelqu’un se sacrifie pour celui qu’il aime. Quelqu’un tombe en amour, quelqu’un pleure. Un bébé naît et une famille est en deuil pour un grand-père qui vient de mourir. La vie est pas facile et triste et grise. La vie devient particulièrement sérieuse quand tu deviens parent. Tu deviens un nouveau citoyen du pays de la parentalité, et ici, il y a beaucoup de règles à suivre. Ou à ne pas suivre. Combien d’articles ou reportages sur la famille et les enfants sont réellement sur des conseils constructifs et non à propos des choses À NE PAS faire? Je sais que ce n’est pas un avis très populaire parmi certains parents, mais quand est-il du essai/erreur avec les enfants? Après avoir collé ma langue sur la p’tite barre de métal dans le congélateur, j’ai apprit que ce n’était pas une bonne idée! Ma mère m’avait dit de ne pas coller mon pouce sur le l’allume-cigarette dans l’auto, je l’ai plus fait après m’avoir brûlé! Faire des acrobaties avec un pantalon jogging usé devant la cour d’école entière, ce n’est pas une bonne idée car les pantalons risquent de FENDRE! Et j’ai appris qu’il fallait toujours, TOUJOURS, cogner à la porte de la salle de bain avant d’entrer quand mon père y était.  Vous voyez, essai/erreur!

Et qu’en est-il de l’humour? T’sais, en rire une bonne shot. Parce que, avouons-le, c’est pas mal ridicule être parent. C’est ridicule quand tu décides de ne pas passer la balayeuse sous prétexte que ton p’tit dort (yeah right). C’est ridicule quand tu envoies une photo de caca à ton époux tellement tu es fier de ton enfant. C’est ridicule quand tu manges en cachette les Goldfish de ton enfant…ou ses bonbons d’Halloween. C’est ridicule parce que tu dois épeler des mots pour ne pas te faire comprendre (ou parler l’anglais) quand tu veux dire à ton conjoint que tu as envie de manger un P-O-P-S-I-C-L-E ce soir (ou que tu veux F-O-U-R-R-E-R ce soir, c’est selon). C’est ridicule lorsque tu réalises que tu es en train de tenir tête et raisonner un enfant en pleine crise, alors qu’il serait plus facile d’apprendre le latin ou de faire le Moonwalk sur un pied seulement. C’est ridicule parce que tu passes des soirées à t’en vouloir d’avoir puni un enfant, alors que lui s’en rappelle plus vraiment le lendemain. C’est ridicule parce que c’est quelque chose qui change ta vie complètement sans la changer du même coup. C’est ridicule et c’est drôle de voir à quel point tu changes même si tu t’étais juré de toujours resté le même. C’est ridicule pour toutes les bonnes raisons.

Alors, peut-être peut-on se permettre d’en rire un peu. De faire un « fuck you » dans le dos de notre p’tit quand il ne veut pas s’habiller. De dire que notre p’tit est un asshole. De rigoler de la fois où on était tellement fatigué qu’on s’est endormi sur le divan tout les deux. De la fois qu’on a pété dans l’église. Parce que, malgré toutes nos belles précautions, le résultat ultime est que notre enfant va grandir et va se lancer dans le monde sans vous derrière lui pour le guider et lui dire quoi faire ou ne pas faire. Il va faire ses propres erreurs, probablement vous blâmer pour quelque chose, se payer une thérapie pis vous pardonner en fin de compte. Fac riez. Riez out loud tout en regardant votre argent fondre comme neige au soleil, vos cuisses épaissir, vos cheveux amincir et votre jeunesse s’envoler dans le bleu du ciel. Si c’est pas drôle ça, rien ne l’est.

Dada Blaise

P.S: Dada croit aux pouvoirs du ridicule et du rire. La preuve, il a déjà fait bleacher ses cheveux. Et à déjà rencontré Steph Carse. EN PERSONNE!

15 phrases que je ne pensais jamais dire un jour

Avant d’avoir des enfants, tu te fais beaucoup de promesses. Mon p’tit n’écoutera pas la télévision avant qu’il ait 2 ans. Moi j’vais être capable de contrôler mon enfant à l’épicerie. Voyons, c’est pas si difficile, tu lui dis non pis c’est toute! Mon p’tit va manger des légumes à chaque repas. Je ne vais pas parler de caca et des heures de sommeil de mon enfant avec mes amis. J’vais dormir quand le p’tit va dormir. Je ne vais jamais dire: « O.k, arrête de parler », « Parce que c’est moi qui décide! », « Va demander à ton père » ou « C’est à qui le gros caca? »

Hé oui. Guess what? Tu vas tout faire ça. Et même plus! Voici 15 phrases que je ne pensais jamais dire à voix haute un jour:

« Enlève ton pénis de sur la table. »

« On ne liche pas le plancher de l’épicerie mon ti-gars. »

« Enlève ton pénis de sur mon coussin. »

« Est-ce que c’est du chocolat ou du caca ça? »

« Enlève ton pénis de sur le iPad. »

« Je le sais que tu as envie de caca, ment moi pas! »

« Là va glisser pis t’es mieux de t’amuser, compris? »

« Oui grand-maman a un vagin. »

« As-tu mis ton doigt dans tes fesses? »

« As-tu trouvé ça dans les poubelles? »

« Enlève ton pénis de sur la télévision. »

« Arrête de licher le chat! »

« J’ai pas dit ton câlisse de père. J’ai dit ton réglisse de père. RÉGLISSE. »

« Parce que j’aime pas me faire mordre, correct là!? »

« Ah ouain t’es capable de faire 3 culbutes de suite? R’garde, moi j’suis capable de faire un nœud avec ma queue de cerise avec ma langue! Same thing! »

 

Dada Blaise

Pour plus de ridicule quotidien, clique drette-là

5 choses à faire pendant la crise d’un enfant

Avoir un jeune enfant c’est comme faire face à un Terminator.

« Il ne connaît pas la pitié, ni les remords, ni la peur. Et rien au monde ne peut l’arrêter, personne. »

killer machine baby_1.jpg

I’ll be back…tonight in your bed with a wet diaper.

La seule différence est que mon garçon de 3 ans est légèrement plus facile à comprendre que Arnold. Et qu’à la fin du film Arnold perd. Mon p’tit gagne toujours. Donc, quand je lui dis non, il entre en Terminator mode et détruit tout sur son passage. Et moi je ne suis pas Linda Hamilton. Je n’ai pas la force et le courage d’affronter le Terminator. Mon p’tit est irrationnel, changeant constamment de tactique et de moyens pour me détruire psychologiquement.

Heureusement, après l’avoir affronté aussi souvent, j’ai développé quelques petits trucs. J’vous les partage gratuitement, parce que j’vous aime ma gang de vous autres.

 

Ayez des pensées heureuses

Annoncez à votre famille que vous sortez dehors « 2 minutes », l’écume aux lèvres et l’oeil gauche tressautant violemment. Installez-vous dans la remise, la tête entre les genoux. Rappelez-vous les bons conseils de La Vie n’est Pas Un Magazine afin d’éviter d’être submergé par les événements et récitez votre mantra de pensées heureuses:

Il est la chose la plus précieuse qui existe.

Au moins il fait ses nuits…jusqu’à 4:30.

La maternelle arrive.

Au moins il est propre…même s’il sali tout le bol.

Ça aurait pu être des jumeaux.

Googlez

Pendant que votre enfant détruit pièce par pièce le fantastique château Playmobile que vous venez d’acheter pour une modique somme équivalant à la dette d’un pays pauvre, googlez avec l’énergie du désespoir pour trouver une solution à votre Terrible Two. Parmi des forums datant de 2008, trouvez aucune réponse à votre problème et réalisez à quel point il est en retard comparé au reste des enfants qui sont capables de chanter l’alphabet en allemand et décorer des cupcakes qu’ils ont cuisinés eux-mêmes. Terminez la soirée à l’urgence parce que vous vous êtes entêté de continuer à googlez jusqu’à plus soif, découvrant ainsi que cette petite rougeur sur la fesse gauche de votre p’tit était peut-être seulement une petite irritation causée par sa couche ou la bactérie mangeuse de chair. Vous n’avez pas pris de chance.

Stalkez sur Facebook

Attrapez votre téléphone et enfermez-vous dans la salle de bain pour quelques minutes de « me time ». Pendant que votre p’tit varge comme Jack Torrence dans la porte, scrollez comme un déchaîné sur Facebook et stalkez vos anciennes connaissances du secondaire. Trouvez rapidement une photo glamour de votre ancienne copine Mélanie, celle assise tout près de vous dans le cours de Géographie où elle apparaît mince et heureuse. Réalisez qu’elle semble être dans un bar branché avec Katherine Levac et Claude Bégin, riant aux éclats tout en se touchant la gorge de façon suggestive, verre de champagne dans une main. Fermez rapidement votre téléphone avant d’écrire un commentaire passif/agressif.

Mangez

Alors que le p’tit est en train de convulser de rage en étalant de la morve/bave/larmes sur votre porte-patio, dirigez-vous discrètement dans la salle de bain et ouvrez l’armoire à pharmacie. C’est ici que vous devriez cacher vos cochonneries. Enfilez vous trois, quatre palettes de chocolat ou une pleine poignée de M&M’s en cachette. L’interdit est presque orgasmique. Mais grouillez-vous et surveillez toujours la porte, car il n’y a rien de pire que d’avoir la bouche pleine d’Oreos et de voir retontir votre p’tit. Ou votre mari.

Buvez

C’est inévitable, mais la meilleure solution est souvent la plus simple. Ouvrez une bouteille, prenez un contenant quelconque qui est semi-propre et buvez, adossé au comptoir avec votre téléphone dans l’autre main. En prime! Envoyez des textos furieux à votre époux comme: « Es-tu encore à la job? » « Demain tu prends congé de ta job ou j’crève les pneus de ton char. » « J’m’en fou que tu aies une maîtresse, ramène-la à la maison qu’elle s’occupe des enfants le temps que j’me lave la tête. »

 

Dada Blaise

Partagez cet article avec les parents qui vivent ces crises. Ils sont nombreux. Ne les laisser pas dans le besoin.

