Papa pis Dada VS La Charge Mentale

Hé, vous vous rappelez de l’hilarante déclaration de divers groupes religieux, back en 2005 quand le mariage gay est devenu officiellement légal pis que là tout le monde s’énervait donc le poil pubiens en disant que la société allait s’effondrer pis que les enfants allaient être confus et en détresse parce que les rôles des parents ne seraient plus clairement définis pis toute le chior pis l’apocalypse pis les grenouilles qui tombent du ciel pis matante Denise qui ne sait plus à qui faire la carte de Bonne Fête des Mères.

Well, well, well…r’garde donc la date toé chose. 2017. Pis non la société s’est pas auto-détruite pis les familles homoparentales continuent de pousser comme la belle mauvaise herbe fashion et trendy qui la caractérise. La croyance que les couples homoparentales viendraient nuire à l’institution de la famille semble un peu dépassé. Tout ceci originait du simple fait que pour beaucoup de gens, les rôles parentaux sont clair, net et précis. Je vous le résume en quelques mots: le père travaille et s’occupe d’amuser les enfants de temps en temps. La mère fait tout le reste.

J’pensais pourtant qu’en 2017, notre belle et merveilleuse société moderne aurait appris à passer par-dessus une telle notion, mais quelle ne fut pas ma surprise de voir des vidéos et des posts hilarants (not!) de mères donc ordinaires débordés par la vie  et le trop plein de verre de vin, accompagnés de leur mari ridicule qui ne sont pas capable de faire un pas devant l’autre sans s’enfarger dans leurs souliers, donc surtout pas capable de passer une soirée avec leur enfants, ni de trouver l’allée des épices dans une épicerie. Ben non, les stéréotypes n’ont toujours pas quittés la stratosphères parentale semble-t-il, et c’est bien dommage.

Voilà donc Papa pis Dada, fier parents du p’tit devil qui aime les billes pis le film Mon Voisin Totoro, marchant bravement au travers cette jungle de parents aux rôles bien définis. Comme la plupart des couples homosexuelles de notre belle planète, on a appris à improviser au fur et à mesure sur nos diverses tâches. Puisque nous sommes deux hommes, il n’y avait pas de rôle pré-établi par rapport aux habituels clichés de qui part les chicanes, qui initie le sexe, qui va changer les couches, qui va couper le gazon, qui va se trimmer les ongles au-dessus du lavabo et qui va faire la vaisselle en écoutant du Lana Del Rey.

Parce que la réalité moderne est tout autre. Malgré nos beaux pétages de bretelles pis nos belles tapes de félicitations dans le dos que nous sommes donc ouvert d’esprit pis avant-garde pis hipster pis « égaux », le couple moderne est encore un peu beaucoup prisonnier de son genre masculin et féminin. L’homme fait telle affaire, la femme fait l’autre affaire. Monsieur gosse sur le iPad, Madame torche pis s’épivarde comme une poule pas de tête sur le statut du couple pis le problème de mathématique du p’tit. Pas d’échange. La norme est telle. Pis ça m’enrage. Ça m’enrage de voir des vieux clichés ressortir de temps en temps, c’te pauvre père-là tout croche pis donc maladroit parce qu’il a les enfants avec lui. Ça m’enrage de voir des mères que je connais crouler sous le poids des responsabilités, dépassé par les événements parce qu’elles doivent tout gérer dans la maison. C’est le combat du moment. Le mot tendance. La charge mentale. Chercher un peu et vous verrez la tonne d’articles et témoignages sur le sujet. Même La Presse m’a appelé cet été pour me jaser de la charge mentale.

De kessé que les femmes se plaignent donc? M’a vous dire ça drette-là:

Je l’ai connu la charge mentale. La charge mentale c’est le poids perpétuelle du quotidien qui te pèse dans le cerveau. C’est de penser et prévoir et calculer et remémorer tout ce qu’il faut pour que toute la maisonnée soit vivante, au chaud, nourri et au sec à la fin d’une journée. C’est la présence constante, CONSTANTE, de tous ces détails dans ton esprit, alors que tu dois travailler et gérer mille autre chose à la fois. Pis non, ça se met pas à OFF de même.

Au départ de notre périple parentale, j’encaissais beaucoup. Je gérais beaucoup. J’en faisais beaucoup. Papa participait comme il le pouvait, il lui suffisait seulement que je lui demande un peu. Mais c’était justement-là que la situation se corsait. Moi j’anticipais tous les coups, les moindres situations complexes qui pourraient subvenir, alors que mon chum lui attendait le débordement pour agir. Il agissait quand l’Apocalypse survenait, sans se rendre compte que j’avais déjà détruites mille autres petites apocalypse auparavant. On s’est engueulé. On s’est crié après. On a eu du rough sex de la réconciliation ensuite. Mais c’était toujours un peu la même chose malgré tout. Jusqu’à ce que je réalise peu à peu que je mettais mis moi-même cette charge mentale-là parce que je m’étais attribué toutes les taches de la « maman ». Pis là j’ai capoté. Parce que j’ai réalisé que pour certaines choses, je l’avais pas pantoute. J’suis nul pour remplir un formulaire pis me rappeler des dates importantes. J’hais ça faire l’épicerie. J’hais ça aller acheter du linge pour mon p’tit. J’hais ça aller jouer dehors.

Fac peu à peu, Papa pis Dada ont commencé à se partager la charge mentale tout comme les taches de la maison. Ce n’est pas nos organes génitaux qui ont décidés qui ferait quoi, mais nos intérêts. C’tu pas magique ça? C’est ce que je trouvais intéressant. Comment nos familles homoparentales différaient de la norme. Comment nos couples à un genre s’en sortait pas trop pire pantoute finalement. Fac sorry, normalité hétérosexuelle, mais peut-être que pour une fois, vous auriez avantage à faire comme nous. Les critiques et les white trash habituels viendront dire qu’un couple homosexuel vient déformer la réalité parce qu’ils forment un couple « sans genre ». Ouain…mais mettons qu’on applique le « sans genre » à un couple hétérosexuel, cela veut dire que la tendre épouse n’est pas automatiquement celle qui sera responsable de remplir les formulaires de service de garde, de faire à manger, de prévoir les rendez-vous chez le dentiste, préparer la fête thème Mon Petit Poney pour la p’tite, se lever la nuit pour consoler l’autre, se rendre chez le pédiatre pis trouver un cadeau pour la prof. J’pense que beaucoup de mes amies mamans diraient « FUCK YES! » si on venait appliquer le terme « sans genre » à leur couple.

 

Dada Blaise

 

Comment Bien Répondre aux Questions Intrusives

Papa pis Dada ont un démon de l’enfer un charmant enfant. Il est la chose la plus merveilleuse qui nous est arrivé, sauf la fois où on a eut droit à des passes gratuites pour aller au Zoo de Granby, ça aussi c’était pas mal hot. Évidemment, en tant que membre d’un couple homosexuel qui a adopté un enfant au Québec, j’me fais poser tous pleins de questions par toutes sortes de gens. C’est normal, la plupart veulent simplement en apprendre plus, ils sont curieux. Parfois, malheureusement, ces questions sont borderline étranges, grossières et indiscrètes. Normalement je réponds semi-évasivement ou fais un sourire poli en riant de malaise ou invente une excuse pour me défiler: « Oh, vous avez vu l’heure, je dois absolument aller chez moi pour m’épiler l’anus, au revoir! » et ainsi de suite.

