Moi VS Les Mères Parfaites

Aussitôt que nous avons pris notre décision d’avoir un enfant, il a fallu déterminer qui d’entre moi et le chum allait rester à la maison pour le congé parental. Dans la plupart des couples c’est la maman qui prend ce congé. Vieilles habitudes, contraintes de la société, critères attendus, tempérament, name it. La mère s’occupe des bébés, pis c’est de même. Moi j’me suis jamais senti comme une « maman ». J’me suis jamais senti interpellé par ce rôle en particulier. Je m’imaginais pas avec des bigoudis pis  ma robe de chambre à fumer ma cigarette pis dire au p’tit: « Dans 2 minutes mon bébé, môman fini ça cigarette. » J’avais envie d’avoir un enfant, j’avais envie que mon chum et moi formions une famille et j’avais plus d’affinités avec les jeunes enfants, donc c’est moi qui a pris le rôle. J’suis devenu le Dada, cet espèce de mutant entre les deux parents, pas tout à fait un père, pis pas tout à fait une mère.

Fac Dada, à force de longues journées en compagnie de son p’tit, à force de changer les couches, pis donner le biberon, pis consoler, pis accompagner, pis jouer, pis apprendre ceci pis cela, est devenu une virile maman. C’était correct. J’me plaisais. C’est vrai que j’étais plus « maternel » que mon chum. J’étais plus câlineux pis enjoué de faire des activités pis j’pouvais passer des heures à me bercer avec. J’étais une mom. Pis j’me suis fais avoir à mon propre jeu. Comme la plupart des mamans de ce monde, j’me suis mis à avoir des aspirations désillusionnées d’être la Maman Parfaite, la Super Mom, la Gratienne. J’voulais être comme celle qu’on retrouve dans toutes les belles photos, les belles annonces, les beaux films. Celle qui cuisine les déjeuners colorés en forme d’Elsa, celle qui fait de beaux projets avec de noix de pin et de la Mod Podge, celle qui nettoie la maison en riant, celle qui a le temps de gérer un carrière, un époux, un enfant, un foyer, des amis et des aspirations créatives. Vous savez de quoi je parle, vous avez eu les mêmes rêves il y a de cela longtemps. Ces temps-ci, après que le p’tit fut doucement amené et pas du tout menacé d’aller au lit au plus chriss, j’m’assied sur mon beau divan blanc tâché de j’sais pas trop quoi, pis je réalise que j’suis pas la Super Mom, j’suis pas le Super Dada. Ces temps-ci, j’pense que j’passe à peine la barre du Juste Correct Dada. J’suis pas un mauvais parent en tant que tel, mais quand j’regarde ma maison et ma belle énergie absente qui me dit que ça me tente donc pas de jouer avec mon enfant et j’me demande de kessé que j’fais pas de correct coudonc. Pis là j’me rappelle les nombreux et nombreux articles qui pleuvent l’Internet qui nous rappelle que la parfaite maman, ou parfait parent, n’existe pas. Que cette pression, on se la met tout seul.

Ouain…MAIS! te dis-je alors. Oui, il est vrai que le parent se met souvent la pression lui-même, qu’on doit cesser de se comparer mais un doute me ronge le cerveau malgré tout. Si elle fait tant parler d’elle, cette satanée mère parfaite, c’est qu’elle doit ben exister en quelque part, non? Ben je l’ai trouvé. Pour le vrai de vrai. La simili mère parfaite, celle qui dérange tant.

C’est dans les commentaires en dessous de ces fameux articles que la mère parfaite resurgit toujours. Elle est sneaky, parfois presque imperceptible, mais elle réussit toujours, TOUJOURS, à te faire feeler cheap avec son bonheur et son « j’comprends pas, chez nous on fait ça comme ça pis on a pas de problème ». Chez eux c’est donc plaisant, chez eux c’est donc propre, chez eux c’est donc bien organisé au quart de tour. Comme j’suis tanné de me sentir comme le pire fléau qui existe parce que j’ai fait garder mon enfant CINQ jours la semaine passé pis que ma salle de bain est tout crotté, j’me suis compilé une belle liste de corvées qui viendront une fois pour toute damner le pion à cette Mère Parfaite inexistante mais qui existe malgré tout finalement. Vlan dans tes belle dents blanches et droites nullement tâchés de vin rouge!

1. Le Lavage

Bien sûr, bien sûr, tous les paniers à linge sales peuvent être vidés et les salopes overachievers pourront vous dire qu’elles prennent bien le temps de plier et immédiatement ranger le linge, mais ATTENDEZ! Allez voir sous votre lit, dans le fond du garde-robe, dans la salle de bain ou même dans l’auto. Vous y trouverez des vêtements, garanti. Mensonge que le lavage est toujours fait! Mensonges que je dis! Serviettes, débarbouillettes, vieilles p’tites culottes, p’tits gants d’automne full morve, il y a toujours des choses à laver, FOREVER.

2. La Vaisselle

Bon, bon, bon. La mère parfaite réussi à faire un bon repas coloré, full légumes et craquant en bouche, pis oui, après elle fait la vaisselle tout en préparant les lunchs et en faisant un willey à son époux. Elle prend le temps, elle. Vous ne trouverez pas de vieilles vaisselles dans le fond de l’évier ou sur le bord du comptoir chez eux, non, non. Pourtant, vous le savez, une famille, parents, enfants, ça sali de la vaisselle. En viarge. Ici mon lave-vaisselle devrait être parti deux fois par jour. Et il y a toujours quelqu’un qui s’est pris un verre d’eau, qui a mangé un yogourt pis qui a laissé la cuillère dans les vieilles craques du divan, qui a mangé des Goldfish en cachette pis qui a oublié le bol à côté du lit… Fouillez dans votre maison mère parfaite, vous finirez ben par trouver ce vieux gobelet jaune, celui que le p’tit aimait donc, tellement qu’il l’avait caché en-dessous de son lit, entre les lattes de bois. Ah, le voilà donc. Pas la peine de le laver celui-là, ce serait cruel après tout de détruire l’aussi beau et précieux écosystème qui s’y trouve.

3. Jouer

Ah ça, la mère parfaite aime donc ça jouer avec ses enfants. Non, non, elle a pas le temps d’aller au 5 à 7, ni d’assister au concert privé de Bono dans une croisière aux Bahamas, elle veut jouer avec ses enfants et s’extasier devant l’immensité de leur imaginaire! Aweille à quatre pattes à faire le cheval et le cochon qui se roule dans la boue. D’accord, oui, ça peut être plaisant jouer avec un enfant, parce que, you know, l’amour pis les liens pis les beaux souvenirs. Mais, mère parfaite, assied-toi avec un tyran haut comme trois pommes pour jouer à un jeu, vraiment jouer là, comme qu’il veut. Qu’est-ce qui arrive donc? Ben vite tu entends des non, pas ce jeu-là, l’autre, non, pas lui, lui, LUI, pis joue comme ça, non, de même, non toi tu ne prend pas l’auto jaune, non, toi tu fais pas ça, non, PAS COMME ÇA, joue de même, à l’envers, NON…Ah pis joue donc tout seul! Si tu n’as jamais perdu patience à jouer avec ton enfant, c’est que tu es une imposteur robot d’une autre dimension, tout simplement.

