Comment quitter le parc avec dignité en 10 étapes faciles

Le beau temps et la chaleur signifie une chose pour un parent: c’est l’temps des parcs. Vous le savez, je le sais, tout le monde le sait, allez au parc c’est chiant c’est un beau moment à passer avec votre enfant. C’est aussi un bon moyen de vous botter le derrière qui est écrasé sur la chaise longue depuis 8:00 le matin, à lire des listes top 10 trouvés sur le Net (Yikes! So meta right now!) pis de bouger un peu et socialisez avec d’autres gens. Donc, pactez les p’tites pelles, le ballon Bob l’Éponge, la crème solaire, trente-sept sortes de collations différentes, votre chapeau en vogue et partez bras-dessus, bras-dessous avec votre p’tit en direction du parc. MAIS, sachez une chose: peu importe le temps que vous passerez au parc, peu importe le nombre d’heures dévoués aux glissades, peu importe le nombre de poussées et de « plus haut! » dans la balançoire, de poursuites bucoliques entre les arbres, attraper le vent et chasser les nuages, quand viendra le temps de partir, votre p’tit refusera catégoriquement de le faire. La raison est simple: le parc est pour vos p’tits un sanctuaire, un endroit sacré où tout a été créé et conçu pour les amuser. Les balançoires, les glissades, les cages à singe, le bac à sable, les vieilles traineries sur le sol. L’enfant reconnaît que le parc est en fait son habitat naturel et peu sembler confus, voire agressif lorsqu’il est confronté à la dure réalité du « on r’tourne à la maison ». Dire adieu au parc vient troubler leurs croyances en tout ce qui est beau et bon, et l’enfant comprend soudainement que le mal existe, réincarné en vous, figure autoritaire qui le forcez à quitter ce site paradisiaque du jeu éternel et des bons copains.

Afin de vous préparez à ce long été ensoleillé et les nombreuses visites au parc qui s’en suivront, voici un petit guide pratique à imprimer et à garder dans votre sacoche entre le gloss et le vieux Kleenex ou votre poche arrière humide pour vous aider à quitter le parc dans le calme et la dignité.

Première étape – Le Départ

Après avoir pris 650 photos afin de prouver à votre tendre moitié et vos amis Facebook que vous êtes bel et bien allé au parc aujourd’hui, approchez-vous de votre p’tit, placez-vous à sa hauteur et captez son attention avec gentillesse. Réalisant qu’il ne vous écoute pas pantoute, annoncez que vous allez quittez le parc à présent. Le p’tit risque probablement de continuer à jouer. Pas de problème, passez à la deuxième étape.

Deuxième étape – Le « dans 5 minutes »

Annoncez haut et fort, afin que tous ceux présents au parc vous entende également et réalise à quel point vous êtes un parent préparé et que votre enfant connaît les minutes, que vous quitterez le parc dans 5 minutes. Bien sûr, le 5 minutes est relatif. C’est un 5 minutes qui peut s’étirer très longtemps, comme le « 5 minutes » de Papa quand il dit qu’il se prépare dans la salle de bain ou le « 5 minutes » que Dada affirme qu’il lui reste quand il est en train de lire un livre. Profitez de ce temps pour ramasser le plus de trucs possibles. Les prochaines étapes nécessiteront que vous bougez rapidement, donc pas de temps à perdre avec la petite pouliche oublié dans le sable.

 Troisième étape – Le « une dernière affaire »

35 minutes plus tard, annoncez que le 5 minutes est écoulé et qu’il est temps de quitter. Ne soyez pas surpris si une tirade de demandes surgit subitement de la bouche barbouillé de terre de votre p’tit:

“Je veux glisser encore! »

« Je veux faire le petit chemin! »

« Je veux me balancer! »

Vous serez tenté d’être le parent stoïque qui ne revient pas sur sa décision, mais d’un autre côté, vous vous dîtes qu’une autre p’tite glissade pourra faciliter le processus. Que le p’tit comprendra qu’il est chanceux de pouvoir faire une dernière glissade. Qu’il devrait vous remercier et partir avec vous en chantant « Violette à Bicyclette ». Laissez le p’tit faire la dernière glissade et félicitez vous d’être un parent aussi compréhensif et humain.

Quatrième étape — Mentir

Faite une belle promesse rassurante que vous n’avez absolument aucune intention de tenir comme: « Je te promets qu’on va revenir après le dîner » ou « Les réparateurs vont venir réparer les jeux tantôt, mais la ils sont brisés ». Vous pouvez également promettre un beau gros cornet ou un Popsicle une fois rendu à la maison. Vous pouvez toujours mentir une fois à la maison et dire que finalement, il n’y en a plus de Popsicles, que Papa les a tout mangés. #neverjudge

Cinquième étape — Les menaces

Vous l’aviez vu venir, mais la technique mielleuse et épanouie ne fonctionne simplement pas. Passez à la bonne vieille technique du good cop/bad cop. Débutez doucement avec de vagues menaces comme « Finalement tu n’en auras PAS de Popsicle » ou »On ira pas dans la piscine! ». Pour un effet plus dramatique, vous pouvez dire à votre p’tit: « Si tu ne me suis pas, tu ne viendras pas avec nous à Disney World. » Ouch!

Sixième étape – Faker le départ

Un autre classique. Annoncez que tant pis, vous êtes tanné et que vous rentrez à la maison, avec ou sans votre p’tit. « Bye bye, moi je m’en vais! »
Marchez vers la maison d’un pas malaisé tout en jetant des petits regards furtifs vers l’arrière aux secondes pour vous assurer que votre p’tit et bel et bien toujours derrière vous et qu’il ne s’est pas fait kidnapper. Remarquez rapidement que votre p’tit a compris la game et semble déçu que vous utilisiez une technique aussi facile et banale que celle-ci.


Septième étape – Blâmer la température

Bon, clairement ça ne marche pas et vous avez envie de faire un numéro 2 depuis une demi-heure, fac pointez distraitement en direction de quelques nuages au loin et faites vaguement référence à une alerte à la tornade que vous avez entendu à la radio tout à l’heure. Ça devrait aider à accélérer les choses.

Huitième étape – Le « dans 1 minute »

Ou right fucking now.

Neuvième étape – Le « pas l’choix »

J’vous ai menti. Vous auriez pu passer tout de suite à cette étape finalement, surtout avec un jeune enfant. Il vous suffit simplement de prendre votre enfant sous votre bras et de le placer avec aisance dans son carrosse/chariot/p’tite auto rouge. Mettez-y de l’effort comme si vous poussiez une grosse boite de carton dans une poubelle, car il faut réussir à immobiliser l’enfant sur place tout en l’attachant et en gardant un semblant de calme devant la populace. J’comprends pas pourquoi ce n’est toujours pas une discipline Olympique.

Dixième étape – Fuck la dignité finalement

Retournez à la maison avec un enfant qui hurle comme s’il était en train de se faire torturer pendant que vos voisins sont sortis sur leur perron pour vous juger silencieusement. Gardez la tête haute, si ce n’est que pour le simple fait que vous devrez vivre la même situation le lendemain. 

 

Dada Blaise

 

5 choses à faire pendant la crise d’un enfant

Avoir un jeune enfant c’est comme faire face à un Terminator.

« Il ne connaît pas la pitié, ni les remords, ni la peur. Et rien au monde ne peut l’arrêter, personne. »

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I’ll be back…tonight in your bed with a wet diaper.

La seule différence est que mon garçon de 3 ans est légèrement plus facile à comprendre que Arnold. Et qu’à la fin du film Arnold perd. Mon p’tit gagne toujours. Donc, quand je lui dis non, il entre en Terminator mode et détruit tout sur son passage. Et moi je ne suis pas Linda Hamilton. Je n’ai pas la force et le courage d’affronter le Terminator. Mon p’tit est irrationnel, changeant constamment de tactique et de moyens pour me détruire psychologiquement.

Heureusement, après l’avoir affronté aussi souvent, j’ai développé quelques petits trucs. J’vous les partage gratuitement, parce que j’vous aime ma gang de vous autres.

 

Ayez des pensées heureuses

Annoncez à votre famille que vous sortez dehors « 2 minutes », l’écume aux lèvres et l’oeil gauche tressautant violemment. Installez-vous dans la remise, la tête entre les genoux. Rappelez-vous les bons conseils de La Vie n’est Pas Un Magazine afin d’éviter d’être submergé par les événements et récitez votre mantra de pensées heureuses:

Il est la chose la plus précieuse qui existe.

Au moins il fait ses nuits…jusqu’à 4:30.

La maternelle arrive.

Au moins il est propre…même s’il sali tout le bol.

Ça aurait pu être des jumeaux.

Googlez

Pendant que votre enfant détruit pièce par pièce le fantastique château Playmobile que vous venez d’acheter pour une modique somme équivalant à la dette d’un pays pauvre, googlez avec l’énergie du désespoir pour trouver une solution à votre Terrible Two. Parmi des forums datant de 2008, trouvez aucune réponse à votre problème et réalisez à quel point il est en retard comparé au reste des enfants qui sont capables de chanter l’alphabet en allemand et décorer des cupcakes qu’ils ont cuisinés eux-mêmes. Terminez la soirée à l’urgence parce que vous vous êtes entêté de continuer à googlez jusqu’à plus soif, découvrant ainsi que cette petite rougeur sur la fesse gauche de votre p’tit était peut-être seulement une petite irritation causée par sa couche ou la bactérie mangeuse de chair. Vous n’avez pas pris de chance.

Stalkez sur Facebook

Attrapez votre téléphone et enfermez-vous dans la salle de bain pour quelques minutes de « me time ». Pendant que votre p’tit varge comme Jack Torrence dans la porte, scrollez comme un déchaîné sur Facebook et stalkez vos anciennes connaissances du secondaire. Trouvez rapidement une photo glamour de votre ancienne copine Mélanie, celle assise tout près de vous dans le cours de Géographie où elle apparaît mince et heureuse. Réalisez qu’elle semble être dans un bar branché avec Katherine Levac et Claude Bégin, riant aux éclats tout en se touchant la gorge de façon suggestive, verre de champagne dans une main. Fermez rapidement votre téléphone avant d’écrire un commentaire passif/agressif.

Mangez

Alors que le p’tit est en train de convulser de rage en étalant de la morve/bave/larmes sur votre porte-patio, dirigez-vous discrètement dans la salle de bain et ouvrez l’armoire à pharmacie. C’est ici que vous devriez cacher vos cochonneries. Enfilez vous trois, quatre palettes de chocolat ou une pleine poignée de M&M’s en cachette. L’interdit est presque orgasmique. Mais grouillez-vous et surveillez toujours la porte, car il n’y a rien de pire que d’avoir la bouche pleine d’Oreos et de voir retontir votre p’tit. Ou votre mari.

Buvez

C’est inévitable, mais la meilleure solution est souvent la plus simple. Ouvrez une bouteille, prenez un contenant quelconque qui est semi-propre et buvez, adossé au comptoir avec votre téléphone dans l’autre main. En prime! Envoyez des textos furieux à votre époux comme: « Es-tu encore à la job? » « Demain tu prends congé de ta job ou j’crève les pneus de ton char. » « J’m’en fou que tu aies une maîtresse, ramène-la à la maison qu’elle s’occupe des enfants le temps que j’me lave la tête. »

 

Dada Blaise

Partagez cet article avec les parents qui vivent ces crises. Ils sont nombreux. Ne les laisser pas dans le besoin.

Merci P’pa!

C’est le mois de juin, les pissenlits ont r’virés en mottons poilus, les shorts se font plus courts, la rhubarbe est prête, les jeunes se peuvent plus d’être à l’école (les profs non plus d’ailleurs) et le hockey est enfin terminé. Ça ne veut dire qu’une chose: la fête des Pères approche. La fête des Pères, si on la compare à la fête des Mères, c’est un peu comme la Claudette Dion du calendrier, c’est à dire qu’elle essaye ben fort d’avoir de l’importance, mais elle arrive pas à surpasser sa sœur. Un père, tout le monde le sait, ça n’a pas d’émotions, ça tient pas tant que ça à se faire fêter, ça grogne, chiale parce que quelqu’un a laissé les lumières allumés pis ça s’endort devant la télévision en un temps record.

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Heille, change pas de poste, j’regardais mon émission.

