L’Enfant Autiste et la Garderie (3ième partie)

Après bien des péripéties et des aventures plates, pas souvent très drôles et surtout déchrissantes à souhait, Papa pis Dada ont atterri à la bonne garderie pour leur enfant.

Je la nomme, roulement de tambour pis trompettes pis feux d’artifices:

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Je pourrais vous dire ben des affaires sur cette garderie. Je pourrais vous parler de la propreté de l’endroit, les locaux grands et aérés, rempli de belle lumière et joliment décoré, du ratio des enfants de chaque groupe, du fait qu’il y a un gym à l’intérieur pour que les enfants dépensent leur énergie par mauvais temps, d’une cour à l’extérieur et d’un parc tout près des services. Je pourrais vous beurrer ça ben épais avec une proclamation dithyrambique sur les nombreuses activités offertes, aussi bien motrices que artistiques ou pré-scolaire, de l’organisation super bien pensé et détaillé, l’aspect sécurisant pour l’enfant et le parent. Je pourrais vous parler de l’horaire giga, méga flexible, celui qui permet à un parent d’arriver APRÈS 5 heures et de venir porter son enfant avant huit heures sans se faire faire de gros yeux ronds parce que mon doux qu’on est donc de bonne heure. Je pourrais vous dire ben ben des affaires merveilleuses, mais je vais juste vous parler d’une chose:

Les éducatrices.

On pense souvent à tord qu’être éducatrice c’est facile, que c’est une job pour celles qui aiment les enfants et qui veulent jouer à la maman, que c’est comme être une petite gardienne du voisinage, mais avec juste une couple d’enfants de plus. Ben évidemment, on se fourre royalement en pensant cela, parce que la plupart d’entre nous aurait lancé un enfant par la fenêtre après une semaine ou se retrouverait enfermé dans les p’tites toilettes en braillant pis en lançant des Goldfish aux enfants pour qu’ils nous laissent tranquille. Ceci étant dit, laissez-moi maintenant faire les louanges des éducatrices de la garderie Boule d’Énergie, parce qu’elles le méritent en siouplait:

Disons d’abord une affaire, mon garçon, qui a été diagnostiqué TSA en septembre 2017 rappelons-nous-en, n’est pas un enfant facile, il n’y a pas trente-six façons de le décrire, il est juste pas facile au quotidien, spécialement lorsqu’il est avec un groupe d’enfants dans un environnement rempli de trop de stimuli pour son petit cerveau sensible. Voici tous les comportements dérangeants qu’il a pu avoir pendant qu’il a fréquenté cette garderie:

  • Pleurer, crier, hurler
  • Crises de bacon
  • Lancer des jouets
  • Lancer son assiette pleine de nourriture
  • Lancer sa chaise (WTF?)
  • Frapper tout ce qui était autour de lui
  • Se frapper la tête contre un mur, plancher, name it
  • Se griffer, se faire mal
  • Frapper les autres
  • Griffer les autres
  • Mordre et étrangler les autres amis
  • Descendre un escalier en marchant comme une araignée
  • Parler une langue étrangère, genre le vieux latin
  • Vomir une étrange bouilli verte
  • Dire qu’il va voter pour Trump
  • (J’en ai inventé quelque uns, à vous de deviner lesquels)

Avec tout ça, tous ces comportements dérangeants et franchement terrifiants par certain moment, on ne m’a appelé une fois, une seule fois, pour me dire de venir le chercher car ça devenait trop dangereux pour mon garçon. Une seule fois. Les éducatrices et la direction se sont toujours arrangés pour gérer les crises, trouver des solutions calmantes, aimantes, aidantes. Et surtout, SURTOUT, à chaque fois que je suis venu le chercher et qu’il avait passé une journée horrible, ce genre de journée que tu te demandes si un si petit enfant est capable de supporter autant de colère dans un si petit corps, hé bien je n’ai jamais été accueilli avec le désespoir d’une éducatrice. Jamais. Il y avait toujours un côté positif, encourageant, un mot pour nous supporter, nous faire sentir qu’elles comprenaient et que ce n’était pas de sa faute. C’était ce qu’il y avait de plus important pour moi. Dans tout mon désespoir et mon sentiment d’inutilité face aux comportements de mon enfant, c’était de voir qu’elles comprenaient que même lui n’était pas capable de se gérer. Ce n’était pas des caprices ou bien pour mal faire, c’était tout simplement hors de son contrôle.

Nous avons toujours été informé comme il se doit, il n’y a jamais eu de moments surprises et surtout, dans les bouttes rough, nous nous sommes assis avec les diverses intervenantes pour discuter et tenter de trouver des solutions.

Les éducatrices sont merveilleuses, il n’y a pas d’autres mots. C’est le genre d’endroit, malgré que ce soit très grand et avec beaucoup de groupes d’âge, où elles connaissent tous les enfants par leur nom. Elles saluent mon garçon à chaque matin, même s’il n’est pas leur groupe. Et surtout, elles aiment les enfants. Elles sont dévouées et patientes et tout ce que tu peux penser.

