Comment Organiser Une Fête d’Enfant Sans Saigner du Nez

Ahhh les fêtes d’enfants. L’apothéose de la parentalité moderne. C’est ici que le parent peut démontrer tout l’amour qu’il porte à son enfant en engageant des poneys aux couleurs chatoyantes, des clowns non-binaires, créant des cupcakes végétaliens à l’effigie du dernier personnage Disney à la mode, ainsi que des banderoles et fanions confectionnés avec des bouts de rideaux pour décorer la maison en entier.

Malheureusement être parent veut nécessairement dire qu’un jour votre enfant va grandir et d’années en années, il faudra le célébrer avec une petite et charmante fête. Il n’y a pas grand monde su’à Terre qui aime ça organiser un party d’enfants, alors voici donc mes trucs pour ne pas vous retrouver dans le fond de la cave à manger le papier peint:

Première Étape: Choisir un thème

Aller fouiller sur Pinterest comment créer un décor simple et enchanteur sur le personnage qui fait tripper votre enfant. Aller acheter des rouleaux de tulle, des paillettes, du papier crêpe et du fil à pêche. Brailler devant cet espèce de machin lovecraftien difforme qui pend au-dessus de la salle à dîner qui est supposé être un troll.

Foncez jusqu’au Dollorama pis acheter le kit générique de décoration. Tiens, c’est ça ton thème, des ballons pis des chapeaux.

Deuxième Étape: De kessé que vous allez manger

Vous avez deux choix ici:

Ou ben donc vous vous fendez la face à faire des tites crudités pis des mamwichs découpés en triangles isocèles pis en face de Tortue Ninja pour vous tenir ensuite nerveusement derrière votre enfant en jetant violemment des morceaux de légumes dans sa bouche, prouvant ainsi aux autres que votre enfant mange adéquatement tous les jours. #mangetescocombrespourlamourdusainthcriss

Ou ben donc vous faites cuire des tites saucisses dans la sauce VH pis vous garnissez le tout de gros bol de chips, sucrant tout ça sur la table en vous enfuyant dans l’autre pièce avec les autres adultes.

Bonus: fournissez de l’alcool. Il n’y a jamais trop d’alcool à un party pour enfants.

Troisième Étape: Divertir ce beau monde-là

Il y a une raison pourquoi engager des clowns, Spiderman ou un magicien qui twist les ballons coûte une fortune et vos économies pour ce weekend érotique à Platsburgh que vous et votre mari vous étiez promis, c’est parce que faire c’te job-là ça doit être HORRIBLE. J’suis prof dans la vie pis des fois j’me demande combien j’demanderais qu’on me paye si on me demandait de vêtir un p’tit costume tight de Pokémon pour que je danse pis que je chante devant une foule d’enfants survoltés qui carburent sur le jus cheap et les crottes au fromage. La réponse est pas mal cher.

Vous pouvez toujours économiser en engageant un entertainer de prix modique, genre Ariel sur son lendemain de veille qui sent les Uppercut ou ben Anna et Elsa version Showgirls, mais vous risquer de recevoir des plaintes des autres parents.

Votre autre choix est d’organiser des jeux pour amuser les enfants. La croyance populaire est que vous pouvez laisser les enfants s’amuser seul, mais rapidement ils se retrouveront dans la zone adulte à se courir après et passer dangereusement proche de renverser vos précieux verres de vin. Alors pour éviter qu’un enfant déboule les marches ou s’entretuent pour savoir qui aura droit de prendre Zuma, vous pouvez proposer des idées de jeux. Exemples:

La Chaise Musical ou Comment Grafigner Votre Beau Plancher En 5 Minutes

Déballer le Cadeau en Cercle ou Comment Faire Brailler Huit Enfants du Même Coup

Accrocher la Queue de l’Âne ou Comment Taquer une Épingle à Tableau Dans le Front d’un Enfant

Quatrième Étape: Les Goodies Bag

Bon…Non. Juste non là. On peux-tu arrêter cette tradition-là? J’veux ben donner un petit suçon mais aucun adulte raisonnable veut voir son enfant revenir chez lui avec un p’tit sac qui contient de la scrap en plastique parfaite pour s’étouffer rapidement s’empiler sur la table de chevet de votre enfant. Fuck les Goodies Bag.