Il se trouve que j’ai également grandi sous la supervision d’un père. Un vrai de vrai comme qu’on dit. Pis, of course, mon papa, ben j’l’aime gros comme le ciel, même si il m’a fait roulé des yeux cinquante six mille fois avec ses histoires interminables et m’a fait honte devant la populace entière. Mon père c’est le crème de la crème des pères, parce qu’il était capable de faire des crêpes en forme de Lucky Luke, inventer des chansons su’l fly, me faire marcher sur ses pieds comme un géant, m’amener manger une p’tite patate frite full vinaigre, m’amener à foire agricole de Saint-Hyacinthe essayer les manèges chambralants et rouillés opérés par des ex-prisonniers tatoués parce que c’était mon plus gros thrill de mon été, m’amener au Servidéo louer des films à tous les weekends, parce que j’avais pas de vie sociale apparemment, pis me montrer à conduire (et me traumatiser du même coup).

J’ai dit merci à ma mère, pis comme j’suis autant téteux pour un comme pour l’autre, et pis que j’veux pas que mon père soit jaloux, c’est à son tour de se faire humilier remercier.

POUR TOI PAPA:

 

Merci p’pa…

…de ne pas m’avoir forcé à faire du sport. J’le sais que tu avais peut=être des grands espoirs que j’sois le prochain Wayne Gretzky ou Lloyd Eisler (c’tu un joueur de hockey ça?), pis que quand on m’a mis sur la glace j’me suis effouaré en braillant, mais t’as jamais insisté pour que je continue. Tu m’as jamais fait sentir cheap ou nul parce que j’m’intéressais pas aux sports ou que j’voulais pas écouter la soirée du hockey. À place tu m’traînais à mes cours de gymnastiques, parce que oui, il fut une époque où j’pouvais fait des pirouettes sur une poutre, me mettre les jambes par dessus la tête et faire des roues sans main. C’était pas le sport le plus viril, mais j’ai quand même gagné mes p’tits rubans bleus, pis t’étais la pour m’applaudir avec toute la fierté paternelle qui te caractérise.

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Ou j’aurais pu être le futur Felipe Alou, le fameux joueur de soccer.

Merci p’pa…

…de m’avoir appris comment charmer les dames. Oui, je sais, tu pensais pas que je te remercierais pour ça, mais sans fausse modestie, chu pas mal pas pire pour charmer le sexe opposée. Grâce à toi, j’ai appris comment complimenter les madames, les faire sentir belles pis drôles et savoir quoi leur dire pour leur faire plaisir. Même si je vis avec un homme, ce don m’est pas mal utile quand j’veux avoir un plus gros budget scolaire avec ma directrice ou lorsque j’veux une plus grosse portion de frites au restaurant en jasant avec la serveuse. Tu m’as montré comment avoir de l’entregent, avec hommes ou femmes en fait, d’être jasant avec le monde, d’être souriant pis de dire s’il-vous-plait et merci.

Merci p’pa…

…de m’avoir construit plein de patentes à gosses pour m’amuser et transformer notre cours arrière comme un cliché de film américain avec une clôture blanche, une cabane dans les arbres, un vieux pneu dans le saule pleureur, et surtout, LA fucking grosse glissade faite en tôle. Ça tenait par la peur, c’était immense, la tôle était brûlante sous le soleil et nous écorchait les fesses, mais c’était l’attraction de la rue. J’pense que j’ai jamais été aussi populaire que la fois où tu as eu l’idée d’installer le boyau d’arrosage sur la glissade pis qu’on descendait à 90 km/h avant d’atterrir dans le gazon qui nous tailladait les cuisses. Merci papa bricole.

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Glissez les enfants, ça va être l’fun! Wheeeeeeeeeeouuuuuchhhhhh!

Merci p’pa…

…de m’avoir trimbalé à tous les films que je voulais aller voir. Le Petit Monstre 2 (où tes rires empêchaient le reste du monde d’écouter le film), Jurassic Park (4 fois dois-je le mentionner, mais c’tais ben trop bon!), Le Roi Lion (j’avais 14 ans pis mes amis se pensaient trop cool pour aller voir ça, mais DAMN IT, j’y ai été pareil!), etc, etc. Merci aussi de m’avoir amené au cinéma quand j’étais adolescent et d’attendre dans le char comme un codingue pendant que j’avais du fun PG-13. T’étais mon taxi de Saint-Jean-sur-Richelieu jusqu’à la campagne perdu de Saint-Sébastien, pis c’était une tâche ingrate, mais tu l’faisais sans chialer…enfin, presque pas.

Merci p’pa…

…de tout m’avoir appris sur les autos. Je l’sais que je devais pas être facile à cerner comme ti-gars vu que je jouais aux pouliches pis aux princesses, mais t’as quand même voulu m’inculquer tout ton savoir sur les autos. La nettoyer toutes les semaines, la shiner ben comme il faut, laisser le guenille sale proche du moteur pour qu’elle pogne dans la courroie, comment changer un pneu, pis bien reconnaître les différents modèles. Merci d’avoir autant essayer, pis désolé que j’aille pas écouté grand chose. La preuve ultime est quand j’ai du inscrire ma voiture pour le stationnement au Cégep et que lorsqu’on m’a demandé la marque de ma voiture j’ai dit: « Chevrolet », et quand on m’a demandé le modèle j’ai dit: « heu…Chrysler? Ben le char beige que tout le monde a ». #alwaysawkward

Merci p’pa…

…de m’avoir amené vivre à la campagne. Grâce à ça, j’ai appris à faire du cheval, ranger des « bales » de foin dans une grange, tondre le gazon avec un tracteur (tout croche, mais c’pas grave), nourrir des poules et des lapins (pas souvent, mais c’pas grave), pis à travailler su’à terre (le moins possible, mais c’pas grave). J’ai grandi dans la banlieue blanche et verte pour ensuite vivre dans l’odeur de fumier pis les grands espaces et les champs de blé d’inde. C’est comme si j’avais vécu plusieurs vies, pis je t’en remercie. Même si j’étais pas toujours ben vaillant ou le plus viril de la gang, vivre en campagne m’a fait découvrir une facette plus masculine de ma personnalité. Ça m’fait un thrill de savoir que j’suis capable d’être un gars « gars » parfois, pis que j’suis capable d’allumer un feu de camp en crachant pis en rotant en me pognant le paquet.

Merci p’pa…

…de m’avoir transmis ta calvitie. Ma grosse tignasse qui poussait en boule s’amincit à mesure que je vieilli, me permettant ainsi d’avoir moins chaud l’été et me présenter comme député.

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Moi dans 3 mois.

Merci p’pa…

…d’avoir été celui qui participait. T’as toujours été le joueur, celui qui était willing de faire une p’tite partie de cartes avec nous autres, faire le mort dans nos films d’horreur, jouer à Scattergories même si t’hais ça le bruit du buzzer, essayer de jouer au bowling sur la Wii ou ben de faire des mimes pas déchiffrable. Surtout, merci d’avoir toujours voulu nous suivre dans les manèges. Astheure que j’ai un p’tit, j’trouve ça ben plate faire les p’tits avions qui tournent pendant cent mille ans. Mais toi tu l’faisais toujours avec le sourire, entouré d’une bande d’enfants criards et boosté au sucre, alors chapeau papa.

 

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R’gardez-nous donc le sourire Crest de ma soeurette qui vole le show comme d’habitude. Moi j’suis en arrière sur le bord, parce que mon cousin avait trop peur.

Merci p’pa…

…de m’avoir appris à jouer aux cartes, de m’avoir lancé dans les airs pis fait faire toutes sortes d’acrobaties, de m’avoir fait des spectacles de musique à bouche, de m’avoir fait écouter du Félix Leclerc, de m’avoir aidé à nous construire une friggin‘ maison, à moi et ma soeur, de m’avoir appris à nager pis faire de la bicyclette, de m’avoir protéger des extraterrestres quand j’allais me coucher avec toi, de m’avoir endurer pendant ma crise d’adolescent incompris, de m’avoir poussé à aller porter des C.V., d’arrêter au dépanneur à chaque semaine m’acheter mon Safarir, pis finalement, de m’avoir toujours, toujours, toujours serré dans tes bras, peu importe mon âge, peu importe ce qui arrivait. Tu as toujours voulu te démontrer affectueux, pis tu peux pas savoir comment c’était important pour moi que tu le sois. Pour tous tes gros câlins, tous ceux que tu m’as fait quand j’étais jeune et ceux que tu m’as fait pareil même quand je t’ai annoncé que j’étais amoureux d’un garçon, j’te dis merci p’pa. T’es réellement le meilleur père qu’un p’tit gars comme moi pouvait avoir.

 

Mon père c’t’un tendre, fac essuie tes grosses larmes p’pa, mouche ton nez moustachu, pis j’te fini ça avec un p’tit vidéo de tes acteurs préférés, pour te faire plaisir.

 

 

Quand je te demandais d’aller louer un film pis que j’oubliais de spécifier QUEL film, tu r’venais toujours avec ces maudits films-là. Chriss que c’tait plate bon.

 

Dada Blaise

Adventures in Adoptionland, part 3: Ze Boutte Rough!

Adventures in Adoptionland, PART 1: Ze Commencement

Adventures in Adoptionland, PART 2: Petit Pou Contre-Attaque (avec de l’amour!)

Papa pis Dada, dans leur vie « pré-bébé de l’amour », n’avaient pas de gros questionnements quant à leur futur avec des enfants. C’était assez clair que, biologiquement parlant, ça ne serait pas possible d’avoir un enfant, même si on essayait tous les soirs (oh those were the days…). On était pas mal satisfait de notre vie par contre. Vous devez d’ailleurs pouvoir vous l’imaginer: caviar, champagne, sexe dans le hot-tub, couchers de soleil tout rose, glitter, danse dans les clubs et voyages aux Bahamas…Oui, on pouvait voir tout cela à la télévision dans Occupation Double, assis sur notre grand sectionnel blanc immaculé, en mangeant des chips BBQ. Pis un jour on s’est dit: « Heille, me semble que c’est trop propre pis calme chez nous pis qu’on feel pour avoir un p’tit tout mignon à aimer et éduquer qui serait l’équivalent d’avoir à contrôler les dégâts d’un blender pas de couvercle. » Donc oui, comme tous les futurs parents, un m’ment donné, l’envie d’avoir un enfant nous a pogné. Lors des entrevues pré-sélection, l’intervenante adoption nous a demandée pourquoi on en voulait un exactement. Et en effet, c’est LA question non? Pourquoi les parents ont des enfants?  Je sais que si je posais cette question à mes grands-parents ou mes arrières grands-parents, ils me regarderaient avec un air bafoué tout en agrippant leur Reader’s Digest et leur bol de peppermint pour me dire:

« Parce que c’est d’même. »

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« J’suis parti en famille. » « Batince. »

 

Je comprends qu’il y a une part biologique et survie de l’espèce préprogrammée dans nos esprits qui nous pousse à procréer. Je comprends également que pour certains, c’est un désir profond qui ne s’explique pas, qui se vit. Mais une partie de mon cerveau, la partie logique, froide, analytique, se demande pourquoi l’être humain d’aujourd’hui, qui sait comme moi que le monde est dur, cruel, froid, plein de danger, de risque, de mort, décide d’avoir un enfant.

Je sais également que beaucoup se demande pourquoi un couple serait prêt à adopter un enfant comme nous l’avons fait, avec tous les risques, troubles, pleurs et crises que cela comporte. Pourquoi avoir un enfant dans ce cas? Cette question revient souvent pendant l’aventure de l’adoption. Elle est sournoise, sneaky, te réveille en pleine nuit pour te murmurer à l’oreille, te faire douter. Parce que, oh oui, il y a des bouts difficiles. Chrissement difficile même. Tu ne peux pas t’imaginer à quel point c’est dur pour la tête et le cœur, pour tout ce qui fait de toi un être humain sain d’esprit. Mais on passe au travers. Les humains sont résilients de même. On affronte les pires horreurs pis on survit. Et le plus extraordinaire dans tout cela, le p’tit aussi. Il passe des moments difficiles, tristes, déchirants. Mais il s’en sort. La volonté d’un enfant à s’trouver une place dans le monde est grande, impressionnante. Son besoin de s’faire aimer l’est tout autant. Et toutes ces aventures feront alors de ce petit être un superhéros à part entière, comme ses Supers Parents.

Sans plus tarder, voici la suite des aventures de l’adoption, où l’on plonge tête première, avec témérité et un peu de folie, yeux grand ouverts dans toutes les épreuves qui ont tissé notre famille. Encore une fois, tout ceci est MA propre expérience et n’est aucunement représentatif des autres gens qui vivent l’aventure de l’adoption au Québec.