Mais en primeur ici même, voici les réponses qui me passent par la tête la plupart du temps quand je me fais aborder par une semi-inconnue et ses questions:

1. Qu’est-ce qui arrivé à ses VRAIS parents? 

Ishhh, je ne sais pas! Ce petit être humain à qui j’ai changé ses couches, donner le biberon, appris à marcher, parler et à être propre m’a réveillé à 4:30 ce matin en pleurant qu’il avait peur des dinosaures, puis ensuite m’a demandé une toast beurre de pinotte/confiture, chose qu’il mange depuis presque 2 ans à chaque matin, pis il m’a inventé une chanson sur les chiens pour finalement courir dans la maison tout nu parce qu’il ne voulait pas s’habiller. Ça semble pas mal VRAI dans mon livre à moi, non? Et toi en passant, qu’est-ce qui est arrivé à tes VRAIS seins?

2. Combien il a coûté?

Gratuit, un vrai bon deal! Mais tu aurais dû voir le coût pour le linge, les couches et le lait! On s’est fait fourré sur ce côté-là! Pis ça l’air qu’il faut payer pour le nourrir pis le vêtir convenablement. C’tu pas rire du monde? Oh, by the way, toi tes seins ils ont coûté combien?

3. Pourquoi vous n’avez pas adopté en Chine ou en Mongolie, comme Joël Legendre? 

Nous avons adoptés au Québec parce que dans d’autres pays ils acceptent pas les couples homosexuels. Quoi, le mot HOMOSEXUEL te rends-tu mal à l’aise?

4. Connais-tu Joël Legendre?

Bah, duh! C’est ben certain que je connais toute les personnalités célèbres qui ont adoptés! Justement hier, j’étais avec Joël, Angelina et Madonna pis on jouait à Mario Kart en buvant des Coolers pendant que nos enfants jouaient à Marie Stella dans la cour en arrière, pis on s’est partagé nos recettes de Crock-Pot. Madonna fait une trempette aux artichauts écœurante.

5. Est-ce que tu vas lui dire qu’il a été adopté? 

Ça dépend à quel point notre p’tit va être observateur. Il va peut-être un jour réaliser que deux hommes sont physiquement incapable de faire un enfant ensemble, donc on aura peut-être pas le choix. Toi, est-ce que tu vas dire à tes enfants que tes seins sont faux ou tu vas laisser planer le mystère?

6. Vous êtes vraiment des héros. Vous avez tellement fait un bon geste pour ce pauvre enfant-là.
T’as chrissement raison que j’suis un héro! Un Saint! Bon, j’te laisse, mon p’tit arrive avec mon gin/tonic que je lui avais demandé.
Dada Blaise
Pour plus de Papa pis Dada, viens faire un tour par ici.

Capitaine Bobettes contre l’homophobie!

Ceux qui me connaissent savent que je trippe sur la littérature jeunesse. Effectivement, les livres pour adultes m’ennuient profondément, surtout quand je lis des mots comme « quintessence », « immarcescible » ou « maracas ». L’imaginaire et l’humour des jeunes me convient beaucoup plus, et c’est particulièrement le cas pour un de mes héros favori de la littérature jeunesse, soit l’hilarant Captain Underpants ou Capitaine Bobettes en français. C’est une série parfaite pour moi, rempli de pipi/caca/poil, extraterrestres, sirènes et p’tite culotte.

61BF74w84wL._SX336_BO1,204,203,200_.jpgLa série est extrêmement populaire auprès des jeunes et extrêmement détesté par les groupes « boo », « shame on you! » protestataires de ce monde qui adorent s’insurger contre ce genre de livre. Aux États-Unis, la série à topper  la liste des livres les plus bannis des bibliothèques. Pourquoi? Parce que les deux jeunes jouent de vilain tours, le héros principal est en p’tite culotte, et ils disent de « vilains mots » comme « morve » et « vieux idiot ». Les livres sont relativement inoffensifs, racontant l’histoire de deux amis et voisins, George et Harold, qui adorent jouer des tours et faire les clowns en classe. Un jour, ils créent un héros de bande dessinée et par un concours de circonstances, ils hypnotisent leur méchant directeur afin qu’il croit qu’il est le superhéros Captain Underpants. Chaque livre est un assortiment d’aventures ridicules où les trois affrontent des villains comme Professor Poopypants, des robots affublés de boxers, des extraterrestres qui vomissent, des toilettes qui parlent, etc. C’est puéril, juvénile et vraiment fucking drôle.

Comme je suis un prof modèle, j’adore acheter ces livres pour ma classe. Tous les enfants raffolent de ces aventures. Et qu’elle ne fut pas ma surprise quand j’ai lu le dernier livre de la saga, “Captain Underpants and the Sensational Saga of Sir Stinks-a-Lot” pour y découvrir une raison de plus d’aimer la série.

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Dans le dernier livre de la série, les deux protagonistes voyagent dans le futur avec l’aide de ptérodactyles/hamsters mutants (see, weird) et rencontrent leurs versions futures. Plot twist, Futur George est dans une relation interraciale et a deux enfants, alors que Futur Harold est marié avec un autre homme et ont deux enfants. 1876.jpg

 

“Soon, everyone had gathered together in Old Geroge’s studio. Old George, his wife, and their kids, Meena and Nik, sat on the couch, while Old Harold, his husband, and their twins, Owen and Kei, plopped down in the giant beanbag chair.”

Je traduis librement: « Tous se réunirent dans l’appartement de Vieux George. Vieux George, son épouse et leurs enfants, Meena et Nik, s’assoyèrent sur le divan alors que Vieux Harold, son époux et leurs jumeaux, Owen et Kei, s’affalèrent sur l’énorme fauteuil. »

Et c’est tout. L’aventure se poursuit tout bonnement, avec des gaz puants et des pets tonitruants. C’est bien certain que les primates et hommes des cavernes ont sorti de leur tanière pour accuser l’auteur, Dav Pikley, de vouloir corrompre la jeunesse Américaine à coup d’allusions et d’imageries sexuelles (ça dérange beaucoup que le héro soit à moitié nu…ou ça les allume peut-être? Un de des deux). Certains commentaires sont terrifiants de haine et de menaces, ce qui n’est pas surprenant. On a qu’à regarder les commentaires joyeusement stupides qui sont apparus à la suite du « coming out » d’Eric Salvail pour voir que notre chère société n’est pas encore si évolué que ça. L’auteur de Captain Underpants est habitué à ce genre d’accusations et trouve toujours un moyen de rendre l’appareil, que je trouve hilarant by the way, en incluant le GOP (Grouchy Old People), un groupe de vilains récurrents dans la série.