Pis il faut que je finisse par remercier MON éducatrice, celle qui a pris soin de mon Petit Pou depuis presque deux ans maintenant. Celle qui a aimé, bercé, rassuré, consolé, fait rire, raconté des histoires, supervisé les repas, qui a calmé, apaisé, soigné, nettoyé le vomi, essuyé la morve, lavé les foufounnes sales, tenu dans ses bras afin qu’il ne se blesse pas, pris à part pour gérer les nombreuses crises, bercé et câliné, lui a appris les lettres et les chiffres et l’anglais et l’espagnol, le Chili et les recettes de biscuits « spécial », celle qui a chanté, donné, celle qui s’est dévoué. Celle qui nous a accueilli, et ce à chaque maudit matin, CHAQUE MATIN, avec le sourire franc et pimpant de la bonne humeur, celle qui nous a accompagné dans toutes les démarches d’éducatrices spécialisées, de remplissage de formulaire pour ci pis pour ça, d’inquiétudes, de questionnements, d’observation par toutes sortes de monde. C’est une éducatrice qui a pleuré de joie avec nous quand nous avons eu des bonnes nouvelles, qui s’est fâché avec nous quand notre garçon semblait vivre des injustices par notre système de santé et scolaire, c’est une éducatrice comme j’en souhaite à tous ceux qui le méritent.

Kim Fréchette de son prénom. Elle est belle, drôle, dynamique, enjouée, pétillante, intelligente, passionnée et surtout, elle aime notre enfant. Pas moyen de passer à côté. C’est la base. Malgré tout ce que mon petit homme a pu lui faire vivre, elle l’aime.

Donc merci à elle et à toutes les autres éducatrices. Pis si jamais vous êtes du coin de Saint-Jean-sur-le-Richelieu et que vous vous cherchez une garderie, ben bonyeu, qu’est-ce que vous attendez? Go à Garderie Boule d’Énergie c’t’affaire. It’s the best, parole de Dada.

Dada Blaise

 

Garderie Boule d’Énergie

196 Rue Saint-Louis, Saint-Jean-sur-Richelieu

Téléphone : (450) 376-7933

http://www.bouledenergie.ca

 

 

 

L’Enfant Autiste et la Garderie (2ème partie)

*Warning! Ce post est tiré de mes expériences et mes observations, donc nullement représentatif de la vie en garderie en général, fac calmez-vous les commentaires de « moi je ». 

L’Enfant Autiste et la Garderie (1ère partie)

Deuxième Garderie – La Bitch qui Berce l’Enfant

Fac Dada cherche une autre garderie comprends-tu. Il voudrait bien trouver un établissement qui se spécialise avec des enfants autistes/différents, mais ça ne cour par les rues semble-t-il. Pis, coup de chance, il trouve cette petite annonce sur magarderie.com d’une garderie familiale dirigé par Madame Chose (je voulais l’appeler Grosse Chrisse, mais mon chum ne voulait pas…), qui proclame qu’elle a enseigné pendant 10 ans au primaire, qui possède un diplôme en ADAPTATION SCOLAIRE et qui a une bonne expérience auprès des enfants qui ont un handicap ou des besoins particuliers. Heu wow! Jackpot que j’me dis. Heille, c’est tout ce qu’il nous faut et même plus! Papa pis Dada se rendent donc à la rencontre de la nouvelle petite madame. Nous arrivons donc dans le quartier des riches avec les belles grosses cabanes immenses et les jardiniers rutilants de muscles qui baisent les femmes au foyer richissimes. Kessé qu’on fait là qu’on se demande. On arrive à la garderie et on visite le tout. C’est beau, c’est grand, il y a du marbre sur les comptoirs, il y a une kickass grosse piscine creusée à l’arrière, ça semble très bien. On trippe comprends-tu. Mais les apparences sont souvent trompeuses…On rencontre Madame Chose, toute dodue devant, qui semble posée, logique et super compréhensive. Elle est bien excitée d’avoir un couple de papas, elle trouve ça ben l’fun. On réexplique toutes les belles caractéristiques de notre enfant en menu détails afin qu’il n’y est pas de mauvaises surprises plus tard: Pas de sieste. Agressivité envers les autres. Se frappe. Crises diverses pour X raisons. Se braque, s’oppose. Hypothèses diverses, on ne sait pas s’il est autiste ou s’il a quelque chose d’autres.

Pas de problème nous dit Madame Chose. Elle a une bonne expérience et sait comment agir avec ce type d’enfants. Vous allez voir qu’ici c’est un bel environnement pis bla bla bla, full compréhension de l’amour de la patience de la diligence de vive la vie vive la différence. Mon Dieu qu’on se peut plus, Papa pis Dada ont envie de lui acheter un beau gros bouquet de fleurs. On inscrit notre garçon là-bas.

