Papa pis Dada: Le Making Of

Mon couple va célébrer ses dix ans, et une nuit la semaine passé alors que je donnais le biberon avec les yeux crossside, j’me suis dit que je pourrais écrire l’histoire palpitante de notre rencontre, comme ça si jamais je meurs ben mes enfants sauront comment leur deux papas se sont rencontrés. Pis je sais également que vous vous tortillez d’impatience jours après jours à savoir les origines de mon couple, donc je vous offre ce cadeau de Noël à l’avance juste pour vous autres.

Remontons dans le temps de quelques années, dix ans pour être précis. Ahh 2007. Une époque différente, un temps différent. Un temps où Brad et Angelina étaient toujours ensembles et procréaient un nouveau bébé à chaque nouvelle semaine. Un temps où Facebook n’en était qu’à ses débuts, où l’iPhone arrivait dans toute sa glory et où Britney décida de se raser les cheveux.

C’était un temps où Dada était un jeune homme fraîchement sorti de l’Université, avait de petites fesses rondes et rebondis, une chevelure chatoyante et de l’énergie débordante. Papa lui vivait dans un autre monde complètement…la rive nord si vous pouvez croire ça, fraîchement arrivé à Mourial, rutilant de simili muscles et avec un ventre presque plat. Papa sortait d’une longue relation et après quelques mois de frivolités, était enfin prêt à quelque chose de plus sérieux. Il s’était acheté de nouveaux meubles, une plante verte, un bébé chat et un nouveau système de son qui faisait vibrer le plancher pour aller avec sa brand new télévision flat screen de 20 pouces.

Dada était célibataire depuis un boutte, allant de dates bizarres en dates bizarres, politiciens, acteurs nébuleux, gars qui trippe sur la porn de Batman et qui l’affice sur ses murs, bizounes croches, chandelles parfumées en forme de cône et love addict terrifiant. Bref, pas très prometteur. Arrive décembre. Tanné de tomber sur des taouains qui l’attirent pas ou qui ne rient pas de ses blagues coquines et sarcastiques, Dada décide de mettre le tout sur le tout puis d’utiliser Réseau Contact pis son p’tit moteur de recherche sophistiqué.

Aweille le fantasme que j’me dit. Je coche la bonne bracket d’âge, les intérêts, la grandeur pis toute. 5 photos ont retontis sur mon écran. Yark. Trop loin. Bof. Ouhhh…interesting. Je regarde pas la dernière photo. Je vais sur le profil de mon futur époux/conjoint de fait, pis j’regarde la photo de ce grand costaud, tout sourire dans son p’tit polo rose tendance, clean cut pis yeux bleus des mers du sud. Il disait pas grand chose, juste une référence de catalogue Sears, pis j’trouvais ça charmant. Ça semblait trop beau pour être vrai,mais vl’à ti-pas que j’pitonne pis j’lui fais signe que wink wink, tu m’intéresses buddy. Il me répond. On se jase sur MSN messenger, parce que dans le temps c’était de même, pis on s’jase au téléphone. Futur Papa est stressé de dire mon nom, il a peur de mal le prononcer. Moi j’ris comme une écolière en me tortillant sur ma chaise pis en mâchant ma gomme. Me semble qu’on s’adonne bien que j’me dis. Il reste une semaine avant les vacances de Nouëlle, pis il m’invite à une date le vendredi. J’accepte en me pinçant secrètement les mamelons.

Malheur, Dada a oublié que depuis quelques semaines, il fait des palpitations cardiaques étranges par moment pis que ledit vendredi du super rencart, il doit porter un appareil sur le chest qui mesure les battements de son cœur. Il rappelle son beau Brummel au téléphone et lui raconte l’anecdote. Papa répond que ça dérange pas. Ben coudonc.Vendredi arrive pis les deux tourtereaux se donnent rendez-vous au summum des endroits romantiques, le Dix30. Papa attend devant le cinéma avec son p’tit veston assorti pis son 6’2 ben sonné. Dada attend dans le char, tellement stressé que le cardiogramme qu’il a sur le corps doit être entrain de surchauffer. Dada est tellement sur le gros nerf qu’il en a oublié son portefeuille à la maison. Dada observe sa date depuis son p’tit char. Il est grand, check. Il est costaud, check. Il ne semble pas roux, check. Il ressemble à sa photo, check. 1, 2, 3 go, Dada sort du char pis marche jusqu’à Papa.

Tsé souvent les gens disent que tu l’sais tout de suite oui ou non si ça va marcher, si tu va bien t’entendre avec une personne? Ben c’était ça. On s’est salué un peu awkard, souri, pis tout de suite ça marchait. C’était facile. Gênant un peu, mais facile. En quelque part, ben caché dans le fin fond de nous autres, c’est comme si on savait. Sans se le dire vraiment, mais on l’savait un peu tout les deux qu’on fittait ben ensemble. La soirée a été comme vous vous l’imaginez: restaurant, regards furtifs, effleurements sous la table, gossage parce que le souper est fini pis qu’on veut pas trop que ça soit fini parce que Dada, prudent pis sur la défensive, avait prévu seulement un souper, proposition d’aller au cinéma, déambulage dans un Dollorama, pis film un peu plate. Papa a tout payé, comme un gentlemen qui sort sa doudounne pour les grandes occasions (Dix ans plus tard, mon chum croit encore que j’ai fait exprès, mais non, j’ai vraiment oublié mon portefeuille ok là!).

