Comment Vivre une Rentrée Scolaire Gracieuse et Sans Vomi du Désespoir

S’il y a bien une chose sur laquelle on peut tous s’entendre c’est que la rentrée scolaire vous fera vivre toutes sortes d’émotions contradictoires. Quand votre enfant n’est que nourrisson, une rentrée scolaire ne vous fait pas un pli sur la poche. Ce n’est qu’un jour parmi tant d’autres alors que vous êtes assis dans votre chaise berçante avec votre bébé qui tête votre lait et votre énergie vitale d’heures en heures. Pour les parents d’enfants d’âge scolaire, la rentrée scolaire signifie les devoirs, les lunchs (aaaaaaahhhhhh nooooooonnnnn je t’en prie Dieu, nooooonnn!), les rencontres profs/parents, les projets scolaires, faire des soupers nourrissants, brailler dans le couloir en regardant vos jeans qui ne vous font plus et le stress de garder tout le monde relativement sain d’esprit qui monte d’un cran de semaines en semaines.

Qu’à cela ne tienne, voici voilà votre liste à garder précieusement pour les années futures, vous rappelant comment procéder afin d’être semblable à un de ces parents chiants d’Instagram ou de Pinterest qui préparent des lunchs en forme de Pokémon ou bien qui tricotent des sac à dos en macramé et en laine d’alpagas.

Première Étape: Paniquez

Alors que vous venez de vous asseoir sur votre chaise longue pour vous faire bronzer, réalisez qu’il ne reste que quelques jours avant la rentrée scolaire. Faites vous bombarder par des annonces navrantes de rentrée scolaire et de spéciaux sur les laptops qui sont absolument nécessaires pour le bien être de votre enfant en maternelle. Hyper-ventilez en pensant à tout ce qu’il vous reste à faire, puis finalement restez sur votre chaise longue en vous disant que vous ferez tout cela le lendemain. Pratiquez-vous le soir même afin de vous préparez aux nombreux matins qui viendront sous peu en éparpillant du beurre de pinotte sur la table et sur le chandail de votre petit, en maugréant que vous allez être en retard et en cachant les souliers de votre enfant.

Deuxième Étape: Allez Magasiner

Attrapez au plus chriss la liste d’effets scolaire que vous aviez fourré au fin fond d’une armoire puis courez jusqu’au Bureau en Gros avec vos marmots derrière qui chiale sur tous les choix de couleurs de cartables et de coffre à crayons. Foncez dans la foule d’autres parents et faites vous secrètement des high five afin de célébrer le fait que bientôt vos enfants ne seront plus dans vos pattes à longueur de journée. Cherchez dans les allées bondées pour des crayons de couleurs à fine pointes, gras, sans tâche, aux couleurs chatoyantes et pastels en sâcrant. Ne trouvez pas les bonnes grandeurs de cartables nécessaires et sâcrer à nouveau. Demandez de l’aide à une jeune employée boutonneuse qui ne sait pas où se trouve les cahiers à anneaux Hilroy mais qui sait où sont les fidget spinners. Saignez du nez et passez votre chemin au plus vite.

Troisième Étape: Magasinez à Nouveau

Ô Joie! Vos enfants ont grandi pendant l’été et/ou trouve leur linge trop laid et défraichi, donc aweillez chu Sears pour acheter du nouveau linge. Défrayer une somme faramineuse pour du nouveau linge ainsi que des sacs à dos brodés à la main sur Etsy. Étudier la liste des allergies présentes à l’école de votre enfant et faite le tour des épiceries pour trouver des collations santé contenant du vert, sans lactose ni colorant ni sucre rajouté, qui goûte bon, pas trop cher, préparé par de jeunes vierges un soir de pleine lune, et évidemment, sans gluten.

Quatrième Étape: Préparez le Stock

Faites les lunchs en vous inspirant des belles idées trouver sur Pinterest, puis finalement câlissez le tout dans un plat Tupperware. Écrivez une petite note d’encouragement pour la première journée d’école. La petite note est maintenant de 3 pages de long et réalisez que votre enfant de maternelle ne sait pas encore lire. Scrappez la petite note. Après vos taches habituelles, soit de partir la sécheuse, faire le souper, partir la sécheuse à nouveau parce que vous avez pas eu le temps de plier le linge, donner le bain, plier un chandail puis repartir la sécheuse, puis finalement coucher le p’tit, allez dans votre salon et amusez-vous follement en étiquetant chacun des fucking articles de la liste d’effet scolaire. Terminez à minuit le soir avec les yeux cross-side et en réalisant que pour les derniers articles, vous avez écrit votre prénom ou lieu de celui de votre enfant. Braillez.