Cinquième Étape: Le Gâteau

Ahhh shit. Vous vouliez être le roi de Facebook et épater la galerie avec votre gâteau de quarante-six étage qui fait des feux d’artifices pis qui bouge tout seul, mais vous avez découvert que un beau gâteau coloré avec shitload de pâte d’amande ça goute pas ben ben bon pis que personne en mange? Alors quoi faire?

Un gâteau est nécéssaire dans une fête d’enfants, parce que, c’mon, tous les enfants adorent le gâteau, pis les adultes aussi parce que quand il y a le gâteau ça signifie habituellement que la fête est sur le point de se terminer.

Faites donc un gâteau McCain, un acheter au Costco ou si vous êtes chanceux comme moi, demandez à la grand-mère talentueuse ou ben la marraine habile d’en faire un pis faites vous pas chier avec ça!

Sixième Étape: La durée de la fête

Le temps fonctionne différemment dans une fête d’enfants. Un peu comme dans Inception, genre ça passe crissement plus lentement, surtout le plus d’enfants qu’il y a dans la place. Fac après la bouffe, le gâteau pis les cadeaux, sortez l’arme ultime: un film devant la tivi avec du popcorn. Si vous vous sentez wild, spiké les p’tits jus des enfants avec de la mélatonine. Pis après le vrai party commence. #nojudgement

Dada Blaise

 

 

 

 

 

 

Se Chicaner Devant les Enfants

Il y a les couples heureux, ceux qui mangent des pommes saupoudré de cannelle au lieu de chips au vinaigre, ceux qui gambade dans les bois et qui s’offrent des escapades dans des yourtes sans électricité pour se parler dans le blanc des yeux et se retrouver le couple, ceux qui prennent des bains à deux avec des bombes Lush, pis il y a les autres. Ceux qui s’obstinent pour la couverte, qui font l’amour le jeudi soir uniquement par obligation, qui soupirent de frustration parce que l’autre a pas refermé les portes d’armoires et ceux qui se fâchent parce que leur époux semble incapable de mettre son esti de linge dans le panier de linge sale, préférant plutôt le laisser au pied du lit ou bien à quelques pas dudit panier. Get the hint!
Bref…
Papa pis Dada font parti de l’autre catégorie. Ceux qui se chicanent pis qui pognent les nerfs facilement. Il fut un temps où oui nous nous regardions en rigolant et en se caressant la barbe au lieu de s’engueuler lorsque nous avions un petit différent, mais maintenant que nous avons des enfants et que nous dormons en moyenne 4 heures par nuit, il est beaucoup plus facile de se chicaner pour un oui ou pour non.
Voici un exemple:

Dada: Salut!

Papa: Allô.

Dada: Qu’est-ce que t’as? Es-tu fâché?

Papa: Je suis correct.

Dada: Ben pourquoi t’as cette face-là?

Papa: Quelle face?

Dada: Ben t’as l’air fâché.

Papa: J’suis pas fâché, j’suis correct.

Dada: T’as l’air de mauvaise humeur entk.

Papa: Je suis pas de mauvaise humeur, j’viens de te dire que j’étais correct!

Dada: Es-tu certain?

Papa: J’AI DIT QUE J’ÉTAIS CORRECT!

Dada: Heille pourquoi tu pognes les nerfs?!

Papa: Ahhh tu m’énaaarves!

Ce genre de conversation hautement titillante arrive fréquemment dans notre jolie maison de la banlieue. Là je sais qu’est-ce que vous vous dite: Vous chicanez-vous devant les enfants?

 

La plupart du temps, quand un couple à un petit désagrément ou un chriss de gros, l’adage et les grands-mères suggèrent de : »ne pas se chicaner devant les enfants ». Il faut donc attendre que le bébé soit bien pelotonné dans son berceau et le grand assommé par l’épuisement dans son grand lit avant de se retrouver dans le salon afin de se chicaner sur qui avait dit tel affaire sur un ton agressif et de ne plus être certain des paroles exactes. La plupart des experts semblent être d’accord que de vous chicaner devant les enfants n’est pas la chose la plus saine à faire.