J’suis un parent: 5 bonnes raisons de « crier » après les enfants

De nos jours, il ne suffit plus d’être parent, il faut également se souscrire à une catégorie parentale. Il y a plusieurs choix, tel le parent-hélicoptère, le parent-phare, le parent-dauphin ou le parent-concombre de mer ascendant tracteur. Chaque jour il semble y avoir une nouvelle mode, une nouvelle tendance, une nouvelle façon de faire pour éduquer, aimer, protéger, élever un enfant. « Qu’il est compliqué d’être parent! » me dis-je les mains sur les hanches tout en préparant mon Hamburer Helper matinal.

Le problème avec toutes ces belles philosophies parentales c’est qu’on vous demande la perfection. De toujours faire ce qu’il y a de mieux pour les enfants, peu importe l’effet que ça aura sur vous, votre santé mentale ou vos valeurs. La perfection revient souvent dans le monde des parents, elle est insistante comme le sac de chips qui vous appelle du haut de l’armoire. Comme chacun de nous souhaite être le meilleur parent possible, on vise souvent le A+, le best, la perfection. Et quand on rate notre coup, quand on perd patience et qu’on cri « Arrête de crier! », ben on se sent évidemment comme une grosse marde qui a l’a pas pantoute.

Être en colère. Hurler. Crier. Tout ceci est un gros « no, no » par les temps qui courent. Cela semble être devenu la nouvelle tape sur les fesses, la technique à proscrire. Qu’un parent perde patience et lâche un « heille ça va faire! » bien retentissant soulève autant de sourcils des alarmistes de ce monde que si je lui avais lavé la bouche avec du savon. Des articles pleuvent sur le Net de mères qui se sentent coupables d’avoir crié après leur petit. Moi aussi je les ai lu. Moi aussi j’me suis senti tout croche. J’me suis senti cheap et l’équivalent d’Adolf Hitler parce que j’ai haussé le ton en plein restaurant bondé parce que mon p’tit hurlait pis était désagréable. « Oh désolé cher clientèle du St-Hubert, je ne voulais pas déranger la belle sérénité et le calme qui règne dans ce restaurant à 17h35 un jeudi soir! ». En fait j’avais juste envie de leur crier plus fort:

« Étouffez-vous avec votre vin rouge maison et votre cuisse de poulet graissoux! Vous vous rappelez pas c’est quoi élever un p’tit de 3 ans? »

Crier, perdre patience, c’est être humain. Oui, crier après un enfant n’est pas la solution et oui, ça les surprend, leur fait peur même, mais c’est un peu le but non? JE NE DIS PAS QU’IL FAUT HURLER SANS ARRÊT, calme-toi matante Suzie et compagnie. Mais…un petit haussement de voix bien sonné a toujours fait son effet depuis la nuit des temps. Voici 4 bonnes raisons de crier après ses enfants:

1. Ils sont en danger.

S’il y a bien UNE bonne raison de crier, c’est celle-là. Tu veux une réponse instantanée, cri « DANGER! » ou « ATTENTION AUX AUTOS! ». Quand tu hurles: « TOUCHE PAS AU ROND DU POÊLE! » ou « METS PAS TON PÉNIS DANS LA BALAYEUSE! » c’est parce que tu veux te faire entendre et obéir right fucking now.

Les puristes diront qu’il ne faut en aucun cas crier, qu’il faut prendre le temps de bien s’asseoir et expliquer aux enfants les événements. Par contre, je me vois mal attirer l’attention des enfants au parc et dire d’une voix douce et compréhensive: « Les enfants, pardonnez-moi d’interrompre votre jeu, mais il semble y avoir un énorme tyrannosaure enragé qui court en notre direction, donc, calmement, formez une ligne et suivez-moi vers l’abri le plus proche ».

2. Pour se faire comprendre.

J’sais pas pour vous, mais le niveau de son qui accompagne un groupe d’enfants est semblable entre le bruit ambiant au Grand Prix ou une foule de madames excités à l’événement Fruits & Passions en Giga Rabais. Chez Papa pis Dada, il n’y a qu’un seul enfant et parfois j’ai l’impression qu’il est en train de jouer à Jumanji dans la cave avec des rhinocéros pis des lions tellement il y a du bruit et de l’action. Donc, quand le souper est prêt, je me vois mal appeler le p’tit d’une voix angélique: « Mon petit poussin, le souper est servi! Vite, j’ai servi du brocoli vapeur sans sel et sans beurre ainsi qu’une délicieuse poitrine de poulet recouverte de sauce grise aux champignons molasses, ton plat préféré! ». Parfois, la seule façon de se faire comprendre c’est de lâcher un : »VIENS MANGER! » Cet ordre est aussi valable pour Papa qui bizounne dehors dans ses affaires et qui n’entend pas mon charmant appel.

Puis, une fois tout le monde bien assis, on peut utiliser notre voix de tous les jours. SAUF lorsque le p’tit commence à bouder et attrape son assiette pour nous démontrer de façon subtile son mécontentement. Dans ce cas…

3. Parce que tu es en esti!

Élever un enfant veut dire tout lui apprendre, right? La joie, la peine, la colère, l’empathie. Surtout l’empathie. Donc quand mon p’tit se chicane avec son ami au parc et lui sacre un coup de pied « pour voir ce que ça ferait », le premier regard que mon jeune me lance n’est pas celui du regret, mais bien de la fierté et du défi alors que l’autre est par terre en hurlant de douleur.

Un petit: « Oh, oh. Ce n’est pas gentil ça » ne risque pas de briser cette belle fierté. Je ne hurle pas à m’époumoner. Je ne crie pas des méchancetés ou des menaces violentes. Je LÈVE le ton d’un cran pour que le message soit clair: 1) tu as fais quelque chose de mal et 2) c’est moi qui commande ici. Parfois, c’est important que l’enfant saississe rapidement que ça fait pas ton affaire, que tu es en colère. La colère fait partie de la vie, même à Chambly.

4. Parce que la perfection n’existe pas.

Il nous arrive à tous d’être les meilleurs, d’être parfaits, d’être des kickass parents. Mais nous sommes rarement capable de garder cette perfection perpétuellement. Parfois, je cri parce que j’ai plus de patience. J’suis tanné de répéter au p’tit  de venir s’habiller ou de sortir du bain ou de ne pas mettre le crayon dans son nez. Pis oui je cri, pis oui j’me sens mal. Est-ce que j’suis un mauvais parent? Est-ce que je peux promettre à mon p’tit que je ne perdrai plus jamais patience, que je ne crierai plus jamais? Non. Crier me rend humain. Pis c’est ce que je dis à mon p’tit: « Dada s’excuse d’avoir crié. Dada est fâché. J’suis en colère. Tu le sais que je t’aime plus que tout, même quand j’suis fâché. Mais là, sérieusement, viens mettre tes p’tites culottes pis ça presse. »

5. Pour faire une surprise!

La meilleure raison, cachez-vous dans le garde-robe et quand votre p’tit arrive proche, hurlez « SURPRISE! ». Il sera amusé et s’en rappellera toute sa vie, de la fois où vous avez « crié » après lui. Surtout si vous portiez un masque de hockey avec une chainsaw dans les mains.

 

Donc, chers parents, ne visez pas le A+ à tous les coups. Croyez-en l’expérience d’un jeune prof, parfois un B, ou même un C+ est juste ce qu’il faut. Ça mérite un beau collant dans votre p’tit cahier de parents, pis même un beau commentaire: « Bel effort aujourd’hui! » Fac allez voir votre p’tit tantôt pis hurlez: « J’T’AIME! » ben ben fort. Ça fait du bien de crier de temps en temps, pour toutes les bonnes et les mauvaises raisons.

Dada Blaise

P.S: Partagez cet article à grands cris si vous le voulez. #êtreparentestdifficileparboutte

C’pas d’même qui faut faire ça voyons! : Une liste de tout ce que vous faites de tout croche

Comme tous les parents, il y a des journées que je l’ai l’affaire. J’me trouve donc bon avec mon p’tit. J’trouve que je suis le meilleur parent sur la Terre. Que j’suis un KICKASS parent.

J’me suis réveillé souriant, j’ai fait des crêpes farine de blé/banane/chocolat organique avec le lait de ma chèvre Biquette attaché dans la cour en arrière, j’ai joué à la cachette et couru après mon p’tit dans toute la maison en prétendant être un dragon qui avait kidnappé une princesse pendant 2 heures de temps sans arrêt, pis je lui ai ensuite expliqué l’importance de l’affirmation de soi en expliquant que la princesse était une femme forte et fière qui pouvait faire des choix. Nous avons passé l’avant-midi à faire de la peinture sur un sujet écolo-sensible comme le braconnage d’ivoire, nous avons mangé de l’orge perlé parsemé de morceau de kale pour dîner, nous avons été au parc et avons cueilli des fleurs sauvages pour ensuite se faire de superbes couronnes fleuries bucoliques que nous avons portés le reste de la journée. Tout semble parfait, facile, rose bonbon et p’tits anges nus fesses. J’prends cinquante-six milles photos pis j’les filtre même pas sur Instagram, parce que c’est la vrai vie pis j’me dis que j’en prendrais 8 enfants, pas de trouble. J’me dis que j’ai le droit d’être heureux, que j’ai le droit de partager mon bonheur. Comme un con imbu de lui-même, j’me dis alors: « J’pense que là ça va ben aller. J’ai enfin compris comment être un VRAI parent. »

Puis, comme la vie est une salope et aime te foutre un coup dans le dos quand tu t’y attends le moins, mon p’tit décide de me faire une giga crise parce qu’il REFUSE de prendre son bain le soir venu. À la façon dont il réagit, on croirait que c’est la première fois que je lui demande de prendre un bain ou que je suis en train de lui suggérer de se plonger dans une baignoire d’acide sulfurique. En quelques minutes à peine, alors que j’vois la serviette PatPatrouille revoler dans le corridor et les p’tits bonhommes de plastique se faire assommer violemment contre la cuvette, ma belle confiance s’effondre, j’me tourne la tête vers la fenêtre, la tête penché sur le coté, l’index sur la bouche de façon coquine et je me demande alors: « Kessé que j’fais de pas correct? »

Comme je suis moderne et légèrement masochiste semble-t-il, je me suis empressé d’aller farfouiller sur les Internets afin de trouver d’autres articles qui peuvent me venir en aide (ou me donner le goût de binge eating le paquet entier de cookie dough, c’est selon). Évidemment, ça ne m’a pas pris de temps de trouver trente-six articles écrit par des « spécialistes » qui viennent me dire les nombreuses erreurs que je fais constamment en disant « ton dessin est beau » au lieu de dire « explique moi ton inspiration et tes rêves » ou en mettant mon p’tit « en punitance dans sa chambre » au lieu de lui faire un spectacle de marionnette éducatif sur le thème de la méditation. Un article en particulier trouvé sur fatherly.com intitulé I’m A Family Psychologist And These Are The 20 Most Common Parenting Mistakes I See m’a interpellé pour toutes les mauvaises raisons.

main-thumb-1183504-200-lhvlstxdaxpaxorwuxfotfernmqlfuvr.jpeg

Le Family Psychologist en question. C’est David Bowie, avec une moustache.

