Comment Occuper Vos Enfants Cet Été

L’été bat son plein, avec son soleil tapant de l’après-midi, son odeur du chlore et de gazon, sa chaleur brûlante qui émane de l’asphalte noir, ses courses folles dans les champs de pâquerettes pis ses rides de bicyclette au dépanneur. Cet été, vous vous êtes promis un été parfaitement imparfait. Vos enfants et vous-même allez apprendre à lâcher-prise, à relaxer. Ce sera un été de popsicles, de bord de l’eau, de cache-cache dans le p’tit boisé, d’oiseaux, de tondeuse, de champ de blé, de fleurs, de films dans le sous-sol, pis de s’endormir en p’tite boule pendant que les adultes parlent autour du feu. Vos enfants vont vivre comme quand vous étiez jeune, relaxer, s’amuser et apprendre des belles leçons de vie sur l’amour et l’amitié. Ils vont apprendre ce que c’est l’ennui tout en restant actifs. Vous avez décidé que cet été, vos enfants allaient se créer des souvenirs qu’ils chériront forever.

Fin juin. Vous vous êtes levé relativement tôt et avez déjeuné sur le balcon. Le p’tit a taché vos beaux coussins extérieurs Club Piscine avec de la confiture, mais ce n’est pas grave, vous êtes EN VACANCES! Vous avez décidé de laisser filer le temps. Le p’tit a réclamé le iPad. D’accord, mais 30 minutes seulement. Après une crise énorme parce que vous avez enlevé le iPad et sa chanson redondante et tonitruante, vous avez convaincu le p’tit d’aller faire une promenade bucolique dans la forêt. Super! Vous avez marché avec lui pour trouver des libellules et des coccinelles. Vous lui chuchotez les merveilles du monde et inventez des histoires de gnomes et de fées. Votre p’tit est terrifié par l’idée de croiser une gnome ou de toucher une libellule. Vous fuyez la forêt prestement avec un enfant en larmes et à jamais traumatisé des marches en forêt. #guesswhoissleepinginyourbed

Début juillet. Vous vous baignez régulièrement mais le p’tit vous ordonne de nager comme ceci, de mettre votre tête sous l’eau, de sauter, de nager sur le dos, non, sur le ventre, de le lancer dans l’eau, mais pas trop, juste un peu. Vous sortez de l’eau et vous faites sécher au soleil avec un bon livre, pour vous reposer et avoir un p’tit peu la paix. Votre p’tit joue avec des balles et des bulles. C’est parfait. Il faut profiter. Il faut prendre le temps. Votre roman est complexe et vous avez de la difficulté à comprendre l’intrigue car votre p’tit vous demande incessamment de l’aider à faire des bulles. Vous prenez un magazine à la place. #lesscommitment

Vous êtes optimiste. Vous allez faire un petit projet de bricolage tout beau, tout simple que vous avez déniché sur Pinterest. C’est facile et vous avez tout ce qu’il faut à la maison! Vous vous rendez chez Rona, Wal-Mart et Michael’s pour trouver tout ce que vous auriez dû avoir à la maison et revenez chez vous. Le p’tit a chaud et a faim. Vous le nourrissez. Vous passez 4 heures à confectionner le bricolage par vous-même et prenez des tonnes de photos du p’tit qui bizoune avec la colle. Le p’tit a faim et a trop chaud pour faire le reste. Vous passez proche de tout calisser à la poubelle. Vous terminez la soirée au McDonald’s. #parentsneedabreak

Nous sommes à la mi-juillet et vos belles idées s’effritent rapidement. Vous aviez limité la télévision à une heure par jour, puis deux finalement. Pis fuck off, écoute-la ta maudite émission de Peppa Pig en boucle si c’est ça que tu veux! Vous allez au Costco en après-midi faire des commissions puis manger un hot-dog et une frite pour le souper parce que votre conjoint « travaille tard » encore. Alors que vous contemplez la masse de gens sous les néons aveuglant vous vous demandez comment vous allez survivre jusqu’à la fin des vacances. #stareintotheabyss