À la fin de la soirée, Dada prévient qu’il a effectivement son appareil qui lui mesure ses battements de coeur. Papa blague qu’avec ça il pourra pas se passer grand chose entre eux deux. Dada rigole qu’il n’est pas aussi facile, ah ah ah (mensonge!). Sous la p’tite neige, les deux se disent au revoir encore une fois un peu malaisant. Le lendemain matin, Dada s’arrache son appareil du corps pis ça fait mal en chriss. Surprise, en avant-midi, c’est l’autre toé chose, Papa en personne qui appelle pour dire qu’il veut aller faire des courses sur la rive-sud du bonheur, pis demande à Dada s’il veut l’accompagner. Ben coudonc, pourquoi pas qu’il dit, même si en vérité il saute en petite culotte dans la pièce.

Une ride de char plus tard avec des effleurements de mains lorsqu’on change les pitons sur le radio, Papa ramène Dada chez lui pis lui donne un beau gros bisou avec la langue pis toute, pis c’est de même que ça commencé.

Qui aurait pu croire que dix ans plus tard, on serait encore ensembles à se donner des bisous pis à s’effleurer les mains en changeant des couches pis en prenant des p’tits dans nos bras? C’était peut-être pas la romance du siècle, ni écrit dans les étoiles, mais bonyeu my love, on est encore là aujourd’hui, se tapant sur les nerfs à tout bout de champ pis se lovant ben ben collé quand qu’on peut, avec en prime deux p’tits gars à nous deux.

Bon dix ans my love, je nous souhaite plein d’autres années à rester effouarés sur le divan, ensembles. xxx

 

Dada Blaise

 

 

 

 

 

 

 

Parler Avec Son Enfant (Ou le plaisir d’entendre son nom être répéter 45 mille fois)

Avant d’avoir un enfant, je m’imaginais moi, mince et avec un sourire blanc scintillant, parlant des heures avec ma progéniture. Je me disais qu’une des plus belles facettes d’être parent était sûrement les conversations amusantes et attendrissantes entre un parent et son enfant. Oh mon doux que j’allais jaser avec mon p’tit! Les heures que j’allais passer avec lui, riant, répondant à tous ses questionnements sur le monde, lui ouvrant la porte sur la philosophie et l’esprit critique, lui faisant découvrir mers et mondes, forêts de l’imaginaire et vaste circonférences astrales. Nos discussions seraient pas mal le ciment qui souderait notre lien si fort et si puissant.

Quand j’voyais les autres parents à l’épicerie ou ben au parc ou bedonc dans des situations sociales agir du genre:

Enfant: J’veux c’t’affaire-là!

Parent: Sâcre-moi la paix!

Enfant: Pourquoi l’auto est rouge?

Parent: Parce que c’est d’même!!!!

 

J’avais alors presque envie de courir jusqu’à ce pauvre enfant et lui demander de venir vivre avec moi, loin de ces ingrats de parents qui ne savaient donc pas écouter leur enfant.

Moi, je ne dirais jamais à mon enfant de me sacrer patience. Moi, je ne dirais jamais à mon enfant de se la fermer. JAMAIS! Non, moi et mon enfant utopique nous irions courir dans les paquerettes, sous la voûte des cieux azur et observerions les nuages et parlerions toute la journée des mystères de la vie.

Fac quand Petit Pou est bel et bien arrivé dans mon foyer, tu peux t’imaginer que j’avais donc hâte qu’il me parle. J’avais vraiment hâte qu’il dise « Dada ». Qu’il m’appelle, moi. Qu’il est besoin de moi. Qu’il veule me parler, à moi. Je passais mes avants-midis à répéter « Dada » comme un forcené devant les yeux curieux de mon bel enfant, qui déjà semblait se dire « voyons qu’est-ce qu’il me veut lui calisse? ».

Puis un jour, c’est enfin arrivé. Le p’tit a bel et bien dit « Dada ». Pis pas juste par hasard ou ben entre deux prouts plein de bave. Un vrai « Dada » bien senti, qui allait drette dans le coeur. Les jours ont commencés à défiler à la vitesse de la lumière, pis le p’tit y allait de bon train avec « Dada » par ici pis « Dada » par là. Pis ben vite, ça a commencé à ressembler à des situations que j’avais déjà vu…

Le p’tit a vite catché d’autres mots également. Dans le temps de le dire, il savait comment demander « Pourquoi ». Une belle combinaison avec le mot « Dada ». Dans le genre:

Dada, pourquoi la carotte est orange?

Dada, pourquoi toi un gros ventre?

Dada, pourquoi le monsieur est foncé?

