Comment Traumatiser Votre Enfant (2e partie)

Que vous soyez un parent, une p’tite gardienne mâchonnant sa gomme avec son iPhone dans les mains, un grand-parent un peu déconnecté mais bien intentionné ou un moniteur complètement désabusé dans un camp de vacances, il peut être difficile de savoir qu’est-ce qui est approprié ou non pour les jeunes enfants. Particulièrement quand vient le temps de choisir une émission de télévision ou un film. Les enfants sont facilement impressionnables et la moindre chose peut les terrifier et les traumatiser à vie. La violence, de gros seins rebondissants et du langage fleuri peuvent se retrouver dans presque tous les films de nos jours. Et maintenant que vous n’avez plus à vous rendre dans un club vidéo pour aller chercher vos films et faire peur aux enfants en leur montrant la section horreur et sa pancarte de Chucky qui tient une paire de ciseau sanglant, comment allez vous faire pour traumatiser vos enfants à présent?

Afin de vous aider à choisir le BON film pour bien faire peur à votre enfant et l’empêcher de dormir dans son lit pour les 10 prochaines années, Dada vous a préparé cette simple liste puisé parmi les films des années 80/90 (parce que les films récents sont un peu trop saccharine à mon goût).

 

Dumbo

Pour découragez vos enfants de prendre des drogues/alcool/stimulants.

D’abord, après nous avoir bien traumatisé avec la maman de Dumbo (Mrs. Jumbo) qui pète les plombs et attaque des enfants, une scène d’adieu déchirante où la maman berce le petit Dumbo depuis sa cage, le film crinque le niveau de peur d’un cran avec la scène où Dumbo se saoule. Si le but est de faire peur à l’enfant afin qu’il ne veule pas boire, c’est réussi. Quoique je crois que Disney a mélangé « boire de l’alcool » avec « mixer de la cocaïne et 3 tonnes d’acide ». J’ai déjà été bien bien saoul (lis pas ça maman!), et je n’ai jamais bad trippé ainsi.

 

Qui Veut la Peau de Roger Rabbit?

Pour foutre la chienne bien solide et démontrez que les hommes de loi sont batshit crazy.

D’abord, après vous avoir titillé et vous faire questionner votre sexualité avec Jessica Rabbit, vous faire demander quel genre de film TUE un personnage de petit soulier anthropomorphique dans un bain d’acide, on termine en beauté avec la transformation horrifique du Juge DeMort en un personnage digne de Slender Man. Long, émancipé, il a les yeux rouges qui brillent, une voix stridente et des couteaux qui lui sortent des yeux. Yup…les années 80 étaient une époque bien à part.

 

L’Histoire Sans Fin

Pour démontrez à vos enfants la futilité de la vie et expliquez qu’est-ce que la dépression.

D’abord, la grosse source du mal qui détruit le monde imaginaire de Fantasia est appelé le Néant, un gros nuage qui dévore tout comme l’implacable mort qui vous guette au fur et à mesure que vous vieillissez. Fun times! Ensuite, pour vous assurez que vos enfants comprennent bien la perte d’un être cher, il y a la fameuse scène où Atreyu, le jeune héro de l’histoire doit regarder Artax son cheval se laisser mourir dans les Marécages parce qu’il est trop triste et déprimé pour continuer. #allthefeels

 

Labyrinthe

Pour éveillez la sexualité bourgeonnante de votre enfant.

Une seule chose: le paquet de David Bowie. Dance magic dance!

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Mac et Moi

Pour démontrez l’horreur de McDonald’s et enseigner à vos enfants que les cauchemars sont bien réels.

Mac, un extraterrestre qui ressemble à un enfant mal nourri du tier monde se nourrissant de Skittles et de Coke est séparé de son horrifique et cauchemardesque famille. Il s’échappe de la NASA pour aller détruire des maisons, terrifier des enfants handicappés et organiser des danses modernes dans un McDonald’s. Un merveilleux moment à passer en famille!