L’argument le plus fort est que les enfants apprennent par l’exemple, donc s’ils vous voient vous chicaner, ils reproduiront vos paroles et gestes. ATTENTION, je parle d’une chicane de couple, et non pas de problèmes de violence conjugale ici, je suis pas dans Rupture ou whatever boring émission de TVA. Je suis d’avis de démontrer à mon enfant que ses parents ne sont pas parfait et que du même fait, aucune relation ne peut être à cent pour cent parfaite. Je ne veux pas qu’il grandisse pour un jour se retrouver en couple et avoir sa première chicane et puis se mettre à brailler ou ben partir en courant parce qu’il n’aura jamais été confronté à des parents qui ventilent leurs différents.

Voici un autre exemple de chicane chez Papa pis Dada:

Papa: Qu’est-ce qu’on mange?

Dada: J’ai rien fait, ça me tentais pas pour X raison.

Papa: Ben qu’est-ce qu’on fait?

Dada: On peut se faire livrer quelque chose ou ben aller au resto.

Papa: Ok, où veux-tu aller?

Dada: Ah n’importe quoi, ça me dérange pas. Toi tu veux quoi?

Papa: Je t’ai dit que ça me dérangeais pas. N’importe quoi j’ai pas d’idée.

Dada: Je sais pas. Choisi.

Papa: N’importe quoi!

Dada: J’avais pas d’énergie pour faire le souper, j’ai pas d’énergie pour choisir.

Papa: Ah ça fait tout le temps ça, n’importe quoi j’m’en fous!

Dada: Bon t’es fâché?

Papa: Non j’suis correct!

Dada: T’as toujours l’air bête! Ton linge traine par terre! Lève-toi plus vite le matin!

Papa: T’es jamais satisfait! J’fais toujours tout croche! Tu pognes les nerfs pour rien!

Dada: Aaaahhhh!

Papa: Braaagghhh!

 

Et ainsi de suite. Bref, nous aurions pu garder nos émotions bien profondément dans notre derrière et attendre la nuit venue pour nous engueuler dans le lit, mais nous sommes plutôt du style volatile qui pogne les nerfs rapidement pour ensuite s’excuser une heure plus tard. Ces moments peuvent également être un moment parfait pour enseigner à nos enfants comment régler des conflits. Combien de fois j’explique à Petit Pou qu’il faut dire quand quelqu’un nous dérange, exprimer notre colère en le disant avec des mots et sans taper. Et combien de fois il doit aller s’excuser auprès d’un petit ami après une chicane? C’est la même chose, mais pour les grands. Papa pis Dada se chicanent, ils ne sont pas d’accord, ils se fâchent, s’expliquent puis s’excusent.

En résumé, l’idéal serait de ne jamais se chicaner, mais sans une petite chicane de temps en temps, on aurait jamais de make-up sex.

Dada Blaise

Je suis tanné de penser à lui

Je suis tanné de penser à mon enfant. Je suis tanné de penser à ce qu’il a fait, n’a pas fait, devrait faire ou aurait du faire. Je suis tanné de m’inquiéter sur son avenir, sur la journée de demain, s’il va avoir une belle matinée, un bel après-midi, s’il va faire mal aux autres ou bien se faire mal.

Je suis tanné de penser à lui, à sa condition, à l’autisme. Je suis tanné d’attendre après des réponses qui n’arriveront probablement jamais.

Je suis tanné de voir de la famille, des amis, des collègues, des connaissances et me faire dire comment mon garçon est mignon, et à quel point il n’a pas l’air « autiste » ou « si pire que ça » et de ressentir le besoin pressant de les corriger et d’expliquer qu’en fait il ne va pas toujours très bien, que de s’habiller ou prendre un bain peut r’virer en cauchemar et que de voir son enfant se frapper la tête sur le sol pour se calmer est une image que je ne souhaite à aucun parent.

Je suis tanné de sa rigidité mais je suis également tanné du regard des autres lorsque j’agis pour le bien de mon garçon en sachant où sont ses limites et qu’est-ce qui est mieux pour lui.

Je suis tanné des contradictions des spécialistes, des recherches, des autres parents.

Je suis tanné de mes propres contradictions. Je suis tanné de toujours me demander si telle ou telle intervention est la bonne.

