L’Enfant Autiste et la Garderie (3ième partie)

Après bien des péripéties et des aventures plates, pas souvent très drôles et surtout déchrissantes à souhait, Papa pis Dada ont atterri à la bonne garderie pour leur enfant.

Je la nomme, roulement de tambour pis trompettes pis feux d’artifices:

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Je pourrais vous dire ben des affaires sur cette garderie. Je pourrais vous parler de la propreté de l’endroit, les locaux grands et aérés, rempli de belle lumière et joliment décoré, du ratio des enfants de chaque groupe, du fait qu’il y a un gym à l’intérieur pour que les enfants dépensent leur énergie par mauvais temps, d’une cour à l’extérieur et d’un parc tout près des services. Je pourrais vous beurrer ça ben épais avec une proclamation dithyrambique sur les nombreuses activités offertes, aussi bien motrices que artistiques ou pré-scolaire, de l’organisation super bien pensé et détaillé, l’aspect sécurisant pour l’enfant et le parent. Je pourrais vous parler de l’horaire giga, méga flexible, celui qui permet à un parent d’arriver APRÈS 5 heures et de venir porter son enfant avant huit heures sans se faire faire de gros yeux ronds parce que mon doux qu’on est donc de bonne heure. Je pourrais vous dire ben ben des affaires merveilleuses, mais je vais juste vous parler d’une chose:

Les éducatrices.

On pense souvent à tord qu’être éducatrice c’est facile, que c’est une job pour celles qui aiment les enfants et qui veulent jouer à la maman, que c’est comme être une petite gardienne du voisinage, mais avec juste une couple d’enfants de plus. Ben évidemment, on se fourre royalement en pensant cela, parce que la plupart d’entre nous aurait lancé un enfant par la fenêtre après une semaine ou se retrouverait enfermé dans les p’tites toilettes en braillant pis en lançant des Goldfish aux enfants pour qu’ils nous laissent tranquille. Ceci étant dit, laissez-moi maintenant faire les louanges des éducatrices de la garderie Boule d’Énergie, parce qu’elles le méritent en siouplait:

Disons d’abord une affaire, mon garçon, qui a été diagnostiqué TSA en septembre 2017 rappelons-nous-en, n’est pas un enfant facile, il n’y a pas trente-six façons de le décrire, il est juste pas facile au quotidien, spécialement lorsqu’il est avec un groupe d’enfants dans un environnement rempli de trop de stimuli pour son petit cerveau sensible. Voici tous les comportements dérangeants qu’il a pu avoir pendant qu’il a fréquenté cette garderie:

  • Pleurer, crier, hurler
  • Crises de bacon
  • Lancer des jouets
  • Lancer son assiette pleine de nourriture
  • Lancer sa chaise (WTF?)
  • Frapper tout ce qui était autour de lui
  • Se frapper la tête contre un mur, plancher, name it
  • Se griffer, se faire mal
  • Frapper les autres
  • Griffer les autres
  • Mordre et étrangler les autres amis
  • Descendre un escalier en marchant comme une araignée
  • Parler une langue étrangère, genre le vieux latin
  • Vomir une étrange bouilli verte
  • Dire qu’il va voter pour Trump
  • (J’en ai inventé quelque uns, à vous de deviner lesquels)

Avec tout ça, tous ces comportements dérangeants et franchement terrifiants par certain moment, on ne m’a appelé une fois, une seule fois, pour me dire de venir le chercher car ça devenait trop dangereux pour mon garçon. Une seule fois. Les éducatrices et la direction se sont toujours arrangés pour gérer les crises, trouver des solutions calmantes, aimantes, aidantes. Et surtout, SURTOUT, à chaque fois que je suis venu le chercher et qu’il avait passé une journée horrible, ce genre de journée que tu te demandes si un si petit enfant est capable de supporter autant de colère dans un si petit corps, hé bien je n’ai jamais été accueilli avec le désespoir d’une éducatrice. Jamais. Il y avait toujours un côté positif, encourageant, un mot pour nous supporter, nous faire sentir qu’elles comprenaient et que ce n’était pas de sa faute. C’était ce qu’il y avait de plus important pour moi. Dans tout mon désespoir et mon sentiment d’inutilité face aux comportements de mon enfant, c’était de voir qu’elles comprenaient que même lui n’était pas capable de se gérer. Ce n’était pas des caprices ou bien pour mal faire, c’était tout simplement hors de son contrôle.

Nous avons toujours été informé comme il se doit, il n’y a jamais eu de moments surprises et surtout, dans les bouttes rough, nous nous sommes assis avec les diverses intervenantes pour discuter et tenter de trouver des solutions.

Les éducatrices sont merveilleuses, il n’y a pas d’autres mots. C’est le genre d’endroit, malgré que ce soit très grand et avec beaucoup de groupes d’âge, où elles connaissent tous les enfants par leur nom. Elles saluent mon garçon à chaque matin, même s’il n’est pas leur groupe. Et surtout, elles aiment les enfants. Elles sont dévouées et patientes et tout ce que tu peux penser.

Pis il faut que je finisse par remercier MON éducatrice, celle qui a pris soin de mon Petit Pou depuis presque deux ans maintenant. Celle qui a aimé, bercé, rassuré, consolé, fait rire, raconté des histoires, supervisé les repas, qui a calmé, apaisé, soigné, nettoyé le vomi, essuyé la morve, lavé les foufounnes sales, tenu dans ses bras afin qu’il ne se blesse pas, pris à part pour gérer les nombreuses crises, bercé et câliné, lui a appris les lettres et les chiffres et l’anglais et l’espagnol, le Chili et les recettes de biscuits « spécial », celle qui a chanté, donné, celle qui s’est dévoué. Celle qui nous a accueilli, et ce à chaque maudit matin, CHAQUE MATIN, avec le sourire franc et pimpant de la bonne humeur, celle qui nous a accompagné dans toutes les démarches d’éducatrices spécialisées, de remplissage de formulaire pour ci pis pour ça, d’inquiétudes, de questionnements, d’observation par toutes sortes de monde. C’est une éducatrice qui a pleuré de joie avec nous quand nous avons eu des bonnes nouvelles, qui s’est fâché avec nous quand notre garçon semblait vivre des injustices par notre système de santé et scolaire, c’est une éducatrice comme j’en souhaite à tous ceux qui le méritent.

