Adventures in Adoptionland, PART 5: Round Two

Comme vous le savez déjà, surtout si vous êtes des fidèles lecteurs, l’aventure de l’adoption n’est pas de tout repos. Si vous êtes tout nouveau ici, je vous invite de façon sensuel comme le ferait une bonne hôtesse à aller lire les aventures précédentes. Il y a du drame en masse, un peu d’humour, des surprises et des photos de Harrison Ford jeune. C’est de toute beauté. Enfin bref, disons qu’en adoption, tu ne sais jamais comment ça va se terminer. Il y a des bouts qu’on se croirait dans La Mélodie du Bonheur, gambadant dans les pâquerettes avec ton jeune bébé tout beau tout frais, pis d’autres bouts tu tiens la porte de la chambre dudit enfant de force parce qu’il est entrain de péter un moyenne coche, une colère si énorme qu’elle risque d’avaler toute la lumière qui habite ton fragile esprit. Pis le lendemain tu fais des crêpes en forme de lune pis tu fais des expériences avec ton enfant de mélanger du savon à vaisselle dans du lait pis du colorant pis il s’extasie pis mon dieu que la vie est belle. Bref, on l’a pas toujours eu facile avec notre premier projet d’adoption. Toujours est-il que, comme tous les parents de ce bas-monde qui se demande s’ils veulent vraiment un autre enfant, on s’est dit qu’on avait déjà vécu toute la gamme d’émotion avec le 1er projet, kessé qui pourrait arriver qu’on avait pas déjà vécu avec projet number 2?

Ben accrochez-vous à vos brassières, nous avons eu toute qu’une surprise…

Si vous le voulez bien, j’aimerais vous ramenez loin dans le passé, l’année 2017 pour être bien précis. Fin octobre. Éric Salvail venait de réaliser que de montrer sa zoune à ses collègues était une mauvaise idée, Despacito jouait encore en boucle à la radio, le gaz coûtait le même prix pis moi et mon chum on essayait d’écouter Riverdale sur Netflix pis on trouvait pas ça ben bon. Bref, le monde roulait comme il fallait. Rappelons-nous que nous étions fraîchement ou presque déménagé dans notre nouvelle demeure et que nous avions dû mettre sur pause nos projets d’adoption numéro 2, parce qu’il était difficile de s’imaginer prendre soin d’un bébé alors qu’il fallait plâtrer les murs et refaire des divisions de la maison en entier. Ainsi donc, le temps de s’obstiner sur la couleur du plancher pis de manger de la poussière de  gypse pour déjeuner, peindre une maison en entier et se laver dans une tite chaudière comme l’aurait fait Émilie Bordeleau, nous étions enfin prêt quelques mois plus tard à nous remettre sur la liste.

But WAIT que nous disait donc la madame au téléphone. New maison, new inspection dumbass! Encore une fois la charmante dame devait revenir chez nous pour s’assurer que nous ne faisions pas pousser de la marijuana dans la cave et que nous ne cachions pas un enfant mutant dans le grenier. La dame inspecte donc les moindres recoins de la maison et semble un peu fragile sur le fait que notre entrée est encore sur le plywood et également qu’il nous faut une clôture autour de la maison au cas où notre bébé de 2 mois veuille s’enfuir par la porte arrière. Blagues à part, malgré le chiant des restrictions, nous comprenons également le pourquoi. Il faut toujours se rappeler que ledit enfant nous est confié, nous sommes sa famille d’accueil au départ et il est sous la responsabilité du gouvernement. La DPJ n’a pas vraiment le choix de faire respecter ce paquet de contraintes, s’assurant ainsi du bien être et de la sécurité de l’enfant.

Une couple de mille piasses plus tard, la clôture noire frost est posé pis Dada s’empresse de rappeler madame DPJ pour qu’elle nous mettre sur la liste au plus sacrant. Ceci arriva en début juillet. Voulant un peu accélérer le processus, Papa pis Dada décident également de cocher la tite case GARÇON OU FILLE, parce que tsé, ils veulent pas que le bébé arrive quand leur autre enfant pogne ses 16 ans. La décoration style gold ancien, petite biche et fleurs rose avaient déjà été choisi, mais advienne que pourra que j’me dis.

Flashfoward en octobre dernier. Au plus précisément le 2 novembre. Dada est dans une nouvelle école depuis peu, pis c’est le genre de gang super joyeuse, conviviale qui aime avoir du plaisir pis toute. Shit que j’me dis. Double shit lorsque j’apprends qu’ils veulent toute s’inscrire à des cours de sport, pour continuer la belle harmonie de groupe. Du plaisir, de la camaraderie pis du sport. Pas le choix, Dada s’inscrit et se ramasse à faire de l’entrainement EXTÉRIEUR, genre courir en gémissant dans le champ pour ensuite faire une série de push-ups. Pas toute ça là, en plus le jeudi, la gang du plaisir et de l’agrément décide également de s’inscrire à un cours de Zumba toé chose. ZUMBA. Avec de la danse pis des chorégraphies pis des cri de ralliements.

Alors voici donc la scène. Nous sommes un jeudi, après les heures de cours évidemment. Dada et toute sa gang joviales d’enseignants dansent dans le gymnase. Comme une matante déchainé le jour du mariage, Dada danse et se fait brasser le bassin sur de la musique latino/hindou, vêtu d’un T-shirt blanc jauni par l’effort et des shorts trop lousses. Après le Zumba, il doit filer au resto rejoindre des amis parce que le soir même c’est le super événement dans la commission scolaire. Tous les enseignants s’en vont voir un beau spectacle de Katherine Levac. Mais alors que Dada danse et pisse de sueur comme une truie, Papa est au travail, bien occupé à dessiner des plans de maison quand il voit son téléphone qui sonne. L’afficheur indique PRIVATE CALLER. C’est l’appel.

ZE CALL.

On l’informe qu’un BRAND NEW BABY est né il y a 2 jours de cela et que tout indique qu’il pourrait être placé chez nous. Comme c’est tout nouveau tout beau, il n’y a pas beaucoup d’information ni de certitude. Il y a même un risque que le ti prout soit placé dans un centre aidant les jeunes mères dans le besoin. Pour le moment, ils veulent surtout savoir si nous sommes willing d’accueillir le petit garçon. Papa appelle frénétiquement Dada, mais celui-ci danse et danse comme Jennifer Beals dans Flashdance, ignorant la méga grosse nouvelle qui l’attend. Le cours se termine, on se félicite, se tape dans les mains (mais pas sur les fesses parce que le mouvement #metoo vient de naître pis on s’watch tsé), et Dada se dirige à son bureau. Il pogne son téléphone et voit la série de notifications. Il ne fait pas ni une ni deux pis rappelle son mari. Papa raconte tout ce qu’il peut. Dada écoute en s’arrachant une touffe de cheveux tellement il est énervé. Il entend des bribes d’information: bébé naissant, garçon, incertitude de placement et finalement, risque de drogues durant la grossesse. Comme dans les vues, Papa pis Dada ont jusqu’au matin pour prendre leur décision. Dada braille et morve dans son beau t-shirt souillé. Papa est, fidèle à son habitude, calme et posé. Il propose que Dada aille à sa soirée quand même, que chacun de leur côté qu’ils réfléchissent à tout cela et qu’ils s’en reparlent plus tard. Dada, qui n’a aucune once d’autorégulation, arrive au restaurant et déblatère à ses copines ce qui lui arrive.

Vous pouvez également vous imaginez que je n’ai pas ben ben écouté le spectacle de Katherine Levac, mon cerveau étant légèrement occupé à autre chose. Le soir même, après une quasi longue discussion, nous prenons la décision que oui, nous sommes prêts à accueillir bébé, peu importe les risques. C’est ça la game qu’on se dit, même si secrètement on espère que le bébé sera rapidement confié et qu’il n’aura aucun risque de santé. Le lendemain, nous appelons la petite madame et lui confirmons que nous sommes prêt à être la famille d’accueil. Nous avons des questions et elle a un peu plus d’information. Le bébé est en parfaite santé, aucune trace de drogues dans son système, aucune anomalie apparente. Il est sous observation pour encore 3 ou 4 jours. Elle nous dit qu’elle nous rappellera lundi prochain pour faire un suivi de la situation. Elle nous informe également qu’il faut préparer le chambre de bébé.