Comme Papa pis Dada n’ont pas les moyens de se payer un thérapeute familiale, j’trouvais que cet article compenserait largement en attendant et j’espérais y trouver quelques conseils gratuits. Fac j’ai lu tout ça avidement alors que Papa relisait pour la 16e fois l’histoire de Frissons l’Écureuil Qui Ne Voulait Pas Dormir Or Some Random Shit Like That (Get the hint Petit Pou!). Les conseils qu’on retrouve dans l’article sont sensés, quoique irréalistes dans la plupart des cas, surtout pour le parent d’un jeune enfant. J’ai quand même pris note de certaines choses sur un post-it tâché de yogourt (parce que quand tu as un enfant, tout est couvert de yogourt dans ta maison), que je risque sûrement d’oublier une fois que j’en aurai besoin réellement.

Voici donc quelques erreurs que vous faites tous les jours et qui peuvent commettre des torts irréparables chez votre enfant:

Utiliser la honte, l’ignorance ou les menaces pour régler les conflits

Shit…ne me reste plus que l’extorsion dans ce cas…

Trop féliciter votre enfant

Est-ce que la félicitation suivante est de trop: « Bravo champion, j’adore la façon que tu as de totalement m’ignorer alors que je t’ai demandé de ranger tes jouets! »?

Essayer de faire plaisir à l’enfant à tout prix

Ahhh donc quand mon p’tit me réclamait une gorgée de mon Gin/Tonic, il ne fallait PAS que je lui en donne?

Trop les occuper

Mmm, pas certain d’être d’accord. Occupé = se fatigue plus vite. Se fatigue plus vite = dormir plus rapidement. Dormir plus rapidement = plus de temps à scroller mon Facebook inutilement. Basic math, tu ne peux pas argumenter avec ça.

Ne pas laisser les enfants s’ennuyer

Parce qu’il y a un moyen qu’un enfant ne s’ennuie pas? Chriss dîtes moi c’est quoi???

Ne pas tout expliquer ou cacher une partie de l’information concernant des sujets importants, comme le sexe

Bien d’accord! Donc chaque soir, après avoir écouté Dora and Friends, on écoute 20 minutes de Pornhub afin de bien l’éduquer sur le sujet.

Constamment critiquer les erreurs de notre enfant

Encore faut-il avoir le temps…Mon p’tit a trois ans…Il fait constamment des erreurs. La fourchette à dessert va à gauche de l’assiette voyons donc! Et c’est 3 olives dans un martini, pas quatre! On dirait qu’il n’écoute pas!

Demander aux enfants de faire des choses qui ne sont pas de leur âge

« pas de leur âge » comme les forcer à mettre la table avant le souper? Ou « pas de leur âge » comme jouer à recréer la scène du « Red Wedding » de Game of Thrones avec ses toutous?

Trop écouter la télévision

Ahahahhahahahhahahhhhaahahahhaha…Nope. La télévision est ma gardienne favorite.

Ne pas lire à votre bébé

Moi je n’ai pas pris de chance, aussitôt que mon p’tit est arrivé chez nous, nous avons commencé à lire 50 Shades of Grey avant le dodo. Question qu’il apprenne à rire.

Protéger votre enfant en le faisant gagner constamment

Pas de problème, lorsqu’on joue à Candyland et que je gagne, j’me lève et crie « in your face bitch! » tout en le pointant du doigt. C’tu correct?

Ne pas laisser l’enfant jouer dangereusement

Dada lui apprend à explorer le p’tit bois derrière la maison, la nuit avec des allumettes et un bidon d’essence; Papa lui apprend à se servir du gun à clous, les deux pieds dans une flaque d’eau, pendant un orage qui gronde. Are we doing it right?

Ouf! C’est difficile être parent de nos jours! J’me console en me disant que toutes ces erreurs auxquels mon p’tit est soumis tous les jours auront au moins l’effet bénéfique de faire de lui un être torturé avec un lourd bagage émotionnel, le kit parfait pour un futur artiste/chanteur/acteur à la mode qui fera des millions. #parentingISeasy

Dada Blaise

Pour plus de bons conseils, clique iciC’est gratuit en plus. 

12 Genres de Parents Que Tu Risques de Rencontrer au Parc

Se faire de nouveaux amis parents est un art subtil et délicat. C’est comparable à l’expérience du secondaire: tu sues abondamment, tu es awkward avec tes blagues plates et tu essaies d’impressionner les autres en glissant subtilement dans la conversation que tu as déjà rencontré Marina Orsini en personne. Bref, c’est difficile. Les parents pourtant, il y en a partout. On les retrouve normalement dans les sphères habituelles du monde de l’enfance, notamment le Zoo, la Ferme, le Magasin, la Clinique ou le plus populaire et accessible à tous, le Parc.

Le Parc est une oasis, un point de convergence, une microsociété en soi qui est en effervescence trois saisons sur quatre, en particulier l’été où les parents et leur progéniture viennent se désaltérer et sortir de la maison avant de lancer les bébèlles qui traînent par la fenêtre. Papa pis Dada ont la chance (ou malchance), d’habiter à trois pas d’un parc. Le genre de parc bucolique avec un petit boisé, des jeux colorés aussi impressionnants qu’à la Ronde et surtout, des jeux d’eau l’été.

Hamster Dramático

I know. Jeux d’eau. Fac du monde, y’en a comprends-tu? Le monde entier vient jouer dans NOTRE parc durant l’été. Papa pis dada ont donc l’occasion de voir un beau lot de parents, chacun d’eux un ami potentiel. Naviguer parmi les différents types de parents n’est pas chose simple et encore moins lorsque vient le temps de choisir lequel parmi eux pourrait partager vos intérêts pour la randonnée pédestre et le sexe tantrique.

Voici donc un petit guide simple et pratique pour vous aider à reconnaître les différents types de parents qui peuplent les parcs de la banlieue et de la ville:

La Classique Névrosée

Le bon vieux modèle de parent, une indémodable. Elle peut aussi être appelée Soccer Mom, Hockey Mom ou Karine. Reine de la banlieue, préoccupée, anxieuse et surchargée, elle a le minivan rouge et est heureusement mariée depuis l’Université. Elle travaille à temps plein ou temps partiel et gère tout: les cours de patins de la p’tite, le rendez-vous chez le dentiste, la soirée massage sensuelle et son cours de Zumba avec une frénésie terrifiante. Elle a minimum trois enfants, de la brou dans le toupet, mais son sac à couche contient TOUJOURS tout ce qu’il faut. Elle est prête tsé. Elle te fait toujours sentir un peu cheap parce que toi t’as oublié les Goldfish, mais elle va te donner un peu des siens avec générosité. Elle peut être étonnamment drôle et vulgaire après une coupe de vin blanc et peut même te mentionner lequel de ses enfants est son préférée.

La Hipster/Trendy

Un nouveau modèle. Elle est jeune, éclectique et à la mode. Ses enfants portent des noms comme Aglaé, Rosco ou Ruth pis ils sont toujours mieux habillés que les tiens, dans des teintes de blanc et de gris, avec des bretelles pis une petite casquette de chef de train au goût du jour.  Elle a un sac à couche de cuir Pendleton, des jeans délavés, des mocassins tendance et, le plus important, des foulards. Tellement de foulards que tu t’interroges comment elle fait pour respirer avec tout ça autour du cou. Elle a de longs cheveux onduleux qui tombent toujours avec justesse, même lorsqu’elle glisse à vive allure sur la glissade orange avec son p’tit entre les jambes. Tout est blanc et pur dans sa maison et elle boit uniquement des limonades de poires et raisins verts qui brillent dans le soleil. Elle est sympathique, mais dure à juger parce que ses énormes lunettes soleil cachent constamment ses yeux.

La Cauchemardesque

Elle conduit un bigass gros VUS, même si elle a seulement deux enfants, qui d’ailleurs ne sont pas du monde, poussant ton p’tit qui a de la misère à grimper dans l’échelle comme si c’était un tas de nothing, hurlant pis sacrant du même coup. Elle est d’un certain âge et s’entête à garder la coupe de cheveux garçonne rouge auburn avec des mèches blondes, même si c’est plus à la mode depuis 2003. Sa phrase préférée : « En tant que mère, je ne crois pas que… », « Moi je… » et « C’est qui le responsable ici? » Elle a beaucoup de bagues et des sandales de plage peu pratique pour courir après son garçon qui balance une branche de bois au-dessus de la tête des nourrissons dans le bac à sable. Ce n’est pas ma préférée de la gang.