 

The "GOP", according to Dav Pilkey

C’est bien certain que ce petit livre ne changera pas l’avis des homophobes, racistes ou misogynes de ce monde, je ne suis pas naïf à ce point. J’aurais seulement aimé avoir lu ce livre lorsque j’avais moi-même 10 ans. Les vingt-deux années qui ont suivi auraient peut-être été plus facile à supporter par ce simple exemple qui m’aurait prouver que OUI, c’était possible qu’un p’tit garçon puisse un jour se marier et fonder une famille avec un autre garçon. Ça aurait permis à Dada d’avoir le courage d’envoyer chier les nombreux connards de mon secondaire qui avec leur subtil encouragement haineux faisait de ma vie un enfer constant. Ça aurait permis de garder espoir, un espoir plus grand, un espoir plus fort qu’il était possible d’être heureux malgré tout.

Ça peut paraître bien anodin, bien peu pour certain. Une page dans un livre pour kids, une simple illustration perdu dans le flot d’Internet. Mais c’est tellement plus. C’est un symbole puissant pour toute une future générations de p’tit Dada en devenir, pour tous ces p’tits gros mal dans leur peau qui trippent aussi sur Patrick Swayze, qui rêvent un jour de marcher main dans la main avec un autre homme. Oui il y a de plus en plus de modèles différents pour les jeunes, mais ce n’est pas assez. Plusieurs réclament du changement.

Donc, en ce 17 mai, jour contre l’homophobie, j’aimerais féliciter Harold pour sa future vie de famille. Tu le mérites après avoir autant de fois sauver l’univers. Pour les autres, on continue de rester fort. Oubliez pas, Captain Underpants est de notre bord astheure.

Dada Blaise

 

P.S: Et allez chier certains individus finissants 1999 de PCAR. J’vous l’ai jamais dit, mais allez chier, sincèrement. Pis tant mieux si vous avez maintenant un gros cul, des seins pendouillants, une job poche au buffet Chinois, une maison mobile ou un casier judiciaire pour avoir péter une vitre de dépanneur. Vous le méritez.

 

#GiveElsaaGirlfriend

Comme pour tous les petits nord américains de mon âge, Disney a toujours, d’une forme ou d’une autre, fait partie de ma vie. Enfant, j’étais entouré par Disney et ses nombreux dérivés, films, émissions à la tivi, livres à colorier, jeux, jouets, casse-têtes, tourne-disque, spectacles sur glace et visites au parc thématique. Chez nous, Disney c’était hot. J’écoutais les films en boucle avec avidité. J’aimais l’animation, les chansons, les animaux, les princesses, les princes, les bouilloires qui chantent, toute, toute, toute. Maintenant que je suis un genre d’adulte presque fonctionnel, je comprends pourquoi j’aime autant les princesses et les films de Disney.

 

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À mon avis, le plus sexy de la gang. Wait a minute…mon chum est grand, poilu, yeux bleus, grogne tout le temps, a mauvais caractère et n’aime pas qu’on touche à ses affaires…Plot twist: Did I end up with the Beast?

Les films de Disney mettent souvent en scène des protagonistes qui sont considérés « différents » et « à part » du reste de la société dans laquelle ils vivent. Ariel la petite sirène désire un monde qui est considéré « différent » du sien. Les villageois croient que Belle, de La Belle et la Bête, est étrange, « différente » des autres (elle aime lire et c’est une femme! WITCH!). Même les classiques, comme Dumbo, nous montre un protagoniste qui est moqué par les autres parce qu’il est « différent » (y’a des grosses oreilles au cas où vous ne vous en rappeliez plus). Tout ça vous dit quelque chose? Pour un p’tit gars de la campagne qui a un peu trop le sens de la théâtralité et le goût d’écouter des chansons de Whitney Houston, ça lui parlait beaucoup. Les héros de ces films sont mis à part, incompris, mais vont au bout de leurs rêves et terminent leur histoire avec une fin heureuse. Le thème de « l’amour impossible » est souvent présent, donc il n’est pas difficile de comprendre pourquoi ces histoires interpellent la communauté LGBTQ+ (lesbienne/gay/bisexuel/transgenre/queer).

Ce qui est drôle c’est que la compagnie de Mickey Mouse n’est pas reconnue pour ses valeurs avant-gardistes. La compagnie est souvent synonyme de l’Amérique traditionnelle, de valeurs familiales sûres, de tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Disney est souvent tombé sous le courroux de divers groupes pour changer le thème des histoires qu’ils adaptent, comment ils dépeignent constamment des héroïnes blanches et blondes ou pour avoir whitewashed Aladdin et Jasmine. Disney, depuis quelques années, a bien été obligé de changer d’optique dans ses efforts afin d’offrir une représentation plus inclusive de ses protagonistes. The Princess and the Frog nous a donné une princesse noire tandis que Mulan et Tangled nous ont donné une héroïne qui n’avait pas besoin de prince pour l’aider. Frozen, le méga succès inespéré qui a remis Disney sur la map, a été plus loin encore et nous a offert un film où le thème central était les liens de famille entre deux sœurs, l’histoire d’amour repoussé au second plan. Par contre, Disney n’a toujours pas osé s’aventurer à inclure un personnage ouvertement LGBTQ+ dans ses films. Oh bien sûr, certains diront que le Génie a un peu trop le sens de la mode, que Shang (le guerrier dans Mulan) semble plutôt déçu quand Mulan lui annonce qu’elle est une fille finalement et que Ursula est en fait une drag queen, mais ce n’est pas la même chose qu’un fullblown, vrai personnage central qui serait homosexuel.

Seulement voilà, depuis quelques jours, la foule Twitter et Facebook réclame ceci: #GiveElsaAGirlfriend

 

Disney a annoncé récemment qu’il donnerait suite à Frozen, qui d’après moi devrait s’intituler Frozen 2: The Meltdown, avec Anna qui découvre qu’elle a les pouvoirs du feu et la les sœurs se battent. Ça s’rait malade! Enfin bref…depuis l’annonce de cette suite, on réclame que Disney monte d’une coche sa bravoure de la diversification et offre une princesse lesbienne. Yes…vous avez bien lu, les fans souhaitent voir Elsa vivre au grand jour une relation homosexuelle avec une autre femme. J’imagine déjà le Bible Belt des États-Unis cracher leur sandwich mayonnaise/chips BBQ et attraper le AK-47, outré devant l’imminente apocalypse que provoquerait cette nouvelle. J’entends déjà les « Abominations! » et les « C’est contre nature! » et les « C’est écrit dans la Bible! »

 

Certains groupes religieux ont même avancé que Frozen serait une propagande gay, visant à convertir l’impressionnable jeunesse. C’est ben certain. Après tout, Frozen raconte l’histoire d’une jeune femme qui chante (gay!), qui ne semble pas intéressée par les hommes (lesbienne!), doit vivre avec une différence (gay!) qu’elle doit cacher des autres. Elsa finira par « sortir du placard » en fuyant la société et en chantant son infatigable hit « Let It Go » qui, toujours selon les whackjobs groupes religieux, seraient un hymne subversif auprès des jeunes enfants. So what? Tant mieux si Elsa chante sa liberté, qu’elle est enfin à l’aise, qu’elle n’est plus obligée de « cacher » ses pouvoirs et qu’elle peut enfin porter des vêtements avec ben du sparkle. Own it bitch.