Encore une fois, nous avons le weekend pour nous préparer à l’arrivée d’un bébé, et cette fois-ci, un poupon de quelques jours à peine. Nous y allons avec les priorités: la décoration de la chambre. Ah ben là, c’est la panique! Quel thème choisir? Et quel agencement de couleur? Et les draps? LES DRAPS!?

Le weekend passe, les achats sont faits, les grands-mères sont informés, les amis aussi, les boites de linge rangés dans le fin fond de la cave sont rouvertes, les biberons sont nettoyés, les shitloads de petites débarbouillettes bien lavés, les ti ours polaire décoratif savamment placés. Nous sommes prêts.

Lundi matin arrive. Dada se rend à son travail. Il enseigne une période. Une. Au début de la 2e, le téléphone sonne. Il apprend que bébé arrivera cet après-midi même. Dada va voir sa douce secrétaire et lui informe le tout, le coeur lui battant dans les oreilles. Sorry, je ne peux pas enseigner aujourd’hui, ni demain, ni même pendant genre 1 an parce que j’ai un bébé qui arrive chez nous. Tout le monde saute de joie! On se saisit les mamelons, on yable les attouchements, ça s’embrasse, ça se colle, c’est joyeux, c’est la fête.

Je suis donc parti de mon école, j’ai été acheté d’autres petits trucs et j’ai été rejoindre mon cher chum à la maison. Nous avons monté le p’tit moïse tout à côté de notre lit et avons attendu que le bébé arrive. Et il est arrivé. Un vrai, petit bébé naissant, avec ses tites n’orteils pis ses ti-doigts pis toute de p’tit, p’tit, p’tit. Un p’tit être tellement nouveau qui émet des sons semblables à des miaulements. Dada à le coeur qui fond, qui explose en mille morceaux de merveilleux, l’univers en entier qui se penche et qui retient son souffle devant ce petit être unique aux grands yeux bruns pis au p’tit sourire en coin. C’est le coup de foudre, of course.

La suite maintenant. Le bout difficile à écrire. L’aventure de l’adoption signifie donc visites supervisées avec les parents biologiques, bouts difficiles, pleurs, cris, terreurs, doute. Mais aventure de l’adoption peut aussi signifier rien de tout cela. Un p’tit bébé bonheur, qui souri de son plein gré à peine à un mois de vie. Un p’tit bébé en santé, heureux, joyeux, qui aime donc la vie pis les gens autour de lui. Un parcours sans visites de parents, sans complications, sans rien. Un parcours qui font même dire aux p’tites madames de la DPJ à quel point on est chanceux. Et c’est pour ça que j’avais peur d’écrire. De peur que le rêve se brise. Que le fait de l’écrire noir sur blanc, de l’annoncer, de le partager vienne assombrir le parcours, que des gros nuages viennent fracasser cette belle réalité. Évidemment, ce n’est pas perpétuellement la belle vie heureuse avec le sentir fleuri pis les anges pis les p’tites abeilles pis les popsicles roses. Mais disons que je pourrais être facilement un parent Eux Autres tellement c’est facile.

Est-ce que le parcours du premier a été tellement tortueux que pour le deuxième je trouve tout beaucoup plus facile? Maybe. Reste toujours que Papa pis Dada n’en reviennent pas toujours de la chance immense qu’ils ont d’avoir eu ce petit être dans leur vie. Ce p’tit bébé qui a agrandi notre famille de plus un. Ce petit être qui pourra bientôt porter notre nom de famille tellement les procédures d’adoption avancent rapidement. Est-ce que le fait de vous le partager viendra gâcher notre bonheur? Je ne le crois pas. Notre bonheur est déjà d’avoir une famille ainsi une famille unique en son genre, fait de deux p’tits gars, deux papas. Me semble que ça manque de fille non? À suivre qui sait.

Pis avant de finir, juste pour vous ramener sur terre un peu, la gastro, cette salope brune qui hante les garderies et les écoles, a décidé de venir s’installer chez nous depuis une semaine maintenant. Mon bébé parfait qui souri à la vie fait des débordements de couche apocalyptiques aux 2 heures. Fac oui notre vie est un beau rêve, mais mon chandail est quand même taché de marde.

Bonne fin de semaine les doudounes!

Dada Blaise

Pour lire les autres aventures de l’adoption, c’est drette-là: 

Adventures in Adoptionland, PART 1: Ze Commencement

Adventures in Adoptionland, Part 2: Petit Pou Contre-Attaque! (Avec de l’amour!)

Adventures in Adoptionland, part 3: Ze Boutte Rough!

Adventures in Adoptionland, part 4: Plot Twist: Autism!

P.S: Je l’sais, je l’sais, ça fait genre 88 semaines que j’avais pas écrit. Qu’est-ce que tu veux, il a fait chaud que l’chriss cet été, pis j’avais pas d’air climatisé! J’étais pas capable de m’asseoir devant mon ordinateur pour écrire, mes doigts étaient trop glissant à cause de la sueur. Pis il fallait que je m’occupe de mon enfant et de mon bébé aussi!

Bon, ok, ok,  j’ai eu un nouveau jeu de Playstation. Pis Netflix. Il fallait que j’écoute Netflix! Je n’suis qu’un être humain!

L’Enfant Autiste et la Garderie (2ème partie)

*Warning! Ce post est tiré de mes expériences et mes observations, donc nullement représentatif de la vie en garderie en général, fac calmez-vous les commentaires de « moi je ». 

L’Enfant Autiste et la Garderie (1ère partie)

Deuxième Garderie – La Bitch qui Berce l’Enfant

Fac Dada cherche une autre garderie comprends-tu. Il voudrait bien trouver un établissement qui se spécialise avec des enfants autistes/différents, mais ça ne cour par les rues semble-t-il. Pis, coup de chance, il trouve cette petite annonce sur magarderie.com d’une garderie familiale dirigé par Madame Chose (je voulais l’appeler Grosse Chrisse, mais mon chum ne voulait pas…), qui proclame qu’elle a enseigné pendant 10 ans au primaire, qui possède un diplôme en ADAPTATION SCOLAIRE et qui a une bonne expérience auprès des enfants qui ont un handicap ou des besoins particuliers. Heu wow! Jackpot que j’me dis. Heille, c’est tout ce qu’il nous faut et même plus! Papa pis Dada se rendent donc à la rencontre de la nouvelle petite madame. Nous arrivons donc dans le quartier des riches avec les belles grosses cabanes immenses et les jardiniers rutilants de muscles qui baisent les femmes au foyer richissimes. Kessé qu’on fait là qu’on se demande. On arrive à la garderie et on visite le tout. C’est beau, c’est grand, il y a du marbre sur les comptoirs, il y a une kickass grosse piscine creusée à l’arrière, ça semble très bien. On trippe comprends-tu. Mais les apparences sont souvent trompeuses…On rencontre Madame Chose, toute dodue devant, qui semble posée, logique et super compréhensive. Elle est bien excitée d’avoir un couple de papas, elle trouve ça ben l’fun. On réexplique toutes les belles caractéristiques de notre enfant en menu détails afin qu’il n’y est pas de mauvaises surprises plus tard: Pas de sieste. Agressivité envers les autres. Se frappe. Crises diverses pour X raisons. Se braque, s’oppose. Hypothèses diverses, on ne sait pas s’il est autiste ou s’il a quelque chose d’autres.

Pas de problème nous dit Madame Chose. Elle a une bonne expérience et sait comment agir avec ce type d’enfants. Vous allez voir qu’ici c’est un bel environnement pis bla bla bla, full compréhension de l’amour de la patience de la diligence de vive la vie vive la différence. Mon Dieu qu’on se peut plus, Papa pis Dada ont envie de lui acheter un beau gros bouquet de fleurs. On inscrit notre garçon là-bas.

Et c’est reparti pour une autre garderie. Mon enfant à 3 ans.