Opération Beurre de Pinottes

Pour enseignez à vos enfants à propos des sans-abris et du poil pubien. 

La raison même de cet article. Après avoir parlé de ce film avec des collègues de travail, j’me suis empressé de le réécouter, parce que je n’ai pas de vie de même. So…Le film raconte l’histoire d’un jeune garçon qui s’aventure dans une maison abandonné pour apercevoir quelque chose (qu’on ne voit pas, ce qui rend le tout encore plus fucked up) qui lui fait tellement peur qu’il EN PERD SES CHEVEUX. Bref, le meilleur début de film ever. Ridiculisé parce qu’il n’a pas de cheveux, le pauvre Michel est forcé de préparer une potion magique à base de, vous l’aurez deviné, beurre de pinotte, qui fonctionnera tellement bien qu’elle lui donnera une chevelure massive et immense. Puisque le film n’était pas encore assez weird, le prof d’arts plastique, qui est complètement disjoncté, veut kidnapper notre héro afin d’utiliser ses cheveux pour en faire des pinceaux. Oh, j’oubliais! Le meilleur ami de Michel, le petit asiatique Connie, a décidé d’étendre la solution magique sur la tête du garçon et, évidemment, sur ses parties intimes…pensez à ça 3 secondes et quart. Ceci veut dire que quand la potion fait effet SES POILS PUBIENS sortent de ses pantalons. Et si tout ceci ne suffit pas à traumatiser vous et vos enfants, sachez que Céliiiiiiiiiiiiiine elle-même chante les chansons du film. #nosleepingforyoutonight

 

Dada Blaise

Pour plus de choses étranges du quotidien de Papa pis Dada, clique ici. 

À lire: Comment Traumatiser Votre Enfant (1ère partie)

Comment Traumatiser Votre Enfant (1ère partie)

Vendredi dernier je vais à la librairie et farfouille la section des livres pour enfants avec mon air coquin et songé, parce que j’me trouve donc bon d’acheter des livres dans une librairie et non des livres version epub sur le Apple Store. Étant le fier parent d’un enfant épanoui de 3 ans que l’on peut étiqueter comme étant « une tête forte » ou « esti de tête de cochon », je cherchais un livre pour l’aider à gérer ses immenses colères qu’il nous pique régulièrement depuis ses 2 ans.

Je tombe sur ce livre.

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C’est parfait que j’me dis. L’histoire raconte un p’tit qui lance ses souliers contre le mur, refuse de manger son souper et crie après son papa, bref un lundi soir typique dans notre maisonnée. L’enfant du livre est ensuite envoyer dans sa chambre pour bouder (ouf le parent se ferait chicaner par Naître et Grandir!) pis il sent une grosse colère monter en lui. Elle est tellement grosse qu’elle fini par lui sortir par la bouche.

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La colère prend la forme d’un espèce de gorille/monstre qui se met à tout saccager dans la chambre. Le p’tit fini par dire à la colère de se calmer et il la met dans une boîte. Fin.

Faque…j’ramène ça à la maison et je lis ça à mon p’tit. Là, j’veux pas faire mon frais chier, mais j’suis un kickass bon raconteur d’histoire. En veux-tu de l’émotion et du drame, en v’là! Moi j’lis avec l’intensité d’Anne Dorval. Et avec ses voix. Donc quand la Colère sort de la bouche du garçon, j’mets le paquet comprends-tu. Avec des effets sonores juteux et détaillés et des hurlements à glacer le sang. Et…peut-être que j’en ai trop mis, parce que mon p’tit pogne la chienne comme jamais. Il me serre le gilet violemment, ses yeux bleus trans-fixé devant les images de la grosse Colère qui saccage tout dans la maison, littéralement figé par la peur.

« Moi aime pas ça colère. » qu’il me dit d’une p’tite voix frémissante en se blottissant contre moi.