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Fabulous

À chaque fois que je lis ce genre de truc je suis ébahi par la stupidité de certains. Les gens craignent-ils vraiment que les homosexuels « transforment » leurs enfants avec des chansons ou des films? Croient-ils vraiment que nous sommes capables de trouver le piton « gay » sur les hétérosexuels? Comme si nous possédions un pouvoir magique qui permettrait de switcher l’orientation d’autrui selon notre bon vouloir. Ben on l’a pas ce pouvoir-là, parce que trust me honey, il y aurait une couple de mes crushs du secondaire et cégep que j’aurais transformé de mon bord assez vite merci.

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Oh Ewan…si seulement…

Toujours est-il que la suite de Frozen se prépare et qu’une partie de la populace réclame du changement. Disney est un emblème important dans notre culture, qu’on le veuille ou non. Star Wars, Marvel, Pixar, les princesses, tous les enfants ou presque sont en contact avec un ou plusieurs personnages de Disney au moins une fois dans sa vie. Imaginez l’impact qu’aurait l’inclusion d’un personnage LGBTQ+. Oui il y aurait outrance, menaces et colliers de perles agrippées avec effroi. Oui matante Suzie appellerait Denis Lévesque pour chialer. Oui beaucoup de parents boycotteraient le film. Mais imaginez juste un p’tit moment que ça arrive, pour vrai. Un film qui présenterait un autre type de couple, un autre type de vie familiale. Pour notre famille, à Papa pis Dada pis Petit Pou, ce serait incroyable.

Imaginez une conversation sur la cour d’école entre deux p’tits copains:

« Fac tu as deux mamans? »

« Oui. »

« Comme Elsa et ________ dans Frozen 2? »

« Oui. »

« Cool. On joues-tu à la tag? »

 

Case closed. #GiveElsaAGirlfriend

 

Dada Blaise

 

 

Virile Maman

Qu’est-ce qui définit la « Famille »? Sur les bancs de l’école on nous parle de la famille dîtes nucléaire et affirme que c’est la plus répandue. Dans le petit livre « Mes 100 premiers mots » de mon Petit Pou, la famille est présentée comme étant formé d’une maman, du papa, un garçon, une fille, des grands-parents, un oncle avec de gros sourcils et une tante alcoolique qui vomi subtilement derrière le sapin de Noël. Les modèles de la famille typiquement retrouvés dans les livres d’images et les émissions de télévision pour jeunes enfants sont tous relativement basés sur ce modèle et j’étais légèrement surpris de le retrouver aussi stéréotypé. La plupart du temps, on montre ce modèle un peu archaïque: maman dans la cuisine avec son tablier, papa dans le garage avec son chapeau, les enfants adorables, tous avec des sourires si radieux que c’est probablement malsain.

Les contes de fées et la littérature jeunesse n’ont pas beaucoup de famille avec des parents de même sexe, et plus souvent qu’autrement, lorsqu’il y en a, l’histoire est à propos des deux papas, du genre: « Certains enfants ont deux papas et d’autres ont deux mamans. » C’est là l’étendue créative concernant les familles homoparentales pour Petit Pou. Ma solution, pour l’instant, est simplement de continuer à lire les livres, mais changer le sexe des personnages alors que je lis à voix haute. Par contre, ça commence à être malaisant d’avoir à expliquer à mon enfant de 3 ans que l’ours qui trouve que son gruau est trop froid est en fait un papa ours qui aime se travestir.

Pourtant, statistiquement parlant, la « famille » ne consiste plus en ce modèle d’un père, d’une mère et leurs enfants biologiques vivant tous sous le même toit (et certainement pas avec le papa qui quitte pour le travail alors que la maman attend à la maison, ruminant sa douleur et son destin). Maintenant, il y de plus en plus de familles reconstitués, de divorces et séparations, de mères célibataires, de couples interraciaux, de couples gays et lesbiennes qui élèvent des enfants et de couples qui décident de ne pas avoir d’enfants. Arrive dans ce joli éventail coloré Papa pis Dada qui ne sont pas des porte-étendards d’aucune cause, ni des pionniers de l’adoption. Juste deux gars, qui se donnent de la tendresse musclée, aiment regarder des émissions de décoration et ont du style oui, mais deux gars ben ordinaires tout de même, qui s’aimaient assez pour décider d’adopter un enfant.

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Notre face lorsqu’on a pris la décision d’adopter. On est toujours un peu dramatique.

Une fois la décision prise d’avoir un enfant, il a nécessairement fallu que futur Papa et futur Dada discutent ensembles sur quel modèle familial ils se baseraient pour éduquer le bambin. Rapidement, LA question gênante est apparue, celle qu’on se fait demander à quelques reprises par des gens bienveillants mais un peu poche à la fois:

« Mais qui d’entre vous fait la maman? » Oh boy…

Oh boy indeed. Comme des enfants qui jouent à faire semblant, moi j’fais le papa, toi la maman. Toi tu mets le tablier, moi je tiens le marteau et le tournevis. C’est l’équivalent de demander qui fait le gars pis qui fait la fille. Ou de demander à un couple « Vous avez couché avec combien d’autres personnes avant de vous rencontrer? Dans tous les cas, c’est un vrai can of worms comme le dise les autres. Ça ouvre la porte à un paquet d’autres questionnements par rapport aux rôles attribués aux hommes et aux femmes dans notre société et culture. On le sait, les gars, ça aime boire une bière entre chums, péter, pis faire le sexe comme un p’tit lapin; alors qu’une femme aime boire du vin blanc, être en retard quand il est temps de partir pis avoir mal à la tête. Là t’en a toujours une qui dit: « Non, ce n’est pas vrai, moi j’aime le sexe et écouter le hockey! », parce qu’elle, elle est cool. Ben bravo pour elle!

Alors, qu’est-ce qui fait qu’une maman est une maman? Est-ce que pour être une maman il faut posséder la féminité, la douceur, l’écoute, la tendresse? Est-ce qu’il faut nécessairement aimer faire des cupcakes végétariens, faire des tournées de friperie avec fillette, se crémer les mains avec une solution hydratante et avoir de jolis ongles?

Et pour le papa lui? Faut-il absolument bizounner dans le garage, s’entraîner au Pro Form avec fiston, écrire son nom dans la neige avec son pipi et faire du camping chasse et pêche pour être un papa modèle?

Les rôles changent et évoluent, malgré ce qu’on en croit les humoristes québécois qui s’entêtent à nous réciter qu’une fille aime aller aux toilettes en gang et un gars ne pleure jamais. Ici, dans notre couple exclusivement masculin, on est un vrai paradoxe. Dada aime les films de Walt Disney et voue un culte à Ariel la petite sirène et Papa aime les outils qui font beaucoup de bruit pis réparer des choses en sacrant comme un chartier. Papa prend 1 heure à se pomponner et à se mettre beau, tandis que Dada aime démembrer du monde en jouant à Mortal Kombat. Dada aime faire la cuisine en chantant du Whitney Houston, Papa conduit l’auto manuelle d’une main musclée. Papa aime la décoration et les beaux coussins frivoles, Dada sait faire un feu de camp spectaculaire. Dada trippe sur les comédies musicales pis Papa et Petit Pou haïssent ça pour mourir et ils le font savoir bruyamment à chaque fois que Dada ose chanter Starmania. Bref, on est comme tout le reste de vous autres: c’est-à-dire qu’on s’obstine à savoir qui va vider le lave-vaisselle, on n’aime pas perdre nos clés dans la neige pis on fait l’amour le jeudi soir, après l’émission de Denis Lévesque. Vous voyez? Gays, they’re just like us!

