Parler Comme Un Adulte: Le Code Secret des Parents

Ce post est à l’intention des enfants. Mais je vous conseille de ne pas leur faire lire, car ils gagneraient la partie contre vous à tout jamais.

Peut-être l’ignoriez-vous chers enfants, mais lorsqu’on devient un adulte, beaucoup de nos mots prennent un tout autre sens. Par exemple, lors d’une discussion avec notre conjoint, si quelqu’un affirme que: « Non, non, c’est correct. », ça veut nécessairement dire que ce n’est pas correct. Si quelqu’un au travail dit: « Super! » ça veut probablement dire: « Fuck you! ». Le monde des adultes est truffé de ces mots et expressions codés. Particulièrement dans le monde des parents. Ici, les mots prennent un tout autre sens. C’est une question de survie et de reconnaissance entre les diverses parents, car il faut faire équipe dans notre lutte de pouvoir contre vous, petits êtres que nous appelons les enfants. Pour vous mettre au parfum, voici quelques exemples de notre code secret et leur signification:

Peut-être = Probablement que non

On verra = Oublie ça

Mmm mmm = J’ai aucune idée de ce que tu viens de raconter, mais j’fais semblant de t’écouter.

Ah ouain? Wow! = J’ai toujours aucune idée de ce que tu racontes, mais tu avais l’air excité.

Veux-tu jouer? = Arrête de parler

Bravo, tu fais bien ça! = J’me sens mal de ne pas t’avoir écouté plus tôt, donc je te complimente beaucoup trop pour rien

Dans 5 minutes = J’espère que tu vas avoir oublié ta demande d’ici-là.

Dans 1 minute = Je ne bouge pas tant que tu n’as pas hurlé mon nom

Je m’en vais aux toilettes = Je m’en vais me prendre quelque chose en cachette dans le réfrigérateur

Es-tu certain que c’est une bonne idée? = Ce n’est pas une bonne idée.

Qu’est-ce que t’a fait là? =  WTF?

Tu es le champion! = Je me sens mal et insécure de ne pas t’avoir laissé faire quelque chose donc je te félicite à outrance, même si c’était pas les gros chars ce que tu viens de faire.

Non = J’ai mes limites.

NON! = J’suis en train de perdre patience.

Parce que c’est moi qui décide = Tu es en train d’avoir le dessus sur moi ou je suis tanné de t’expliquer quelque chose.

Va demander à Papa = J’ai pas le goût de gérer une crise et veut avoir l’air du parent gentil encore quelques minutes.

C’est quoi ça? = J’ose pas imaginer ce que c’est et j’ai très peur.

Quel beau dessin! = J’espère que mon enfant aura d’autres talents dans la vie.

Je t’aime = Je t’aime tellement que ça me fait mal. Pis j’veux que tu saches que tu es aimé.

Dada Blaise

Qu’en est-il pour vous, quel est le vrai sens de vos mots?

15 choses qui font de toi un bon parent

L’Internet tout entier semble souvent bien dévoué à te faire croire que tu es juste un pas bon pour toutes les raisons possibles et imaginables. Tu as laisser ton enfant jouer dehors tout seul? Abandon! Tu as laissé ton enfant manger des tranches singles de Kraft comme collation? Dépendance à la malbouffe! Tu as aider ton enfant à monter le p’tit mur d’escalade? Parent-hélicoptère!
Moi, je l’sais que tu es un bon parent. La preuve, tu es en train de lire cet article sur ce blogue, donc c’est déjà un bon point pour toi. Sans farce, comme il y a des millions de façons d’être parent de nos jours et de faire des erreurs, voici une liste pour te confirmer que tu fais BIEN les choses et t’assurer que tu es un bon parent. (indice: tu l’es):

 

1. Tu as déjà attrapé les fluides corporelles de ton enfant à mains nus.

2. Tu peux deviner la température de ton enfant au Celsius/Fahrenheit près avec juste le dos de ta main.

3. Tu as déjà laissé ton enfant faire sa crise dans une allée d’épicerie pendant que tu continuais nonchalamment à remplir le panier.

4. Tu as déjà abandonné ledit panier d’épicerie en empoignant ton enfant sous le bras de façon peu élégante pour le traîner jusqu’au char.

5. Tu as déjà dit la phrase: « C’est MOI qui décide! »

6. Tu as déjà fais 6 magasins pour trouver la maudite figurine manquante de Marcus/Stella/Chase/Ruben/Roukie/Zuma.

7. Tu as déjà passé une presque nuit blanche à cuire et décorer un gâteau en forme de Mickey Mouse qui ressemblait plus à Freddy Krueger en fin de compte.

8. Tu as déjà été magasiné pour te trouver du linge à TOI et tu es revenu avec 4 sacs de linges pour ton p’tit.

9. Tu as déjà utilisé la pompe à morve sans filtre, parce qu’il n’y en avait plus et c’était une urgence et tu as probablement avalé un bout de morve. Si c’est pas de l’amour ça, j’sais pas ce que c’est.

10. Tu as joué approximativement 6 431 heures de cachette et tu as réussi à faire semblant d’être surpris à chaque fois de trouver ton p’tit caché derrière les rideaux. (À. Chaque. Esti. De. Fois.)

11. Tu as utilisé l’excuse: « mon enfant est malade » plus d’une fois pour te défiler d’un événement social.

12. Tu as amené toute la famille au parc dans les jeux d’eau pour un après-midi de plaisir familial…ainsi qu’une excuse de ne pas prendre le bain ce soir-là. #winwinsituation

13. Quand tu te fais mal et que tu cherches un Band-Aid, tu passes beaucoup trop de temps à hésiter entre celui d’Elsa ou d’Anna.

14. T’as juste hâte de dropper ton p’tit chez les grands-parents pour un avoir un break pis t’as juste hâte d’aller le chercher pour le revoir.

15. Tu as gardé ton enfant en vie de son réveil jusqu’à ce qu’il se couche.

Dada Blaise

Les bons parents méritent un peu d’encouragement de temps en temps. Offrez leur de garder leurs enfants pour un weekend! Trop de trouble? Partagez cet article avec eux!

Être parent ce n’est pas drôle!

Quand tu es parent, tu aimes ça parler de ton enfant. C’est ben certain, il devient pas mal le centre de ton univers. Tout ce qu’il fait est merveilleux et amusant et incroyable, du moins quand il est un bébé. Quand l’enfant grandit, le discours change de façon imperceptible. Tu pimentes la conversation avec une phrase adorable que ton enfant à dit ou de la fois où la fois que tu pensais saigner du nez tellement t’étais en esti après lui, c’est selon ton auditoire. Il y a les histoires de pleurs toute la nuit, de premier caca dans la toilette, de rot bruyant au restaurant et les incontournables histoires de gastro. Ça, le parent en raffole. Il est toujours question de fluides corporels dans les histoires d’enfants. « Mon Dieu qu’il a été malade. » « Mon Dieu qu’il feelait pas. » « Mon Dieu qu’il a vomi! » « C’était épeurant tellement il vomissait! » Dada, qui est toujours prêt à placer une bonne blague aux moments les moins appropriés, lâche alors un commentaire du genre: « Hiiii, est-ce que sa tête a fait un 360 et elle s’est masturbée avec un crucifix? »

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As-tu essayé de lui donner une boisson du style Pédialyte? Peut-être ça lui f’rait du bien…

Bon, c’est évidemment là que le parent se tourne vers moi, somewhat indigné, me fixant avec la tête légèrement penchée sur le côté, incertain, terrifié même. « Ce n’est pas drôle. Elle a vomi toute la nuit! J’ai été obligé de désinfecter la maison entière avec de l’eau de javel et du Purell! » Ok. I get it. La p’tite était malade pis elle a passé une ben mauvaise nuit. Les enfants sont précieux. Ils sont notre avenir. Teach them well and let them lead the way. Moi aussi j’connais la chanson de Whitney.

Et que c’est sérieux, mon Dieu que ce n’est pas drôle. Ne touche pas à ça, reste assis, écoute bien, mange tous tes brocolis, fait un arrêt complet, fait du jogging, bois pas trop de vin, passe du temps en famille, laisse pas de graines de toast dans le beurre, rince ton recyclage, mange pas trop de chips, rit pas de la grosse madame. C’est sérieux la vie. I know, I know. Y’a ben du drame dans le monde. Tous les jours des gens sont assassinés, il y a la guerre, la corruption, les génocides. Quelqu’un, en ce moment même, se fait laisser par un être cher. Quelqu’un se sacrifie pour celui qu’il aime. Quelqu’un tombe en amour, quelqu’un pleure. Un bébé naît et une famille est en deuil pour un grand-père qui vient de mourir. La vie est pas facile et triste et grise. La vie devient particulièrement sérieuse quand tu deviens parent. Tu deviens un nouveau citoyen du pays de la parentalité, et ici, il y a beaucoup de règles à suivre. Ou à ne pas suivre. Combien d’articles ou reportages sur la famille et les enfants sont réellement sur des conseils constructifs et non à propos des choses À NE PAS faire? Je sais que ce n’est pas un avis très populaire parmi certains parents, mais quand est-il du essai/erreur avec les enfants? Après avoir collé ma langue sur la p’tite barre de métal dans le congélateur, j’ai apprit que ce n’était pas une bonne idée! Ma mère m’avait dit de ne pas coller mon pouce sur le l’allume-cigarette dans l’auto, je l’ai plus fait après m’avoir brûlé! Faire des acrobaties avec un pantalon jogging usé devant la cour d’école entière, ce n’est pas une bonne idée car les pantalons risquent de FENDRE! Et j’ai appris qu’il fallait toujours, TOUJOURS, cogner à la porte de la salle de bain avant d’entrer quand mon père y était.  Vous voyez, essai/erreur!