Dada, pourquoi le chat vomi?

Dada, pourquoi toi tu bois du gin à même la bouteille?

Je m’étais ben promis comme un épais de ne jamais dire à mon enfant de se la fermer, que j’allais apprécier chaque petites questions, mais tsé…Quand le p’tit m’a demandé pourquoi il y avait des trous dans son nez, j’ai failli répondre: « Pour que tu puisses respirer chriss de cave! » Mais comme je sais comment me contenir, j’ai juste répondu: « Là j’m’en vais aux toilettes deux minutes, Dada a besoin d’un p’tit break my love. »

Mais tu ne peux pas t’échapper de la parole de tes enfants. Il n’y a aucun endroit pour se cacher. Ils savent toujours vous retrouver…Ma fantaisie que j’ai écris plus haut, où je roule dans un champ de fleurs pis que je réponds aux sempiternelles questions de mon enfant? Ouain…ma fantaisie a changé astheure. Ma fantaisie est maintenant que j’aille aux toilettes 5 minutes sans entendre une question, varger dans la porte ou voir retontir mon enfant à deux pouces de ma face pour me faire demander si je fais caca ou pipi ou me faire dire « Je veux voir dans la toilette ce que tu as fait! »

Ces dernier temps, le p’tit a commencé à utiliser le mot « Dada » comme une arme de destruction massive. Sa cible? Ma santé mentale.

Le P’tit: Dada?

Dada: Quoi minou?

Le P’tit: Dada?

Dada: Oui?

Le P’tit: Dadaaaa?

Dada: Qu’est-ce que tu veux?

Le P’tit: Dadaaaaaaaa?

Dada: OUI? QUOIIIIIIIIIIII?

Le P’tit: Dadddddda? Dada? Dadaaa?

Dada: KESS TU VEUX!!??!?!???!???!??!!??!???!???!????!?

 

La meilleure solution dans ce temps-là?

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Tiens, un beau bol de poissons. Astheure va jouer plus loin là. 

Dada Blaise,

pour qui les Goldfish sont souvent la solution universelle

 

Adventures in Adoptionland, part 3: Ze Boutte Rough!

Adventures in Adoptionland, PART 1: Ze Commencement

Adventures in Adoptionland, PART 2: Petit Pou Contre-Attaque (avec de l’amour!)

Papa pis Dada, dans leur vie « pré-bébé de l’amour », n’avaient pas de gros questionnements quant à leur futur avec des enfants. C’était assez clair que, biologiquement parlant, ça ne serait pas possible d’avoir un enfant, même si on essayait tous les soirs (oh those were the days…). On était pas mal satisfait de notre vie par contre. Vous devez d’ailleurs pouvoir vous l’imaginer: caviar, champagne, sexe dans le hot-tub, couchers de soleil tout rose, glitter, danse dans les clubs et voyages aux Bahamas…Oui, on pouvait voir tout cela à la télévision dans Occupation Double, assis sur notre grand sectionnel blanc immaculé, en mangeant des chips BBQ. Pis un jour on s’est dit: « Heille, me semble que c’est trop propre pis calme chez nous pis qu’on feel pour avoir un p’tit tout mignon à aimer et éduquer qui serait l’équivalent d’avoir à contrôler les dégâts d’un blender pas de couvercle. » Donc oui, comme tous les futurs parents, un m’ment donné, l’envie d’avoir un enfant nous a pogné. Lors des entrevues pré-sélection, l’intervenante adoption nous a demandée pourquoi on en voulait un exactement. Et en effet, c’est LA question non? Pourquoi les parents ont des enfants?  Je sais que si je posais cette question à mes grands-parents ou mes arrières grands-parents, ils me regarderaient avec un air bafoué tout en agrippant leur Reader’s Digest et leur bol de peppermint pour me dire:

« Parce que c’est d’même. »

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« J’suis parti en famille. » « Batince. »

 

Je comprends qu’il y a une part biologique et survie de l’espèce préprogrammée dans nos esprits qui nous pousse à procréer. Je comprends également que pour certains, c’est un désir profond qui ne s’explique pas, qui se vit. Mais une partie de mon cerveau, la partie logique, froide, analytique, se demande pourquoi l’être humain d’aujourd’hui, qui sait comme moi que le monde est dur, cruel, froid, plein de danger, de risque, de mort, décide d’avoir un enfant.

Je sais également que beaucoup se demande pourquoi un couple serait prêt à adopter un enfant comme nous l’avons fait, avec tous les risques, troubles, pleurs et crises que cela comporte. Pourquoi avoir un enfant dans ce cas? Cette question revient souvent pendant l’aventure de l’adoption. Elle est sournoise, sneaky, te réveille en pleine nuit pour te murmurer à l’oreille, te faire douter. Parce que, oh oui, il y a des bouts difficiles. Chrissement difficile même. Tu ne peux pas t’imaginer à quel point c’est dur pour la tête et le cœur, pour tout ce qui fait de toi un être humain sain d’esprit. Mais on passe au travers. Les humains sont résilients de même. On affronte les pires horreurs pis on survit. Et le plus extraordinaire dans tout cela, le p’tit aussi. Il passe des moments difficiles, tristes, déchirants. Mais il s’en sort. La volonté d’un enfant à s’trouver une place dans le monde est grande, impressionnante. Son besoin de s’faire aimer l’est tout autant. Et toutes ces aventures feront alors de ce petit être un superhéros à part entière, comme ses Supers Parents.