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Presque pareil…leur maison est probablement beaucoup plus belle que la vôtre.

 

Comme pour tous les trucs par rapport à la parentalité, Papa pis Dada se débrouille du mieux qu’ils le peuvent et assument pleinement leurs nouveaux rôles de parent. Mais bon, on sait malgré tout qu’un enfant, ça n’agit pas de la même façon avec sa mère pis avec son père. Alors, entre Papa pis Dada, qui fait la mère finalement, vas-tu nous le dire?

Bon, juste pour vous, mais gardez ça pour vous, je répondrai et sachez que c’est MON avis, donc nullement expert ou fondé sur une quelconque étude. Il y a deux volets dans ma réponse:

1 – La réponse politically correct en ce qui concerne mon univers d’homosexuel du 21e siècle tendance c’est que dans une maison où il y a exclusivement des papas, on fait tout ce qu’on peut, comme toutes les autres familles, à la différence qu’on le fait avec des remarques sardoniques et des belles coupes de cheveux. J’veux dire en fait qu’on s’alterne un peu tour à tour les rôles normalement attribués aux parents: on console pis on chicane pis on cajole pis on amène au parc pis on chante une comptine pis on lance dans le tas de couvertes. Y’en a pas un de nous deux qui porte la jaquette à dentelles et le bonnet alors que l’autre fume sa pipe devant son journal. On reste deux hommes tout de même. Mais, let’s get real, il y a des choses que les mamans font qu’on ne pourra jamais faire, comme donner naissance, allaiter ou pleurer en écoutant Marina Orsini qui parle de concilier maternité et travail avec des témoignages émouvants.

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Oui je veux savoir comment faire un kombucha maison! Je n’en peux plus, ma vie est un désastre sans ça!

Et peut-être que le lien sacré qui se forme entre mère et bébé transforme les mamans en êtres réellement exceptionnels et je m’incline devant elles, parce qu’elles peuvent du coup essuyer des larmes, préparer les lunchs, chanter une berceuse, passer la balayeuse et texter les copines tout en restant gracieuse et féminine.

2 – La deuxième réponse maintenant, un peu ma vraie de vraie réponse que je ne devrais pas dire: Dans un couple de papas only, c’est un peu inévitable qu’un des deux prendra le rôle de la maman. Par ici je n’entends pas les attributs assommants qu’on colle typiquement à la peau d’une maman, par exemple douceur, dévouement, tendresse, émotion. Non, j’entends ici cette soudaine pulsion à devenir un meilleur toi-même parce que tu as un petit être vulnérable dans les bras. J’entends ici le brusque sentiment de Maman Lionne, féroce puis sauvage pour tout ce qui pourrait faire du mal à ton p’tit. J’entends ici ce lien cliché et invisible mais oh combien réel, qui fait que tu deviens un Band-Aid humain pour n’importe quel petit bobo ou pleur qui viendra au cours de la vie de ce bébé. Pis je suis capable de rester relativement masculin selon mes humeurs, avec du petit poil sur le chest pis toute. Donc peut-être que des fois quand mon gars me braille sa crise et qu’il se jette dans mes bras et se calme un peu plus vite qu’avec n’importe qui d’autre, je suis un petit plus que son père, je suis son viril maman, son Dada juste à lui. Comme me l’avait dit notre fantastique petite madame intervenante sociale une fois après une visite avec Petit Pou: « Tu es un peu plus qu’un papa toi. » Effectivement, je suis une petite affaire plus qu’un papa. Quand tu as passé tes journées seul avec blondie baby collé sur ta peau, à le flatter puis l’aider à s’endormir, le changer de couche puis de pyjama quinze fois parce que mon dieu qu’il bave; à jouer et consoler et donner une bouteille de lait tout en chantant I Dreamed a Dream de Les Misérables, ben les feelings qu’une maman ressent arrivent bien rapidement, sournoisement et toi aussi, du coup, tu te retrouves à pleurer en silence devant une émission de Marina Orsini toi avec.

Donc j’me dédie cet article à moi-même et toutes les autres parents qui fittent pas vraiment dans le modèle, toutes les viriles mamans qui n’aiment pas faire des câlins à outrance pis qu’haïssent ça faire des tresses. Toutes les mamans quin’ ont pas le goût de jouer avec leur p’tit pis qu’y sont poches en dessins. À tous les papas doudounes qui aiment les princesses pis qui aiment chanter des comptines. Tous les papas doudounes qui pleurent pendant Inside Out (Bing-Bong! Noooooooooon!), qui n’aiment pas jouer au hockey avec leur p’tit pendant des heures sur la patinoire et qui aiment faire la housewife de temps en temps.

Moi j’vous trouve bon pareil. Moi j’trouve que vous faites une ben bonne job. Moi j’trouve que finalement, on est pas pire pantoute. Pis c’est ben correct.

Dada Blaise

Vous êtes une virile maman ou un papa doudoune, alors partager vos émotions! Moi j’vais vous écouter avec compassion.  

Partager également cet article comme on se partage nos souvenirs du voyage à Toronto lors d’une réunion d’ancien du secondaire: Avec rêverie et beaucoup trop de détails 

Adventures in Adoptionland, PART 1: Ze Commencement

Quand le projet adoption a officiellement été prononcer out loud dans notre couple, qu’on a officiellement décidé ensembles qu’on voulait devenir parents, les réactions n’ont pas tardé à venir.

« Un merveilleux projet ça! »

« Hey que vous êtes fin. »

« Un beau geste, tu sauves un p’tit enfant de la misère. »

« C’est vraiment beau, vous êtes très altruiste. »

« Ça s’annonce être une belle aventure tout ça! Je vous félicite! »

Pantoute. J’ai fait ça pour moi et moi-même, un geste ben égoïste. Je voulais un enfant, un bébé pour faire une famille afin de poser élégamment pour des cartes de Noël amusantes et enfin pouvoir aller jouer dans les jeux au McDonald’s, parce que quand j’étais petit y’en avait pas de jeux pis ça m’a toujours manqué. Bon d’accord, j’ai peut-être aussi voulu adopter parce que, j’sais pas, moi aussi je voulais connaître la paternité. Nous avons fait ce projet pour nous, pas pour prouver quoi que ce soit en tant qu’acte social ou autre. Comme je l’ai écrit précédemment, au Québec, ce n’est pas une procédure d’adoption, mais bel et bien de famille d’accueil en voie d’adoption. Nuance. C’tu l’fun? Best Time Ever! Incertitude, incompréhension, terreur, 4 crises par jours, nom de famille qui match pas avec le tien, troubles de l’attachement, fun times!