Et c’est reparti pour une autre garderie. Mon enfant à 3 ans.

Au départ, tout va bien. C’est la nouvelle lune de miel. Petit Pou « fit » un peu mieux. Madame Chose nous envoi des photos de notre enfant qui dort l’après-midi et qui joue au parc avec les autres. On est heureux. Puis, après deux semaines, les crises reviennent. Madame Chose gère ça. Elle tient son boutte nous dit-elle. Elle n’est pas stressé par la vie. Elle est organisée et rassurante pour notre enfant. On est encore plus heureux. L’été arrive, la méga grosse belle piscine creusée est ouverte. Petit Pou aime se baigner. Dada est congé, il envoie Petit Pou à temps partiel. L’après-midi il va chercher son enfant et il jase avec Madame Chose. Elle lui jase de ses enfants et de ses beaux voyages qu’elle a fait en Europe pis dans les pays chauds. Elle est ben chummé avec Dada. Elle lui propose même d’emmener son maillot une bonne fois et de se baigner dans sa belle piscine filtré au sel avec des effluves de lavande. Dada se garce une petite gêne. Malgré tout, il aime bien jaser avec Madame Chose. Ensembles, ils émettent des hypothèses sur la condition de son enfant. Dada raconte des événements qui sont arrivés avec son enfant, comment il agit dans telle situation, comment il ne sait pas toujours quoi faire exactement. Madame Chose raconte souvent les beaux progrès de son enfant, genre il a sauté tout seul dans la piscine, il a joué avec la petite fille, il a participé au beau bricolage. Dada est enchanté. Pendant l’été, Dada réussit à avoir un rendez-vous avec la p’tite madame du CLSC. Elle va observer Petit Pou à sa maison, puis à la garderie. Résultat des observations: autisme possible, mais trop jeune encore pour être certain. Il est juste sur le bord genre. Il est pas assez comme ceci, pas assez comme cela. Elle recommande d’attendre à l’an prochain, l’été de ses 4 ans, pour le faire réévaluer. Je retransmets l’information à Madame Chose. Elle semble sceptique. Premier signe de quelque chose qui cloche.

L’été se termine pis Dada commence à sentir un p’tit changement chez Madame Chose. Dada recommence à travailler, il commence un peu plus tôt et termine un peu plus tard of course. Madame Chose fait remarquer en semi blaguant que les autres enfants arrivent vers les presque neuf heures alors que Petit Pou est le premier à 7h45.

Les crises s’accumulent. Petit Pou est en pleine opposition et ce n’est pas facile. Madame Chose me le fait remarquer. Je lui dis que tout ce qu’il fait est pas mal semblable à ce qu’il faisait dans l’autre garderie, ce n’est pas une surprise. Elle se plaint que mon garçon ne joue pas assez avec les autres, il joue juste avec des bébèlles pour plus jeune, n’est pas capable de s’occuper par lui-même, dérange toujours les autres, qu’il se fâche quand il n’a pas ce qu’il veut et patati et patata. J’explique et réexplique qu’elle a bien raison, que c’est pareil à la maison, que nous aussi on nage dans le néant, que la tite madame du CLSC l’a dit elle-même, elle n’est pas certaine de rien. Je lui demande son avis, Madame Chose me rétorque que ce genre de comportement chez un enfant est normalement celui d’un enfant qui a tout ce qu’il veut à la maison, un enfant roi. Ouain…ok. Je lui dis que non, on tient notre bout à la maison. Les semaines se poursuivent, Petit Pou devient de plus en plus difficile. Il cherche à faire réagir Madame Chose. Il vise les autres enfants et leur fait mal, les tape, les pince, etc. C’est pas plaisant pour personne.

Petit Pou est stressé, il a de la difficulté à faire caca ailleurs qu’à la maison. Un vendredi, il s’échappe et a une trace de break dans ses culottes. Madame Chose m’appelle sur mon cellulaire pour m’en informer. Elle me dit qu’elle ne peut pas se permettre de laver ses sous-vêtements comme ça et que si mon garçon souffre d’un tel problème, vaudrait mieux le remettre au couche. Dada pogne les nerfs et sent la désillusion se pointer le bout du bec sale. Il dit que non, son garçon ne portera pas des couches, on ne va pas lui imposer ça. Dada commence à stresser.