 

SIXIÈME ÉTAPE: ON S’PARTAGE LE BÉBÉ

Donc tu feel le parfait bonheur avec ton p’tit enfant. Oui, il y a eut une période d’adaptation, le p’tit a réagi un peu plus fort que tu t’attendais parfois, mais somme toute, c’est relativement facile. Un beau matin tu reçois un appel de l’intervenante sociale du p’tit qui te rappelle que les visites supervisées vont débuter la semaine suivante. Visites supervisées, tu sais c’est quoi. Tu as été prévenu. C’est des visites qui ont été ordonnées par le juge, celui-la même qui a décidé de placer le p’tit chez vous, même s’il vous a jamais vu de sa sainte-vie. Tu prends note l’heure et l’adresse de la rencontre, pis tu raccroches. La réalité sonne à la porte et rentre chez vous avec ses grosses bottes sales pis il fouille dans ton intimité sans demander la permission.

Le matin de la visite, tu prépares ton p’tit. Tu sors la grosse poche qu’on t’avait donnée quand tu as été le chercher, celle que tu as mise au fin fond d’un garde-robe pour ne plus y penser. Une poche remplie de trucs qui appartient à la maman biologique de ton p’tit. La Bio. C’est d’même que tu vas l’appeler à présent. Elle devient une entité qui reste et plane dans ta vie, un fantôme que tu ne pourras pas chasser facilement. Tu farfouilles dans les trucs et la désolation te serre le cœur. Les maigres affaires de la Bio se résument à un sac à couche, des jouets, des trucs de bébé et du linge trop petit. Tu pognes le sac à couche, une suce et un chapeau que tu trouves pas beau mais que tu prends pareil, question de montrer à la Bio tes bonnes intentions. Tu prépares les bouteilles de lait, ta propre suce, ta doudou, couches et tous les trucs indispensables dans ton propre sac à couche. Tu pars avec bébé dans sa coquille et deux sacs à couche ben chargés d’émotions différentes.

C’est avec appréhension que tu dois donc te rendre dans une autre ville que la tienne, ton p’tit dans sa coquille ben endormi. Première épreuve, ton GPS t’amène en plein milieu d’un champ et tu appelles en panique au Centre Jeunesse pour dire que tu vas être en retard. So far so good. Tu arrives enfin et tu entres dans un petit bâtiment adjacent à une école délabrée. C’est gris, c’est petit, c’est sombre, c’est super. Il y a des affiches de chat dans un pot de fleur (Hang in There) et des enfants qui sourient. Tu t’annonces à la secrétaire, tu signes un papier et tu attends dans la salle d’attente, ton cœur une fraction de ce qu’il peut être tellement tu es nerveux. Tu t’excuses pour le retard. Ce n’est pas bien grave, la Bio est également en retard. Par contre ce retard occasionne une rencontre entre vous deux qui n’était pas prévue, le principe étant que la Bio attende dans la salle et que l’intervenante amène le bébé elle-même. Bang. Face à face avec la Bio. Ici tu vas vivre la relation le plus étrange, houleuse et torturée de ta vie. La Bio est à la fois ta pire ennemie, ta fan incontestée, ton amie, ton cauchemar, ta rivale et ta raison de te sentir coupable. Elle est comme tu te l’es imaginé. Jeune, horriblement jeune, et pauvre. On ne peut pas passer à côté. Elle est comme un cliché dans sa robe trouée et ses cheveux gras et tu te sens affreusement mal et décadent avec tes sandales Puma et ton chandail Ralph Lauren La Bio te fait un sourire rapide et va s’asseoir. Giga malaise. Tu as son bébé avec toi, c’est SON bébé. Une voix te le répète sans cesse dans ta tête, nasillarde pis un peu bitchy. Ce n’est pas ton bébé. Comme tu es fin et aimes plaire aux gens par tous les moyens, tu lui demandes si elle veut le prendre. Elle dit que oui, gênée.

Elle se penche et pogne la coquille et parle avec une p’tite voix au bébé. Toi t’es clairement pas à ta place. L’intervenante arrive, une jeune poupounette qui a clairement terminé ses études la veille. Elle arrive, trépidante de bonne humeur, se présente et indique à la Bio qu’il est temps pour la visite avec la joie d’une cheerleader. Un peu plus pis tu te créerais en camp de vacances. La Bio n’a de yeux que pour le bébé. Tu lui donnes son sac à couche. À ce moment, tu l’haïs la Bio. Tu l’haïs comme jamais t’a haïs quelqu’un. L’amour de ta vie, ce p’tit bébé qu’on vient de te donner est en train de te filer entre les doigts. Pis ta haine part subitement, parce que tu la regardes partir cette pauvre fille-là, pis tu comprends. Tu comprends qu’elle a pas demandé à être comme elle est, à vivre ce qu’elle vit. C’est une fille qui a pas pigé le bon numéro dans l’jeu de la vie, pis sa réalité est à des kilomètres de la tienne. C’est comme se retrouver en présence d’un extraterrestre, son monde est tellement différent du tiens que tu ne peux pas t’imaginer comment elle pense ou qu’est-ce qui la pousse à agir. Tu ne peux pas te permettre de la juger car tu n’as aucune idée qu’est-ce que c’est vivre sa vie. Alors tu te fermes la trappe, ben humble, ben terrifié, ben p’tit dans tes culottes. L’intervenante, la Bio et le p’tit dans les bras partent pour la salle. Toi, tu restes comme un codingue dans la salle d’attente. Ici, plusieurs options s’offrent à toi:

  1. Quitter et aller manger tes émotions dans un snack-bar douteux que tu as vu à deux coins de rue d’ici.
  2. Quitter et aller dépenser tes émotions au centre d’achat de la ville.
  3. Quitter et aller brailler dans le char en écoutant Adele en boucle.
  4. Attendre dans la salle d’attente et lire les magazines Sept Jours circa 1996 avec Céline sur le cover, les nerfs en boule, l’oreille tendu pour le moindre pleur.

Comme Dada est pragmatique, il a déjà son muffin pépites de chocolat et émotions trop intenses avec lui, qu’il dévore dans le temps de dire « adieu taille semi-mince ». C’est ici que Dada va attendre pendant 1 heure et 30 minutes à chaque fois, avec la petite secrétaire sympathique qui comprend son malheur, mais qui ne peut rien faire juste de l’autre côté de son plexiglast. Après ce long laps de temps, la Bio et l’intervenante reviennent avec le p’tit. À chaque fois Dada se dis, ça y est, il va parler et va dire tout haut: « J’veux repartir avec elle! C’est elle ma mère! ». Mais le p’tit, qui n’est pas capable de saisir les objets encore, reste dans sa coquille, bien sage. La Bio lui fait un gros bisou et lui parle et n’arrête pas de dire qu’elle l’aime, ce qui est son droit, mais Dada, comme un enfant boudeur, veut lui interdire ces mots. Mais il est maintenant un adulte mature, alors Dada sourit même si son cœur se fend en mille morceaux, parce qu’il comprend la peine de cette fille-là, il comprend l’amour qu’elle veut lui donner. Il comprend que cet enfant-là est aimé par beaucoup de monde, pis que chacun veut qu’il lui redonne son amour. C’t’enfant-là va devoir être partagé entre plusieurs parents, pis il a à peine 3 mois.

La Bio quitte, penaude et ton cœur se resserre plus fort, te faisant réaliser que oui, il est possible que tu feel encore plus cheap qu’avant! Isn’t this great? Ensuite, tu placotes rapidement avec l’intervenante, tu cherches les détails sordides. Est-ce que ça bien été, ton bébé a-t-il pleuré à en fendre l’âme tout le long, est-ce qu’il a bu son lait, est-ce qu’il la regardait, est-ce qu’elle va être apte à le reprendre? L’intervenante te sourit et essaye de te rassurer, mais elle ne peut pas dire grand-chose. Elle te dit que c’était correct, débrouille-toi pour déchiffrer ça comme tu veux. Tu dois donc refaire la grande route jusque chez toi, ton bébé dormant paisiblement derrière, tes convictions et ta vision des chose fracassées au-delà des réparations. Toi tu repars dans ton char qui shine la richesse pis la Bio repart sur sa bicyclette rouillée. Tu gagnes, tu l’sais. C’est toi qui a le bébé pis le beau char, pis elle, elle a rien. Fac pourquoi tu te sens aussi mal?

Et n’oublie pas qu’une fois chez toi, tu dois être comme Mary Poppins et être aimant, doux, chanter, faire voler les objets et faire de la claquette. Qui plus es, tu dois continuer d’épater la galerie, amuser la visite, faire le souper, le ménage, pis avoir du dirty sex sur le comptoir de la salle de bain. Donc ça se peut que, parfois, tu manges tes émotions, tu bois ta peine ou tu dis à ta tendre moitié, sacre-moi patience. Ou tu peux faire comme moi et engueuler n’importe qui.

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SEPTIÈME ÉTAPE: STRAIGHT TO HELL AND BACK

Si tout ça paraît morose et soul crushing difficile, ben ça l’est! Parfois ça coule comme l’eau su’l dos d’un canard, c’est-à-dire que le p’tit réagi pas vraiment, mis à part qu’il est fatigué. Pis d’autre fois, le p’tit braille et braille sans arrêt suite aux visites. Non, non. Pas comme le tiens Il BRAILLE comprends-tu? Braille sa vie. Plus il vieilli, pire c’est. Plus il passe du temps chez vous, pire c’est. Les visites continuent, elle n’arrête pas. Ton p’tit est de plus en plus attaché à toi. Tu te rappelles la période cocooning? Ben c’est à ça que ça sert. À te rendre exclusif au p’tit. C’est dur pour tout le monde, ta famille pis ton conjoint, parce que tu deviens indispensable au p’tit. Mais c’est le but. Ton p’tit va se consoler uniquement dans TES bras, il va boire son lait uniquement dans TES bras, il va s’endormir uniquement dans TES bras. T’as voulu connaître la parentalité, vis là astheure! Nonstop!

Les visites supervisées vont venir gérer ta vie. Elles reviennent encore et toujours, réglées comme un tour d’horloge. Certains les vivent 3 fois semaines, d’autres aux mois. La durée et la fréquence changent selon les cas. Ce n’est jamais le même jour, ça change constamment. Tu pensais que t’avais connu la peur pis l’angoisse parce que t’as écouté The Exorcist avec ton cousin tout seul dans une maison noire en pleine campagne pendant que vos parents étaient en vacances? T’as rien vu mon poulet.

 

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« On as-tu barré la porte en bas? » « J’sais pas. » « Va voir toi. » « Fuck that. »

 

Dada continu vaillamment de se rendre aux visites, comme s’il avait le choix. Il continue de tendre son p’tit vers l’intervenante. Parfois il croise la Bio, parfois non. Elle aime lui parler après les visites, lui donner des conseils. Elle n’aime pas la doudou ou la suce que Dada donne au p’tit. Elle veut sa doudou ou les vêtements qu’elle avait au départ. Il voudrait faire plaisir, mais sa doudou pue la misère et ses vêtements sont trop petits. Il aimerait passer par-dessus ça, mais il est pas capable, parce qu’il est trop impliqué, juvénile et blessé. Pourtant la Bio a encore plein pouvoir sur certaines décisions dans la vie de bébé. Elle choisit s’il peut ou non aller en vacances hors du pays avec sa famille d’accueil. Elle peut choisir ou non si Papa pis Dada peuvent couper les cheveux du p’tit. Elle refuse presque tout. Pas pour être méchante ou bitch, seulement parce que c’est là les dernières parcelles de sa parentalité. C’est sa dernière emprise sur son enfant, pis elle le veut, comme toute mère au monde.