Et qu’en est-il de l’humour? T’sais, en rire une bonne shot. Parce que, avouons-le, c’est pas mal ridicule être parent. C’est ridicule quand tu décides de ne pas passer la balayeuse sous prétexte que ton p’tit dort (yeah right). C’est ridicule quand tu envoies une photo de caca à ton époux tellement tu es fier de ton enfant. C’est ridicule quand tu manges en cachette les Goldfish de ton enfant…ou ses bonbons d’Halloween. C’est ridicule parce que tu dois épeler des mots pour ne pas te faire comprendre (ou parler l’anglais) quand tu veux dire à ton conjoint que tu as envie de manger un P-O-P-S-I-C-L-E ce soir (ou que tu veux F-O-U-R-R-E-R ce soir, c’est selon). C’est ridicule lorsque tu réalises que tu es en train de tenir tête et raisonner un enfant en pleine crise, alors qu’il serait plus facile d’apprendre le latin ou de faire le Moonwalk sur un pied seulement. C’est ridicule parce que tu passes des soirées à t’en vouloir d’avoir puni un enfant, alors que lui s’en rappelle plus vraiment le lendemain. C’est ridicule parce que c’est quelque chose qui change ta vie complètement sans la changer du même coup. C’est ridicule et c’est drôle de voir à quel point tu changes même si tu t’étais juré de toujours resté le même. C’est ridicule pour toutes les bonnes raisons.

Alors, peut-être peut-on se permettre d’en rire un peu. De faire un « fuck you » dans le dos de notre p’tit quand il ne veut pas s’habiller. De dire que notre p’tit est un asshole. De rigoler de la fois où on était tellement fatigué qu’on s’est endormi sur le divan tout les deux. De la fois qu’on a pété dans l’église. Parce que, malgré toutes nos belles précautions, le résultat ultime est que notre enfant va grandir et va se lancer dans le monde sans vous derrière lui pour le guider et lui dire quoi faire ou ne pas faire. Il va faire ses propres erreurs, probablement vous blâmer pour quelque chose, se payer une thérapie pis vous pardonner en fin de compte. Fac riez. Riez out loud tout en regardant votre argent fondre comme neige au soleil, vos cuisses épaissir, vos cheveux amincir et votre jeunesse s’envoler dans le bleu du ciel. Si c’est pas drôle ça, rien ne l’est.

Dada Blaise

P.S: Dada croit aux pouvoirs du ridicule et du rire. La preuve, il a déjà fait bleacher ses cheveux. Et à déjà rencontré Steph Carse. EN PERSONNE!

12 Genres de Parents Que Tu Risques de Rencontrer au Parc

Se faire de nouveaux amis parents est un art subtil et délicat. C’est comparable à l’expérience du secondaire: tu sues abondamment, tu es awkward avec tes blagues plates et tu essaies d’impressionner les autres en glissant subtilement dans la conversation que tu as déjà rencontré Marina Orsini en personne. Bref, c’est difficile. Les parents pourtant, il y en a partout. On les retrouve normalement dans les sphères habituelles du monde de l’enfance, notamment le Zoo, la Ferme, le Magasin, la Clinique ou le plus populaire et accessible à tous, le Parc.

Le Parc est une oasis, un point de convergence, une microsociété en soi qui est en effervescence trois saisons sur quatre, en particulier l’été où les parents et leur progéniture viennent se désaltérer et sortir de la maison avant de lancer les bébèlles qui traînent par la fenêtre. Papa pis Dada ont la chance (ou malchance), d’habiter à trois pas d’un parc. Le genre de parc bucolique avec un petit boisé, des jeux colorés aussi impressionnants qu’à la Ronde et surtout, des jeux d’eau l’été.

Hamster Dramático

I know. Jeux d’eau. Fac du monde, y’en a comprends-tu? Le monde entier vient jouer dans NOTRE parc durant l’été. Papa pis dada ont donc l’occasion de voir un beau lot de parents, chacun d’eux un ami potentiel. Naviguer parmi les différents types de parents n’est pas chose simple et encore moins lorsque vient le temps de choisir lequel parmi eux pourrait partager vos intérêts pour la randonnée pédestre et le sexe tantrique.

Voici donc un petit guide simple et pratique pour vous aider à reconnaître les différents types de parents qui peuplent les parcs de la banlieue et de la ville:

La Classique Névrosée

Le bon vieux modèle de parent, une indémodable. Elle peut aussi être appelée Soccer Mom, Hockey Mom ou Karine. Reine de la banlieue, préoccupée, anxieuse et surchargée, elle a le minivan rouge et est heureusement mariée depuis l’Université. Elle travaille à temps plein ou temps partiel et gère tout: les cours de patins de la p’tite, le rendez-vous chez le dentiste, la soirée massage sensuelle et son cours de Zumba avec une frénésie terrifiante. Elle a minimum trois enfants, de la brou dans le toupet, mais son sac à couche contient TOUJOURS tout ce qu’il faut. Elle est prête tsé. Elle te fait toujours sentir un peu cheap parce que toi t’as oublié les Goldfish, mais elle va te donner un peu des siens avec générosité. Elle peut être étonnamment drôle et vulgaire après une coupe de vin blanc et peut même te mentionner lequel de ses enfants est son préférée.

La Hipster/Trendy

Un nouveau modèle. Elle est jeune, éclectique et à la mode. Ses enfants portent des noms comme Aglaé, Rosco ou Ruth pis ils sont toujours mieux habillés que les tiens, dans des teintes de blanc et de gris, avec des bretelles pis une petite casquette de chef de train au goût du jour.  Elle a un sac à couche de cuir Pendleton, des jeans délavés, des mocassins tendance et, le plus important, des foulards. Tellement de foulards que tu t’interroges comment elle fait pour respirer avec tout ça autour du cou. Elle a de longs cheveux onduleux qui tombent toujours avec justesse, même lorsqu’elle glisse à vive allure sur la glissade orange avec son p’tit entre les jambes. Tout est blanc et pur dans sa maison et elle boit uniquement des limonades de poires et raisins verts qui brillent dans le soleil. Elle est sympathique, mais dure à juger parce que ses énormes lunettes soleil cachent constamment ses yeux.

La Cauchemardesque

Elle conduit un bigass gros VUS, même si elle a seulement deux enfants, qui d’ailleurs ne sont pas du monde, poussant ton p’tit qui a de la misère à grimper dans l’échelle comme si c’était un tas de nothing, hurlant pis sacrant du même coup. Elle est d’un certain âge et s’entête à garder la coupe de cheveux garçonne rouge auburn avec des mèches blondes, même si c’est plus à la mode depuis 2003. Sa phrase préférée : « En tant que mère, je ne crois pas que… », « Moi je… » et « C’est qui le responsable ici? » Elle a beaucoup de bagues et des sandales de plage peu pratique pour courir après son garçon qui balance une branche de bois au-dessus de la tête des nourrissons dans le bac à sable. Ce n’est pas ma préférée de la gang.

La Surprenante Jeunesse

Elle a une grosse maison proche du parc parce que son chum est dans la construction, ce qui veut dire qu’elle est une maman à la maison. Elle vient au parc en yoga pants ou joggings, ses cheveux sont remontés en chignon pis elle mâche de la gomme. Vite de même, tu la sous-estimes, parce qu’elle est plus jeune que toi et qu’elle reste souvent assise sur le banc, mais elle te remet brusquement à ta place quand elle lève le ton pour dire à ses enfants de se calmer pis le parc au complet l’écoute et lui obéit. Elle a une voix rauque et chaleureuse pis elle fait des gros câlins à ses p’tits quand ils passent près d’elle, pour ensuite leur donner une petite tape sur les fesses en leur disant d’aller jouer plus loin. Elle texte constamment alors que ses enfants roulent sur la piste cyclable avec leur brand new Kid Trax Electric Mini Cooper jaune. Elle n’est jamais seule, habituellement accompagnée de son amie servile qui allaite en public et qui aime l’annoncer à voix haute. Elles sont relativement difficiles d’approche.

Le Père Compétitif

Il est jeune et quelque peu déboussolé d’être là en plein jour. Il porte des chandails lousses, des shorts pis une obligatoire casquette. Lui, il a pas des enfants, mais bien des kids. Il joue dans les jeux avec férocité et ses jeunes sont mieux d’avoir du fun avec lui. Il te pose beaucoup de questions sur ton enfant et ses intérêts, mais juste pour avoir une occasion de parler de son kid, pis à quel point il a parlé et marché rapidement pis qu’y joue déjà au hockey Bantam AAA. Il se permet le léger flirt inoffensif, mais personne ne semble intéressé à lui rendre l’appareil. Il est fin pareil, mais reste jamais bien bien longtemps.

La DIY

Elle, a choisi le bonheur, pis ça paraît en chriss. Elle a sacrifié beaucoup trop pour être mère pour voir son rejeton se péter la gueule en tombant de la cage à singe, donc il est mieux de rester tranquille. Elle a un chemisier serré comme ses cheveux, une caméra Nikon au cou pis des souliers Dansko. Elle a un enfant, qui porte toujours un chandail de cashmire qu’elle a tricoté elle-même. Elle a apporté son kit à bulle géante fait maison, un cerf-volant aux couleurs si chatoyantes que ça te fait pleurer de voir tant de beauté et des cupcakes Shopkins et Avengers pour tous.  Elle est une habituée du parc et à déjà toute sa clique, comme au secondaire, donc oublie ça. Mais semblerait-il qu’elle soit réellement fine.