Madame Chose continue dans sa belle lancée. Petit Pou a fait ceci, Petit Pou a fait cela. « Il sabote tout ce qu’on fait. C’est un enfant très destructeur, difficile. » me dit-elle. Me semble que j’ai le motton pis que je feel pas après une telle phrase, mais je ne dis pas grand chose. Les jours se suivent. Il n’a pas voulu se déguiser à l’Halloween, il n’a pas voulu faire la tite carte de la pluie, il n’a pas voulu jouer à la cachette avec les autres, il veut tout le temps être dans son coin, etc, etc. Puis arrive le coup de grâce. Un lundi j’arrive du boulot et me rend au parc tout près de la belle grosse maison de la gardienne et elle me dit que les autres parents ont commencé à parler entre eux. Ils ont quasiment formé un groupe Facebook en cachette. Mon enfant semble être catalogué comme le p’tit pas fin, le p’tit chriss. Leur réaction est normale. Moi aussi si quelqu’un blesse mon enfant, je sors hors de mes gonds pis je pète ma coche. Mais voilà, un incident qui est arrivé le vendredi d’avant, dont nous n’avons pas été mis au courant, a fait que Madame Chose a brusquement prise une décision. Une maman proclame qu’elle retirera son enfant et les autres bébés qu’elle a à la maison qui arriveront dans quelque mois si mon enfant n’est pas mis dehors de la garderie.

Je répète ma phrase: Une mère veut qu’on mette mon enfant dehors de la garderie en faisant du simili chantage. Madame Chose dit qu’elle ne peut pas se permettre de perdre de l’argent ainsi. Mon garçon n’est pas à la bonne place. Elle a tout essayé, tout mis en place, rien n’y fait, va falloir qu’il sâcre le camp.

Ouch. Reouch, twist dans le coeur, grosse peine pour Dada. Chriss de grosse colère. Il n’y a pas assez de mot pour dire comment je me sens trahi. Sous le choc, je ne dis rien et pars chez moi. Je braille à mon chum qui lui appelle la méchante madame et demande à la rencontrer. Rencontre il y a, mais Madame Chose est catégorique. Elle devrait faire du 1 pour 1 avec notre enfant, il est trop agressif et violent envers les autres, elle ne peut pas le gérer. Les autres parents commencent à avoir peur. Peur dit-elle. J’ai les larmes aux yeux juste à écrire ça. Je peux comprendre qu’un parent puisse avoir peur puisqu’il est face à l’inconnu, ne sait pas trop qui est cet enfant et qu’il ne veut pas que son propre enfant soit en danger. Mais je ne m’explique pas comment une intervenante en garderie, qui dit avoir de l’expérience en ADAPTATION SCOLAIRE et avec des enfants différents, ne peut pas expliquer la situation aux autres parents. N’est-ce pas son rôle de rassurer tout le monde? N’est-ce pas son rôle de démontrer qu’elle a le contrôle sur sa garderie? N’est-ce pas son rôle de prendre soin de TOUS les enfants de son groupe?

Papa est en beau joualvert. Il ne veut pas que Petit Pou quitte la garderie, parce que malgré tout, lui il est ben là-bas. Dada lui ne peut pas s’imaginer d’avoir à lui expliquer qu’il doit changer de garderie parce qu’il est indésirable. Nous nous entendons avec Madame Chose pour dire qu’il restera jusqu’à notre déménagement (en janvier) et qu’ensuite il partira. Deal. Petit Pou continue d’y aller, Dada a le coeur gros, Papa enquête. Il appelle au bureau CPE avec qui la garderie est affilié et SURPRISE, elle n’a pas fait de demande d’aide. Elle n’a même pas signalé qu’il y avait un problème. La madame au bout du fil est surprise et semble un peu fâchée, dit qu’elle va enquêter sur ça. Elle dit qu’avant de mettre fin à des services, il faut mettre en place un plan d’intervention et tout le tralala. Quand Dada confronte Madame Chose avec ça, celle-ci répond que ça ne changerait rien de toute façon, qu’elle ne recevrait pas les services adéquats. Fine que je lui répond, mais on fait tout ce qu’il faut quand même. Parfait dit-elle d’un air condescendant, si c’est ce que vous voulez. Bref, les relations sont genre un peu tendus.

Puis arrive le boutte triste encore plus. Un soir, alors que je couche mon enfant, celui-ci me dit qu’il ne veut plus faire dodo « en bas, dans la cave ». « Où ça, chez nous? » que je demande. « Non, chez Madame Chose. J’aime pas faire dodo en bas, j’ai peur. » À force de le faire parler et à déchiffrer ce qu’il raconte, j’en déduis que l’après-midi, quand il pète sa coche pour ne pas faire de sieste, il est amené dans une autre pièce, dans la cave. Ah ben là, calvaire. Mon chum va porter notre enfant le matin et confronte Grosse Chrisse Madame Chose qui dit que oui, il dort en bas avec son assistant (Que Petit Pou connait mais quand même…) afin de ne pas déranger les autres. Donc, on enferme mon enfant dans une pièce au sous-sol avec l’assistant. Mon chum me texte ça. Je call à ma job et je demande un congé pis je chriss mon camp à la garderie. Il s’en va, drette-là que je lui dis. V’là ton chèque. Après un moment awkward où mon enfant dit bye aux autres sans vraiment comprendre pourquoi, je l’attache dans le char pis je me retourne vers Madame Chose qui nous a suivi dehors avec le cadeau de Noël qu’elle avait préparé pour mon enfant et d’autres trucs. Avec tout le fiel et la colère que j’ai dans le fin fond du bas-ventre, je lui susssurre entre les dents que je n’ai jamais vécu un tel sentiment de trahison. Elle me bafouille quelque chose que j’ai oublié tellement je suis en esti. Pis je pars.