Sans blague, le processus adoption/famille d’accueil, c’est ben éprouvant. Y’a beaucoup de bouttes tristes, comme dans les films, sauf qu’il y a pas de musique pis ça dure des semaines ou des mois et ta fin heureuse est pas exactement comme tu te l’étais imaginé, mais agréablement différente. Donc l’article suivant est à prendre avec un grain de sel et une petite lime verte bien surette. Parce que l’aventure de l’adoption, c’est bel et bien comme un film d’Indiana Jones ou de super-héros: Il y a du danger et des surprises à chaque instant, de l’amour et un peu de comédie et du suspense tellement intense que tu te ronges les ongles en mangeant ton popcorn de l’anxiété.

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PREMIÈRE ÉTAPE: LA FIN DE LA DISCRÉTION

Tu as pris la décision, tu es prêt. Donc tu appelles au Centre Jeunesse et là tu pognes ton premier mur : à qui tu parles exactement? Est-ce que tu dis: « Allô, avez-vous des beaux bébés en stock, j’en voudrais peut-être un. Un petit blond genre, est-ce possible? » Quelques balbutiements et raclements de gorge plus tard, tu parles à la bonne personne et là elle t’invite à la big rencontre d’information. Tu y vas, avec l’espoir au ventre pis la nervosité dans le derrière. Vous êtes une bonne trentaine, des couples de tous âge et recoin de ta région, entassé dans une grande pièce, excités comme des puces, chacun avec sa propre raison d’être là. On va être parent!

On t’explique le procédé, que je simplifie ici: Bébé/enfant ne reçoit pas les soins nécessaires là où il/elle est. On analyse la situation, recherche, questionne, savoir si on peut le placer chez des grand-parents, amis, tante éloignée, etc. On aide la maman/papa à se remettre sur pied, on leur propose des pistes, on les aide. Rien de ça fonctionne, on le place chez vous, on commence à penser que cet enfant pourrait être adoptable, mais pas tout de suite. Il faut attendre la décision du juge et toi tu es son donneur de soin, pas un de ses parents. Jusque là, tu vois la face du monde changer à chaque mot, l’espoir se dissipant à chaque parole. La mienne aussi je tiens à dire. Jusqu’à date, y’a pas beaucoup de magie et d’anges tout nus et de petites banderoles. Juste une dure, grise et froide réalité pis c’est ben correct., parce qu’il faut que tu t’y fasses au plus vite. Et là tu réalises que ton projet sera pas une chose facile. Tu n’auras pas un beau p’tit bébé tout rose, donné volontairement dans l’amour et la joie par une mère aux yeux cristallins et à la peau de pêche. Aucune mère au monde va donner son petit bébé en adoption avec sérénité et bonheur. Chaque petit bébé va arriver avec sa petite valise remplie de drames et séparations, déjà prêt à une thérapie à quelques jours à peine. Bref, le plus vite tu te rentres ça dans la tête, le mieux ça va aller. Ceux qui ne sont pas trop découragés, ou un peu foolish, prennent le questionnaire, pis rentrent chez eux. Les autres vont s’acheter un chien. Nous on a fait le deux, fouille moi pourquoi.
Tu t’installes à table avec ton chum pour remplir les papiers. C’est ben excitant. Tu proposes de faire une genre de course, le premier qui fini gagne. Ton chum veut pas. Go, vous partez. Et là, t’en a de l’information à donner. Il faut presque tout dire sur toi et ta vie, en partant par les raisons qui te poussent à démarrer ce projet jusqu’à la fois où tu avais fumé du pot en écoutant Charlie and the Chocolate Factory à l’université. T’es mieux de TOUT dire, parce que anyway, la petite intervenante/psychologue va toute te dénicher ça avec ses questions intimes et ses regards inquisiteurs. Les questions portent sur tes souvenirs de jeunesse, ta vie avec tes parents, ta relation avec ton facteur ainsi que les valeurs que tu préconises pour ta futur vie familiale.

Facile. Mes valeurs sont: La politesse et jamais de blanc après la fête du Travail. Mon chum me corrige, suggère qu’on écrive quelque chose de banal comme, la compréhension et la tolérance, puis on continue.

Ensuite, viens les innombrables papiers de spécialistes. Ton crédit bancaire, ton employeur, ton salaire, ton casier judiciaire, ton médecin, ton test d’urine. J’vous l’ai dit, oublie ta privacy, tout y passe.

Pis là, le high du questionnaire: L’enfant. Ici, tu peux spécifier quel range d’âge tu es prêt à accepter, son sexe et surtout, tous les troubles de comportement et problèmes que tu es prêt à accepter. Donc tu coches les petites cases, du genre TDAH, AGRESSIVITÉ, AUTISME, DYSLEXIE, pis c’est à ce moment-là que tu es mieux d’être honnête avec toi même. Tu es prêt à tout accepter, tous les genres de cas, pour que ça aille plus vite, ben accroche toi, parce que l’enfant va arriver pis, surprise, il aura certainement un ou deux troubles et risque d’en avoir plein d’autres auxquels tu n’avais pas pensé! Guess what, c’est comme pour tous les autres parents! Les enfants, y’en a pas un pareil! Chaque petit trésor peut receler son lot de défauts, qualités, passions et peurs, bizarre hein? Une fois le questionnaire bien rempli, et après t’être obstiné un peu à savoir si tu es prêt à accueillir des jumeaux (Dada dit que oui, parce qu’il trippe comprends-tu, Papa est plus raisonnable et par chance, parce que sinon Dada aurait peut-être été retrouvé enroulé dans une nappe, sous la table, dans le cas où il aurait eut à gérer deux enfants du même coup).

Tu signes la feuille, inscris la date, place tous les papiers nécessaires ainsi qu’une fiole remplie de ton sang dans l’enveloppe et le tour est joué! Reste plus que quelques étapes, genre 18, est parents tu deviendras! Là tu attends. Pis c’est loooooooong que tu te plains de temps en temps. Ah ah ah. Oh honey, tu as pas fini d’attendre. C’est pas mal ça tout le temps l’aventure adoption. Donc en attendant je vous conseille de vous faire des scénarios stressants où tu te retrouves avec Junior, du film Le Petit Monstre ou bien une adulte russe psychopathe comme dans The Orphan.