Sans plus tarder, voici la suite des aventures de l’adoption, où l’on plonge tête première, avec témérité et un peu de folie, yeux grand ouverts dans toutes les épreuves qui ont tissé notre famille. Encore une fois, tout ceci est MA propre expérience et n’est aucunement représentatif des autres gens qui vivent l’aventure de l’adoption au Québec.

 

SIXIÈME ÉTAPE: ON S’PARTAGE LE BÉBÉ

Donc tu feel le parfait bonheur avec ton p’tit enfant. Oui, il y a eut une période d’adaptation, le p’tit a réagi un peu plus fort que tu t’attendais parfois, mais somme toute, c’est relativement facile. Un beau matin tu reçois un appel de l’intervenante sociale du p’tit qui te rappelle que les visites supervisées vont débuter la semaine suivante. Visites supervisées, tu sais c’est quoi. Tu as été prévenu. C’est des visites qui ont été ordonnées par le juge, celui-la même qui a décidé de placer le p’tit chez vous, même s’il vous a jamais vu de sa sainte-vie. Tu prends note l’heure et l’adresse de la rencontre, pis tu raccroches. La réalité sonne à la porte et rentre chez vous avec ses grosses bottes sales pis il fouille dans ton intimité sans demander la permission.

Le matin de la visite, tu prépares ton p’tit. Tu sors la grosse poche qu’on t’avait donnée quand tu as été le chercher, celle que tu as mise au fin fond d’un garde-robe pour ne plus y penser. Une poche remplie de trucs qui appartient à la maman biologique de ton p’tit. La Bio. C’est d’même que tu vas l’appeler à présent. Elle devient une entité qui reste et plane dans ta vie, un fantôme que tu ne pourras pas chasser facilement. Tu farfouilles dans les trucs et la désolation te serre le cœur. Les maigres affaires de la Bio se résument à un sac à couche, des jouets, des trucs de bébé et du linge trop petit. Tu pognes le sac à couche, une suce et un chapeau que tu trouves pas beau mais que tu prends pareil, question de montrer à la Bio tes bonnes intentions. Tu prépares les bouteilles de lait, ta propre suce, ta doudou, couches et tous les trucs indispensables dans ton propre sac à couche. Tu pars avec bébé dans sa coquille et deux sacs à couche ben chargés d’émotions différentes.

C’est avec appréhension que tu dois donc te rendre dans une autre ville que la tienne, ton p’tit dans sa coquille ben endormi. Première épreuve, ton GPS t’amène en plein milieu d’un champ et tu appelles en panique au Centre Jeunesse pour dire que tu vas être en retard. So far so good. Tu arrives enfin et tu entres dans un petit bâtiment adjacent à une école délabrée. C’est gris, c’est petit, c’est sombre, c’est super. Il y a des affiches de chat dans un pot de fleur (Hang in There) et des enfants qui sourient. Tu t’annonces à la secrétaire, tu signes un papier et tu attends dans la salle d’attente, ton cœur une fraction de ce qu’il peut être tellement tu es nerveux. Tu t’excuses pour le retard. Ce n’est pas bien grave, la Bio est également en retard. Par contre ce retard occasionne une rencontre entre vous deux qui n’était pas prévue, le principe étant que la Bio attende dans la salle et que l’intervenante amène le bébé elle-même. Bang. Face à face avec la Bio. Ici tu vas vivre la relation le plus étrange, houleuse et torturée de ta vie. La Bio est à la fois ta pire ennemie, ta fan incontestée, ton amie, ton cauchemar, ta rivale et ta raison de te sentir coupable. Elle est comme tu te l’es imaginé. Jeune, horriblement jeune, et pauvre. On ne peut pas passer à côté. Elle est comme un cliché dans sa robe trouée et ses cheveux gras et tu te sens affreusement mal et décadent avec tes sandales Puma et ton chandail Ralph Lauren La Bio te fait un sourire rapide et va s’asseoir. Giga malaise. Tu as son bébé avec toi, c’est SON bébé. Une voix te le répète sans cesse dans ta tête, nasillarde pis un peu bitchy. Ce n’est pas ton bébé. Comme tu es fin et aimes plaire aux gens par tous les moyens, tu lui demandes si elle veut le prendre. Elle dit que oui, gênée.