Je n’ai jamais revu Madame Chose. Mais encore aujourd’hui, je lui en veut amèrement. Encore aujourd’hui je fantasme d’aller détruire son beau parterre de fleurs, péter les pneus de son char ou ben aller pisser dans sa belle grosse piscine creusée. Le sentiment de trahison était réel et l’es encore. Oui, c’est vrai que mon enfant n’est pas facile. Tu sais quoi, il est même horriblement difficile par boutte. Mais tu sais, aucun parent au monde ne souhaite que son enfant soit le p’tit difficile à la garderie. Aucun parent au monde espère arriver le soir pis se faire dire que son enfant à mordu, pincer, attaquer un autre. On ne sait jamais trop comment réagir dans ce temps-là. On a beau chicaner, punir, intervenir, il est trop tard rendu le soir. On vit dans une incertitude constante. Quand tu es parent d’un enfant différent, tous les intervenants qui gravitent autour de ton enfant deviennent alors très important pour toi. Ils sont de l’aide, ils sont des confidents, des personnes avec qui tu peux partager ton quotidien et expliquer que oui, ce n’est pas facile. Je lui ai dit beaucoup de choses à cette madame, beaucoup de mes craintes, de mes peurs face à mon enfant. Alors quand est venu le temps de mettre fin au service, oui j’ai été blessé. Je n’aurai jamais pu m’imaginer que mon enfant aurait pu être jeter ainsi. Qu’on aurait pu s’en débarrasser ainsi parce qu’il dérangeait, ne « fittait » pas dans le système. Pour une question d’argent. Pour un question d’impopularité. C’est là que j’ai compris dans quel système je vivais et dans quoi j’allais m’embarquer avec mon enfant différent. Qu’il faudrait que je me batte pis que je sors les crocs pis les griffes pour qu’il soit traiter comme il se doit.

La semaine prochaine, la belle fin heureuse de Petit Pou qui a trouvé LA garderie la meilleure plus plus plus du monde entier.

Dada Blaise

L’Enfant Autiste et la Garderie (1ère partie)

*Warning! Ce post est tiré de mes expériences et mes observations, donc nullement représentatif de la vie en garderie en général, fac calmez-vous les commentaires de « moi je ». 

 

Que vous soyez un parent au foyer qui est sur le bord de commettre un crime pour vous sentir vivant ou bien un parent qui travaille afin de payer les factures et votre abonnement à Netflix (ou peut-être vous voler le service de vos amis généreux, qui sait), viendra un temps où il vous faudra placer votre petit n’enfant dans une garderie.

Ahhhhh les garderies. S’il y a bien quelque chose qui peut terrifier/faire chier/angoisser un parent, c’est les garderies.  Mais pourquoi vous demandez-vous en sautillant nu dans votre salon? En premier lieu, il faut choisir le genre d’installation: CPE, familial ou privé. Sachez qu’il faut tout d’abord être prévoyant. Si vous voulez envoyer votre enfant dans un CPE, il faudra l’inscrire quelques semaines avant la conception de l’enfant, tant les places y sont restreintes. L’autre option sont les garderies familiales. Là encore, il faut les magasiner afin de ne pas confier votre enfant à une suppôt de Satan ou pire encore une gardienne qui va vous jaser de La Voix à chaque lundi matin. Il faut également vérifier si il y a une odeur de cigarette caché dans les coussins décoratifs, si c’est le genre d’endroit qui prône les siestes de 4 heures d’affilés qui viendront gâcher votre précieux temps libre lors du dodo ou si ils font trop de projets artistiques de bricolage qu’ils vous ramène à la maison à chaque semaine. Votre maison est déjà rempli à rebord avec de beaux dessins et des affaires collés plein de paillettes, avez-vous tant besoin d’avoir un autre carton avec une trace de main en gouache rouge de votre rejeton?

Bref, c’est un véritable casse-tête pour tous un chacun. Pour les parents d’enfants différents comme nous autre, il y a un niveau de difficulté d’une coche supérieur. Papa pis Dada ont vécu ce périple au travers 3 garderies différentes. Trois. Je ne sais pas à quel point notre histoire diffère de celle d’autres parents d’enfants différents, mais voici un petit résumé de notre périple avec notre enfant autiste dans les garderies. Don’t worry, la fin est heureuse même si le début ne l’est pas!