DEUXIÈME ÉTAPE: BÉBÉ SE LA JOUE DIFFICILE

Premier appel important: Une autre rencontre! Oups, tu pensais que c’était le vrai appel, mais rappelle-toi : Tu n’as pas fini d’attendre, fac calme toi la parentalité! Deuxième rencontre, plus intime. Quelques couples seulement, les chanceux que tu te dis, Les Choisis, pis on se présente tour à tour. Mon chum me serre la main pis me urge de nous présenter, il haït ça jaser au monde inconnu. Moi non, je trippe un peu trop. Je fais des blagues pis je porte mon beau gilet gris, celui qui me fait ressortir les yeux pis qui fait damner les morts. Bref, j’veux charmer. J’me dis, j’vais charmer les p’tites intervenantes pis elles vont me donner un bébé plus vite. On voit ici que j’avais compris les enjeux importants. Fac ça part. On discute, on explique, on dit les vraies affaires. Ton enfant va pas te sauter dans les bras quand tu vas l’avoir. Il va peut-être te mordre, te gifler, te cracher dans la face. Il va peut-être se faire pipi dessus et c’est la seule odeur qui saura le réconforter parce que c’est de même qu’il a été habitué. Il va peut-être avoir 4 ans, mais agir comme un jeune de 1 an, avec sa suce et ses compotes, parce qu’il a bloqué là. Il va peut-être avoir ceci ou cela, c’est un bingo loto du drame et du « ça pas d’bon sens ». Pis on t’explique: « L’amour ne guérit pas tout. Ça aide, c’est certain, mais ce n’est pas comme dans les films. » Ouch! Pour les bébés, ça peut être mieux, mais ça peut être dix fois pire. Le p’tit nourrisson sait encore moins comment t’exprimer son drame, à toi de le découvrir, et ce sans compter tous les autres troubles qu’il risque d’avoir. « Cet enfant-là », qu’on explique avec brio et sagesse et ça te marque pour toujours, « ce ne sera jamais un enfant comme les autres. Cet enfant-là, tu vas devoir lui faire tes preuves pour qu’il t’aime, pour qu’il s’attache réellement à toi. »

Ahh, là je venais de comprendre. He’s playing hard to get. Il va jouer les durs, les farouches, va se faire désirer. Ça m’a pas fait peur. J’étais habitué à ce genre-là, j’ai été jeune et universitaire et désirable autrefois, dans le temps que j’avais des cheveux onduleux et un ventre simili plat. Je sais comment jouer à cette game-là. Bref, à la fin de la rencontre, je n’étais pas déboussolé, mais excité. Analyse ça comme tu veux, mais ça m’a allumé, c’était comme un beau défi, le plus grand et le plus difficile de ma vie, que j’aurais à relever. Donc on a rempli les papiers finaux (ben oui, encore des maudits papiers), pis on est parti.

TROISIÈME ÉTAPE: SO MANY FEELINGS!

L’appel arrive. Un autre. Celui qui te dit qu’ils ont décidé de t’évaluer. La grosse affaire là. L’évaluation PSYCHOSOCIALE. Le mot psycho te terrifie un peu, ça te fait penser à couteau et douche et à Norman Bates. T’as peur que la psychologue te farfouille l’esprit pis te remémore des souvenirs secrets enfouis au fond de toi-même, comme la fois où le méchant grand frère de ta voisine t’avais laissé EN HAUT du tape-cul dans le parc et que depuis ce temps tu es incapable d’embarquer sur cette maudite affaire là sans faire une crise de panique.

 

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Ci-haut: des enfants au bord du drame

L’évaluation est relativement simple. La madame vient chez toi voir ta maison et juger secrètement de ta déco, puis te dit tout ce qui n’est pas conforme chez vous: Manque un extincteur à chaque étage, médicaments sous clé, verrou et code empreinte digital, cloture autour de ton terrain, rideaux blanc dans le salon. Écoute là pis chiale pas. Elle revoit le questionnaire avec vous et vous interroge encore une fois sur chaque réponse que vous avez inscrit. Tu te remet en question à chaque fois, t’hésites, tu soupires, mais tu tiens le coup. Ensuite, elle vous rencontre chacun de votre côté dans son bureau, en privé et elle vous fait jaser de votre premier souvenir d’enfance, celui que tu te rappelles le plus loin dans ta tête.

Le mien: me promener à quatre pattes les fesses dans les airs, ma mère pas loin sur une chaise. Mon chum: Sa mère qui fait du repassage pendant qu’il joue sur le tapis du salon. Jusqu’à date, tout va bien. On jase pis on parle de notre vie en ENTIER, pis c’est pas mal plaisant finalement, parce que moi je me ferme rarement la trappe pis j’aime ça jaser, surtout de moi-même. Mon chum a un peu moins de plaisir, il est plus mâle du côté de ses émotions et n’aime pas trop en parler, mais sort de là sans traumatisme évident.

La rencontre de couple est encore plus amusante. Là, tu divulgues tous tes problèmes et habitudes de vies, pas de secret pour vous! Fréquence de vos relations intimes jusqu’à qui s’occupe des comptes (c’est lui uniquement, moi je suis pas mal 50’s housewife sur ce côté, je dépense pis je me demande où est mon argent par la suite). Arrive le plus drôle: Situations contextes. La madame nous met en situation et nous demande notre réaction. Du genre: Ton enfant veut aller au parc mais ne veut pas s’asseoir dans la poussette, que fais-tu? Go! Ton enfant à lancé son verre de lait par terre par exprès alors que tu as de la visite, que fais-tu? Go! Ton enfant t’amène un dessin d’un démon noir qui flotte au-dessus de votre lit, comment réagis-tu? Go! Ton enfant de 3 ans se masturbe sur le tapis du salon, que fais-tu? Go! (Cette question-là, c’est évidemment mon chum qui l’a eu!)

Ouf! Ça se termine enfin, la madame te dit au revoir, te serre la main et là, ben devine quoi champion, tu attends! Pas trop longtemps par contre, un petit mois pour enfin, ALLÉLUIA, te faire dire que tu es sur la liste. La VIP. La longue et mystérieuse liste pour toute la région, pleine de couples espérant, aucun sachant quand ils auront un enfant. Y’a pas de temps prescrit, c’est pas le premier arrivé, premier servi. Ça arrive quand ça arrive. Il te match avec le bébé parfait, l’enfant parfait pour TA situation. C’est comme attendre en ligne pour aller dans un club hyper branché pis le bouncer cherche sur le plancher de danse avec qui tu aurais le plus d’affinité. Fac en attendant tu écoutes 30 Rock et Game of Thrones, une des dernières fois où tu pourras t’offrir ce luxe d’écouter une émission en plein jour un weekend. Tu as également le droit de préparer la chambre d’enfant. Enjoy, c’est le moment. Décore comme jamais t’a décoré, lâche-toi lousse, va acheter les petits biberons pis les toutous pis les dix millions de trucs pour bébé qui sont trop mignon et pas tout nécessaire.

Finalement, on t’appelle, enfin. Nous, on a eu 3 mois d’attente. C’est comme pas long. Certains attendent des mois, voire 1 an et plus. D’autres attendent deux jours à peine et reçoivent un appel. Comme dans les livres et toutes les histoires de bonheur, c’est vraiment au moment que tu t’y attends le moins. Genre un vendredi avant-midi et tu es encore en p’tite culotte en mangeant ton bol de céréale  tout en te grattant le ventre. Tu es pas prêt à ça, mais pas du tout. C’est l’équivalent d’apprendre que t’es enceinte, même si c’est pas comparable, parce que tu dois aller chercher Petit Pou quelques jours plus tard. Tu auras la fin de semaine pour te préparer. C’est l’appel le plus glorieux et inquiétant de ta vie. T’es figé dans le temps et l’espace, tu remarques chaque détail de ta cuisine et des arbres dehors qui dansent dans le vent. La lumière du soleil qui coule comme du miel sur tout ce qu’elle touche. Le bruit des tondeuses et les ramifications de la rue derrière. C’est la vie, là là. Elle arrive subitement. Pis ensuite, ils te disent son nom. À ton Petit Pou. Son petit nom juste à lui qui va devenir le tien. Et il a un nom normal, qui sonne bien, un nom que t’aurais choisi toi-même, un nom qui résonne dans ton cœur pis c’est terrifiant de vérité, parce que tu l’aimes déjà cet enfant là, même si tu ne le connais pas, même si tu ne l’a jamais vu. C’est pas un nom bâtard comme Pleurotte ou ben Gargamel. Fac là tu pleures ta vie, et maintenant tu pleures un petit peu d’émotion chaque fois que tu en parles ou que tu l’écris. Parce que c’est à ce moment que tu es officiellement devenu un Papa pis un Dada. C’est à ce moment-là que tu as commencé à aimer pis à t’inquiéter d’un Petit Pou qui resterait avec toi pour toujours, ton futur petit garçon juste à toi.