Les visites vont de pire en pire. Le p’tit, qui a 4 mois, pis 5 mois, pis 6 mois, hurle aussitôt qu’il te quitte. Il n’est pas ben. Il ne veut pas se faire prendre par quelqu’un d’autre et veut surtout pas boire du lait donné par quelqu’un d’autre. Le p’tit veut se faire entendre. Et toi t’es où pendant ce temps-là? Bingo! La salle d’attente, à te ronger les sangs. La secrétaire te fait une face défaite, pis toi tu as le goût casser quelque chose. Il faut respecter l’heure des visites, jusqu’au bout. Ça va de pire en pire, c’est l’enfer. L’horreur. Le p’tit est pu ton p’tit. La visite semble se poursuivre chez vous. Ses réactions prennent de l’ampleur. Ça dure 1 jour, 2 jours, 3 jours. Il braille et ne veut pas que tu le touches. Il braille et veut que tu le prennes. Non non t’a pas compris, décode son humeur tout de suite, right now, constamment. Sers-le, aime-le, gère-le, prend-le. Garde-le dans tes bras, berce-le. Non arrête pas, même quand tu penses qu’il est correct, arrête pas. Arrête jamais. Genre tu peux pas vraiment aller aux toilettes, parce que le p’tit a peur que tu t’en ailles forever. Voilà l’étendue des visites. Une anxiété pis une peur de l’abandon que tu dois réparer, rabibocher, recoller à chaque coup. À chaque fois. Alors quand une p’tite caissière du IGA te dit: « Il doit avoir des coliques. C’est pour ça qu’il braille de même. », ben tu as le droit de lui hurler: « TA YEULE! ».

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« Ça doit être ses de… » PUNCH!

 

Pis subitement, alors que tu crois virer fou, un ange arrive. La divine nouvelle intervenante, la kickass intervenante, la bénit entre toutes. Celle qui va te poser une main sur l’épaule pis te dire: « C’correct. On va penser au p’tit en premier dans cette histoire-là. »

Ici je prends un moment pour vous dire que ce n’est pas comme ça pour chacun. Certains ont des histoires d’horreur et d’incompréhension avec leur intervenante. Mais un peu de positif, ça fait du bien parfois.

Donc l’intervenante vous sauve la vie, littéralement, sauve votre couple, votre famille, toute. Un nouveau jugement est décrété par un autre juge, les visites tombent à une fois par mois et l’intervenante mets en place un système pour votre p’tit. Finis les crises interminables, fini l’incertitude. Maintenant on le laisse plus pleurer. Maintenant on lui donne une chance.

J’ai mis beaucoup de temps à écrire cette suite de notre aventure adoption, car effectivement, c’est un boutte extrêmement difficile et surtout, pas très drôle. Mon but avec ce blogue est de vous faire découvrir les facettes comiques de l’adoption et la parentalité en général, donc il m’a été difficile de trouver le drôle dans cette partie de mon récit. Malgré tout, j’ai fait de mon mieux. Et ça m’a fait revivre l’entière gamme des émotions qui accompagnaient chacune de ces visites. Donc j’ai du boire quelques coupes de vin et me suis bercé en pleurant, comme dans l’temps. Ah doux souvenir.

Malgré tout, en revisitant ces moments sombres, j’ai compris pourquoi on voulait avoir un enfant. C’est illogique, ça ne fait pas de sens de vouloir souffrir autant pour un être, que ce soit l’accouchement ou des visites de ce genre. Oui, du point de vue logique, ça ne fait aucun sens, mais les meilleures choses en ce monde sont illogiques, comme l’amour inconditionnel qu’on porte à quelqu’un. C’est ça être parent. Et la preuve ultime est que malgré toutes les épreuves, Papa pis Dada sont en liste pour un deuxième projet d’adoption. C’est ti pas merveilleux, l’être humain?

Ne manquez pas la suite et fin de la saga, Adventures in Adoptionland: Papa pis Dada pis le P’tit, Forever. À paraître quand ça va me tenter.

 

Dada Blaise

Faites comme mon p’tit et « partagez » cet article avec vos amis, c’est-à-dire donnez l’auto verte rouillée qui lui manque une porte à l’autre ami et gardez le reste pour vous.

 

 

 

 

 

 

 

10 Choses que j’adore de mon enfant

J’ai commencé ce blogue avec un article qui s’intitulait 10 Choses Que Je Déteste De Mon Enfant.

La plupart des gens ont rapidement compris que cet article n’était pas une hate list en fin de compte, mais bel et bien un billet pour expliquer comment l’arrivée de mon p’tit avait changé ma vie de toutes les façons possibles, et ce pour le mieux.

Pourtant, maintenant que j’ai de plus en plus de gens qui me lisent (9000 visiteurs, WTF, heu j’capote!!), j’ai commencé à avoir des commentaires et des questionnements à savoir si je me sens bien, si je suis capable de trouver du positif dans ma vie, si j’aime réellement mon enfant et si j’ai besoin de parler à quelqu’un. Afin de vous prouver à vous tous inconnus d’Internet que j’adore soudainement pour cette sensation incroyable que vous me donnez tous les jours à savoir que quelqu’un ait lu et aimés ce que j’ai écrit, voici donc 10 choses que j’adore de mon enfant.

C’est un peu plus doux et émotif que d’habitude, mais j’feel doux et émotif ces temps-ci, so sue me!

1 – Sa personnalité

Ce p’tit-là est incroyablement intelligent et drôle, férocement têtu, et ne se laisse pas marcher sur les pieds. Ce p’tit-là est théâtral et un vrai entertainer. Ce p’tit-là me fait capoter. Les gens nous disent souvent que Petit Pou ressemble physiquement à mon conjoint. Et c’est vrai, aussi étrange que cela puisse paraître. Il a ses traits, ses yeux, sa carrure, son visage. De mon côté, je commence à voir des traces de ma propre personnalité en lui. Il a mauvais caractère, aime faire rire, est extrêmement sensible, a peur de la lune et aime les belles choses. C’est ti pas incroyable? La nature fait sa job et ce p’tit-là évolue avec ses parents, son Papa pis son Dada, apprend d’eux, deviens comme eux. Et c’est quelque chose de magique, au-delà des liens de sang, de code génétique, de comportement préétablie dans l’ADN et autre truc du genre. Ce p’tit-là est véritablement notre p’tit, juste à nous.

2 – Sa p’tite face

Mon p’tit vient d’avoir 3 ans et a toujours sa p’tite baby face. Elle est ronde et chubby et sans prétentions ou mensonges. Pas de bullshit. Il est heureux ou triste et on le sait tout de suite. Il se presse contre ta tête et te regarde de ton son être avec ses grands yeux. Ses yeux sont bleus. Pas un bleu fade ou grisonnant. Non. Un bleu clair, un bleu de ciel, un bleu de possibilité, de vertige. Un bleu comme le bleu des yeux de Papa pis Dada. Un autre signe que la vie est ben fait.

3 – Son rire

L’autre jour je le chatouillais avec intensité et il riait de bon cœur. Un p’tit rire énergique et sincère qui résonnait dans la pièce, un son qui s’accrochait dans les rideaux et qui allait se lover dans les couvertes. Quelque chose d’intemporel, qui resterait pour toujours dans cette pièce-là, imprégné sur nous deux, dans nos mémoires. C’est un rire pour les années à venir, un rire d’enfance, un rire qui fait brailler tellement c’est beau. C’est le plus beau son au monde.

4 – Sa voix

Je rectifie. Le plus beau son au monde, c’est d’entendre la voix de son p’tit qui te dit: « Dada ». Une voix qui te confirme chaque jour que ce que tu vis est réel. Ça t’arrive pour de vrai, c’est pas un rêve ou une belle histoire que tu t’inventes. T’as un p’tit, pour vrai.

5 – Son imagination

Il est capable de faire les pouvoirs de la glace face à un coussin qui est en fait un lion féroce. Il peut me cuisiner du poulet, des concombres et un verre d’eau avec de l’air. Il chasse les Gigantosaures avec son canon laser et sa doudou sur la tête. Il roule, saute, cri, cour, culbute. Il invente des mondes et merveilles, par delà les mots et les sensations qui l’habitent. Il est pareil à moi quand j’étais jeune. Ensemble, on va pouvoir s’inventer mille autres nouvelles aventures, mille autres nouvelles histoires.

6 – Sa sensibilité

Il peut crier à en fracasser les miroirs et les fenêtres quand il est en colère ou qu’il n’a pas ce qu’il veut, mais ce p’tit-là va venir te consoler et t’embrasser en moins de deux pour que tu ailles mieux aussitôt que tu en as besoin. Demander au chien à quel point il se fait bécoter et caresser parce qu’il s’est fait bobo. Ce p’tit-là adore les bébés, il passerait sa vie à les embrasser et caresser. Ce p’tit-là a une empathie qui m’arrive à la cheville. Ce p’tit-là a le coeur sur la main.

 7 – Son fun

Ce p’tit-là aime jouer. Il aime jouer avec ses parents. Il aime rire avec nous autres. Il trippe à aller au parc ou à chanter l’alphabet le plus vite qu’il peut. Avec lui j’peux revivre les cent milles p’tits bonheurs qui peuplaient mon enfance. Avec lui j’peux me rouler par terre et jouer aux Playmobil. J’peux aller me balancer ou faire voler un cerf-volant. J’peux oublier un p’tit temps que j’ai dépassé trente ans. Avec lui j’suis p’tit encore. Son fun est mon fun.

8 – Ses câlins

Quand ce p’tit-là t’enserre de ses p’tits bras du plus fort qu’il le peut en te murmurant « t’aime fort Dada », ton cœur gonfle et gonfle, parce que toutes tes émotions s’entassent les unes après les autres. Un câlin de mon p’tit gars, ça me rend heureux et ému, et triste et nostalgique, et fier et terrifié. Un câlin contient toute la complexité de mon amour pour ce p’tit-là.

9 – Son courage

Ce p’tit-là a vécu des choses invivables. Une séparation à fendre l’âme. Des terreurs qu’aucun enfant ne devrait vivre. Ça a fait de lui un p’tit être unique, hypersensible, anxieux. Ça fait de lui un p’tit qui a pris du temps à marcher, à parler, à s’attacher. Il est comme un p’tit chiot terrifié qui veut qu’on le protège ou comme chat sauvage qui griffe, crache et mord. Moi j’ai tout vécu ça avec lui. Ça n’a pas été facile. Des fois j’ai crié aussi, j’ai perdu patience, j’ai perdu quelques manches. J’me suis senti comme le pire parent sur la planète. Pis lui il est resté. Lui il a pas abandonné la game. Il l’a fait jusqu’au bout, à coup de griffe pis de pleur pis d’effort pis de câlin. Je serai toujours en pâmoison devant sa ténacité à s’faire sa place dans ce monde.

10 – Lui

Mon p’tit a fêté ses 3 ans en février. Et ce week-end, le 28 mai exactement, cela fait 3 ans de ça, nous avons été le chercher dans sa famille d’accueil temporaire. Il était tout petit, un peu amorphe, un peu perdu. Mais ses yeux étaient vifs, il observait. Il analysait avec intensité. Je l’ai pris dans mes bras pis on s’est regardés l’un l’autre dans une cuisine inconnue, dans une maison inconnue. Mon chum était à côté de nous. Notre famille se formait à ce moment précis. C’était assez rapide, un instant pis ma vie changeait, se transformait. On l’a ramené chez nous et mon chum est parti aller faire des commissions, me laissant seul avec ce p’tit-là. Je l’ai assis sur mes genoux, dans mon lit, pis c’est la que c’est arrivé. Je l’ai senti, cette mystérieuse et mystique connexion qui existe entre un parent et son bébé, ce qu’on entend un peu partout, quelque chose que tu ne peux pas expliquer clairement, quelque chose qui est ben secret juste entre nous deux. Une reconnaissance mutuelle. Moi j’suis ton Dada. Toi t’es mon p’tit. Depuis ce temps-là, on s’lâche pas. Pis on s’lâchera jamais.

 

Donc j’t’aime Petit Pou. De dire que tu es la meilleure chose qui me soit arrivée est la sous-déclaration de ma vie.

Dada Blaise, pour toujours

Une matinée avec le p’tit

 

Beaucoup a été dit sur les bienfaits d’être un lève-tôt. Fouillez su’l Net et vous trouverez 56 017 articles qui expliquent en long et en large comment les personnes qui se lèvent en même temps que le soleil sont plus proactif, ont de meilleurs résultats à l’école, sont plus heureux, peuvent transformer l’eau en vin et ont plus de chance de devenir PDG d’une grosse entreprise. Autrefois, j’étais une de ces personnes. J’aimais me lever tôt. Mais j’ai eu un enfant et j’ai appris qu’est-ce que c’était le sens du mot « tôt ». Et le sens du mot « têtu ». Mon p’tit adore le soleil, semble-t-il, et aime se lever en même temps que lui. Et là partez pas en peur avec vos cinquante millions de trucs pour qu’il reste couché plus longtemps. Matante Suzie me les a déjà dit, mais j’ai des principes et je ne crois pas que donner une shot de gin à mon garçon de 3 ans est tout indiqué afin qu’il dorme plus tard le matin. De toute façon, les trucs de Matante Suzie ne fonctionnent pas pour endormir notre p’tit.