Kim Fréchette de son prénom. Elle est belle, drôle, dynamique, enjouée, pétillante, intelligente, passionnée et surtout, elle aime notre enfant. Pas moyen de passer à côté. C’est la base. Malgré tout ce que mon petit homme a pu lui faire vivre, elle l’aime.

Donc merci à elle et à toutes les autres éducatrices. Pis si jamais vous êtes du coin de Saint-Jean-sur-le-Richelieu et que vous vous cherchez une garderie, ben bonyeu, qu’est-ce que vous attendez? Go à Garderie Boule d’Énergie c’t’affaire. It’s the best, parole de Dada.

Dada Blaise

 

Garderie Boule d’Énergie

196 Rue Saint-Louis, Saint-Jean-sur-Richelieu

Téléphone : (450) 376-7933

http://www.bouledenergie.ca

 

 

 

Comment Être un Mauvais Parent

Imaginez que vous avez un enfant. Il naît, arrive chez vous par le biais de l’adoption, vous le trouvez sous une feuille de chou ou bien flottant dans un panier d’osier, peu importe. Vous l’avez placé dans son petit berceau et vous le regardez tendrement et, évidemment, vous vous demandez quarante-six-milles questions du genre: c’est quoi une bonne nuit pour un bébé? Est-ce que je risque de le rendre trop gâté à le tenir tout le temps dans mes bras? Suis-je obligé de lui faire porter un chapeau en tout temps? Son caca est vert, est-ce qu’il est humain? Bref, vous avez des questionnements, des inquiétudes, vous vous demandez si telle ou telle affaire est normale pour votre enfant et vous cherchez de l’aide. Comme vous êtes moderne et de votre époque, vous vous tournez vers votre Bible, c’est-à-dire Internet ou plus spécifiquement Facebook. Pauvre fou. Rapidement, vous découvrirez à quel point vous êtes un mauvais parent.

Une des premières choses qui fera de vous un mauvais parent est que vous laissez votre bébé faire la sieste sur vous. Tisk, tisk jeune imprudent. Dr. Spock, Super Nanny, Jacynthe René et toutes les mamans ordinaires vous le diront: votre bébé est supposé dormir un bon deux heures dans sa couchette et se réveiller frais, heureux et dispo avec le sourire fendu jusqu’aux oreilles et la soif de découvrir le monde qui l’entoure avec vous couché sur un tapis blanc avec des chatons blanc duveteux qui jouent derrière vous.

Well, mon p’tit Baby Love ne semblait pas comprendre ce concept. Je lui ai expliqué pourtant! J’ai eu beau m’asseoir avec mon brand new baby pis lui pointer dans le livre qu’il était supposé dormir au moins deux heures dans son petit moïse, rien à faire. C’est comme s’il était pas capable de lire! Mon grand garçon dormait quasiment trois heures de temps et ce uniquement sur moi et ce réveillait comme un chacal enragé, donc, j’étais clairement un mauvais parent et ce depuis longtemps.

Deuxième bébé aime bien dormir dans sa balancigne (nom inventé pour l’espèce de chaise qui se berce tout seul et qui me permet d’écouter Black Mirror en paix). Encore une fois, je suis vraiment un mauvais parent de faire ça, parce que mon bébé n’apprend pas à s’endormir par lui-même, ce qui est encore un autre gros non, non, non gros épais. Dans le monde des parents, avoir un bébé qui s’endort par lui-même est l’équivalent d’avoir mis la main sur le Saint-Graäl. Les autres parents les vénèrent et les adulent comme les Dieux parfaits qu’ils sont, eux qui ont réussis à enfanter un bébé qui s’endort tout seul.

Bon, peut-être que votre bébé est maintenant rendu à un autre stade ou encore votre enfant à grandit et s’endort effectivement par lui-même. Pas de désespoir, il y a encore plein d’autres façons d’être un mauvais parent! Peut-être donnez-vous la suce à votre enfant, ce qui déformera ses dents, le rendra incapable de parler autrement que par grognement de singe et garanti qu’il va l’utiliser encore quand il sera à l’Université!

Vous pensiez donner du chocolat à Pâques pour vos enfants? Oh, oh, j’espère que vous avez assez économiser pour des broches quand il aura 16 ans!

Des promesses de iPad s’il est gentil au restaurant? Ça sonne comme des pots-de-vin de la submission bitch!

Dire à votre enfant qu’il vous laisse tranquille pendant que vous gosser sur l’ordinateur? Devinez qui ira en prison pour vol à main armée dans son adolescence pour cause de carence affective?

Rapidement vous pouvez commencer à vous sentir plus que mauvais, et même un peu coupable! Ben guess what, les guides et tous les autres vous disent que vous devriez arrêtez de vous sentir coupable! Aweille mauvais parent, un parent qui se sent coupable émet de mauvaises vibrations ou ben some shit ésotérique de même au bébé pis il va avoir de la difficulté à s’attacher ou ne mangera plus jamais de légumes de sa vie! Les articles de Facebook vous disent qu’il faut être le parent imparfait pis croquer dans le bonheur mais aussi se foutre de tout les autres pis faire des bricolages mais pas trop, sinon, ding ding, mauvais parent!

Maintenant, imaginez que votre enfant a une condition. Autisme, hyperactivité, agressivité, strabisme divergeant, intolérance au lactose, hermaphrodite, parle avec les morts, peu importe. Votre enfant agit différemment et cela double votre dose de doute de soi-même quant à vos capacités parentales. Afin de vous sentir moins seul, vous vous embarquez sur diverses forums ou pages Facebook avec d’autres parents comme vous. Vous vous dîtes qu’ici tout le monde se comprendra enfin. Pauvre conne va…Non, encore une fois vous découvrirez que vous êtes encore un mauvais parent toé chose!

En effet, il y a toujours le bon parent, celui qui en a donc vécu des choses et qui sait comment vous faire sentir comme une grosse marde et ce avec quelques mots seulement:

« Les parents d’aujourd’hui ne sont pas assez fermes, moi mes enfants sont (TSA, TDAH, albinos, peu importe), pis j’ai jamais eu de problème avec eux. Suffit d’un peu d’autorité! »

Peu importe le forum, thread de discussion, ce parent s’y retrouve sous une forme ou une autre. Imaginez-vous donc que ce bon parent a réussi grâce à ses capacités extraordinaires, sa voix douce et autoritaire et ses yeux exorbités à faire faire telle affaire à son jeune, que ce soit prendre l’avion pendant 12 heures de temps, lui faire manger des choux de Bruxelles ou bien le faire circoncire à frette. Ce bon parent est le top voyez-vous, parce qu’il vit avec un enfant différent et qui plus es, n’a JAMAIS eu de problèmes de sa vie. Jamais. Il sait quoi faire.

