Papa pis Dada: Le Making Of

Mon couple va célébrer ses dix ans, et une nuit la semaine passé alors que je donnais le biberon avec les yeux crossside, j’me suis dit que je pourrais écrire l’histoire palpitante de notre rencontre, comme ça si jamais je meurs ben mes enfants sauront comment leur deux papas se sont rencontrés. Pis je sais également que vous vous tortillez d’impatience jours après jours à savoir les origines de mon couple, donc je vous offre ce cadeau de Noël à l’avance juste pour vous autres.

Remontons dans le temps de quelques années, dix ans pour être précis. Ahh 2007. Une époque différente, un temps différent. Un temps où Brad et Angelina étaient toujours ensembles et procréaient un nouveau bébé à chaque nouvelle semaine. Un temps où Facebook n’en était qu’à ses débuts, où l’iPhone arrivait dans toute sa glory et où Britney décida de se raser les cheveux.

C’était un temps où Dada était un jeune homme fraîchement sorti de l’Université, avait de petites fesses rondes et rebondis, une chevelure chatoyante et de l’énergie débordante. Papa lui vivait dans un autre monde complètement…la rive nord si vous pouvez croire ça, fraîchement arrivé à Mourial, rutilant de simili muscles et avec un ventre presque plat. Papa sortait d’une longue relation et après quelques mois de frivolités, était enfin prêt à quelque chose de plus sérieux. Il s’était acheté de nouveaux meubles, une plante verte, un bébé chat et un nouveau système de son qui faisait vibrer le plancher pour aller avec sa brand new télévision flat screen de 20 pouces.

Dada était célibataire depuis un boutte, allant de dates bizarres en dates bizarres, politiciens, acteurs nébuleux, gars qui trippe sur la porn de Batman et qui l’affice sur ses murs, bizounes croches, chandelles parfumées en forme de cône et love addict terrifiant. Bref, pas très prometteur. Arrive décembre. Tanné de tomber sur des taouains qui l’attirent pas ou qui ne rient pas de ses blagues coquines et sarcastiques, Dada décide de mettre le tout sur le tout puis d’utiliser Réseau Contact pis son p’tit moteur de recherche sophistiqué.

Aweille le fantasme que j’me dit. Je coche la bonne bracket d’âge, les intérêts, la grandeur pis toute. 5 photos ont retontis sur mon écran. Yark. Trop loin. Bof. Ouhhh…interesting. Je regarde pas la dernière photo. Je vais sur le profil de mon futur époux/conjoint de fait, pis j’regarde la photo de ce grand costaud, tout sourire dans son p’tit polo rose tendance, clean cut pis yeux bleus des mers du sud. Il disait pas grand chose, juste une référence de catalogue Sears, pis j’trouvais ça charmant. Ça semblait trop beau pour être vrai,mais vl’à ti-pas que j’pitonne pis j’lui fais signe que wink wink, tu m’intéresses buddy. Il me répond. On se jase sur MSN messenger, parce que dans le temps c’était de même, pis on s’jase au téléphone. Futur Papa est stressé de dire mon nom, il a peur de mal le prononcer. Moi j’ris comme une écolière en me tortillant sur ma chaise pis en mâchant ma gomme. Me semble qu’on s’adonne bien que j’me dis. Il reste une semaine avant les vacances de Nouëlle, pis il m’invite à une date le vendredi. J’accepte en me pinçant secrètement les mamelons.

Malheur, Dada a oublié que depuis quelques semaines, il fait des palpitations cardiaques étranges par moment pis que ledit vendredi du super rencart, il doit porter un appareil sur le chest qui mesure les battements de son cœur. Il rappelle son beau Brummel au téléphone et lui raconte l’anecdote. Papa répond que ça dérange pas. Ben coudonc.Vendredi arrive pis les deux tourtereaux se donnent rendez-vous au summum des endroits romantiques, le Dix30. Papa attend devant le cinéma avec son p’tit veston assorti pis son 6’2 ben sonné. Dada attend dans le char, tellement stressé que le cardiogramme qu’il a sur le corps doit être entrain de surchauffer. Dada est tellement sur le gros nerf qu’il en a oublié son portefeuille à la maison. Dada observe sa date depuis son p’tit char. Il est grand, check. Il est costaud, check. Il ne semble pas roux, check. Il ressemble à sa photo, check. 1, 2, 3 go, Dada sort du char pis marche jusqu’à Papa.

Tsé souvent les gens disent que tu l’sais tout de suite oui ou non si ça va marcher, si tu va bien t’entendre avec une personne? Ben c’était ça. On s’est salué un peu awkard, souri, pis tout de suite ça marchait. C’était facile. Gênant un peu, mais facile. En quelque part, ben caché dans le fin fond de nous autres, c’est comme si on savait. Sans se le dire vraiment, mais on l’savait un peu tout les deux qu’on fittait ben ensemble. La soirée a été comme vous vous l’imaginez: restaurant, regards furtifs, effleurements sous la table, gossage parce que le souper est fini pis qu’on veut pas trop que ça soit fini parce que Dada, prudent pis sur la défensive, avait prévu seulement un souper, proposition d’aller au cinéma, déambulage dans un Dollorama, pis film un peu plate. Papa a tout payé, comme un gentlemen qui sort sa doudounne pour les grandes occasions (Dix ans plus tard, mon chum croit encore que j’ai fait exprès, mais non, j’ai vraiment oublié mon portefeuille ok là!).

À la fin de la soirée, Dada prévient qu’il a effectivement son appareil qui lui mesure ses battements de coeur. Papa blague qu’avec ça il pourra pas se passer grand chose entre eux deux. Dada rigole qu’il n’est pas aussi facile, ah ah ah (mensonge!). Sous la p’tite neige, les deux se disent au revoir encore une fois un peu malaisant. Le lendemain matin, Dada s’arrache son appareil du corps pis ça fait mal en chriss. Surprise, en avant-midi, c’est l’autre toé chose, Papa en personne qui appelle pour dire qu’il veut aller faire des courses sur la rive-sud du bonheur, pis demande à Dada s’il veut l’accompagner. Ben coudonc, pourquoi pas qu’il dit, même si en vérité il saute en petite culotte dans la pièce.

Une ride de char plus tard avec des effleurements de mains lorsqu’on change les pitons sur le radio, Papa ramène Dada chez lui pis lui donne un beau gros bisou avec la langue pis toute, pis c’est de même que ça commencé.

Qui aurait pu croire que dix ans plus tard, on serait encore ensembles à se donner des bisous pis à s’effleurer les mains en changeant des couches pis en prenant des p’tits dans nos bras? C’était peut-être pas la romance du siècle, ni écrit dans les étoiles, mais bonyeu my love, on est encore là aujourd’hui, se tapant sur les nerfs à tout bout de champ pis se lovant ben ben collé quand qu’on peut, avec en prime deux p’tits gars à nous deux.

Bon dix ans my love, je nous souhaite plein d’autres années à rester effouarés sur le divan, ensembles. xxx

 

Dada Blaise

 

 

 

 

 

 

 

Parler Comme Un Adulte: Le Code Secret des Parents

Ce post est à l’intention des enfants. Mais je vous conseille de ne pas leur faire lire, car ils gagneraient la partie contre vous à tout jamais.

Peut-être l’ignoriez-vous chers enfants, mais lorsqu’on devient un adulte, beaucoup de nos mots prennent un tout autre sens. Par exemple, lors d’une discussion avec notre conjoint, si quelqu’un affirme que: « Non, non, c’est correct. », ça veut nécessairement dire que ce n’est pas correct. Si quelqu’un au travail dit: « Super! » ça veut probablement dire: « Fuck you! ». Le monde des adultes est truffé de ces mots et expressions codés. Particulièrement dans le monde des parents. Ici, les mots prennent un tout autre sens. C’est une question de survie et de reconnaissance entre les diverses parents, car il faut faire équipe dans notre lutte de pouvoir contre vous, petits êtres que nous appelons les enfants. Pour vous mettre au parfum, voici quelques exemples de notre code secret et leur signification:

Peut-être = Probablement que non

On verra = Oublie ça

Mmm mmm = J’ai aucune idée de ce que tu viens de raconter, mais j’fais semblant de t’écouter.

Ah ouain? Wow! = J’ai toujours aucune idée de ce que tu racontes, mais tu avais l’air excité.

Veux-tu jouer? = Arrête de parler

Bravo, tu fais bien ça! = J’me sens mal de ne pas t’avoir écouté plus tôt, donc je te complimente beaucoup trop pour rien

Dans 5 minutes = J’espère que tu vas avoir oublié ta demande d’ici-là.

Dans 1 minute = Je ne bouge pas tant que tu n’as pas hurlé mon nom

Je m’en vais aux toilettes = Je m’en vais me prendre quelque chose en cachette dans le réfrigérateur

Es-tu certain que c’est une bonne idée? = Ce n’est pas une bonne idée.

Qu’est-ce que t’a fait là? =  WTF?

Tu es le champion! = Je me sens mal et insécure de ne pas t’avoir laissé faire quelque chose donc je te félicite à outrance, même si c’était pas les gros chars ce que tu viens de faire.

Non = J’ai mes limites.

NON! = J’suis en train de perdre patience.