What have I done? J’me sens mal. On range le livre le plus loin possible dans la bibliothèque et on se dépêche de faire autre chose. Le lendemain, Papa est en train de bizounner avec ses outils ou whatever else qu’il fait dans son coin quand il veut avoir la paix. Il échappe des p’tites vis pas terre en sacrant comme un charretier en disant « oups, hé zut! ». Petit Pou, qui caresse le rêve depuis sa naissance de marcher sur une vis acérée, se précipite vers la zone du danger à vive allure, nu pied évidemment. Dada stop le p’tit et lui dit d’attendre, parce qu’il pourrait se faire très mal s’il marche sur une vis. Le p’tit remercie son Dada de façon logique en cherchant à lui sacrer une tape dans la face. « Moi taper Dada! » qu’il proclame. « Dada chicaner! » qu’il explique d’une voix semblable à celle d’un cri de dauphin. Dada, voyant l’occasion parfaite se présenter, rappelle à Petit Pou que la grosse colère est en train de monter et qu’elle pourrait bientôt lui sortir par la bouche. Petit Pou cri un « non » retentissant, puis se jette à mes genoux.

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Oh yeah. Mon plan fonctionne. « Nooooon pas colère! » me supplie le p’tit, les yeux affolés par l’angoisse. Vite, je pogne une boite orange laide qui sert à rien et suggère à mon p’tit de souffler la colère dedans avant qu’elle ne saccage tout dans la maison, comme dans le livre. Le p’tit, ben excité, souffle/crache dans la boîte. Kin! Fini la colère. Crise semi évité. Pas de tape. Pas de chicane. Juste la bonne vieille méthode de la peur et du traumatisme.

Les guides et les bons conseils peuvent toujours nous venir en aide, mais une fois de temps en temps, une p’tite frousse ne fait jamais de tord à personne.

Dada Blaise

P.S: Question de pousser plus loin l’idée du traumatisme, ne manquez pas demain la suite de cet article avec de bonnes idées de films pour faire peur/marquer à vie vos enfant.

Et pour ceux que ça inquiète, sachez que le p’tit a relu l’histoire une bonne dizaine de fois maintenant. Il en redemande. Go figure. 

6 exemples de parents qui sont ben plus poches que vous

Tous les parents auront au moins un moment (ou quinze millions de moments) où ils vont se sentir le pire parent sur la Terre. Pis si ça ne vous est pas arrivé, j’vous félicite avec votre bonheur et votre château rose fluo et vos licornes domestiques qui pètent des arcs-en-ciel et du chocolat Lindt. Pour le reste de la population, c’est normal, ne vous en faites pas. Il y a de ces journées où rien de ce que tu fais fonctionne, ton p’tit braille sans arrêt, la maison est tout croche, ça pue, ton couvre-lit match pas avec la couleur des murs…bref, comme le dirait mon chum: ça chie dans pelle. Durant ces moments de noirceur, tu peux faire comme ma grande sœur et aller voir ton père en pleurant sur le pas de la porte et en disant que t’es pas bonne pour qu’il te dise « ben non, t’es bonne pis t’a un beau bébé! » pour qu’il te tapote tendrement sur l’épaule et retourner chez vous juste ensuite.

Tu peux aussi faire comme moi et brailler en raclant le pot de mayonnaise avec une spatule tout en écoutant des films des années 80/90 parce que je suis trop lazy pour prendre le char et brailler devant mes parents. Quand je suis down, un p’tit film kétaine de fin d’après-midi TVA me remet toujours sur le piton. Vous savez quel genre de film je parle. Ce sont ces films pas trop complexes avec des acteurs plus ou moins populaires que tu ne replaces pas, mais que tu reconnais malgré tout. Ces films sont sans prétention, amusants, inoffensifs, avec de jolies couleurs et un abus de spray-net évident. C’est le genre de film que j’écoutais avec ma grande sœur enroulés dans notre doudou blanche et bleu poudre en mangeant du McDonald’s un samedi de juillet qui pleut à boire debout. Bref, ça m’fait du bien d’écouter ça.