Maintenant imaginez que vous êtes un peu dans le doute, incertain, fragile parce que votre p’tit différent a hurlé pendant deux heures de temps et que vous avez dû l’arrêtez physiquement avant qu’il ne se blesse lui-même. Et que vous lisez ce genre de commentaire. Ouch, crunch, destruction du peu d’estime qui restait.

Je sais que ces personnes ne sont pas réellement conscientes de ce qu’elles ont écrit. Probablement qu’elles ne savent même pas le pouvoir de leur mots. Que plusieurs parents anonymes, comme moi, liront ces mots et ne lui répondront pas, n’auront pas la force de s’obstiner sur Internet avec un inconnu pour démontrer qu’il n’est pas toujours si simple d’avoir la « fermeté » et « l’autorité » avec un enfant, peu importe sa condition. Ces parents ne sauront pas à quel point ils pourront venir ébranler la force d’autres, les faire douter, les décourager, les anéantir.

Être un mauvais parent, c’est ben facile selon tout le monde. Alors, si vous êtes un bon parent parce que vous avec donc le tour, vous avez écouté Virginie et savez quoi faire, parce que vous avec eu le secret des Dieux, vous avez donné la bonne purée avant 4 mois et avez allaité votre bébé sur le côté les jambes dans les airs en lisant votre mantra, bravo. Partagez le juste pas avec le reste des mauvais parents. On le sait déjà ce qu’on fait de tout croche, on veut pas savoir ton truc, ni ton jugement, bitch.

Dada Blaise

 

Se Chicaner Devant les Enfants

Il y a les couples heureux, ceux qui mangent des pommes saupoudré de cannelle au lieu de chips au vinaigre, ceux qui gambade dans les bois et qui s’offrent des escapades dans des yourtes sans électricité pour se parler dans le blanc des yeux et se retrouver le couple, ceux qui prennent des bains à deux avec des bombes Lush, pis il y a les autres. Ceux qui s’obstinent pour la couverte, qui font l’amour le jeudi soir uniquement par obligation, qui soupirent de frustration parce que l’autre a pas refermé les portes d’armoires et ceux qui se fâchent parce que leur époux semble incapable de mettre son esti de linge dans le panier de linge sale, préférant plutôt le laisser au pied du lit ou bien à quelques pas dudit panier. Get the hint!
Bref…
Papa pis Dada font parti de l’autre catégorie. Ceux qui se chicanent pis qui pognent les nerfs facilement. Il fut un temps où oui nous nous regardions en rigolant et en se caressant la barbe au lieu de s’engueuler lorsque nous avions un petit différent, mais maintenant que nous avons des enfants et que nous dormons en moyenne 4 heures par nuit, il est beaucoup plus facile de se chicaner pour un oui ou pour non.
Voici un exemple:

Dada: Salut!

Papa: Allô.

Dada: Qu’est-ce que t’as? Es-tu fâché?

Papa: Je suis correct.

Dada: Ben pourquoi t’as cette face-là?

Papa: Quelle face?

Dada: Ben t’as l’air fâché.

Papa: J’suis pas fâché, j’suis correct.

Dada: T’as l’air de mauvaise humeur entk.

Papa: Je suis pas de mauvaise humeur, j’viens de te dire que j’étais correct!

Dada: Es-tu certain?

Papa: J’AI DIT QUE J’ÉTAIS CORRECT!

Dada: Heille pourquoi tu pognes les nerfs?!

Papa: Ahhh tu m’énaaarves!

Ce genre de conversation hautement titillante arrive fréquemment dans notre jolie maison de la banlieue. Là je sais qu’est-ce que vous vous dite: Vous chicanez-vous devant les enfants?

 

La plupart du temps, quand un couple à un petit désagrément ou un chriss de gros, l’adage et les grands-mères suggèrent de : »ne pas se chicaner devant les enfants ». Il faut donc attendre que le bébé soit bien pelotonné dans son berceau et le grand assommé par l’épuisement dans son grand lit avant de se retrouver dans le salon afin de se chicaner sur qui avait dit tel affaire sur un ton agressif et de ne plus être certain des paroles exactes. La plupart des experts semblent être d’accord que de vous chicaner devant les enfants n’est pas la chose la plus saine à faire.

L’argument le plus fort est que les enfants apprennent par l’exemple, donc s’ils vous voient vous chicaner, ils reproduiront vos paroles et gestes. ATTENTION, je parle d’une chicane de couple, et non pas de problèmes de violence conjugale ici, je suis pas dans Rupture ou whatever boring émission de TVA. Je suis d’avis de démontrer à mon enfant que ses parents ne sont pas parfait et que du même fait, aucune relation ne peut être à cent pour cent parfaite. Je ne veux pas qu’il grandisse pour un jour se retrouver en couple et avoir sa première chicane et puis se mettre à brailler ou ben partir en courant parce qu’il n’aura jamais été confronté à des parents qui ventilent leurs différents.

Voici un autre exemple de chicane chez Papa pis Dada:

Papa: Qu’est-ce qu’on mange?

Dada: J’ai rien fait, ça me tentais pas pour X raison.

Papa: Ben qu’est-ce qu’on fait?

Dada: On peut se faire livrer quelque chose ou ben aller au resto.

Papa: Ok, où veux-tu aller?

Dada: Ah n’importe quoi, ça me dérange pas. Toi tu veux quoi?

Papa: Je t’ai dit que ça me dérangeais pas. N’importe quoi j’ai pas d’idée.

Dada: Je sais pas. Choisi.

Papa: N’importe quoi!

Dada: J’avais pas d’énergie pour faire le souper, j’ai pas d’énergie pour choisir.

Papa: Ah ça fait tout le temps ça, n’importe quoi j’m’en fous!

Dada: Bon t’es fâché?

Papa: Non j’suis correct!

Dada: T’as toujours l’air bête! Ton linge traine par terre! Lève-toi plus vite le matin!

Papa: T’es jamais satisfait! J’fais toujours tout croche! Tu pognes les nerfs pour rien!

Dada: Aaaahhhh!

Papa: Braaagghhh!