Première Garderie – La Tite Madame qui voulait ben faire mais ne savait pas trop quoi faire

Petit Pou commence son périple des garderies dans une garderie familiale, chez une de nos amies. Tout va bien, Petit Pou est heureux, la vie est rempli de papillons et de jolies rayons de soleil. Puis la garderie ferme pour X raison et il faut en trouver une autre. Yishhh. Dada fouille sur Internet et, hourra!, quel chance, nous trouvons une garderie drette sur notre rue toé chose, à quatre pas littéralement de notre maison. Cela semble parfait. Nous rencontrons la dame et lui présentons le cas de notre enfant. À cette époque, on ne sait pas trop ce qu’il a exactement. Nous savons qu’il est différent, qu’il a quelque chose qui le met à part des autres, mais on ne sait pas trop quoi exactement. Il y a plusieurs hypothèses qui flottent (TDAH, TSA, Trouble de l’attachement dû à son adoption, alouette…), mais rien ne semble certain. Petit Pou à 2 ans.

Papa pis Dada expliquent donc le quotidien de Petit Pou. Il ne fait presque plus de sieste l’après-midi. Il est très anxieux, réagit parfois violemment aux changements comme un nouvel ami dans la garderie, une activité imprévu ou un étranger dans la maison. Nous lui expliquons également qu’il a de la difficulté à jouer avec les autres amis, il ne veut pas toujours participer, il ne veut pas faire d’effort, il dit « oui » mais veut dire « non », il tient tête, il s’oppose, il crie, il tape, il se tape, il grogne, il est inconsolable, etc. Qui plus es, à deux ans, Petit Pou ne parle toujours pas beaucoup, il préfère pointer. L’éducatrice, que nous appellerons Henrietta, semble un peu sceptique et overwhelmed à la fois mais nous dit pas de problème, elle va le prendre. Elle va faire de son mieux. Et c’est parti pour la garderie. Au départ, c’est pas trop mal, Petit Pou est en lune de miel, il est ben colleux et ne fait pas trop de vagues. Mais rapidement, les choses tournent mal. Dada reviens l’après-midi pour chercher son enfant et à chaque fois il doit entendre les litanies de Henrietta, qui est complètement dépassé par les événements.

Je crois qu’ici beaucoup de parents d’enfants différents reconnaitront cette situation. Le négativisme. Se faire expliquer encore et encore, jour après jour, les troubles et les mauvais coup de son enfant. Sentir le découragement de l’éducatrice. Henrietta ne comprend pas pourquoi il ne veut pas faire les bricolages ou les coloriages. On apprend plus tard qu’elle est un peu exigeante sur ce côté, demandant à notre enfant de colorier les bottes du Chat Botté rouge et non jaune. Vous imaginez comment Petit Pou, qui est TSA, réagit à se faire dire une telle consigne. Bref, c’est pas la joie. Ça commence à être lourd pour Dada de sentir le découragement de l’éducatrice. Elle dit qu’elle n’a jamais vu ça, yada yada yada.

Je sais, je sais, c’te pauvre Henrietta faisait ce qu’elle pouvait avec les ressources qu’elle avait et P’tit Pou lui rendait pas la tâche facile. Il lui a quand même péter un carreau de vitre lors d’une crise et il ne dormait presque jamais l’après-midi, fac elle n’avait pas grand pause. Henrietta est d’un certain âge, elle n’a pas son service de garde depuis longtemps et ne comprend juste pas qu’un enfant ne veule pas faire des activités avec les autres ou bien boude ou bien bouge et fait des culbutes au lieu de décorer un petit bonhomme de neige en bout de papier de toilette. Semblerait-il qu’elle n’a eu seulement que des enfants élevés dans la ouate et qui chie de la barbe à papa rose. Elle ne sait pas trop quoi faire avec mon enfant, malgré les belle recommandations des spécialistes que nous avons payés pour l’aider. Après quelques mois là-bas, Dada en a ras le pompon de se faire répéter que c’est donc difficile et qu’elle est épuisée. Il braille son désespoir en mangeant un pot de margarine, alors son chum décide d’agir et va jaser avec Henrietta.

Cette dame aimait notre enfant et faisait réellement tou ce qu’elle pouvait avec ce qu’elle connaissait. Elle n’avait jamais vu de cas d’autisme, ni de TDAH ou autre trouble de ce genre. Elle passait les après-midi où mon p’tit ne dormait pas avec lui, lui tenant compagnie en lui proposant de l’aider à cuisiner ou en écoutant la télévision avec lui. Je ne lui en veux pas. Mon garçon aimait Henrietta. Il aimait aller là-bas. Malgré tout, je sentais bien qu’il n’était pas à la meilleure place pour ses besoins de Petit Pou spécial et unique et merveilleux comme un flocon de neige. Dada décida donc de cherche sur Internet pour tenter de trouver une autre garderie qui serait plus adapté aux besoins de notre petit.

J’allais bientôt découvrir un autre endroit pour mon enfant, et un nouvel enfer qui débuterait. SUSPENSE!