Puisque j’ai vécu BEAUCOUP (j’exagère à peine, wink!) de moments dramatiques avec mon enfant, j’en ai écouté des tonnes de ces films. Et voilà ce que j’ai découvert: beaucoup de ces films mettent en scènes des parents poches. Et ce n’est pas volontaire de la part des cinéastes. Ces parents, avec le recul et ma soudaine expertise profonde de nouveau parent, sont vraiment poches.

Alors vous feelez down vous aussi? Pour vous remonter le moral, voici quelques exemples de parents cinématographiques ben plus poches que vous:

 

La Mère –Il Ne Faut Pas Dire à Maman que la Gardienne Mange des Pissenlits par la Racine

Premièrement, je dois dire que c’est le titre le plus long sur la Terre. Deuxièmement, parlons du fait que la mère a élevé cinq enfants impolis et visiblement en carence de discipline parentale. Troisièmement, ladite mère se paye des vacances en Australie pendant deux mois et engage une étrangère pour prendre soin de ses cinq enfants. DEUX MOIS. Et quatrièmement, discutons du fait que le message du film est qu’une fois la maman hors de vue, les enfants trouvent le sens du bonheur et leur place en ce monde…Bravo mère sans nom de revenir, tu as tout gâché la vie de famille que Sue Ellen avait mis en place. BRAVO! WTF?

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Wayne and Diane Szalinski – Chérie, j’ai Réduit les Enfants

C’mon! Ils sont capables de s’acheter une immense maison mais Wayne ne peut pas investir pour un CADENAS sur sa porte de son laboratoire, l’endroit où il a une invention TOP SECRÈTE et SUPER DANGEREUSE qui, jusqu’à preuve du contraire, détruisait les objets au lieu de les réduire? WTF?
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Daniel Hillard – Mrs. Doubtfire

Creepy, juste creepy. Le père a peut-être une belle et bonne intention, mais écoute ce film avec un regard d’adulte et la situation est juste non stop crazy, creepy, stalkery. Les enfants seront marqués à vie de cet incident. Et son ex-femme lui pardonne? WTF en double!
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George et Lorraine McFly – Retour Vers le Futur

En mettant de côté toute l’histoire incestueuse entre Lorraine et son futur fils qu’elle ne reconnaît PAS dans le futur (c’mon, voir que tu ne trouves pas weird que le gars que tu trippais dessus étant jeune ressemble à ton gars!), les parents McFly sont déjà weird et problématique dès le début du film. Personne ne s’inquiète que leur petit Marty, un adolescent de 16 ans environ dois-je vous le rappeler, a une relation proche/trop proche avec un scientifique instable que tout le monde croit fou et qui fait des deals nébuleux avec des terroristes (ah les années 80). En plus il peut partir en pleine nuit, pas de problème pour rejoindre un vieil homme dans un parking. Non? Ça n’inquiète personne? Juste moi? WTF?

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Tom et Katie Bueller – La Folle Journée de Ferris Bueller

Première chose: Ferris? C’est quoi c’nom là? Deuxièmement, peux-tu dire « favoritisme »? Jeannie, la sœur de Ferris, est clairement la mal aimée que tout le monde déteste dans la famille. Ferris joue clairement la comédie et TOUT le monde l’aime! Pis les parents ne voient rien, not fair! Ferris est chiant et mérite de se faire prendre! Moi j’suis du bord de la sœur! Mort aux populaires et aux gens trop heureux! Pis en plus c’est Cameron, l’ami de Ferris déprimé, qui mange toute la marde à la fin et qui paye les conséquences de la folle journée. WTF?!

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Peter and Kate McCallister – Maman j’ai Raté l’Avion 1 & 2

Ils ont quand même oublié leur enfant à la maison…deux fois. WTF!
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Jack Torrence – Le Shining

Sans commentaires.