Elle se penche et pogne la coquille et parle avec une p’tite voix au bébé. Toi t’es clairement pas à ta place. L’intervenante arrive, une jeune poupounette qui a clairement terminé ses études la veille. Elle arrive, trépidante de bonne humeur, se présente et indique à la Bio qu’il est temps pour la visite avec la joie d’une cheerleader. Un peu plus pis tu te créerais en camp de vacances. La Bio n’a de yeux que pour le bébé. Tu lui donnes son sac à couche. À ce moment, tu l’haïs la Bio. Tu l’haïs comme jamais t’a haïs quelqu’un. L’amour de ta vie, ce p’tit bébé qu’on vient de te donner est en train de te filer entre les doigts. Pis ta haine part subitement, parce que tu la regardes partir cette pauvre fille-là, pis tu comprends. Tu comprends qu’elle a pas demandé à être comme elle est, à vivre ce qu’elle vit. C’est une fille qui a pas pigé le bon numéro dans l’jeu de la vie, pis sa réalité est à des kilomètres de la tienne. C’est comme se retrouver en présence d’un extraterrestre, son monde est tellement différent du tiens que tu ne peux pas t’imaginer comment elle pense ou qu’est-ce qui la pousse à agir. Tu ne peux pas te permettre de la juger car tu n’as aucune idée qu’est-ce que c’est vivre sa vie. Alors tu te fermes la trappe, ben humble, ben terrifié, ben p’tit dans tes culottes. L’intervenante, la Bio et le p’tit dans les bras partent pour la salle. Toi, tu restes comme un codingue dans la salle d’attente. Ici, plusieurs options s’offrent à toi:

  1. Quitter et aller manger tes émotions dans un snack-bar douteux que tu as vu à deux coins de rue d’ici.
  2. Quitter et aller dépenser tes émotions au centre d’achat de la ville.
  3. Quitter et aller brailler dans le char en écoutant Adele en boucle.
  4. Attendre dans la salle d’attente et lire les magazines Sept Jours circa 1996 avec Céline sur le cover, les nerfs en boule, l’oreille tendu pour le moindre pleur.

Comme Dada est pragmatique, il a déjà son muffin pépites de chocolat et émotions trop intenses avec lui, qu’il dévore dans le temps de dire « adieu taille semi-mince ». C’est ici que Dada va attendre pendant 1 heure et 30 minutes à chaque fois, avec la petite secrétaire sympathique qui comprend son malheur, mais qui ne peut rien faire juste de l’autre côté de son plexiglast. Après ce long laps de temps, la Bio et l’intervenante reviennent avec le p’tit. À chaque fois Dada se dis, ça y est, il va parler et va dire tout haut: « J’veux repartir avec elle! C’est elle ma mère! ». Mais le p’tit, qui n’est pas capable de saisir les objets encore, reste dans sa coquille, bien sage. La Bio lui fait un gros bisou et lui parle et n’arrête pas de dire qu’elle l’aime, ce qui est son droit, mais Dada, comme un enfant boudeur, veut lui interdire ces mots. Mais il est maintenant un adulte mature, alors Dada sourit même si son cœur se fend en mille morceaux, parce qu’il comprend la peine de cette fille-là, il comprend l’amour qu’elle veut lui donner. Il comprend que cet enfant-là est aimé par beaucoup de monde, pis que chacun veut qu’il lui redonne son amour. C’t’enfant-là va devoir être partagé entre plusieurs parents, pis il a à peine 3 mois.

La Bio quitte, penaude et ton cœur se resserre plus fort, te faisant réaliser que oui, il est possible que tu feel encore plus cheap qu’avant! Isn’t this great? Ensuite, tu placotes rapidement avec l’intervenante, tu cherches les détails sordides. Est-ce que ça bien été, ton bébé a-t-il pleuré à en fendre l’âme tout le long, est-ce qu’il a bu son lait, est-ce qu’il la regardait, est-ce qu’elle va être apte à le reprendre? L’intervenante te sourit et essaye de te rassurer, mais elle ne peut pas dire grand-chose. Elle te dit que c’était correct, débrouille-toi pour déchiffrer ça comme tu veux. Tu dois donc refaire la grande route jusque chez toi, ton bébé dormant paisiblement derrière, tes convictions et ta vision des chose fracassées au-delà des réparations. Toi tu repars dans ton char qui shine la richesse pis la Bio repart sur sa bicyclette rouillée. Tu gagnes, tu l’sais. C’est toi qui a le bébé pis le beau char, pis elle, elle a rien. Fac pourquoi tu te sens aussi mal?

Et n’oublie pas qu’une fois chez toi, tu dois être comme Mary Poppins et être aimant, doux, chanter, faire voler les objets et faire de la claquette. Qui plus es, tu dois continuer d’épater la galerie, amuser la visite, faire le souper, le ménage, pis avoir du dirty sex sur le comptoir de la salle de bain. Donc ça se peut que, parfois, tu manges tes émotions, tu bois ta peine ou tu dis à ta tendre moitié, sacre-moi patience. Ou tu peux faire comme moi et engueuler n’importe qui.