Dada Blaise

La Normalité Adoptive

Warning: ce post relève de mes expériences, donc calmez-vous la controverse. Aussi, ce post est un peu plus sensible à votre cher et dévoué auteur.

Les guides, nombreux livres, bons conseils de matante Suzie et nooooooombreux blogs sur l’enfance s’entendent tous sur une chose : « Chaque enfant est unique ». Cette phrase est toujours écrite en belles lettres noires, ben voyante, surlignée, avec des p’tites étoiles autour, pour être ben certain que vous ne le manquerez pas : un mantra que chaque parent devrait se répéter inlassablement. Votre enfant est spécial, unique au monde, un petit flocon de neige one of a kind dans cette tempête de bambins qui peuplent la Terre. Notre belle société moderne se dépeint souvent, au travers de reportages et d’articles nébuleux sur le Net, comme étant un groupe de plus en plus diversifié, qui accepte la différence, le hors-norme. Vive la différence, vive la marginalité, vive le pas-comme-les-autres! Peu importe la race, l’orientation sexuelle, les goûts musicaux ou le fait que vous habitiez le 450, vous êtes un être humain remarquable! En théorie, c’est très beau, c’est parfait. Pourtant, tout le monde le sait ou presque, lorsque la société et ses myriades de bonnes gens sont confrontées à la différence, les premières réactions ne sont pas toujours celles de la tolérance et l’acception, n’est-ce pas?

Arrive dans ce flot d’amour, de tolérance et d’acceptation, mon Petit Pou. Le p’tit de Papa pis Dada lui-même, l’enfant adopté, en chair et en yeux bleus. Dès le départ, nous avions été prévenus que l’enfant ne serait pas « comme les autres ». Papa pis Dada avaient lu (ben Dada a lu pis a fait un résumé à Papa) qu’un enfant adopté, peu importe par quel processus, tombait généralement dans la catégorie « Normalité Adoptive ». De kessé que c’est ça, que vous vous demandez? La Normalité Adoptive, selon Johanne Lemieux dans son ouvrage La Normalité Adoptive: Les Clés pour Accompagner l’Enfant Adopté, est :

« …l’ensemble des défis physiques, affectifs, cognitifs et sociaux qui découlent des conditions de vie particulières de l’enfant avant, pendant et après son adoption. Cet ensemble de défis constitue une norme si on les compare aux défis ordinaires, habituels de l’ensemble des enfants non adoptés. »

Mais là vous vous dites: « Dada, c’mon, concrètement, ça change-tu vraiment quelque chose qu’il ait été adopté? C’est pas un peu exagéré toutes ces histoires-là? Ton p’tit a l’air ben normal j’trouve! » Encore une fois, j’excuse #lesgens car ils sont tout simplement mal informés. Oui, en apparence, mon p’tit grandit, évolue, se comporte de façon normale. Sauf que… C’est là le problème, toute l’essence de la normalité adoptive. Le « sauf que ». Il parle, marche et rit… sauf que ça été un peu plus long pour lui. Il aime jouer avec les autres… sauf que des fois il panique quand il y a trop d’enfants. Il veut exprimer sa colère… sauf qu’il n’est pas capable autrement que par des coups et des cris. Il aime être avec son Dada… sauf que parfois s’il pouvait se coudre à lui, il le ferait. Un enfant adopté vient nécessairement d’un foyer brisé, d’un manque quelque part. Il arrive chez vous avec un p’tit trou dans l’cœur, un vide qui ne s’explique pas, grugé par l’abandon, le drame, la tristesse, l’instabilité. Qu’il ait été adopté à la naissance, à 3 mois ou à 2 ans, rien n’y change. Ce p’tit trou se forme, peu importe l’âge auquel il a été adopté. Certains enfants sont plus tough, plus résilients. Leur p’tit trou est moins gros, moins difficile à rempli, à réparer. Pour d’autres, ce p’tit trou passe son temps à se vider ou à agrandir. Ses parents adoptifs doivent constamment le remplir, le réparer, le rabibocher comme ils peuvent. Papa pis Dada ont un p’tit anxieux. Un p’tit incertain. Un p’tit ambivalent. C’est un p’tit qui aime tester la solidité de son lien avec nous. M’aimes-tu vraiment, pour le vrai de vrai? Si je câlisse toute par terre, vas-tu m’aimer encore? Si je te tape, vas-tu m’aimer encore? Si je crie assez fort, vas-tu m’endurer encore? Il y a des jours, des semaines sans rien. Du gros bonheur, une vraie annonce de Tide. C’est si facile, que j’me dis, mon Dieu, j’en aurais 15 enfants. J’me dis que finalement, il entre dans la normalité « normale ». Pis il y a des jours, des semaines que c’est l’Apocalypse, les Sept Fléaux, avec les pustules pis la pluie, le feu pis les voix d’outre-tombe pis les « j’m’en sortirais pas vivant certain ». C’est semblable à une montagne russe, il y a des cris pis des haut-le-cœur, pis la structure semble pas toujours super solide.