Le ton monte d’un cran chaque jour. Les pleurnicheries aussi. Vous forcez votre enfant à s’ennuyer et à s’occuper tout seul, mais il passe son temps à vous achaler de toutes les façons imaginables. Les articles du Net ont menti comme les vendeuses de sous-vêtements du Simons. Vous feignez une violente diarrhée pour vous réfugier à la salle de bain, mais peine perdu, le p’tit vous retrouve toujours. Comme les vélociraptors de Jurassic Park, il sait ouvrir les portes. Vous allez au parc pour fuir la couleur délavée de vos murs et vos vitres sales qui vous accusent de ne rien faire. Votre p’tit coure dans les jeux d’eau avec un autre garçon. Vous essayez de vous faire ami avec la mère du garçon pour ensuite lui proposer des sleepovers d’une semaine/une semaine. Vos larmes de panique et votre sourire terrifié la rendent légèrement mal à l’aise. Elle vous menace avec son Pepper Spray. Vous abandonnez le parc et votre sac de plage. #whenwillthistortureend

Votre p’tit écoute la télévision pendant toute la matinée alors que vous regardez le restant de bricolage qui traîne sur la table du salon depuis le début des vacances. L’échec vous sourit sous forme de gouache et paillettes éparpillées, les décombres de vos belles intentions.

Les vacances de la construction arrivent ainsi que l’absolution à cet abyme qui vous engloutit de jour en jour, votre tendre conjoint. Il est le héro des vacances, rutilant de muscles et de belles idées! Roadtrip, valises, glacière, hôtel, camping, sortie familiale! #makingmemories #pleaseshutthefuckup #planningiforuptightpeople #soblessed

Août se pointe. L’insidieux temps froid aussi, masqué dans le vent, traînant sa promesse terrifiante du retour au travail, du retour à l’école, du retour à la réalité. Vous avez le souffle court, les mains serrés. Les publicités mentent. Vous n’êtes pas si excités que ça de renvoyer vos enfants à l’école et à la garderie en fin de compte. Le pincement au cœur est bel et bien là. La sainte paix est proche, pis vous la voulez plus vraiment. C’est là toute l’essence d’être parent. La proximité, la chaleur, l’étouffement, les pleurs, le besoin d’être proche et éloigné, d’être tranquille et dérangé, d’entendre les cris et le silence. C’est le plus beau paradoxe qui existe. Pis les souvenirs se sont créés d’eux-mêmes malgré tout.

Dada Blaise

Comme le disait ma grand-mère: sharing is caring. 

 

 

 

 

 

12 Genres de Parents Que Tu Risques de Rencontrer au Parc

Se faire de nouveaux amis parents est un art subtil et délicat. C’est comparable à l’expérience du secondaire: tu sues abondamment, tu es awkward avec tes blagues plates et tu essaies d’impressionner les autres en glissant subtilement dans la conversation que tu as déjà rencontré Marina Orsini en personne. Bref, c’est difficile. Les parents pourtant, il y en a partout. On les retrouve normalement dans les sphères habituelles du monde de l’enfance, notamment le Zoo, la Ferme, le Magasin, la Clinique ou le plus populaire et accessible à tous, le Parc.

Le Parc est une oasis, un point de convergence, une microsociété en soi qui est en effervescence trois saisons sur quatre, en particulier l’été où les parents et leur progéniture viennent se désaltérer et sortir de la maison avant de lancer les bébèlles qui traînent par la fenêtre. Papa pis Dada ont la chance (ou malchance), d’habiter à trois pas d’un parc. Le genre de parc bucolique avec un petit boisé, des jeux colorés aussi impressionnants qu’à la Ronde et surtout, des jeux d’eau l’été.

Hamster Dramático

I know. Jeux d’eau. Fac du monde, y’en a comprends-tu? Le monde entier vient jouer dans NOTRE parc durant l’été. Papa pis dada ont donc l’occasion de voir un beau lot de parents, chacun d’eux un ami potentiel. Naviguer parmi les différents types de parents n’est pas chose simple et encore moins lorsque vient le temps de choisir lequel parmi eux pourrait partager vos intérêts pour la randonnée pédestre et le sexe tantrique.