Le Mâle Alpha

Spécimen rare, mais qui vient changer toute la dynamique du parc quand il arrive avec son T-shirt V-neck serré et ses bras musculeux. Il est grand et beau comme un dieu, avec la barbe de 3 jours perpétuelle et ténébreuse. Tous, hommes, femmes, animaux, insectes, s’approchent imperceptiblement de lui et espèrent ardemment qu’il grâce leurs présences d’un regard ou salut de la main. Il marche en tenant tendrement la main de son enfant et te lance un sourire à te faire exploser la petite culotte. Il s’installe normalement près de l’abreuvoir, où il croisera une connaissance tout en se plaçant une jambe sur le banc et en s’ajustant le paquet, imposant ici sa dominance sexuelle sur le reste des spécimens du parc. Il joue brièvement puis repart aussi vite sur son vélo Bianchi Infinito, le p’tit bien attaché à l’arrière. Il est approchable, mais lui parler se révèle être une expérience drainante et peu satisfaisante, car tu dois constamment replacer ta mèche de cheveux dû à la nervosité. Après son départ, tous se demandent s’ils ont imaginé un telle créature ou bien s’il existe réellement.

La « Pauvre Elle »

Elle est habituellement assise sur le banc, sa veste attachée tout croche, sa brassière d’allaitement dépassant de sa camisole pis un collier de noisetier dans le cou. Elle a une trâlée de jeunes et semble elle-même surprise qu’ils soient tous les siens. Elle n’a pas dormi depuis 8 ans et sa lèvre inférieure tremblote continuellement. Venir au parc est son seul moment de relative paix et elle s’excuse constamment aux autres parents, en prévenance des futurs mauvais coups de ses enfants. Elle lance le sac à collation dans le terrain de jeux pour que ses enfants se nourrissent en poussant un cri tribal. Elle aimerait ben ça jaser, mais elle a de la difficulté à prononcer des consonnes, donc elle risque de ne pas trop te répondre.

Les Grands-Parents

Ils gardent le p’tit pour la journée pis ils sont ben excités. Le grand-père est un peu brusque et pousse l’enfant un peu trop fort dans la balançoire, mais se dit que ça forme le caractère. La grand-mère tant quant elle est toujours prête avec son pouce humide pour nettoyer une saleté proche de la bouche. Ils n’ont pas de maillot de bain pour le p’tit, mais c’est pas grave, il peut y aller en petite culotte, ça dérange pas. Ils vont te jaser longuement pis complimenter ton enfant sans bon sens, tout en expliquant la vie et le travail de leur fille, la mère du p’tit. Ils sont ben sympathique mais lorsque tu mentionne « J’ai googlé… » ils se jettent un regard surpris et gêné, croyant que tu parles de masturbation.

Le Sweet Papa

Il a les épaules creuses et porte un petit polo trop serré. Il a sa petite bedaine de brownies et vin rouge qu’il déguste en cachette une fois que tout le monde est couché. Il a commencé à câler, lui donnant l’air plus vieux qu’il ne l’est réellement.  Il cajole ses enfants et joue avec eux, son plaisir réel et abondant. Il aime Star Wars, à apporter des collations qu’il a cuisinées lui-même et ne sort jamais son téléphone, mais bien un magazine de Ricardo. Il aime jaser avec tous les enfants du parc, même le tiens alors qu’il fait une crise de bacon parce que tu ne veux pas le laisser manger du sable. Il va te jaser de sac à couche et de garderie et de quel chien est le meilleur dans Pat Patrouille, mais si tu fais une blague grivoise, il saura pas trop comment réagir.

Les « Eux Autres »

Ah « Eux Autres ». On sait ben, « Eux Autres » ils l’ont l’affaire. Ils sont généralement en couple, parce que mon dieu qu’ils sont unis et sereins. Elle a un collier de perles et lui des grosses lunettes carrées et noires. Elle a fait un pâté chinois avec des lentilles et son lait maternel, lui, il a apporté un livre « Algebra For 3 Years Old ». Leur petit est tranquille et joue intelligemment, ce qui est encore pire, ne lance pas de roche et ne demande jamais d’aller aux toilettes alors qu’il est dans la balançoire. Les deux sont heureux et ont une belle complicité et tu pressents que le soir venu il l’insulte sauvagement au lit et qu’elle en redemande. Ils vont sûrement venir te parler que ça te plaise ou non et te faire remarquer subtilement que ton enfant fait juste tourner tout en faisant des cris d’animaux et ne joue pas beaucoup avec les autres alors que le leur a construit la chapelle Sixtine avec des petits copeaux de bois et des branches d’arbre. « Si c’était mon enfant… » ou « Selon les experts… » va leur sortir par la yeule de temps en temps, fais de ton mieux pour les ignorer.

Le Gay Dad

Le pire. Il est maussade, envieux et juge secrètement tous les autres tout en souhaitant être leur meilleur ami pour la vie. Il aime bien son p’tit, mais là glisser pour la quarante millième fois dans la glissade, ça ne lui tente pas, ok là? Il porte du linge ample pour cacher son corps ravagé par les restants de Ficellos et tente de ne pas se planter la face car il est du genre à tomber le cul par-dessus tête devant tout le monde en faisant une pirouette pour faire rire son garçon. Tu peux lui parler mais son sujet de conversation s’arrête aux comédies musicales et des blagues cochonnes. Aussi, garde pour toi que ton enfant mange cinq portions de légumes et de fruits par jour, car lui y tient pas tant que ça à le savoir.

Bien évidemment, ceci n’était qu’une petite parcelle du merveilleux monde des parents. Certains se demanderont: Wow, est-ce j’ai tant besoin de me faire des nouveaux amis? Mes vieux amis ne font pas l’affaire?

La réponse est: oui tu dois te faire des nouveaux amis. Il n’y a rien de mieux que de partager vos affaires plates à propos du manque de sommeil, de la gardienne pas gentille ou de la voix stressante des Tut Tut Bolides avec un autre parent qui partage la même chose en même temps que toi. Et si en plus vous découvrez que vous aimez tous les deux les films de Tarantino et les chansons de Lana Del Rey, tant mieux pour vous, une belle amitié est née!

Et garder aussi vos vieux amis tant qu’à faire. Ils en connaissent beaucoup trop sur vous.

 

Dada Blaise

Soyez top cool, partagez cet article. 

Soyez encore plus top cool, amenez-moi magasiner une nouvelle thermopompe. 

 

 

 

 

Adventures in Adoptionland, part 3: Ze Boutte Rough!

Adventures in Adoptionland, PART 1: Ze Commencement

Adventures in Adoptionland, PART 2: Petit Pou Contre-Attaque (avec de l’amour!)

Papa pis Dada, dans leur vie « pré-bébé de l’amour », n’avaient pas de gros questionnements quant à leur futur avec des enfants. C’était assez clair que, biologiquement parlant, ça ne serait pas possible d’avoir un enfant, même si on essayait tous les soirs (oh those were the days…). On était pas mal satisfait de notre vie par contre. Vous devez d’ailleurs pouvoir vous l’imaginer: caviar, champagne, sexe dans le hot-tub, couchers de soleil tout rose, glitter, danse dans les clubs et voyages aux Bahamas…Oui, on pouvait voir tout cela à la télévision dans Occupation Double, assis sur notre grand sectionnel blanc immaculé, en mangeant des chips BBQ. Pis un jour on s’est dit: « Heille, me semble que c’est trop propre pis calme chez nous pis qu’on feel pour avoir un p’tit tout mignon à aimer et éduquer qui serait l’équivalent d’avoir à contrôler les dégâts d’un blender pas de couvercle. » Donc oui, comme tous les futurs parents, un m’ment donné, l’envie d’avoir un enfant nous a pogné. Lors des entrevues pré-sélection, l’intervenante adoption nous a demandée pourquoi on en voulait un exactement. Et en effet, c’est LA question non? Pourquoi les parents ont des enfants?  Je sais que si je posais cette question à mes grands-parents ou mes arrières grands-parents, ils me regarderaient avec un air bafoué tout en agrippant leur Reader’s Digest et leur bol de peppermint pour me dire:

« Parce que c’est d’même. »

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« J’suis parti en famille. » « Batince. »

 

Je comprends qu’il y a une part biologique et survie de l’espèce préprogrammée dans nos esprits qui nous pousse à procréer. Je comprends également que pour certains, c’est un désir profond qui ne s’explique pas, qui se vit. Mais une partie de mon cerveau, la partie logique, froide, analytique, se demande pourquoi l’être humain d’aujourd’hui, qui sait comme moi que le monde est dur, cruel, froid, plein de danger, de risque, de mort, décide d’avoir un enfant.

Je sais également que beaucoup se demande pourquoi un couple serait prêt à adopter un enfant comme nous l’avons fait, avec tous les risques, troubles, pleurs et crises que cela comporte. Pourquoi avoir un enfant dans ce cas? Cette question revient souvent pendant l’aventure de l’adoption. Elle est sournoise, sneaky, te réveille en pleine nuit pour te murmurer à l’oreille, te faire douter. Parce que, oh oui, il y a des bouts difficiles. Chrissement difficile même. Tu ne peux pas t’imaginer à quel point c’est dur pour la tête et le cœur, pour tout ce qui fait de toi un être humain sain d’esprit. Mais on passe au travers. Les humains sont résilients de même. On affronte les pires horreurs pis on survit. Et le plus extraordinaire dans tout cela, le p’tit aussi. Il passe des moments difficiles, tristes, déchirants. Mais il s’en sort. La volonté d’un enfant à s’trouver une place dans le monde est grande, impressionnante. Son besoin de s’faire aimer l’est tout autant. Et toutes ces aventures feront alors de ce petit être un superhéros à part entière, comme ses Supers Parents.