Cinquième Étape: Annoncez le Au Monde Entier

Comme tout le monde le sait, le plus important pour la rentrée scolaire et de faire un photoshoot de une heure qui mettra votre enfant en retard pour sa première journée. Préparez une photobooth avec de beaux tableaux noirs et de belles phrases écrites à la craie avec une calligraphie soignée. Mettez le tout sur Facebook et vous assurant d’annoncer à tous et chacun à quel point ça va donc vite la vie et à quel point ce bel enfant grandi vite pis toute (oui j’le fais moi avec, kess tu veux on est toute fait pareil, mais le monde s’en sâcre généralement un peu).

Sixième Étape: Choisissez Votre Camp

Étape cruciale ici. Allez vous être un parent sans-coeur qui se moque de son enfant en postant des photos rigolotes de vous qui célébrez avec bouteille de champagne alors que l’autobus part au loin ou bien allez vous être un parent émotif qui écrit un long post émo en braillant sur la chair de sa chair qui le quitte pour le monde des grands, petit train va loin, vise la lune tu vas arriver dans les étoiles pis all that?

Septième Étape: L’École

Trouvez vous une place de parking et mettez vous beau pour ce premier jour d’école, il y a du monde à la messe! Dîtes au revoir à votre enfant et allez brailler dans votre char pendant vingt minutes pour diverses raisons: soit parce que votre enfant fait son entrée dans le grand monde et que vous perdez votre bébé; soit parce que votre enfant vous a à peine dit bye et s’est presque enfui pour retrouver sa gang. Réalisez que vous n’avez pas d’enfants dans les jambes. Retournez chez vous et écouter Game of Thrones en rafale.

Huitième Étape: Le Retour

Attendez patiemment que votre enfant revienne et souhaitez ardemment qu’il est été classé dans la maison des Gryffondor.

 

Et voilà! Plus d’excuses maintenant, vous allez être prêt! Pis que j’vous vois être à la dernière minute pis acheter des crayons cheap du Dollarama parce qu’il n’y en a plus dans les autres magasins!

 

Bonne rentrée, aux p’tits, aux grands pis à toutes les autres entre les deux.

 

Dada Blaise

 

Les Réalités de Cuisiner Avec un Enfant

« Touche pas au couteau! »

« Oh my God, enlève toi le doigt du nez, surtout au-dessus du fromage râpé! »

  • Cuisiner avec un enfant facilitera la préparation du souper! Avec un assistant, ça ira beaucoup plus vite!

La Réalité: Mmmm, ça sent la lâcheté et la commande de pizza, parce que accrochez-vous à vôtre tour de taille, vous n’avez pas fini! La recette de Ricardo, simple et abordable, clame que le temps de préparation est autour de 20 minutes? Si vôtre assistant à moins de 8 ans, doublez le temps. Si l’assistant à moins de 5 ans, ouvrez une bouteille de vin. Je recommande également de doubler les ingrédients, parce que la moitié va se ramasser dans la bouche de l’enfant ou bien par terre. La patience est de mise lorsqu’on cuisine avec un enfant, parce qu’en plus de se concentrer sur la recette, les ingrédients et à surveiller que votre enfant ne s’empale pas sur un couteau, il faut également répondre à la multitude de questions qui vous font sentir comme à un participant à un quiz télévisé:

« Pourquoi toi enlève les morceaux blancs dans les œufs? »

« Pourquoi toi mets du fromage? »

« Pourquoi du sel? »

« Dada, pourquoi toi tu pleures? C’est les oignons? »

  • Cuisiner avec un enfant l’aidera avec compétences mathématiques! À force de compter, mesurer et mixer les ingrédients, ça ne peut pas faire que de lui rentrer dans la tête! 

La Réalité: Le petit pratiquera surtout sa compétence à soustraire les choses, dans le genre: « Si il y a un sac de 80 pépites de chocolat, et que là il m’en reste seulement 14, combien tu en as mangé mon chéri quand je t’ai dis que tu pouvais en avoir 3? »

Cuisiner avec un enfant formera son indépendance! Il va être plus débrouillard et le matin il pourra se faire à déjeuner lui-même, me laissant quelques minutes de précieux sommeil de plus! 