4. Le Chialage

On aime nos enfants. Tout le monde aime ses enfants, tout le monde le sait. Mais…MAIS…Un enfant ça ressent un besoin pressant d’exprimer toutes ses émotions et vocaliser tout ce qui lui passe par la tête, ce qui est très bien I know, I know, mais cette gamme d’émotions et de sentiments contient également le chialage. Mon enfant chiale constamment. Il veut quelque chose, il chiale. Il ne veut pas cette chose, il chiale. Il chiale quand on dit non, quand on dit oui. S’il fait trop froid, trop chaud. Il chiale contre le bol rouge, le choix de vêtements, le fait qu’il doive faire pipi, contre le débat Trump/Hilary, contre sa tuque. Il chiale que je ne suis pas Super Mom ou Super Dada, parce que si j’étais Super Mom ou Super Dada, ben ça fait longtemps que j’aurais trouvé le moyen qu’il arrête de chialer, n’est-ce pas?

Fac ouain, j’suis pas un Dada parfait. Mon p’tit aura pas une enfance parfaite où ses parents sont toujours épanouies dans la joie du bonheur de l’amour de la tendresse. Des fois ça va être sale, pis ça va puer, pis on va dire joue tout seul, tu m’énarves, pis on va chialer. On va juste le fucker un peu, juste assez pour qu’il soit un adulte légèrement névrosé et sardonique, avec ses complexes non résolus qui le rendront intéressant, amusant et sexy. It’s a win/win situation en fin de compte.

Dada Blaise

Pourquoi Autant de Jouets?

Comme pour beaucoup de choses dans ma vie, je m’étais fait une image parfaite dans ma tête sur un enfant qui joue avec des jouets. L’image était un amalgame de mes propres souvenirs, d’annonces de jouets full cool effets spéciaux retrouvés sur les postes américains de ma jeunesse, quelques scènes de films et photos de magazine. Je m’imaginais mon enfant, cheveux bouclés et joues bien roses, jouant avec ses petits blocs de bois solides, s’amusant à en faire des belles tours bien hautes ou tout simplement les alignant un derrière l’autre pour en faire des pistes de courses. Je m’imaginais également qu’un enfant adorait jouer avec des jouets, qu’il pouvait passer des heures à jouer avec des figurines et des Legos, se créant des histoires rocambolesques et des épopées fantastique grâce au puissant pouvoir de l’imagination.

Avant d’avoir des enfants, moi, Dada, je me permettais également le jugement du jouet. Quand j’allais chez les gens qui avaient des enfants, j’me disais avec ma voix sassy et assuré « Voire que ces jeunes-là ont AUTANT besoin de jouets que ça. Ils en ont ben trop! », pis je repartais fièrement avec ma tête arborant une énorme tignasse de cheveux sexy pis mes fesses rebondis. Mais la vie, cette salope cruelle qui offre et enlève en même temps, m’a donné la chance inestimable d’avoir un enfant tout en me ramollissant les fesses. Moi qui m’étais promis que mon salon n’allait pas ressembler à un sous-sol de garderie, ben regarde moi donc les centaines de chars, pis grosses pistes de courses, pis pouliches pis nourriture de plastique qui se répandent partout, pis toutes sortes d’autres belles affaires inutiles.

OUI, j’ai appris et je suis repentant. Je suis comme tous les autres parents à présent, je cours dans les Wal-Mart et Toys’r’Us de ce monde pour acheter quarante-cinq-mille bébèlles différentes. Ma salle de jeux et mon salon sont rempli à rebord de jouets dans un seul et unique but: occuper mon enfant assez longtemps pour que je puisse faire le souper/uriner/liker des photos sur Facebook. La vie d’un parent est difficile. Le parent mérite une pause. Les jouets sont là pour ça. Alors pourquoi il y en a autant?

Pour diverses raisons:

  • Dans l’espoir de trouver LE jouet, LA bonne affaire qui déclenchera un spark d’intérêt fabuleux qui donnera envie à votre enfant de jouer le plus longtemps possible tranquille et de façon raisonnable tout en développant son intellectuel et ses talents artistiques.
  • Parce que votre enfant en reçoit des tonnes et des tonnes à chaque Noël et jour de fête, particulièrement le genre de jouet électronique qui chante sans arrêt, surtout parce que l’enfant pèse et repèse sur le piton jusqu’à ce que la chanson ce soit incrusté dans votre cerveau comme un parasite et fasse partie de votre personnalité intégrale à jamais.
  • Parce que vous avez visité des amis qui ont des enfants et vous avez vu à quel point ils ont des jouets cool et branché comparé aux vôtres, pis ben coudonc, vous êtes jaloux pis vous aussi vous les voulez ces beaux jouets-là esti.
  • Parce que vous avez donc joué avec ce jouet-là quand vous étiez p’tit pis vous avez donc aimé ça, pis damn it, votre p’tit aussi va jouer pis avoir autant de plaisir que vous pis vous allez partager un beau moment pis ça va être le fun, correct-là? Pis évidemment le p’tit en a rien à faire de votre jouet plate et délavé.
  • Parce que vous avez eu le malheur d’écouter PatPatrouille, pis guess what, ça vous prend les p’tites figurines de chaque chiens. Les chars aussi. Pis la grosse base. Pis le temple. Pis les toutous. Pis devinez quoi? La nouvelle saison est sortie, pis il y a un nouveau chien! Hourra le mercantilisme et la faible volonté d’un parent qui aime avoir les belles collections « au complet »!

 

Dada Blaise

Voyons câlisse!

J’me rappelle encore la première fois où j’ai sacré de mon plein gré. J’attendais l’autobus sur le coin de ma rue, je devais avoir 7 ou 8 ans, pis il mouillassait, ce genre de p’tite pluie fine comme un crachat frette pis désagréable. On était quelques uns attroupés autour du même spot au coin de la rue à attendre l’absolution/le gros autobus jaune. Il y avait deux filles plus vieilles, elle devait être en 6e année, pis c’était des badass, parce qu’elles mâchaient de la gomme pis elle se gauffraient les cheveux. Une des deux a dit à un moment donné: « Câlisse d’esti de pluie. J’haïs ça. » Quelques approbations et hochements de tête du reste du troupeau. L’autre cool girl a renchéri avec un « esti » pis un « chriss qui fait frette. » Ça y était. Les sacres étaient lâchés lousses. Rapidement, tous et chacun se sont mit à murmurer ou carrément dire leur propre gros mots avec un plaisir coupable. La plus grande de la gang, la sacreuse originale, s’est alors tourné vers moi pis m’a teasé du regard:

« Toi, t’aimes-tu ça la pluie? T’haïs ça toi avec hein? »

« Ouain. » que j’ai dis, avec ma p’tite voix simili certaine qui voulait pas être délaissé.

« Ça te fait chier la pluie toi aussi hein? »

 

Je comprenais son invitation. Il était temps de prouver ma masculinité et ma rébellion contre le système en sacrant moi avec.

 

« Ouain, moi aussi j’haïs ça. J’haïs ça en tabarnak. »

 

Le mot était facile à dire. Presque jubilant. Tabarnak. C’est ainsi que j’ai vécu mon premier sacre. En voulant prouver que moi aussi j’étais capable de le faire. C’était un sacre inutile, il n’avait pas de substance, pas de raison d’être. Pourtant, il m’avait déjà accroché.

Flashfoward en 2016. Un moment où mon stress est trop intense pour toutes les mauvaises raisons, pis j’ai juste envie d’avoir la paix 2 minutes, pis toute me fait chier royalement, pis mon p’tit prend une heure pour mettre son fucking pyjama, pis j’suis entrain de perdre patience, en fait elle est rendu dans l’fond du tiroir à côté des bas blancs que personne ne met jamais. Fac j’m’en va dans un autre pièce pis j’accroche ma belle pile de linge bien plié pis, c’est plus fort que moi, j’lâche un « Voyons câlisse! ». Le p’tit retondit, bien intéressé.

« Kess qui a Dada? Toi fâché? »

Je répond pas tout de suite.

« Toi t’as dit, voyons câlisse? » qu’il demande avec la plus grande clarté et articulation inimaginable.