La Surprenante Jeunesse

Elle a une grosse maison proche du parc parce que son chum est dans la construction, ce qui veut dire qu’elle est une maman à la maison. Elle vient au parc en yoga pants ou joggings, ses cheveux sont remontés en chignon pis elle mâche de la gomme. Vite de même, tu la sous-estimes, parce qu’elle est plus jeune que toi et qu’elle reste souvent assise sur le banc, mais elle te remet brusquement à ta place quand elle lève le ton pour dire à ses enfants de se calmer pis le parc au complet l’écoute et lui obéit. Elle a une voix rauque et chaleureuse pis elle fait des gros câlins à ses p’tits quand ils passent près d’elle, pour ensuite leur donner une petite tape sur les fesses en leur disant d’aller jouer plus loin. Elle texte constamment alors que ses enfants roulent sur la piste cyclable avec leur brand new Kid Trax Electric Mini Cooper jaune. Elle n’est jamais seule, habituellement accompagnée de son amie servile qui allaite en public et qui aime l’annoncer à voix haute. Elles sont relativement difficiles d’approche.

Le Père Compétitif

Il est jeune et quelque peu déboussolé d’être là en plein jour. Il porte des chandails lousses, des shorts pis une obligatoire casquette. Lui, il a pas des enfants, mais bien des kids. Il joue dans les jeux avec férocité et ses jeunes sont mieux d’avoir du fun avec lui. Il te pose beaucoup de questions sur ton enfant et ses intérêts, mais juste pour avoir une occasion de parler de son kid, pis à quel point il a parlé et marché rapidement pis qu’y joue déjà au hockey Bantam AAA. Il se permet le léger flirt inoffensif, mais personne ne semble intéressé à lui rendre l’appareil. Il est fin pareil, mais reste jamais bien bien longtemps.

La DIY

Elle, a choisi le bonheur, pis ça paraît en chriss. Elle a sacrifié beaucoup trop pour être mère pour voir son rejeton se péter la gueule en tombant de la cage à singe, donc il est mieux de rester tranquille. Elle a un chemisier serré comme ses cheveux, une caméra Nikon au cou pis des souliers Dansko. Elle a un enfant, qui porte toujours un chandail de cashmire qu’elle a tricoté elle-même. Elle a apporté son kit à bulle géante fait maison, un cerf-volant aux couleurs si chatoyantes que ça te fait pleurer de voir tant de beauté et des cupcakes Shopkins et Avengers pour tous.  Elle est une habituée du parc et à déjà toute sa clique, comme au secondaire, donc oublie ça. Mais semblerait-il qu’elle soit réellement fine.

Le Mâle Alpha

Spécimen rare, mais qui vient changer toute la dynamique du parc quand il arrive avec son T-shirt V-neck serré et ses bras musculeux. Il est grand et beau comme un dieu, avec la barbe de 3 jours perpétuelle et ténébreuse. Tous, hommes, femmes, animaux, insectes, s’approchent imperceptiblement de lui et espèrent ardemment qu’il grâce leurs présences d’un regard ou salut de la main. Il marche en tenant tendrement la main de son enfant et te lance un sourire à te faire exploser la petite culotte. Il s’installe normalement près de l’abreuvoir, où il croisera une connaissance tout en se plaçant une jambe sur le banc et en s’ajustant le paquet, imposant ici sa dominance sexuelle sur le reste des spécimens du parc. Il joue brièvement puis repart aussi vite sur son vélo Bianchi Infinito, le p’tit bien attaché à l’arrière. Il est approchable, mais lui parler se révèle être une expérience drainante et peu satisfaisante, car tu dois constamment replacer ta mèche de cheveux dû à la nervosité. Après son départ, tous se demandent s’ils ont imaginé un telle créature ou bien s’il existe réellement.

La « Pauvre Elle »

Elle est habituellement assise sur le banc, sa veste attachée tout croche, sa brassière d’allaitement dépassant de sa camisole pis un collier de noisetier dans le cou. Elle a une trâlée de jeunes et semble elle-même surprise qu’ils soient tous les siens. Elle n’a pas dormi depuis 8 ans et sa lèvre inférieure tremblote continuellement. Venir au parc est son seul moment de relative paix et elle s’excuse constamment aux autres parents, en prévenance des futurs mauvais coups de ses enfants. Elle lance le sac à collation dans le terrain de jeux pour que ses enfants se nourrissent en poussant un cri tribal. Elle aimerait ben ça jaser, mais elle a de la difficulté à prononcer des consonnes, donc elle risque de ne pas trop te répondre.

Les Grands-Parents

Ils gardent le p’tit pour la journée pis ils sont ben excités. Le grand-père est un peu brusque et pousse l’enfant un peu trop fort dans la balançoire, mais se dit que ça forme le caractère. La grand-mère tant quant elle est toujours prête avec son pouce humide pour nettoyer une saleté proche de la bouche. Ils n’ont pas de maillot de bain pour le p’tit, mais c’est pas grave, il peut y aller en petite culotte, ça dérange pas. Ils vont te jaser longuement pis complimenter ton enfant sans bon sens, tout en expliquant la vie et le travail de leur fille, la mère du p’tit. Ils sont ben sympathique mais lorsque tu mentionne « J’ai googlé… » ils se jettent un regard surpris et gêné, croyant que tu parles de masturbation.

Le Sweet Papa

Il a les épaules creuses et porte un petit polo trop serré. Il a sa petite bedaine de brownies et vin rouge qu’il déguste en cachette une fois que tout le monde est couché. Il a commencé à câler, lui donnant l’air plus vieux qu’il ne l’est réellement.  Il cajole ses enfants et joue avec eux, son plaisir réel et abondant. Il aime Star Wars, à apporter des collations qu’il a cuisinées lui-même et ne sort jamais son téléphone, mais bien un magazine de Ricardo. Il aime jaser avec tous les enfants du parc, même le tiens alors qu’il fait une crise de bacon parce que tu ne veux pas le laisser manger du sable. Il va te jaser de sac à couche et de garderie et de quel chien est le meilleur dans Pat Patrouille, mais si tu fais une blague grivoise, il saura pas trop comment réagir.

Les « Eux Autres »

Ah « Eux Autres ». On sait ben, « Eux Autres » ils l’ont l’affaire. Ils sont généralement en couple, parce que mon dieu qu’ils sont unis et sereins. Elle a un collier de perles et lui des grosses lunettes carrées et noires. Elle a fait un pâté chinois avec des lentilles et son lait maternel, lui, il a apporté un livre « Algebra For 3 Years Old ». Leur petit est tranquille et joue intelligemment, ce qui est encore pire, ne lance pas de roche et ne demande jamais d’aller aux toilettes alors qu’il est dans la balançoire. Les deux sont heureux et ont une belle complicité et tu pressents que le soir venu il l’insulte sauvagement au lit et qu’elle en redemande. Ils vont sûrement venir te parler que ça te plaise ou non et te faire remarquer subtilement que ton enfant fait juste tourner tout en faisant des cris d’animaux et ne joue pas beaucoup avec les autres alors que le leur a construit la chapelle Sixtine avec des petits copeaux de bois et des branches d’arbre. « Si c’était mon enfant… » ou « Selon les experts… » va leur sortir par la yeule de temps en temps, fais de ton mieux pour les ignorer.

Le Gay Dad

Le pire. Il est maussade, envieux et juge secrètement tous les autres tout en souhaitant être leur meilleur ami pour la vie. Il aime bien son p’tit, mais là glisser pour la quarante millième fois dans la glissade, ça ne lui tente pas, ok là? Il porte du linge ample pour cacher son corps ravagé par les restants de Ficellos et tente de ne pas se planter la face car il est du genre à tomber le cul par-dessus tête devant tout le monde en faisant une pirouette pour faire rire son garçon. Tu peux lui parler mais son sujet de conversation s’arrête aux comédies musicales et des blagues cochonnes. Aussi, garde pour toi que ton enfant mange cinq portions de légumes et de fruits par jour, car lui y tient pas tant que ça à le savoir.

Bien évidemment, ceci n’était qu’une petite parcelle du merveilleux monde des parents. Certains se demanderont: Wow, est-ce j’ai tant besoin de me faire des nouveaux amis? Mes vieux amis ne font pas l’affaire?

La réponse est: oui tu dois te faire des nouveaux amis. Il n’y a rien de mieux que de partager vos affaires plates à propos du manque de sommeil, de la gardienne pas gentille ou de la voix stressante des Tut Tut Bolides avec un autre parent qui partage la même chose en même temps que toi. Et si en plus vous découvrez que vous aimez tous les deux les films de Tarantino et les chansons de Lana Del Rey, tant mieux pour vous, une belle amitié est née!

Et garder aussi vos vieux amis tant qu’à faire. Ils en connaissent beaucoup trop sur vous.

 

Dada Blaise

Soyez top cool, partagez cet article. 

Soyez encore plus top cool, amenez-moi magasiner une nouvelle thermopompe. 

 

 

 

 

Le Père Parfait

On critique souvent les mères d’être trop ceci ou trop peu cela. Les ceuses qui sont friandes des réseaux sociaux, les blogueuses et Instagrammeuses se font critiquer de mettre en scène avec des images léchées une vie familiale utopique. La mère, belle, jeune et mince, qui éclate de rire avec ses enfants, ceux-ci toujours méticuleusement habillés comme s’ils allaient aux noces, qui a le temps de faire des bricolages qui développent la motricité fine, qui cuisine des tartes aux pommes tout en faisant des squats fessiers et qui s’adonne au rembourrage de sofa antique dans ses temps libres.

Sur les Internets, les mamans se divisent entre elles, certaines clamant qu’elles ont le droit de se sentir épanouies par leur jardin de fines herbes et de faire des cannages avant l’hiver. D’autres déclarent qu’il faut mettre fin à cette image impossible qui fait pression sans arrêt sur les femmes en partant des mouvements de « mères indignes » ou de « Domestic Bliss« . Bref, tout le monde à une opinion, les mères s’indignent et la marde est pognée.