Parce que c’est moi qui décide = Tu es en train d’avoir le dessus sur moi ou je suis tanné de t’expliquer quelque chose.

Va demander à Papa = J’ai pas le goût de gérer une crise et veut avoir l’air du parent gentil encore quelques minutes.

C’est quoi ça? = J’ose pas imaginer ce que c’est et j’ai très peur.

Quel beau dessin! = J’espère que mon enfant aura d’autres talents dans la vie.

Je t’aime = Je t’aime tellement que ça me fait mal. Pis j’veux que tu saches que tu es aimé.

Dada Blaise

Qu’en est-il pour vous, quel est le vrai sens de vos mots?

15 choses qui font de toi un bon parent

L’Internet tout entier semble souvent bien dévoué à te faire croire que tu es juste un pas bon pour toutes les raisons possibles et imaginables. Tu as laisser ton enfant jouer dehors tout seul? Abandon! Tu as laissé ton enfant manger des tranches singles de Kraft comme collation? Dépendance à la malbouffe! Tu as aider ton enfant à monter le p’tit mur d’escalade? Parent-hélicoptère!
Moi, je l’sais que tu es un bon parent. La preuve, tu es en train de lire cet article sur ce blogue, donc c’est déjà un bon point pour toi. Sans farce, comme il y a des millions de façons d’être parent de nos jours et de faire des erreurs, voici une liste pour te confirmer que tu fais BIEN les choses et t’assurer que tu es un bon parent. (indice: tu l’es):

 

1. Tu as déjà attrapé les fluides corporelles de ton enfant à mains nus.

2. Tu peux deviner la température de ton enfant au Celsius/Fahrenheit près avec juste le dos de ta main.

3. Tu as déjà laissé ton enfant faire sa crise dans une allée d’épicerie pendant que tu continuais nonchalamment à remplir le panier.

4. Tu as déjà abandonné ledit panier d’épicerie en empoignant ton enfant sous le bras de façon peu élégante pour le traîner jusqu’au char.

5. Tu as déjà dit la phrase: « C’est MOI qui décide! »

6. Tu as déjà fais 6 magasins pour trouver la maudite figurine manquante de Marcus/Stella/Chase/Ruben/Roukie/Zuma.

7. Tu as déjà passé une presque nuit blanche à cuire et décorer un gâteau en forme de Mickey Mouse qui ressemblait plus à Freddy Krueger en fin de compte.

8. Tu as déjà été magasiné pour te trouver du linge à TOI et tu es revenu avec 4 sacs de linges pour ton p’tit.

9. Tu as déjà utilisé la pompe à morve sans filtre, parce qu’il n’y en avait plus et c’était une urgence et tu as probablement avalé un bout de morve. Si c’est pas de l’amour ça, j’sais pas ce que c’est.

10. Tu as joué approximativement 6 431 heures de cachette et tu as réussi à faire semblant d’être surpris à chaque fois de trouver ton p’tit caché derrière les rideaux. (À. Chaque. Esti. De. Fois.)

11. Tu as utilisé l’excuse: « mon enfant est malade » plus d’une fois pour te défiler d’un événement social.

12. Tu as amené toute la famille au parc dans les jeux d’eau pour un après-midi de plaisir familial…ainsi qu’une excuse de ne pas prendre le bain ce soir-là. #winwinsituation

13. Quand tu te fais mal et que tu cherches un Band-Aid, tu passes beaucoup trop de temps à hésiter entre celui d’Elsa ou d’Anna.

14. T’as juste hâte de dropper ton p’tit chez les grands-parents pour un avoir un break pis t’as juste hâte d’aller le chercher pour le revoir.

15. Tu as gardé ton enfant en vie de son réveil jusqu’à ce qu’il se couche.

Dada Blaise

Les bons parents méritent un peu d’encouragement de temps en temps. Offrez leur de garder leurs enfants pour un weekend! Trop de trouble? Partagez cet article avec eux!

Être parent ce n’est pas drôle!

Quand tu es parent, tu aimes ça parler de ton enfant. C’est ben certain, il devient pas mal le centre de ton univers. Tout ce qu’il fait est merveilleux et amusant et incroyable, du moins quand il est un bébé. Quand l’enfant grandit, le discours change de façon imperceptible. Tu pimentes la conversation avec une phrase adorable que ton enfant à dit ou de la fois où la fois que tu pensais saigner du nez tellement t’étais en esti après lui, c’est selon ton auditoire. Il y a les histoires de pleurs toute la nuit, de premier caca dans la toilette, de rot bruyant au restaurant et les incontournables histoires de gastro. Ça, le parent en raffole. Il est toujours question de fluides corporels dans les histoires d’enfants. « Mon Dieu qu’il a été malade. » « Mon Dieu qu’il feelait pas. » « Mon Dieu qu’il a vomi! » « C’était épeurant tellement il vomissait! » Dada, qui est toujours prêt à placer une bonne blague aux moments les moins appropriés, lâche alors un commentaire du genre: « Hiiii, est-ce que sa tête a fait un 360 et elle s’est masturbée avec un crucifix? »

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As-tu essayé de lui donner une boisson du style Pédialyte? Peut-être ça lui f’rait du bien…

Bon, c’est évidemment là que le parent se tourne vers moi, somewhat indigné, me fixant avec la tête légèrement penchée sur le côté, incertain, terrifié même. « Ce n’est pas drôle. Elle a vomi toute la nuit! J’ai été obligé de désinfecter la maison entière avec de l’eau de javel et du Purell! » Ok. I get it. La p’tite était malade pis elle a passé une ben mauvaise nuit. Les enfants sont précieux. Ils sont notre avenir. Teach them well and let them lead the way. Moi aussi j’connais la chanson de Whitney.

Et que c’est sérieux, mon Dieu que ce n’est pas drôle. Ne touche pas à ça, reste assis, écoute bien, mange tous tes brocolis, fait un arrêt complet, fait du jogging, bois pas trop de vin, passe du temps en famille, laisse pas de graines de toast dans le beurre, rince ton recyclage, mange pas trop de chips, rit pas de la grosse madame. C’est sérieux la vie. I know, I know. Y’a ben du drame dans le monde. Tous les jours des gens sont assassinés, il y a la guerre, la corruption, les génocides. Quelqu’un, en ce moment même, se fait laisser par un être cher. Quelqu’un se sacrifie pour celui qu’il aime. Quelqu’un tombe en amour, quelqu’un pleure. Un bébé naît et une famille est en deuil pour un grand-père qui vient de mourir. La vie est pas facile et triste et grise. La vie devient particulièrement sérieuse quand tu deviens parent. Tu deviens un nouveau citoyen du pays de la parentalité, et ici, il y a beaucoup de règles à suivre. Ou à ne pas suivre. Combien d’articles ou reportages sur la famille et les enfants sont réellement sur des conseils constructifs et non à propos des choses À NE PAS faire? Je sais que ce n’est pas un avis très populaire parmi certains parents, mais quand est-il du essai/erreur avec les enfants? Après avoir collé ma langue sur la p’tite barre de métal dans le congélateur, j’ai apprit que ce n’était pas une bonne idée! Ma mère m’avait dit de ne pas coller mon pouce sur le l’allume-cigarette dans l’auto, je l’ai plus fait après m’avoir brûlé! Faire des acrobaties avec un pantalon jogging usé devant la cour d’école entière, ce n’est pas une bonne idée car les pantalons risquent de FENDRE! Et j’ai appris qu’il fallait toujours, TOUJOURS, cogner à la porte de la salle de bain avant d’entrer quand mon père y était.  Vous voyez, essai/erreur!

Et qu’en est-il de l’humour? T’sais, en rire une bonne shot. Parce que, avouons-le, c’est pas mal ridicule être parent. C’est ridicule quand tu décides de ne pas passer la balayeuse sous prétexte que ton p’tit dort (yeah right). C’est ridicule quand tu envoies une photo de caca à ton époux tellement tu es fier de ton enfant. C’est ridicule quand tu manges en cachette les Goldfish de ton enfant…ou ses bonbons d’Halloween. C’est ridicule parce que tu dois épeler des mots pour ne pas te faire comprendre (ou parler l’anglais) quand tu veux dire à ton conjoint que tu as envie de manger un P-O-P-S-I-C-L-E ce soir (ou que tu veux F-O-U-R-R-E-R ce soir, c’est selon). C’est ridicule lorsque tu réalises que tu es en train de tenir tête et raisonner un enfant en pleine crise, alors qu’il serait plus facile d’apprendre le latin ou de faire le Moonwalk sur un pied seulement. C’est ridicule parce que tu passes des soirées à t’en vouloir d’avoir puni un enfant, alors que lui s’en rappelle plus vraiment le lendemain. C’est ridicule parce que c’est quelque chose qui change ta vie complètement sans la changer du même coup. C’est ridicule et c’est drôle de voir à quel point tu changes même si tu t’étais juré de toujours resté le même. C’est ridicule pour toutes les bonnes raisons.