« Oui, Dada est fâché en tabarnak même! que je me permet, parce que j’étais pas arrêtable pis j’en voulais à la Terre entière et toutes les circonstances qui m’avaient amené à ce point dans ma vie où  je me retrouvais devant une pile de linge détruite.

« Oh…c’est pas grave Dada. »

Bon…d’accord, bon point Petit Pou.

J’exerce un métier prenant et exigeant qui comporte beaucoup de facettes différentes, notamment un self-control sur le langage puisque je passe ma journée à enseigner et à montrer l’exemple sur la bonne conduite à avoir. Il est donc rare de voir un enseignant dire « Bon, on va faire des esti de math pour changer! », « OK, là vous baissez le volume parce que j’suis chrissement écœuré de vous entendre! » ou bien « Yé c’est la fin de la journée, on décalisse d’icitte! » Je me retiens donc toute la journée pour ne pas lâcher des gros sacres bien senti qui me ferait DONC du bien. Je suis un ADULTE après tout. Et le soir à la maison, c’est la même chose. J’essai d’utiliser un langage normal et approprié pour mon enfant de 3 ans et demi. J’essai donc de ne pas dire « Mange tes sacraments de piments! » ou « Laisse moi pisser tranquille câlisse! ». Pourtant, à me r lire, il semblerait que je suis un espèce de bûcheron malpoli qui adore lâcher des « esti » à tout bout de champ, et pourtant pas tant non. Je ne suis pas particulièrement fan de langage vulgaire ou grossier. Je n’ai pas grandi avec des parents qui nous sacraient après sans arrêt. Quoique les partys de famille et les parties de cartes joués par la parenté m’ont quand même fait une belle éducation sur comment sacrer avec jovialité et envoyer chier quelqu’un parce qu’il m’a coupé aux cartes.

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Comme grand-maman le disait: « p’tite truie! »

Mais l’espèce d’interdit qui vient avec ma job de prof et de parent m’a comme qu’on dirait boosté les sacres depuis quelques temps. Une fois le p’tit endormi, les « chriss », « esti » pis « grosse conne » me sortent de la bouche facilement, surtout lorsque j’écoute Canal Vie. Je me défoule comme qu’on dirait (peut-être l’avez vous subtilement remarqué dans mes textes). J’ai donc découvert le pouvoir bénéfique du sacre. C’est un moyen comme un autre de s’offrir une libération émotionnelle. Il parait même que sacrer permet de mieux endurer la douleur. Ainsi, oui godamnit, j’me permets de sacrer pis joualer en masse dans mes textes et mes soirées entre copains. J’aime ça dire parfois que mon p’tit me fait chier, qu’il a été un p’tit câlisse, pis m’imaginer lui faire des fuck you dans sa face quand il annonce que non, il ira pas dans le bain (c’est notre guerre personnelle à tout les deux). Une étude (trouver sur Facebook mais bon, faut c’qui faut) démontre que ce de lâcher des gros mots devant les enfants n’est pas nocif en soi, ce qui est important est de ne pas dénigrer l’enfant par le biais du sacre, ni d’utiliser un langage péjoratif ou insultant. Par contre, si vous vous cogner l’orteil et que vous lâcher un « câlisse », votre enfant ne se mettra pas à vomir du sang et s’auto-mutiler pour autant.

Fac ouain…plus j’y pense, plus que finalement, chriss, j’sacre par boutte. Je suis un jovial sacreur moi avec. Pis, ça me dérange pas tant finalement. Des fois je lâche un « gros épais » quand je conduis ou « hey tabarnak! » quand j’perd à Mario Kart. Mon p’tit me dit « merci » et « s’il-vous-plait » et est poli avec la visite, mais de temps en temps, il entendra peut-être un « câlisse » quand on joue aux cartes. Puis un matin, alors qu’il joue avec ses petites autos pis qu’il tente de les faire tenir en équilibre pour what the fuck raison pis qu’une tombe, j’vais peut-être entendre un « voyons câlisse! ». Pis j’vais aller me cacher dans ma chambre pour ne pas éclater de rire.

Sur ce, j’vous souhaite une esti de belle journée.

Dada Blaise

Être parent ce n’est pas drôle!

Quand tu es parent, tu aimes ça parler de ton enfant. C’est ben certain, il devient pas mal le centre de ton univers. Tout ce qu’il fait est merveilleux et amusant et incroyable, du moins quand il est un bébé. Quand l’enfant grandit, le discours change de façon imperceptible. Tu pimentes la conversation avec une phrase adorable que ton enfant à dit ou de la fois où la fois que tu pensais saigner du nez tellement t’étais en esti après lui, c’est selon ton auditoire. Il y a les histoires de pleurs toute la nuit, de premier caca dans la toilette, de rot bruyant au restaurant et les incontournables histoires de gastro. Ça, le parent en raffole. Il est toujours question de fluides corporels dans les histoires d’enfants. « Mon Dieu qu’il a été malade. » « Mon Dieu qu’il feelait pas. » « Mon Dieu qu’il a vomi! » « C’était épeurant tellement il vomissait! » Dada, qui est toujours prêt à placer une bonne blague aux moments les moins appropriés, lâche alors un commentaire du genre: « Hiiii, est-ce que sa tête a fait un 360 et elle s’est masturbée avec un crucifix? »

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As-tu essayé de lui donner une boisson du style Pédialyte? Peut-être ça lui f’rait du bien…

Bon, c’est évidemment là que le parent se tourne vers moi, somewhat indigné, me fixant avec la tête légèrement penchée sur le côté, incertain, terrifié même. « Ce n’est pas drôle. Elle a vomi toute la nuit! J’ai été obligé de désinfecter la maison entière avec de l’eau de javel et du Purell! » Ok. I get it. La p’tite était malade pis elle a passé une ben mauvaise nuit. Les enfants sont précieux. Ils sont notre avenir. Teach them well and let them lead the way. Moi aussi j’connais la chanson de Whitney.

Et que c’est sérieux, mon Dieu que ce n’est pas drôle. Ne touche pas à ça, reste assis, écoute bien, mange tous tes brocolis, fait un arrêt complet, fait du jogging, bois pas trop de vin, passe du temps en famille, laisse pas de graines de toast dans le beurre, rince ton recyclage, mange pas trop de chips, rit pas de la grosse madame. C’est sérieux la vie. I know, I know. Y’a ben du drame dans le monde. Tous les jours des gens sont assassinés, il y a la guerre, la corruption, les génocides. Quelqu’un, en ce moment même, se fait laisser par un être cher. Quelqu’un se sacrifie pour celui qu’il aime. Quelqu’un tombe en amour, quelqu’un pleure. Un bébé naît et une famille est en deuil pour un grand-père qui vient de mourir. La vie est pas facile et triste et grise. La vie devient particulièrement sérieuse quand tu deviens parent. Tu deviens un nouveau citoyen du pays de la parentalité, et ici, il y a beaucoup de règles à suivre. Ou à ne pas suivre. Combien d’articles ou reportages sur la famille et les enfants sont réellement sur des conseils constructifs et non à propos des choses À NE PAS faire? Je sais que ce n’est pas un avis très populaire parmi certains parents, mais quand est-il du essai/erreur avec les enfants? Après avoir collé ma langue sur la p’tite barre de métal dans le congélateur, j’ai apprit que ce n’était pas une bonne idée! Ma mère m’avait dit de ne pas coller mon pouce sur le l’allume-cigarette dans l’auto, je l’ai plus fait après m’avoir brûlé! Faire des acrobaties avec un pantalon jogging usé devant la cour d’école entière, ce n’est pas une bonne idée car les pantalons risquent de FENDRE! Et j’ai appris qu’il fallait toujours, TOUJOURS, cogner à la porte de la salle de bain avant d’entrer quand mon père y était.  Vous voyez, essai/erreur!