Au départ, tout va bien. C’est la nouvelle lune de miel. Petit Pou « fit » un peu mieux. Madame Chose nous envoi des photos de notre enfant qui dort l’après-midi et qui joue au parc avec les autres. On est heureux. Puis, après deux semaines, les crises reviennent. Madame Chose gère ça. Elle tient son boutte nous dit-elle. Elle n’est pas stressé par la vie. Elle est organisée et rassurante pour notre enfant. On est encore plus heureux. L’été arrive, la méga grosse belle piscine creusée est ouverte. Petit Pou aime se baigner. Dada est congé, il envoie Petit Pou à temps partiel. L’après-midi il va chercher son enfant et il jase avec Madame Chose. Elle lui jase de ses enfants et de ses beaux voyages qu’elle a fait en Europe pis dans les pays chauds. Elle est ben chummé avec Dada. Elle lui propose même d’emmener son maillot une bonne fois et de se baigner dans sa belle piscine filtré au sel avec des effluves de lavande. Dada se garce une petite gêne. Malgré tout, il aime bien jaser avec Madame Chose. Ensembles, ils émettent des hypothèses sur la condition de son enfant. Dada raconte des événements qui sont arrivés avec son enfant, comment il agit dans telle situation, comment il ne sait pas toujours quoi faire exactement. Madame Chose raconte souvent les beaux progrès de son enfant, genre il a sauté tout seul dans la piscine, il a joué avec la petite fille, il a participé au beau bricolage. Dada est enchanté. Pendant l’été, Dada réussit à avoir un rendez-vous avec la p’tite madame du CLSC. Elle va observer Petit Pou à sa maison, puis à la garderie. Résultat des observations: autisme possible, mais trop jeune encore pour être certain. Il est juste sur le bord genre. Il est pas assez comme ceci, pas assez comme cela. Elle recommande d’attendre à l’an prochain, l’été de ses 4 ans, pour le faire réévaluer. Je retransmets l’information à Madame Chose. Elle semble sceptique. Premier signe de quelque chose qui cloche.

L’été se termine pis Dada commence à sentir un p’tit changement chez Madame Chose. Dada recommence à travailler, il commence un peu plus tôt et termine un peu plus tard of course. Madame Chose fait remarquer en semi blaguant que les autres enfants arrivent vers les presque neuf heures alors que Petit Pou est le premier à 7h45.

Les crises s’accumulent. Petit Pou est en pleine opposition et ce n’est pas facile. Madame Chose me le fait remarquer. Je lui dis que tout ce qu’il fait est pas mal semblable à ce qu’il faisait dans l’autre garderie, ce n’est pas une surprise. Elle se plaint que mon garçon ne joue pas assez avec les autres, il joue juste avec des bébèlles pour plus jeune, n’est pas capable de s’occuper par lui-même, dérange toujours les autres, qu’il se fâche quand il n’a pas ce qu’il veut et patati et patata. J’explique et réexplique qu’elle a bien raison, que c’est pareil à la maison, que nous aussi on nage dans le néant, que la tite madame du CLSC l’a dit elle-même, elle n’est pas certaine de rien. Je lui demande son avis, Madame Chose me rétorque que ce genre de comportement chez un enfant est normalement celui d’un enfant qui a tout ce qu’il veut à la maison, un enfant roi. Ouain…ok. Je lui dis que non, on tient notre bout à la maison. Les semaines se poursuivent, Petit Pou devient de plus en plus difficile. Il cherche à faire réagir Madame Chose. Il vise les autres enfants et leur fait mal, les tape, les pince, etc. C’est pas plaisant pour personne.

Petit Pou est stressé, il a de la difficulté à faire caca ailleurs qu’à la maison. Un vendredi, il s’échappe et a une trace de break dans ses culottes. Madame Chose m’appelle sur mon cellulaire pour m’en informer. Elle me dit qu’elle ne peut pas se permettre de laver ses sous-vêtements comme ça et que si mon garçon souffre d’un tel problème, vaudrait mieux le remettre au couche. Dada pogne les nerfs et sent la désillusion se pointer le bout du bec sale. Il dit que non, son garçon ne portera pas des couches, on ne va pas lui imposer ça. Dada commence à stresser.

Madame Chose continue dans sa belle lancée. Petit Pou a fait ceci, Petit Pou a fait cela. « Il sabote tout ce qu’on fait. C’est un enfant très destructeur, difficile. » me dit-elle. Me semble que j’ai le motton pis que je feel pas après une telle phrase, mais je ne dis pas grand chose. Les jours se suivent. Il n’a pas voulu se déguiser à l’Halloween, il n’a pas voulu faire la tite carte de la pluie, il n’a pas voulu jouer à la cachette avec les autres, il veut tout le temps être dans son coin, etc, etc. Puis arrive le coup de grâce. Un lundi j’arrive du boulot et me rend au parc tout près de la belle grosse maison de la gardienne et elle me dit que les autres parents ont commencé à parler entre eux. Ils ont quasiment formé un groupe Facebook en cachette. Mon enfant semble être catalogué comme le p’tit pas fin, le p’tit chriss. Leur réaction est normale. Moi aussi si quelqu’un blesse mon enfant, je sors hors de mes gonds pis je pète ma coche. Mais voilà, un incident qui est arrivé le vendredi d’avant, dont nous n’avons pas été mis au courant, a fait que Madame Chose a brusquement prise une décision. Une maman proclame qu’elle retirera son enfant et les autres bébés qu’elle a à la maison qui arriveront dans quelque mois si mon enfant n’est pas mis dehors de la garderie.

Je répète ma phrase: Une mère veut qu’on mette mon enfant dehors de la garderie en faisant du simili chantage. Madame Chose dit qu’elle ne peut pas se permettre de perdre de l’argent ainsi. Mon garçon n’est pas à la bonne place. Elle a tout essayé, tout mis en place, rien n’y fait, va falloir qu’il sâcre le camp.

Ouch. Reouch, twist dans le coeur, grosse peine pour Dada. Chriss de grosse colère. Il n’y a pas assez de mot pour dire comment je me sens trahi. Sous le choc, je ne dis rien et pars chez moi. Je braille à mon chum qui lui appelle la méchante madame et demande à la rencontrer. Rencontre il y a, mais Madame Chose est catégorique. Elle devrait faire du 1 pour 1 avec notre enfant, il est trop agressif et violent envers les autres, elle ne peut pas le gérer. Les autres parents commencent à avoir peur. Peur dit-elle. J’ai les larmes aux yeux juste à écrire ça. Je peux comprendre qu’un parent puisse avoir peur puisqu’il est face à l’inconnu, ne sait pas trop qui est cet enfant et qu’il ne veut pas que son propre enfant soit en danger. Mais je ne m’explique pas comment une intervenante en garderie, qui dit avoir de l’expérience en ADAPTATION SCOLAIRE et avec des enfants différents, ne peut pas expliquer la situation aux autres parents. N’est-ce pas son rôle de rassurer tout le monde? N’est-ce pas son rôle de démontrer qu’elle a le contrôle sur sa garderie? N’est-ce pas son rôle de prendre soin de TOUS les enfants de son groupe?

Papa est en beau joualvert. Il ne veut pas que Petit Pou quitte la garderie, parce que malgré tout, lui il est ben là-bas. Dada lui ne peut pas s’imaginer d’avoir à lui expliquer qu’il doit changer de garderie parce qu’il est indésirable. Nous nous entendons avec Madame Chose pour dire qu’il restera jusqu’à notre déménagement (en janvier) et qu’ensuite il partira. Deal. Petit Pou continue d’y aller, Dada a le coeur gros, Papa enquête. Il appelle au bureau CPE avec qui la garderie est affilié et SURPRISE, elle n’a pas fait de demande d’aide. Elle n’a même pas signalé qu’il y avait un problème. La madame au bout du fil est surprise et semble un peu fâchée, dit qu’elle va enquêter sur ça. Elle dit qu’avant de mettre fin à des services, il faut mettre en place un plan d’intervention et tout le tralala. Quand Dada confronte Madame Chose avec ça, celle-ci répond que ça ne changerait rien de toute façon, qu’elle ne recevrait pas les services adéquats. Fine que je lui répond, mais on fait tout ce qu’il faut quand même. Parfait dit-elle d’un air condescendant, si c’est ce que vous voulez. Bref, les relations sont genre un peu tendus.

Puis arrive le boutte triste encore plus. Un soir, alors que je couche mon enfant, celui-ci me dit qu’il ne veut plus faire dodo « en bas, dans la cave ». « Où ça, chez nous? » que je demande. « Non, chez Madame Chose. J’aime pas faire dodo en bas, j’ai peur. » À force de le faire parler et à déchiffrer ce qu’il raconte, j’en déduis que l’après-midi, quand il pète sa coche pour ne pas faire de sieste, il est amené dans une autre pièce, dans la cave. Ah ben là, calvaire. Mon chum va porter notre enfant le matin et confronte Grosse Chrisse Madame Chose qui dit que oui, il dort en bas avec son assistant (Que Petit Pou connait mais quand même…) afin de ne pas déranger les autres. Donc, on enferme mon enfant dans une pièce au sous-sol avec l’assistant. Mon chum me texte ça. Je call à ma job et je demande un congé pis je chriss mon camp à la garderie. Il s’en va, drette-là que je lui dis. V’là ton chèque. Après un moment awkward où mon enfant dit bye aux autres sans vraiment comprendre pourquoi, je l’attache dans le char pis je me retourne vers Madame Chose qui nous a suivi dehors avec le cadeau de Noël qu’elle avait préparé pour mon enfant et d’autres trucs. Avec tout le fiel et la colère que j’ai dans le fin fond du bas-ventre, je lui susssurre entre les dents que je n’ai jamais vécu un tel sentiment de trahison. Elle me bafouille quelque chose que j’ai oublié tellement je suis en esti. Pis je pars.