Moi j’pense que la mère parfaite n’est pas tuable. Elle est devenue un archétype, une figure universellement reconnue présente dans nos histoires et notre culture et que malheureusement, on ne pourra pas s’en débarrasser, même à grands coups d’articles sur le Net pis de belles promesses de monter « la vraie vie ». La mère parfaite change seulement de style et d’apparence selon les dernières tendances. Avant elle était la housewife des années 50, celle qui se réveillait avec les frisettes en place et qui avait un thrill quasi sexuel devant une tache tenace. Les années 90 ont fait de la mère parfaite la soccer Mom, celle qui s’implique, qui se dévoue corps et âme à son p’tit en le poussant dans toutes les sphères d’épanouissements inimaginables. Par les temps qui courent la mère parfaite est symbolisée par Marilou, l’ex-chanteuse devenue magnat de la popote et du bon goût, arborant comme arme la pureté, les sourires coquins et le blanc duveteux. La mère parfaite de demain? Who knows? Peut-être que la matrone mama Italienne sera en vogue, et toutes les mamans vont se mettre à faire des manicotis tout en donnant des taloches derrière la tête de leur gamins trop bruyants.

Mais dans toute cette commotion, on semble oublier le bon vieux papa. Ben oui, j’les aime moi les dads pis j’pense tout le temps à leurs sentiments. Le père parfait existe-t-il? Est-ce qu’il subit également les mêmes pressions sociales? Est-ce que le père doit également répondre aux attentes d’Internet? Peu le croiront, mais il existe également un modèle de père parfait. Il s’est infiltré sournoisement dans notre subconscient collectif et maintenant c’est au tour du papa de se faire juger et critiquer par le reste de la planète. En primeur sur Papa pis Dada, j’vous présente en quelques photos le père parfait des temps modernes.

 

Le Père Parfait

 

tumblr_nq7vq5RRze1tm081co3_r1_400.jpg

Le père parfait a toujours la barbe virile et pratique le peau à peau aussitôt qu’il arrive de la job. Après avoir fait quarante-cinq mille push-ups, sit ups and shuthefuckups, le père parfait se couche nu dans un lit duveteux et blanc immaculé, il endort la petite en lui chantant doucement des berceuses d’une voix mélodieuse, la place dans son berceau et vous donne trois orgasmes tout en vous murmurant des compliments sur vos jolis cheveux et votre sens de l’organisation impeccable.

 

 

tumblr_ncdsy6NhqY1tm081co1_1280.jpg

Le père parfait part le samedi matin tôt avec le Baby Bjorn et le petit, thé glacé aux agrumes à la main, prêt à faire l’épicerie et acheter des produits bios et frais. Il a également le temps de faire les boutiques pour vous acheter une paire de jeans qui découpe votre popotin à merveille, un soutien-gorge parfaitement ajusté à votre buste et une robe soleil trouvée dans une friperie tendance. En chemin il ne s’arrête pas à la quincaillerie pour bizounner 45 minutes afin d’éviter de revenir à la maison et d’y affronter les bruits tonitruants de votre Terrible Two.

 

Househusband_252308k.jpg

Le père parfait est habile de ses mains et aura désigné et construit votre cuisine blanche immaculée pendant un week-end. Le père parfait sait que vous êtes fatigué et vous fera couler un bain chaud rempli de bulles pour ensuite s’occuper de votre nourrisson et du souper. Le père parfait sait harmoniser les saveurs pour créer des repas riche en goût et pauvre en calories. Il n’aura pas sorti et sali 67 chaudrons et bols inutilement et il fera la vaisselle lui-même. Après avoir endormi le bébé, le père parfait viendra écouter Canal Vie avec vous puis ensuite vous aurez une longue et importante discussion sur votre couple où il s’ouvrira facilement, relatant ses craintes et ses angoisses avec aise.

 

boston-s-best-places-for-last-minute-father-s-day-gifts.jpg

Le père parfait a le temps de s’asseoir avant de partir travailler pour lire la même histoire 24 fois de suite à son enfant qui le réclame. Le père parfait a d’ailleurs nourri son enfant de fruits frais et personne n’est taché ou sali. Il lira l’histoire avec intérêt et passion, utilisant diverses voix pour égayer la petite autant de fois qu’elle le voudra. Le père parfait habille ensuite les enfants un à un afin de les préparer à l’école et aucun d’eux ne se débat comme un épileptique pour mettre ses vêtements. Le père parfait place tout le monde dans sa voiture sport et sexy et amène tout le monde à l’école/garderie. Le père parfait prendra ensuite le temps de revenir à la maison, le temps de vous embrasser et vous faire l’amour avec passion et respect sur le cadre de porte. Sa chevelure restera intact pendant tout le processus. Il partira ensuite gagner des millions et reviendra à une heure convenable pour vous aider à faire le souper.

 

article-2530249-1A4FE84500000578-590_634x501.jpg

Le père parfait vous aide dans votre tâche d’allaitement. Il pompera lui-même vos seins gorgés de lait grâce à ses énormes mains puissantes et tendres à la fois. Préférablement, le père parfait nourrira votre bébé sous une cascade d’eau tropicale, nu, avec le vent chaud qui caresse ses fesses fermes et rebondies. L’eau permettra ainsi de rincer facilement les régurgis de votre nourrisson. 

Dada Blaise, un quasi parfait

Pour plus d’histoires de Papa pis Dada, clique ici!

Adventures in Adoptionland, part 3: Ze Boutte Rough!

Adventures in Adoptionland, PART 1: Ze Commencement

Adventures in Adoptionland, PART 2: Petit Pou Contre-Attaque (avec de l’amour!)

Papa pis Dada, dans leur vie « pré-bébé de l’amour », n’avaient pas de gros questionnements quant à leur futur avec des enfants. C’était assez clair que, biologiquement parlant, ça ne serait pas possible d’avoir un enfant, même si on essayait tous les soirs (oh those were the days…). On était pas mal satisfait de notre vie par contre. Vous devez d’ailleurs pouvoir vous l’imaginer: caviar, champagne, sexe dans le hot-tub, couchers de soleil tout rose, glitter, danse dans les clubs et voyages aux Bahamas…Oui, on pouvait voir tout cela à la télévision dans Occupation Double, assis sur notre grand sectionnel blanc immaculé, en mangeant des chips BBQ. Pis un jour on s’est dit: « Heille, me semble que c’est trop propre pis calme chez nous pis qu’on feel pour avoir un p’tit tout mignon à aimer et éduquer qui serait l’équivalent d’avoir à contrôler les dégâts d’un blender pas de couvercle. » Donc oui, comme tous les futurs parents, un m’ment donné, l’envie d’avoir un enfant nous a pogné. Lors des entrevues pré-sélection, l’intervenante adoption nous a demandée pourquoi on en voulait un exactement. Et en effet, c’est LA question non? Pourquoi les parents ont des enfants?  Je sais que si je posais cette question à mes grands-parents ou mes arrières grands-parents, ils me regarderaient avec un air bafoué tout en agrippant leur Reader’s Digest et leur bol de peppermint pour me dire:

« Parce que c’est d’même. »

Rsrc_TN_001253.jpg

« J’suis parti en famille. » « Batince. »

 

Je comprends qu’il y a une part biologique et survie de l’espèce préprogrammée dans nos esprits qui nous pousse à procréer. Je comprends également que pour certains, c’est un désir profond qui ne s’explique pas, qui se vit. Mais une partie de mon cerveau, la partie logique, froide, analytique, se demande pourquoi l’être humain d’aujourd’hui, qui sait comme moi que le monde est dur, cruel, froid, plein de danger, de risque, de mort, décide d’avoir un enfant.

Je sais également que beaucoup se demande pourquoi un couple serait prêt à adopter un enfant comme nous l’avons fait, avec tous les risques, troubles, pleurs et crises que cela comporte. Pourquoi avoir un enfant dans ce cas? Cette question revient souvent pendant l’aventure de l’adoption. Elle est sournoise, sneaky, te réveille en pleine nuit pour te murmurer à l’oreille, te faire douter. Parce que, oh oui, il y a des bouts difficiles. Chrissement difficile même. Tu ne peux pas t’imaginer à quel point c’est dur pour la tête et le cœur, pour tout ce qui fait de toi un être humain sain d’esprit. Mais on passe au travers. Les humains sont résilients de même. On affronte les pires horreurs pis on survit. Et le plus extraordinaire dans tout cela, le p’tit aussi. Il passe des moments difficiles, tristes, déchirants. Mais il s’en sort. La volonté d’un enfant à s’trouver une place dans le monde est grande, impressionnante. Son besoin de s’faire aimer l’est tout autant. Et toutes ces aventures feront alors de ce petit être un superhéros à part entière, comme ses Supers Parents.

Sans plus tarder, voici la suite des aventures de l’adoption, où l’on plonge tête première, avec témérité et un peu de folie, yeux grand ouverts dans toutes les épreuves qui ont tissé notre famille. Encore une fois, tout ceci est MA propre expérience et n’est aucunement représentatif des autres gens qui vivent l’aventure de l’adoption au Québec.

 

SIXIÈME ÉTAPE: ON S’PARTAGE LE BÉBÉ

Donc tu feel le parfait bonheur avec ton p’tit enfant. Oui, il y a eut une période d’adaptation, le p’tit a réagi un peu plus fort que tu t’attendais parfois, mais somme toute, c’est relativement facile. Un beau matin tu reçois un appel de l’intervenante sociale du p’tit qui te rappelle que les visites supervisées vont débuter la semaine suivante. Visites supervisées, tu sais c’est quoi. Tu as été prévenu. C’est des visites qui ont été ordonnées par le juge, celui-la même qui a décidé de placer le p’tit chez vous, même s’il vous a jamais vu de sa sainte-vie. Tu prends note l’heure et l’adresse de la rencontre, pis tu raccroches. La réalité sonne à la porte et rentre chez vous avec ses grosses bottes sales pis il fouille dans ton intimité sans demander la permission.