 

Et ainsi de suite. Bref, nous aurions pu garder nos émotions bien profondément dans notre derrière et attendre la nuit venue pour nous engueuler dans le lit, mais nous sommes plutôt du style volatile qui pogne les nerfs rapidement pour ensuite s’excuser une heure plus tard. Ces moments peuvent également être un moment parfait pour enseigner à nos enfants comment régler des conflits. Combien de fois j’explique à Petit Pou qu’il faut dire quand quelqu’un nous dérange, exprimer notre colère en le disant avec des mots et sans taper. Et combien de fois il doit aller s’excuser auprès d’un petit ami après une chicane? C’est la même chose, mais pour les grands. Papa pis Dada se chicanent, ils ne sont pas d’accord, ils se fâchent, s’expliquent puis s’excusent.

En résumé, l’idéal serait de ne jamais se chicaner, mais sans une petite chicane de temps en temps, on aurait jamais de make-up sex.

Dada Blaise

L’Arrivée d’un Bébé Tout Neuf

Il n’y a pas grand chose qui top l’arrivée d’un bébé dans un foyer. Pas même l’achat d’une nouvelle souffleuse ou de l’annonce d’une journée de tempête surprise un mardi matin. Un bébé tout neuf qui arrive dans une maison c’est le monde qui r’vire de bord tout d’un coup, une vie au complet qui change dans un claquement de doigt. Je le sais, ça fait deux fois que je le vis. La différence est que c’te fois-ci, j’étais ben plus préparé. Mettons que je savais dans quoi j’m’embarquais et la marche était moins grande à enjamber qu’en 2013, alors que j’étais un jeune homme avec une tête pleine de joli cheveux chatoyants et des journées entières à lui-même pour faire de la bicyclette et prendre des Cosmo sur le bord de la piscine avec les copines. Le brouhaha et les émotions vives venant subitement de se terminer, j’me suis retrouvé seul avec mon p’tit babylove, pis j’me suis rappelé ces moments-là avec mon premier garçon. Le merveilleux qui venait avec puis toute l’incertitude qui était arrivé par la suite.

Bref, les premiers instants avec un bébé naissant sont vraiment magiques. On a l’impression que la Terre entière est heureuse pour toi. Tout le monde est excité de vous voir et de voir le p’tit bébé, les amis pis la famille retontissent les uns après les autres, les bras chargés de petites tuques mignonnes, petits pyjamas, cadeaux pis de lasagnes aidantes. Le boyfriend, normalement, prend congé et passe plein de temps à la maison pour aider, vous dire d’aller vous reposer et aller acheter de la bouffe Thaï pour le souper. Puis les journées passent et les visites se font moindre et vous vous retrouvez avec votre p’tit bébé tout neuf et son lot de responsabilités. Le quotidien revient subitement avec ses gros sabots et vous tasse la merveille dans le coin.

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Salut! Voilà ta vie maintenant! FOREVER!

Les guides et les bons conseils vous préviennent que de s’occuper d’un petit bébé est difficile, épuisant même, mais il n’y a pas grand chose qui peut vous préparer à ce brusque détournement que votre vie prend en quelques jours. Le nombre incalculable de petites débarbouillettes qui jonchent le sol, la lessive constante, les biberons à moitié vide trainant sur les comptoirs, les taches sur le divan, sur votre linge, votre chaise, vos napperons. Le stress constant à savoir si vous déchiffrer les pleurs comme il faut, si vous le laissez trop ou pas assez brailler, si vous faites les bonnes choses pour créer un lien solide avec lui. Parfois vous êtes assis sur votre divan plein de régurgis avec votre veste à moitié ouverte et vos pantalons mous, votre bol de céréales à moitié mangé et vos piles grandissantes de linges sales pis vous regrettez vos soirées de shooters de Sourpuss où vous vomissiez derrière les poubelles d’un bar avec un étudiant de médecine derrière vous qui attend patiemment que vous terminiez pour vous ramenez à son appartement pour jouer aux fesses pis pas vous rappelez le lendemain.

Vos journées sont longues ou bedonc incroyablement courtes pis vous avez toujours l’impression que vous n’avez rien fait. Les gens vous disent qu’il est donc important de sortir, d’aller dans des groupes avec d’autres jeunes parents et prendre un p’tit café avec eux pis jaser de vomi pis de selles verdâtres, et oui, parfois ça fait du bien, mais aussi, guess what, par boutte vous avez chrissement pas envie d’enfiler des pantalons de neige pour aller courir avec la poussette pis le p’tit tout en regardant d’autres mères aux corps sveltes et aux cheveux plein d’éclat. Pis il y en a toujours une, ou deux ou trois qui raconte que le sien fait ses nuits depuis qu’il a 2 jours, pis l’autre de dire que le sien se tourne déjà de bord pis l’autre renchérir que son chum lui paye toujours un voyage dans le sud avec la nanny après un accouchement pis l’autre elle fait 6 km de jogging tous les matins pour aller ensuite porter secours aux enfants du Tiers-Monde.

Plus souvent qu’autrement, vous vous sentez le seul qui l’a pas l’affaire. Celui qui a pas ben ben de fun finalement. Celui qui est en mode survie.

Ben vous êtes pas les seuls. On est une couple de même, toute la gang. Y’a des jours que c’est difficile, chrissement difficile, pis d’autres que non. Plus souvent qu’autrement, suffit de le dire à quelqu’un d’autre. « C’est vraiment difficile. » « J’me trouve poche. » Ça prend pas de temps que les autres parents vont venir vous confirmer qu’ils ont eut les mêmes sentiments une fois, deux fois, quarante-quatre fois. Mais vous savez quoi? On passe au travers. Les cris de bébé vous tueront pas. Brailler en robe de chambre en mangeant des tranches Singles de Kraft feront pas de vous une loque humaine. Dire que vous vous sentez pas bon fera pas de vous un mauvais parent.