Je n’ai jamais revu Madame Chose. Mais encore aujourd’hui, je lui en veut amèrement. Encore aujourd’hui je fantasme d’aller détruire son beau parterre de fleurs, péter les pneus de son char ou ben aller pisser dans sa belle grosse piscine creusée. Le sentiment de trahison était réel et l’es encore. Oui, c’est vrai que mon enfant n’est pas facile. Tu sais quoi, il est même horriblement difficile par boutte. Mais tu sais, aucun parent au monde ne souhaite que son enfant soit le p’tit difficile à la garderie. Aucun parent au monde espère arriver le soir pis se faire dire que son enfant à mordu, pincer, attaquer un autre. On ne sait jamais trop comment réagir dans ce temps-là. On a beau chicaner, punir, intervenir, il est trop tard rendu le soir. On vit dans une incertitude constante. Quand tu es parent d’un enfant différent, tous les intervenants qui gravitent autour de ton enfant deviennent alors très important pour toi. Ils sont de l’aide, ils sont des confidents, des personnes avec qui tu peux partager ton quotidien et expliquer que oui, ce n’est pas facile. Je lui ai dit beaucoup de choses à cette madame, beaucoup de mes craintes, de mes peurs face à mon enfant. Alors quand est venu le temps de mettre fin au service, oui j’ai été blessé. Je n’aurai jamais pu m’imaginer que mon enfant aurait pu être jeter ainsi. Qu’on aurait pu s’en débarrasser ainsi parce qu’il dérangeait, ne « fittait » pas dans le système. Pour une question d’argent. Pour un question d’impopularité. C’est là que j’ai compris dans quel système je vivais et dans quoi j’allais m’embarquer avec mon enfant différent. Qu’il faudrait que je me batte pis que je sors les crocs pis les griffes pour qu’il soit traiter comme il se doit.

La semaine prochaine, la belle fin heureuse de Petit Pou qui a trouvé LA garderie la meilleure plus plus plus du monde entier.

Dada Blaise

Papa pis Dada et les z’enfants en vacances dans le frette

C’est le mois de mars et la plupart du Québec est en semaine de relâche, c’est-à-dire le temps idéal pour perdre patience après vos enfants parce qu’ils font encore une crise vu qu’ils ont perdu à Hippo Hippo (Chriss, c’est pas compliqué, pèse su’l piton plus vite pis ton hippopotame vas en avoir des maudites billes!). Beaucoup de parents, afin d’éviter les larmes et les « Veux-tu jouer avec moi? » incessant se disent alors: « Tiens, profitons de cette semaine de congé pour partir en vacances quelque part d’exotique et d’amusant à prix boosté! ». C’est une tradition parentale qui dure depuis des lustres, soit de faire profiter nos enfants de nos précieux congés pour les entertainer et leur faire découvrir de nouveaux endroits à visiter.

Malheureusement, tous les parents du monde se tirent royalement dans le pied en voulant faire plaisir à leurs enfants. Soyons honnêtes, des vacances avec des enfants c’est beaucoup de chose, mais ce n’est pas des vacances.

Papa pis Dada, se croyant plus fin finaud que les autres, se sont dit qu’ils allaient partir en vacances avant la semaine de relâche, afin d’éviter la cohue pis la population en général, parce qu’on est donc sauvage pis on haït ça le monde. Papa avait pris congé pour une belle semaine, sentant que Dada allait bientôt être atteint de cabin fever à force de passer ses journées à faire du lavage, donner le biberon à Baby Love et écouter L’Huile de Lorenzo sur Prise 2 en braillant. Fac aweille toute la gang dans le char, on s’en va à Québec pour du plaisir Québécois!

Premier défi, amener tous les trucs nécessaires pour bébé et pour grand garçon afin que ceux-ci soient heureux, bien nourris, au chaud et surtout qu’ils nous achale pas trop. Pour grand garçon, c’est relativement simple, le iPad est toujours winner, ainsi qu’une couple de jouets dont il se câlisse. Pour bébé, c’est plus complexe. Il y a beaucoup de trucs à amener, du thermomètre rectal jusqu’aux petites débarbouillettes pour essuyer son nez plein de morve. Nous ne prenons pas de chance, nous amenons tout ce qui se trouve dans sa chambre.

À peine embarqué dans le char nous voilà donc épuisés. Mais nous n’avons encore rien vu. Alors qu’est-ce qui épuise tant un parent en vacances vous demandez-vous alors en vous tortillant sur votre siège?

Alors qu’autrefois Papa pis Dada partageaient leur temps en vacances entre boire des martinis secs, relaxer en écoutant la tivi dans le lit duveteux d’un hôtel et se lever tard, faire l’amour à 3h de l’après-midi puis visiter des trucs sympas et manger du poulet graissoux le soir venu, il s’agit maintenant d’un test d’endurance à savoir à quel point vous êtes capable de subsiter toute une journée entière de belles activités tel que glisser dans la neige frette, manger dans des restaurants bon marché avec vos bottes qui suintent l’humidité, visiter des files d’attente palpitantes et dire non à un enfant qui veut acheter des bébèlles hors-de-prix et ce avec comme seul carburant des maigres heures de sommeil, un peu de caféine ingurgité dans la voiture entre deux destinations et l’enthousiasme désespéré d’un animateur de camp de vacances maniacodépressif. Bref, il y a beaucoup de monde, beaucoup de choses à faire et en plus, il faut s’amuser et avoir du beau plaisir en famille.

L’esprit d’un parent en vacances ne se repose pas finalement. Il est toujours en marche. Il faut surveiller le p’tit pour ne pas qu’il casse quelque chose dans le beau mégésin souvenir ou bien qu’il ne se fasse pas kidnapper dans les toilettes, se battre avec pour qu’il mette sa tuque ou bien qu’il la garde, lui rappeler que oui il faut brosser ses dents et ce même en vacances, s’assurer qu’il a bien fait pipi à chaque nouvelle toilette que vous voyez, et ce même quand il vous dit qu’il n’a pas envie, faire des listes mentales dans votre tête à chaque nouvelle activité, vous assurant que vous avez apportez tout ce qu’il fallait dans le sac à couche, le lait, les lingettes, les calices de collations variés et bien coupés comme à la garderie parce que sinon il en veut pas, le jouet, l’autre jouet, la suce pour le bébé, le mouche-nez bruyant, les crayons de couleur, Sophie la Girafe cancérigène; se stresser à chaque nouveau restaurant qu’on visite de peur que le bébé braille trop fort ou ben que le p’tit pète sa coche parce que tsé hein sa condition genre.

Et la grosse différence c’est que à la maison vous dormez dans des chambres séparés. Papa pis Dada pis les deux z’enfants eux étaient dans la même chambre d’hôtel. Toute la famille entassé dans une belle chambre sombre avec le bruit intermittent du réfrigérateur qui part, l’air qui se décide pas à être chaud ou frette et un bébé qui se réveille une couple de fois par nuit pour boire, rôter bruyamment, sourire béatement parce qu’il est donc heureux de vivre et réveiller tout le monde par le fait même. Non mais y’as-tu de quoi de plus chiant que de tenter de pas faire de bruit dans une chambre d’hôtel avec ton méri pis ton plus vieux qui dorment fragilement à quelques centimètres à peine tout en swingant de bord en bord un p’tit bébé qui en toute apparence à pas l’air parti pantoute pour se rendormir. Et alors que mon bébé gazouillait/braillait assez fort que ça a réveiller le plus vieux, qui était tellement excité d’aller dans les glissades promises qu’il voulait se lever tout de suite right fucking now à 4 heures du matin, j’ai eu une pensée soudaine:

Me suis dit, ouff, je suis épuisé me semble. Et je ne me reposerai pas plus. Si je n’étais pas vêtu d’un simple boxer, je laisserais subtilement le bébé dans son parc, pognerais mon portefeuille et j’irais me louer une autre chambre dans l’hôtel, juste pour moi, juste pour dire que je dormirais tout seul pendant plus de deux heures d’affilée sans jeune enfants pour me réveiller et sans conjoint gigantesque qui prend toute la place dans le lit avec ses gros bras pis ses grandes jambes.