Voici donc un petit guide simple et pratique pour vous aider à reconnaître les différents types de parents qui peuplent les parcs de la banlieue et de la ville:

La Classique Névrosée

Le bon vieux modèle de parent, une indémodable. Elle peut aussi être appelée Soccer Mom, Hockey Mom ou Karine. Reine de la banlieue, préoccupée, anxieuse et surchargée, elle a le minivan rouge et est heureusement mariée depuis l’Université. Elle travaille à temps plein ou temps partiel et gère tout: les cours de patins de la p’tite, le rendez-vous chez le dentiste, la soirée massage sensuelle et son cours de Zumba avec une frénésie terrifiante. Elle a minimum trois enfants, de la brou dans le toupet, mais son sac à couche contient TOUJOURS tout ce qu’il faut. Elle est prête tsé. Elle te fait toujours sentir un peu cheap parce que toi t’as oublié les Goldfish, mais elle va te donner un peu des siens avec générosité. Elle peut être étonnamment drôle et vulgaire après une coupe de vin blanc et peut même te mentionner lequel de ses enfants est son préférée.

La Hipster/Trendy

Un nouveau modèle. Elle est jeune, éclectique et à la mode. Ses enfants portent des noms comme Aglaé, Rosco ou Ruth pis ils sont toujours mieux habillés que les tiens, dans des teintes de blanc et de gris, avec des bretelles pis une petite casquette de chef de train au goût du jour.  Elle a un sac à couche de cuir Pendleton, des jeans délavés, des mocassins tendance et, le plus important, des foulards. Tellement de foulards que tu t’interroges comment elle fait pour respirer avec tout ça autour du cou. Elle a de longs cheveux onduleux qui tombent toujours avec justesse, même lorsqu’elle glisse à vive allure sur la glissade orange avec son p’tit entre les jambes. Tout est blanc et pur dans sa maison et elle boit uniquement des limonades de poires et raisins verts qui brillent dans le soleil. Elle est sympathique, mais dure à juger parce que ses énormes lunettes soleil cachent constamment ses yeux.

La Cauchemardesque

Elle conduit un bigass gros VUS, même si elle a seulement deux enfants, qui d’ailleurs ne sont pas du monde, poussant ton p’tit qui a de la misère à grimper dans l’échelle comme si c’était un tas de nothing, hurlant pis sacrant du même coup. Elle est d’un certain âge et s’entête à garder la coupe de cheveux garçonne rouge auburn avec des mèches blondes, même si c’est plus à la mode depuis 2003. Sa phrase préférée : « En tant que mère, je ne crois pas que… », « Moi je… » et « C’est qui le responsable ici? » Elle a beaucoup de bagues et des sandales de plage peu pratique pour courir après son garçon qui balance une branche de bois au-dessus de la tête des nourrissons dans le bac à sable. Ce n’est pas ma préférée de la gang.

La Surprenante Jeunesse

Elle a une grosse maison proche du parc parce que son chum est dans la construction, ce qui veut dire qu’elle est une maman à la maison. Elle vient au parc en yoga pants ou joggings, ses cheveux sont remontés en chignon pis elle mâche de la gomme. Vite de même, tu la sous-estimes, parce qu’elle est plus jeune que toi et qu’elle reste souvent assise sur le banc, mais elle te remet brusquement à ta place quand elle lève le ton pour dire à ses enfants de se calmer pis le parc au complet l’écoute et lui obéit. Elle a une voix rauque et chaleureuse pis elle fait des gros câlins à ses p’tits quand ils passent près d’elle, pour ensuite leur donner une petite tape sur les fesses en leur disant d’aller jouer plus loin. Elle texte constamment alors que ses enfants roulent sur la piste cyclable avec leur brand new Kid Trax Electric Mini Cooper jaune. Elle n’est jamais seule, habituellement accompagnée de son amie servile qui allaite en public et qui aime l’annoncer à voix haute. Elles sont relativement difficiles d’approche.

Le Père Compétitif

Il est jeune et quelque peu déboussolé d’être là en plein jour. Il porte des chandails lousses, des shorts pis une obligatoire casquette. Lui, il a pas des enfants, mais bien des kids. Il joue dans les jeux avec férocité et ses jeunes sont mieux d’avoir du fun avec lui. Il te pose beaucoup de questions sur ton enfant et ses intérêts, mais juste pour avoir une occasion de parler de son kid, pis à quel point il a parlé et marché rapidement pis qu’y joue déjà au hockey Bantam AAA. Il se permet le léger flirt inoffensif, mais personne ne semble intéressé à lui rendre l’appareil. Il est fin pareil, mais reste jamais bien bien longtemps.