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SEPTIÈME ÉTAPE: STRAIGHT TO HELL AND BACK

Si tout ça paraît morose et soul crushing difficile, ben ça l’est! Parfois ça coule comme l’eau su’l dos d’un canard, c’est-à-dire que le p’tit réagi pas vraiment, mis à part qu’il est fatigué. Pis d’autre fois, le p’tit braille et braille sans arrêt suite aux visites. Non, non. Pas comme le tiens Il BRAILLE comprends-tu? Braille sa vie. Plus il vieilli, pire c’est. Plus il passe du temps chez vous, pire c’est. Les visites continuent, elle n’arrête pas. Ton p’tit est de plus en plus attaché à toi. Tu te rappelles la période cocooning? Ben c’est à ça que ça sert. À te rendre exclusif au p’tit. C’est dur pour tout le monde, ta famille pis ton conjoint, parce que tu deviens indispensable au p’tit. Mais c’est le but. Ton p’tit va se consoler uniquement dans TES bras, il va boire son lait uniquement dans TES bras, il va s’endormir uniquement dans TES bras. T’as voulu connaître la parentalité, vis là astheure! Nonstop!

Les visites supervisées vont venir gérer ta vie. Elles reviennent encore et toujours, réglées comme un tour d’horloge. Certains les vivent 3 fois semaines, d’autres aux mois. La durée et la fréquence changent selon les cas. Ce n’est jamais le même jour, ça change constamment. Tu pensais que t’avais connu la peur pis l’angoisse parce que t’as écouté The Exorcist avec ton cousin tout seul dans une maison noire en pleine campagne pendant que vos parents étaient en vacances? T’as rien vu mon poulet.

 

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« On as-tu barré la porte en bas? » « J’sais pas. » « Va voir toi. » « Fuck that. »

 

Dada continu vaillamment de se rendre aux visites, comme s’il avait le choix. Il continue de tendre son p’tit vers l’intervenante. Parfois il croise la Bio, parfois non. Elle aime lui parler après les visites, lui donner des conseils. Elle n’aime pas la doudou ou la suce que Dada donne au p’tit. Elle veut sa doudou ou les vêtements qu’elle avait au départ. Il voudrait faire plaisir, mais sa doudou pue la misère et ses vêtements sont trop petits. Il aimerait passer par-dessus ça, mais il est pas capable, parce qu’il est trop impliqué, juvénile et blessé. Pourtant la Bio a encore plein pouvoir sur certaines décisions dans la vie de bébé. Elle choisit s’il peut ou non aller en vacances hors du pays avec sa famille d’accueil. Elle peut choisir ou non si Papa pis Dada peuvent couper les cheveux du p’tit. Elle refuse presque tout. Pas pour être méchante ou bitch, seulement parce que c’est là les dernières parcelles de sa parentalité. C’est sa dernière emprise sur son enfant, pis elle le veut, comme toute mère au monde.

Les visites vont de pire en pire. Le p’tit, qui a 4 mois, pis 5 mois, pis 6 mois, hurle aussitôt qu’il te quitte. Il n’est pas ben. Il ne veut pas se faire prendre par quelqu’un d’autre et veut surtout pas boire du lait donné par quelqu’un d’autre. Le p’tit veut se faire entendre. Et toi t’es où pendant ce temps-là? Bingo! La salle d’attente, à te ronger les sangs. La secrétaire te fait une face défaite, pis toi tu as le goût casser quelque chose. Il faut respecter l’heure des visites, jusqu’au bout. Ça va de pire en pire, c’est l’enfer. L’horreur. Le p’tit est pu ton p’tit. La visite semble se poursuivre chez vous. Ses réactions prennent de l’ampleur. Ça dure 1 jour, 2 jours, 3 jours. Il braille et ne veut pas que tu le touches. Il braille et veut que tu le prennes. Non non t’a pas compris, décode son humeur tout de suite, right now, constamment. Sers-le, aime-le, gère-le, prend-le. Garde-le dans tes bras, berce-le. Non arrête pas, même quand tu penses qu’il est correct, arrête pas. Arrête jamais. Genre tu peux pas vraiment aller aux toilettes, parce que le p’tit a peur que tu t’en ailles forever. Voilà l’étendue des visites. Une anxiété pis une peur de l’abandon que tu dois réparer, rabibocher, recoller à chaque coup. À chaque fois. Alors quand une p’tite caissière du IGA te dit: « Il doit avoir des coliques. C’est pour ça qu’il braille de même. », ben tu as le droit de lui hurler: « TA YEULE! ».

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« Ça doit être ses de… » PUNCH!

 

Pis subitement, alors que tu crois virer fou, un ange arrive. La divine nouvelle intervenante, la kickass intervenante, la bénit entre toutes. Celle qui va te poser une main sur l’épaule pis te dire: « C’correct. On va penser au p’tit en premier dans cette histoire-là. »

Ici je prends un moment pour vous dire que ce n’est pas comme ça pour chacun. Certains ont des histoires d’horreur et d’incompréhension avec leur intervenante. Mais un peu de positif, ça fait du bien parfois.

Donc l’intervenante vous sauve la vie, littéralement, sauve votre couple, votre famille, toute. Un nouveau jugement est décrété par un autre juge, les visites tombent à une fois par mois et l’intervenante mets en place un système pour votre p’tit. Finis les crises interminables, fini l’incertitude. Maintenant on le laisse plus pleurer. Maintenant on lui donne une chance.