Mais je suis resté évidemment, parce que l’amour pis le dévouement pis toute, pis me suis levé le lendemain matin en grommelant pis en perdant patience après mon chum parce qu’il était pas prêt assez vite pis après mon p’tit parce qu’il gossait dans le stationnement au lieu d’embarquer dans le char pour qu’on aille se gêler le derrière à voir un hôtel fait de glace. Pis le soir venu on a recommencé tout ça, pis encore, pis encore. Pis je suis revenu chez nous et me suis réveillé le lendemain matin frais comme une rose poqué comme un lendemain de veille, mais sans avoir bu grand alcool.  C’tu pas des belles vacances réussis ça? À en juger par les photos pis le moulin à paroles de mon fils qui nous parlait de ce qu’il a aimé pis qu’il a donc hâte de retourner en « vacances voir mr Vieux Québec », je crois que oui.

There you have it: on aura eu beau être maussade, être impatient, mal dormir pis pogner les nerfs pour un rien, mon p’tit a eu du ben gros fun, pis p’être que moi aussi j’en ai eu quand j’ai glissé vite vite dans la neige avec mon enfant. Mais juste un peu…

Dada Blaise

 

 

Se Chicaner Devant les Enfants

Il y a les couples heureux, ceux qui mangent des pommes saupoudré de cannelle au lieu de chips au vinaigre, ceux qui gambade dans les bois et qui s’offrent des escapades dans des yourtes sans électricité pour se parler dans le blanc des yeux et se retrouver le couple, ceux qui prennent des bains à deux avec des bombes Lush, pis il y a les autres. Ceux qui s’obstinent pour la couverte, qui font l’amour le jeudi soir uniquement par obligation, qui soupirent de frustration parce que l’autre a pas refermé les portes d’armoires et ceux qui se fâchent parce que leur époux semble incapable de mettre son esti de linge dans le panier de linge sale, préférant plutôt le laisser au pied du lit ou bien à quelques pas dudit panier. Get the hint!
Bref…
Papa pis Dada font parti de l’autre catégorie. Ceux qui se chicanent pis qui pognent les nerfs facilement. Il fut un temps où oui nous nous regardions en rigolant et en se caressant la barbe au lieu de s’engueuler lorsque nous avions un petit différent, mais maintenant que nous avons des enfants et que nous dormons en moyenne 4 heures par nuit, il est beaucoup plus facile de se chicaner pour un oui ou pour non.
Voici un exemple:

Dada: Salut!

Papa: Allô.

Dada: Qu’est-ce que t’as? Es-tu fâché?

Papa: Je suis correct.

Dada: Ben pourquoi t’as cette face-là?

Papa: Quelle face?

Dada: Ben t’as l’air fâché.

Papa: J’suis pas fâché, j’suis correct.

Dada: T’as l’air de mauvaise humeur entk.

Papa: Je suis pas de mauvaise humeur, j’viens de te dire que j’étais correct!

Dada: Es-tu certain?

Papa: J’AI DIT QUE J’ÉTAIS CORRECT!

Dada: Heille pourquoi tu pognes les nerfs?!

Papa: Ahhh tu m’énaaarves!

Ce genre de conversation hautement titillante arrive fréquemment dans notre jolie maison de la banlieue. Là je sais qu’est-ce que vous vous dite: Vous chicanez-vous devant les enfants?

 

La plupart du temps, quand un couple à un petit désagrément ou un chriss de gros, l’adage et les grands-mères suggèrent de : »ne pas se chicaner devant les enfants ». Il faut donc attendre que le bébé soit bien pelotonné dans son berceau et le grand assommé par l’épuisement dans son grand lit avant de se retrouver dans le salon afin de se chicaner sur qui avait dit tel affaire sur un ton agressif et de ne plus être certain des paroles exactes. La plupart des experts semblent être d’accord que de vous chicaner devant les enfants n’est pas la chose la plus saine à faire.

L’argument le plus fort est que les enfants apprennent par l’exemple, donc s’ils vous voient vous chicaner, ils reproduiront vos paroles et gestes. ATTENTION, je parle d’une chicane de couple, et non pas de problèmes de violence conjugale ici, je suis pas dans Rupture ou whatever boring émission de TVA. Je suis d’avis de démontrer à mon enfant que ses parents ne sont pas parfait et que du même fait, aucune relation ne peut être à cent pour cent parfaite. Je ne veux pas qu’il grandisse pour un jour se retrouver en couple et avoir sa première chicane et puis se mettre à brailler ou ben partir en courant parce qu’il n’aura jamais été confronté à des parents qui ventilent leurs différents.

Voici un autre exemple de chicane chez Papa pis Dada:

Papa: Qu’est-ce qu’on mange?

Dada: J’ai rien fait, ça me tentais pas pour X raison.

Papa: Ben qu’est-ce qu’on fait?

Dada: On peut se faire livrer quelque chose ou ben aller au resto.

Papa: Ok, où veux-tu aller?

Dada: Ah n’importe quoi, ça me dérange pas. Toi tu veux quoi?

Papa: Je t’ai dit que ça me dérangeais pas. N’importe quoi j’ai pas d’idée.

Dada: Je sais pas. Choisi.

Papa: N’importe quoi!

Dada: J’avais pas d’énergie pour faire le souper, j’ai pas d’énergie pour choisir.

Papa: Ah ça fait tout le temps ça, n’importe quoi j’m’en fous!

Dada: Bon t’es fâché?

Papa: Non j’suis correct!

Dada: T’as toujours l’air bête! Ton linge traine par terre! Lève-toi plus vite le matin!

Papa: T’es jamais satisfait! J’fais toujours tout croche! Tu pognes les nerfs pour rien!

Dada: Aaaahhhh!

Papa: Braaagghhh!

 

Et ainsi de suite. Bref, nous aurions pu garder nos émotions bien profondément dans notre derrière et attendre la nuit venue pour nous engueuler dans le lit, mais nous sommes plutôt du style volatile qui pogne les nerfs rapidement pour ensuite s’excuser une heure plus tard. Ces moments peuvent également être un moment parfait pour enseigner à nos enfants comment régler des conflits. Combien de fois j’explique à Petit Pou qu’il faut dire quand quelqu’un nous dérange, exprimer notre colère en le disant avec des mots et sans taper. Et combien de fois il doit aller s’excuser auprès d’un petit ami après une chicane? C’est la même chose, mais pour les grands. Papa pis Dada se chicanent, ils ne sont pas d’accord, ils se fâchent, s’expliquent puis s’excusent.

En résumé, l’idéal serait de ne jamais se chicaner, mais sans une petite chicane de temps en temps, on aurait jamais de make-up sex.

Dada Blaise

Papa pis Dada: Le Making Of

Mon couple va célébrer ses dix ans, et une nuit la semaine passé alors que je donnais le biberon avec les yeux crossside, j’me suis dit que je pourrais écrire l’histoire palpitante de notre rencontre, comme ça si jamais je meurs ben mes enfants sauront comment leur deux papas se sont rencontrés. Pis je sais également que vous vous tortillez d’impatience jours après jours à savoir les origines de mon couple, donc je vous offre ce cadeau de Noël à l’avance juste pour vous autres.

Remontons dans le temps de quelques années, dix ans pour être précis. Ahh 2007. Une époque différente, un temps différent. Un temps où Brad et Angelina étaient toujours ensembles et procréaient un nouveau bébé à chaque nouvelle semaine. Un temps où Facebook n’en était qu’à ses débuts, où l’iPhone arrivait dans toute sa glory et où Britney décida de se raser les cheveux.

C’était un temps où Dada était un jeune homme fraîchement sorti de l’Université, avait de petites fesses rondes et rebondis, une chevelure chatoyante et de l’énergie débordante. Papa lui vivait dans un autre monde complètement…la rive nord si vous pouvez croire ça, fraîchement arrivé à Mourial, rutilant de simili muscles et avec un ventre presque plat. Papa sortait d’une longue relation et après quelques mois de frivolités, était enfin prêt à quelque chose de plus sérieux. Il s’était acheté de nouveaux meubles, une plante verte, un bébé chat et un nouveau système de son qui faisait vibrer le plancher pour aller avec sa brand new télévision flat screen de 20 pouces.