La DIY

Elle, a choisi le bonheur, pis ça paraît en chriss. Elle a sacrifié beaucoup trop pour être mère pour voir son rejeton se péter la gueule en tombant de la cage à singe, donc il est mieux de rester tranquille. Elle a un chemisier serré comme ses cheveux, une caméra Nikon au cou pis des souliers Dansko. Elle a un enfant, qui porte toujours un chandail de cashmire qu’elle a tricoté elle-même. Elle a apporté son kit à bulle géante fait maison, un cerf-volant aux couleurs si chatoyantes que ça te fait pleurer de voir tant de beauté et des cupcakes Shopkins et Avengers pour tous.  Elle est une habituée du parc et à déjà toute sa clique, comme au secondaire, donc oublie ça. Mais semblerait-il qu’elle soit réellement fine.

Le Mâle Alpha

Spécimen rare, mais qui vient changer toute la dynamique du parc quand il arrive avec son T-shirt V-neck serré et ses bras musculeux. Il est grand et beau comme un dieu, avec la barbe de 3 jours perpétuelle et ténébreuse. Tous, hommes, femmes, animaux, insectes, s’approchent imperceptiblement de lui et espèrent ardemment qu’il grâce leurs présences d’un regard ou salut de la main. Il marche en tenant tendrement la main de son enfant et te lance un sourire à te faire exploser la petite culotte. Il s’installe normalement près de l’abreuvoir, où il croisera une connaissance tout en se plaçant une jambe sur le banc et en s’ajustant le paquet, imposant ici sa dominance sexuelle sur le reste des spécimens du parc. Il joue brièvement puis repart aussi vite sur son vélo Bianchi Infinito, le p’tit bien attaché à l’arrière. Il est approchable, mais lui parler se révèle être une expérience drainante et peu satisfaisante, car tu dois constamment replacer ta mèche de cheveux dû à la nervosité. Après son départ, tous se demandent s’ils ont imaginé un telle créature ou bien s’il existe réellement.

La « Pauvre Elle »

Elle est habituellement assise sur le banc, sa veste attachée tout croche, sa brassière d’allaitement dépassant de sa camisole pis un collier de noisetier dans le cou. Elle a une trâlée de jeunes et semble elle-même surprise qu’ils soient tous les siens. Elle n’a pas dormi depuis 8 ans et sa lèvre inférieure tremblote continuellement. Venir au parc est son seul moment de relative paix et elle s’excuse constamment aux autres parents, en prévenance des futurs mauvais coups de ses enfants. Elle lance le sac à collation dans le terrain de jeux pour que ses enfants se nourrissent en poussant un cri tribal. Elle aimerait ben ça jaser, mais elle a de la difficulté à prononcer des consonnes, donc elle risque de ne pas trop te répondre.

Les Grands-Parents

Ils gardent le p’tit pour la journée pis ils sont ben excités. Le grand-père est un peu brusque et pousse l’enfant un peu trop fort dans la balançoire, mais se dit que ça forme le caractère. La grand-mère tant quant elle est toujours prête avec son pouce humide pour nettoyer une saleté proche de la bouche. Ils n’ont pas de maillot de bain pour le p’tit, mais c’est pas grave, il peut y aller en petite culotte, ça dérange pas. Ils vont te jaser longuement pis complimenter ton enfant sans bon sens, tout en expliquant la vie et le travail de leur fille, la mère du p’tit. Ils sont ben sympathique mais lorsque tu mentionne « J’ai googlé… » ils se jettent un regard surpris et gêné, croyant que tu parles de masturbation.

Le Sweet Papa

Il a les épaules creuses et porte un petit polo trop serré. Il a sa petite bedaine de brownies et vin rouge qu’il déguste en cachette une fois que tout le monde est couché. Il a commencé à câler, lui donnant l’air plus vieux qu’il ne l’est réellement.  Il cajole ses enfants et joue avec eux, son plaisir réel et abondant. Il aime Star Wars, à apporter des collations qu’il a cuisinées lui-même et ne sort jamais son téléphone, mais bien un magazine de Ricardo. Il aime jaser avec tous les enfants du parc, même le tiens alors qu’il fait une crise de bacon parce que tu ne veux pas le laisser manger du sable. Il va te jaser de sac à couche et de garderie et de quel chien est le meilleur dans Pat Patrouille, mais si tu fais une blague grivoise, il saura pas trop comment réagir.