« Ouain mais tsé, hein, tous les enfants font ça. Tous les enfants sont difficiles. », qu’on entend à droite et à gauche. Maybe. Sauf qu’un enfant de la normalité adoptive EST différent, qu’on le veuille ou non. Malgré toutes les bonnes intentions et les « ça va passer », reste qu’il y aura toujours ce petit hic, ce « juste une p’tite affaire différente ». Certains sont tout le contraire de notre p’tit. Ils se renferment, s’isolent. D’autres sont de vraies stars, ils sont performants, ils veulent se faire aimer à tout prix, jusqu’à épuisement s’il le faut. Aux parents de décrypter tout cela et de gérer sur le fly, entre deux bouchées de toasts et de gros yeux exaspérés. « Wow » que vous vous dites. « Vous êtes fait forts ». Ben pas tant, non. On est ben normal. On laisse les grosses crises passer sans réconforter des fois. On lève le ton d’impatience, on envoie dans sa chambre, on prive de dessert, on s’enferme en quelque part, pis on varge sur un coussin avec l’énergie du désespoir. D’autres fois, on est là, on est proches, on est l’image même que vous vous faites, le protecteur, le rocher, l’inébranlable parent. Ce qui est difficile à comprendre pour la plupart des gens, c’est que mon enfant est parfois comme les autres. Il joue, culbute, réclame, rigole, câline et caresse, puis s’endort. Il « fit » parfaitement dans le casse-tête. Et par moment, il ne « fit » pas pantoute. Il veut jouer avec des jouets qui ne sont pas de son âge, il ne veut pas jouer avec les autres amis, il ne veut pas participer, il ne veut pas faire d’effort, il dit « oui » mais veut dire « non », il tient tête, il s’oppose, il crie, il tape, il se tape, il grogne, il est inconsolable. C’est une réalité difficile à accepter pour tout le monde, nous les premiers. C’est impressionnant, c’est terrifiant, c’est surprenant à chaque fois que ça resurgit des tréfonds de son p’tit corps. Et c’est là que tu réalises, dans le vrai de vrai monde, qu’une fois confronté à quelque chose de différent, de terrifiant, le beau et joli concept de « chaque enfant est unique, chaque enfant est différent » se retrouve à revoler dans le couloir. Les gens ont peur, les gens ne savent pas quoi faire, les gens n’aiment pas quand ça ne « fit » pas correctement. Je leur en veux pas. J’ai moi-même dû me battre avec mes propres conceptions, mon propre jugement facile, mon propre « chriss pourquoi qu’il fait pas comme les autres ». Mon p’tit dans sa jeune vie un peu rock’n’roll a déjà dû faire face aux jugements, à la discrimination, à l’intolérance parce qu’il était juste une p’tite coche pas pareil, juste une p’tite affaire trop intense, hors-norme, différent. J’ai entendu des commentaires comme « il est pas normal », « il a quelque chose », « il ne fait pas pareil comme les autres ». Ça m’horrifiait au début. J’voulais qu’il « fit » comme il faut. J’voulais que ça soit facile pour lui parce que moi, j’ai jamais fitté dans le moule. J’ai toujours été un peu à côté de la track de la normalité avec mes jeux imaginaires, mes chansons de Barbra pis mes fantasmes sur Indiana Jones. Pis c’est là que j’me suis dit : on n’est pas supposé accepter la différence? Yé où le beau : « chaque enfant est précieux et unique? ».  Fac j’ai pas eu le choix. J’me suis dit: Fuck that Shit. J’ai passé mon adolescence et une partie de mon enfance à essayer de fitter, pour me rendre compte que de « pas fitter » faisait partie de ma personnalité. J’peux pas dire à mon p’tit : Fuck That Shit. Pas encore.  Un jour, peut-être que la société sera bel et bien aussi belle que nous le laissent croire les annonces de Coca-Cola pis de céréales Special K, là où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, se tenant par la main en acceptant humblement les différences de chacun. Mais en attendant ce jour-là, j’peux juste l’encourager le mieux que je peux, lui sacrer patience de temps en temps, pis répéter encore et toujours aux gens de son entourage que « c’est peut-être pas normal pour les autres, mais ça l’est pour lui. » Pis une fois de temps en temps, quand mon p’tit regarde pas, j’me permets un « ferme ta yeule vieille madame qui juge ». Quand mon p’tit sera assez vieux, j’pourrai me pencher vers lui et lui chuchoter ce précieux conseil :

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Je ne peux pas prédire l’avenir. Je ne sais pas si mon p’tit aura un, deux, trois troubles sévères ou plus. J’sais juste que tout comme ma différence, on ne peut rien y changer. Faut juste, dare I say it, l’aimer de même.

Dada Blaise, le parent différent d’un enfant différent