Alors, peut-être peut-on se permettre d’en rire un peu. De faire un « fuck you » dans le dos de notre p’tit quand il ne veut pas s’habiller. De dire que notre p’tit est un asshole. De rigoler de la fois où on était tellement fatigué qu’on s’est endormi sur le divan tout les deux. De la fois qu’on a pété dans l’église. Parce que, malgré toutes nos belles précautions, le résultat ultime est que notre enfant va grandir et va se lancer dans le monde sans vous derrière lui pour le guider et lui dire quoi faire ou ne pas faire. Il va faire ses propres erreurs, probablement vous blâmer pour quelque chose, se payer une thérapie pis vous pardonner en fin de compte. Fac riez. Riez out loud tout en regardant votre argent fondre comme neige au soleil, vos cuisses épaissir, vos cheveux amincir et votre jeunesse s’envoler dans le bleu du ciel. Si c’est pas drôle ça, rien ne l’est.

Dada Blaise

P.S: Dada croit aux pouvoirs du ridicule et du rire. La preuve, il a déjà fait bleacher ses cheveux. Et à déjà rencontré Steph Carse. EN PERSONNE!

12 Genres de Parents Que Tu Risques de Rencontrer au Parc

Se faire de nouveaux amis parents est un art subtil et délicat. C’est comparable à l’expérience du secondaire: tu sues abondamment, tu es awkward avec tes blagues plates et tu essaies d’impressionner les autres en glissant subtilement dans la conversation que tu as déjà rencontré Marina Orsini en personne. Bref, c’est difficile. Les parents pourtant, il y en a partout. On les retrouve normalement dans les sphères habituelles du monde de l’enfance, notamment le Zoo, la Ferme, le Magasin, la Clinique ou le plus populaire et accessible à tous, le Parc.

Le Parc est une oasis, un point de convergence, une microsociété en soi qui est en effervescence trois saisons sur quatre, en particulier l’été où les parents et leur progéniture viennent se désaltérer et sortir de la maison avant de lancer les bébèlles qui traînent par la fenêtre. Papa pis Dada ont la chance (ou malchance), d’habiter à trois pas d’un parc. Le genre de parc bucolique avec un petit boisé, des jeux colorés aussi impressionnants qu’à la Ronde et surtout, des jeux d’eau l’été.

Hamster Dramático

I know. Jeux d’eau. Fac du monde, y’en a comprends-tu? Le monde entier vient jouer dans NOTRE parc durant l’été. Papa pis dada ont donc l’occasion de voir un beau lot de parents, chacun d’eux un ami potentiel. Naviguer parmi les différents types de parents n’est pas chose simple et encore moins lorsque vient le temps de choisir lequel parmi eux pourrait partager vos intérêts pour la randonnée pédestre et le sexe tantrique.

Voici donc un petit guide simple et pratique pour vous aider à reconnaître les différents types de parents qui peuplent les parcs de la banlieue et de la ville:

La Classique Névrosée

Le bon vieux modèle de parent, une indémodable. Elle peut aussi être appelée Soccer Mom, Hockey Mom ou Karine. Reine de la banlieue, préoccupée, anxieuse et surchargée, elle a le minivan rouge et est heureusement mariée depuis l’Université. Elle travaille à temps plein ou temps partiel et gère tout: les cours de patins de la p’tite, le rendez-vous chez le dentiste, la soirée massage sensuelle et son cours de Zumba avec une frénésie terrifiante. Elle a minimum trois enfants, de la brou dans le toupet, mais son sac à couche contient TOUJOURS tout ce qu’il faut. Elle est prête tsé. Elle te fait toujours sentir un peu cheap parce que toi t’as oublié les Goldfish, mais elle va te donner un peu des siens avec générosité. Elle peut être étonnamment drôle et vulgaire après une coupe de vin blanc et peut même te mentionner lequel de ses enfants est son préférée.

La Hipster/Trendy

Un nouveau modèle. Elle est jeune, éclectique et à la mode. Ses enfants portent des noms comme Aglaé, Rosco ou Ruth pis ils sont toujours mieux habillés que les tiens, dans des teintes de blanc et de gris, avec des bretelles pis une petite casquette de chef de train au goût du jour.  Elle a un sac à couche de cuir Pendleton, des jeans délavés, des mocassins tendance et, le plus important, des foulards. Tellement de foulards que tu t’interroges comment elle fait pour respirer avec tout ça autour du cou. Elle a de longs cheveux onduleux qui tombent toujours avec justesse, même lorsqu’elle glisse à vive allure sur la glissade orange avec son p’tit entre les jambes. Tout est blanc et pur dans sa maison et elle boit uniquement des limonades de poires et raisins verts qui brillent dans le soleil. Elle est sympathique, mais dure à juger parce que ses énormes lunettes soleil cachent constamment ses yeux.

La Cauchemardesque

Elle conduit un bigass gros VUS, même si elle a seulement deux enfants, qui d’ailleurs ne sont pas du monde, poussant ton p’tit qui a de la misère à grimper dans l’échelle comme si c’était un tas de nothing, hurlant pis sacrant du même coup. Elle est d’un certain âge et s’entête à garder la coupe de cheveux garçonne rouge auburn avec des mèches blondes, même si c’est plus à la mode depuis 2003. Sa phrase préférée : « En tant que mère, je ne crois pas que… », « Moi je… » et « C’est qui le responsable ici? » Elle a beaucoup de bagues et des sandales de plage peu pratique pour courir après son garçon qui balance une branche de bois au-dessus de la tête des nourrissons dans le bac à sable. Ce n’est pas ma préférée de la gang.

La Surprenante Jeunesse

Elle a une grosse maison proche du parc parce que son chum est dans la construction, ce qui veut dire qu’elle est une maman à la maison. Elle vient au parc en yoga pants ou joggings, ses cheveux sont remontés en chignon pis elle mâche de la gomme. Vite de même, tu la sous-estimes, parce qu’elle est plus jeune que toi et qu’elle reste souvent assise sur le banc, mais elle te remet brusquement à ta place quand elle lève le ton pour dire à ses enfants de se calmer pis le parc au complet l’écoute et lui obéit. Elle a une voix rauque et chaleureuse pis elle fait des gros câlins à ses p’tits quand ils passent près d’elle, pour ensuite leur donner une petite tape sur les fesses en leur disant d’aller jouer plus loin. Elle texte constamment alors que ses enfants roulent sur la piste cyclable avec leur brand new Kid Trax Electric Mini Cooper jaune. Elle n’est jamais seule, habituellement accompagnée de son amie servile qui allaite en public et qui aime l’annoncer à voix haute. Elles sont relativement difficiles d’approche.

Le Père Compétitif

Il est jeune et quelque peu déboussolé d’être là en plein jour. Il porte des chandails lousses, des shorts pis une obligatoire casquette. Lui, il a pas des enfants, mais bien des kids. Il joue dans les jeux avec férocité et ses jeunes sont mieux d’avoir du fun avec lui. Il te pose beaucoup de questions sur ton enfant et ses intérêts, mais juste pour avoir une occasion de parler de son kid, pis à quel point il a parlé et marché rapidement pis qu’y joue déjà au hockey Bantam AAA. Il se permet le léger flirt inoffensif, mais personne ne semble intéressé à lui rendre l’appareil. Il est fin pareil, mais reste jamais bien bien longtemps.

La DIY

Elle, a choisi le bonheur, pis ça paraît en chriss. Elle a sacrifié beaucoup trop pour être mère pour voir son rejeton se péter la gueule en tombant de la cage à singe, donc il est mieux de rester tranquille. Elle a un chemisier serré comme ses cheveux, une caméra Nikon au cou pis des souliers Dansko. Elle a un enfant, qui porte toujours un chandail de cashmire qu’elle a tricoté elle-même. Elle a apporté son kit à bulle géante fait maison, un cerf-volant aux couleurs si chatoyantes que ça te fait pleurer de voir tant de beauté et des cupcakes Shopkins et Avengers pour tous.  Elle est une habituée du parc et à déjà toute sa clique, comme au secondaire, donc oublie ça. Mais semblerait-il qu’elle soit réellement fine.

Le Mâle Alpha

Spécimen rare, mais qui vient changer toute la dynamique du parc quand il arrive avec son T-shirt V-neck serré et ses bras musculeux. Il est grand et beau comme un dieu, avec la barbe de 3 jours perpétuelle et ténébreuse. Tous, hommes, femmes, animaux, insectes, s’approchent imperceptiblement de lui et espèrent ardemment qu’il grâce leurs présences d’un regard ou salut de la main. Il marche en tenant tendrement la main de son enfant et te lance un sourire à te faire exploser la petite culotte. Il s’installe normalement près de l’abreuvoir, où il croisera une connaissance tout en se plaçant une jambe sur le banc et en s’ajustant le paquet, imposant ici sa dominance sexuelle sur le reste des spécimens du parc. Il joue brièvement puis repart aussi vite sur son vélo Bianchi Infinito, le p’tit bien attaché à l’arrière. Il est approchable, mais lui parler se révèle être une expérience drainante et peu satisfaisante, car tu dois constamment replacer ta mèche de cheveux dû à la nervosité. Après son départ, tous se demandent s’ils ont imaginé un telle créature ou bien s’il existe réellement.

La « Pauvre Elle »

Elle est habituellement assise sur le banc, sa veste attachée tout croche, sa brassière d’allaitement dépassant de sa camisole pis un collier de noisetier dans le cou. Elle a une trâlée de jeunes et semble elle-même surprise qu’ils soient tous les siens. Elle n’a pas dormi depuis 8 ans et sa lèvre inférieure tremblote continuellement. Venir au parc est son seul moment de relative paix et elle s’excuse constamment aux autres parents, en prévenance des futurs mauvais coups de ses enfants. Elle lance le sac à collation dans le terrain de jeux pour que ses enfants se nourrissent en poussant un cri tribal. Elle aimerait ben ça jaser, mais elle a de la difficulté à prononcer des consonnes, donc elle risque de ne pas trop te répondre.