La Réalité: Le petit peut effectivement ouvrir le garde-manger et prendre le pot de beurre de pinotte par lui-même, mais le voir se battre avec l’attache à pain et tenter de mettre une tranche de pain dans le toaster est l’équivalent de regarder une vieille personne utiliser Internet. Bref, c’est pas demain la veille que la rôtie sera beurrée et savouré par l’enfant devant son p’tit programme à la tivi pendant que j’ronfle élégamment la bouche ouverte.

Et je terminerai simplement avec ceci:

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Si votre enfant ne trippe pas autant à placer des brocolis cuit vapeur sans sel, sans goût, sans saveur dans un plat assorti, c’est que vous faîtes quelque chose de pas correct.

Dada Blaise

40 Choses Qui Gossent un Parent

Certains m’affirment parfois que mes textes manquent de positif. Hé bien, guess what, ce texte n’en est pas un non plus!

C’est le mois de novembre, c’est gris, c’est frette, il fait noir de bonne heure, y’a pu de feuilles dans les arbres, la neige est slocheuse, ça pue dans la maison pis j’trouve pas ça vient de où, il y a des trous dans mes bas pis le chat étend de la petite rocaille de litière partout sur le plancher. Bref, j’ai le goût de chialer pis de maudire la Terre entière parce que quelqu’un laisse traîner sa paire de jeans à côté du lit au lieu de la mettre dans le panier à linge qui se trouve à 3 POUCES de là.

Le meilleur moyen pour chialer? Être parent! C’est parfait pour tester ta patience et la solidité de ta mâchoire quand tu demandes à ton enfant pour la 45e fois de rester assis pendant qu’il mange sa sandwich pas de croûte jambon/moutarde uniquement et qu’il refuse de manger les crudités savamment préparé! Fac, comme c’est le mois du pas bonheur pis vive le malheur, voici une liste de choses qui me gossent ces temps-ci:

1. Mettre des mitaines à un enfant.

2. Des ballons.

3. Essayer de prendre une belle photo de mon enfant.

4. Les après-midis sans sieste.

5. Aller chercher le bas qui est tombé en arrière de la sécheuse.

6. Des toilettes publiques trop petite pour m’accueillir moi et mon enfant

7. Les bonbons aux caisses d’épicerie.

8. Un enfant qui fait de la fièvre.

9. Du sable lunaire. Du fucking sable lunaire partout dans les p’tites craques.

10. Le rire de Bob l’Éponge.

11. Attendre après un enfant qui met des petites culottes.

12. Un jouet qui joue une p’tite chanson.

13. Le petit pied mou d’un enfant.

14. Les études qui démontrent que ce que je viens de faire est vraiment mauvais pour mon enfant.

15. Naître et Grandir et son calendrier des « étapes importantes »

16. Quand le gobelet de lait coule.

17. Les allergies.

18. Couper des petits ongles.

19. « Moi mon enfant… »

20. « Mes parents m’ont fait ça pis chu pas mort! »

21. « Tu devrais faire ça… »

22. Du vomi dans un siège d’auto.

23. Recevoir un appel au lieu d’un texto.

24. Être certain que tu vas parler sur le répondeur pis finalement quelqu’un répond.

25. Les crises.

26. Les gens qui te regarde pendant les crises.

27. Les allées trop petites pour les poussettes.

28. Les petits kits full cute pour enfant qui font pendant juste 2 semaines.

29. Les célébrités qui donnent des conseils sur comment élever un enfant.

30. Jaser avec d’autres parents inconnus pendant les cours de piscine.

31. « Pourquoi? »

32. Me faire dire de me calmer.

33. Me faire dire de relaxer.

34. Les collations.

35. Réaliser que ma mère avait raison.

36. Avoir un public dans la salle de bain.

37. Supplier mon enfant de mettre des pantalons.

38. Apprendre la propreté à un enfant.

39. Marcus dans Pat Patrouille.

40. À quel point ça va vite.

 

Bonne fin de semaine là!

Dada Blaise

Voyons câlisse!