Fac voilà mon premier conseil en tant que Dada pour la 2e fois: Le mode survie c’est ben correct. Faites ce qui faut pour survivre. Allez-y au cinéma avec votre bébé. Mangez la boite de biscuits au complet. Faites du co-dodo. Promenez vous en char pour l’endormir, donnez-y une suce, faites pas le ménage pis écoutez les reprises de Friends toute la journée tout en donnant le biberon. Le pire qui peut vous arriver c’est de vous faire juger par les Eux Autres, pis leur opinion vaut de la marde comme dirait Dada. #cbencorrect #modesurvie

 

Dada Blaise

 

 

 

 

Papa pis Dada VS La Charge Mentale

Hé, vous vous rappelez de l’hilarante déclaration de divers groupes religieux, back en 2005 quand le mariage gay est devenu officiellement légal pis que là tout le monde s’énervait donc le poil pubiens en disant que la société allait s’effondrer pis que les enfants allaient être confus et en détresse parce que les rôles des parents ne seraient plus clairement définis pis toute le chior pis l’apocalypse pis les grenouilles qui tombent du ciel pis matante Denise qui ne sait plus à qui faire la carte de Bonne Fête des Mères.

Well, well, well…r’garde donc la date toé chose. 2017. Pis non la société s’est pas auto-détruite pis les familles homoparentales continuent de pousser comme la belle mauvaise herbe fashion et trendy qui la caractérise. La croyance que les couples homoparentales viendraient nuire à l’institution de la famille semble un peu dépassé. Tout ceci originait du simple fait que pour beaucoup de gens, les rôles parentaux sont clair, net et précis. Je vous le résume en quelques mots: le père travaille et s’occupe d’amuser les enfants de temps en temps. La mère fait tout le reste.

J’pensais pourtant qu’en 2017, notre belle et merveilleuse société moderne aurait appris à passer par-dessus une telle notion, mais quelle ne fut pas ma surprise de voir des vidéos et des posts hilarants (not!) de mères donc ordinaires débordés par la vie  et le trop plein de verre de vin, accompagnés de leur mari ridicule qui ne sont pas capable de faire un pas devant l’autre sans s’enfarger dans leurs souliers, donc surtout pas capable de passer une soirée avec leur enfants, ni de trouver l’allée des épices dans une épicerie. Ben non, les stéréotypes n’ont toujours pas quittés la stratosphères parentale semble-t-il, et c’est bien dommage.

Voilà donc Papa pis Dada, fier parents du p’tit devil qui aime les billes pis le film Mon Voisin Totoro, marchant bravement au travers cette jungle de parents aux rôles bien définis. Comme la plupart des couples homosexuelles de notre belle planète, on a appris à improviser au fur et à mesure sur nos diverses tâches. Puisque nous sommes deux hommes, il n’y avait pas de rôle pré-établi par rapport aux habituels clichés de qui part les chicanes, qui initie le sexe, qui va changer les couches, qui va couper le gazon, qui va se trimmer les ongles au-dessus du lavabo et qui va faire la vaisselle en écoutant du Lana Del Rey.

Parce que la réalité moderne est tout autre. Malgré nos beaux pétages de bretelles pis nos belles tapes de félicitations dans le dos que nous sommes donc ouvert d’esprit pis avant-garde pis hipster pis « égaux », le couple moderne est encore un peu beaucoup prisonnier de son genre masculin et féminin. L’homme fait telle affaire, la femme fait l’autre affaire. Monsieur gosse sur le iPad, Madame torche pis s’épivarde comme une poule pas de tête sur le statut du couple pis le problème de mathématique du p’tit. Pas d’échange. La norme est telle. Pis ça m’enrage. Ça m’enrage de voir des vieux clichés ressortir de temps en temps, c’te pauvre père-là tout croche pis donc maladroit parce qu’il a les enfants avec lui. Ça m’enrage de voir des mères que je connais crouler sous le poids des responsabilités, dépassé par les événements parce qu’elles doivent tout gérer dans la maison. C’est le combat du moment. Le mot tendance. La charge mentale. Chercher un peu et vous verrez la tonne d’articles et témoignages sur le sujet. Même La Presse m’a appelé cet été pour me jaser de la charge mentale.

De kessé que les femmes se plaignent donc? M’a vous dire ça drette-là:

Je l’ai connu la charge mentale. La charge mentale c’est le poids perpétuelle du quotidien qui te pèse dans le cerveau. C’est de penser et prévoir et calculer et remémorer tout ce qu’il faut pour que toute la maisonnée soit vivante, au chaud, nourri et au sec à la fin d’une journée. C’est la présence constante, CONSTANTE, de tous ces détails dans ton esprit, alors que tu dois travailler et gérer mille autre chose à la fois. Pis non, ça se met pas à OFF de même.

Au départ de notre périple parentale, j’encaissais beaucoup. Je gérais beaucoup. J’en faisais beaucoup. Papa participait comme il le pouvait, il lui suffisait seulement que je lui demande un peu. Mais c’était justement-là que la situation se corsait. Moi j’anticipais tous les coups, les moindres situations complexes qui pourraient subvenir, alors que mon chum lui attendait le débordement pour agir. Il agissait quand l’Apocalypse survenait, sans se rendre compte que j’avais déjà détruites mille autres petites apocalypse auparavant. On s’est engueulé. On s’est crié après. On a eu du rough sex de la réconciliation ensuite. Mais c’était toujours un peu la même chose malgré tout. Jusqu’à ce que je réalise peu à peu que je mettais mis moi-même cette charge mentale-là parce que je m’étais attribué toutes les taches de la « maman ». Pis là j’ai capoté. Parce que j’ai réalisé que pour certaines choses, je l’avais pas pantoute. J’suis nul pour remplir un formulaire pis me rappeler des dates importantes. J’hais ça faire l’épicerie. J’hais ça aller acheter du linge pour mon p’tit. J’hais ça aller jouer dehors.

Fac peu à peu, Papa pis Dada ont commencé à se partager la charge mentale tout comme les taches de la maison. Ce n’est pas nos organes génitaux qui ont décidés qui ferait quoi, mais nos intérêts. C’tu pas magique ça? C’est ce que je trouvais intéressant. Comment nos familles homoparentales différaient de la norme. Comment nos couples à un genre s’en sortait pas trop pire pantoute finalement. Fac sorry, normalité hétérosexuelle, mais peut-être que pour une fois, vous auriez avantage à faire comme nous. Les critiques et les white trash habituels viendront dire qu’un couple homosexuel vient déformer la réalité parce qu’ils forment un couple « sans genre ». Ouain…mais mettons qu’on applique le « sans genre » à un couple hétérosexuel, cela veut dire que la tendre épouse n’est pas automatiquement celle qui sera responsable de remplir les formulaires de service de garde, de faire à manger, de prévoir les rendez-vous chez le dentiste, préparer la fête thème Mon Petit Poney pour la p’tite, se lever la nuit pour consoler l’autre, se rendre chez le pédiatre pis trouver un cadeau pour la prof. J’pense que beaucoup de mes amies mamans diraient « FUCK YES! » si on venait appliquer le terme « sans genre » à leur couple.