Le matin de la visite, tu prépares ton p’tit. Tu sors la grosse poche qu’on t’avait donnée quand tu as été le chercher, celle que tu as mise au fin fond d’un garde-robe pour ne plus y penser. Une poche remplie de trucs qui appartient à la maman biologique de ton p’tit. La Bio. C’est d’même que tu vas l’appeler à présent. Elle devient une entité qui reste et plane dans ta vie, un fantôme que tu ne pourras pas chasser facilement. Tu farfouilles dans les trucs et la désolation te serre le cœur. Les maigres affaires de la Bio se résument à un sac à couche, des jouets, des trucs de bébé et du linge trop petit. Tu pognes le sac à couche, une suce et un chapeau que tu trouves pas beau mais que tu prends pareil, question de montrer à la Bio tes bonnes intentions. Tu prépares les bouteilles de lait, ta propre suce, ta doudou, couches et tous les trucs indispensables dans ton propre sac à couche. Tu pars avec bébé dans sa coquille et deux sacs à couche ben chargés d’émotions différentes.

C’est avec appréhension que tu dois donc te rendre dans une autre ville que la tienne, ton p’tit dans sa coquille ben endormi. Première épreuve, ton GPS t’amène en plein milieu d’un champ et tu appelles en panique au Centre Jeunesse pour dire que tu vas être en retard. So far so good. Tu arrives enfin et tu entres dans un petit bâtiment adjacent à une école délabrée. C’est gris, c’est petit, c’est sombre, c’est super. Il y a des affiches de chat dans un pot de fleur (Hang in There) et des enfants qui sourient. Tu t’annonces à la secrétaire, tu signes un papier et tu attends dans la salle d’attente, ton cœur une fraction de ce qu’il peut être tellement tu es nerveux. Tu t’excuses pour le retard. Ce n’est pas bien grave, la Bio est également en retard. Par contre ce retard occasionne une rencontre entre vous deux qui n’était pas prévue, le principe étant que la Bio attende dans la salle et que l’intervenante amène le bébé elle-même. Bang. Face à face avec la Bio. Ici tu vas vivre la relation le plus étrange, houleuse et torturée de ta vie. La Bio est à la fois ta pire ennemie, ta fan incontestée, ton amie, ton cauchemar, ta rivale et ta raison de te sentir coupable. Elle est comme tu te l’es imaginé. Jeune, horriblement jeune, et pauvre. On ne peut pas passer à côté. Elle est comme un cliché dans sa robe trouée et ses cheveux gras et tu te sens affreusement mal et décadent avec tes sandales Puma et ton chandail Ralph Lauren La Bio te fait un sourire rapide et va s’asseoir. Giga malaise. Tu as son bébé avec toi, c’est SON bébé. Une voix te le répète sans cesse dans ta tête, nasillarde pis un peu bitchy. Ce n’est pas ton bébé. Comme tu es fin et aimes plaire aux gens par tous les moyens, tu lui demandes si elle veut le prendre. Elle dit que oui, gênée.

Elle se penche et pogne la coquille et parle avec une p’tite voix au bébé. Toi t’es clairement pas à ta place. L’intervenante arrive, une jeune poupounette qui a clairement terminé ses études la veille. Elle arrive, trépidante de bonne humeur, se présente et indique à la Bio qu’il est temps pour la visite avec la joie d’une cheerleader. Un peu plus pis tu te créerais en camp de vacances. La Bio n’a de yeux que pour le bébé. Tu lui donnes son sac à couche. À ce moment, tu l’haïs la Bio. Tu l’haïs comme jamais t’a haïs quelqu’un. L’amour de ta vie, ce p’tit bébé qu’on vient de te donner est en train de te filer entre les doigts. Pis ta haine part subitement, parce que tu la regardes partir cette pauvre fille-là, pis tu comprends. Tu comprends qu’elle a pas demandé à être comme elle est, à vivre ce qu’elle vit. C’est une fille qui a pas pigé le bon numéro dans l’jeu de la vie, pis sa réalité est à des kilomètres de la tienne. C’est comme se retrouver en présence d’un extraterrestre, son monde est tellement différent du tiens que tu ne peux pas t’imaginer comment elle pense ou qu’est-ce qui la pousse à agir. Tu ne peux pas te permettre de la juger car tu n’as aucune idée qu’est-ce que c’est vivre sa vie. Alors tu te fermes la trappe, ben humble, ben terrifié, ben p’tit dans tes culottes. L’intervenante, la Bio et le p’tit dans les bras partent pour la salle. Toi, tu restes comme un codingue dans la salle d’attente. Ici, plusieurs options s’offrent à toi:

  1. Quitter et aller manger tes émotions dans un snack-bar douteux que tu as vu à deux coins de rue d’ici.
  2. Quitter et aller dépenser tes émotions au centre d’achat de la ville.
  3. Quitter et aller brailler dans le char en écoutant Adele en boucle.
  4. Attendre dans la salle d’attente et lire les magazines Sept Jours circa 1996 avec Céline sur le cover, les nerfs en boule, l’oreille tendu pour le moindre pleur.

Comme Dada est pragmatique, il a déjà son muffin pépites de chocolat et émotions trop intenses avec lui, qu’il dévore dans le temps de dire « adieu taille semi-mince ». C’est ici que Dada va attendre pendant 1 heure et 30 minutes à chaque fois, avec la petite secrétaire sympathique qui comprend son malheur, mais qui ne peut rien faire juste de l’autre côté de son plexiglast. Après ce long laps de temps, la Bio et l’intervenante reviennent avec le p’tit. À chaque fois Dada se dis, ça y est, il va parler et va dire tout haut: « J’veux repartir avec elle! C’est elle ma mère! ». Mais le p’tit, qui n’est pas capable de saisir les objets encore, reste dans sa coquille, bien sage. La Bio lui fait un gros bisou et lui parle et n’arrête pas de dire qu’elle l’aime, ce qui est son droit, mais Dada, comme un enfant boudeur, veut lui interdire ces mots. Mais il est maintenant un adulte mature, alors Dada sourit même si son cœur se fend en mille morceaux, parce qu’il comprend la peine de cette fille-là, il comprend l’amour qu’elle veut lui donner. Il comprend que cet enfant-là est aimé par beaucoup de monde, pis que chacun veut qu’il lui redonne son amour. C’t’enfant-là va devoir être partagé entre plusieurs parents, pis il a à peine 3 mois.

La Bio quitte, penaude et ton cœur se resserre plus fort, te faisant réaliser que oui, il est possible que tu feel encore plus cheap qu’avant! Isn’t this great? Ensuite, tu placotes rapidement avec l’intervenante, tu cherches les détails sordides. Est-ce que ça bien été, ton bébé a-t-il pleuré à en fendre l’âme tout le long, est-ce qu’il a bu son lait, est-ce qu’il la regardait, est-ce qu’elle va être apte à le reprendre? L’intervenante te sourit et essaye de te rassurer, mais elle ne peut pas dire grand-chose. Elle te dit que c’était correct, débrouille-toi pour déchiffrer ça comme tu veux. Tu dois donc refaire la grande route jusque chez toi, ton bébé dormant paisiblement derrière, tes convictions et ta vision des chose fracassées au-delà des réparations. Toi tu repars dans ton char qui shine la richesse pis la Bio repart sur sa bicyclette rouillée. Tu gagnes, tu l’sais. C’est toi qui a le bébé pis le beau char, pis elle, elle a rien. Fac pourquoi tu te sens aussi mal?

Et n’oublie pas qu’une fois chez toi, tu dois être comme Mary Poppins et être aimant, doux, chanter, faire voler les objets et faire de la claquette. Qui plus es, tu dois continuer d’épater la galerie, amuser la visite, faire le souper, le ménage, pis avoir du dirty sex sur le comptoir de la salle de bain. Donc ça se peut que, parfois, tu manges tes émotions, tu bois ta peine ou tu dis à ta tendre moitié, sacre-moi patience. Ou tu peux faire comme moi et engueuler n’importe qui.

giphy-1.gif

 

SEPTIÈME ÉTAPE: STRAIGHT TO HELL AND BACK

Si tout ça paraît morose et soul crushing difficile, ben ça l’est! Parfois ça coule comme l’eau su’l dos d’un canard, c’est-à-dire que le p’tit réagi pas vraiment, mis à part qu’il est fatigué. Pis d’autre fois, le p’tit braille et braille sans arrêt suite aux visites. Non, non. Pas comme le tiens Il BRAILLE comprends-tu? Braille sa vie. Plus il vieilli, pire c’est. Plus il passe du temps chez vous, pire c’est. Les visites continuent, elle n’arrête pas. Ton p’tit est de plus en plus attaché à toi. Tu te rappelles la période cocooning? Ben c’est à ça que ça sert. À te rendre exclusif au p’tit. C’est dur pour tout le monde, ta famille pis ton conjoint, parce que tu deviens indispensable au p’tit. Mais c’est le but. Ton p’tit va se consoler uniquement dans TES bras, il va boire son lait uniquement dans TES bras, il va s’endormir uniquement dans TES bras. T’as voulu connaître la parentalité, vis là astheure! Nonstop!

Les visites supervisées vont venir gérer ta vie. Elles reviennent encore et toujours, réglées comme un tour d’horloge. Certains les vivent 3 fois semaines, d’autres aux mois. La durée et la fréquence changent selon les cas. Ce n’est jamais le même jour, ça change constamment. Tu pensais que t’avais connu la peur pis l’angoisse parce que t’as écouté The Exorcist avec ton cousin tout seul dans une maison noire en pleine campagne pendant que vos parents étaient en vacances? T’as rien vu mon poulet.

 

scariest-movie-door.jpg

« On as-tu barré la porte en bas? » « J’sais pas. » « Va voir toi. » « Fuck that. »

 

Dada continu vaillamment de se rendre aux visites, comme s’il avait le choix. Il continue de tendre son p’tit vers l’intervenante. Parfois il croise la Bio, parfois non. Elle aime lui parler après les visites, lui donner des conseils. Elle n’aime pas la doudou ou la suce que Dada donne au p’tit. Elle veut sa doudou ou les vêtements qu’elle avait au départ. Il voudrait faire plaisir, mais sa doudou pue la misère et ses vêtements sont trop petits. Il aimerait passer par-dessus ça, mais il est pas capable, parce qu’il est trop impliqué, juvénile et blessé. Pourtant la Bio a encore plein pouvoir sur certaines décisions dans la vie de bébé. Elle choisit s’il peut ou non aller en vacances hors du pays avec sa famille d’accueil. Elle peut choisir ou non si Papa pis Dada peuvent couper les cheveux du p’tit. Elle refuse presque tout. Pas pour être méchante ou bitch, seulement parce que c’est là les dernières parcelles de sa parentalité. C’est sa dernière emprise sur son enfant, pis elle le veut, comme toute mère au monde.