Les Grands-Parents

Ils gardent le p’tit pour la journée pis ils sont ben excités. Le grand-père est un peu brusque et pousse l’enfant un peu trop fort dans la balançoire, mais se dit que ça forme le caractère. La grand-mère tant quant elle est toujours prête avec son pouce humide pour nettoyer une saleté proche de la bouche. Ils n’ont pas de maillot de bain pour le p’tit, mais c’est pas grave, il peut y aller en petite culotte, ça dérange pas. Ils vont te jaser longuement pis complimenter ton enfant sans bon sens, tout en expliquant la vie et le travail de leur fille, la mère du p’tit. Ils sont ben sympathique mais lorsque tu mentionne « J’ai googlé… » ils se jettent un regard surpris et gêné, croyant que tu parles de masturbation.

Le Sweet Papa

Il a les épaules creuses et porte un petit polo trop serré. Il a sa petite bedaine de brownies et vin rouge qu’il déguste en cachette une fois que tout le monde est couché. Il a commencé à câler, lui donnant l’air plus vieux qu’il ne l’est réellement.  Il cajole ses enfants et joue avec eux, son plaisir réel et abondant. Il aime Star Wars, à apporter des collations qu’il a cuisinées lui-même et ne sort jamais son téléphone, mais bien un magazine de Ricardo. Il aime jaser avec tous les enfants du parc, même le tiens alors qu’il fait une crise de bacon parce que tu ne veux pas le laisser manger du sable. Il va te jaser de sac à couche et de garderie et de quel chien est le meilleur dans Pat Patrouille, mais si tu fais une blague grivoise, il saura pas trop comment réagir.

Les « Eux Autres »

Ah « Eux Autres ». On sait ben, « Eux Autres » ils l’ont l’affaire. Ils sont généralement en couple, parce que mon dieu qu’ils sont unis et sereins. Elle a un collier de perles et lui des grosses lunettes carrées et noires. Elle a fait un pâté chinois avec des lentilles et son lait maternel, lui, il a apporté un livre « Algebra For 3 Years Old ». Leur petit est tranquille et joue intelligemment, ce qui est encore pire, ne lance pas de roche et ne demande jamais d’aller aux toilettes alors qu’il est dans la balançoire. Les deux sont heureux et ont une belle complicité et tu pressents que le soir venu il l’insulte sauvagement au lit et qu’elle en redemande. Ils vont sûrement venir te parler que ça te plaise ou non et te faire remarquer subtilement que ton enfant fait juste tourner tout en faisant des cris d’animaux et ne joue pas beaucoup avec les autres alors que le leur a construit la chapelle Sixtine avec des petits copeaux de bois et des branches d’arbre. « Si c’était mon enfant… » ou « Selon les experts… » va leur sortir par la yeule de temps en temps, fais de ton mieux pour les ignorer.

Le Gay Dad

Le pire. Il est maussade, envieux et juge secrètement tous les autres tout en souhaitant être leur meilleur ami pour la vie. Il aime bien son p’tit, mais là glisser pour la quarante millième fois dans la glissade, ça ne lui tente pas, ok là? Il porte du linge ample pour cacher son corps ravagé par les restants de Ficellos et tente de ne pas se planter la face car il est du genre à tomber le cul par-dessus tête devant tout le monde en faisant une pirouette pour faire rire son garçon. Tu peux lui parler mais son sujet de conversation s’arrête aux comédies musicales et des blagues cochonnes. Aussi, garde pour toi que ton enfant mange cinq portions de légumes et de fruits par jour, car lui y tient pas tant que ça à le savoir.

Bien évidemment, ceci n’était qu’une petite parcelle du merveilleux monde des parents. Certains se demanderont: Wow, est-ce j’ai tant besoin de me faire des nouveaux amis? Mes vieux amis ne font pas l’affaire?

La réponse est: oui tu dois te faire des nouveaux amis. Il n’y a rien de mieux que de partager vos affaires plates à propos du manque de sommeil, de la gardienne pas gentille ou de la voix stressante des Tut Tut Bolides avec un autre parent qui partage la même chose en même temps que toi. Et si en plus vous découvrez que vous aimez tous les deux les films de Tarantino et les chansons de Lana Del Rey, tant mieux pour vous, une belle amitié est née!

Et garder aussi vos vieux amis tant qu’à faire. Ils en connaissent beaucoup trop sur vous.

 

Dada Blaise

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Gratienne vous présente son époux

 

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J’ai l’honneur de vous présenter l’époux de Gratienne, le rutilant Achilles. Achilles est un homme de son époque, c’est-à-dire viril et savamment poilu, qui sait être tendre et blagueur sans être méchant, mais qui déteste salir ses pantalons délavés et ses souliers Keds inutilement. Achilles demande peu de la vie, aime les bonheurs simples comme la plongée sous-marine dans le lac Memphrémagog pour cueillir des troncs d’arbre pétrifié, la sauce Tabasco, les chansons de Jonathan Painchaud, du beurre dans les fesses, dire qu’il connaissait les Artic Monkeys avant qu’ils soient populaires et jogger torse nu sous la pluie d’avril. Achilles est un père attentionné et rieur. Il ne perd jamais patience parce que le p’tit insiste pour le regarder aller aux toilettes, ni lorsqu’il voit la grosse grafigne sur son char causé par le tricycle de l’autre. Il joue au parc avec les enfants du matin jusqu’au soir et ne prend jamais de pause, surtout pas pour aller à la salle de bain ou boire un peu d’eau car il risquerait de manquer un fou rire ou une étincelle dans les yeux des enfants. Il tond la pelouse, sait réparer la lumière qui clignote, construit une cabane dans les arbres, lit des histoires en anglais avant le dodo, joue de la guitare et chante pour égayer les fêtes d’enfants et a toujours la libido respectueuse dans le tapis. Il est médecin parce que of course.

#soblessed #sohappyIcouldvomit

 

Merci P’pa!

C’est le mois de juin, les pissenlits ont r’virés en mottons poilus, les shorts se font plus courts, la rhubarbe est prête, les jeunes se peuvent plus d’être à l’école (les profs non plus d’ailleurs) et le hockey est enfin terminé. Ça ne veut dire qu’une chose: la fête des Pères approche. La fête des Pères, si on la compare à la fête des Mères, c’est un peu comme la Claudette Dion du calendrier, c’est à dire qu’elle essaye ben fort d’avoir de l’importance, mais elle arrive pas à surpasser sa sœur. Un père, tout le monde le sait, ça n’a pas d’émotions, ça tient pas tant que ça à se faire fêter, ça grogne, chiale parce que quelqu’un a laissé les lumières allumés pis ça s’endort devant la télévision en un temps record.

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Heille, change pas de poste, j’regardais mon émission.

Il se trouve que j’ai également grandi sous la supervision d’un père. Un vrai de vrai comme qu’on dit. Pis, of course, mon papa, ben j’l’aime gros comme le ciel, même si il m’a fait roulé des yeux cinquante six mille fois avec ses histoires interminables et m’a fait honte devant la populace entière. Mon père c’est le crème de la crème des pères, parce qu’il était capable de faire des crêpes en forme de Lucky Luke, inventer des chansons su’l fly, me faire marcher sur ses pieds comme un géant, m’amener manger une p’tite patate frite full vinaigre, m’amener à foire agricole de Saint-Hyacinthe essayer les manèges chambralants et rouillés opérés par des ex-prisonniers tatoués parce que c’était mon plus gros thrill de mon été, m’amener au Servidéo louer des films à tous les weekends, parce que j’avais pas de vie sociale apparemment, pis me montrer à conduire (et me traumatiser du même coup).

J’ai dit merci à ma mère, pis comme j’suis autant téteux pour un comme pour l’autre, et pis que j’veux pas que mon père soit jaloux, c’est à son tour de se faire humilier remercier.

POUR TOI PAPA:

 

Merci p’pa…

…de ne pas m’avoir forcé à faire du sport. J’le sais que tu avais peut=être des grands espoirs que j’sois le prochain Wayne Gretzky ou Lloyd Eisler (c’tu un joueur de hockey ça?), pis que quand on m’a mis sur la glace j’me suis effouaré en braillant, mais t’as jamais insisté pour que je continue. Tu m’as jamais fait sentir cheap ou nul parce que j’m’intéressais pas aux sports ou que j’voulais pas écouter la soirée du hockey. À place tu m’traînais à mes cours de gymnastiques, parce que oui, il fut une époque où j’pouvais fait des pirouettes sur une poutre, me mettre les jambes par dessus la tête et faire des roues sans main. C’était pas le sport le plus viril, mais j’ai quand même gagné mes p’tits rubans bleus, pis t’étais la pour m’applaudir avec toute la fierté paternelle qui te caractérise.

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Ou j’aurais pu être le futur Felipe Alou, le fameux joueur de soccer.