Je suis tanné de me demander si tel ou tel geste est autiste ou simplement normal.

Je suis tanné de ne jamais véritablement savoir exactement ce que je devrais faire.

Je suis tanné qu’il n’y est pas un livre du genre: Le Guide du Parfait Petit Parent du Petit Autiste Parfait.  

Je suis tanné d’avoir à prévoir et gérer le futur d’une simple journée, à me demander si telle activité sera trop pour le petit cerveau de mon fiston, comment il pourra réagir, quelle stratégie je devrai utiliser et quel moyen je devrai prendre pour l’aider.

Je suis tanné d’être optimiste et espérer qu’une simple marche autour du carré de maison avec une trottinette pourrait être un beau moment en famille mais aussi de prévoir le coup en sachant très bien que la frustration et l’échec de ne pas réussir du premier coup feront que mon garçon pourrait se jeter au sol et se frapper ou bien fuir directement vers la rue ou pire encore.

Je suis tanné de ne pas pouvoir m’asseoir dans mon salon sans me faire tourner autour et me faire frapper parce que mon garçon ne sait pas comment gérer son ennuie et est incapable de s’occuper seul.

Je suis tanné d’avoir à expliquer à mon enfant qui veut constamment inviter des amis à la maison que parfois il faut prendre une pause d’inviter des amis, parce que quand il y a trop de gens, trop d’amis, quand il cour trop, qu’il saute, s’excite, mange des cochonneries, ben sa petite tête peut se rempli d’éclairs et que là il peut perdre le contrôle, frapper, se taper, ses éclairs peuvent sortir de sa tête et personne ne veut ça.

Je suis tanné d’inviter des amis pareil pis de sortir ma panoplie d’horaire, de pictogrammes, d’objets et autres trucs, de faire un plan de soirée et de stratégies avec mon garçon, nous épuiser avant même que ça commence et de me dire chriss, ça devrait pas être aussi difficile que ça de prévoir un souper avec des amis. Que moi aussi j’ai le droit de m’asseoir pis boire du vin pis de pas à avoir à m’inquiéter sur si mon garçon va en frapper un autre avec un camion parce que l’ami à passer trop près ou n’a pas voulu jouer comme il l’avait prévu.

Mais après tout cela, je réalise aussi que, oui, ça va toujours être aussi difficile. Difficile va faire parti de mon vocabulaire et ce jusqu’à la fin des temps. Parce que quand c’est difficile, c’est parce qu’il faut que je porte attention. Pis c’est à ce moment là que j’ai le goût d’arrêter de penser à mon garçon, à l’autisme, aux solutions pis aux stratégies.

C’est là que je réalise que dans l’fond, ce que j’veux, c’est juste que mon p’tit gars se sente un peu comme les autres enfants. Que de temps en temps, qu’il puisse courir, pis sauter, pis  s’énerver, pis manger, pis suivre pis faire un peu n’importe quoi, juste pour qu’il se sente comme un p’tit garçon de 4 ans, juste pour qu’il se sente comme un enfant.

Et là, je ne suis pas tanné d’être surpris lorsque mon garçon joue comme si de rien n’était avec d’autres amis ou qu’il fait des câlins aux autres à la garderie.

Et je ne me tannerai jamais d’être presque ému aux larmes lorsque je vois mon garçon jouer pendant plus de 5 minutes avec son petit set Playmobil.

Et je me tannerai jamais de voir un petit geste, un petit mot, un petit sentiment se dégager de mon garçon, quelque chose qui vient prouver que tous les sacrifices, efforts et découragements en valent la peine, au bout du compte.

Et je me tannerai jamais de lui.

 

Dada Blaise

 

Sujets de Discussion Awkward Avec Son Enfant Autiste – Part 1: La Mort

Faque, imaginez-vous donc que ces temps-ci on parle de la mort. Genre sans arrêt. Mon cher et tendre garçon unique en son genre à découvert, dieu sait comment, le sujet de la mort. Pis il veut savoir de kessé que ça implique, comprends-tu? Jour après jour, me voilà bombarder de questions du genre à quel âge on meurt, est-ce que grand-maman va mourir bientôt et où on va quand on est mort. Et tout cela avant huit heures du matin la plupart du temps. Happy thoughts!