Sans plus tarder, voici la suite des aventures de l’adoption, où l’on plonge tête première, avec témérité et un peu de folie, yeux grand ouverts dans toutes les épreuves qui ont tissé notre famille. Encore une fois, tout ceci est MA propre expérience et n’est aucunement représentatif des autres gens qui vivent l’aventure de l’adoption au Québec.

 

SIXIÈME ÉTAPE: ON S’PARTAGE LE BÉBÉ

Donc tu feel le parfait bonheur avec ton p’tit enfant. Oui, il y a eut une période d’adaptation, le p’tit a réagi un peu plus fort que tu t’attendais parfois, mais somme toute, c’est relativement facile. Un beau matin tu reçois un appel de l’intervenante sociale du p’tit qui te rappelle que les visites supervisées vont débuter la semaine suivante. Visites supervisées, tu sais c’est quoi. Tu as été prévenu. C’est des visites qui ont été ordonnées par le juge, celui-la même qui a décidé de placer le p’tit chez vous, même s’il vous a jamais vu de sa sainte-vie. Tu prends note l’heure et l’adresse de la rencontre, pis tu raccroches. La réalité sonne à la porte et rentre chez vous avec ses grosses bottes sales pis il fouille dans ton intimité sans demander la permission.

Le matin de la visite, tu prépares ton p’tit. Tu sors la grosse poche qu’on t’avait donnée quand tu as été le chercher, celle que tu as mise au fin fond d’un garde-robe pour ne plus y penser. Une poche remplie de trucs qui appartient à la maman biologique de ton p’tit. La Bio. C’est d’même que tu vas l’appeler à présent. Elle devient une entité qui reste et plane dans ta vie, un fantôme que tu ne pourras pas chasser facilement. Tu farfouilles dans les trucs et la désolation te serre le cœur. Les maigres affaires de la Bio se résument à un sac à couche, des jouets, des trucs de bébé et du linge trop petit. Tu pognes le sac à couche, une suce et un chapeau que tu trouves pas beau mais que tu prends pareil, question de montrer à la Bio tes bonnes intentions. Tu prépares les bouteilles de lait, ta propre suce, ta doudou, couches et tous les trucs indispensables dans ton propre sac à couche. Tu pars avec bébé dans sa coquille et deux sacs à couche ben chargés d’émotions différentes.

C’est avec appréhension que tu dois donc te rendre dans une autre ville que la tienne, ton p’tit dans sa coquille ben endormi. Première épreuve, ton GPS t’amène en plein milieu d’un champ et tu appelles en panique au Centre Jeunesse pour dire que tu vas être en retard. So far so good. Tu arrives enfin et tu entres dans un petit bâtiment adjacent à une école délabrée. C’est gris, c’est petit, c’est sombre, c’est super. Il y a des affiches de chat dans un pot de fleur (Hang in There) et des enfants qui sourient. Tu t’annonces à la secrétaire, tu signes un papier et tu attends dans la salle d’attente, ton cœur une fraction de ce qu’il peut être tellement tu es nerveux. Tu t’excuses pour le retard. Ce n’est pas bien grave, la Bio est également en retard. Par contre ce retard occasionne une rencontre entre vous deux qui n’était pas prévue, le principe étant que la Bio attende dans la salle et que l’intervenante amène le bébé elle-même. Bang. Face à face avec la Bio. Ici tu vas vivre la relation le plus étrange, houleuse et torturée de ta vie. La Bio est à la fois ta pire ennemie, ta fan incontestée, ton amie, ton cauchemar, ta rivale et ta raison de te sentir coupable. Elle est comme tu te l’es imaginé. Jeune, horriblement jeune, et pauvre. On ne peut pas passer à côté. Elle est comme un cliché dans sa robe trouée et ses cheveux gras et tu te sens affreusement mal et décadent avec tes sandales Puma et ton chandail Ralph Lauren La Bio te fait un sourire rapide et va s’asseoir. Giga malaise. Tu as son bébé avec toi, c’est SON bébé. Une voix te le répète sans cesse dans ta tête, nasillarde pis un peu bitchy. Ce n’est pas ton bébé. Comme tu es fin et aimes plaire aux gens par tous les moyens, tu lui demandes si elle veut le prendre. Elle dit que oui, gênée.

Elle se penche et pogne la coquille et parle avec une p’tite voix au bébé. Toi t’es clairement pas à ta place. L’intervenante arrive, une jeune poupounette qui a clairement terminé ses études la veille. Elle arrive, trépidante de bonne humeur, se présente et indique à la Bio qu’il est temps pour la visite avec la joie d’une cheerleader. Un peu plus pis tu te créerais en camp de vacances. La Bio n’a de yeux que pour le bébé. Tu lui donnes son sac à couche. À ce moment, tu l’haïs la Bio. Tu l’haïs comme jamais t’a haïs quelqu’un. L’amour de ta vie, ce p’tit bébé qu’on vient de te donner est en train de te filer entre les doigts. Pis ta haine part subitement, parce que tu la regardes partir cette pauvre fille-là, pis tu comprends. Tu comprends qu’elle a pas demandé à être comme elle est, à vivre ce qu’elle vit. C’est une fille qui a pas pigé le bon numéro dans l’jeu de la vie, pis sa réalité est à des kilomètres de la tienne. C’est comme se retrouver en présence d’un extraterrestre, son monde est tellement différent du tiens que tu ne peux pas t’imaginer comment elle pense ou qu’est-ce qui la pousse à agir. Tu ne peux pas te permettre de la juger car tu n’as aucune idée qu’est-ce que c’est vivre sa vie. Alors tu te fermes la trappe, ben humble, ben terrifié, ben p’tit dans tes culottes. L’intervenante, la Bio et le p’tit dans les bras partent pour la salle. Toi, tu restes comme un codingue dans la salle d’attente. Ici, plusieurs options s’offrent à toi:

  1. Quitter et aller manger tes émotions dans un snack-bar douteux que tu as vu à deux coins de rue d’ici.
  2. Quitter et aller dépenser tes émotions au centre d’achat de la ville.
  3. Quitter et aller brailler dans le char en écoutant Adele en boucle.
  4. Attendre dans la salle d’attente et lire les magazines Sept Jours circa 1996 avec Céline sur le cover, les nerfs en boule, l’oreille tendu pour le moindre pleur.

Comme Dada est pragmatique, il a déjà son muffin pépites de chocolat et émotions trop intenses avec lui, qu’il dévore dans le temps de dire « adieu taille semi-mince ». C’est ici que Dada va attendre pendant 1 heure et 30 minutes à chaque fois, avec la petite secrétaire sympathique qui comprend son malheur, mais qui ne peut rien faire juste de l’autre côté de son plexiglast. Après ce long laps de temps, la Bio et l’intervenante reviennent avec le p’tit. À chaque fois Dada se dis, ça y est, il va parler et va dire tout haut: « J’veux repartir avec elle! C’est elle ma mère! ». Mais le p’tit, qui n’est pas capable de saisir les objets encore, reste dans sa coquille, bien sage. La Bio lui fait un gros bisou et lui parle et n’arrête pas de dire qu’elle l’aime, ce qui est son droit, mais Dada, comme un enfant boudeur, veut lui interdire ces mots. Mais il est maintenant un adulte mature, alors Dada sourit même si son cœur se fend en mille morceaux, parce qu’il comprend la peine de cette fille-là, il comprend l’amour qu’elle veut lui donner. Il comprend que cet enfant-là est aimé par beaucoup de monde, pis que chacun veut qu’il lui redonne son amour. C’t’enfant-là va devoir être partagé entre plusieurs parents, pis il a à peine 3 mois.

La Bio quitte, penaude et ton cœur se resserre plus fort, te faisant réaliser que oui, il est possible que tu feel encore plus cheap qu’avant! Isn’t this great? Ensuite, tu placotes rapidement avec l’intervenante, tu cherches les détails sordides. Est-ce que ça bien été, ton bébé a-t-il pleuré à en fendre l’âme tout le long, est-ce qu’il a bu son lait, est-ce qu’il la regardait, est-ce qu’elle va être apte à le reprendre? L’intervenante te sourit et essaye de te rassurer, mais elle ne peut pas dire grand-chose. Elle te dit que c’était correct, débrouille-toi pour déchiffrer ça comme tu veux. Tu dois donc refaire la grande route jusque chez toi, ton bébé dormant paisiblement derrière, tes convictions et ta vision des chose fracassées au-delà des réparations. Toi tu repars dans ton char qui shine la richesse pis la Bio repart sur sa bicyclette rouillée. Tu gagnes, tu l’sais. C’est toi qui a le bébé pis le beau char, pis elle, elle a rien. Fac pourquoi tu te sens aussi mal?

Et n’oublie pas qu’une fois chez toi, tu dois être comme Mary Poppins et être aimant, doux, chanter, faire voler les objets et faire de la claquette. Qui plus es, tu dois continuer d’épater la galerie, amuser la visite, faire le souper, le ménage, pis avoir du dirty sex sur le comptoir de la salle de bain. Donc ça se peut que, parfois, tu manges tes émotions, tu bois ta peine ou tu dis à ta tendre moitié, sacre-moi patience. Ou tu peux faire comme moi et engueuler n’importe qui.

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SEPTIÈME ÉTAPE: STRAIGHT TO HELL AND BACK

Si tout ça paraît morose et soul crushing difficile, ben ça l’est! Parfois ça coule comme l’eau su’l dos d’un canard, c’est-à-dire que le p’tit réagi pas vraiment, mis à part qu’il est fatigué. Pis d’autre fois, le p’tit braille et braille sans arrêt suite aux visites. Non, non. Pas comme le tiens Il BRAILLE comprends-tu? Braille sa vie. Plus il vieilli, pire c’est. Plus il passe du temps chez vous, pire c’est. Les visites continuent, elle n’arrête pas. Ton p’tit est de plus en plus attaché à toi. Tu te rappelles la période cocooning? Ben c’est à ça que ça sert. À te rendre exclusif au p’tit. C’est dur pour tout le monde, ta famille pis ton conjoint, parce que tu deviens indispensable au p’tit. Mais c’est le but. Ton p’tit va se consoler uniquement dans TES bras, il va boire son lait uniquement dans TES bras, il va s’endormir uniquement dans TES bras. T’as voulu connaître la parentalité, vis là astheure! Nonstop!