J’me rappelle encore la première fois où j’ai sacré de mon plein gré. J’attendais l’autobus sur le coin de ma rue, je devais avoir 7 ou 8 ans, pis il mouillassait, ce genre de p’tite pluie fine comme un crachat frette pis désagréable. On était quelques uns attroupés autour du même spot au coin de la rue à attendre l’absolution/le gros autobus jaune. Il y avait deux filles plus vieilles, elle devait être en 6e année, pis c’était des badass, parce qu’elles mâchaient de la gomme pis elle se gauffraient les cheveux. Une des deux a dit à un moment donné: « Câlisse d’esti de pluie. J’haïs ça. » Quelques approbations et hochements de tête du reste du troupeau. L’autre cool girl a renchéri avec un « esti » pis un « chriss qui fait frette. » Ça y était. Les sacres étaient lâchés lousses. Rapidement, tous et chacun se sont mit à murmurer ou carrément dire leur propre gros mots avec un plaisir coupable. La plus grande de la gang, la sacreuse originale, s’est alors tourné vers moi pis m’a teasé du regard:

« Toi, t’aimes-tu ça la pluie? T’haïs ça toi avec hein? »

« Ouain. » que j’ai dis, avec ma p’tite voix simili certaine qui voulait pas être délaissé.

« Ça te fait chier la pluie toi aussi hein? »

 

Je comprenais son invitation. Il était temps de prouver ma masculinité et ma rébellion contre le système en sacrant moi avec.

 

« Ouain, moi aussi j’haïs ça. J’haïs ça en tabarnak. »

 

Le mot était facile à dire. Presque jubilant. Tabarnak. C’est ainsi que j’ai vécu mon premier sacre. En voulant prouver que moi aussi j’étais capable de le faire. C’était un sacre inutile, il n’avait pas de substance, pas de raison d’être. Pourtant, il m’avait déjà accroché.

Flashfoward en 2016. Un moment où mon stress est trop intense pour toutes les mauvaises raisons, pis j’ai juste envie d’avoir la paix 2 minutes, pis toute me fait chier royalement, pis mon p’tit prend une heure pour mettre son fucking pyjama, pis j’suis entrain de perdre patience, en fait elle est rendu dans l’fond du tiroir à côté des bas blancs que personne ne met jamais. Fac j’m’en va dans un autre pièce pis j’accroche ma belle pile de linge bien plié pis, c’est plus fort que moi, j’lâche un « Voyons câlisse! ». Le p’tit retondit, bien intéressé.

« Kess qui a Dada? Toi fâché? »

Je répond pas tout de suite.

« Toi t’as dit, voyons câlisse? » qu’il demande avec la plus grande clarté et articulation inimaginable.

« Oui, Dada est fâché en tabarnak même! que je me permet, parce que j’étais pas arrêtable pis j’en voulais à la Terre entière et toutes les circonstances qui m’avaient amené à ce point dans ma vie où  je me retrouvais devant une pile de linge détruite.

« Oh…c’est pas grave Dada. »

Bon…d’accord, bon point Petit Pou.

J’exerce un métier prenant et exigeant qui comporte beaucoup de facettes différentes, notamment un self-control sur le langage puisque je passe ma journée à enseigner et à montrer l’exemple sur la bonne conduite à avoir. Il est donc rare de voir un enseignant dire « Bon, on va faire des esti de math pour changer! », « OK, là vous baissez le volume parce que j’suis chrissement écœuré de vous entendre! » ou bien « Yé c’est la fin de la journée, on décalisse d’icitte! » Je me retiens donc toute la journée pour ne pas lâcher des gros sacres bien senti qui me ferait DONC du bien. Je suis un ADULTE après tout. Et le soir à la maison, c’est la même chose. J’essai d’utiliser un langage normal et approprié pour mon enfant de 3 ans et demi. J’essai donc de ne pas dire « Mange tes sacraments de piments! » ou « Laisse moi pisser tranquille câlisse! ». Pourtant, à me r lire, il semblerait que je suis un espèce de bûcheron malpoli qui adore lâcher des « esti » à tout bout de champ, et pourtant pas tant non. Je ne suis pas particulièrement fan de langage vulgaire ou grossier. Je n’ai pas grandi avec des parents qui nous sacraient après sans arrêt. Quoique les partys de famille et les parties de cartes joués par la parenté m’ont quand même fait une belle éducation sur comment sacrer avec jovialité et envoyer chier quelqu’un parce qu’il m’a coupé aux cartes.