Pour alléger un peu, voici une représentation de ce quoi j’avais l’air quand je pleurais au téléphone:

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Ne manquer pas la suite la semaine prochaine: Adventures in Adoptionland, Part 2: Petit Pou Contre-Attaque (avec de l’amour!)

Dada Blaise

 

P.S: Moi je suis Batman entre les deux superhéros. Je tenais à ce que vous le sachiez.

 

Adventures in Adoptionland PART 2

Adventures in Adoptionland PART 3

 

 

Vous avez aimé cet article? Alors partager le comme on se partage une poutine graisseuse entre copines à 3hres du matin: avec avidité et regret.

 

 

 

 

Moi aussi chui capable

Ça résume pas mal ma vie ça. Moi itou je peux le faire, moi aussi chui capable. Mon cousin Mathieu me mettait au défi de sauter dans le bain tout habiller. Je le faisais, moi aussi chui capable. Mon ami grimpait dans les arbres, moi aussi chui capable. Ma sœur faisait du ballet jazz dans le salon avec ses bas collants mauves, moi aussi chui capable. Mes amis se saoulaient à la téquila, mais ça ne m’intéressait pas vraiment, pas grave, moi aussi chui capable. Les internautes blogs à grands coups de bons conseils avec des photos Instagram filtrés Walden et Nashville? Moi aussi chui capable. Toutes mes amies se font un chum, pff, facile, moi aussi chui capable. Pis yé beau, pis y mesure 6’2. Kin, en veux tu d’la compétition? P’tit boutte avec ses grosses lunettes, il est capable aussi damn it!

Famille? Enfants? Heu…

Avoir un enfant, ça on était pas capable. Ben qu’est-ce tu veux, on avait beau essayer moi pis mon chum de faire un bébé ensemble, ça avait pas l’air de marcher, pas de p’tit bébé. Mais ça, ce n’était pas juste pour prouver que chui capable, que j’étais comme tout le monde. J’en voulais un bébé. Un p’tit, juste pour moi.

C’était pas une décision facile, parce que pour des couples de papas only, y’a pas grand-chose qui nous est offert facilement, à part choisir des vêtements vraiment top à la mode pour notre futur bébé. On n’est pas des vedettes, fac avoir recours à une mère porteuse comme Neil Patrick Harris ou notre Joël Legendre local n’est pas une option pour notre maigre portefeuille de banlieusard de la rive sud. Restait donc l’adoption! Moi aussi chui capable que je me dis. Un pet! J’vais passer ça haut la main, les tests et les évaluations, pis dans moins d’un an, on va avoir une belle p’tite Chinoise ou un p’tit Russe à dorloter, pis la musique va s’élever, John Williams style, pendant que papa pis dada se regardent tendrement, bébé précieusement lové dans nos virils bras.

Oups…vous êtes deux hommes. Vous ne pouvez pas adopter dans tel et tel pays.

Oups…vous n’êtes pas mariés. Pouvez pas dans tel et tel pays.

Oups…vous devrez attendre un bon trois ans, si c’est pas plus.

Oups…vous pesez plus de 200 livres. (Celle la j’exagère, mais à peine).

Non non messieurs, vous fittez pas dans nos critères. Reste alors: Adoption Québec. Ahhh, ici c’est plus lousse, deux hommes ça ne leur fait pas peur. On se présente, on est confiant tsé. Oups! C’est pas l’adoption précise-t-on, mais bel et bien FAMILLE ACCUEIL EN VOIE D’ADOPTION. Fac ça, ça veut dire que on a petit pou chez nous, pis on doit s’en occuper, l’aimer, pis toute, mais en tant que famille d’accueil, pis que si, peut être, ces messieurs les juges et avocats sont gentils, ils vont nous accorder la garde. Un jour. Dans 1 an ou 2, tiens.

Est-ce qu’on est capable quand même?

Ben oui que je me dit. J’étais bien naïf. Et un peu imbu de moi-même et mes capacités. Si les autres peuvent le faire, moi aussi je peux. Tous ces élèves mal élevés que je vois à l’école, chui capable de faire mieux. Et hop…On se lance! Quelques évaluations psychosociales plus tard, on est officiellement sur la liste. Kin la société! Chui capable que je me dis. Bébé est arrivé très vite, trois mois après notre acceptation par le Centre Jeunesse. Un p’tit bébé de 3 mois à peine, en chair et en os et en joufflu. Un blondie, comme mon chum aux yeux bleu comme moi. Ça pas prit de temps qu’il nous charme et qu’on devienne, mon chum et moi, un papa pis un dada. Papa c’est lui, moi c’est dada parce que je parle l’anglais, comme dans les vues. So, here we go, que je me dis. Moi aussi chui capable.

Famille d’accueil ça veut dire beaucoup de choses.

Ça veut dire des visites supervisées avec la maman biologique dans un local gris et impersonnel où ton bébé, que t’aimes soudainement avec toute la douleur qui habite ton corps, pleure parce qu’il te cherche et il n’est pas bien. Ça veut dire des nuits blanches à le consoler suite à ces fameuses visites. Ça veut dire un petit bébé anxieux qui a été trimbalé avec beaucoup de monde avant d’arriver chez vous. Ça veut dire que tu ne peux pas lui couper les cheveux comme tu veux. Ça veut dire que tu n’as pas choisi son nom et qu’il ne porte pas ton nom de famille. Ça veut dire un enfant qui sera toujours un peu différent de la normalité, pour quelques raisons que ce soit. Être famille d’accueil, j’ai été capable, mais ça, pas tout le monde l’a vécu. Chui capable, mais chriss que c’est dur. Chui capable mais j’ai le goût de me sauver en laissant le panier d’épicerie pis le p’tit qui est dedans alors qu’il braille pour la sempiternelle fois pis je sais pas pourquoi. Chui capable mais maintenant, je ressens plus le besoin de me prouver aux autres.

Je vais quand même finir ce premier billet sur du positif, parce que c’est le fun pis ça fait du bien une fin heureuse. Comme le dirait ma grand-mère: Hé que la vie est ben faite. Tous ces simagrées plus tard et bébé a grandi et nous imite et prend même nos traits et nos expressions. Pis, cerise sur le sundae, il est maintenant officiellement mon bébé. À moi. À papa pis à dada. C’est ti pas merveilleux ça? Moi j’trouve que oui.

 

Dada Blaise