Les visites supervisées vont venir gérer ta vie. Elles reviennent encore et toujours, réglées comme un tour d’horloge. Certains les vivent 3 fois semaines, d’autres aux mois. La durée et la fréquence changent selon les cas. Ce n’est jamais le même jour, ça change constamment. Tu pensais que t’avais connu la peur pis l’angoisse parce que t’as écouté The Exorcist avec ton cousin tout seul dans une maison noire en pleine campagne pendant que vos parents étaient en vacances? T’as rien vu mon poulet.

 

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« On as-tu barré la porte en bas? » « J’sais pas. » « Va voir toi. » « Fuck that. »

 

Dada continu vaillamment de se rendre aux visites, comme s’il avait le choix. Il continue de tendre son p’tit vers l’intervenante. Parfois il croise la Bio, parfois non. Elle aime lui parler après les visites, lui donner des conseils. Elle n’aime pas la doudou ou la suce que Dada donne au p’tit. Elle veut sa doudou ou les vêtements qu’elle avait au départ. Il voudrait faire plaisir, mais sa doudou pue la misère et ses vêtements sont trop petits. Il aimerait passer par-dessus ça, mais il est pas capable, parce qu’il est trop impliqué, juvénile et blessé. Pourtant la Bio a encore plein pouvoir sur certaines décisions dans la vie de bébé. Elle choisit s’il peut ou non aller en vacances hors du pays avec sa famille d’accueil. Elle peut choisir ou non si Papa pis Dada peuvent couper les cheveux du p’tit. Elle refuse presque tout. Pas pour être méchante ou bitch, seulement parce que c’est là les dernières parcelles de sa parentalité. C’est sa dernière emprise sur son enfant, pis elle le veut, comme toute mère au monde.

Les visites vont de pire en pire. Le p’tit, qui a 4 mois, pis 5 mois, pis 6 mois, hurle aussitôt qu’il te quitte. Il n’est pas ben. Il ne veut pas se faire prendre par quelqu’un d’autre et veut surtout pas boire du lait donné par quelqu’un d’autre. Le p’tit veut se faire entendre. Et toi t’es où pendant ce temps-là? Bingo! La salle d’attente, à te ronger les sangs. La secrétaire te fait une face défaite, pis toi tu as le goût casser quelque chose. Il faut respecter l’heure des visites, jusqu’au bout. Ça va de pire en pire, c’est l’enfer. L’horreur. Le p’tit est pu ton p’tit. La visite semble se poursuivre chez vous. Ses réactions prennent de l’ampleur. Ça dure 1 jour, 2 jours, 3 jours. Il braille et ne veut pas que tu le touches. Il braille et veut que tu le prennes. Non non t’a pas compris, décode son humeur tout de suite, right now, constamment. Sers-le, aime-le, gère-le, prend-le. Garde-le dans tes bras, berce-le. Non arrête pas, même quand tu penses qu’il est correct, arrête pas. Arrête jamais. Genre tu peux pas vraiment aller aux toilettes, parce que le p’tit a peur que tu t’en ailles forever. Voilà l’étendue des visites. Une anxiété pis une peur de l’abandon que tu dois réparer, rabibocher, recoller à chaque coup. À chaque fois. Alors quand une p’tite caissière du IGA te dit: « Il doit avoir des coliques. C’est pour ça qu’il braille de même. », ben tu as le droit de lui hurler: « TA YEULE! ».

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« Ça doit être ses de… » PUNCH!

 

Pis subitement, alors que tu crois virer fou, un ange arrive. La divine nouvelle intervenante, la kickass intervenante, la bénit entre toutes. Celle qui va te poser une main sur l’épaule pis te dire: « C’correct. On va penser au p’tit en premier dans cette histoire-là. »

Ici je prends un moment pour vous dire que ce n’est pas comme ça pour chacun. Certains ont des histoires d’horreur et d’incompréhension avec leur intervenante. Mais un peu de positif, ça fait du bien parfois.

Donc l’intervenante vous sauve la vie, littéralement, sauve votre couple, votre famille, toute. Un nouveau jugement est décrété par un autre juge, les visites tombent à une fois par mois et l’intervenante mets en place un système pour votre p’tit. Finis les crises interminables, fini l’incertitude. Maintenant on le laisse plus pleurer. Maintenant on lui donne une chance.

J’ai mis beaucoup de temps à écrire cette suite de notre aventure adoption, car effectivement, c’est un boutte extrêmement difficile et surtout, pas très drôle. Mon but avec ce blogue est de vous faire découvrir les facettes comiques de l’adoption et la parentalité en général, donc il m’a été difficile de trouver le drôle dans cette partie de mon récit. Malgré tout, j’ai fait de mon mieux. Et ça m’a fait revivre l’entière gamme des émotions qui accompagnaient chacune de ces visites. Donc j’ai du boire quelques coupes de vin et me suis bercé en pleurant, comme dans l’temps. Ah doux souvenir.

Malgré tout, en revisitant ces moments sombres, j’ai compris pourquoi on voulait avoir un enfant. C’est illogique, ça ne fait pas de sens de vouloir souffrir autant pour un être, que ce soit l’accouchement ou des visites de ce genre. Oui, du point de vue logique, ça ne fait aucun sens, mais les meilleures choses en ce monde sont illogiques, comme l’amour inconditionnel qu’on porte à quelqu’un. C’est ça être parent. Et la preuve ultime est que malgré toutes les épreuves, Papa pis Dada sont en liste pour un deuxième projet d’adoption. C’est ti pas merveilleux, l’être humain?

Ne manquez pas la suite et fin de la saga, Adventures in Adoptionland: Papa pis Dada pis le P’tit, Forever. À paraître quand ça va me tenter.

 

Dada Blaise

Faites comme mon p’tit et « partagez » cet article avec vos amis, c’est-à-dire donnez l’auto verte rouillée qui lui manque une porte à l’autre ami et gardez le reste pour vous.

 

 

 

 

 

 

 

Merci m’man!

La fête des Mères approche à grands pas, genre dans 3 jours fac grouille toi de trouver un cadeau, même si toutes les mamans de ce monde annoncent à leur progéniture que « j’veux rien, non, non, non, fais-moi pas de cadeau, j’ai pas besoin de rien, c’est toi mon cadeau ».

Les mères, c’est connu, c’est les best ever. Les mères, ça fait tout dans la maison et encore plus, ça endure pis ça garde le sourire. La plupart du temps.

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Comme tout le monde, j’ai une mère et c’est évidemment la best des best. Je l’ai déjà dit, c’est la ultimate housewife, qui était capable de parler au téléphone pendant des heures avec mononc’ Marcel tout en me fabriquant un château de Lego, fumer une cigarette, préparer du coq au vin et décorer le salon pour la réception du Jour de l’An. Ma mère, je l’aime ben ben gros, qu’est-ce que tu veux que j’te dise, j’suis un p’tit gars à sa mouman. Et comme dans ma famille, on aime surtout se faire honte, j’ai eu envie de partager les nombreuses gaffes et moments loufoques vécus par ma parfaite mère, agrémenter de quelques photos cocasses…

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Termine ton bol de céréales pis va te coucher, maman va te trouver un nouveau popa sur Tinder.

Mais non je blague. Ma mère ne mettrait jamais des bottes roses avec une robe bleu marine, elle a plus de classe que ça. Ses bottes seraient noires.

Et je ne ferai pas honte à ma maman aujourd’hui. C’est la fête des Mères, donc j’vais plutôt la remercier à la place. C’est plus classique et classy, et ça me donne plus de chance d’avoir des beaux cadeaux pour ma fête.

 

Pour toi maman:

 

Merci m’man…

…de m’avoir choisi un nom weird et unique. Oui, j’ai du épeler mon nom cinquante mille fois, oui c’est difficile de faire une réservation sous mon nom quand on va au restaurant et les vendeurs de balayeuses centrales qui appellent chez nous m’appelle Madame Blaise, mais en même temps, mon nom est simple à écrire, ça me fait toujours un bon sujet de discussion quand je rencontre quelqu’un de nouveau, il y a un personnage de Harry Potter qui porte mon nom (Blaise Zabini, un Serpentard noir et sexy ça d’l’air), les gens croient que je suis de la royauté et tout le monde se rappelle de moi et de mon nom spécial. Ils vont se rappeler de moi FOREVER!

Merci m’man…

…de m’avoir donné des puddings Laura Secord, des tranches Singles de Kraft, des tranches de baloney plein de gras trans, du macaroni jaunâtre garnoté de p’tites saucisses, des grilled cheese et des salades de fruits avec des p’tites cerises cocktail rouge pétant, le tout bien conservé dans le sirop sucré. Bref, merci de m’avoir donné du manger pas tout le temps bon pour la santé, mais sans sentiment de culpabilité.

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Qu’est-ce qu’on mange pour dîner? Le minimum d’effort mon p’tit pit.

Merci m’man…

…de ne pas m’avoir abandonné dans le panier d’épicerie du Woolco en t’enfuyant vers la sortie. Maintenant que je suis un Dada avec un charmant enfant qui calisse tout par terre dans le magasin, je sais que la tentation devait être grande.