Encore une fois j’ouvre grandes les portes de mon intimité et vous partage l’horaire de notre « matin ». Note: le matin débute relativement tôt chez nous.

 

1h01.       Toute la maisonnée dort à point fermé sous la lumière bleutée de la lune paisible. Subitement, le voisin de Papa pis Dada a une envie soudaine et pressante de démonter sa piscine hors terre. Vite, il sort dehors et se met à la besogne. Il utilise deux outils: une massue et la discrétion d’une jeune universitaire qui rentre chez elle saoule à 3hres du matin. Les raclements de métal et les coups tonitruants, étrangement, réveillent tout le monde dans la maison.

1h03.      Le p’tit est terrifié et Dada se lève pour aller le consoler. Les cris du p’tit doublent d’intensité lorsqu’il aperçoit que Dada n’a pas de pantalon. Dada va s’habiller et reviens, ayant ainsi traumatisé son enfant à tout jamais.

1h04.     Pendant ce temps, Papa se lève et pense à la dernière minute d’enfiler quelque chose, puis il sort sur le perron. Il salue le voisin d’un viril « heille gros épais » et lui demande gentiment d’arrêter de varger comme un malade en pleine nuit. Le voisin se confond en excuse et réalise qu’effectivement, il fait noir dehors. Il retourne à l’intérieur.

1h30.     Tout le monde se recouche et s’endort relativement vite. Sauf Dada qui gosse sur  Pinterest pour trouver une idée de bricolage qui occupe un enfant de 3 ans pendant 4 heures d’affilée.

2h00.     Dada, de fil en aiguille, est maintenant en train de lire des histoires d’horreur de gens qui affirment s’être fait enlever par des extraterrestres en pleine nuit. Bravo.

3h02.      Dada s’endort en position fœtale, terrifié et se traitant d’innocent d’avoir lu ces histoires.

3h33.       Le p’tit se réveille brusquement et fait son chemin discrètement vers la chambre de Papa pis Dada. Au lieu de hurler son habituel chant mélodieux, il utilise sa nouvelle technique préférée: « J’me plante à côté du lit et je te fixe comme un creepy little silent demon. ». Dada se réveille et passe proche d’y sacrer un coup de poing tellement il fait le saut.

3h35        Dada passe un bon 2 minutes à se demander si c’est bel et bien son enfant et non pas Mac, du film Mac et Moi, qui est venu l’attaquer.

 

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Chriss de film…R’garde moi ça?! WTF!? Pis c’était censé être un film pour enfant? Fuck you Super Écran 1988, tu as gâché mes nuits!

 

3h39.       Dada ramène le p’tit qui est plus ou moins d’accord d’aller se recoucher et le fait savoir avec de subtils commentaires comme: « pas gentil », « pas dodo », « noooooooonnnnn » et « tu vas connaître toute la puissance de ma colère » avec une voix d’outre-tombe.

3h44.       Le p’tit boude à côté de son lit, refusant catégoriquement de se recoucher. Dada s’effouare dans la chaise berçante et se berce tout seul.

3h45.       Dada passe proche de s’endormir, ce qui insulte le p’tit. Il hurle qu’il veut se coucher. Dada couche le p’tit.

3h47.       Le p’tit affirme qu’il a peur et réclame un câlin. Dada en fait un.

3h48.       Le p’tit veut un bisou. Dada en donne un.

3h49.       Le p’tit veut sa doudou. Dada lui donne.

3h50.        Non, la doudou doit aller SUR sa tête. Dada place la doudou.

3h51.         Le p’tit veut son toutou. Lequel? À Dada de savoir par le biais du langage télépathique qu’offre le p’tit.

3h52.         Dada donne le toutou lapin, ce qui n’était clairement pas le bon choix. Le lapin revole dans le couloir.

3h53.         Dada menace d’amener les toutous faire dodo avec lui ou les mettre dans les vidanges si le p’tit se décide pas. Le p’tit affirme qu’il n’a JAMAIS voulu de toutou. Dada se demande si on peut faire une crise de coeur tellement on est en esti

3h55.        Le p’tit veut une gorgée d’eau. Dada passe proche de lui lancer le verre au visage, mais il se rappelle qu’on est pas dans Les Fleurs sur la Neige, donc il donne une gorgée d’eau à son enfant.

3h56.       Le p’tit refuse de s’endormir seul. Dada, abandonnant toutes prétentions qu’il a le dessus sur la situation, s’installe à côté de son p’tit.

3h59.      Le p’tit pète sa coche violemment parce que clairement, Dada n’a pas compris le message. Il veut dormir SEUL dans son lit, mais Dada doit tout de même rester tout près.

4h.      Dada s’agenouille près du lit et dépose sa tête sur le bord en une position ultra comfortable. Il aimerait bien dormir, mais les 45 000 lumières et veilleuses qui éclairent la pièce avec une puissance équivalant d’un followspot de l’Olymia l’empêche de dormir.

4h06.      Le p’tit chante l’alphabet en chuchotant. Dada contemple l’idée d’acheter un billet pour la Floride pour une semaine, seul.

4h08.      Le p’tit s’endort subitement après le « T ». Rapidement, Dada retourne dans son lit tout en riant/pleurant.

4h09.      Papa a profité de l’absence de son conjoint pour dormir en diagonale. Comme il mesure 6’2 et est bâtit comme un bucheron, il ne reste pas grand place. Dada qui ne trouve plus aucune trace de patience en son corps, intime « gentiment » son conjoint de se tasser parce qu’il prend toute l’esti de place.

5h32.     Rise and shine motherfuckers! Les premiers rayons de soleil se pointent le bout du nez et le p’tit se réveille frais comme une rose.

5h34.      Le p’tit court vers la chambre de ses parents en hurlant « C’est le matin! ». Papa pis Dada jouent au jeu de « Qui peut faire semblant qu’il dort le plus longtemps avant que l’autre réagisse ». C’est Dada qui gagne, principalement parce qu’il a fait du théâtre au secondaire, donc il est un EXCELLENT acteur.

5h32.      Papa marmonne quelque chose et le p’tit encourage son père à parler clairement en s’approchant à deux pouces de sa face et en lui agrippant les joues.

5h37.     Papa explique que c’est encore la nuit. Le p’tit explique que non, c’est le matin, il y a le soleil dumbass. Devant une telle logique implacable, Papa ravale ses arguments et quelques gros mots et redirige subtilement son enfant vers sa chambre. Papa remarque alors par la fenêtre du salon qu’une voiture est stationnée juste devant la maison. Alors qu’il tient la main du p’tit, il scrute attentivement la voiture, parce qu’il est du genre scèneux et belette un peu sur les bords.

5h40.     Pas de doute, il y a bel et bien un couple de jeunes collégiens qui forniquent à bouche que veux-tu dans la voiture stationné devant la maison. On peut même entendre les grincements de chucks et le klaxon qui résonne lorsque la collégienne presse ses gros seins contre le volant. Oups, I’m so clumsy!

5h41.      Le p’tit demande quel était ce bruit. Papa entraîne le p’tit dans sa chambre.

5h47.     Le p’tit a « accepté » de se recoucher dans son lit, après beaucoup de persuasions. Papa s’installe dans la chaise berçante.

5h48,     Le p’tit fixe son cadran GRO-CLOCK et a décidé qu’il allait annoncer chaque changement d’heure à son père.

5h49.     « Papa! », jubile le p’tit, « 5, 4, 9! ».

5h50.     « Papa! », s’exclame le p’tit, « 5, 5, 0! »

Le p’tit répète ainsi jusqu’à plus soif.

6h03.      « Papa! », s’exulte le p’tit, « 6, 0, 3! »

6h04.       Papa a découvert qu’il était capable de dormir les yeux ouverts. Le p’tit arrête de compter et cherche un autre moyen pour énerver son père.

6h12.       Après avoir entendu son nom répété 54 fois, Papa se lève. Le p’tit également, en imitant le cri du gorille. Papa à déjà hâte d’avoir un deuxième enfant.

6h15.      Le p’tit refuse d’aller à la toilette, alors Papa lui demande d’attendre dans la cuisine.

6h17.     Le p’tit surgit dans la salle de bain, car il semble avoir compris que Papa voulait un auditoire. Il s’approche le plus près possible de son père et le complimente sur la force de son jet. La maison de Papa pis Dada regorge de bons compliments comme ceci.

6h23.     C’est le temps de déjeuner! Le p’tit veut une toast et semble horrifié quand Papa lui propose de manger autre chose pour une fois. Le p’tit explique qu’il veut une toast et également qu’elle soit découpée en forme de Zuma dans PatPatrouille. Le p’tit fini avec une rôtie au beurre d’arachide et un « là c’est la toast ou rien, correct? ».

6h25.     Le p’tit mange allègrement et est heureux. Papa pleure silencieusement dans son café.

6h30.     Dada se réveille et sort de la chambre. La lumière semble soudainement plus scintillante et on entend du Pucini en background. Les voisins se sont rassemblés pour observer ce moment tellement c’est beau à voir.

6h40.    Papa pis Dada mangent en silence. Le p’tit lâche un « maudit soleil! » et ils reconnaissent leur propre caractère maussade en leur fils. Ils sont tous les deux fiers.

7h.         Tout le monde a terminé de manger. Il faut maintenant s’habiller. Kill me now.

7h04.      Le p’tit a du beurre de pinotte et de la confiture dans le nez et les cheveux. Good start!

7h06.      Après avoir couru après son enfant avec une débarbouillette, Dada va choisir les vêtements pour la journée.

7h07.      Yark! Quel choix horrible! Le p’tit lui fait savoir QUELS vêtements il voulait réellement: des jeans rouges et un coton ouaté double épaisseur jaune. Le look Ronald McDonald.

7h08.       Dada tente de mettre les jeans rouge, mais le p’tit s’enfuie dans la maison nu fesses.

7h09.       Dada se dit qu’il chérira ces moments jusqu’à sa mort. Qui risque d’être bientôt avec toute ces montées de pression artérielle.

7h11.         Dada habille le p’tit et se créerait à un match de lutte. Il réalise qu’il vient de faire son cardio pour la semaine juste en habillant le p’tit. Il se récompensera pour ses beaux efforts physiques en s’achetant un Cappuccino glacé en allant travailler.

7h13.         Le p’tit décide que c’est le moment idéal pour sortir le jeu avec cinquante millions de morceaux et de bidules complexes.

7h15.         Oups, la moitié du jeu chriss le camp par terre et les morceaux et figurines roulent partout dans le salon. Le p’tit passe en mode dramatique.

7h18.        Papa pis Dada se fendent en quatre pour trouver tous les foutus morceaux et jurent contre leur ami qui a osé acheter un tel jouet à leur enfant. Ils décident qu’ils se vengeront en achetant un jouet à la musique tonitruante à leur ami lorsqu’il aura un bébé. Le p’tit est toujours en mode dramatique.

7h19.       Papa pis Dada n’ont jamais eut aussi hâte d’aller travailler de leur vie. Le p’tit veut mettre ses bottes de pluie. Whatever.

7h21.        Papa et le p’tit quittent enfin pour la garderie. Tout le monde se fait des câlins et des bisous. Le p’tit veut faire le plus gros câlin du monde à Dada. Il le serre tellement fort qu’il lâche un gros pet. Encore une fois, le pet fait rire tout le monde. #goodparenting

7h23.        Papa pis Dada réalisent qu’on est vendredi et se disent qu’il est nécessaire pour la survie de la famille qu’ils socialisent avec des adultes humains ce soir. Préférablement des adultes qui ont eux-même un enfant ou une télévision qui pourra entertainé le p’tit. Et du vin. Lots of it.

Dada Blaise

La Crise expliquée en 5 étapes

Ah les crises. Voilà ti pas un beau moyen de te scraper un après-midi familial? Le beau temps, le soleil, l’odeur du gazon fraîchement coupé…Fuck that. Le p’tit a décidé de vous faire payer d’être aussi heureux. Aweille la crise.