Et qu’en est-il de l’humour? T’sais, en rire une bonne shot. Parce que, avouons-le, c’est pas mal ridicule être parent. C’est ridicule quand tu décides de ne pas passer la balayeuse sous prétexte que ton p’tit dort (yeah right). C’est ridicule quand tu envoies une photo de caca à ton époux tellement tu es fier de ton enfant. C’est ridicule quand tu manges en cachette les Goldfish de ton enfant…ou ses bonbons d’Halloween. C’est ridicule parce que tu dois épeler des mots pour ne pas te faire comprendre (ou parler l’anglais) quand tu veux dire à ton conjoint que tu as envie de manger un P-O-P-S-I-C-L-E ce soir (ou que tu veux F-O-U-R-R-E-R ce soir, c’est selon). C’est ridicule lorsque tu réalises que tu es en train de tenir tête et raisonner un enfant en pleine crise, alors qu’il serait plus facile d’apprendre le latin ou de faire le Moonwalk sur un pied seulement. C’est ridicule parce que tu passes des soirées à t’en vouloir d’avoir puni un enfant, alors que lui s’en rappelle plus vraiment le lendemain. C’est ridicule parce que c’est quelque chose qui change ta vie complètement sans la changer du même coup. C’est ridicule et c’est drôle de voir à quel point tu changes même si tu t’étais juré de toujours resté le même. C’est ridicule pour toutes les bonnes raisons.

Alors, peut-être peut-on se permettre d’en rire un peu. De faire un « fuck you » dans le dos de notre p’tit quand il ne veut pas s’habiller. De dire que notre p’tit est un asshole. De rigoler de la fois où on était tellement fatigué qu’on s’est endormi sur le divan tout les deux. De la fois qu’on a pété dans l’église. Parce que, malgré toutes nos belles précautions, le résultat ultime est que notre enfant va grandir et va se lancer dans le monde sans vous derrière lui pour le guider et lui dire quoi faire ou ne pas faire. Il va faire ses propres erreurs, probablement vous blâmer pour quelque chose, se payer une thérapie pis vous pardonner en fin de compte. Fac riez. Riez out loud tout en regardant votre argent fondre comme neige au soleil, vos cuisses épaissir, vos cheveux amincir et votre jeunesse s’envoler dans le bleu du ciel. Si c’est pas drôle ça, rien ne l’est.

Dada Blaise

P.S: Dada croit aux pouvoirs du ridicule et du rire. La preuve, il a déjà fait bleacher ses cheveux. Et à déjà rencontré Steph Carse. EN PERSONNE!

8 Genres de Parents que tu risques de rencontrer à la piscine

Être un adulte semble simple et reposant, et en majeur partie ça l’est. Tu peux décider de l’heure à laquelle tu te couches (9:33, whohoo, wild night!), tu peux manger tout un pot de Haggen Daas beurre de pinotte et chocolat pour déjeuner (ben quoi, le beurre de pinotte c’est au déjeuner qu’on mange ça!) et tu peux choisir d’écouter un film d’horreur avant de te coucher (et ne pas dormir en surveillant la fenêtre voir si les aliens vont arriver pour te kidnapper).

Être parent signifie que toute cette belle liberté se retrouve câlissé par la fenêtre et ta vie se concentre maintenant à une chose uniquement: entertainer le p’tit. Oui, d’accord, il faut également le nourrir, le laver, l’éduquer et l’aimer, mais ça c’est des broutilles. Plus ton enfant grandi, plus son besoin en activité augmente violemment. Comme tu veux que ton enfant soit épanoui dans le plus de sphères possibles et que faire des casse-têtes d’animaux et de la peinture à doigt commence à te taper sur le système, tu te dois de l’inscrire à des cours. Et des cours pour les enfants, il y en a une toute une panoplie. Ballet jazz funky/slutty, karaté post-moderniste, gymnastique haïtienne, hockey pro-féminisme, peinture expressionniste, danse moderne dans un leotard moulant, il y en a pour tous les goûts.

Comme Dada n’est pas trop aventureux et que Petit Pou est une p’tite affaire gêné (l’équivalent d’un chat sauvage qui crache quand on lui dit « bonjour »), nous avons opté pour les cours de natation. Les premiers cours de natation d’un enfant doivent se faire avec le parent, alors c’est avec JOIE que j’ai sorti mon plus beau maillot qui balloune dans l’eau, mes manboobs et mon casque de bain bien assorti qui étire mon visage comme celui de Manon Leblanc.

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On peut la voir ici en train de pleurer à chaudes larmes.

La Piscine. Quel bel endroit pour se retrouver un samedi matin, étouffant dans l’air stagnant et plein de chlore, pataugeant dans le jus d’enfant et l’eau tiède de l’avant-veille. Et c’est aussi une belle occasion de rencontrer des parents comme vous et vous faire de nouveaux amis! Après tout, vous allez passer presque treize samedi matins ensembles, alors voilà l’occasion de faire connaissance au travers l’apprentissage de la nage du p’tit chien qui se tortille. On le sait, se faire de nouveaux amis est un procédé tortueux, surtout lorsqu’on porte un maillot de bain et c’est beaucoup moins facile qu’à la maternelle où le simple fait d’avoir tout les deux un chandail jaune faisait de vous des BFF.

Voici donc un autre volet dans ce petit guide simple et pratique, cherchant cette fois-ci à vous aider à reconnaître les différents types de parents qui barbotent dans les piscines municipales afin de vous aider à choisir avec qui vous pourriez aller magasiner des napperons agencés un de ces quatre:

La Swim Mom

Ici, c’est SA piscine. Elle y a fait ses cours quand elle était jeune, fac elle est en terrain connu! Elle est impliquée dans la vie de ses enfants et damn it, ils sont mieux d’être reconnaissants! La Swim Mom va te faire douter à savoir si ton enfant est paresseux, stupide ou un désadapté social. Peu importe les réussites de ton p’tit l’enfant de la Swim Mom l’a déjà fait avant et de façon ben meilleur. Elle est évidemment avec toutes ses meilleures copines, avec leur serviettes agencés et leurs jugements à outrance, parce que toi tu as une serviette de bain rugueuse et ton p’tit à encore une trace de confiture aux fraises sur le coin de la bouche.

La Goddess

Elle est jeune, dynamique et surtout, athlétique. Elle a une peau de cuivre, des lèvres pulpeuses et des jambes qui finiront plus jamais de finir. Elle fait du CrossFit à chaque matin, du Pilates avant de se coucher et du Pole Dancing pour relaxer. Son maillot de bain, taillé dans le succès, est noir charbon bordé de fil doré et retient à peine son énorme poitrine ronde qui défit les lois de la gravité. Même son casque de bain est fashion et ne lui donne pas tout l’air de Bibi. Elle arrive la dernière parce que ça ne pourrait être autrement, marchant avec grâce et assurance, laissant une traînée de papillons dans son sillage. Elle scrute les enfants pour discerner qui pourrait faire ombrage à sa p’tite. La mère et la fille sautent en tandem dans l’eau et exécute une routine de nage synchronisé à couper le souffle. Le mot échec ne fait pas partie de son vocabulaire.