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Pour les plus jeunes, Woolco était l’ancêtre du Wal-Mart, en plus cheap et avec plus de néons blancs.

Merci m’man…

…de m’avoir permis de jouer avec des pouliches, des Barbies et des Précieux Décors. Merci d’avoir fait à ta tête quand les autres devaient te regarder croche ou te juger parce que tu achetais des bébelles de filles pour ton ti-gars. Merci de m’avoir fait sentir que je n’étais pas weird parce que j’aimais les jolies couleurs, les licornes et les beaux cheveux.

Merci m’man…

…de ne pas avoir jeté ma cassette de La Petite Sirène par la fenêtre. Je l’sais que je l’ai écouté beaucoup, genre que tu dois pouvoir réciter des grands bouttes du film sans le vouloir, mais qu’est-ce que tu veux, Sous l’Océan is the shit! Merci aussi d’avoir encore une fois écouté ton cœur de maman pis de m’avoir laissé vivre mon obsession d’Ariel et ses poissons pleinement et sans jugement.

Merci m’man…

…de m’avoir acheté un chandail avec un gros chien Terre-Neuve sur le dessus. Ça me donnait un air débonnaire et décontracté et ma cote de popularité a grimpé en flèche quand je l’ai mis à l’école.

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Ci-haut: Moi dans toute ma glory et ledit chien. Maman, je t’aime, donc je t’épargne la honte de cette photo mémorable. Sœurette, régale-toi de cette photo que tu adores.

Merci m’man…

…d’avoir fait semblant de me croire quand je fakais d’être malade pour ne pas aller à l’école. Merci aussi d’avoir fait semblant de ne pas remarquer que j’étais tout le temps malade les jours que j’avais de l’éducation physique.

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Tiens, une bonne dose d’estime de soi et d’esprit sportif!

Merci m’man…

…d’avoir joué avec moi à Day of the Tentacle, Zelda, Star Tropics, Full Throttle et j’en passe. T’étais pas mal cool de jouer à des jeux vidéo avec moi, même que des fois c’était moins cool parce qu’il fallait qu’on se batte à savoir c’était à qui le tour de jouer. Merci de m’avoir instauré ta geekiness que t’avais avant que ça soit déclaré cool pour la populace. Merci aussi de me faire rire en imitant la face des vendeurs boutonneux de magasins de jeux vidéo quand tu leur dis que le jeu Death Blood Frenzy Kill Dismember Destroy Burn 3000, ben c’est pour toi.

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Une belle représentation à quoi ma mère ressemble lorsqu’elle joue aux jeux vidéo.

Merci m’man…

…de m’avoir appris à aimer les belles choses, d’être gentil avec les animaux, de dire merci, d’être poli, de ne pas avoir peur dans le noir (ça n’a pas marché trop trop, mais t’auras tout de même essayé), de m’avoir fait sentir mieux quand j’feelais pas, de m’avoir lu des histoires, de m’avoir bercé pis bécoté, de me faire de la pâte à sel, de nous laisser te voler des 5$ dans ta sacoche, de faire des maudits bon repas, de m’avoir acheter la grosse base full cher de Jurassic Park, de ne pas m’avoir forcé de jouer au hockey, de m’avoir donné tes gênes de yeux bleus ténébreux et ainsi me permettre de me snatcher une tonne de chums dans mon jeune temps, d’avoir lu mes p’tits livres que j’écrivais, des histoires de fées, d’extraterrestres, d’adultes et de Nathalie culbute, pis finalement, merci de m’avoir accepté comme j’étais dès le moment où je suis né pis de m’avoir supporté dans mon p’tit parcours de p’tit gars de la campagne qui s’cherchait un prince charmant. Ça m’aide ben gros dans la vie que tu m’ailles accepté aussi vite et sans problèmes, même si ça m’a prit du temps à m’accepter moi-même. Merci d’être une kickass mama.

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Là braille pas trop, tu vas avoir des grosses poches en dessous des yeux. Tiens, une p’tite blague pour te faire rire, pis les autres qui me lisent itou:

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Bonne fête des Mères à toutes! Ça aurait pu être pire…

Dada Blaise, le fils de sa mère

 

 

Ce que Maman Veut Pour la Fête Des Mères

Chaque année c’est la même histoire, mais qu’est-ce que j’offrirai bien pour la Fête des Mères?

Avant de vous précipiter chez Rossy pour acheter n’importe quoi, je vous conseille d’examiner le tableau ci-dessous. Il saura vous guider.

Les meilleures cadeaux coûtent rien en plusss!

 

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Dada Blaise

 

P.S: Je suggère le site mamanaunplan.com pour des idées de cadeaux. Les mamans qui s’y trouvent, donc une ancienne copine de théâtre du secondaire qui m’a vu déguisé en collant, sont meilleures que moi pour trouver des belles idées avec des p’tites fleurs, des crochets suisses pis des p’tits cactus tendances qui sauront plaire à toutes les mamans fashion, même celles qui habitent la rive-sud.

Leurs cartes de la fête des mères sont écœurantes by the way!

 

Les Eux Autres: 4 Genres de Parents qui Font Chier un Tantinet

En ce bas monde, il y a plusieurs types de parents, mais la plupart d’entre eux peuvent être catalogués dans deux catégories. Le parent classique pis les Eux Autres.

Le parent classique est de son époque: il est fatigué, stressé, colérique, épuisé, à bout de nerfs, en manque de sommeil, impatient et crevé (j’ai tu dis fatigué, me sembles hein?). Certes, le parent classique adore son enfant, c’est toute son existence, se fendrait en quatre pour le rendre heureux et fait tout ce qu’il peut pour y arriver, mais le parent classique comprend aussi qu’il est humain donc, susceptible aux erreurs de parcours et aux « là ça m’tente pas ».

Pis il y a les Eux Autres. Les Eux Autres ils l’ont l’affaire. Ils ont compris le sens de l’univers, pis ils sont merveilleusement bien. Ils sont heureux d’être heureux pis ils vont te le faire savoir.

Les Eux Autres SAVENT ce qui es bon. Ils CONNAISSENT la vérité. J’vais vous le dire carré, les Eux Autres, y m’énarve beaucoup. Les Eux Autres sont habituellement pas tes amis. Ils sont souvent la connaissance d’une connaissance, une relique de ton passé que tu croises un beau jeudi en sortant du dépanneur, le trou du cul en dessous du bras pis le jeune qui hurle sa vie que tu traînes par la main. C’est évidemment là que les Eux Autres vont t’offrir jugement, souvenirs embarrassants et conseils dénigrants du même coup.

Afin de vous préparer à affronter les Eux Autres, et toujours dans le but de vous éduquer sur les réalités du monde, Dada vous offre ici quelques exemples types que vous risquer de croiser sur Facebook ou ailleurs:

Le « Hey que c’est l’fun! »

Commençons par les pires, parce qu’ils font le plus chier de toute la gang. Ils sont ben ben fins et ils sont sincères également. Ils sont beaux, drôles, heureux, ont du wild sex respectueux tous les soirs et le bonheur leur sort par tous les orifices possibles. Il apparaît évident que la vie les a choisis comme porte-parole de la joie et les a récompensés avec un enfant parfait qui aime le riz brun et les fibres, qui s’endort tôt et se lève tard et qui s’occupe tout l’après-midi en lisant des livres et en construisant des tours avec des blocs de bois. Quand tu leur racontes tes malheurs, ils haussent les épaules, bonasses, en disant « Ben coudonc! ». Tu leur souhaites toujours un p’tit malheur, genre que son p’tit pogne une diarrhée explosive ou que leur maison périsse dans les flammes. Trop les fréquenter pourrait mal finir…pour eux.

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La « Sans Gluten »

Elle fait de la musique tribale avec son djembé, ses cheveux sont lavés avec du sperme d’hippocampe, elle dort nue en position cuillère avec ses adolescents et porte rarement une brassière, donnant ainsi un libre accès pour allaiter ses enfants de 5 et 7 ans, la petite Quinoa et le rouquin Fève Germée. Elle n’accepte aucune toxine dans son corps et pour elle, l’allaitement est une religion. Le lait formule est l’équivalent de nourrir ton enfant avec l’urine du Diable. Elle fait son propre fromage, récupère sa cire d’oreille pour faire ses propres chandelles et elle RECYCLE! Elle va te conseiller à outrance sur les saines habitudes de vie, l’anti-vaccination et les omégas-3, que tu le veuilles ou non. L’inviter à manger chez vous n’est pas recommandé, car elle risque d’arriver avec une vinaigrette sang de mouton/épinards et te demander « est-ce que ce poulet à été élevé en liberté? » Fuck off.

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La « Tu m’en dois une! »

Elle, au lieu d’être jalouse et bitter comme nous autres, a choisi l’autre voie: righteousness. SON choix de vie est le meilleur, pis c’est toute. Elle a élevé la prochaine génération de premiers ministres, docteurs, péquistes et participants à Le Banquier, la société devrait donc la vénérer! Elle est une MÈRE. Elle s’implique, elle prend congé de sa job pour passer du temps en famille, nettoyer le parc de sa communauté, faire une murale contre le racisme et donner une conférence sur les bienfaits de l’accouchement dans la douleur et le silence. Non, non, elle ne demande pas un salaire ou de trophée. Seulement un peu de compréhension. Que tu comprennes pourquoi ce qu’elle fait compte, que sa vie est signifiante dans ce grand et complexe univers, contrairement à ta pathétique vie vide de sens, pleine d’argent sale de drogués et de virée dans les bars louches. Pis vient pas la faire chier que tu peux dormir le matin! Dérange la pas avec des choses banales comme une invitation à un souper de fête pour tes 30 ans ou une soirée à jouer aux cartes en prenant une petite bière. Elle n’a pas le temps!!! Peux-tu comprendre ça? Elle est occupée à être une SUPER MOM pour sa famille! D’ailleurs, n’as tu point lu son horaire détaillé sur Facebook, qu’elle update à la minute?