Tout cela est en partie la faute d’un chien. Spécifiquement feu Wilson, notre p’tit chien saucisse qui pissait de bonheur sur nos piles de linge. Mon p’tit avait à peine 3 ans quand petit chien a quitté notre foyer et on avait pas mal sugercoaté son départ. Mais vl’à ti-pas que grace à nouveau bébé dans notre foyer, mon grand garçon nous plonge dans les souvenirs larmoyants en regardant son album photos de bébé. Pis qui apparait sur plein de photos? P’tit chien saucisse Wilson. Petit Pou s’ennuie de Wilson. Il en veut un autre. Et comme tous les parents d’enfant autiste savent, quand il a une idée dans la tête, il l’a pas dans l’derrière. L’idée est ben incrusté, il en veut un chien, pis drette tout de suite fucking now, peu importe mes manoeuvres de distractions boboches comme ce joli jouet de chien qui culbute. Frappant un mur et étant un peu écoeuré de me faire demander quand on aurait un chien, je fais comme tout parent coincé fait et je porte le blâme sur mon conjoint:

« On ne peut pas avoir de chien parce que papa peut pas avoir de chien. Il est allergique. Il ne peut pas avoir un chien dans la maison sinon il va tomber vraiment malade. »

Le sujet semble clos et je me félicite chaudement. Pis, vl’à soudain que la logistique autiste de mon garçon s’enclenche pis qu’un beau jour, en revenant de la garderie, mon enfant m’annonce:

« Tu sais, quand papa va être mort là, on achètera un chien. »

Craignant qu’il dévise alors un plan machiavélique de tuer mon tendre époux dans la nuit avec une paire de ciseau dans le but d’avoir un chien, je lui explique prestement:

« Tu sais tu vas grandir et devenir un grand garçon, aussi grand que papa. Tu pourras avoir ton propre chien dans ce temps-là! »

« Mais papa y vas-tu être mort? »

« Non. Papa il va mourir dans très très longtemps. »

 

Pause.

 

« Pis toi? C’est quand tu vas être mort? »

« Dans très longtemps aussi. Je vais être vieux, vieux, vieux. »

 

Je sens le malaise d’un petit garçon de 4 ans face à la brusque réalité de nos vies limités. Il semble bien seul et perdu sur son p’tit siège derrière moi. J’m’arrête dans un stationnement et je tente de bullshiter une réponse un peu fabuleuse, magique et réconfortante à la fois. Personnellement, je tente de garder un esprit ouvert sur le grand mystère de la mort et j’aimerais rien de mieux que d’aller straight au paradis avec des anges tout nus qui ressemblent à Hugh Jackman pis jouer aux cartes avec mes ancêtres pis retrouver mes anciens chiens, mais bof, j’suis quand même réalise. Anyway, peu importe ce qui va arriver, j’me vois mal aussi annoncer à mon enfant qu’après la mort ton corps pourri horriblement dans la terre pis se fait dévorer par des p’tits vers blancs dégoutant. Fac j’opte pour l’option facile:

« Yada, yada, yada, on quitte vers les étoiles pis chacun des petits points brillants dans le ciel c’est une personne ou un animal que tu as beaucoup aimé. Et quand tu t’ennuies de Wilson ben tu peux regarder le ciel et trouver l’étoile qui brille la plus fort! »

Tout est beau que j’me dis. Sauf que j’vois de ses deux confus yeux qu’il est entrain de s’imaginer l’espace tout entier avec un paquet de corps mort d’animaux pis de personnes qui flottent dans l’espace noir et infini de l’espace. Oups!

« Mais Dada, quand tu vas être mort pis papa aussi…moi je vais être tout seul? »

Oufff…Je vois bien sa grande peur, cette éternelle peur qui est resté ancré dans le fin fond de son p’tit coeur, celle qu’il a gardé depuis qu’il a changé de famille à ses 3 mois. Cette peur d’être tout seul, d’être abandonné.

« Qui va s’occuper de moi? » me demande-t-il avec un début de trémolo dans le fond de la gorge.

Je me trouve bien embêté et honnêtement, un peu sur le bord de brailler à mon tour. Faut-il que je sois le plus honnête possible? Et comment je fais quand je ne peux même pas être certain de ce qui va arriver? Fac je lui dit que peu importe ce qui va m’arriver, mon amour va rester là. Direct dans son coeur. Je fais une petite boule avec ma main.