Les visites vont de pire en pire. Le p’tit, qui a 4 mois, pis 5 mois, pis 6 mois, hurle aussitôt qu’il te quitte. Il n’est pas ben. Il ne veut pas se faire prendre par quelqu’un d’autre et veut surtout pas boire du lait donné par quelqu’un d’autre. Le p’tit veut se faire entendre. Et toi t’es où pendant ce temps-là? Bingo! La salle d’attente, à te ronger les sangs. La secrétaire te fait une face défaite, pis toi tu as le goût casser quelque chose. Il faut respecter l’heure des visites, jusqu’au bout. Ça va de pire en pire, c’est l’enfer. L’horreur. Le p’tit est pu ton p’tit. La visite semble se poursuivre chez vous. Ses réactions prennent de l’ampleur. Ça dure 1 jour, 2 jours, 3 jours. Il braille et ne veut pas que tu le touches. Il braille et veut que tu le prennes. Non non t’a pas compris, décode son humeur tout de suite, right now, constamment. Sers-le, aime-le, gère-le, prend-le. Garde-le dans tes bras, berce-le. Non arrête pas, même quand tu penses qu’il est correct, arrête pas. Arrête jamais. Genre tu peux pas vraiment aller aux toilettes, parce que le p’tit a peur que tu t’en ailles forever. Voilà l’étendue des visites. Une anxiété pis une peur de l’abandon que tu dois réparer, rabibocher, recoller à chaque coup. À chaque fois. Alors quand une p’tite caissière du IGA te dit: « Il doit avoir des coliques. C’est pour ça qu’il braille de même. », ben tu as le droit de lui hurler: « TA YEULE! ».

image.JPG

« Ça doit être ses de… » PUNCH!

 

Pis subitement, alors que tu crois virer fou, un ange arrive. La divine nouvelle intervenante, la kickass intervenante, la bénit entre toutes. Celle qui va te poser une main sur l’épaule pis te dire: « C’correct. On va penser au p’tit en premier dans cette histoire-là. »

Ici je prends un moment pour vous dire que ce n’est pas comme ça pour chacun. Certains ont des histoires d’horreur et d’incompréhension avec leur intervenante. Mais un peu de positif, ça fait du bien parfois.

Donc l’intervenante vous sauve la vie, littéralement, sauve votre couple, votre famille, toute. Un nouveau jugement est décrété par un autre juge, les visites tombent à une fois par mois et l’intervenante mets en place un système pour votre p’tit. Finis les crises interminables, fini l’incertitude. Maintenant on le laisse plus pleurer. Maintenant on lui donne une chance.

J’ai mis beaucoup de temps à écrire cette suite de notre aventure adoption, car effectivement, c’est un boutte extrêmement difficile et surtout, pas très drôle. Mon but avec ce blogue est de vous faire découvrir les facettes comiques de l’adoption et la parentalité en général, donc il m’a été difficile de trouver le drôle dans cette partie de mon récit. Malgré tout, j’ai fait de mon mieux. Et ça m’a fait revivre l’entière gamme des émotions qui accompagnaient chacune de ces visites. Donc j’ai du boire quelques coupes de vin et me suis bercé en pleurant, comme dans l’temps. Ah doux souvenir.

Malgré tout, en revisitant ces moments sombres, j’ai compris pourquoi on voulait avoir un enfant. C’est illogique, ça ne fait pas de sens de vouloir souffrir autant pour un être, que ce soit l’accouchement ou des visites de ce genre. Oui, du point de vue logique, ça ne fait aucun sens, mais les meilleures choses en ce monde sont illogiques, comme l’amour inconditionnel qu’on porte à quelqu’un. C’est ça être parent. Et la preuve ultime est que malgré toutes les épreuves, Papa pis Dada sont en liste pour un deuxième projet d’adoption. C’est ti pas merveilleux, l’être humain?

Ne manquez pas la suite et fin de la saga, Adventures in Adoptionland: Papa pis Dada pis le P’tit, Forever. À paraître quand ça va me tenter.

 

Dada Blaise

Faites comme mon p’tit et « partagez » cet article avec vos amis, c’est-à-dire donnez l’auto verte rouillée qui lui manque une porte à l’autre ami et gardez le reste pour vous.

 

 

 

 

 

 

 

6 exemples de parents qui sont ben plus poches que vous

Tous les parents auront au moins un moment (ou quinze millions de moments) où ils vont se sentir le pire parent sur la Terre. Pis si ça ne vous est pas arrivé, j’vous félicite avec votre bonheur et votre château rose fluo et vos licornes domestiques qui pètent des arcs-en-ciel et du chocolat Lindt. Pour le reste de la population, c’est normal, ne vous en faites pas. Il y a de ces journées où rien de ce que tu fais fonctionne, ton p’tit braille sans arrêt, la maison est tout croche, ça pue, ton couvre-lit match pas avec la couleur des murs…bref, comme le dirait mon chum: ça chie dans pelle. Durant ces moments de noirceur, tu peux faire comme ma grande sœur et aller voir ton père en pleurant sur le pas de la porte et en disant que t’es pas bonne pour qu’il te dise « ben non, t’es bonne pis t’a un beau bébé! » pour qu’il te tapote tendrement sur l’épaule et retourner chez vous juste ensuite.

Tu peux aussi faire comme moi et brailler en raclant le pot de mayonnaise avec une spatule tout en écoutant des films des années 80/90 parce que je suis trop lazy pour prendre le char et brailler devant mes parents. Quand je suis down, un p’tit film kétaine de fin d’après-midi TVA me remet toujours sur le piton. Vous savez quel genre de film je parle. Ce sont ces films pas trop complexes avec des acteurs plus ou moins populaires que tu ne replaces pas, mais que tu reconnais malgré tout. Ces films sont sans prétention, amusants, inoffensifs, avec de jolies couleurs et un abus de spray-net évident. C’est le genre de film que j’écoutais avec ma grande sœur enroulés dans notre doudou blanche et bleu poudre en mangeant du McDonald’s un samedi de juillet qui pleut à boire debout. Bref, ça m’fait du bien d’écouter ça.

Puisque j’ai vécu BEAUCOUP (j’exagère à peine, wink!) de moments dramatiques avec mon enfant, j’en ai écouté des tonnes de ces films. Et voilà ce que j’ai découvert: beaucoup de ces films mettent en scènes des parents poches. Et ce n’est pas volontaire de la part des cinéastes. Ces parents, avec le recul et ma soudaine expertise profonde de nouveau parent, sont vraiment poches.

Alors vous feelez down vous aussi? Pour vous remonter le moral, voici quelques exemples de parents cinématographiques ben plus poches que vous:

 

La Mère –Il Ne Faut Pas Dire à Maman que la Gardienne Mange des Pissenlits par la Racine

Premièrement, je dois dire que c’est le titre le plus long sur la Terre. Deuxièmement, parlons du fait que la mère a élevé cinq enfants impolis et visiblement en carence de discipline parentale. Troisièmement, ladite mère se paye des vacances en Australie pendant deux mois et engage une étrangère pour prendre soin de ses cinq enfants. DEUX MOIS. Et quatrièmement, discutons du fait que le message du film est qu’une fois la maman hors de vue, les enfants trouvent le sens du bonheur et leur place en ce monde…Bravo mère sans nom de revenir, tu as tout gâché la vie de famille que Sue Ellen avait mis en place. BRAVO! WTF?

308410_full.jpg

Wayne and Diane Szalinski – Chérie, j’ai Réduit les Enfants

C’mon! Ils sont capables de s’acheter une immense maison mais Wayne ne peut pas investir pour un CADENAS sur sa porte de son laboratoire, l’endroit où il a une invention TOP SECRÈTE et SUPER DANGEREUSE qui, jusqu’à preuve du contraire, détruisait les objets au lieu de les réduire? WTF?
1414376024225_Image_galleryImage_No_Merchandising_Editoria.JPG

Daniel Hillard – Mrs. Doubtfire

Creepy, juste creepy. Le père a peut-être une belle et bonne intention, mais écoute ce film avec un regard d’adulte et la situation est juste non stop crazy, creepy, stalkery. Les enfants seront marqués à vie de cet incident. Et son ex-femme lui pardonne? WTF en double!
mrsdoubtfire.jpg

George et Lorraine McFly – Retour Vers le Futur

En mettant de côté toute l’histoire incestueuse entre Lorraine et son futur fils qu’elle ne reconnaît PAS dans le futur (c’mon, voir que tu ne trouves pas weird que le gars que tu trippais dessus étant jeune ressemble à ton gars!), les parents McFly sont déjà weird et problématique dès le début du film. Personne ne s’inquiète que leur petit Marty, un adolescent de 16 ans environ dois-je vous le rappeler, a une relation proche/trop proche avec un scientifique instable que tout le monde croit fou et qui fait des deals nébuleux avec des terroristes (ah les années 80). En plus il peut partir en pleine nuit, pas de problème pour rejoindre un vieil homme dans un parking. Non? Ça n’inquiète personne? Juste moi? WTF?

img_13_m.jpgimages.jpg

Tom et Katie Bueller – La Folle Journée de Ferris Bueller

Première chose: Ferris? C’est quoi c’nom là? Deuxièmement, peux-tu dire « favoritisme »? Jeannie, la sœur de Ferris, est clairement la mal aimée que tout le monde déteste dans la famille. Ferris joue clairement la comédie et TOUT le monde l’aime! Pis les parents ne voient rien, not fair! Ferris est chiant et mérite de se faire prendre! Moi j’suis du bord de la sœur! Mort aux populaires et aux gens trop heureux! Pis en plus c’est Cameron, l’ami de Ferris déprimé, qui mange toute la marde à la fin et qui paye les conséquences de la folle journée. WTF?!