J’ai mis beaucoup de temps à écrire cette suite de notre aventure adoption, car effectivement, c’est un boutte extrêmement difficile et surtout, pas très drôle. Mon but avec ce blogue est de vous faire découvrir les facettes comiques de l’adoption et la parentalité en général, donc il m’a été difficile de trouver le drôle dans cette partie de mon récit. Malgré tout, j’ai fait de mon mieux. Et ça m’a fait revivre l’entière gamme des émotions qui accompagnaient chacune de ces visites. Donc j’ai du boire quelques coupes de vin et me suis bercé en pleurant, comme dans l’temps. Ah doux souvenir.

Malgré tout, en revisitant ces moments sombres, j’ai compris pourquoi on voulait avoir un enfant. C’est illogique, ça ne fait pas de sens de vouloir souffrir autant pour un être, que ce soit l’accouchement ou des visites de ce genre. Oui, du point de vue logique, ça ne fait aucun sens, mais les meilleures choses en ce monde sont illogiques, comme l’amour inconditionnel qu’on porte à quelqu’un. C’est ça être parent. Et la preuve ultime est que malgré toutes les épreuves, Papa pis Dada sont en liste pour un deuxième projet d’adoption. C’est ti pas merveilleux, l’être humain?

Ne manquez pas la suite et fin de la saga, Adventures in Adoptionland: Papa pis Dada pis le P’tit, Forever. À paraître quand ça va me tenter.

 

Dada Blaise

Faites comme mon p’tit et « partagez » cet article avec vos amis, c’est-à-dire donnez l’auto verte rouillée qui lui manque une porte à l’autre ami et gardez le reste pour vous.

 

 

 

 

 

 

 

10 Choses que j’adore de mon enfant

J’ai commencé ce blogue avec un article qui s’intitulait 10 Choses Que Je Déteste De Mon Enfant.

La plupart des gens ont rapidement compris que cet article n’était pas une hate list en fin de compte, mais bel et bien un billet pour expliquer comment l’arrivée de mon p’tit avait changé ma vie de toutes les façons possibles, et ce pour le mieux.

Pourtant, maintenant que j’ai de plus en plus de gens qui me lisent (9000 visiteurs, WTF, heu j’capote!!), j’ai commencé à avoir des commentaires et des questionnements à savoir si je me sens bien, si je suis capable de trouver du positif dans ma vie, si j’aime réellement mon enfant et si j’ai besoin de parler à quelqu’un. Afin de vous prouver à vous tous inconnus d’Internet que j’adore soudainement pour cette sensation incroyable que vous me donnez tous les jours à savoir que quelqu’un ait lu et aimés ce que j’ai écrit, voici donc 10 choses que j’adore de mon enfant.

C’est un peu plus doux et émotif que d’habitude, mais j’feel doux et émotif ces temps-ci, so sue me!

1 – Sa personnalité

Ce p’tit-là est incroyablement intelligent et drôle, férocement têtu, et ne se laisse pas marcher sur les pieds. Ce p’tit-là est théâtral et un vrai entertainer. Ce p’tit-là me fait capoter. Les gens nous disent souvent que Petit Pou ressemble physiquement à mon conjoint. Et c’est vrai, aussi étrange que cela puisse paraître. Il a ses traits, ses yeux, sa carrure, son visage. De mon côté, je commence à voir des traces de ma propre personnalité en lui. Il a mauvais caractère, aime faire rire, est extrêmement sensible, a peur de la lune et aime les belles choses. C’est ti pas incroyable? La nature fait sa job et ce p’tit-là évolue avec ses parents, son Papa pis son Dada, apprend d’eux, deviens comme eux. Et c’est quelque chose de magique, au-delà des liens de sang, de code génétique, de comportement préétablie dans l’ADN et autre truc du genre. Ce p’tit-là est véritablement notre p’tit, juste à nous.

2 – Sa p’tite face

Mon p’tit vient d’avoir 3 ans et a toujours sa p’tite baby face. Elle est ronde et chubby et sans prétentions ou mensonges. Pas de bullshit. Il est heureux ou triste et on le sait tout de suite. Il se presse contre ta tête et te regarde de ton son être avec ses grands yeux. Ses yeux sont bleus. Pas un bleu fade ou grisonnant. Non. Un bleu clair, un bleu de ciel, un bleu de possibilité, de vertige. Un bleu comme le bleu des yeux de Papa pis Dada. Un autre signe que la vie est ben fait.

3 – Son rire

L’autre jour je le chatouillais avec intensité et il riait de bon cœur. Un p’tit rire énergique et sincère qui résonnait dans la pièce, un son qui s’accrochait dans les rideaux et qui allait se lover dans les couvertes. Quelque chose d’intemporel, qui resterait pour toujours dans cette pièce-là, imprégné sur nous deux, dans nos mémoires. C’est un rire pour les années à venir, un rire d’enfance, un rire qui fait brailler tellement c’est beau. C’est le plus beau son au monde.