 

Dada Blaise

 

40 Choses qui gossent un parent (Summer 2017 version)

C’est l’été au cas où vous ne vous en êtes pas rendu compte!

Il fait chaud, fait frette, des alertes aux tornades menacent notre pique-nique champêtre, les annonces de retour à l’école sont déjà sur nos écrans pis mon enfant me tourne autour parce qu’il s’ennuie pis ne sait pas quoi faire de lui mis à part faire des cascades entre le divan pis la table du salon au lieu de jouer à faire du coloriage en silence pendant 6 heures d’affilée comme je le souhaiterais.

Hé oui! Je suis maussade et grognon pis j’ai le goût de chialer, sue me! C’est supposé être la belle saison du bonheur pis du plaisir en famille, mais moi y’a plein de choses qui me gossent ces temps-ci. Les voici dans le désordre:

1. Regarder un enfant mettre ses sandales pendant 45 minutes.

2. Les vieillards ben trop en forme qui font de la bicyclette avec des cuissards serrés.

3. Les flushs automatiques des toilettes publiques.

4. Les apps pour enfants « gratuites » qui coûtent finalement un bras pis un montant équivalent au downcash d’une première maison.

5. Le film Emoji

6. Les employés du Rona.

7. Oublier un papier dans la poche de mes shorts pis le ramasser en 33 bouttes dans la sécheuse.

8. Beurrer un épi de blé d’Inde avec un couteau.

9. Les enfants qui jouent à faire r’virer une bouteille d’eau à l’endroit.

10. Internet qui chie.

11. Ouvrir une petite salade de fruit pis me faire éclabousser immanquablement.

12. Le monde à l’épicerie.

13. Le monde au Zoo de Granby.

14. Le monde qui marche trop lentement.

15. Le monde à la plage.

16. Le monde en général.

17. Faire du camping.

18. Le poster de De Père en Flic 2.

19. La tension sexuelle palpable entre Ryder et Katie.

20. Les pantalons de yoga

21. Les « Life Hacks »

22. La maison à vendre de Mario Tessier

23. Le retour des pots suspendu en macramé

24. Les décomptes de 30 secondes avant Les Chefs

25. #blessed

26. Les machines à bonbons qui sont partout

27. Faire du compost

28. Les costumes d’Halloween au Costco

29. Les mouches à chevreuil

30. Suer sur une terrasse avec un drink ben trop cher

31. Cueillir des belles fleurs de dehors pis les rentrer en dedans pis avoir un shitload de fourmis

32. Les p’tits jouets du McDonald’s

33. Être obligé de porter un casque de vélo pour montrer le bon exemple

34. La personne (the boyfriend!!!) qui bourre le congélateur de popsicles et fudges engraissant sur lesquels je n’ai aucun self-control

35. Le sable de la plage ou d’un lac

36. Le sable qui s’infiltre dans le sac de plage

37. Le sable qui reste collé dans les sandales

38. Le sable collé dans craque

39. Ceux qui ont des bons conseils pour éviter le sable qui s’infiltre partout

40. Les vacances qui achèvent déjà

Bonne semaine là!

Dada Blaise

Comment Se Faire Des Amis « Parents » PART 1

Il serait simple de penser qu’une fois devenu parent se faire de nouveaux amis parents serait facile comme tout, après tout, vous êtes tous les deux parents! De jeunes enfants, à la même école/garderie/parc/cours de poterie de réalignement de chakra! Un petit sourire, une petite blague et pouf, vous vl’à ti-pas avec un nouvel meilleur ami! Vos enfants vont avoir du gros fun noir pendant que vous et votre nouvelle copine allez vous faire des tresses, boire du vin et divulguez vos histoires de baises de l’ancien temps en vous esclaffant et vous caressant mutuellement les seins.

Et pourtant, non. C’est pas si simple finalement. L’art délicat de l’amitié parental est difficile à maîtriser. Prenez les différents facteurs qui viennent compliquer l’amitié régulière, tel les horaires, intérêts, valeurs et venez tripler les complications en rajoutant un enfant ou trois. Qui plus es, le parent que vous apercevez de temps en temps au parc/école peut paraître bien sympathique mais peut cacher des secrets terribles une fois que vous vous mettez à le fréquenter de façon sérieuse. Vos enfants aiment peut-être tout deux se rouler de pâmoison devant Pat Patrouille, mais tout plein de facteurs peuvent venir fausser l’amitié bourgeonnante, comme par exemple:

« Oh moi et ma femme avons réservé nos vacances à OKApulco cet été! Vous devriez venir avec nous, il n’y a rien de tel que la douce brise sur un scrotum fraîchement rasé! »

« J’ai lu un reportage hier de Jenny McCarthy qui disait qu’il est très dangereux de faire vacciner son enfant. »

« Voici ma collection de Beanie Babies! »

« Est-ce que ces biscuits son vegan? »

« Kim Kardashian a tellement de talent! »

« En fait, il faut prononcer JIF et non GIF… »

Et en plus il faut également naviguer les différents parents et leur style de « parenting« .

« Notre petite Elaura ne porte jamais de couche. Nous pratiquons la méthode naturelle, c’est-à-dire d’attraper ses défécations avec nos mains. »
« Spartacus ne joue pas avec des jouets de plastique, désolé. »
« Sharone joue seulement avec des jouets non-genré et qui développe ses capacités motrices. »
« Ici c’est une maison où les enfants participent à l’élaboration des règlements! Ils peuvent décider eux-mêmes des règles qu’ils nous impose. »
Bref, se faire de nouveaux amis parents est aussi complexe que de rencontrer l’âme sœur. Peut-être faudrait-il, pour faciliter la chose, créer un réseau de rencontre, du genre Réseau Contact ou Tinder, avec des petites annonces présentant les différents candidats:
« Elle est une maman à la maison qui cuisine une lasagne comme pas une mais qui fabrique elle-même les meubles de la chambre du bébé avec du bois de grange, elle aime utiliser la phrase: « C’est dans les mains de l’Univers! » et regarde de vieux épisodes de One Tree Hill en boucle; Lui est un amateur de bon vin et aime mordre dans la vie, mais disparait quand c’est le temps de faire la vaisselle. Leur petite Mélissa ne dit jamais « merci » ou « s’il-vous-plaît » mais aucun de ses parents ne semblent intéresser à lui apprendre à le faire. »
« Jeune mère œuvrant dans le monde du cinéma, adore les marches en forêt, les coupes de cheveux en forme de bol, se regarder dans le miroir et faire à semblant qu’elle aime la littérature québécoise. Vit seule avec sa petite Régine, mignonne mais qui a tendance à hurler dans sa chambre, marcher à l’envers dans les escaliers et cracher du sang. Elle parle couramment le latin. »
Mais avec tout ça je n’ai toujours pas dit comment se faire des amis parents!
Alors le voici: vous êtes sûrement aussi fucké que les autres parents. On a tous nos petits secrets, fac, baissez vos attentes, restez ouvert d’esprit pis laissez tomber vos grands principes parentaux pis le jugement. On est tous dans le même bateau, c’est nous contre les p’tits, pis ben vite ils vont rire de nous, de nos coupes de cheveux pis nous goûts musicaux.