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La « Moi le mien »

Elle a l’ego sensible et le mariage instable, donc on mise sur le kid! GO! Son p’tit est dans chaque cours pas possible, du judo tantrique jusqu’au ballet jazz/funky/slutty. Son p’tit a mangé le plus de légumes, a fait le plus beau dessin, a chié le plus gros caca et a donné le meilleur câlin de tous les amis de la garderie. Elle cherche souvent à savoir où en est rendu le tien juste pour te upstager avec les prouesses du sien. Alors quand le tien vient de réussir à attraper les objets, le sien saute, roule et danse dans les grands ballets canadiens comprends-tu. »Heille, 6 mois et demi! » comme dirait maître Pérusse.

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C’est ti pas heureux tout ce beau monde là? Changez pas chers Eux Autres. Vous faites tourner le monde…et alimenter Facebook.

Dada Blaise

Psss, pour plus de blagues et de sarcasme, clique ici!

Virile Maman

Qu’est-ce qui définit la « Famille »? Sur les bancs de l’école on nous parle de la famille dîtes nucléaire et affirme que c’est la plus répandue. Dans le petit livre « Mes 100 premiers mots » de mon Petit Pou, la famille est présentée comme étant formé d’une maman, du papa, un garçon, une fille, des grands-parents, un oncle avec de gros sourcils et une tante alcoolique qui vomi subtilement derrière le sapin de Noël. Les modèles de la famille typiquement retrouvés dans les livres d’images et les émissions de télévision pour jeunes enfants sont tous relativement basés sur ce modèle et j’étais légèrement surpris de le retrouver aussi stéréotypé. La plupart du temps, on montre ce modèle un peu archaïque: maman dans la cuisine avec son tablier, papa dans le garage avec son chapeau, les enfants adorables, tous avec des sourires si radieux que c’est probablement malsain.

Les contes de fées et la littérature jeunesse n’ont pas beaucoup de famille avec des parents de même sexe, et plus souvent qu’autrement, lorsqu’il y en a, l’histoire est à propos des deux papas, du genre: « Certains enfants ont deux papas et d’autres ont deux mamans. » C’est là l’étendue créative concernant les familles homoparentales pour Petit Pou. Ma solution, pour l’instant, est simplement de continuer à lire les livres, mais changer le sexe des personnages alors que je lis à voix haute. Par contre, ça commence à être malaisant d’avoir à expliquer à mon enfant de 3 ans que l’ours qui trouve que son gruau est trop froid est en fait un papa ours qui aime se travestir.

Pourtant, statistiquement parlant, la « famille » ne consiste plus en ce modèle d’un père, d’une mère et leurs enfants biologiques vivant tous sous le même toit (et certainement pas avec le papa qui quitte pour le travail alors que la maman attend à la maison, ruminant sa douleur et son destin). Maintenant, il y de plus en plus de familles reconstitués, de divorces et séparations, de mères célibataires, de couples interraciaux, de couples gays et lesbiennes qui élèvent des enfants et de couples qui décident de ne pas avoir d’enfants. Arrive dans ce joli éventail coloré Papa pis Dada qui ne sont pas des porte-étendards d’aucune cause, ni des pionniers de l’adoption. Juste deux gars, qui se donnent de la tendresse musclée, aiment regarder des émissions de décoration et ont du style oui, mais deux gars ben ordinaires tout de même, qui s’aimaient assez pour décider d’adopter un enfant.

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Notre face lorsqu’on a pris la décision d’adopter. On est toujours un peu dramatique.

Une fois la décision prise d’avoir un enfant, il a nécessairement fallu que futur Papa et futur Dada discutent ensembles sur quel modèle familial ils se baseraient pour éduquer le bambin. Rapidement, LA question gênante est apparue, celle qu’on se fait demander à quelques reprises par des gens bienveillants mais un peu poche à la fois:

« Mais qui d’entre vous fait la maman? » Oh boy…

Oh boy indeed. Comme des enfants qui jouent à faire semblant, moi j’fais le papa, toi la maman. Toi tu mets le tablier, moi je tiens le marteau et le tournevis. C’est l’équivalent de demander qui fait le gars pis qui fait la fille. Ou de demander à un couple « Vous avez couché avec combien d’autres personnes avant de vous rencontrer? Dans tous les cas, c’est un vrai can of worms comme le dise les autres. Ça ouvre la porte à un paquet d’autres questionnements par rapport aux rôles attribués aux hommes et aux femmes dans notre société et culture. On le sait, les gars, ça aime boire une bière entre chums, péter, pis faire le sexe comme un p’tit lapin; alors qu’une femme aime boire du vin blanc, être en retard quand il est temps de partir pis avoir mal à la tête. Là t’en a toujours une qui dit: « Non, ce n’est pas vrai, moi j’aime le sexe et écouter le hockey! », parce qu’elle, elle est cool. Ben bravo pour elle!

Alors, qu’est-ce qui fait qu’une maman est une maman? Est-ce que pour être une maman il faut posséder la féminité, la douceur, l’écoute, la tendresse? Est-ce qu’il faut nécessairement aimer faire des cupcakes végétariens, faire des tournées de friperie avec fillette, se crémer les mains avec une solution hydratante et avoir de jolis ongles?

Et pour le papa lui? Faut-il absolument bizounner dans le garage, s’entraîner au Pro Form avec fiston, écrire son nom dans la neige avec son pipi et faire du camping chasse et pêche pour être un papa modèle?

Les rôles changent et évoluent, malgré ce qu’on en croit les humoristes québécois qui s’entêtent à nous réciter qu’une fille aime aller aux toilettes en gang et un gars ne pleure jamais. Ici, dans notre couple exclusivement masculin, on est un vrai paradoxe. Dada aime les films de Walt Disney et voue un culte à Ariel la petite sirène et Papa aime les outils qui font beaucoup de bruit pis réparer des choses en sacrant comme un chartier. Papa prend 1 heure à se pomponner et à se mettre beau, tandis que Dada aime démembrer du monde en jouant à Mortal Kombat. Dada aime faire la cuisine en chantant du Whitney Houston, Papa conduit l’auto manuelle d’une main musclée. Papa aime la décoration et les beaux coussins frivoles, Dada sait faire un feu de camp spectaculaire. Dada trippe sur les comédies musicales pis Papa et Petit Pou haïssent ça pour mourir et ils le font savoir bruyamment à chaque fois que Dada ose chanter Starmania. Bref, on est comme tout le reste de vous autres: c’est-à-dire qu’on s’obstine à savoir qui va vider le lave-vaisselle, on n’aime pas perdre nos clés dans la neige pis on fait l’amour le jeudi soir, après l’émission de Denis Lévesque. Vous voyez? Gays, they’re just like us!

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Presque pareil…leur maison est probablement beaucoup plus belle que la vôtre.

 

Comme pour tous les trucs par rapport à la parentalité, Papa pis Dada se débrouille du mieux qu’ils le peuvent et assument pleinement leurs nouveaux rôles de parent. Mais bon, on sait malgré tout qu’un enfant, ça n’agit pas de la même façon avec sa mère pis avec son père. Alors, entre Papa pis Dada, qui fait la mère finalement, vas-tu nous le dire?

Bon, juste pour vous, mais gardez ça pour vous, je répondrai et sachez que c’est MON avis, donc nullement expert ou fondé sur une quelconque étude. Il y a deux volets dans ma réponse:

1 – La réponse politically correct en ce qui concerne mon univers d’homosexuel du 21e siècle tendance c’est que dans une maison où il y a exclusivement des papas, on fait tout ce qu’on peut, comme toutes les autres familles, à la différence qu’on le fait avec des remarques sardoniques et des belles coupes de cheveux. J’veux dire en fait qu’on s’alterne un peu tour à tour les rôles normalement attribués aux parents: on console pis on chicane pis on cajole pis on amène au parc pis on chante une comptine pis on lance dans le tas de couvertes. Y’en a pas un de nous deux qui porte la jaquette à dentelles et le bonnet alors que l’autre fume sa pipe devant son journal. On reste deux hommes tout de même. Mais, let’s get real, il y a des choses que les mamans font qu’on ne pourra jamais faire, comme donner naissance, allaiter ou pleurer en écoutant Marina Orsini qui parle de concilier maternité et travail avec des témoignages émouvants.

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Oui je veux savoir comment faire un kombucha maison! Je n’en peux plus, ma vie est un désastre sans ça!

Et peut-être que le lien sacré qui se forme entre mère et bébé transforme les mamans en êtres réellement exceptionnels et je m’incline devant elles, parce qu’elles peuvent du coup essuyer des larmes, préparer les lunchs, chanter une berceuse, passer la balayeuse et texter les copines tout en restant gracieuse et féminine.