La Pimpante

Et qu’elle a donc du fun aujourd’hui! Son maillot te rappelle ceux des nageuses Allemande Olympique et son casque de bain n’est pas agencé, mais c’est pas grave, elle s’amuse! Son p’tit possède quarante-cinq différents surnoms et il semble serein et pleinement épanoui. Dans l’eau, ils sont encore plus heureux, tellement que tu as envie de la puncher en pleine face. À chaque saut et vagues, elle pousse des cris orgasmiques et rit à gorge déployée alors que son p’tit est déjà capable de faire des culbutes sous l’eau. Ils s’aspergent avec la joie de la complicité, oubliant du coup le reste du groupe. La monitrice, enragée car elle se fait voler le show, est obligé de monter d’un cran son enthousiasme et sourit à s’en fendre les joues. Si la Pimpante ne fait pas attention, elle risque fort de finir au fond de la piscine après avoir reçu un violent coup de nouille rose bonbon. De votre part ou de la monitrice.

La Rigide

Elle est en public, alors watch out. Elle ne s’attend à rien de moins qu’un comportement exemplaire de son p’tit de 2 ans. On attend son tour, on glisse pas, on pousse pas et, Seigneur Dieu, on se mouche pas directement dans l’eau comme l’autre là-bas (le mien qu’elle pointe du doigt). Elle a beaucoup de règlements complexes, beaucoup de pauses réflexions et elle aime répéter: « fais le bon choix ». Pendant ce temps, les autres enfants hurlent de joie dans la pataugeoire alors que le sien doit expliquer en 3 phrases argumentatives pourquoi il a voulu mettre la baleine de plastique dans son maillot de bain.

La Criarde

Sur les bancs elle est calme et composée mais perd tout sens d’amour propre et dignité lorsqu’elle touche l’eau. Lorsqu’il est temps d’encourager son enfant, elle le fait comme si c’était le jour du Jugement Dernier. Un peu plus et on se croirait dans son intimité avec son mari. « Pousse plus fort! », « Plus vite! De plus grands coups! », « Tourne toi sur le dos! », « Vas-y mon champion! », « Fais l’étoile, écarte tes jambes! ».

Le Papa Dude

Il est un des précieux mâles de la piscine, armé de sa bonne humeur gamine et son attitude relax. Il parle à tout le monde, les autres parents, les enfants, les p’tites lifeguards, le concierge et la vieille madame qui pensait que c’était son cours d’aquaforme. Il a un ou deux tatous, une barbe et un maillot de bain avec des palmiers. Il chantera certainement pas au début avec la monitrice, mais s’investit à fond la caisse dans les différents styles de nage. et il éclatera d’un rire similaire à un jeune de treize ans qui écoute Beavis et Butthead quand vient le temps de sauter dans l’eau. Son p’tit risque d’avaler quelques bouillons car il est souvent occupé à regarder les gros seins des autres mamans.

Le Gay Dad

Un nouveau modèle qui apparaissait rarement jusqu’à présent. Fier porte-parole du « Dad Bod », le Gay Dad trouve l’eau anormalement frette et que les nages sont répétitives (à quand la nage de la sirène?), mais se dévoue malgré tout pour son p’tit. Il ADORE quand vient le temps de chanter en début de cours, il sait tous les mouvements et est beaucoup trop enthousiaste quand vient le temps de faire les cris d’animaux. Il rend les dames à l’aise, peut-être même un peu trop car elles ont tendances à lui confier, entre deux sauts des p’tits depuis le tremplin, qu’elles aimeraient essayer le trip à trois avec leurs époux et quel lubrifiant il suggère pour…you know. Il est à l’aise pour jaser sexualité, mais pas dans une piscine probablement rempli d’urine fraîche.

Les Eux Autres

Oh yeah. Ils sont là. En couple. Ugh…Leurs maillots sont blancs, leurs sourires aveuglants et leur rires cristallins. Ils font la salutation au soleil avant d’entrer dans l’eau avec leur petite Eurydice qui porte un maillot Jean-Paul Gauthier et un casque de bain Prada. Dans l’eau, le père nage aussi vite que Michael Phelps et la mère explique aux autres sa recette de crème solaire maison fait à base d’huile de noix de coco, de sauge et du sperme de son mari. Les Eux Autres ne sont pas d’accord avec la chanson « Y’avait des crocodiles » car elle véhicule une image judéo-chrétienne de l’Arche de Noé. Ils n’aiment pas non plus qu’on demande aux enfants de nager « comme un chien », trouvant la comparaison dégradante .

 

Si vous réussissez à vous faire amis tout en gardant la tête hors de l’eau et vos parties intimes dans votre maillot, je vous félicite. Ça ben d’l’air que je l’ai pas pantoute.

Dada Blaise

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Papa pis Dada sont sur Facebook! Il y a des blagues pathétiques à allez lire régulièrement. Go for it!

Regarde-moi là!

S’il y a une constance dans la vie du parent moderne, c’est de se faire reprocher quelque chose par un inconnu sur Internet. Pas de technologie avant le dodo. Pas de jouet-épée mousse. Ne pas uriner dans les buissons au parc. Faire du co-dodo. Ne pas laisser pleurer votre enfant plus de 2 minutes trente secondes. Faire vos propres quiches avec le restant de placenta. And so on and so forth. La mode par les temps qui courent: « Lâchez Votre Cellulaire! »

Il y a toujours un article de ce genre qui se retrouve sur ton wall Facebook, révélant que, shocking news, le parent d’aujourd’hui passerait plus de temps sur son cellulaire qu’à jouer ou surveiller son enfant. On rapporte que les enfants sont obligés de tourner la tête de leur parent avec force encore d’avoir à arracher directement le téléphone de leur main afin d’avoir quelques secondes d’attention. On raconte aussi que certains parents repoussent leur enfant à coups de pied ou lance un sac de Oreos au loin pour faire diversion afin d’avoir 3 minutes pour compléter leurs hashtags. Peut-être qu’ici on ne parle pas de parent poche parce qu’il ne lâche pas son cellulaire, mais juste de parent poche tout court? Un article explique même que la nouvelle tendance du parent qui pitonne sur son téléphone sans arrêt égale à un nombre plus élevé d’enfants qui se blessent au parc. Please…mon p’tit passe sa vie à tomber par terre parce qu’il court tout croche et ne regarde pas où il va. Parfois c’est même moi qui le pousse! (just kidding…or am I?)

Donc, si je comprends bien, il faudrait que je donne TOUTE mon attention à mon enfant, et ce à chaque fois qu’il l’a réclamé? Et s’il joue tranquille dans son coin, je devrais également me poster derrière lui et l’encourager sans arrêt tout en créant des médailles de félicitations faites avec de la laine et des cannettes de Coke pour chaque petite auto qu’il a vaillamment fait rouler? Mais agir ainsi ne ferait-il pas de moi un parent-hélicoptère (un autre type de parentalité à proscrire selon la tendance Internet) si je suis constamment autour de mon enfant pour l’aider, lui dire quoi faire et surveiller à ce qu’il ne se blesse pas? Ne vais-je pas commettre des erreurs irréparables si je suis constamment autour de lui, du genre le rendre incapable de gérer lui-même ses problèmes, le transformer en dendrophile solitaire, lui créer une dépendance aux colles en bâton Pritt ou autres trucs terrifiants de ce genre?

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J’ai insisté pour qu’il porte une casquette l’été pour se protéger du soleil! Regardez-le maintenant! Qu’ai-je donc fait?