Les « Eux Autres »

Ah « Eux Autres ». On sait ben, « Eux Autres » ils l’ont l’affaire. Ils sont généralement en couple, parce que mon dieu qu’ils sont unis et sereins. Elle a un collier de perles et lui des grosses lunettes carrées et noires. Elle a fait un pâté chinois avec des lentilles et son lait maternel, lui, il a apporté un livre « Algebra For 3 Years Old ». Leur petit est tranquille et joue intelligemment, ce qui est encore pire, ne lance pas de roche et ne demande jamais d’aller aux toilettes alors qu’il est dans la balançoire. Les deux sont heureux et ont une belle complicité et tu pressents que le soir venu il l’insulte sauvagement au lit et qu’elle en redemande. Ils vont sûrement venir te parler que ça te plaise ou non et te faire remarquer subtilement que ton enfant fait juste tourner tout en faisant des cris d’animaux et ne joue pas beaucoup avec les autres alors que le leur a construit la chapelle Sixtine avec des petits copeaux de bois et des branches d’arbre. « Si c’était mon enfant… » ou « Selon les experts… » va leur sortir par la yeule de temps en temps, fais de ton mieux pour les ignorer.

Le Gay Dad

Le pire. Il est maussade, envieux et juge secrètement tous les autres tout en souhaitant être leur meilleur ami pour la vie. Il aime bien son p’tit, mais là glisser pour la quarante millième fois dans la glissade, ça ne lui tente pas, ok là? Il porte du linge ample pour cacher son corps ravagé par les restants de Ficellos et tente de ne pas se planter la face car il est du genre à tomber le cul par-dessus tête devant tout le monde en faisant une pirouette pour faire rire son garçon. Tu peux lui parler mais son sujet de conversation s’arrête aux comédies musicales et des blagues cochonnes. Aussi, garde pour toi que ton enfant mange cinq portions de légumes et de fruits par jour, car lui y tient pas tant que ça à le savoir.

Bien évidemment, ceci n’était qu’une petite parcelle du merveilleux monde des parents. Certains se demanderont: Wow, est-ce j’ai tant besoin de me faire des nouveaux amis? Mes vieux amis ne font pas l’affaire?

La réponse est: oui tu dois te faire des nouveaux amis. Il n’y a rien de mieux que de partager vos affaires plates à propos du manque de sommeil, de la gardienne pas gentille ou de la voix stressante des Tut Tut Bolides avec un autre parent qui partage la même chose en même temps que toi. Et si en plus vous découvrez que vous aimez tous les deux les films de Tarantino et les chansons de Lana Del Rey, tant mieux pour vous, une belle amitié est née!

Et garder aussi vos vieux amis tant qu’à faire. Ils en connaissent beaucoup trop sur vous.

 

Dada Blaise

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#GiveElsaaGirlfriend

Comme pour tous les petits nord américains de mon âge, Disney a toujours, d’une forme ou d’une autre, fait partie de ma vie. Enfant, j’étais entouré par Disney et ses nombreux dérivés, films, émissions à la tivi, livres à colorier, jeux, jouets, casse-têtes, tourne-disque, spectacles sur glace et visites au parc thématique. Chez nous, Disney c’était hot. J’écoutais les films en boucle avec avidité. J’aimais l’animation, les chansons, les animaux, les princesses, les princes, les bouilloires qui chantent, toute, toute, toute. Maintenant que je suis un genre d’adulte presque fonctionnel, je comprends pourquoi j’aime autant les princesses et les films de Disney.

 

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À mon avis, le plus sexy de la gang. Wait a minute…mon chum est grand, poilu, yeux bleus, grogne tout le temps, a mauvais caractère et n’aime pas qu’on touche à ses affaires…Plot twist: Did I end up with the Beast?