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Comme grand-maman le disait: « p’tite truie! »

Mais l’espèce d’interdit qui vient avec ma job de prof et de parent m’a comme qu’on dirait boosté les sacres depuis quelques temps. Une fois le p’tit endormi, les « chriss », « esti » pis « grosse conne » me sortent de la bouche facilement, surtout lorsque j’écoute Canal Vie. Je me défoule comme qu’on dirait (peut-être l’avez vous subtilement remarqué dans mes textes). J’ai donc découvert le pouvoir bénéfique du sacre. C’est un moyen comme un autre de s’offrir une libération émotionnelle. Il parait même que sacrer permet de mieux endurer la douleur. Ainsi, oui godamnit, j’me permets de sacrer pis joualer en masse dans mes textes et mes soirées entre copains. J’aime ça dire parfois que mon p’tit me fait chier, qu’il a été un p’tit câlisse, pis m’imaginer lui faire des fuck you dans sa face quand il annonce que non, il ira pas dans le bain (c’est notre guerre personnelle à tout les deux). Une étude (trouver sur Facebook mais bon, faut c’qui faut) démontre que ce de lâcher des gros mots devant les enfants n’est pas nocif en soi, ce qui est important est de ne pas dénigrer l’enfant par le biais du sacre, ni d’utiliser un langage péjoratif ou insultant. Par contre, si vous vous cogner l’orteil et que vous lâcher un « câlisse », votre enfant ne se mettra pas à vomir du sang et s’auto-mutiler pour autant.

Fac ouain…plus j’y pense, plus que finalement, chriss, j’sacre par boutte. Je suis un jovial sacreur moi avec. Pis, ça me dérange pas tant finalement. Des fois je lâche un « gros épais » quand je conduis ou « hey tabarnak! » quand j’perd à Mario Kart. Mon p’tit me dit « merci » et « s’il-vous-plait » et est poli avec la visite, mais de temps en temps, il entendra peut-être un « câlisse » quand on joue aux cartes. Puis un matin, alors qu’il joue avec ses petites autos pis qu’il tente de les faire tenir en équilibre pour what the fuck raison pis qu’une tombe, j’vais peut-être entendre un « voyons câlisse! ». Pis j’vais aller me cacher dans ma chambre pour ne pas éclater de rire.

Sur ce, j’vous souhaite une esti de belle journée.

Dada Blaise

Comment Occuper Vos Enfants Cet Été

L’été bat son plein, avec son soleil tapant de l’après-midi, son odeur du chlore et de gazon, sa chaleur brûlante qui émane de l’asphalte noir, ses courses folles dans les champs de pâquerettes pis ses rides de bicyclette au dépanneur. Cet été, vous vous êtes promis un été parfaitement imparfait. Vos enfants et vous-même allez apprendre à lâcher-prise, à relaxer. Ce sera un été de popsicles, de bord de l’eau, de cache-cache dans le p’tit boisé, d’oiseaux, de tondeuse, de champ de blé, de fleurs, de films dans le sous-sol, pis de s’endormir en p’tite boule pendant que les adultes parlent autour du feu. Vos enfants vont vivre comme quand vous étiez jeune, relaxer, s’amuser et apprendre des belles leçons de vie sur l’amour et l’amitié. Ils vont apprendre ce que c’est l’ennui tout en restant actifs. Vous avez décidé que cet été, vos enfants allaient se créer des souvenirs qu’ils chériront forever.

Fin juin. Vous vous êtes levé relativement tôt et avez déjeuné sur le balcon. Le p’tit a taché vos beaux coussins extérieurs Club Piscine avec de la confiture, mais ce n’est pas grave, vous êtes EN VACANCES! Vous avez décidé de laisser filer le temps. Le p’tit a réclamé le iPad. D’accord, mais 30 minutes seulement. Après une crise énorme parce que vous avez enlevé le iPad et sa chanson redondante et tonitruante, vous avez convaincu le p’tit d’aller faire une promenade bucolique dans la forêt. Super! Vous avez marché avec lui pour trouver des libellules et des coccinelles. Vous lui chuchotez les merveilles du monde et inventez des histoires de gnomes et de fées. Votre p’tit est terrifié par l’idée de croiser une gnome ou de toucher une libellule. Vous fuyez la forêt prestement avec un enfant en larmes et à jamais traumatisé des marches en forêt. #guesswhoissleepinginyourbed