 

J’ai lu il y a de cela très longtemps (genre il y a deux semaines, mais Internet va tellement vite!), un article très intéressant sur ce sujet. Le papa relate qu’il ne faut pas juger les parents qui bizounne sur leur téléphone, car on ne sait pas tout ce qu’ils ont fait avec leurs p’tits avant dans la journée (bricolage, cours de hockey, messe noire pour le Prince des Ténèbres) ou tout ce que le parent a vécu auparavant (chicane, drame, vasectomie, etc.). J’suis bien d’accord qu’il ne faut pas juger, mais je suis le premier à l’avouer que lorsque j’vais au parc ou ailleurs et que mon enfant, après l’avoir poursuivi en riant dans les jeux, le faire glisser, le balancer, s’amuser avec lui et etc, fini par jouer SEUL ou avec des p’tits copains de façon sécuritaire tout en brûlant son énergie qui pourrait alimenter toute la ville de Joliette à elle seule, ben j’aime bien m’effouarer sur le p’tit banc de bois et sortir mon téléphone. Mon enfant à son plaisir pis moi le mien, et je me DOIS d’aller voir combien j’ai eu de likes pour la photo que je viens de poster, montrant mon enfant et moi alors qu’on soufflait des bulles de façon ludique. Parce que, entre nous autres, c’est un peu plate être au parc. Et là j’entends déjà les Eux Autres s’exciter le poil des jambes (inexistants parce qu’elles sont toujours fraîchement rasé elles, elles ont le temps).

« Moi j’adore glisser avec ma petite Arabella et lui faire découvrir les vingt millions d’espèces de papillons qui habitent notre parc. »

« Moi je cours tout l’après-midi avec mes enfants, on joue à chat perché puis à la marelle avec de la craie bio que j’ai fait avec de ossements de dindon et ensuite nous rentrons à la maison pour boire un jus de kale frais et manger du fromage cottage en forme de Elsa et Olaf. »

« Moi je ne comprends pas cette dépendance au téléphone! Dans le temps de nos parents, il n’y en avait pas et c’était bien mieux! »

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Dans l’temps mes arrières grands-parents marchaient huit miles dans ‘à neige pour aller su’à toilette, pis y s’essuyait avec des vieux journaux, c’tait ben mieux!

Heu…calme-toi la self-indulgence. Oui, je suis d’accord qu’il faut allouer du temps pour jouer avec nos enfants et oui, nos parents et grands-parents nous ont élevés d’une façon différente, mais là viens pas me faire à croire que ta mère pis ton père passaient leur sainte journée à jouer avec vous autres sans arrêt, riant aux éclats lors d’une partie de Monopoly amicale pour ensuite faire du baba ghanouj maison. J’serais prêt à mettre ma main au feu qu’à un moment donné, vos chers et tendres parents en avaient leur esti de voyage de vous endurer pis avaient juste le goût d’avoir la paix cinq minutes. Vous m’croyez pas? Bon, comme d’habitude je vais piger dans mes horribles souvenirs d’enfance pour vous prouver mon point.

Voilà le tableau: Dada est jeune, genre cinq ou six ans. Il est souple et agile comme Nadia Comăneci. Il fait de la gymnastique le samedi matin vois-tu, pis il est capable de faire la roue sans main, la split à moitié et faire la chandelle, c’est-à-dire se tenir sur les mains, la tête en bas, les jambes drette comme un pic. Il est ben fière de ce dernier move. Futur Dada passe la journée avec sa housewife de mère. Comme elle est une femme accomplie qui ne fait pas juste faire le ménage, elle extériorise ses talents artistiques par toutes sortes de moyens. Sa dernière passion? La sculpture. Elle s’est installé un genre d’atelier dans la cave et est justement à la besogne, à travailler sur sa sculpture. Jeune Dada arrive en haut de l’escalier et décide que ça serait l’endroit idéal pour démontrer ses talents de gymnaste à sa mère. Il se met sur les mains, les jambes dans les airs ben écarquillés avec peu de grâce.

 

« R’garde-moi maman! »

« Mmmm… »

 

Maman est ben occupé à gosser son p’tit bout de bois pour en faire un canard. Elle marmonne une réponse.

 

« R’garde-moi maman! »

« Mmm… »

« R’garde-moi là! R’garde c’que je fais! Maman! Maman! R’garde-moi maman! MAMAN! »

« Ouain…wow… »

« Maman! Maman! R’garde-moi la! R’garde moi mamaaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhh! »

 

Jeune Dada sacre le camp en bas des marches, prenant bien soin de les toutes les cogner une à une. IIl fini sur le tapis gris de la cave avec un beau gros cri de douleur et d’amour propre blessé. Maman lâche son canard, vérifie que jeune Dada n’a aucune blessure grave, puis sermonne sur le fait de faire attention voyons donc pis que c’était peut-être pas la meilleure idée du siècle de faire la chandelle au-dessus des marches de la cave. Elle lui  fait un câlin, un p’tit pot de yogourt fruits au fond pis lui suggère d’aller s’asseoir devant la télévision.

La leçon de cette histoire: Les parents de toutes les générations ont besoin d’un break a un moment donné, que ce soit avec la sculpture, un livre, un magazine, jouer à Candy Crush ou aller espionner les personnes avec qui t’allais au secondaire pour voir s’ils ont mieux réussi que toi. À chaque génération son passe-temps, faut simplement pas en abuser.

Bon, astheure que j’ai écrit tout ça, j’me sens ben obligé d’aller jouer avec mon p’tit. Et par « jouer » j’entends sortir la boîte de Lego et m’asseoir à côté de lui tout en regardant furtivement mon téléphone pour aller voir des vidéos de chats. #millennialsgeneration

 

Dada Blaise

 

#GiveElsaaGirlfriend

Comme pour tous les petits nord américains de mon âge, Disney a toujours, d’une forme ou d’une autre, fait partie de ma vie. Enfant, j’étais entouré par Disney et ses nombreux dérivés, films, émissions à la tivi, livres à colorier, jeux, jouets, casse-têtes, tourne-disque, spectacles sur glace et visites au parc thématique. Chez nous, Disney c’était hot. J’écoutais les films en boucle avec avidité. J’aimais l’animation, les chansons, les animaux, les princesses, les princes, les bouilloires qui chantent, toute, toute, toute. Maintenant que je suis un genre d’adulte presque fonctionnel, je comprends pourquoi j’aime autant les princesses et les films de Disney.

 

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À mon avis, le plus sexy de la gang. Wait a minute…mon chum est grand, poilu, yeux bleus, grogne tout le temps, a mauvais caractère et n’aime pas qu’on touche à ses affaires…Plot twist: Did I end up with the Beast?

Les films de Disney mettent souvent en scène des protagonistes qui sont considérés « différents » et « à part » du reste de la société dans laquelle ils vivent. Ariel la petite sirène désire un monde qui est considéré « différent » du sien. Les villageois croient que Belle, de La Belle et la Bête, est étrange, « différente » des autres (elle aime lire et c’est une femme! WITCH!). Même les classiques, comme Dumbo, nous montre un protagoniste qui est moqué par les autres parce qu’il est « différent » (y’a des grosses oreilles au cas où vous ne vous en rappeliez plus). Tout ça vous dit quelque chose? Pour un p’tit gars de la campagne qui a un peu trop le sens de la théâtralité et le goût d’écouter des chansons de Whitney Houston, ça lui parlait beaucoup. Les héros de ces films sont mis à part, incompris, mais vont au bout de leurs rêves et terminent leur histoire avec une fin heureuse. Le thème de « l’amour impossible » est souvent présent, donc il n’est pas difficile de comprendre pourquoi ces histoires interpellent la communauté LGBTQ+ (lesbienne/gay/bisexuel/transgenre/queer).