Dada était célibataire depuis un boutte, allant de dates bizarres en dates bizarres, politiciens, acteurs nébuleux, gars qui trippe sur la porn de Batman et qui l’affice sur ses murs, bizounes croches, chandelles parfumées en forme de cône et love addict terrifiant. Bref, pas très prometteur. Arrive décembre. Tanné de tomber sur des taouains qui l’attirent pas ou qui ne rient pas de ses blagues coquines et sarcastiques, Dada décide de mettre le tout sur le tout puis d’utiliser Réseau Contact pis son p’tit moteur de recherche sophistiqué.

Aweille le fantasme que j’me dit. Je coche la bonne bracket d’âge, les intérêts, la grandeur pis toute. 5 photos ont retontis sur mon écran. Yark. Trop loin. Bof. Ouhhh…interesting. Je regarde pas la dernière photo. Je vais sur le profil de mon futur époux/conjoint de fait, pis j’regarde la photo de ce grand costaud, tout sourire dans son p’tit polo rose tendance, clean cut pis yeux bleus des mers du sud. Il disait pas grand chose, juste une référence de catalogue Sears, pis j’trouvais ça charmant. Ça semblait trop beau pour être vrai,mais vl’à ti-pas que j’pitonne pis j’lui fais signe que wink wink, tu m’intéresses buddy. Il me répond. On se jase sur MSN messenger, parce que dans le temps c’était de même, pis on s’jase au téléphone. Futur Papa est stressé de dire mon nom, il a peur de mal le prononcer. Moi j’ris comme une écolière en me tortillant sur ma chaise pis en mâchant ma gomme. Me semble qu’on s’adonne bien que j’me dis. Il reste une semaine avant les vacances de Nouëlle, pis il m’invite à une date le vendredi. J’accepte en me pinçant secrètement les mamelons.

Malheur, Dada a oublié que depuis quelques semaines, il fait des palpitations cardiaques étranges par moment pis que ledit vendredi du super rencart, il doit porter un appareil sur le chest qui mesure les battements de son cœur. Il rappelle son beau Brummel au téléphone et lui raconte l’anecdote. Papa répond que ça dérange pas. Ben coudonc.Vendredi arrive pis les deux tourtereaux se donnent rendez-vous au summum des endroits romantiques, le Dix30. Papa attend devant le cinéma avec son p’tit veston assorti pis son 6’2 ben sonné. Dada attend dans le char, tellement stressé que le cardiogramme qu’il a sur le corps doit être entrain de surchauffer. Dada est tellement sur le gros nerf qu’il en a oublié son portefeuille à la maison. Dada observe sa date depuis son p’tit char. Il est grand, check. Il est costaud, check. Il ne semble pas roux, check. Il ressemble à sa photo, check. 1, 2, 3 go, Dada sort du char pis marche jusqu’à Papa.

Tsé souvent les gens disent que tu l’sais tout de suite oui ou non si ça va marcher, si tu va bien t’entendre avec une personne? Ben c’était ça. On s’est salué un peu awkard, souri, pis tout de suite ça marchait. C’était facile. Gênant un peu, mais facile. En quelque part, ben caché dans le fin fond de nous autres, c’est comme si on savait. Sans se le dire vraiment, mais on l’savait un peu tout les deux qu’on fittait ben ensemble. La soirée a été comme vous vous l’imaginez: restaurant, regards furtifs, effleurements sous la table, gossage parce que le souper est fini pis qu’on veut pas trop que ça soit fini parce que Dada, prudent pis sur la défensive, avait prévu seulement un souper, proposition d’aller au cinéma, déambulage dans un Dollorama, pis film un peu plate. Papa a tout payé, comme un gentlemen qui sort sa doudounne pour les grandes occasions (Dix ans plus tard, mon chum croit encore que j’ai fait exprès, mais non, j’ai vraiment oublié mon portefeuille ok là!).

À la fin de la soirée, Dada prévient qu’il a effectivement son appareil qui lui mesure ses battements de coeur. Papa blague qu’avec ça il pourra pas se passer grand chose entre eux deux. Dada rigole qu’il n’est pas aussi facile, ah ah ah (mensonge!). Sous la p’tite neige, les deux se disent au revoir encore une fois un peu malaisant. Le lendemain matin, Dada s’arrache son appareil du corps pis ça fait mal en chriss. Surprise, en avant-midi, c’est l’autre toé chose, Papa en personne qui appelle pour dire qu’il veut aller faire des courses sur la rive-sud du bonheur, pis demande à Dada s’il veut l’accompagner. Ben coudonc, pourquoi pas qu’il dit, même si en vérité il saute en petite culotte dans la pièce.

Une ride de char plus tard avec des effleurements de mains lorsqu’on change les pitons sur le radio, Papa ramène Dada chez lui pis lui donne un beau gros bisou avec la langue pis toute, pis c’est de même que ça commencé.

Qui aurait pu croire que dix ans plus tard, on serait encore ensembles à se donner des bisous pis à s’effleurer les mains en changeant des couches pis en prenant des p’tits dans nos bras? C’était peut-être pas la romance du siècle, ni écrit dans les étoiles, mais bonyeu my love, on est encore là aujourd’hui, se tapant sur les nerfs à tout bout de champ pis se lovant ben ben collé quand qu’on peut, avec en prime deux p’tits gars à nous deux.

Bon dix ans my love, je nous souhaite plein d’autres années à rester effouarés sur le divan, ensembles. xxx

 

Dada Blaise

 

 

 

 

 

 

 

Une Journée au Zoo avec le P’tit

L’été achève! Et comme il est fait toujours aussi beau et étant des parents consciencieux qui veulent maximiser la passe qu’ils ont payés en début de saison, Papa pis Dada ont traîné leur p’tit vers l’ultime destination de villégiature pour les enfants, le Zoo. Ça ressemble à quoi une journée au Zoo en notre compagnie vous vous demandez en vous pinçant les mamelons? Calmez-vous, m’a vous raconter ça:

9h44.         Papa pis Dada pis le p’tit sont pognés dans l’immense ligne de traffic de chars qui veulent tous aller au Zoo. Les voitures entrent au compte-goutte dans le stationnement, dirigés par l’adolescent désabusé de la vie qui fait de grands signes de main peu jovial. Un monsieur et sa poussette ont alors la bonne idée de traverser le stationnement à pied, bloquant ainsi l’accès à tout le monde. Les coups de klaxons et les « chriss de con » des autres voitures ne semblent aucunement le déranger et il ralenti la cadence. La journée s’annonce agréable!

9h50.         La voiture est enfin stationné! Vite, il faut rapidement tout sortir! La glacière, le sac de plage, les serviettes, la poussette, la balayeuse, le sac de couchage, le BBQ portable, les condoms, les pouliches, les p’tites chaises pliantes et le sac à dos. Papa aime être prêt à TOUTES éventualités.

9h52.        Tout le monde se rend vers l’entrée du Zoo. Le p’tit se plaint déjà qu’il a chaud/faim/c’est long. Papa va chercher les passes/bracelets. Dada dit au p’tit de s’asseoir dans la poussette et d’attendre là, que les portes ouvriront à 10h00, promis.

10h00.     Papa pis Dada s’avancent dans la mer de monde. Au loin, les portes sont toujours fermés. Le p’tit se tourne vers Dada, la trahison évidente dans le regard.

10h02.      Le p’tit a faim. Il réclame une collation. Dada farfouille avec difficulté dans la glacière accroché à la poussette. Il pogne la première sur le dessus.

10h03.       Évidemment, ce n’était pas la collation souhaité. Dada recommence.

10h06.      Après quelques essais/erreurs, Dada a trouvé la bonne collation, une pomme. Le p’tit prend allègrement une bouchée puis dit qu’il n’a plus faim. Papa s’offre pour terminer de manger la pomme. Le p’tit refuse que personne d’autre ne mange la pomme. Dada jette la pomme à peine entamer dans la poubelle.

10h10.       Il y a du mouvement à l’avant. La masse de gens se pressent tout autour de Papa pis Dada et le p’tit. Papa empoigne la poussette. On sent la nervosité et l’agressivité montante des parents déjà exaspérés. Vive les activités familiales!

10h12.       Les portes ouvrent! Hurlement de victoire et applaudissements!