Merci p’pa…

…de m’avoir appris comment charmer les dames. Oui, je sais, tu pensais pas que je te remercierais pour ça, mais sans fausse modestie, chu pas mal pas pire pour charmer le sexe opposée. Grâce à toi, j’ai appris comment complimenter les madames, les faire sentir belles pis drôles et savoir quoi leur dire pour leur faire plaisir. Même si je vis avec un homme, ce don m’est pas mal utile quand j’veux avoir un plus gros budget scolaire avec ma directrice ou lorsque j’veux une plus grosse portion de frites au restaurant en jasant avec la serveuse. Tu m’as montré comment avoir de l’entregent, avec hommes ou femmes en fait, d’être jasant avec le monde, d’être souriant pis de dire s’il-vous-plait et merci.

Merci p’pa…

…de m’avoir construit plein de patentes à gosses pour m’amuser et transformer notre cours arrière comme un cliché de film américain avec une clôture blanche, une cabane dans les arbres, un vieux pneu dans le saule pleureur, et surtout, LA fucking grosse glissade faite en tôle. Ça tenait par la peur, c’était immense, la tôle était brûlante sous le soleil et nous écorchait les fesses, mais c’était l’attraction de la rue. J’pense que j’ai jamais été aussi populaire que la fois où tu as eu l’idée d’installer le boyau d’arrosage sur la glissade pis qu’on descendait à 90 km/h avant d’atterrir dans le gazon qui nous tailladait les cuisses. Merci papa bricole.

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Glissez les enfants, ça va être l’fun! Wheeeeeeeeeeouuuuuchhhhhh!

Merci p’pa…

…de m’avoir trimbalé à tous les films que je voulais aller voir. Le Petit Monstre 2 (où tes rires empêchaient le reste du monde d’écouter le film), Jurassic Park (4 fois dois-je le mentionner, mais c’tais ben trop bon!), Le Roi Lion (j’avais 14 ans pis mes amis se pensaient trop cool pour aller voir ça, mais DAMN IT, j’y ai été pareil!), etc, etc. Merci aussi de m’avoir amené au cinéma quand j’étais adolescent et d’attendre dans le char comme un codingue pendant que j’avais du fun PG-13. T’étais mon taxi de Saint-Jean-sur-Richelieu jusqu’à la campagne perdu de Saint-Sébastien, pis c’était une tâche ingrate, mais tu l’faisais sans chialer…enfin, presque pas.

Merci p’pa…

…de tout m’avoir appris sur les autos. Je l’sais que je devais pas être facile à cerner comme ti-gars vu que je jouais aux pouliches pis aux princesses, mais t’as quand même voulu m’inculquer tout ton savoir sur les autos. La nettoyer toutes les semaines, la shiner ben comme il faut, laisser le guenille sale proche du moteur pour qu’elle pogne dans la courroie, comment changer un pneu, pis bien reconnaître les différents modèles. Merci d’avoir autant essayer, pis désolé que j’aille pas écouté grand chose. La preuve ultime est quand j’ai du inscrire ma voiture pour le stationnement au Cégep et que lorsqu’on m’a demandé la marque de ma voiture j’ai dit: « Chevrolet », et quand on m’a demandé le modèle j’ai dit: « heu…Chrysler? Ben le char beige que tout le monde a ». #alwaysawkward

Merci p’pa…

…de m’avoir amené vivre à la campagne. Grâce à ça, j’ai appris à faire du cheval, ranger des « bales » de foin dans une grange, tondre le gazon avec un tracteur (tout croche, mais c’pas grave), nourrir des poules et des lapins (pas souvent, mais c’pas grave), pis à travailler su’à terre (le moins possible, mais c’pas grave). J’ai grandi dans la banlieue blanche et verte pour ensuite vivre dans l’odeur de fumier pis les grands espaces et les champs de blé d’inde. C’est comme si j’avais vécu plusieurs vies, pis je t’en remercie. Même si j’étais pas toujours ben vaillant ou le plus viril de la gang, vivre en campagne m’a fait découvrir une facette plus masculine de ma personnalité. Ça m’fait un thrill de savoir que j’suis capable d’être un gars « gars » parfois, pis que j’suis capable d’allumer un feu de camp en crachant pis en rotant en me pognant le paquet.

Merci p’pa…

…de m’avoir transmis ta calvitie. Ma grosse tignasse qui poussait en boule s’amincit à mesure que je vieilli, me permettant ainsi d’avoir moins chaud l’été et me présenter comme député.

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Moi dans 3 mois.

Merci p’pa…

…d’avoir été celui qui participait. T’as toujours été le joueur, celui qui était willing de faire une p’tite partie de cartes avec nous autres, faire le mort dans nos films d’horreur, jouer à Scattergories même si t’hais ça le bruit du buzzer, essayer de jouer au bowling sur la Wii ou ben de faire des mimes pas déchiffrable. Surtout, merci d’avoir toujours voulu nous suivre dans les manèges. Astheure que j’ai un p’tit, j’trouve ça ben plate faire les p’tits avions qui tournent pendant cent mille ans. Mais toi tu l’faisais toujours avec le sourire, entouré d’une bande d’enfants criards et boosté au sucre, alors chapeau papa.

 

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R’gardez-nous donc le sourire Crest de ma soeurette qui vole le show comme d’habitude. Moi j’suis en arrière sur le bord, parce que mon cousin avait trop peur.

Merci p’pa…

…de m’avoir appris à jouer aux cartes, de m’avoir lancé dans les airs pis fait faire toutes sortes d’acrobaties, de m’avoir fait des spectacles de musique à bouche, de m’avoir fait écouter du Félix Leclerc, de m’avoir aidé à nous construire une friggin‘ maison, à moi et ma soeur, de m’avoir appris à nager pis faire de la bicyclette, de m’avoir protéger des extraterrestres quand j’allais me coucher avec toi, de m’avoir endurer pendant ma crise d’adolescent incompris, de m’avoir poussé à aller porter des C.V., d’arrêter au dépanneur à chaque semaine m’acheter mon Safarir, pis finalement, de m’avoir toujours, toujours, toujours serré dans tes bras, peu importe mon âge, peu importe ce qui arrivait. Tu as toujours voulu te démontrer affectueux, pis tu peux pas savoir comment c’était important pour moi que tu le sois. Pour tous tes gros câlins, tous ceux que tu m’as fait quand j’étais jeune et ceux que tu m’as fait pareil même quand je t’ai annoncé que j’étais amoureux d’un garçon, j’te dis merci p’pa. T’es réellement le meilleur père qu’un p’tit gars comme moi pouvait avoir.

 

Mon père c’t’un tendre, fac essuie tes grosses larmes p’pa, mouche ton nez moustachu, pis j’te fini ça avec un p’tit vidéo de tes acteurs préférés, pour te faire plaisir.

 

 

Quand je te demandais d’aller louer un film pis que j’oubliais de spécifier QUEL film, tu r’venais toujours avec ces maudits films-là. Chriss que c’tait plate bon.

 

Dada Blaise

Bonne fête des…ah pis whatever

C’est la fête des Pères dans quelques jours (comme si tu l’savais pas, coquine!) et évidemment, notre foyer étant composé de papas exclusivement, on se demande qui des deux on doit fêter. Bon, vous allez m’dire ben t’as dit que t’étais comme la mère, mais j’en reste pas moins un père pareil. Alors est-ce qu’on doit imposer à notre p’tit le double de cadeaux, le double de remerciements? Quand il va être à l’école, à qui va-t-il faire la carte en carton cheapette préparé avec madame Sylvie en fin d’après-midi parce qu’elle ne sait plus quoi faire pour occuper les jeunes en fin d’année?

La fête des Pères passe toujours un peu inaperçu dans notre culture. Oui on aime célébrer le papa, mais pas de la même façon que la maman. On se fend pas en quatre pour faire des brunchs somptueux, Ricardo ne dédie pas un magazine juste pour nous, pis vous savez quoi? Ça me dérange pas tant que ça. J’sens pas l’immense besoin de me faire célébrer, que ce soit pour la fête des Mères/Dada ou la fête des Pères. Et pas pour la raison plate de « je suis comblé par l’univers, un chum aimant, un enfant merveilleux, un chien saucisse adorable et une maison tendance, merci la vie! ». Notre famille, notre couple vient un peu déboussoler cette belle fête. Qui va célébrer qui? Qui va avoir le droit de préparer un beau déjeuner pour l’autre? Qui va prendre sa bière pendant que l’autre joue dans piscine avec le p’tit? La pression sociale de fêter un père revient alors en force, et malheur à toi si ta famille ne contient pas de papas!

Qui plus es, célébrer veut nécessairement dire qu’il va falloir qu’on me trouve un cadeau, et quoi que j’adore les cadeaux en général, ceux de la fête des Pères me font pas grand effet.

En voici les raisons:

  • Avoir des cadeaux le matin de la fête des Pères ça veut dire se faire RÉVEILLER le matin par un p’tit déjeuner au lit ou un enfant qui t’apporte un cadeau en hurlant d’excitation. J’suis tellement fatigué par bout que j’me sens comme dans Inception et j’dois faire tourner une p’tite toupie pour savoir si je rêve ou pas.