2 – La deuxième réponse maintenant, un peu ma vraie de vraie réponse que je ne devrais pas dire: Dans un couple de papas only, c’est un peu inévitable qu’un des deux prendra le rôle de la maman. Par ici je n’entends pas les attributs assommants qu’on colle typiquement à la peau d’une maman, par exemple douceur, dévouement, tendresse, émotion. Non, j’entends ici cette soudaine pulsion à devenir un meilleur toi-même parce que tu as un petit être vulnérable dans les bras. J’entends ici le brusque sentiment de Maman Lionne, féroce puis sauvage pour tout ce qui pourrait faire du mal à ton p’tit. J’entends ici ce lien cliché et invisible mais oh combien réel, qui fait que tu deviens un Band-Aid humain pour n’importe quel petit bobo ou pleur qui viendra au cours de la vie de ce bébé. Pis je suis capable de rester relativement masculin selon mes humeurs, avec du petit poil sur le chest pis toute. Donc peut-être que des fois quand mon gars me braille sa crise et qu’il se jette dans mes bras et se calme un peu plus vite qu’avec n’importe qui d’autre, je suis un petit plus que son père, je suis son viril maman, son Dada juste à lui. Comme me l’avait dit notre fantastique petite madame intervenante sociale une fois après une visite avec Petit Pou: « Tu es un peu plus qu’un papa toi. » Effectivement, je suis une petite affaire plus qu’un papa. Quand tu as passé tes journées seul avec blondie baby collé sur ta peau, à le flatter puis l’aider à s’endormir, le changer de couche puis de pyjama quinze fois parce que mon dieu qu’il bave; à jouer et consoler et donner une bouteille de lait tout en chantant I Dreamed a Dream de Les Misérables, ben les feelings qu’une maman ressent arrivent bien rapidement, sournoisement et toi aussi, du coup, tu te retrouves à pleurer en silence devant une émission de Marina Orsini toi avec.

Donc j’me dédie cet article à moi-même et toutes les autres parents qui fittent pas vraiment dans le modèle, toutes les viriles mamans qui n’aiment pas faire des câlins à outrance pis qu’haïssent ça faire des tresses. Toutes les mamans quin’ ont pas le goût de jouer avec leur p’tit pis qu’y sont poches en dessins. À tous les papas doudounes qui aiment les princesses pis qui aiment chanter des comptines. Tous les papas doudounes qui pleurent pendant Inside Out (Bing-Bong! Noooooooooon!), qui n’aiment pas jouer au hockey avec leur p’tit pendant des heures sur la patinoire et qui aiment faire la housewife de temps en temps.

Moi j’vous trouve bon pareil. Moi j’trouve que vous faites une ben bonne job. Moi j’trouve que finalement, on est pas pire pantoute. Pis c’est ben correct.

Dada Blaise

Vous êtes une virile maman ou un papa doudoune, alors partager vos émotions! Moi j’vais vous écouter avec compassion.  

Partager également cet article comme on se partage nos souvenirs du voyage à Toronto lors d’une réunion d’ancien du secondaire: Avec rêverie et beaucoup trop de détails 

L’art d’être une parfaite housewife

Quand j’étais au secondaire, j’avais une étrange fascination avec les ménagères. Les housewives. Fouille moi pourquoi. Peut-être que ça vient du fait que ma mère en était une et qu’elle faisait des dîners de « Bonnes Femmes » où je n’avais pas le droit de toucher aux serviettes décoratives de la salle de bain. Les madames arrivaient pis là ça jasait. Fort. Pis ça riait. Elles buvaient du vin pis méméraient sur Madame Chose pis ses bas plissés ou sur à quel point Michael Douglas était beau dans Romancing The Stone. Peut-être aussi que mon obsession venait du fait que je vouais un mini-culte pour le film Little Shop of Horrors, que ma mère m’avait tapé sur une cassette VHS, avec des vieilles annonces de Distribution au Consommateur pis toute. Être housewife était pour jeune Dada un univers vraiment drôle et triste et merveilleux et pathétique à la fois. Passer la journée à s’occuper de son foyer, faire le ménage en tournant tout en étant coquette avec de jolis cheveux semblait être un passe-temps facile et divertissant. J’pensais que ça serait comme ceci:

Bref, j’pensais que j’allais chanter avec les ti oiseaux pis faire des gâteaux pis rire à gorge déployée en regardant mon époux tondre la pelouse pour ensuite avoir du sexe torride chaque soir une fois que bébé serait endormi. Fac quand bébé Petit Pou est arrivé dans notre humble foyer, j’étais prêt comprends-tu. Aweille la housewife, chante pis fait le ménage en même temps, ça va être drôle and so much fun!

1 an et demi plus tard: C’est comme long on dirait être une housewive, me plaignais-je. Pis y’a beaucoup de choses à faire finalement, pas toute super le fun. Les oiseaux ne viennent pas chanter avec toi, ni t’aider à faire ta tarte, que t’as pas tant le temps et le goût de faire d’ailleurs. Avant d’être housewife honoraire, je n’avais jamais réalisé à quel point la salle de bain se salissait vite, pis que des gouttes d’eau qui coulent d’une brosse à dents peuvent te gâcher le ménage de comptoir que tu viens juste de faire. Pis que des vitres, chriss, y’en a donc ben dans ta maison? Pis le jeune qui marche à quatre pattes pis qui grimpe partout astheure, langue que veux-tu, les doigts tout graissoux par-dessus le marché, ben il te les sali dans un temps rare. Pis les lits. Faut les faire à chaque maudit jour! Sans parler des repas. My. God. Les soupers. Les déjeuners. Les dîners. Moi quand je vivais seul, je mangeais un bol de céréales pour les trois repas, là il faut que je prépare quelque chose de bon, vert, sans gras, craquant en bouche, à chaque fucking repas? Pis les journées sont longues. Longues. La seule personne avec qui tu peux faire du bonding time à de la misère à saisir les objets et te voit seulement en deux dimensions pour les premiers mois de sa vie ça d’l’air! Il faut que tu sois à trois pouces de sa face pour qu’il t’accorde de l’attention!

 

Oh sure, tu peux aller faire ta petite marche au parc ou au centre d’achat, voir les copines et parler de vos déboires et d’à quel point vous êtes doooooonc fatigués. Mais y’en a toujours une là dedans que sa vie est donc merveilleuse, avec son bonheur pis ses enfants qui chient de l’or, fac ça aussi, ça devient un peu lassant après un moment. Peu étonnant que c’est avec l’énergie du désespoir que t’accueille ton mari, pas avec un verre de martini bien brassé, mais plutôt désespéré pour une bribe de conversation qui fini pas avec « Bravo! » ou « Dada! Dis Dada! » ou « Ses selles sont quelle couleur? ». Finalement, me suis dit, être une housewife c’est pas what it’s all cracked up to be. Oui, on a des beaux moments et les gâteaux sont délicieux et voir ton enfant marcher tout seul est un sentiment qui ne peut se décrire avec justesse, puis se réveiller le matin et te dire que ta seule grosse préoccupation de la journée, c’est savoir si tu fais des purées ou tu vas à l’épicerie, c’est ben plaisant. Et les émissions dans le jour ne sont pas si plates que ça. Mais…être housewife, c’est une VRAI job. Genre une job temps plein. !

Et tout ça me rappelle ma chère et douce et formidable maman, la ultimate housewife à mes yeux, l’unique, la sublime, celle qui était capable de faire de la pâte à sel coloré tout en préparant le souper et en m’aidant à tuer le méchant Ganondorf dans Zelda: A Link to the Past. Un jour, ma pétulante soeur et moi-même avions dit que nos vies étaient injustes, surtout comparées à la sienne. Qu’elle, la chanceuse, elle n’allait pas à l’école pis elle ne faisait RIEN de la journée. Elle pouvait faire ce qu’elle voulait. Gasp! Elle nous avait jeté son regard BIG EYES, celui qui terrifiait les cousins/cousines en visite, ce regard qui nous fermait la trappe rapidement, pis elle n’avait rien dit de plus. Le matin, on était parti tout content à l’école dans l’étobus jaune. Le soir on revient et…Coup de théâtre! Maman était assise sur sa causeuse, encore en jaquette blanchâtre et en robe de chambre bleue avec des petites fleurs roses, pis elle n’avait rien fait. R-I-E-N. Rien pantoute. Pas de ménage, pas de lit de fait, pas de collation en revenant de l’école. Rien. « Qu’est-ce qu’on mange pour souper? » qu’on avait demandé, voix chevrotante, comme des ti-quêteux. « Rien, » qu’elle avait dit en fumant élégamment sa cigarette (les années 80, tout le monde fumait). Et toc!

Et là, 25 ans plus tard, je réalise soudainement qu’est-ce que j’aimais de la housewife. Ma mère était une housewife, mais elle ne faisait pas juste le souper et faire le ménage. Quand elle préparait ses dîners de « Bonnes Femmes » ou les repas de Noël ou les incalculables fêtes ou les réunions de famille, je la regardais se démener à préparer de la bouffe délicieuse et des jeux amusants pour tous, aux petits soin dans son ménage et son arrangement des grandes tables pliantes. Pis là quand tout le monde était attablé plus tard, riant aux éclats pis en répétant incessamment à quel point c’était bon, j’voyais ben son sourire discret qu’elle se gardait juste pour elle. C’est le même que j’ai astheure quand je reçois du monde à souper et que tout le monde a du gros fun noir. C’est un sourire pour dire, I kick ass!  Vous avez du fun, pis c’est un peu grâce à moi! Une housewife, ça réuni les gens, ça prend soin de son monde, pis sa les rend heureux. J’pense finalement qu’on est tous eus peu de même, non? Pis pour celles et ceux qui le font pour vrai, qui passe jours après jours à vous occuper de votre foyer et vos enfants, pis qui sont capable de garder le sourire, moi j’vous juge pas, je vous vénère! Je vous lève mon chapeau, parce que c’est though en maudit en fin de compte! Pis dîtes-vous bien que si votre enfant est encore en vie quand votre mari/chum/blonde/femme arrive le soir, ben, la job est pas mal réussie quant à moi!

P.S: Je ne peux m’empêcher. Je mets la scène Somewhere That’s Green, du film dont je parlais plus haut. En version française en plussssss, comme sur ma cassette!

Alors voilà. Au secondaire, pendant que les autres écoutaient Blink-182, The Offspring ou Nirvana, moé j’écoutais ça. Ça en dit long sur ma popularité au secondaire…

Dada Blaise