10h13.        Et c’est parti! Les gens s’engouffrent par les portes ouvertes. À l’assaut! On se rue avec force, poussettes et glacières roulantes s’entrechoquant violemment et pas de quartier pour les gougounes! C’est l’Apocalypse du plaisir! Tout le monde veut aller s’amuser au plus chriss! Le monde se rue tous vers la même destination: les tables à pique-nique ou les chaises longues. Le p’tit s’accroche à ses Goldfish alors que Papa marche d’un pas rapide vers les tables à pique-nique. Dada suit derrière en traînant les quarante-cinq milles sacs.

10h14.      Marche rapide? Nope, il faut courir finalement. As-tu déjà vu courir une vieille p’tite madame avec l’énergie du désespoir vers des chaises longues? Ça court vite!

10h15.       C’est les Hunger Games! C’est chacun pour soi! Tous sur les tables à pique-nique et les coins d’ombre! Dada hurle de l’abandonner derrière, il se sacrifie pour bloquer le plus de gens possible. Son enfant aura droit à sa table de pique-nique!

10h16.       Papa se faufile entre les familles et contourne les divers obstacles. Il arrive à une table à pique-nique en poussant un cri tribal, grognant et montrant les dents aux autres qui s’approchent trop près. Rapidement, Papa urine tout autour pour marquer son territoire. Il jette ensuite des roches aux passants. Il faut savoir imposer l’autorité.

10h18.       Dada arrive et câlisse tous les sac par terre place les serviettes, sort la glacière et le sac de plage. Il sort également la crème solaire. Le p’tit passe en mode convulsion. Qu’il est agréable de crémer un enfant mou comme une guenille!

10h22.      Après plusieurs essais, Dada abandonne et asperge le p’tit de crème comme s’il arrosait un hot-dog de ketchup, espérant ainsi le couvrir du mieux qu’il peut. La nature se chargera du reste.

10h23.       Papa pis Dada enlèvent leur chandails. Pas de commentaires.

10h24.       Le p’tit est dooooooonc prêt pour aller s’amuser, fait quarante fois qu’il l’exprime avec une voix agréable. Let’s go, on y va!

10h25 à 11h45.        C’est la joie pure et dure! Pour le vrai! Aweille dans l’eau frette et les vieux résidus de peau des autres vacanciers! Glissades! Rigolades! Tête dans l’eau! Mamelons durcis par le vent et la bruine! Sol brûlant! Soleil tapant! Gros monsieur plein de poil dans l’dos! Bain de mousse géant qui titille la craque des fesses et picote les yeux! R’tourne dans l’eau! Grosse statue qui crache de l’eau avec des yeux rouges terrifiants qui vont donner des cauchemars aux enfants! Vieux band-aid qui flotte dans l’eau! P’tit qui plonge dans l’eau, bouche ouverte! BOIS PAS L’EAU YARK!

11h50.        Le p’tit est affamé. Vite, de retour à la table de pique-nique! Évidemment, la plus grande famille du monde, avec oncles, tantes, cousins, grand-parents aux bas qui plissent dans les sandales et bambins criards se sont installés à quelques centimètres de la table. Ils sacrent, éclatent de rire, pètent, crient après leurs enfants et mangent des sandwichs aux œufs odorantes. Joie!

11h52.       Le p’tit mange sa p’tite sandwich jambon uniquement, don’t you dare put mayo or mustard in that shit goddamnit!, content d’être heureux. Papa pis Dada se bourrent la face également. Les chips sont permises en sortie familiale, hourrah!

12h00.       La gang de Guidos/Guidettes, directement de Laval, bronzés pis rutilant de muscles et de boules dur comme le roc, s’installent derrière Papa pis Dada. Ils se sont payés le cabana privé et c’est le PARTY au Zoo pour eux! On se croirait dans une annonce de Budweiser. Papa pis Dada rangent leur chips et rentrent leur ventre flasque.

12h30.        Le p’tit veut encore aller dans l’eau mais sa voix sonne comme le désespoir et la surstimulation abondante d’un enfant sur le bord d’une sieste. Papa pis Dada proposent qu’ils aillent voir les animaux à la place.

12h31.           Le p’tit ne veut pas voir les animaux et le fait savoir en s’écrasant sur le sol et en lançant son flotteur à l’effigie d’hippocampe mauve en spécial chez Costco le plus loin possible.

12h32           Papa pis Dada se tapent l’agréable moment spécial qui uni les parents, c’est à dire gérer une crise, forcer un enfant hors de son maillot mouillé et l’habiller tant bien que mal sans que personne ne se blesse.

12h34.        « Est-ce qu’on peut prendre votre table? » « FUCK OFF! »

12h37.       Quoi de mieux que de marcher dans la chaleur en se cognant inévitablement contre la foule de monde avec un enfant qui braille dans sa poussette? Nothing I tell you! C’est le moment idéal pour se chicaner en couple sur une idiotie, ce que Papa pis Dada s’empressent de faire!

12h41.       Le p’tit se calme à l’aide de l’arme secrète de Dada, une autre collation!

13h.            Papa pis Dada marchent en direction des animaux de l’Afrique. Le p’tit regarde avec vif intérêt les éléphants pendant 4 secondes de pur extase. Le p’tit veut les toucher, évidemment. « Tu peux pas mon chéri. » On passe en mode dramatique.

13h12.         L’enclos des lions! Un homme étrange vêtu d’une chemise démodé décoré de grosses flammes orange se presse contre la clôture et fait des bruits de bouche orgasmiques qui sonnent comme le rugissement d’un lion, apparemment. Papa pis Dada sacrent leur camp de là quand le p’tit demande qu’est-ce qu’il a le monsieur.

13h20.       Alléluia! Alors que la famille traverse le coin des gorilles, le p’tit tombe profondément endormi. #pasdejokesurharambe

13h30.      Papa pis Dada vont dans les toilettes pour faire l’amour sauvagement s’asseoir et se cherchent un coin d’ombre vu que le p’tit dort. Et une place qui vent de l’alcool.

15h.          Le p’tit se réveille frais comme une rose, reposé, revigoré et avec une faim énorme. Vite, une autre collation! Papa pis Dada ont passé le stade de prétendre qu’ils sont de bons parents et vont manger une crème glacée.

15h08.     Le p’tit veut absolument aller dans les manèges. What could go wrong?

15h11.       Le p’tit pis Dada attendent en ligne pour faire les p’tites motos qui tournent en rond.

15h13.       Le p’tit embarque tant bien que mal sur sa p’tite moto. Dada va de l’autre bord. Papa fait comme les autres papas du coin et attend avec la poussette tout en regardant son téléphone.

15h14.       Le manège part à grands coups de Beat It de Michael Jackson!  Le p’tit s’accroche aux poignées comme on s’accroche à la vie. Il vacille entre sourire extatique et terreur extrême. Dada prend des photos.

15h15.      Le p’tit pogne confiance et fait des : »R’garde moi Dada! » à tout bout de champ. Dada prend des photos.

15h50.     Après avoir fait les p’tites hélicoptères, le p’tit train, les p’tites autos pis la p’tite roue qui tourne ben trop vite, Papa suggère que tout le monde sacre son camp. Le p’tit refuse la proposition poliment en hurlant.

15h51.    Un enfant tout près vomi brusquement sa barbe à papa sur les pieds de Papa. Pas de discussion, on câlice notre camp right now ordonne Papa.

16h15.    Retourner à la voiture n’est pas chose simple! Papa pis Dada évitent intelligemment les kiosques à crème glacée, bonbons, boutiques souvenirs et Isabelle Maréchal qui demande aux gens à quel âge il faudrait demander aux femmes d’arrêter le bikini. Ouf!

16h30.    Le char est bien rempli, la bouteille d’eau à fendu dans la glacière et a coulé partout, le p’tit a échappé son restant de Goldfish par terre pis il braille de fatigue accumulé. Somme toute, une journée réussie!

Dada Blaise

Partagez cet article comme la vieille dame qui pousse pour pogner une chaise longue: avec condescendance et force surprenante. 

Papa pis Dada se détendent

L’autre jour, comme les parents ingrats et sans-cœur qu’ils sont, Papa pis Dada ont fait GARDER LEUR P’TIT et ont passé la journée ENSEMBLES SANS LUI!!

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Je sais, je sais. Pour kessé faire qu’on a eu un enfant si c’est pour le faire garder par une belle journée de soleil chez la première venue (sa grand-mère) alors qu’on se vautrait dans l’aisance et le plaisir débridé de la relaxation bon marché? Oui, vous l’aurez deviné, Papa pis Dada avaient besoin d’un break et ont filé poussière au vent vers le lieu de détente par excellence pour les couples yuppies de la banlieue, le Spa Détente.