« Mon amour c’est ça. Pis il va être dans ton coeur pis celui de ton frère pis celui de papa. Pour toujours. Mon amour il ne peut pas s’en aller de ton coeur. Donc à chaque fois que tu vas t’ennuyer de Dada, tu vas avoir mon amour avec toi. »

Il me regarde furtivement, ses petits yeux bleus se remplissant de p’tites larmes.

« Tes mots me font rendre triste dans mes yeux mais sourire en même temps. » qu’il me dit  en se séchant les yeux.

J’dis pas que j’ai tout réglé avec ma phrase magique, mais disons que quand il me ressort un « C’est quand tu vas mourir? », j’lui rappelle de toucher son coeur pour vérifier si mon amour est encore là. Pis guess what, il l’est encore.

Dada Blaise

 

 

Papa pis Dada: Le Making Of

Mon couple va célébrer ses dix ans, et une nuit la semaine passé alors que je donnais le biberon avec les yeux crossside, j’me suis dit que je pourrais écrire l’histoire palpitante de notre rencontre, comme ça si jamais je meurs ben mes enfants sauront comment leur deux papas se sont rencontrés. Pis je sais également que vous vous tortillez d’impatience jours après jours à savoir les origines de mon couple, donc je vous offre ce cadeau de Noël à l’avance juste pour vous autres.

Remontons dans le temps de quelques années, dix ans pour être précis. Ahh 2007. Une époque différente, un temps différent. Un temps où Brad et Angelina étaient toujours ensembles et procréaient un nouveau bébé à chaque nouvelle semaine. Un temps où Facebook n’en était qu’à ses débuts, où l’iPhone arrivait dans toute sa glory et où Britney décida de se raser les cheveux.

C’était un temps où Dada était un jeune homme fraîchement sorti de l’Université, avait de petites fesses rondes et rebondis, une chevelure chatoyante et de l’énergie débordante. Papa lui vivait dans un autre monde complètement…la rive nord si vous pouvez croire ça, fraîchement arrivé à Mourial, rutilant de simili muscles et avec un ventre presque plat. Papa sortait d’une longue relation et après quelques mois de frivolités, était enfin prêt à quelque chose de plus sérieux. Il s’était acheté de nouveaux meubles, une plante verte, un bébé chat et un nouveau système de son qui faisait vibrer le plancher pour aller avec sa brand new télévision flat screen de 20 pouces.

Dada était célibataire depuis un boutte, allant de dates bizarres en dates bizarres, politiciens, acteurs nébuleux, gars qui trippe sur la porn de Batman et qui l’affice sur ses murs, bizounes croches, chandelles parfumées en forme de cône et love addict terrifiant. Bref, pas très prometteur. Arrive décembre. Tanné de tomber sur des taouains qui l’attirent pas ou qui ne rient pas de ses blagues coquines et sarcastiques, Dada décide de mettre le tout sur le tout puis d’utiliser Réseau Contact pis son p’tit moteur de recherche sophistiqué.

Aweille le fantasme que j’me dit. Je coche la bonne bracket d’âge, les intérêts, la grandeur pis toute. 5 photos ont retontis sur mon écran. Yark. Trop loin. Bof. Ouhhh…interesting. Je regarde pas la dernière photo. Je vais sur le profil de mon futur époux/conjoint de fait, pis j’regarde la photo de ce grand costaud, tout sourire dans son p’tit polo rose tendance, clean cut pis yeux bleus des mers du sud. Il disait pas grand chose, juste une référence de catalogue Sears, pis j’trouvais ça charmant. Ça semblait trop beau pour être vrai,mais vl’à ti-pas que j’pitonne pis j’lui fais signe que wink wink, tu m’intéresses buddy. Il me répond. On se jase sur MSN messenger, parce que dans le temps c’était de même, pis on s’jase au téléphone. Futur Papa est stressé de dire mon nom, il a peur de mal le prononcer. Moi j’ris comme une écolière en me tortillant sur ma chaise pis en mâchant ma gomme. Me semble qu’on s’adonne bien que j’me dis. Il reste une semaine avant les vacances de Nouëlle, pis il m’invite à une date le vendredi. J’accepte en me pinçant secrètement les mamelons.