Les films de Disney mettent souvent en scène des protagonistes qui sont considérés « différents » et « à part » du reste de la société dans laquelle ils vivent. Ariel la petite sirène désire un monde qui est considéré « différent » du sien. Les villageois croient que Belle, de La Belle et la Bête, est étrange, « différente » des autres (elle aime lire et c’est une femme! WITCH!). Même les classiques, comme Dumbo, nous montre un protagoniste qui est moqué par les autres parce qu’il est « différent » (y’a des grosses oreilles au cas où vous ne vous en rappeliez plus). Tout ça vous dit quelque chose? Pour un p’tit gars de la campagne qui a un peu trop le sens de la théâtralité et le goût d’écouter des chansons de Whitney Houston, ça lui parlait beaucoup. Les héros de ces films sont mis à part, incompris, mais vont au bout de leurs rêves et terminent leur histoire avec une fin heureuse. Le thème de « l’amour impossible » est souvent présent, donc il n’est pas difficile de comprendre pourquoi ces histoires interpellent la communauté LGBTQ+ (lesbienne/gay/bisexuel/transgenre/queer).

Ce qui est drôle c’est que la compagnie de Mickey Mouse n’est pas reconnue pour ses valeurs avant-gardistes. La compagnie est souvent synonyme de l’Amérique traditionnelle, de valeurs familiales sûres, de tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Disney est souvent tombé sous le courroux de divers groupes pour changer le thème des histoires qu’ils adaptent, comment ils dépeignent constamment des héroïnes blanches et blondes ou pour avoir whitewashed Aladdin et Jasmine. Disney, depuis quelques années, a bien été obligé de changer d’optique dans ses efforts afin d’offrir une représentation plus inclusive de ses protagonistes. The Princess and the Frog nous a donné une princesse noire tandis que Mulan et Tangled nous ont donné une héroïne qui n’avait pas besoin de prince pour l’aider. Frozen, le méga succès inespéré qui a remis Disney sur la map, a été plus loin encore et nous a offert un film où le thème central était les liens de famille entre deux sœurs, l’histoire d’amour repoussé au second plan. Par contre, Disney n’a toujours pas osé s’aventurer à inclure un personnage ouvertement LGBTQ+ dans ses films. Oh bien sûr, certains diront que le Génie a un peu trop le sens de la mode, que Shang (le guerrier dans Mulan) semble plutôt déçu quand Mulan lui annonce qu’elle est une fille finalement et que Ursula est en fait une drag queen, mais ce n’est pas la même chose qu’un fullblown, vrai personnage central qui serait homosexuel.

Seulement voilà, depuis quelques jours, la foule Twitter et Facebook réclame ceci: #GiveElsaAGirlfriend

 

Disney a annoncé récemment qu’il donnerait suite à Frozen, qui d’après moi devrait s’intituler Frozen 2: The Meltdown, avec Anna qui découvre qu’elle a les pouvoirs du feu et la les sœurs se battent. Ça s’rait malade! Enfin bref…depuis l’annonce de cette suite, on réclame que Disney monte d’une coche sa bravoure de la diversification et offre une princesse lesbienne. Yes…vous avez bien lu, les fans souhaitent voir Elsa vivre au grand jour une relation homosexuelle avec une autre femme. J’imagine déjà le Bible Belt des États-Unis cracher leur sandwich mayonnaise/chips BBQ et attraper le AK-47, outré devant l’imminente apocalypse que provoquerait cette nouvelle. J’entends déjà les « Abominations! » et les « C’est contre nature! » et les « C’est écrit dans la Bible! »

 

Certains groupes religieux ont même avancé que Frozen serait une propagande gay, visant à convertir l’impressionnable jeunesse. C’est ben certain. Après tout, Frozen raconte l’histoire d’une jeune femme qui chante (gay!), qui ne semble pas intéressée par les hommes (lesbienne!), doit vivre avec une différence (gay!) qu’elle doit cacher des autres. Elsa finira par « sortir du placard » en fuyant la société et en chantant son infatigable hit « Let It Go » qui, toujours selon les whackjobs groupes religieux, seraient un hymne subversif auprès des jeunes enfants. So what? Tant mieux si Elsa chante sa liberté, qu’elle est enfin à l’aise, qu’elle n’est plus obligée de « cacher » ses pouvoirs et qu’elle peut enfin porter des vêtements avec ben du sparkle. Own it bitch.