Je vous apprend rien, une crise, c’est poche. Ça hurle, ça pleure, ça lance des affaires, ça s’effouare par terre, ça te fait honte devant la visite, fun times! Quand c’est ton premier, tu ne sais jamais trop comment agir face à ça. Tu lis des livres, des articles douteux sur le Net, tu demandes au pédiatre, tu demandes même conseil aux fameux « Eux Autres » tellement tu es désespéré. Et pour une fois, la plupart des gens sont d’accord pour te dire une chose: les crises sont un moyen que ton p’tit a trouvé pour te tester. Il veut savoir tes limites et faire de toi sa prison bitch, te faire faire tout ce qu’il veut. C’est le temps de prouver que tu es (gulp!) l’adulte de la situation. Alors la solution est simple: ignore le p’tit. Ignore the shit out of him.

Et cette solution SEMBLE facile à première vue. Pourtant, ignorer une crise n’est pas quelque chose de simple à faire, surtout dans un endroit public. Le masse populaire qui se trouve dans les magasins et restaurants semble toujours réagir de la même manière lorsqu’il voit en enfant en crise dans un endroit public: comme s’il n’avait jamais vu ça de leur vie. Les regards accusateurs et les « ben voyons » se font aller allègrement, quoique tu fasses. Ignorer une crise dans le confort de votre foyer peut être aussi difficile. Les gesticulations et objets lancés sont une chose, les cris et les pleurs incessants sont une autre. Votre mal de tête s’intensifie, votre gros nerf du cou est sur le bord d’exploser et vous noyez votre rage en avalant une brique entière de fromage Velveeta ou en vous enfermant dans votre chambre et hurler calmement dans un oreiller.

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Ou tu peux passer en mode psycho bitch et trancher le tête du toutou de ton p’tit. Tout dépend de ton tempérament.

Avoir un toddler signifie nécessairement que tu auras à vivre une chrisse crise de bacon au moins une fois dans ta vie (ou 134 008 fois, c’est selon). Vous savez ce que c’est ces crises, tout le monde à déjà assisté de près ou de loin à ce genre de crise, surtout si tu oses t’aventurer dans un Wal-Mart dans le temps des Fêtes. Évidemment, il y a toujours une bonne âme charitable et légèrement chiante pour venir te dire qu’est-ce que tu devrais faire pour désamorcer la crise alors que tu es en plein dedans. On te suggère d’apprendre le Mandarin à ton enfant ou le calmer en lui offrant un bon verre d’eau (yes, for real). As-tu déjà tenté de calmer un enfant en crise? C’est l’équivalent de calmer un cheval schizophrène dans une écurie en feu, tu reçois beaucoup de coups et de crachat, pis ton verre d’eau se retrouve calissé à terre bien rapidement. Il est de mon humble avis qu’il est impossible d’éviter les crises, ni même de les arrêter complètement. J’crois qu’il faut que ça sorte de leur p’tit corps, pour faire place à tout ce qui est bon et beau. Les crises, c’est inévitable, comme les dimanches matins à bruncher avec la belle-famille. Par contre, il y a de l’espoir. Après quelques crises, tu commences à discerner un pattern récurrent. La crise est toujours composée des mêmes cinq étapes et bien les connaître aide grandement à passer au travers.

Voici donc une belle liste qui vous indiquera clairement à quelle étape vous êtes rendu et combien de temps il vous reste à souffrir avant la prochaine.

Première étape: Le Déni

Souvent accompagnée du lirage, cette étape commence tout de suite après que le parent ait décidé de ne pas combler le désir du petit, que ce soit de le laisser jouer dans la neige sans mettre ses bottes ou de ne pas avoir voulu couper son sandwich en forme de triangle isocèle (J’viens de les couper en carré de 4cm par 4 cm! Qu’est-ce que tu veux de plus!? Si je les coupe encore il n’y en aura plus de fucking sandwich!).

L’enfant va continuer à s’opposer férocement à tout ce que le parent annonce. Les larmes peuvent couler à flots ainsi que les « mais j’le veuuuuuuuuuuux! ». C’est LUI qui décide et ici les spécialistes vous diront que l’enfant « s’affirme ». Je comprends que l’affirmation de soi et un esprit fort sont des belles qualités pour devenir patron d’une multinationale, mais pour l’instant, shut the fuck up honey.

Cette étape peut être longue, tout dépendant des talents d’acteur de votre enfant et la longueur de sa mèche avant de péter un gasket.

Deuxième étape: La Colère

La grosse colère. L’autobus scolaire (jeu de mots familial ici). Ici, toutes prétentions de civilité prend le bord. Shit gets real. L’enfant comprend que les pleurs ne servent à rien et passe en mode dramatique. C’est l’étape la plus connue, car c’est elle qui est la plus visible. Les cris, les larmes de la haine, les tapes, les convulsions, les coups, les morsures, le feu, le sang qui gicle, tout y passe. Et tout ça en quelques minutes à peine!

L’étape de la colère est impressionnante et vous fera réaliser qu’il n’y a rien de plus fort et dangereux qu’un toddler qui pète sa coche. Votre foi judéo-chrétienne sera subitement remise en question. C’est l’étape la plus difficile à ignorer, surtout en plein Zellers (oui avant il y avait des Zellers, j’suis d’une autre génération moi). Abandonnez votre panier rempli de gogosses inutiles et fuyez vers la voiture. La crise intensifiera sans doute dans le confort de votre automobile, mais vous aurez le champ libre pour vous ploguer les écouteurs de votre iPhone dans les oreilles et écouter à plein volume vos chansons de Coeur de Pirate, cherchant ainsi à noyer les pleurs incessants avec la voix rêveuse de Béatrice.

Cette étape est terriblement longue, car selon la théorie de la relativité du monde des parents, chaque minute passée avec un enfant qui hurle à pleins poumons équivaut à 1 heure.

Troisième étape: Le Marchandage

Afin de reposer ses cordes vocales et vous prouvez que vos êtes en train de perdre la raison, l’enfant changera brusquement de tactique et sera tout miel, tout sucre. Il peut utiliser la technique « J’penche la tête sur le côté avec une petite voix mignonne » pour vous amadouer ou la promesse de « j’vais être gentil ». En bref, le p’tit flirt gros comme le bras pour avoir ce qu’il veut. Après l’horreur de la deuxième étape, la plupart des parents répondent à la demande de façon logique: « tu m’ris-tu en pleine face ciboire? »

Si la réponse fournie ne lui plait pas, l’enfant pourra facilement retourner à la deuxième étape, et ce en quelques millisecondes à peine. La transformation est digne de Dr. Jekyll et Mr. Hyde et c’est ici qu’on peut considérer sérieusement d’appeler le Père Merrin et son eau bénite.

Cette étape est INTERMINABLE et c’est ici que vous préparez mentalement toutes les futures interdictions injustes que vous imposerez à votre enfant quand il sera ado.

Quatrième étape: La Dépression

Cette étape commence lorsque l’enfant a épuisé toutes ses ressources et tous les tours dans son sac. Bien que les cris ont cessé, les larmes et les pleurs peuvent continuer de couler. Il peut également simplement se coucher face première et gémir inlassablement. En ces moments-là, Papa adore chanter : « s’effondre sur l’asphalte, et me laisser mourir! Stone! Le monde est stone! » Le p’tit trouve ça rarement drôle.

Cette étape est la plus difficile, car certains enfants sont des véritables Kate Winslet ou Tom Hanks et leur jeu d’acteur est si puissant de vérité qu’il peut vous arracher des larmes facilement et vous faire flancher. Restez fort. Le p’tit prépare déjà son speech pour les Oscars.

Point positif, l’enfant semble se tanner plus rapidement de pleurer que de crier, donc cette étape est généralement très courte.

Cinquième Étape: L’acceptation

L’enfant comprend votre point de vue et les explications fournies. Il va tranquillement s’asseoir sur sa chaise dans le salon pour enfin sortir le petit jeu « J’apprends à compter » aimanté qu’il a reçu à Noël et qui n’a jamais été ouvert. L’enfant joue seul pendant deux heures de temps et revient vous faire un gros câlin après un moment. Bonus: il sait maintenant compter et vous aidera à faire vos déclarations d’impôts à l’avenir!

Just kidding!

L’enfant a maintenant le choix: abandonner la partie, recommencer la crise ou quitter avec un peu de dignité. L’enfant utilisera la meilleure technique qui lui reste, celle que Dada utilise encore lorsqu’il se chicane avec son chum: le boudage. En croisant les bras et en tapant du pied, le p’tit s’éloigne et fait des « mmmm » sonores, afin de vous faire bien comprendre que ça ne fait toujours pas son affaire.

Il est conseillé ici de ne pas provoquer la bête, car la deuxième étape peut facilement être de retour, et ce de plein fouet. Attendez quelques minutes (heures) puis le p’tit se sera calmé. Attendez encore quelques secondes et le p’tit va spotter autre chose qu’il désire ardemment (les couteaux de cuisine/le « back massager » de maman/la litière du chat) et recommencer la liste du début! Enjoy the moment! Ça passe si vite!

 

Dada Blaise

 

 

 

Regarde-moi là!

S’il y a une constance dans la vie du parent moderne, c’est de se faire reprocher quelque chose par un inconnu sur Internet. Pas de technologie avant le dodo. Pas de jouet-épée mousse. Ne pas uriner dans les buissons au parc. Faire du co-dodo. Ne pas laisser pleurer votre enfant plus de 2 minutes trente secondes. Faire vos propres quiches avec le restant de placenta. And so on and so forth. La mode par les temps qui courent: « Lâchez Votre Cellulaire! »

Il y a toujours un article de ce genre qui se retrouve sur ton wall Facebook, révélant que, shocking news, le parent d’aujourd’hui passerait plus de temps sur son cellulaire qu’à jouer ou surveiller son enfant. On rapporte que les enfants sont obligés de tourner la tête de leur parent avec force encore d’avoir à arracher directement le téléphone de leur main afin d’avoir quelques secondes d’attention. On raconte aussi que certains parents repoussent leur enfant à coups de pied ou lance un sac de Oreos au loin pour faire diversion afin d’avoir 3 minutes pour compléter leurs hashtags. Peut-être qu’ici on ne parle pas de parent poche parce qu’il ne lâche pas son cellulaire, mais juste de parent poche tout court? Un article explique même que la nouvelle tendance du parent qui pitonne sur son téléphone sans arrêt égale à un nombre plus élevé d’enfants qui se blessent au parc. Please…mon p’tit passe sa vie à tomber par terre parce qu’il court tout croche et ne regarde pas où il va. Parfois c’est même moi qui le pousse! (just kidding…or am I?)

Donc, si je comprends bien, il faudrait que je donne TOUTE mon attention à mon enfant, et ce à chaque fois qu’il l’a réclamé? Et s’il joue tranquille dans son coin, je devrais également me poster derrière lui et l’encourager sans arrêt tout en créant des médailles de félicitations faites avec de la laine et des cannettes de Coke pour chaque petite auto qu’il a vaillamment fait rouler? Mais agir ainsi ne ferait-il pas de moi un parent-hélicoptère (un autre type de parentalité à proscrire selon la tendance Internet) si je suis constamment autour de mon enfant pour l’aider, lui dire quoi faire et surveiller à ce qu’il ne se blesse pas? Ne vais-je pas commettre des erreurs irréparables si je suis constamment autour de lui, du genre le rendre incapable de gérer lui-même ses problèmes, le transformer en dendrophile solitaire, lui créer une dépendance aux colles en bâton Pritt ou autres trucs terrifiants de ce genre?

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J’ai insisté pour qu’il porte une casquette l’été pour se protéger du soleil! Regardez-le maintenant! Qu’ai-je donc fait?

 

J’ai lu il y a de cela très longtemps (genre il y a deux semaines, mais Internet va tellement vite!), un article très intéressant sur ce sujet. Le papa relate qu’il ne faut pas juger les parents qui bizounne sur leur téléphone, car on ne sait pas tout ce qu’ils ont fait avec leurs p’tits avant dans la journée (bricolage, cours de hockey, messe noire pour le Prince des Ténèbres) ou tout ce que le parent a vécu auparavant (chicane, drame, vasectomie, etc.). J’suis bien d’accord qu’il ne faut pas juger, mais je suis le premier à l’avouer que lorsque j’vais au parc ou ailleurs et que mon enfant, après l’avoir poursuivi en riant dans les jeux, le faire glisser, le balancer, s’amuser avec lui et etc, fini par jouer SEUL ou avec des p’tits copains de façon sécuritaire tout en brûlant son énergie qui pourrait alimenter toute la ville de Joliette à elle seule, ben j’aime bien m’effouarer sur le p’tit banc de bois et sortir mon téléphone. Mon enfant à son plaisir pis moi le mien, et je me DOIS d’aller voir combien j’ai eu de likes pour la photo que je viens de poster, montrant mon enfant et moi alors qu’on soufflait des bulles de façon ludique. Parce que, entre nous autres, c’est un peu plate être au parc. Et là j’entends déjà les Eux Autres s’exciter le poil des jambes (inexistants parce qu’elles sont toujours fraîchement rasé elles, elles ont le temps).