Ce qui est drôle c’est que la compagnie de Mickey Mouse n’est pas reconnue pour ses valeurs avant-gardistes. La compagnie est souvent synonyme de l’Amérique traditionnelle, de valeurs familiales sûres, de tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Disney est souvent tombé sous le courroux de divers groupes pour changer le thème des histoires qu’ils adaptent, comment ils dépeignent constamment des héroïnes blanches et blondes ou pour avoir whitewashed Aladdin et Jasmine. Disney, depuis quelques années, a bien été obligé de changer d’optique dans ses efforts afin d’offrir une représentation plus inclusive de ses protagonistes. The Princess and the Frog nous a donné une princesse noire tandis que Mulan et Tangled nous ont donné une héroïne qui n’avait pas besoin de prince pour l’aider. Frozen, le méga succès inespéré qui a remis Disney sur la map, a été plus loin encore et nous a offert un film où le thème central était les liens de famille entre deux sœurs, l’histoire d’amour repoussé au second plan. Par contre, Disney n’a toujours pas osé s’aventurer à inclure un personnage ouvertement LGBTQ+ dans ses films. Oh bien sûr, certains diront que le Génie a un peu trop le sens de la mode, que Shang (le guerrier dans Mulan) semble plutôt déçu quand Mulan lui annonce qu’elle est une fille finalement et que Ursula est en fait une drag queen, mais ce n’est pas la même chose qu’un fullblown, vrai personnage central qui serait homosexuel.

Seulement voilà, depuis quelques jours, la foule Twitter et Facebook réclame ceci: #GiveElsaAGirlfriend

 

Disney a annoncé récemment qu’il donnerait suite à Frozen, qui d’après moi devrait s’intituler Frozen 2: The Meltdown, avec Anna qui découvre qu’elle a les pouvoirs du feu et la les sœurs se battent. Ça s’rait malade! Enfin bref…depuis l’annonce de cette suite, on réclame que Disney monte d’une coche sa bravoure de la diversification et offre une princesse lesbienne. Yes…vous avez bien lu, les fans souhaitent voir Elsa vivre au grand jour une relation homosexuelle avec une autre femme. J’imagine déjà le Bible Belt des États-Unis cracher leur sandwich mayonnaise/chips BBQ et attraper le AK-47, outré devant l’imminente apocalypse que provoquerait cette nouvelle. J’entends déjà les « Abominations! » et les « C’est contre nature! » et les « C’est écrit dans la Bible! »

 

Certains groupes religieux ont même avancé que Frozen serait une propagande gay, visant à convertir l’impressionnable jeunesse. C’est ben certain. Après tout, Frozen raconte l’histoire d’une jeune femme qui chante (gay!), qui ne semble pas intéressée par les hommes (lesbienne!), doit vivre avec une différence (gay!) qu’elle doit cacher des autres. Elsa finira par « sortir du placard » en fuyant la société et en chantant son infatigable hit « Let It Go » qui, toujours selon les whackjobs groupes religieux, seraient un hymne subversif auprès des jeunes enfants. So what? Tant mieux si Elsa chante sa liberté, qu’elle est enfin à l’aise, qu’elle n’est plus obligée de « cacher » ses pouvoirs et qu’elle peut enfin porter des vêtements avec ben du sparkle. Own it bitch.

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Fabulous

À chaque fois que je lis ce genre de truc je suis ébahi par la stupidité de certains. Les gens craignent-ils vraiment que les homosexuels « transforment » leurs enfants avec des chansons ou des films? Croient-ils vraiment que nous sommes capables de trouver le piton « gay » sur les hétérosexuels? Comme si nous possédions un pouvoir magique qui permettrait de switcher l’orientation d’autrui selon notre bon vouloir. Ben on l’a pas ce pouvoir-là, parce que trust me honey, il y aurait une couple de mes crushs du secondaire et cégep que j’aurais transformé de mon bord assez vite merci.

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Oh Ewan…si seulement…

Toujours est-il que la suite de Frozen se prépare et qu’une partie de la populace réclame du changement. Disney est un emblème important dans notre culture, qu’on le veuille ou non. Star Wars, Marvel, Pixar, les princesses, tous les enfants ou presque sont en contact avec un ou plusieurs personnages de Disney au moins une fois dans sa vie. Imaginez l’impact qu’aurait l’inclusion d’un personnage LGBTQ+. Oui il y aurait outrance, menaces et colliers de perles agrippées avec effroi. Oui matante Suzie appellerait Denis Lévesque pour chialer. Oui beaucoup de parents boycotteraient le film. Mais imaginez juste un p’tit moment que ça arrive, pour vrai. Un film qui présenterait un autre type de couple, un autre type de vie familiale. Pour notre famille, à Papa pis Dada pis Petit Pou, ce serait incroyable.

Imaginez une conversation sur la cour d’école entre deux p’tits copains:

« Fac tu as deux mamans? »

« Oui. »

« Comme Elsa et ________ dans Frozen 2? »

« Oui. »

« Cool. On joues-tu à la tag? »

 

Case closed. #GiveElsaAGirlfriend

 

Dada Blaise

 

 

Virile Maman

Qu’est-ce qui définit la « Famille »? Sur les bancs de l’école on nous parle de la famille dîtes nucléaire et affirme que c’est la plus répandue. Dans le petit livre « Mes 100 premiers mots » de mon Petit Pou, la famille est présentée comme étant formé d’une maman, du papa, un garçon, une fille, des grands-parents, un oncle avec de gros sourcils et une tante alcoolique qui vomi subtilement derrière le sapin de Noël. Les modèles de la famille typiquement retrouvés dans les livres d’images et les émissions de télévision pour jeunes enfants sont tous relativement basés sur ce modèle et j’étais légèrement surpris de le retrouver aussi stéréotypé. La plupart du temps, on montre ce modèle un peu archaïque: maman dans la cuisine avec son tablier, papa dans le garage avec son chapeau, les enfants adorables, tous avec des sourires si radieux que c’est probablement malsain.

Les contes de fées et la littérature jeunesse n’ont pas beaucoup de famille avec des parents de même sexe, et plus souvent qu’autrement, lorsqu’il y en a, l’histoire est à propos des deux papas, du genre: « Certains enfants ont deux papas et d’autres ont deux mamans. » C’est là l’étendue créative concernant les familles homoparentales pour Petit Pou. Ma solution, pour l’instant, est simplement de continuer à lire les livres, mais changer le sexe des personnages alors que je lis à voix haute. Par contre, ça commence à être malaisant d’avoir à expliquer à mon enfant de 3 ans que l’ours qui trouve que son gruau est trop froid est en fait un papa ours qui aime se travestir.

Pourtant, statistiquement parlant, la « famille » ne consiste plus en ce modèle d’un père, d’une mère et leurs enfants biologiques vivant tous sous le même toit (et certainement pas avec le papa qui quitte pour le travail alors que la maman attend à la maison, ruminant sa douleur et son destin). Maintenant, il y de plus en plus de familles reconstitués, de divorces et séparations, de mères célibataires, de couples interraciaux, de couples gays et lesbiennes qui élèvent des enfants et de couples qui décident de ne pas avoir d’enfants. Arrive dans ce joli éventail coloré Papa pis Dada qui ne sont pas des porte-étendards d’aucune cause, ni des pionniers de l’adoption. Juste deux gars, qui se donnent de la tendresse musclée, aiment regarder des émissions de décoration et ont du style oui, mais deux gars ben ordinaires tout de même, qui s’aimaient assez pour décider d’adopter un enfant.

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Notre face lorsqu’on a pris la décision d’adopter. On est toujours un peu dramatique.