Début juillet. Vous vous baignez régulièrement mais le p’tit vous ordonne de nager comme ceci, de mettre votre tête sous l’eau, de sauter, de nager sur le dos, non, sur le ventre, de le lancer dans l’eau, mais pas trop, juste un peu. Vous sortez de l’eau et vous faites sécher au soleil avec un bon livre, pour vous reposer et avoir un p’tit peu la paix. Votre p’tit joue avec des balles et des bulles. C’est parfait. Il faut profiter. Il faut prendre le temps. Votre roman est complexe et vous avez de la difficulté à comprendre l’intrigue car votre p’tit vous demande incessamment de l’aider à faire des bulles. Vous prenez un magazine à la place. #lesscommitment

Vous êtes optimiste. Vous allez faire un petit projet de bricolage tout beau, tout simple que vous avez déniché sur Pinterest. C’est facile et vous avez tout ce qu’il faut à la maison! Vous vous rendez chez Rona, Wal-Mart et Michael’s pour trouver tout ce que vous auriez dû avoir à la maison et revenez chez vous. Le p’tit a chaud et a faim. Vous le nourrissez. Vous passez 4 heures à confectionner le bricolage par vous-même et prenez des tonnes de photos du p’tit qui bizoune avec la colle. Le p’tit a faim et a trop chaud pour faire le reste. Vous passez proche de tout calisser à la poubelle. Vous terminez la soirée au McDonald’s. #parentsneedabreak

Nous sommes à la mi-juillet et vos belles idées s’effritent rapidement. Vous aviez limité la télévision à une heure par jour, puis deux finalement. Pis fuck off, écoute-la ta maudite émission de Peppa Pig en boucle si c’est ça que tu veux! Vous allez au Costco en après-midi faire des commissions puis manger un hot-dog et une frite pour le souper parce que votre conjoint « travaille tard » encore. Alors que vous contemplez la masse de gens sous les néons aveuglant vous vous demandez comment vous allez survivre jusqu’à la fin des vacances. #stareintotheabyss

Le ton monte d’un cran chaque jour. Les pleurnicheries aussi. Vous forcez votre enfant à s’ennuyer et à s’occuper tout seul, mais il passe son temps à vous achaler de toutes les façons imaginables. Les articles du Net ont menti comme les vendeuses de sous-vêtements du Simons. Vous feignez une violente diarrhée pour vous réfugier à la salle de bain, mais peine perdu, le p’tit vous retrouve toujours. Comme les vélociraptors de Jurassic Park, il sait ouvrir les portes. Vous allez au parc pour fuir la couleur délavée de vos murs et vos vitres sales qui vous accusent de ne rien faire. Votre p’tit coure dans les jeux d’eau avec un autre garçon. Vous essayez de vous faire ami avec la mère du garçon pour ensuite lui proposer des sleepovers d’une semaine/une semaine. Vos larmes de panique et votre sourire terrifié la rendent légèrement mal à l’aise. Elle vous menace avec son Pepper Spray. Vous abandonnez le parc et votre sac de plage. #whenwillthistortureend

Votre p’tit écoute la télévision pendant toute la matinée alors que vous regardez le restant de bricolage qui traîne sur la table du salon depuis le début des vacances. L’échec vous sourit sous forme de gouache et paillettes éparpillées, les décombres de vos belles intentions.

Les vacances de la construction arrivent ainsi que l’absolution à cet abyme qui vous engloutit de jour en jour, votre tendre conjoint. Il est le héro des vacances, rutilant de muscles et de belles idées! Roadtrip, valises, glacière, hôtel, camping, sortie familiale! #makingmemories #pleaseshutthefuckup #planningiforuptightpeople #soblessed

Août se pointe. L’insidieux temps froid aussi, masqué dans le vent, traînant sa promesse terrifiante du retour au travail, du retour à l’école, du retour à la réalité. Vous avez le souffle court, les mains serrés. Les publicités mentent. Vous n’êtes pas si excités que ça de renvoyer vos enfants à l’école et à la garderie en fin de compte. Le pincement au cœur est bel et bien là. La sainte paix est proche, pis vous la voulez plus vraiment. C’est là toute l’essence d’être parent. La proximité, la chaleur, l’étouffement, les pleurs, le besoin d’être proche et éloigné, d’être tranquille et dérangé, d’entendre les cris et le silence. C’est le plus beau paradoxe qui existe. Pis les souvenirs se sont créés d’eux-mêmes malgré tout.

Dada Blaise

Comme le disait ma grand-mère: sharing is caring. 

 

 

 

 

 

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