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Alors ne vous en faites pas si vous avez préparé du Kraft Dinner agrémenté de saucisses hot-dogs pour le souper ou si votre jeune à joué au IPad pendant 2 heures de temps. Je suis ben certain que c’est pas SI grave que ça. Au pire, faite comme la copine de Sue Ellen (ou ma soeur avec ses copines) dans Il Ne Faut Pas Dire à Maman que la Gardienne Mange des Pissenlits par la Racine et dansez avec toute la fougue fin des années 80. Dieu sait que danser ainsi m’a aidé à ne pas sombrer dans la dépression.

Dada Blaise

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J’vais dire une chose: si tout le monde dansait ainsi à chaque vendredi soir, la Terre se porterait beaucoup mieux.

 

Avez-vous su la nouvelle? Papa pis Dada a sa propre page Facebook! Allez voir, c’est ben ben l’fun, avec des p’tites banderoles, des fanions, de la couleur pis des photos léchés avec de la fioriture sans bon sens.

#GiveElsaaGirlfriend

Comme pour tous les petits nord américains de mon âge, Disney a toujours, d’une forme ou d’une autre, fait partie de ma vie. Enfant, j’étais entouré par Disney et ses nombreux dérivés, films, émissions à la tivi, livres à colorier, jeux, jouets, casse-têtes, tourne-disque, spectacles sur glace et visites au parc thématique. Chez nous, Disney c’était hot. J’écoutais les films en boucle avec avidité. J’aimais l’animation, les chansons, les animaux, les princesses, les princes, les bouilloires qui chantent, toute, toute, toute. Maintenant que je suis un genre d’adulte presque fonctionnel, je comprends pourquoi j’aime autant les princesses et les films de Disney.

 

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À mon avis, le plus sexy de la gang. Wait a minute…mon chum est grand, poilu, yeux bleus, grogne tout le temps, a mauvais caractère et n’aime pas qu’on touche à ses affaires…Plot twist: Did I end up with the Beast?

Les films de Disney mettent souvent en scène des protagonistes qui sont considérés « différents » et « à part » du reste de la société dans laquelle ils vivent. Ariel la petite sirène désire un monde qui est considéré « différent » du sien. Les villageois croient que Belle, de La Belle et la Bête, est étrange, « différente » des autres (elle aime lire et c’est une femme! WITCH!). Même les classiques, comme Dumbo, nous montre un protagoniste qui est moqué par les autres parce qu’il est « différent » (y’a des grosses oreilles au cas où vous ne vous en rappeliez plus). Tout ça vous dit quelque chose? Pour un p’tit gars de la campagne qui a un peu trop le sens de la théâtralité et le goût d’écouter des chansons de Whitney Houston, ça lui parlait beaucoup. Les héros de ces films sont mis à part, incompris, mais vont au bout de leurs rêves et terminent leur histoire avec une fin heureuse. Le thème de « l’amour impossible » est souvent présent, donc il n’est pas difficile de comprendre pourquoi ces histoires interpellent la communauté LGBTQ+ (lesbienne/gay/bisexuel/transgenre/queer).

Ce qui est drôle c’est que la compagnie de Mickey Mouse n’est pas reconnue pour ses valeurs avant-gardistes. La compagnie est souvent synonyme de l’Amérique traditionnelle, de valeurs familiales sûres, de tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Disney est souvent tombé sous le courroux de divers groupes pour changer le thème des histoires qu’ils adaptent, comment ils dépeignent constamment des héroïnes blanches et blondes ou pour avoir whitewashed Aladdin et Jasmine. Disney, depuis quelques années, a bien été obligé de changer d’optique dans ses efforts afin d’offrir une représentation plus inclusive de ses protagonistes. The Princess and the Frog nous a donné une princesse noire tandis que Mulan et Tangled nous ont donné une héroïne qui n’avait pas besoin de prince pour l’aider. Frozen, le méga succès inespéré qui a remis Disney sur la map, a été plus loin encore et nous a offert un film où le thème central était les liens de famille entre deux sœurs, l’histoire d’amour repoussé au second plan. Par contre, Disney n’a toujours pas osé s’aventurer à inclure un personnage ouvertement LGBTQ+ dans ses films. Oh bien sûr, certains diront que le Génie a un peu trop le sens de la mode, que Shang (le guerrier dans Mulan) semble plutôt déçu quand Mulan lui annonce qu’elle est une fille finalement et que Ursula est en fait une drag queen, mais ce n’est pas la même chose qu’un fullblown, vrai personnage central qui serait homosexuel.