« Moi j’adore glisser avec ma petite Arabella et lui faire découvrir les vingt millions d’espèces de papillons qui habitent notre parc. »

« Moi je cours tout l’après-midi avec mes enfants, on joue à chat perché puis à la marelle avec de la craie bio que j’ai fait avec de ossements de dindon et ensuite nous rentrons à la maison pour boire un jus de kale frais et manger du fromage cottage en forme de Elsa et Olaf. »

« Moi je ne comprends pas cette dépendance au téléphone! Dans le temps de nos parents, il n’y en avait pas et c’était bien mieux! »

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Dans l’temps mes arrières grands-parents marchaient huit miles dans ‘à neige pour aller su’à toilette, pis y s’essuyait avec des vieux journaux, c’tait ben mieux!

Heu…calme-toi la self-indulgence. Oui, je suis d’accord qu’il faut allouer du temps pour jouer avec nos enfants et oui, nos parents et grands-parents nous ont élevés d’une façon différente, mais là viens pas me faire à croire que ta mère pis ton père passaient leur sainte journée à jouer avec vous autres sans arrêt, riant aux éclats lors d’une partie de Monopoly amicale pour ensuite faire du baba ghanouj maison. J’serais prêt à mettre ma main au feu qu’à un moment donné, vos chers et tendres parents en avaient leur esti de voyage de vous endurer pis avaient juste le goût d’avoir la paix cinq minutes. Vous m’croyez pas? Bon, comme d’habitude je vais piger dans mes horribles souvenirs d’enfance pour vous prouver mon point.

Voilà le tableau: Dada est jeune, genre cinq ou six ans. Il est souple et agile comme Nadia Comăneci. Il fait de la gymnastique le samedi matin vois-tu, pis il est capable de faire la roue sans main, la split à moitié et faire la chandelle, c’est-à-dire se tenir sur les mains, la tête en bas, les jambes drette comme un pic. Il est ben fière de ce dernier move. Futur Dada passe la journée avec sa housewife de mère. Comme elle est une femme accomplie qui ne fait pas juste faire le ménage, elle extériorise ses talents artistiques par toutes sortes de moyens. Sa dernière passion? La sculpture. Elle s’est installé un genre d’atelier dans la cave et est justement à la besogne, à travailler sur sa sculpture. Jeune Dada arrive en haut de l’escalier et décide que ça serait l’endroit idéal pour démontrer ses talents de gymnaste à sa mère. Il se met sur les mains, les jambes dans les airs ben écarquillés avec peu de grâce.

 

« R’garde-moi maman! »

« Mmmm… »

 

Maman est ben occupé à gosser son p’tit bout de bois pour en faire un canard. Elle marmonne une réponse.

 

« R’garde-moi maman! »

« Mmm… »

« R’garde-moi là! R’garde c’que je fais! Maman! Maman! R’garde-moi maman! MAMAN! »

« Ouain…wow… »

« Maman! Maman! R’garde-moi la! R’garde moi mamaaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhh! »

 

Jeune Dada sacre le camp en bas des marches, prenant bien soin de les toutes les cogner une à une. IIl fini sur le tapis gris de la cave avec un beau gros cri de douleur et d’amour propre blessé. Maman lâche son canard, vérifie que jeune Dada n’a aucune blessure grave, puis sermonne sur le fait de faire attention voyons donc pis que c’était peut-être pas la meilleure idée du siècle de faire la chandelle au-dessus des marches de la cave. Elle lui  fait un câlin, un p’tit pot de yogourt fruits au fond pis lui suggère d’aller s’asseoir devant la télévision.

La leçon de cette histoire: Les parents de toutes les générations ont besoin d’un break a un moment donné, que ce soit avec la sculpture, un livre, un magazine, jouer à Candy Crush ou aller espionner les personnes avec qui t’allais au secondaire pour voir s’ils ont mieux réussi que toi. À chaque génération son passe-temps, faut simplement pas en abuser.

Bon, astheure que j’ai écrit tout ça, j’me sens ben obligé d’aller jouer avec mon p’tit. Et par « jouer » j’entends sortir la boîte de Lego et m’asseoir à côté de lui tout en regardant furtivement mon téléphone pour aller voir des vidéos de chats. #millennialsgeneration

 

Dada Blaise

 

Excuses à Mr. Asphalte et Tous les Autres #sorrynotsorry

J’sais pas pour vous, mais moi j’aime un peu ça me fâcher. Juste un peu. Juste pour dire. Et quand j’étais en « congé » de dadaternité (c’est comme la maternité, sauf qu’il n’y pas tout ce débat sur l’allaitement), j’aimais ça pogner les nerfs après plein d’affaires. J’me suis découvert un côté lion féroce qui protège son p’tit et comme l’aventure de l’adoption est rempli de situations stressantes et incontrôlables, disons que je me vengeais sur le quotidien et toutes les petites injustices sociales qui peuvent t’irriter au plus haut point quand tu n’as dormi qu’une heure la nuit précédente. Maintenant je suis serein et en paix avec mon intérieur, car j’ai grandi, acquit de l’expérience et de la sagesse avec les épreuves de la vie, je suis un adulte mature et surtout, mon enfant s’est endormi par lui-même ce soir et j’ai terminé la bouteille de vin tout seul devant l’ordinateur. I feel great!

Voici donc dans le désordre et chaos total une belle grande liste d’excuse pour les quelques fois où j’aurai peut-être exagéré légèrement dans ma colère:

Je m’excuse Mr. Asphalte qui est venu sonner chez nous en plein mois d’août pour me faire une offre spectaculaire de patcher mon entrée de goudron noir d’asphalte odorant pour une centaine de dollars seulement. Tu ne le savais pas, mais t’étais le huitième qui passait cet été là, pis tu ne savais pas non plus, mais quand tu sonnes à ma porte, mon petit chien saucisse jappe comme si on était en train de l’égorger pis ça réveille mon petit poupon qui fait sa sieste paisible de l’après-midi, moment sacré où je peux enfin m’adonner à des activités constructives et reposantes pour mon moi-même, c’est-à-dire être à moitié évaché sur mon divan avec mon Iphone dans les mains entrain de regarder des vidéos de vieilles madames qui tombent sur la glace. Je m’excuse de t’avoir dit que ton offre était inutile et mal chié, et je m’excuse également d’avoir pleuré 15 longues minutes pendu à ton bras afin d’avoir un peu de réconfort humain et de t’avoir raconté que mon bébé était constipé et que je ne savais pas quoi faire pour le soulager.

Je m’excuse Grosse Madame qui m’a volé mon stationnement « Maman+Poussette » au Wal-Mart. C’était le temps des Fêtes et tu étais probablement aussi pressé que moi d’aller dans une mer de monde louche et psychotique afin d’acheter des Legos et un sac de crottes au fromage. Je le sais que tu m’as pas vu attendre patiemment dans mon auto, avec mon clignotant pis toute, parce que tu jasais avec ton amie à grand coup d’éclat de rire. Je m’excuse d’avoir attendu à côté du stationnement pour voir si tu sortais bel et bien avec un bébé et que non, finalement t’en avait pas. Je m’excuse de t’avoir demandé haut et fort si tu prenais ce stationnement seulement parce que tu étais trop paresseuse pour marcher tout le stationnement avec tes grosses cuisses. Comme tu m’as fait un doigt d’honneur de la compassion, je crois que mes excuses ont été acceptées relativement vite.

Je m’excuse à toi Jeune Adolescent au parc. Je le sais que tu avais ben du fun avec tes amis de 13 ans pis jouer à la tag dans des glissades et des échelles c’est vraiment chill à 3hres de l’après-midi, mais quand tu as bousculé mon Petit Pou de 18 mois qui commençait à peine à marcher et que je t’ai vu le tasser avec ta délicatesse d’adolescent pressé par la vie, j’me suis senti interpellé. Je m’excuse de t’avoir un peu attrapé par le bras et un peu tiré vers moi avec autorité démentiel d’un prof en congé parental. J’avais comme pas beaucoup dormi la veille et le matin j’avais mit du savon à vaisselle dans la boîte à lunch de mon chum au lieu de sa vinaigrette, donc tu comprendras pourquoi j’ai attrapé ton skateboard et l’ai lancé au-dessus des bosquets de cèdre. Je m’excuse aussi d’avoir pleuré 40 minutes accroché à ton bras afin d’avoir un peu de réconfort humain tout en te disant d’aller au bout de tes rêves et de contrer le décrochage scolaire.

Je m’excuse Madame en Ligne au Centre du Pneu Costco. Je le sais que tu n’avais pas vu la file de monde qui attendait comme des moutons à l’abattoir et que c’est pour ça que tu m’as coupé prestement pour aller directement à la caisse quand c’était rendu mon tour. Je m’excuse d’avoir sorti ma voix de prof/ancienne religieuse indignée et de t’avoir demandé si tu avais bel et bien vu tous les gens qui attendaient patiemment comme des épais et que si tu te sentais supérieure au reste des communs mortels que nous sommes. À voir ton visage indigné et ton sac à main Louis Vutton acheté à Chinatown, je crois que tu t’en calissais un peu, mais ton « Scusez-moi mon Dieu! » m’a fait grandement du bien et je t’en remercie beaucoup.

Je m’excuse Monsieur au Téléphone avec qui j’essayais de régler mon problème d’Internet. Tu le ne savais pas que je voulais aller sur Netflix parce que mon garçon me réclamait POCOYO à tue-tête depuis le matin et que j’avais finalement flanché malgré mes belles convictions que mon enfant écouterait seulement 10 minutes de télévision par jour. Je le sais que tu étais probablement pas dans le même pays que moi et que la connexion était difficile, mais oui je l’avais bel et bien éteint et rallumé mon routeur sans fil, ainsi que rebranché le fil d’Internet. Je m’excuse de t’avoir dit de manger du poils, je t’expliquerai plus tard ce que ça veut dire.

Je m’excuse Madame au Téléphone qui m’a également appelé pour me vendre un cellulaire. Je le sais que tu voulais bien faire et aussi impressionner ta superviseure qui devait te juger derrière toi dans son tailleur Liz Claiborne de chez Target, mais lorsque tu m’as demandé pourquoi je ne voulais pas de nouveau cellulaire plus performant, j’ai comme craqué. Je m’excuse de t’avoir dit que ma mère était morte en conduisant au cellulaire et que depuis j’étais incapable de toucher à un cellulaire. Tu as du te sentir bien mal et peut-être as-tu complètement réévalué tes choix de vie et de carrière jusqu’à ce jour et questionner pourquoi tu passais tes soirées à déranger le pauvre monde avec tes offres bidons de cellulaires.

Finalement, je m’excuse mon chéri, mon tendre et cher chum. Je m’excuse pour toutes les fois où tu es revenu pimpant de bonheur de ta job et que je t’ai quasiment lancé notre enfant dans les bras pour aller me réfugier dans notre chambre afin d’aller hyper ventiler sagement dans un sac de papier brun. Je m’excuse pour toutes les nombreuses fois où je t’ai accusé de faire du bruit inutilement, que tu ne donnais pas le biberon de la bonne façon et t’accuser avec véhémence d’avoir fait exprès de laisser traîner ton linge près du lit pour que je m’enfarge dedans. Je m’excuse de t’avoir affirmé que j’haïssais ça la Saint-Valentin et que je trouvais ça kétaine pour ensuite bouder parce que tu ne m’avais pas acheté rien en fin de compte. Et finalement je te remercie d’avoir été aussi patient et de m’avoir ramené sur terre d’innombrables fois, d’avoir été m’acheter de la crème glacée Haggen Daas quand je t’en faisais la demande, d’être resté fort et sensé dans les moments de crise. Tu es pas mal la meilleure chose qui me soit arrivée et qui plus es, tu m’as vu à mes moments les plus désastreux, tu as senti mon haleine du matin, tu as enduré les histoires interminables de mon père et tu te tapes mes brusques envies d’écouter Black Swan et La Petite Sirène pour la 23e fois de suite sans trop chialer, alors il m’apparaît clair que tu es le bon et qu’on est pas mal un bon team ensemble. Je t’aime ben ben fort gros grognon.