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Fabulous

À chaque fois que je lis ce genre de truc je suis ébahi par la stupidité de certains. Les gens craignent-ils vraiment que les homosexuels « transforment » leurs enfants avec des chansons ou des films? Croient-ils vraiment que nous sommes capables de trouver le piton « gay » sur les hétérosexuels? Comme si nous possédions un pouvoir magique qui permettrait de switcher l’orientation d’autrui selon notre bon vouloir. Ben on l’a pas ce pouvoir-là, parce que trust me honey, il y aurait une couple de mes crushs du secondaire et cégep que j’aurais transformé de mon bord assez vite merci.

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Oh Ewan…si seulement…

Toujours est-il que la suite de Frozen se prépare et qu’une partie de la populace réclame du changement. Disney est un emblème important dans notre culture, qu’on le veuille ou non. Star Wars, Marvel, Pixar, les princesses, tous les enfants ou presque sont en contact avec un ou plusieurs personnages de Disney au moins une fois dans sa vie. Imaginez l’impact qu’aurait l’inclusion d’un personnage LGBTQ+. Oui il y aurait outrance, menaces et colliers de perles agrippées avec effroi. Oui matante Suzie appellerait Denis Lévesque pour chialer. Oui beaucoup de parents boycotteraient le film. Mais imaginez juste un p’tit moment que ça arrive, pour vrai. Un film qui présenterait un autre type de couple, un autre type de vie familiale. Pour notre famille, à Papa pis Dada pis Petit Pou, ce serait incroyable.

Imaginez une conversation sur la cour d’école entre deux p’tits copains:

« Fac tu as deux mamans? »

« Oui. »

« Comme Elsa et ________ dans Frozen 2? »

« Oui. »

« Cool. On joues-tu à la tag? »

 

Case closed. #GiveElsaAGirlfriend

 

Dada Blaise

 

 

Les Eux Autres: 4 Genres de Parents qui Font Chier un Tantinet

En ce bas monde, il y a plusieurs types de parents, mais la plupart d’entre eux peuvent être catalogués dans deux catégories. Le parent classique pis les Eux Autres.

Le parent classique est de son époque: il est fatigué, stressé, colérique, épuisé, à bout de nerfs, en manque de sommeil, impatient et crevé (j’ai tu dis fatigué, me sembles hein?). Certes, le parent classique adore son enfant, c’est toute son existence, se fendrait en quatre pour le rendre heureux et fait tout ce qu’il peut pour y arriver, mais le parent classique comprend aussi qu’il est humain donc, susceptible aux erreurs de parcours et aux « là ça m’tente pas ».

Pis il y a les Eux Autres. Les Eux Autres ils l’ont l’affaire. Ils ont compris le sens de l’univers, pis ils sont merveilleusement bien. Ils sont heureux d’être heureux pis ils vont te le faire savoir.

Les Eux Autres SAVENT ce qui es bon. Ils CONNAISSENT la vérité. J’vais vous le dire carré, les Eux Autres, y m’énarve beaucoup. Les Eux Autres sont habituellement pas tes amis. Ils sont souvent la connaissance d’une connaissance, une relique de ton passé que tu croises un beau jeudi en sortant du dépanneur, le trou du cul en dessous du bras pis le jeune qui hurle sa vie que tu traînes par la main. C’est évidemment là que les Eux Autres vont t’offrir jugement, souvenirs embarrassants et conseils dénigrants du même coup.

Afin de vous préparer à affronter les Eux Autres, et toujours dans le but de vous éduquer sur les réalités du monde, Dada vous offre ici quelques exemples types que vous risquer de croiser sur Facebook ou ailleurs:

Le « Hey que c’est l’fun! »

Commençons par les pires, parce qu’ils font le plus chier de toute la gang. Ils sont ben ben fins et ils sont sincères également. Ils sont beaux, drôles, heureux, ont du wild sex respectueux tous les soirs et le bonheur leur sort par tous les orifices possibles. Il apparaît évident que la vie les a choisis comme porte-parole de la joie et les a récompensés avec un enfant parfait qui aime le riz brun et les fibres, qui s’endort tôt et se lève tard et qui s’occupe tout l’après-midi en lisant des livres et en construisant des tours avec des blocs de bois. Quand tu leur racontes tes malheurs, ils haussent les épaules, bonasses, en disant « Ben coudonc! ». Tu leur souhaites toujours un p’tit malheur, genre que son p’tit pogne une diarrhée explosive ou que leur maison périsse dans les flammes. Trop les fréquenter pourrait mal finir…pour eux.