Dada Blaise

P.S: Ne manquez pas la suite de mes conseils pour vous faire des amis parents dans quelques jours à peine! Avec mon aide, vous serez les plus populaires! 

 

Papa pis Dada: Best Of

Hey c’est la nouvelle année, pis comme j’suis prof, ben j’suis en vacances full de longtemps, avec toute la morve, les tempêtes de simili verglas, les sorties familiales bondée de bonnes gens pis oh, rénover une maison des années 50 dans la joie et l’harmonie de couple.

Fac gâtez vous avec mes 10 articles les plus lus depuis mon début de cette péripétie de blogue semi tendance!

 

10.   Gratienne fait du jogging

9.     Comment Traumatiser Votre Enfant (1ère partie)

8.     La Normalité Adoptive

7.     Comment Endormir Votre Enfant Avec Sérénité en 10 Étapes Faciles

6.     Comment Expliquer Notre Famille Homoparentale À La Populace

5.     5 choses à faire pendant la crise d’un enfant

4.    C’est l’démon!: 10 Trucs Pour Passer Au Travers le Terrible Two de Façon Sereine

3.     J’suis un parent: 4 bonnes raisons de “crier” après les enfants

2.      Mon Adolescent de 3 ans

  1. Comment quitter le parc avec dignité en 10 étapes faciles

 

Fac j’en conclus que vous aimez quand je bitch pis quand quand je raconte mes malheurs. Well, good news everybody, 2017 s’annonce encore plus intense! Hourrah pour la parentalité moderne et conflictuelle!

Dada Blaise

 

Le Parent Idiot

Être parent signifie échouer. Échouer tous les jours pour toutes sortes de raisons. Échouer quand ton p’tit mange pas ses légumes au complet. Échouer quand ton p’tit ne veut pas embarquer dans le bain. Échouer quand ton p’tit joue avec son pénis devant grand-maman. Échouer de façon grandiose en public, devant une foule de gens magnifiques, branchés et pimpants de bonheur pendant que tu ramasses les morceaux d’un pot de tapenade aux olives noires fracassé sur le carrelage d’une épicerie fine tout en retenant ton enfant qui a décidé qu’il voulait ingurgiter les morceaux de verres comme collation santé. Et même lorsque tu crois être le meilleur des meilleurs, tu es toujours sous le regard des gens, scruté et analysé dans tes moindres faits et gestes parce que tu as osé transporté ton p’tit dans tes bras au Zoo au lieu de le faire marcher sur le sol brûlant (oui, un véritable fait vécu par Dada lui-même…).

À ce que je peux comprendre avec cette mentalité de jugement qui est constante dans notre société, c’est que nous sommes tous une belle gang de caves quand viens le temps d’être parent. Qu’un parent est programmé pour fucker son enfant de mille façons différentes, soit en étant trop présent, trop impliqué, trop détaché, en offrant du miel avant 4 ans ou en lui essuyant les fesses trop fort. Ce que je trouve étrange c’est que tant de gens, et surtout d’autres parents, se sentent aussi confortables pour vous donner une opinion sur l’éducation de votre enfant. Certains en font même un métier semble-t-il. Pourtant le temps n’est pas si loin où moi aussi j’avais une opinion sur les parents. Le temps B.C. (Before Children) Je me rappelle très bien d’observer une famille et de me demander pourquoi leurs enfants étaient aussi bruyants, pourquoi ils les laissaient brailler ou ne les chicanaient pas plus que ça, pourquoi ils les laissaient manger telle ou telle affaire et pourquoi les parents étaient autant en amour avec leurs enfants.

Of course, j’ai ravalé ben vite mes beaux jugements de « moi ça va être différent », « moi chui capable, moi j’vais être un peu mieux que les autres », « moi il va m’écouter quand j’vais dire non. » quand j’suis devenu un Dada à mon tour. J’ai alors compris que la tâche parentale est énorme, intimidante et énervante, un projet sans fin semble-t-il, qui vous laisse toujours pantois et sur le qui-vive. Au départ, quand le petit n’est qu’un bébé, quand tu commences à peine à déchiffrer tout ce quoi implique la vie avec un bébé, tu te sens un peu plus insécure donc plus prompt à juger rapidement les autres. Tu sens une p’tite pointe de jalousie émerveillé également à voir certains parents aller, de voir à quel point ça semble facile et béatifique pour d’autres, que ce soit les nuits, calmer les pleurs, changer les couches ou réussir à partir du point A au point B dans un endroit public sans t’être arrêté 4 fois parce que le p’tit veut pas suivre. Chaque action commise semble énorme et irréversible, chaque cuillerée de crème glacée de trop semble la prémisse de l’obésité infantile, chaque câlin de trop semble être le début d’une relation malsaine, chaque « là ça va faire » semble être les premiers pas vers de l’abus verbale. Mais évidemment, plus mon enfant a grandit, plus mon jugement s’est estompé peu à peu, ainsi que ma jalousie et mes revendications de « ouain mais c’est pas juste! ». Je comprend mieux que les parents interagissent différemment avec leurs enfants selon leurs humeurs, leurs envies, leurs valeurs et leurs défauts.