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  • Les cadeaux que j’veux sont pas possibles…à moins d’avoir une machine à faire repousser les cheveux, trouver une nanny/cuisinière/ménagère qui charge rien pantoute, une chèvre qui chie de l’argent ou du linge qui me fait  maigrir.
  • Une cravate? WTF? J’suis même pas capable d’attacher des lacets, qu’est-ce que tu veux que j’fasse avec ça?
  • Je suis juste inquiet que si on a une bébèlle de plus dans la maison, elle risque d’exploser par manque de place.
  • Oh un nouveau gadget électronique dernier cri qui risque sûrement de finir plein de bave ou lancer contre le mur! En plein ce que je voulais!
  • Un chandail « Cool Dad »? Are you serious? J’ai tu l’air d’aimer les courses de motocross?
  • J’aime mieux faire une activité « en famille » pour célébrer. « En famille » veut dire ici que j’peux dormir sur le divan pendant que ma tendre moitié va au parc avec le p’tit
  • Je le sais que mon p’tit veut me faire plaisir avec ses beaux dessins, mais j’ai peur de les regarder. Genre beaucoup peur.
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R’garde Dada, c’est la madame qui vit dans mon garde-robe!

En fait je trouve que ces fêtes, celle des Mères et des Pères, ne sont pas nécessaires, surtout pour les p’tits. Ce dimanche sera pas plus spécial que tous les autres dimanches pour les p’tits de ce monde. Ils n’ont pas besoin de se faire dire d’être « silencieux », « de faire plaisir » ou de se « forcer pour être tranquille » à leurs parents. Pourquoi célébrer tous les supposés sacrifices et dévouements et efforts que j’ai fait, alors que ce n’est pas le cas finalement? Parce que c’est mon rôle de faire tout ça. C’est ça être parent. C’est chiant, pis c’est l’fun, pis c’est poche, pis éreintant, pis merveilleux, une belle contradiction qui finira jamais. Je le sais que je ne suis pas le meilleur, mais j’suis pas le pire non plus, juste parce que j’aime être le parent de mon p’tit. Je suis certain de ce fait parmi toutes mes angoisses et je n’ai pas besoin de reconnaissance de mon p’tit en cette journée particulière. J’ai juste besoin de le voir courir librement dans les champs de fleurs, heureux d’être vivant. Pis qu’il me laisse la paix un p’tit 5 minutes le temps que je regarde ce qu’il y a de neuf sur Twitter.

Bien évidemment, ça ne veut pas dire que je ne vais pas ACCEPTER les cadeaux! Surtout les chèques. Bonne fête des whatevers!

Dada Blaise

Le Père Parfait

On critique souvent les mères d’être trop ceci ou trop peu cela. Les ceuses qui sont friandes des réseaux sociaux, les blogueuses et Instagrammeuses se font critiquer de mettre en scène avec des images léchées une vie familiale utopique. La mère, belle, jeune et mince, qui éclate de rire avec ses enfants, ceux-ci toujours méticuleusement habillés comme s’ils allaient aux noces, qui a le temps de faire des bricolages qui développent la motricité fine, qui cuisine des tartes aux pommes tout en faisant des squats fessiers et qui s’adonne au rembourrage de sofa antique dans ses temps libres.

Sur les Internets, les mamans se divisent entre elles, certaines clamant qu’elles ont le droit de se sentir épanouies par leur jardin de fines herbes et de faire des cannages avant l’hiver. D’autres déclarent qu’il faut mettre fin à cette image impossible qui fait pression sans arrêt sur les femmes en partant des mouvements de « mères indignes » ou de « Domestic Bliss« . Bref, tout le monde à une opinion, les mères s’indignent et la marde est pognée.

Moi j’pense que la mère parfaite n’est pas tuable. Elle est devenue un archétype, une figure universellement reconnue présente dans nos histoires et notre culture et que malheureusement, on ne pourra pas s’en débarrasser, même à grands coups d’articles sur le Net pis de belles promesses de monter « la vraie vie ». La mère parfaite change seulement de style et d’apparence selon les dernières tendances. Avant elle était la housewife des années 50, celle qui se réveillait avec les frisettes en place et qui avait un thrill quasi sexuel devant une tache tenace. Les années 90 ont fait de la mère parfaite la soccer Mom, celle qui s’implique, qui se dévoue corps et âme à son p’tit en le poussant dans toutes les sphères d’épanouissements inimaginables. Par les temps qui courent la mère parfaite est symbolisée par Marilou, l’ex-chanteuse devenue magnat de la popote et du bon goût, arborant comme arme la pureté, les sourires coquins et le blanc duveteux. La mère parfaite de demain? Who knows? Peut-être que la matrone mama Italienne sera en vogue, et toutes les mamans vont se mettre à faire des manicotis tout en donnant des taloches derrière la tête de leur gamins trop bruyants.

Mais dans toute cette commotion, on semble oublier le bon vieux papa. Ben oui, j’les aime moi les dads pis j’pense tout le temps à leurs sentiments. Le père parfait existe-t-il? Est-ce qu’il subit également les mêmes pressions sociales? Est-ce que le père doit également répondre aux attentes d’Internet? Peu le croiront, mais il existe également un modèle de père parfait. Il s’est infiltré sournoisement dans notre subconscient collectif et maintenant c’est au tour du papa de se faire juger et critiquer par le reste de la planète. En primeur sur Papa pis Dada, j’vous présente en quelques photos le père parfait des temps modernes.

 

Le Père Parfait

 

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Le père parfait a toujours la barbe virile et pratique le peau à peau aussitôt qu’il arrive de la job. Après avoir fait quarante-cinq mille push-ups, sit ups and shuthefuckups, le père parfait se couche nu dans un lit duveteux et blanc immaculé, il endort la petite en lui chantant doucement des berceuses d’une voix mélodieuse, la place dans son berceau et vous donne trois orgasmes tout en vous murmurant des compliments sur vos jolis cheveux et votre sens de l’organisation impeccable.

 

 

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Le père parfait part le samedi matin tôt avec le Baby Bjorn et le petit, thé glacé aux agrumes à la main, prêt à faire l’épicerie et acheter des produits bios et frais. Il a également le temps de faire les boutiques pour vous acheter une paire de jeans qui découpe votre popotin à merveille, un soutien-gorge parfaitement ajusté à votre buste et une robe soleil trouvée dans une friperie tendance. En chemin il ne s’arrête pas à la quincaillerie pour bizounner 45 minutes afin d’éviter de revenir à la maison et d’y affronter les bruits tonitruants de votre Terrible Two.

 

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Le père parfait est habile de ses mains et aura désigné et construit votre cuisine blanche immaculée pendant un week-end. Le père parfait sait que vous êtes fatigué et vous fera couler un bain chaud rempli de bulles pour ensuite s’occuper de votre nourrisson et du souper. Le père parfait sait harmoniser les saveurs pour créer des repas riche en goût et pauvre en calories. Il n’aura pas sorti et sali 67 chaudrons et bols inutilement et il fera la vaisselle lui-même. Après avoir endormi le bébé, le père parfait viendra écouter Canal Vie avec vous puis ensuite vous aurez une longue et importante discussion sur votre couple où il s’ouvrira facilement, relatant ses craintes et ses angoisses avec aise.

 

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Le père parfait a le temps de s’asseoir avant de partir travailler pour lire la même histoire 24 fois de suite à son enfant qui le réclame. Le père parfait a d’ailleurs nourri son enfant de fruits frais et personne n’est taché ou sali. Il lira l’histoire avec intérêt et passion, utilisant diverses voix pour égayer la petite autant de fois qu’elle le voudra. Le père parfait habille ensuite les enfants un à un afin de les préparer à l’école et aucun d’eux ne se débat comme un épileptique pour mettre ses vêtements. Le père parfait place tout le monde dans sa voiture sport et sexy et amène tout le monde à l’école/garderie. Le père parfait prendra ensuite le temps de revenir à la maison, le temps de vous embrasser et vous faire l’amour avec passion et respect sur le cadre de porte. Sa chevelure restera intact pendant tout le processus. Il partira ensuite gagner des millions et reviendra à une heure convenable pour vous aider à faire le souper.

 

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Le père parfait vous aide dans votre tâche d’allaitement. Il pompera lui-même vos seins gorgés de lait grâce à ses énormes mains puissantes et tendres à la fois. Préférablement, le père parfait nourrira votre bébé sous une cascade d’eau tropicale, nu, avec le vent chaud qui caresse ses fesses fermes et rebondies. L’eau permettra ainsi de rincer facilement les régurgis de votre nourrisson. 

Dada Blaise, un quasi parfait

Pour plus d’histoires de Papa pis Dada, clique ici!

Adventures in Adoptionland, part 3: Ze Boutte Rough!

Adventures in Adoptionland, PART 1: Ze Commencement

Adventures in Adoptionland, PART 2: Petit Pou Contre-Attaque (avec de l’amour!)