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La « Sans Gluten »

Elle fait de la musique tribale avec son djembé, ses cheveux sont lavés avec du sperme d’hippocampe, elle dort nue en position cuillère avec ses adolescents et porte rarement une brassière, donnant ainsi un libre accès pour allaiter ses enfants de 5 et 7 ans, la petite Quinoa et le rouquin Fève Germée. Elle n’accepte aucune toxine dans son corps et pour elle, l’allaitement est une religion. Le lait formule est l’équivalent de nourrir ton enfant avec l’urine du Diable. Elle fait son propre fromage, récupère sa cire d’oreille pour faire ses propres chandelles et elle RECYCLE! Elle va te conseiller à outrance sur les saines habitudes de vie, l’anti-vaccination et les omégas-3, que tu le veuilles ou non. L’inviter à manger chez vous n’est pas recommandé, car elle risque d’arriver avec une vinaigrette sang de mouton/épinards et te demander « est-ce que ce poulet à été élevé en liberté? » Fuck off.

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La « Tu m’en dois une! »

Elle, au lieu d’être jalouse et bitter comme nous autres, a choisi l’autre voie: righteousness. SON choix de vie est le meilleur, pis c’est toute. Elle a élevé la prochaine génération de premiers ministres, docteurs, péquistes et participants à Le Banquier, la société devrait donc la vénérer! Elle est une MÈRE. Elle s’implique, elle prend congé de sa job pour passer du temps en famille, nettoyer le parc de sa communauté, faire une murale contre le racisme et donner une conférence sur les bienfaits de l’accouchement dans la douleur et le silence. Non, non, elle ne demande pas un salaire ou de trophée. Seulement un peu de compréhension. Que tu comprennes pourquoi ce qu’elle fait compte, que sa vie est signifiante dans ce grand et complexe univers, contrairement à ta pathétique vie vide de sens, pleine d’argent sale de drogués et de virée dans les bars louches. Pis vient pas la faire chier que tu peux dormir le matin! Dérange la pas avec des choses banales comme une invitation à un souper de fête pour tes 30 ans ou une soirée à jouer aux cartes en prenant une petite bière. Elle n’a pas le temps!!! Peux-tu comprendre ça? Elle est occupée à être une SUPER MOM pour sa famille! D’ailleurs, n’as tu point lu son horaire détaillé sur Facebook, qu’elle update à la minute?

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La « Moi le mien »

Elle a l’ego sensible et le mariage instable, donc on mise sur le kid! GO! Son p’tit est dans chaque cours pas possible, du judo tantrique jusqu’au ballet jazz/funky/slutty. Son p’tit a mangé le plus de légumes, a fait le plus beau dessin, a chié le plus gros caca et a donné le meilleur câlin de tous les amis de la garderie. Elle cherche souvent à savoir où en est rendu le tien juste pour te upstager avec les prouesses du sien. Alors quand le tien vient de réussir à attraper les objets, le sien saute, roule et danse dans les grands ballets canadiens comprends-tu. »Heille, 6 mois et demi! » comme dirait maître Pérusse.

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C’est ti pas heureux tout ce beau monde là? Changez pas chers Eux Autres. Vous faites tourner le monde…et alimenter Facebook.

Dada Blaise

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Devrais-je Avoir des Enfants?

 

Depuis quelque temps plusieurs collègues de travail, amis et inconnus dans la rue m’arrête et me supplie de leur donner conseil. Tous me disent que si MOI, un petit bedonnant qui n’aime pas se lever tôt, qui ne cuisine pas organique et sans gluten, qui est maussade, qui bourre le lave-vaisselle sans bien rincer les plats Tupperwares et qui ne fait pas trop d’exercice, a été capable de survivre avec un enfant jusqu’à présent, hé bien ils devraient pouvoir le faire également.

Mais êtes vous réellement prêt à avoir un enfant?

Dada a concocté pour vous ce simple tableau qui devrait éclaircir votre décision.

devrais-je

Dada Blaise