Voici un résumé de notre fabulous journée, sans le p’tit:

Après avoir droppé le cher enfant chez la mamie qui attendait ivre de joie la face effouarée dans la porte-patio, le congélateur ben rempli de sandwichs à crème à glace et de popsicles, Papa pis Dada sont repartis aussi vite qu’ils le pouvaient, riant aux éclats, doigts entrelacés, enivrés de liberté et d’aventures. Vite, au Spa Détente Balnea! Papa pis Dada arrivent et stationnent leur voiture parmi le lot de Jaguar, BMW et Porche présentes qui brillent sous le soleil de la richesse. Gulp! Les deux se grouillent de sortir de leur auto médiocre et ajuste leur polo et chemise, question d’avoir l’air plus riche qu’ils ne le sont. Ils passent à la réception, jasent avec la p’tite jeunesse au tailleur noir serré et aux mini-shorts inutilement sexy, puis se rendent dans les vestiaires. Maillot de bain blanc immaculé? check. Grosse bedaine molle qui dépasse du maillot? check. Peignoir ouvert juste un peu pour laisser voir le p’tit poil sexy? check. Papa pis Dada sortent des vestiaires prêt comme jamais à être détendus et recentrés sur eux-mêmes.

Première étape, le massage. Ils se rendent dans le Lounge, une grande pièce lumineuse surplombant le lac et la forêt belle à faire brailler. Après avoir dégusté une boisson fraîche fait à partir d’extrait d’eucalyptus et d’eau minérale, qui au dire de la madame est comme boire les larmes de Jésus lui-même tellement c’est bon pour la santé, on leur demande de remplir le petit questionnaire pré-massage puis d’attendre leur massothérapeute. Un demi-dieu bronzé aux bras d’acier et aux rutilants pectoraux à peine retenu par son uniforme noir fait son entrée, le sourire Crest et le pantalon plein. Joie! Malheureusement, il appelle une dame plus loin qui regarde autour d’elle éberluée, cherchant à comprendre ce qu’elle a fait pour mériter un tel bonheur dans la vie. Elle marche les jambes tremblotante derrière lui. On peut parier qu’elle enlèvera tous ses vêtements sous la couverture. Papa se fait appeler par une bonne femme joviale et frisé à mille lieux d’un demi-dieu. Jackpot. Dada se fait appeler par une dame âgée et frêle qui semble sur le point de mourir.  Hourrah! Massage s’en suit. C’est avec humilité que Dada ravale ses impressions, parce que la p’tite madame, à masse comme pas une. Dada aime se faire jouer dans la face et les cheveux et la p’tite madame oblige, doigts pesants et pressions parfaites. Dada sort de sa session étourdi de détente et c’est avec avidité qu’il boit son p’tit jus vert aux plantes bienveillantes tout en regardant le paysage, un p’tit coulis de bave au menton. Papa sort à son tour, l’air songeur et quelque peu troublé.

« La p’tite madame, quand elle t’a dit de te tourner sur le ventre, elle as-tu levé la couverte? » demande-t-il.

« Non. Ben, un peu, pour que je puisse bouger. »

« O.k. Moi elle a carrément levé la couverte au complet. »

« Genre, la graine à l’air pis toute? »

« Pis toute. J’suis comme resté surpris. »

« Elle s’est gâtée la cochonne! »

Après avoir rigolé comme des écolières, Papa pis Dada prennent le chemin vers l’autre étape de la détente, les bains. Il fait quarante six mille degré à l’extérieur et le soleil est rond comme un ballon, mais c’pas grave! On va se détendre coûte que coûte. Aweille dans l’eau chaude et les bulles. Papa est rouge comme un homard et son costume de bain fait des grosses ballounes, donc il fait signe à Dada qu’il en a marre. De son bord, Dada est ben excité. Il se sent comme dans un parc d’attractions, il ne tient pas en place et veut essayer toutes les affaires. Après avoir traîné son chum dans les bains chauds, frettes, steam room, salon Marocain et chambre à gaz, Dada est prêt à aller s’étendre un peu. Papa s’effouare et ferme les yeux. Fidèle à lui-même, il s’endort au bout de quelques microsecondes. Dada apprécie la vie et la nature…et se demande combien de temps de détente avant qu’il puisse aller chercher son téléphone pour jouer à Snakebird. Pourtant, le bruit de l’eau qui coule et le doux murmure du vent font leur job et Dada commence à relaxer, pour le vrai. Just kidding! Alors qu’on intime les gens à être silencieux, deux dames assises plus loin ont décidés qu’elles avaient le goût de jaser eux-autres là. Deux p’tites médames, maillot de bain fleuries et coiffures fraîchement spraynetté. Elles tentent de respecter la consigne du silence en « chuchotant », c’est-à-dire qu’elles crachent leur mot avec intensité sous le couvert des murmures.

« Pis qu’est-ce tu vas faire pour souper? »

« Ben j’ai dégelé du p’tit poulet dans la noix de coco, avec des bons piments rouges. »

« Tu vas-tu faire du riz aussi ou juste ça? »

« Ah j’sais pas. C’est lourd un peu le riz, pis il faut chaud sans bon sens. »

And so on and so forth. Entendre jaser popotte dans un Spa Détente était pas mal number one dans ma bucket list, fac j’étais content tu comprends. Dada gosse et se tourne les pouces lorsque tout à coup, STARSTRUCK! Une célébrité est au spa, dans son peignoir blanc pis toute. Julie Le Breton toi chose.

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Dada capote, parce qu’il est juvénile et aime ça voir du monde connu, même s’il oserait jamais aller lui parler, de peur d’y scrapper sa détente. Arrive 11:00 et un petit employé sort dehors pour enlever la petite chaîne qui bloquait l’accès au lac. Vite, fuck la détente, tout le monde se rue vers le lac et les autres bains placés plus bas, car tout le monde sait que ces bains là détendent beaucoup mieux que ceux d’en haut. Dada réveille Papa pis ils partent, descendant l’abrupte sentir de p’tites roches blanches qui glissent et roulent parfaitement sous les gougounes mouillés du spa, l’occasion idéale pour sacré le camp tête première. La berge du lac est composé de grands espaces détentes, de lits doubles, de coussins Fatboy et de planchers de bois qui craquent. Tout le monde s’en sacre, on veut aller sur le quai! Ici on a disposé des chaises longues inconfortables et des matelas gonflables pour se détendre sur l’eau. Dada pousse une vieille dame et attrape le dernier matelas disponible. Julie le Breton est déjà partie avec son viril conjoint. Dada s’est toujours demandé quelle couleur de maillot de bain elle portait. Il a sa réponse. Turquoise. Papa pis Dada flottent aisément sur l’eau placide, baigné de lumière et de verdure. C’est bucolique. Dada se pitch à l’eau parce que il a chaud. Il nage et tournoi dans l’eau étonnamment chaude puis est finalement prêt à remonter sur le matelas. C’est avec grâce et élégance qu’il tente de remonter sur la surface humide alors que son maillot de bain s’acharne à rester dans l’eau. Papa ne fait pas grand chose pour aider, évidemment. Dada se tourne alors et aperçoit la splendide Julie le Breton qui est dans la même situation. Pour vous dire que peu importe notre statut social, il est difficile d’avoir l’air cool en s’extirpant sur un matelas au beau milieu d’un lac.

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Après tous ces nombreux exercices, Papa et Dada se sont rendus au petit restaurant chic pour déguster quelques figues, dattes et noix croquantes savamment placées sur un gros billot de bois laqué. Ils sont ensuite retournés dans les verts plaisirs qu’offraient la journée, marchant bras dessus, bras dessous, les peignoirs flottants allègrement, la détente bien enclenchée. Pis OUI, ça a fait du bien de ne pas avoir le p’tit dans les jambes une journée! Pis OUI, tout le monde mérite une pause. Pis OUI, on a mangé une crème glacée parce que les p’tites noix nous avaient pas rassasiés!

Ce sera tout,

Dada Blaise

Vous savez, certains blogues se voient parfois offrir la chance inestimable de se faire payer une journée comme ceci en échange d’un article. Ben c’était pas le cas pour cet article. Mais n’empêche que j’ai trippé sur l’endroit et que je veux y retourner tous les jours de ma vie. Surtout si Julie le Breton est là. #stalker