Papa pis Dada, dans leur vie « pré-bébé de l’amour », n’avaient pas de gros questionnements quant à leur futur avec des enfants. C’était assez clair que, biologiquement parlant, ça ne serait pas possible d’avoir un enfant, même si on essayait tous les soirs (oh those were the days…). On était pas mal satisfait de notre vie par contre. Vous devez d’ailleurs pouvoir vous l’imaginer: caviar, champagne, sexe dans le hot-tub, couchers de soleil tout rose, glitter, danse dans les clubs et voyages aux Bahamas…Oui, on pouvait voir tout cela à la télévision dans Occupation Double, assis sur notre grand sectionnel blanc immaculé, en mangeant des chips BBQ. Pis un jour on s’est dit: « Heille, me semble que c’est trop propre pis calme chez nous pis qu’on feel pour avoir un p’tit tout mignon à aimer et éduquer qui serait l’équivalent d’avoir à contrôler les dégâts d’un blender pas de couvercle. » Donc oui, comme tous les futurs parents, un m’ment donné, l’envie d’avoir un enfant nous a pogné. Lors des entrevues pré-sélection, l’intervenante adoption nous a demandée pourquoi on en voulait un exactement. Et en effet, c’est LA question non? Pourquoi les parents ont des enfants?  Je sais que si je posais cette question à mes grands-parents ou mes arrières grands-parents, ils me regarderaient avec un air bafoué tout en agrippant leur Reader’s Digest et leur bol de peppermint pour me dire:

« Parce que c’est d’même. »

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« J’suis parti en famille. » « Batince. »

 

Je comprends qu’il y a une part biologique et survie de l’espèce préprogrammée dans nos esprits qui nous pousse à procréer. Je comprends également que pour certains, c’est un désir profond qui ne s’explique pas, qui se vit. Mais une partie de mon cerveau, la partie logique, froide, analytique, se demande pourquoi l’être humain d’aujourd’hui, qui sait comme moi que le monde est dur, cruel, froid, plein de danger, de risque, de mort, décide d’avoir un enfant.

Je sais également que beaucoup se demande pourquoi un couple serait prêt à adopter un enfant comme nous l’avons fait, avec tous les risques, troubles, pleurs et crises que cela comporte. Pourquoi avoir un enfant dans ce cas? Cette question revient souvent pendant l’aventure de l’adoption. Elle est sournoise, sneaky, te réveille en pleine nuit pour te murmurer à l’oreille, te faire douter. Parce que, oh oui, il y a des bouts difficiles. Chrissement difficile même. Tu ne peux pas t’imaginer à quel point c’est dur pour la tête et le cœur, pour tout ce qui fait de toi un être humain sain d’esprit. Mais on passe au travers. Les humains sont résilients de même. On affronte les pires horreurs pis on survit. Et le plus extraordinaire dans tout cela, le p’tit aussi. Il passe des moments difficiles, tristes, déchirants. Mais il s’en sort. La volonté d’un enfant à s’trouver une place dans le monde est grande, impressionnante. Son besoin de s’faire aimer l’est tout autant. Et toutes ces aventures feront alors de ce petit être un superhéros à part entière, comme ses Supers Parents.

Sans plus tarder, voici la suite des aventures de l’adoption, où l’on plonge tête première, avec témérité et un peu de folie, yeux grand ouverts dans toutes les épreuves qui ont tissé notre famille. Encore une fois, tout ceci est MA propre expérience et n’est aucunement représentatif des autres gens qui vivent l’aventure de l’adoption au Québec.

 

SIXIÈME ÉTAPE: ON S’PARTAGE LE BÉBÉ

Donc tu feel le parfait bonheur avec ton p’tit enfant. Oui, il y a eut une période d’adaptation, le p’tit a réagi un peu plus fort que tu t’attendais parfois, mais somme toute, c’est relativement facile. Un beau matin tu reçois un appel de l’intervenante sociale du p’tit qui te rappelle que les visites supervisées vont débuter la semaine suivante. Visites supervisées, tu sais c’est quoi. Tu as été prévenu. C’est des visites qui ont été ordonnées par le juge, celui-la même qui a décidé de placer le p’tit chez vous, même s’il vous a jamais vu de sa sainte-vie. Tu prends note l’heure et l’adresse de la rencontre, pis tu raccroches. La réalité sonne à la porte et rentre chez vous avec ses grosses bottes sales pis il fouille dans ton intimité sans demander la permission.

Le matin de la visite, tu prépares ton p’tit. Tu sors la grosse poche qu’on t’avait donnée quand tu as été le chercher, celle que tu as mise au fin fond d’un garde-robe pour ne plus y penser. Une poche remplie de trucs qui appartient à la maman biologique de ton p’tit. La Bio. C’est d’même que tu vas l’appeler à présent. Elle devient une entité qui reste et plane dans ta vie, un fantôme que tu ne pourras pas chasser facilement. Tu farfouilles dans les trucs et la désolation te serre le cœur. Les maigres affaires de la Bio se résument à un sac à couche, des jouets, des trucs de bébé et du linge trop petit. Tu pognes le sac à couche, une suce et un chapeau que tu trouves pas beau mais que tu prends pareil, question de montrer à la Bio tes bonnes intentions. Tu prépares les bouteilles de lait, ta propre suce, ta doudou, couches et tous les trucs indispensables dans ton propre sac à couche. Tu pars avec bébé dans sa coquille et deux sacs à couche ben chargés d’émotions différentes.

C’est avec appréhension que tu dois donc te rendre dans une autre ville que la tienne, ton p’tit dans sa coquille ben endormi. Première épreuve, ton GPS t’amène en plein milieu d’un champ et tu appelles en panique au Centre Jeunesse pour dire que tu vas être en retard. So far so good. Tu arrives enfin et tu entres dans un petit bâtiment adjacent à une école délabrée. C’est gris, c’est petit, c’est sombre, c’est super. Il y a des affiches de chat dans un pot de fleur (Hang in There) et des enfants qui sourient. Tu t’annonces à la secrétaire, tu signes un papier et tu attends dans la salle d’attente, ton cœur une fraction de ce qu’il peut être tellement tu es nerveux. Tu t’excuses pour le retard. Ce n’est pas bien grave, la Bio est également en retard. Par contre ce retard occasionne une rencontre entre vous deux qui n’était pas prévue, le principe étant que la Bio attende dans la salle et que l’intervenante amène le bébé elle-même. Bang. Face à face avec la Bio. Ici tu vas vivre la relation le plus étrange, houleuse et torturée de ta vie. La Bio est à la fois ta pire ennemie, ta fan incontestée, ton amie, ton cauchemar, ta rivale et ta raison de te sentir coupable. Elle est comme tu te l’es imaginé. Jeune, horriblement jeune, et pauvre. On ne peut pas passer à côté. Elle est comme un cliché dans sa robe trouée et ses cheveux gras et tu te sens affreusement mal et décadent avec tes sandales Puma et ton chandail Ralph Lauren La Bio te fait un sourire rapide et va s’asseoir. Giga malaise. Tu as son bébé avec toi, c’est SON bébé. Une voix te le répète sans cesse dans ta tête, nasillarde pis un peu bitchy. Ce n’est pas ton bébé. Comme tu es fin et aimes plaire aux gens par tous les moyens, tu lui demandes si elle veut le prendre. Elle dit que oui, gênée.

Elle se penche et pogne la coquille et parle avec une p’tite voix au bébé. Toi t’es clairement pas à ta place. L’intervenante arrive, une jeune poupounette qui a clairement terminé ses études la veille. Elle arrive, trépidante de bonne humeur, se présente et indique à la Bio qu’il est temps pour la visite avec la joie d’une cheerleader. Un peu plus pis tu te créerais en camp de vacances. La Bio n’a de yeux que pour le bébé. Tu lui donnes son sac à couche. À ce moment, tu l’haïs la Bio. Tu l’haïs comme jamais t’a haïs quelqu’un. L’amour de ta vie, ce p’tit bébé qu’on vient de te donner est en train de te filer entre les doigts. Pis ta haine part subitement, parce que tu la regardes partir cette pauvre fille-là, pis tu comprends. Tu comprends qu’elle a pas demandé à être comme elle est, à vivre ce qu’elle vit. C’est une fille qui a pas pigé le bon numéro dans l’jeu de la vie, pis sa réalité est à des kilomètres de la tienne. C’est comme se retrouver en présence d’un extraterrestre, son monde est tellement différent du tiens que tu ne peux pas t’imaginer comment elle pense ou qu’est-ce qui la pousse à agir. Tu ne peux pas te permettre de la juger car tu n’as aucune idée qu’est-ce que c’est vivre sa vie. Alors tu te fermes la trappe, ben humble, ben terrifié, ben p’tit dans tes culottes. L’intervenante, la Bio et le p’tit dans les bras partent pour la salle. Toi, tu restes comme un codingue dans la salle d’attente. Ici, plusieurs options s’offrent à toi:

  1. Quitter et aller manger tes émotions dans un snack-bar douteux que tu as vu à deux coins de rue d’ici.
  2. Quitter et aller dépenser tes émotions au centre d’achat de la ville.
  3. Quitter et aller brailler dans le char en écoutant Adele en boucle.
  4. Attendre dans la salle d’attente et lire les magazines Sept Jours circa 1996 avec Céline sur le cover, les nerfs en boule, l’oreille tendu pour le moindre pleur.