Une fois la décision prise d’avoir un enfant, il a nécessairement fallu que futur Papa et futur Dada discutent ensembles sur quel modèle familial ils se baseraient pour éduquer le bambin. Rapidement, LA question gênante est apparue, celle qu’on se fait demander à quelques reprises par des gens bienveillants mais un peu poche à la fois:

« Mais qui d’entre vous fait la maman? » Oh boy…

Oh boy indeed. Comme des enfants qui jouent à faire semblant, moi j’fais le papa, toi la maman. Toi tu mets le tablier, moi je tiens le marteau et le tournevis. C’est l’équivalent de demander qui fait le gars pis qui fait la fille. Ou de demander à un couple « Vous avez couché avec combien d’autres personnes avant de vous rencontrer? Dans tous les cas, c’est un vrai can of worms comme le dise les autres. Ça ouvre la porte à un paquet d’autres questionnements par rapport aux rôles attribués aux hommes et aux femmes dans notre société et culture. On le sait, les gars, ça aime boire une bière entre chums, péter, pis faire le sexe comme un p’tit lapin; alors qu’une femme aime boire du vin blanc, être en retard quand il est temps de partir pis avoir mal à la tête. Là t’en a toujours une qui dit: « Non, ce n’est pas vrai, moi j’aime le sexe et écouter le hockey! », parce qu’elle, elle est cool. Ben bravo pour elle!

Alors, qu’est-ce qui fait qu’une maman est une maman? Est-ce que pour être une maman il faut posséder la féminité, la douceur, l’écoute, la tendresse? Est-ce qu’il faut nécessairement aimer faire des cupcakes végétariens, faire des tournées de friperie avec fillette, se crémer les mains avec une solution hydratante et avoir de jolis ongles?

Et pour le papa lui? Faut-il absolument bizounner dans le garage, s’entraîner au Pro Form avec fiston, écrire son nom dans la neige avec son pipi et faire du camping chasse et pêche pour être un papa modèle?

Les rôles changent et évoluent, malgré ce qu’on en croit les humoristes québécois qui s’entêtent à nous réciter qu’une fille aime aller aux toilettes en gang et un gars ne pleure jamais. Ici, dans notre couple exclusivement masculin, on est un vrai paradoxe. Dada aime les films de Walt Disney et voue un culte à Ariel la petite sirène et Papa aime les outils qui font beaucoup de bruit pis réparer des choses en sacrant comme un chartier. Papa prend 1 heure à se pomponner et à se mettre beau, tandis que Dada aime démembrer du monde en jouant à Mortal Kombat. Dada aime faire la cuisine en chantant du Whitney Houston, Papa conduit l’auto manuelle d’une main musclée. Papa aime la décoration et les beaux coussins frivoles, Dada sait faire un feu de camp spectaculaire. Dada trippe sur les comédies musicales pis Papa et Petit Pou haïssent ça pour mourir et ils le font savoir bruyamment à chaque fois que Dada ose chanter Starmania. Bref, on est comme tout le reste de vous autres: c’est-à-dire qu’on s’obstine à savoir qui va vider le lave-vaisselle, on n’aime pas perdre nos clés dans la neige pis on fait l’amour le jeudi soir, après l’émission de Denis Lévesque. Vous voyez? Gays, they’re just like us!

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Presque pareil…leur maison est probablement beaucoup plus belle que la vôtre.

 

Comme pour tous les trucs par rapport à la parentalité, Papa pis Dada se débrouille du mieux qu’ils le peuvent et assument pleinement leurs nouveaux rôles de parent. Mais bon, on sait malgré tout qu’un enfant, ça n’agit pas de la même façon avec sa mère pis avec son père. Alors, entre Papa pis Dada, qui fait la mère finalement, vas-tu nous le dire?

Bon, juste pour vous, mais gardez ça pour vous, je répondrai et sachez que c’est MON avis, donc nullement expert ou fondé sur une quelconque étude. Il y a deux volets dans ma réponse:

1 – La réponse politically correct en ce qui concerne mon univers d’homosexuel du 21e siècle tendance c’est que dans une maison où il y a exclusivement des papas, on fait tout ce qu’on peut, comme toutes les autres familles, à la différence qu’on le fait avec des remarques sardoniques et des belles coupes de cheveux. J’veux dire en fait qu’on s’alterne un peu tour à tour les rôles normalement attribués aux parents: on console pis on chicane pis on cajole pis on amène au parc pis on chante une comptine pis on lance dans le tas de couvertes. Y’en a pas un de nous deux qui porte la jaquette à dentelles et le bonnet alors que l’autre fume sa pipe devant son journal. On reste deux hommes tout de même. Mais, let’s get real, il y a des choses que les mamans font qu’on ne pourra jamais faire, comme donner naissance, allaiter ou pleurer en écoutant Marina Orsini qui parle de concilier maternité et travail avec des témoignages émouvants.

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Oui je veux savoir comment faire un kombucha maison! Je n’en peux plus, ma vie est un désastre sans ça!

Et peut-être que le lien sacré qui se forme entre mère et bébé transforme les mamans en êtres réellement exceptionnels et je m’incline devant elles, parce qu’elles peuvent du coup essuyer des larmes, préparer les lunchs, chanter une berceuse, passer la balayeuse et texter les copines tout en restant gracieuse et féminine.

2 – La deuxième réponse maintenant, un peu ma vraie de vraie réponse que je ne devrais pas dire: Dans un couple de papas only, c’est un peu inévitable qu’un des deux prendra le rôle de la maman. Par ici je n’entends pas les attributs assommants qu’on colle typiquement à la peau d’une maman, par exemple douceur, dévouement, tendresse, émotion. Non, j’entends ici cette soudaine pulsion à devenir un meilleur toi-même parce que tu as un petit être vulnérable dans les bras. J’entends ici le brusque sentiment de Maman Lionne, féroce puis sauvage pour tout ce qui pourrait faire du mal à ton p’tit. J’entends ici ce lien cliché et invisible mais oh combien réel, qui fait que tu deviens un Band-Aid humain pour n’importe quel petit bobo ou pleur qui viendra au cours de la vie de ce bébé. Pis je suis capable de rester relativement masculin selon mes humeurs, avec du petit poil sur le chest pis toute. Donc peut-être que des fois quand mon gars me braille sa crise et qu’il se jette dans mes bras et se calme un peu plus vite qu’avec n’importe qui d’autre, je suis un petit plus que son père, je suis son viril maman, son Dada juste à lui. Comme me l’avait dit notre fantastique petite madame intervenante sociale une fois après une visite avec Petit Pou: « Tu es un peu plus qu’un papa toi. » Effectivement, je suis une petite affaire plus qu’un papa. Quand tu as passé tes journées seul avec blondie baby collé sur ta peau, à le flatter puis l’aider à s’endormir, le changer de couche puis de pyjama quinze fois parce que mon dieu qu’il bave; à jouer et consoler et donner une bouteille de lait tout en chantant I Dreamed a Dream de Les Misérables, ben les feelings qu’une maman ressent arrivent bien rapidement, sournoisement et toi aussi, du coup, tu te retrouves à pleurer en silence devant une émission de Marina Orsini toi avec.

Donc j’me dédie cet article à moi-même et toutes les autres parents qui fittent pas vraiment dans le modèle, toutes les viriles mamans qui n’aiment pas faire des câlins à outrance pis qu’haïssent ça faire des tresses. Toutes les mamans quin’ ont pas le goût de jouer avec leur p’tit pis qu’y sont poches en dessins. À tous les papas doudounes qui aiment les princesses pis qui aiment chanter des comptines. Tous les papas doudounes qui pleurent pendant Inside Out (Bing-Bong! Noooooooooon!), qui n’aiment pas jouer au hockey avec leur p’tit pendant des heures sur la patinoire et qui aiment faire la housewife de temps en temps.

Moi j’vous trouve bon pareil. Moi j’trouve que vous faites une ben bonne job. Moi j’trouve que finalement, on est pas pire pantoute. Pis c’est ben correct.

Dada Blaise

Vous êtes une virile maman ou un papa doudoune, alors partager vos émotions! Moi j’vais vous écouter avec compassion.  

Partager également cet article comme on se partage nos souvenirs du voyage à Toronto lors d’une réunion d’ancien du secondaire: Avec rêverie et beaucoup trop de détails