Seulement voilà, depuis quelques jours, la foule Twitter et Facebook réclame ceci: #GiveElsaAGirlfriend

 

Disney a annoncé récemment qu’il donnerait suite à Frozen, qui d’après moi devrait s’intituler Frozen 2: The Meltdown, avec Anna qui découvre qu’elle a les pouvoirs du feu et la les sœurs se battent. Ça s’rait malade! Enfin bref…depuis l’annonce de cette suite, on réclame que Disney monte d’une coche sa bravoure de la diversification et offre une princesse lesbienne. Yes…vous avez bien lu, les fans souhaitent voir Elsa vivre au grand jour une relation homosexuelle avec une autre femme. J’imagine déjà le Bible Belt des États-Unis cracher leur sandwich mayonnaise/chips BBQ et attraper le AK-47, outré devant l’imminente apocalypse que provoquerait cette nouvelle. J’entends déjà les « Abominations! » et les « C’est contre nature! » et les « C’est écrit dans la Bible! »

 

Certains groupes religieux ont même avancé que Frozen serait une propagande gay, visant à convertir l’impressionnable jeunesse. C’est ben certain. Après tout, Frozen raconte l’histoire d’une jeune femme qui chante (gay!), qui ne semble pas intéressée par les hommes (lesbienne!), doit vivre avec une différence (gay!) qu’elle doit cacher des autres. Elsa finira par « sortir du placard » en fuyant la société et en chantant son infatigable hit « Let It Go » qui, toujours selon les whackjobs groupes religieux, seraient un hymne subversif auprès des jeunes enfants. So what? Tant mieux si Elsa chante sa liberté, qu’elle est enfin à l’aise, qu’elle n’est plus obligée de « cacher » ses pouvoirs et qu’elle peut enfin porter des vêtements avec ben du sparkle. Own it bitch.

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Fabulous

À chaque fois que je lis ce genre de truc je suis ébahi par la stupidité de certains. Les gens craignent-ils vraiment que les homosexuels « transforment » leurs enfants avec des chansons ou des films? Croient-ils vraiment que nous sommes capables de trouver le piton « gay » sur les hétérosexuels? Comme si nous possédions un pouvoir magique qui permettrait de switcher l’orientation d’autrui selon notre bon vouloir. Ben on l’a pas ce pouvoir-là, parce que trust me honey, il y aurait une couple de mes crushs du secondaire et cégep que j’aurais transformé de mon bord assez vite merci.

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Oh Ewan…si seulement…

Toujours est-il que la suite de Frozen se prépare et qu’une partie de la populace réclame du changement. Disney est un emblème important dans notre culture, qu’on le veuille ou non. Star Wars, Marvel, Pixar, les princesses, tous les enfants ou presque sont en contact avec un ou plusieurs personnages de Disney au moins une fois dans sa vie. Imaginez l’impact qu’aurait l’inclusion d’un personnage LGBTQ+. Oui il y aurait outrance, menaces et colliers de perles agrippées avec effroi. Oui matante Suzie appellerait Denis Lévesque pour chialer. Oui beaucoup de parents boycotteraient le film. Mais imaginez juste un p’tit moment que ça arrive, pour vrai. Un film qui présenterait un autre type de couple, un autre type de vie familiale. Pour notre famille, à Papa pis Dada pis Petit Pou, ce serait incroyable.

Imaginez une conversation sur la cour d’école entre deux p’tits copains:

« Fac tu as deux mamans? »

« Oui. »

« Comme Elsa et ________ dans Frozen 2? »

« Oui. »

« Cool. On joues-tu à la tag? »

 

Case closed. #GiveElsaAGirlfriend

 

Dada Blaise