J’aimerais terminer en affirmant que le jugement c’est out et qu’il faut arrêter immédiatement, mais c’est inutile. Je ne suis pas encore assez optimiste pour croire que le jugement va s’estomper aussi facilement. Parce que oui, c’est l’fun passer un commentaire disgracieux envers un autre. C’est méchant pis bitch pis c’est un plaisir malsain qu’on peut faire un soir entre copines. Le jugement restera présent parce qu’il est inné pour l’être humain de le faire et il est inné pour un parent de se sentir jugé. Essayons au moins d’être plus discret dans notre jugement public, gardons-le pour les soirées arrosé de vin, là où elles ont leur place.

Dada Blaise

Vive le Malheur!

De nos jours, il faut être heureux, tout simplement.  Il faut être de bonne humeur. Il faut donc être joyeux de notre joie de vivre, Namasté, consécration, r’garde moi donc mes beaux cheveux pis mon sourire enchanté dans la lumière naissante du matin, enfants coquins, plaisirs simples, rions en cœur, long fleuve tranquille, food porn, no filter, love my life. Maintenant, le bonheur est constamment mis et remis sous notre nez. Sois heureux damn it. Profites. Relaxe. Prend le temps. Mange bien. Fais ce qui te plaît. Zéro culpabilité. Aime. Prie. Mange du Kraft Dinner avec des tites saucisses. Regarde la lune pis savoure la nuit. On s’amuse entre copines, on se fait des massages, on pense à soi, on s’bataille dans le Jell-O, on va danser, on fait rien, on coure en détachant notre brassière. Être heureux est particulièrement épuisant en notre ère moderne de partage et ouverture sur le monde. Les réseaux sociaux et les médias proclament souvent que le bonheur, la joie de vivre sont le résultat, le but, le pot d’or à la fin de l’arc-en-ciel. Être heureux est l’aboutissement de dur labeur et d’efforts. Tu mérites d’être heureux après tout ce qui t’es arrivé. Cette année, tu mises sur le bonheur, tu as assez eu d’embûches comme ça.

Ce qui est de la belle bullshit, non?

Parce que tout le monde vous le dira, la vie est loin d’être aussi simple. Le bonheur réside dans les craques du divan, dans le tas de poussière, il est mêlé au malheur intimement, pis à l’excitation, pis la peine, l’angoisse, la peur aussi pis la culpabilité. C’est un beau sentiment, mais j’suis pas mieux que les autres.  J’ai un esprit compétitif. J’aime jouer. J’aime gagner. J’aime me surpasser. J’aime me démarquer. Comme plusieurs autres jeunes gens de ma génération d’ailleurs. Moi aussi j’voulais être heureux bonyeu. Surtout en étant parent. Parce que le monde des parents est truffé de bonheur, de petits plaisirs, de joies débridés, de belles photos de la complicité et de la candeur partagé en famille. J’voulais moi aussi gagner la course du bonheur. Coûte que coûte. Avec l’avènement des réseaux sociaux, beaucoup de parents jouent maintenant à la game du bonheur. Oh bien sûr, la game est subtile, avec quelques commentaires ici et de jolies photos par-là. Un petit mensonge blanc, un sourire de plus, voilà. Les parents aiment se dire qu’il faut arrêter de nous comparer. Que nos vies sont riches de différences, riches de leur propre complexité, riches de merveilleuses banalités. Mais voilà que le bonheur revient constamment à la charge, te rappelant sournoisement que tu as pas autant de fun que l’autre là-bas, toi tu n’es pas sur le bord de la plage en pleine restructuration de ton soi-même, toi tu n’es pas zen et relaxe, toi en fait, tu es dans ton simple bungalow avec ta plante qui est en train de pourrir pis ta tarte aux pommes qui a fouerré partout sur le comptoir. Moi aussi j’voulais être épanoui et heureux et voulait mordre dans la vie. J’voulais être aussi heureux qu’une madame qui mange de la salade.

Je m’ennuyais du bon vieux bonheur d’avant, celui qui se comparait entre voisins croisés à l’épicerie ou sur le coin de la rue, le bonheur compétitif qui se limitait aux partys de famille pis aux visites chez le coiffeur. Tu savais que tel ou telle était partie dans le sud mais t’avais pas à te taper toutes leurs photos en plus! Y’avait ben assez de mononc Fermand et matante Bérangère qui revenait d’Acapulco pour te montrer aussitôt la porte franchi leur démarcation de bronzage région brassière et fessiers! Le bonheur n’était pas constamment étalé dans ta face et te rappelant qu’il fallait sourire à pleine dents aujourd’hui pis aller jouer dehors parce que c’était donc une belle journée. Dans ce temps-là, tu pouvais rester effouaré sur ton divan à écouter L’Amour Dans de Beaux Draps en mangeant des crottes au fromage pis tu ne savais pas que Gina ou ben la voisine était sur un bateau de croisière à se faire griller son fessier parfait entouré d’éphèbes bien membrés. Regarde mes chats, regarde mon bateau, regarde mon bébé, regarde mon beau salon, regarde comme j’ai du plaisir, regarde comment je suis songeur, regarde les belles couleurs, regarde le beau bricolage, regarde nos sourires, regarde la belle vue que j’vais avoir, drette sur le bord de l’eau toi chose (ferme toi donc avec ton bonheur!).

Mais comme pour beaucoup d’autres, j’me suis fait avoir dans la game du bonheur, pis j’ai fait ça tout seul. J’ai trop misé sur le bonheur pis j’ai oublié le malheur. Ce pauvre yable que tout le monde repousse violemment ces derniers temps. Quand le bonheur est si grand qu’il fait chier, le malheur reviens toujours à la charge avec une pas belle journée, une petite crisette, une bonne chicane de couple, une constipation chronique ou tache de pâte à dents dans le miroir. Le malheur est là pour t’aider à être de mauvaise humeur pis chialer pis bitcher pis s’en câlisser de la belle énergie pis des balades en forêt, pis du beau pain frais pis de la salade de chia de la voisine. J’me suis rappelé que dans le fond, j’aime le malheur un petit peu. J’aime me baigner dedans de temps en temps, me lever de mauvaise humeur pis rager pis bougonner. J’aime me rappeler que ça va mal par boutte, pis que c’est correct, que je suis pas tout seul. Ça fait du bien pour l’ego. Ça fait du bien pour la personne. Ça fait du bien pour la colère et les frustrations. Ça fait du bien d’être jaloux pis envieux, pis être amer et insatisfait. Ça nous pousse à agir, ça nous pousse à trouver des solutions, ça nous pousse à chercher les petits bonheur qu’on a déjà, pis ça ben, c’est ben ben correct.

Dada Blaise