4 – Sa voix

Je rectifie. Le plus beau son au monde, c’est d’entendre la voix de son p’tit qui te dit: « Dada ». Une voix qui te confirme chaque jour que ce que tu vis est réel. Ça t’arrive pour de vrai, c’est pas un rêve ou une belle histoire que tu t’inventes. T’as un p’tit, pour vrai.

5 – Son imagination

Il est capable de faire les pouvoirs de la glace face à un coussin qui est en fait un lion féroce. Il peut me cuisiner du poulet, des concombres et un verre d’eau avec de l’air. Il chasse les Gigantosaures avec son canon laser et sa doudou sur la tête. Il roule, saute, cri, cour, culbute. Il invente des mondes et merveilles, par delà les mots et les sensations qui l’habitent. Il est pareil à moi quand j’étais jeune. Ensemble, on va pouvoir s’inventer mille autres nouvelles aventures, mille autres nouvelles histoires.

6 – Sa sensibilité

Il peut crier à en fracasser les miroirs et les fenêtres quand il est en colère ou qu’il n’a pas ce qu’il veut, mais ce p’tit-là va venir te consoler et t’embrasser en moins de deux pour que tu ailles mieux aussitôt que tu en as besoin. Demander au chien à quel point il se fait bécoter et caresser parce qu’il s’est fait bobo. Ce p’tit-là adore les bébés, il passerait sa vie à les embrasser et caresser. Ce p’tit-là a une empathie qui m’arrive à la cheville. Ce p’tit-là a le coeur sur la main.

 7 – Son fun

Ce p’tit-là aime jouer. Il aime jouer avec ses parents. Il aime rire avec nous autres. Il trippe à aller au parc ou à chanter l’alphabet le plus vite qu’il peut. Avec lui j’peux revivre les cent milles p’tits bonheurs qui peuplaient mon enfance. Avec lui j’peux me rouler par terre et jouer aux Playmobil. J’peux aller me balancer ou faire voler un cerf-volant. J’peux oublier un p’tit temps que j’ai dépassé trente ans. Avec lui j’suis p’tit encore. Son fun est mon fun.

8 – Ses câlins

Quand ce p’tit-là t’enserre de ses p’tits bras du plus fort qu’il le peut en te murmurant « t’aime fort Dada », ton cœur gonfle et gonfle, parce que toutes tes émotions s’entassent les unes après les autres. Un câlin de mon p’tit gars, ça me rend heureux et ému, et triste et nostalgique, et fier et terrifié. Un câlin contient toute la complexité de mon amour pour ce p’tit-là.

9 – Son courage

Ce p’tit-là a vécu des choses invivables. Une séparation à fendre l’âme. Des terreurs qu’aucun enfant ne devrait vivre. Ça a fait de lui un p’tit être unique, hypersensible, anxieux. Ça fait de lui un p’tit qui a pris du temps à marcher, à parler, à s’attacher. Il est comme un p’tit chiot terrifié qui veut qu’on le protège ou comme chat sauvage qui griffe, crache et mord. Moi j’ai tout vécu ça avec lui. Ça n’a pas été facile. Des fois j’ai crié aussi, j’ai perdu patience, j’ai perdu quelques manches. J’me suis senti comme le pire parent sur la planète. Pis lui il est resté. Lui il a pas abandonné la game. Il l’a fait jusqu’au bout, à coup de griffe pis de pleur pis d’effort pis de câlin. Je serai toujours en pâmoison devant sa ténacité à s’faire sa place dans ce monde.

10 – Lui

Mon p’tit a fêté ses 3 ans en février. Et ce week-end, le 28 mai exactement, cela fait 3 ans de ça, nous avons été le chercher dans sa famille d’accueil temporaire. Il était tout petit, un peu amorphe, un peu perdu. Mais ses yeux étaient vifs, il observait. Il analysait avec intensité. Je l’ai pris dans mes bras pis on s’est regardés l’un l’autre dans une cuisine inconnue, dans une maison inconnue. Mon chum était à côté de nous. Notre famille se formait à ce moment précis. C’était assez rapide, un instant pis ma vie changeait, se transformait. On l’a ramené chez nous et mon chum est parti aller faire des commissions, me laissant seul avec ce p’tit-là. Je l’ai assis sur mes genoux, dans mon lit, pis c’est la que c’est arrivé. Je l’ai senti, cette mystérieuse et mystique connexion qui existe entre un parent et son bébé, ce qu’on entend un peu partout, quelque chose que tu ne peux pas expliquer clairement, quelque chose qui est ben secret juste entre nous deux. Une reconnaissance mutuelle. Moi j’suis ton Dada. Toi t’es mon p’tit. Depuis ce temps-là, on s’lâche pas. Pis on s’lâchera jamais.

 

Donc j’t’aime Petit Pou. De dire que tu es la meilleure chose qui me soit arrivée est la sous-déclaration de ma vie.

Dada Blaise, pour toujours