Comme Dada est pragmatique, il a déjà son muffin pépites de chocolat et émotions trop intenses avec lui, qu’il dévore dans le temps de dire « adieu taille semi-mince ». C’est ici que Dada va attendre pendant 1 heure et 30 minutes à chaque fois, avec la petite secrétaire sympathique qui comprend son malheur, mais qui ne peut rien faire juste de l’autre côté de son plexiglast. Après ce long laps de temps, la Bio et l’intervenante reviennent avec le p’tit. À chaque fois Dada se dis, ça y est, il va parler et va dire tout haut: « J’veux repartir avec elle! C’est elle ma mère! ». Mais le p’tit, qui n’est pas capable de saisir les objets encore, reste dans sa coquille, bien sage. La Bio lui fait un gros bisou et lui parle et n’arrête pas de dire qu’elle l’aime, ce qui est son droit, mais Dada, comme un enfant boudeur, veut lui interdire ces mots. Mais il est maintenant un adulte mature, alors Dada sourit même si son cœur se fend en mille morceaux, parce qu’il comprend la peine de cette fille-là, il comprend l’amour qu’elle veut lui donner. Il comprend que cet enfant-là est aimé par beaucoup de monde, pis que chacun veut qu’il lui redonne son amour. C’t’enfant-là va devoir être partagé entre plusieurs parents, pis il a à peine 3 mois.

La Bio quitte, penaude et ton cœur se resserre plus fort, te faisant réaliser que oui, il est possible que tu feel encore plus cheap qu’avant! Isn’t this great? Ensuite, tu placotes rapidement avec l’intervenante, tu cherches les détails sordides. Est-ce que ça bien été, ton bébé a-t-il pleuré à en fendre l’âme tout le long, est-ce qu’il a bu son lait, est-ce qu’il la regardait, est-ce qu’elle va être apte à le reprendre? L’intervenante te sourit et essaye de te rassurer, mais elle ne peut pas dire grand-chose. Elle te dit que c’était correct, débrouille-toi pour déchiffrer ça comme tu veux. Tu dois donc refaire la grande route jusque chez toi, ton bébé dormant paisiblement derrière, tes convictions et ta vision des chose fracassées au-delà des réparations. Toi tu repars dans ton char qui shine la richesse pis la Bio repart sur sa bicyclette rouillée. Tu gagnes, tu l’sais. C’est toi qui a le bébé pis le beau char, pis elle, elle a rien. Fac pourquoi tu te sens aussi mal?

Et n’oublie pas qu’une fois chez toi, tu dois être comme Mary Poppins et être aimant, doux, chanter, faire voler les objets et faire de la claquette. Qui plus es, tu dois continuer d’épater la galerie, amuser la visite, faire le souper, le ménage, pis avoir du dirty sex sur le comptoir de la salle de bain. Donc ça se peut que, parfois, tu manges tes émotions, tu bois ta peine ou tu dis à ta tendre moitié, sacre-moi patience. Ou tu peux faire comme moi et engueuler n’importe qui.

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SEPTIÈME ÉTAPE: STRAIGHT TO HELL AND BACK

Si tout ça paraît morose et soul crushing difficile, ben ça l’est! Parfois ça coule comme l’eau su’l dos d’un canard, c’est-à-dire que le p’tit réagi pas vraiment, mis à part qu’il est fatigué. Pis d’autre fois, le p’tit braille et braille sans arrêt suite aux visites. Non, non. Pas comme le tiens Il BRAILLE comprends-tu? Braille sa vie. Plus il vieilli, pire c’est. Plus il passe du temps chez vous, pire c’est. Les visites continuent, elle n’arrête pas. Ton p’tit est de plus en plus attaché à toi. Tu te rappelles la période cocooning? Ben c’est à ça que ça sert. À te rendre exclusif au p’tit. C’est dur pour tout le monde, ta famille pis ton conjoint, parce que tu deviens indispensable au p’tit. Mais c’est le but. Ton p’tit va se consoler uniquement dans TES bras, il va boire son lait uniquement dans TES bras, il va s’endormir uniquement dans TES bras. T’as voulu connaître la parentalité, vis là astheure! Nonstop!

Les visites supervisées vont venir gérer ta vie. Elles reviennent encore et toujours, réglées comme un tour d’horloge. Certains les vivent 3 fois semaines, d’autres aux mois. La durée et la fréquence changent selon les cas. Ce n’est jamais le même jour, ça change constamment. Tu pensais que t’avais connu la peur pis l’angoisse parce que t’as écouté The Exorcist avec ton cousin tout seul dans une maison noire en pleine campagne pendant que vos parents étaient en vacances? T’as rien vu mon poulet.

 

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« On as-tu barré la porte en bas? » « J’sais pas. » « Va voir toi. » « Fuck that. »

 

Dada continu vaillamment de se rendre aux visites, comme s’il avait le choix. Il continue de tendre son p’tit vers l’intervenante. Parfois il croise la Bio, parfois non. Elle aime lui parler après les visites, lui donner des conseils. Elle n’aime pas la doudou ou la suce que Dada donne au p’tit. Elle veut sa doudou ou les vêtements qu’elle avait au départ. Il voudrait faire plaisir, mais sa doudou pue la misère et ses vêtements sont trop petits. Il aimerait passer par-dessus ça, mais il est pas capable, parce qu’il est trop impliqué, juvénile et blessé. Pourtant la Bio a encore plein pouvoir sur certaines décisions dans la vie de bébé. Elle choisit s’il peut ou non aller en vacances hors du pays avec sa famille d’accueil. Elle peut choisir ou non si Papa pis Dada peuvent couper les cheveux du p’tit. Elle refuse presque tout. Pas pour être méchante ou bitch, seulement parce que c’est là les dernières parcelles de sa parentalité. C’est sa dernière emprise sur son enfant, pis elle le veut, comme toute mère au monde.

Les visites vont de pire en pire. Le p’tit, qui a 4 mois, pis 5 mois, pis 6 mois, hurle aussitôt qu’il te quitte. Il n’est pas ben. Il ne veut pas se faire prendre par quelqu’un d’autre et veut surtout pas boire du lait donné par quelqu’un d’autre. Le p’tit veut se faire entendre. Et toi t’es où pendant ce temps-là? Bingo! La salle d’attente, à te ronger les sangs. La secrétaire te fait une face défaite, pis toi tu as le goût casser quelque chose. Il faut respecter l’heure des visites, jusqu’au bout. Ça va de pire en pire, c’est l’enfer. L’horreur. Le p’tit est pu ton p’tit. La visite semble se poursuivre chez vous. Ses réactions prennent de l’ampleur. Ça dure 1 jour, 2 jours, 3 jours. Il braille et ne veut pas que tu le touches. Il braille et veut que tu le prennes. Non non t’a pas compris, décode son humeur tout de suite, right now, constamment. Sers-le, aime-le, gère-le, prend-le. Garde-le dans tes bras, berce-le. Non arrête pas, même quand tu penses qu’il est correct, arrête pas. Arrête jamais. Genre tu peux pas vraiment aller aux toilettes, parce que le p’tit a peur que tu t’en ailles forever. Voilà l’étendue des visites. Une anxiété pis une peur de l’abandon que tu dois réparer, rabibocher, recoller à chaque coup. À chaque fois. Alors quand une p’tite caissière du IGA te dit: « Il doit avoir des coliques. C’est pour ça qu’il braille de même. », ben tu as le droit de lui hurler: « TA YEULE! ».

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« Ça doit être ses de… » PUNCH!

 

Pis subitement, alors que tu crois virer fou, un ange arrive. La divine nouvelle intervenante, la kickass intervenante, la bénit entre toutes. Celle qui va te poser une main sur l’épaule pis te dire: « C’correct. On va penser au p’tit en premier dans cette histoire-là. »

Ici je prends un moment pour vous dire que ce n’est pas comme ça pour chacun. Certains ont des histoires d’horreur et d’incompréhension avec leur intervenante. Mais un peu de positif, ça fait du bien parfois.

Donc l’intervenante vous sauve la vie, littéralement, sauve votre couple, votre famille, toute. Un nouveau jugement est décrété par un autre juge, les visites tombent à une fois par mois et l’intervenante mets en place un système pour votre p’tit. Finis les crises interminables, fini l’incertitude. Maintenant on le laisse plus pleurer. Maintenant on lui donne une chance.

J’ai mis beaucoup de temps à écrire cette suite de notre aventure adoption, car effectivement, c’est un boutte extrêmement difficile et surtout, pas très drôle. Mon but avec ce blogue est de vous faire découvrir les facettes comiques de l’adoption et la parentalité en général, donc il m’a été difficile de trouver le drôle dans cette partie de mon récit. Malgré tout, j’ai fait de mon mieux. Et ça m’a fait revivre l’entière gamme des émotions qui accompagnaient chacune de ces visites. Donc j’ai du boire quelques coupes de vin et me suis bercé en pleurant, comme dans l’temps. Ah doux souvenir.

Malgré tout, en revisitant ces moments sombres, j’ai compris pourquoi on voulait avoir un enfant. C’est illogique, ça ne fait pas de sens de vouloir souffrir autant pour un être, que ce soit l’accouchement ou des visites de ce genre. Oui, du point de vue logique, ça ne fait aucun sens, mais les meilleures choses en ce monde sont illogiques, comme l’amour inconditionnel qu’on porte à quelqu’un. C’est ça être parent. Et la preuve ultime est que malgré toutes les épreuves, Papa pis Dada sont en liste pour un deuxième projet d’adoption. C’est ti pas merveilleux, l’être humain?

Ne manquez pas la suite et fin de la saga, Adventures in Adoptionland: Papa pis Dada pis le P’tit, Forever. À paraître quand ça va me tenter.

 

Dada Blaise

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