Dada Blaise

Étiez vous une des personnes que j’ai malmené pendant mon congé?

Vous aussi vous aimez ça être en esti après les caissières bêtes du Rona? 

Alors démontrer vous aussi votre haine des vieux monsieurs qui prennent trois heures pour tourner dans l’entrée du Metro en partageant cet article avec toute votre furie. 

 

 

 

 

Un Sept à Sept avec le P’tit

Coucher un enfant ce n’est pas facile. Pis là avant que les « Eux Autres » viennent me dire que pour eux non, c’est facile et me souligner tout ce que j’aurais dû faire et ne pas faire, I know ok? J’ai lu les mêmes articles que vous sur Internet pis j’ai suivi les conseils de matante Suzie qui disait de ne jamais coucher un enfant sans lui avoir fait boire un grand verre d’eau, tourner autour d’un miroir en faisant brûler de la sauge et chanter une berceuse japonaise. Mais bon, qu’est-ce tu veux, il me réclamait son chocolat de Pâques avant de dormir, qu’est-ce que je suis sensé faire, ne pas lui en donner? Je ne suis qu’un humain!

Afin de vous faire sentir mieux et vous prouver que ça peut toujours aller plus mal quelque part d’autre, voici l’horaire de la nuit précédente de mon garçon de 3 ans :

19h.      Le p’tit annonce que c’est la fin du bain, alors qu’il vient à peine d’y entrer. Dada le savonne rapidement du mieux qu’il le peut, parce que le p’tit est déjà en train de grimper hors du bain en lançant son poney tout mouillé sur le plancher. Dada essuie le p’tit, puis ensuite la céramique, se disant que ça compte comme du ménage.

19h12.   Le p’tit se brosse les dents avec la brosse à dents électrique Dora. Il chiale subitement parce que c’est LUI qui veut refermer le tube de pâte à dent et insiste pour tenter de remettre la petite crotte de pâte à dent, qui est tombée dans l’évier, de retour dans le tube

19h20.     Dada demande au p’tit s’il a envie de pipi. Il réfléchit avec intensité, peut-être a-t-il simili envie, mais feel pas pour y aller tout de suite. Dada lui donne un bisou pis un gros câlin et le pousse subtilement vers Papa.

19h24.      Le p’tit veut dormir avec ses petites balles rebondissantes, Papa lui bullshit qu’elles ne dormiront pas bien dans son lit et les place sur sa commode. Ça fait pas son affaire, il passe en mode dramatique.

19h25.      Papa lui rappelle qu’il faut choisir l’histoire. Yé! Il oublie du coup pourquoi il pleurait. Il hésite beaucoup parce que rien ne lui tente puis devient subitement très spécifique, cherchant une histoire en particulier et offrant peu d’indices sur laquelle il veut. Papa se tanne et en choisit une. Ça fait pas l’affaire du p’tit, il passe en mode dramatique.

19h27.      Papa veut ranger l’histoire, mais le p’tit veut celle-là finalement, c’est elle qu’il a voulu depuis le début. Ils s’installent tout deux confortablement et lisent: « Le Petit Lapin Qui Va Dormir Tranquille Sans Chialer ». Le message est nuancé et subtil. Papa lit avec toute l’intensité de Meryl Streep et le p’tit s’extasie. Évidemment, il veut relire l’histoire. Papa dit non. Le drame monte d’un cran et le p’tit lance sa doudou par terre. Papa annonce qu’il va sortir de la chambre. Le p’tit se calme et saute dans le lit pour ensuite s’emmitoufler dans ses couvertures. Papa le cajole, l’embrasse, lui dit « Je t’aime! » et le petit s’endort paisiblement alors que papa quitte la pièce. Just kidding!

19h28.      Papa a à peine eu le temps de refermer la porte que le p’tit saute en bas du lit comme s’il avait pris feu. Il a soif. Papa revient avec un verre d’eau. Le p’tit retourne dans son lit et boit. Ça fait du bien, hein papa? Papa repart après lui avoir donné un bisou. Le p’tit veut sa doudou sur la tête. Papa obéit. Le petit s’endort paisiblement. Just kidding!

19h31.       Le p’tit fend l’air comme un obus et arrive à la porte. Il a envie de pipi. Jamais eu autant envie de sa vie semble-t-il. Il s’accroche à Papa avec l’énergie du désespoir, lui faisant comprendre que s’il ne va pas faire pipi, un de ses reins pourrait exploser et est-ce qu’il veut réellement que son garçon grandisse avec un rein en moins?

19h33.       Le p’tit fait pipi. Deux, trois petites gouttes tombent dans l’eau dans un silence gênant.

19h34.       Le p’tit veut voir Dada et lui donner un bisou. Dada s’incline.

19h36.       Le p’tit va dans son lit et se rappelle subitement qu’il voulait ses balles avec lui dans le lit. Il les aperçoit sur sa commode, toute seule et perdue dans le pénombre. Il coure vers la porte.

19h37.       Papa ramène le p’tit dans son lit, la tendresse paternelle toujours présente, mais un peu usée.

19h38.        Et le p’tit revient à la charge.

19h39.        Papa ramène le p’tit dans son lit, la patience bien agrippé à sa mâchoire qui se resserre.

19h40.        Knock, knock! Le p’tit est à la porte!

19h41.         Papa le ramène dans son lit, l’écume à la bouche et la veine du cou menaçant d’exploser.

Le processus se répète quelques agréables fois.

20h02.       Le p’tit reste dans son lit pendant plus de deux minutes. Papa et Dada sautent de joie, en silence, comme des fillettes jouant à la marelle.

20h10.       Le p’tit jase dans son lit. Il jase de la vie en général, pas vraiment discrètement. Il ne dort toujours pas.

20h30.        Papa et Dada mangent les chips de la désolation en cachette, oubliant du coup qu’ils s’étaient promis de faire du sport une fois que le p’tit serait assoupi. Le p’tit ne dort toujours pas.

20h38.        Le p’tit pousse un cri de mort. Papa et Dada se précipitent dans la chambre, leur taux de cortisol si grand qu’une partie de leurs cheveux est restée sur le divan. Le p’tit à échapper sa doudou par terre.

21h04.         Papa et Dada écoutent la télévision dans le grand silence, de peur de réveiller le p’tit. Aucun bruit ne provient de la chambre. Ils montent le son et entendent immédiatement le p’tit qui jase avec son lapin. Manifestement, il ne dort toujours pas.

21h12.          Papa ronfle sur le divan.

21h30.          Papa et Dada vont se coucher. Le p’tit ne dort toujours pas.

21h42.          Comme tout couple moderne et sain d’esprit, Papa et Dada s’installent dans le lit, chacun avec leurs cellulaires. Le secret d’un couple qui dure: la communication.

21h51.           Cela fait plus de dix minutes qu’il n’y a pas de bruit. Le p’tit dort. En quelque part dans le monde, des cloches sonnent et les anges pleurent la miséricorde. Papa dort également, parce que lui c’est instantané pis ça fait chier un peu.

22h22.          Dada ne dort pas, lisant avec avidité son mur Facebook comme un épais au lieu de dormir.

23h38.          Dada vient de s’endormir après s’être demandé une question existentielle comme qu’est-ce que Napoléon mangeait pour déjeuner et entend un cri primal qui fait vibrer les fenêtres de la maison. Dada coure jusque dans la chambre, le pyjama tout croche et la bedaine à l’air, de quoi traumatiser le p’tit à vie. Le p’tit s’est réveillé et a fait un cauchemar. Dada va s’asseoir à côté de lui, le console, le berce un peu et le recouche, tout ça dans un état second, les yeux fermés.

23h39.        Dada sort de la pièce. Le p’tit ne dort pas et ne veut pas qu’il parte. Sa voix est toute petite dans le noir et les émotions de Dada prennent le dessus.

23h40.       Dada refuse de dormir dans le lit du p’tit, par principe de bonne éducation parentale et parce que le p’tit prend de la place pour cinq. Comme un pauvre petit chien, Dada va dormir à même le plancher du corridor, tout en rappelant au p’tit qu’il est bel et bien là et que non il ne partira pas. Le plancher est froid et poussiéreux, Dada n’a jamais été aussi confortable.

1h02.         Dada se réveille en sursaut, toussant un motton de poussière ou (gasp!) une araignée qui s’était aventurée par là. Il part se recoucher dans son lit mais le bruit du plancher qui craque réveille le p’tit. Dada doit évidemment retourner consoler son enfant dans la joie et le bonheur d’être père.

1h08.         Le p’tit a envie. Dada frôle lui dire de le faire à même son coffre à jouets, mais se rappelle qu’il est supposé être un bon parent et l’amène plutôt à la salle de bain.

1h10.          Le p’tit fait pipi avec force violence, réveillant toute la maison. Dada ravale ses larmes d’épuisement en se disant qu’il chérira sûrement ses moments-là un jour, mais pas en ce moment.

1h13.           Le p’tit se recouche et s’endort rapidement. Dada est surpris et va se recoucher aussi, jubilant car il lui reste 5hres de sommeil avant le cadran.

1h14.          Dada ne dort pas, il se sent prêt à faire sa journée et monterais le mont Saint-Grégoire en courant.

3h33.          Dada, qui ne dort toujours pas, pogne la chienne parce qu’il se rappelle dans les films d’horreur que c’est l’heure des démons et s’imagine toutes sortes d’affaires qui font peur.

3h34.          Le p’tit se réveille en hurlant. Dada sursaute si haut qu’il passe proche de sacrer le camp à terre. Dada va dans la chambre en regardant par la fenêtre du salon, craignant y voir un extraterrestre ou un fantôme. Son pas est rapide. Le p’tit pointe le coin dans le chambre en répétant « Peur ». Dada ramène virilement son enfant avec lui en courant dans le corridor.

3h35.          Le p’tit est INSULTÉ d’être dans le lit de ses parents. C’est la PIRE chose à vie. Il refuse d’être dans le lit et veut brusquement retourner dans sa chambre à lui, avec les fantômes pis les extraterrestres. Dada a peur, mais retourne son enfant prestement.

4h02.         Le p’tit s’est rendormi. Dada retourne dans sa chambre.

4h05.          Dada s’endort sur le coin de son lit, en position fœtale, le drap dans la bouche.

5h47.          Le p’tit est debout et croque dans la vie comme dans les annonces de margarine! Il attend sagement que le soleil jaune orange s’allume sur son réveil GRO CLOCK, car il a apprit qu’il ne fallait pas se lever trop tôt. Just kidding!

5h48.         Papa se lève, voit son conjoint et est immédiatement charmé par le coulis de bave et la bouche grande ouverte qu’il aperçoit. Il se dit que ce soir il va lui acheter un cadeau.

6h.             Papa attend dans le lit du p’tit que le soleil jaune se pointe la face. Il remarque que l’heure n’est pas la bonne sur le cadran car ils ont oublié d’avancer l’heure depuis la fin du mois de mars.

6h02.         Papa jase avec son enfant. Le p’tit chuchote, ce qui veut dire que les voisins peuvent l’entendre. Papa écoute avec l’intensité de Barbara Walters, mains sous le menton, yeux dans la graisse de bine.

6h30.         Papa fait semblant de vérifier le GRO CLOCK et allume le soleil, n’en pouvant plus de tenter de comprendre le p’tit qui répète inlassablement « Wahlpa? ».

6h33.          Papa se lève mais le p’tit réclame que TOUTE la maisonnée se lève aussi.

6h42.         Dada se lève et est l’image même de la perfection. On l’applaudit et des pétales de roses apparaissent derrière lui.

6h47.          Dada va au toilette, ce qui est terriblement dramatique, parce que le p’tit voulait y aller AVANT lui.

6h53.          Le p’tit veut manger du beurre d’arachide pour déjeuner. Pas de pain, juste du beurre sur une cuillère. Papa pis Dada s’en câlisse un peu ce matin et donne une belle grosse cuillerée d’amour et de beurre de pinotte à leur enfant.

6h55.          Le p’tit fait un gros pet tout en mangeant, ce qui fait bien évidemment rire Papa pis Dada car ils ont un niveau d’humour puéril et sans imagination. Le pet réconcilie Papa pis Dada avec leur enfant.

7h.              Le p’tit veut finalement des toasts et également les céréales de Dada. La journée commence et Papa pis Dada remontent leurs manches et se disent que c’est vendredi, donc socialement accepté de boire un cocktail ce soir. Ou peut-être trois?

 

Dada Blaise

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