Ferris_Bueller_Parents.jpg
Peter and Kate McCallister – Maman j’ai Raté l’Avion 1 & 2

Ils ont quand même oublié leur enfant à la maison…deux fois. WTF!
Home-Alone-home-alone-15962056-853-480.jpg

 

Jack Torrence – Le Shining

Sans commentaires.

1.jpg

 

Alors ne vous en faites pas si vous avez préparé du Kraft Dinner agrémenté de saucisses hot-dogs pour le souper ou si votre jeune à joué au IPad pendant 2 heures de temps. Je suis ben certain que c’est pas SI grave que ça. Au pire, faite comme la copine de Sue Ellen (ou ma soeur avec ses copines) dans Il Ne Faut Pas Dire à Maman que la Gardienne Mange des Pissenlits par la Racine et dansez avec toute la fougue fin des années 80. Dieu sait que danser ainsi m’a aidé à ne pas sombrer dans la dépression.

Dada Blaise

Never-underestimate-your-ability-create-fashion-line-plan-kick-ass-runway-show-only-week-time.gif

J’vais dire une chose: si tout le monde dansait ainsi à chaque vendredi soir, la Terre se porterait beaucoup mieux.

 

Avez-vous su la nouvelle? Papa pis Dada a sa propre page Facebook! Allez voir, c’est ben ben l’fun, avec des p’tites banderoles, des fanions, de la couleur pis des photos léchés avec de la fioriture sans bon sens.

Comment Faire le Deuil de son Sommeil

« En cette année 2016 – Sommeil, résident de la vie d’adulte, nous a quitté. Son départ semblait inévitable depuis 2013, mais il a confirmé hier soir qu’il ne revenait pas, et ce peut-être à jamais. Sommeil était un habitué des virées nocturnes et des après-midi de pluie battante. Il aimait la fraîcheur, les grosses doudous chaudes, le calme et foutre la chienne par moment. Sommeil laisse dans le deuil Papa pis Dada. Des cadeaux et remerciements seraient appréciés. Pour avoir l’adresse, veuillez écrire à Papa pis Dada sur leur page Facebook. Votre chéquier est tout indiqué. »

J’vous apprends rien, être parent signifie qu’on est fatigué.

La raison? JE L’SAIS PAS ESTI La raison peut varier d’âge en âge, c’est ce qui est chiant merveilleux à propos des enfants. Ces temps-ci, mon tendre p’tit a décidé que l’heure parfaite pour se réveiller tournait autour de 4:30 du matin, et ce à chaque fucking matin. C’est peut-être la raison qui explique pourquoi j’me sens légèrement, just a smidge, chrissement fatigué. Mais qu’à cela ne tienne. J’ai du dire adieu à Sommeil, mon tendre amant depuis toujours et comme pour tous les grands deuils, j’ai du passer au travers les différentes étapes. J’vous les présente pour vous aider, chers lecteurs/lectrices, à mieux comprendre le départ de Sommeil.

giphy-1

Adieu doux Sommeil…

1ère étape – Le Choc

Vous dormez profondément dans votre grand lit chaud et confortable, rêvant que vous êtes marié à Hugh Jackman et qu’il vous annonce qu’il a découvert une rare sorte de crème glacée qui fait maigrir quand brusquement, un jeune enfant défonce littéralement votre porte et demande à avoir des toasts, du lait et ce jouet en particulier, t’sais ce jouet-là spécifique que vous n’avez pas vu depuis 1 an?, oui celui-là, ben il le veut, pis toute de suite toi chose. Après avoir marmonné des « kess tu fais là? », « va te recoucher. » et « demain j’mets le verrou à la porte », vous prenez le temps de vérifier sur votre iPhone éclatant dans le pénombre qu’il est minuit lorsque vous réalisez avec horreur que le p’tit a raison, c’est bel et bien le matin, il y a le soleil pis toute dehors, dumbass. C’est seulement une version différente de votre matin habituel. Une version merdique, mais une version qui existe malgré tout. Alors que vous vous levez, réalisez subitement que Sommeil est parti. Il n’a même pas laissé de note ou d’héritage.

 

2e étape – Retarder l’inévitable

Installez-vous sur le fauteuil après avoir convaincu votre p’tit d’écouter la télévision au lieu de sortir le kit MagicSand qui est conçu spécifiquement pour s’infiltrer dans les p’tites crevasses du plancher et y rester à jamais. D’un œil à moitié fermé, zappez rapidement entre PatPatrouille, Dora et Tchoupi ou une combinaison des trois selon les demandes spécifiques du p’tit. Croyez naïvement que le p’tit restera assis sagement pendant 3 ou 4 émissions et que vous pourrez dormir ou du moins vous reposer un peu. Trompez-vous de piton et tombez sur Cloud Babies, gâchant le reste du matin pour tout le monde. Réalisez que votre journée est bel et bien commencée et que Sommeil ne semble pas vouloir revenir.

3e étape – Le Déni

Avez-vous tant besoin de dormir que ça? Avez-vous tant besoin de Sommeil? Sure, vous pourriez abandonner tous vos plans de la journée et vous balancer d’avant en arrière, recroquevillé en boule en mâchonnant Sophie la Giraffe pour calmer vos nerfs et somnoler par intervalles de 30 secondes, mais ça, c’est pour les faibles. Vous êtes un gagnant. Vous êtes fait fort. VOUS POUVEZ LE FAIRE! Fuck you Sommeil.

4e étape – L’acceptation

VOUS NE POUVEZ PAS FAIRE ÇA! Revient Sommeil! Je ne pourrai pas affronter la journée sans toi! Comprenez peu à peu que votre p’tit est parti pour la gloire lorsqu’il a décidé de roter l’alphabet en entier et qu’il est à peine 8:00. Comprenez que vous n’avez d’autre choix que de vous habiller afin de sortir dehors. Comprenez que le parc et rempli d’enfants heureux qui piaillent et crient avec férocité. Comprenez que c’est ça votre vie maintenant. Comprenez que Sommeil ne reviendra pas.

5e étape – Prendre des médicaments

Prenez-vous un bon café! Prenez-vous un gin! Prenez-vous un bon café avec du gin dedans! Puis bourrez-vous la face avec les Goldfish et des toasts Melba trempés dans la vinaigrette César. Terminé le tout avec une cuillerée de confiture aux fraises Bonne Maman direct dans yeule. Yes! Le high et mélange de sucre, café, gin et vinaigrette vous boost d’énergie pour 2 minutes d’intensité terrifiante! Vous êtes à la veille de passer dans une autre dimension! Vous avez quelque chose de mieux pour remplacer Sommeil! Hourrah!

 

6e étape – La Dépression

Le cocktail café/gin/César/confiture n’était pas super bon. Vous devez immédiatement vous rendre à la salle de bain. Anéanti par le mal de ventre et l’impression que le monde entier se lie contre vous, sortez votre téléphone et réfugiez-vous sur Instagramm. Pendant que votre p’tit déroule le papier de toilette partout, allez copier/coller les photos de Marilou croppez lui la face et postez-les sur votre compte, dans l’espoir de recevoir quelques likes et vous sentir mieux. Pleurez la perte de Sommeil à chaudes larmes.

7e étape – La Colère

Vous vous en êtes sorti presque indemne et surveillez votre horloge en réalisant avec furie que le 5:30 est passé. Quelque chose cloche. Sommeil ne reviendra pas de si tôt et ça vous fait chier, mais il manque quelqu’un d’autre. Votre fucking mari. Le texto suivant apparaît sur votre téléphone: « J’viens de partir de la job. »

Deux options s’offrent à vous. Dignité et compréhension ou psychotique et pleurnichard. Choisissez la deuxième option en textant: « Correct…mange d’la marde! ». Buvez le gin à même la bouteille, au yable les apparences. Fuck you Sommeil. Fuck you husband. Fuck you blanc immaculé chez Marilou. Fuck everything!

8e étape – Le Marchandage

Vous vous rappelez qu’en début de journée tout ce que vous vouliez était de vous effouarer sur le divan et vous évanouir d’épuisement? C’est le temps! Mais, guess what, le p’tit dort, donc vous vous sentez maintenant FUCKING GREAT!

Pourquoi aller vous coucher quand vous avez toute la soirée pour vous-même! Tellement d’options s’offrent à vous que s’en est presque trop! Qu’allez-vous faire? Vous asseoir sur le divan et regarder à moitié la télévision tout en gossant sur votre téléphone ou…bah c’est pas mal tout ce qui vous tente de faire. La soirée avance et Sommeil semble vouloir revenir, mais là ça ne vous tente pas de le voir tout de suite. Vous allez vous coucher tout de suite après vos émissions, c’est promis! Vous voulez seulement profiter de votre liberté. Et des émissions de Canal Vie.

9e étape – L’insomnie

11:42. Heure parfaite pour retrouver Sommeil. Oups! Il est reparti le salaud! Couchez-vous dans votre lit et attendez qu’il revienne. En attendant, vous vous rappelez de la fois au secondaire que vous avez atchoumé une grosse morve dégueulasse en plein pendant le cours de math? Et la fois que vous avez dit « vagenda » ou lieu de « agenda »? Continuez de farfouillez les méandres de votre esprit en vous posant une litanie de questions du genre: « Pourquoi il ne font plus de biscuits Avalanche, c’tait bon pourtant? » « Ville d’Anjou c’tu dans Montréal ça? » « Demain c’est le recyclage. » « Le monde m’haït-tu ou ben j’suis parano? » « C’est décidé, demain j’vais couper le sucre. »

Faîtes vous subitement prendre par derrière par Sommeil, tombez endormi et répétez les étapes à nouveau, ad infinitum.

Dada Blaise

Si vous avez aimé cet article, partagez-le en cliquant su’l ti piton partage. Ou amenez moi magasiner. J’ai besoin de sortir de chez nous.