Malheur, Dada a oublié que depuis quelques semaines, il fait des palpitations cardiaques étranges par moment pis que ledit vendredi du super rencart, il doit porter un appareil sur le chest qui mesure les battements de son cœur. Il rappelle son beau Brummel au téléphone et lui raconte l’anecdote. Papa répond que ça dérange pas. Ben coudonc.Vendredi arrive pis les deux tourtereaux se donnent rendez-vous au summum des endroits romantiques, le Dix30. Papa attend devant le cinéma avec son p’tit veston assorti pis son 6’2 ben sonné. Dada attend dans le char, tellement stressé que le cardiogramme qu’il a sur le corps doit être entrain de surchauffer. Dada est tellement sur le gros nerf qu’il en a oublié son portefeuille à la maison. Dada observe sa date depuis son p’tit char. Il est grand, check. Il est costaud, check. Il ne semble pas roux, check. Il ressemble à sa photo, check. 1, 2, 3 go, Dada sort du char pis marche jusqu’à Papa.

Tsé souvent les gens disent que tu l’sais tout de suite oui ou non si ça va marcher, si tu va bien t’entendre avec une personne? Ben c’était ça. On s’est salué un peu awkard, souri, pis tout de suite ça marchait. C’était facile. Gênant un peu, mais facile. En quelque part, ben caché dans le fin fond de nous autres, c’est comme si on savait. Sans se le dire vraiment, mais on l’savait un peu tout les deux qu’on fittait ben ensemble. La soirée a été comme vous vous l’imaginez: restaurant, regards furtifs, effleurements sous la table, gossage parce que le souper est fini pis qu’on veut pas trop que ça soit fini parce que Dada, prudent pis sur la défensive, avait prévu seulement un souper, proposition d’aller au cinéma, déambulage dans un Dollorama, pis film un peu plate. Papa a tout payé, comme un gentlemen qui sort sa doudounne pour les grandes occasions (Dix ans plus tard, mon chum croit encore que j’ai fait exprès, mais non, j’ai vraiment oublié mon portefeuille ok là!).

À la fin de la soirée, Dada prévient qu’il a effectivement son appareil qui lui mesure ses battements de coeur. Papa blague qu’avec ça il pourra pas se passer grand chose entre eux deux. Dada rigole qu’il n’est pas aussi facile, ah ah ah (mensonge!). Sous la p’tite neige, les deux se disent au revoir encore une fois un peu malaisant. Le lendemain matin, Dada s’arrache son appareil du corps pis ça fait mal en chriss. Surprise, en avant-midi, c’est l’autre toé chose, Papa en personne qui appelle pour dire qu’il veut aller faire des courses sur la rive-sud du bonheur, pis demande à Dada s’il veut l’accompagner. Ben coudonc, pourquoi pas qu’il dit, même si en vérité il saute en petite culotte dans la pièce.

Une ride de char plus tard avec des effleurements de mains lorsqu’on change les pitons sur le radio, Papa ramène Dada chez lui pis lui donne un beau gros bisou avec la langue pis toute, pis c’est de même que ça commencé.

Qui aurait pu croire que dix ans plus tard, on serait encore ensembles à se donner des bisous pis à s’effleurer les mains en changeant des couches pis en prenant des p’tits dans nos bras? C’était peut-être pas la romance du siècle, ni écrit dans les étoiles, mais bonyeu my love, on est encore là aujourd’hui, se tapant sur les nerfs à tout bout de champ pis se lovant ben ben collé quand qu’on peut, avec en prime deux p’tits gars à nous deux.

Bon dix ans my love, je nous souhaite plein d’autres années à rester effouarés sur le divan, ensembles. xxx

 

Dada Blaise

 

 

 

 

 

 

 

L’Arrivée d’un Bébé Tout Neuf

Il n’y a pas grand chose qui top l’arrivée d’un bébé dans un foyer. Pas même l’achat d’une nouvelle souffleuse ou de l’annonce d’une journée de tempête surprise un mardi matin. Un bébé tout neuf qui arrive dans une maison c’est le monde qui r’vire de bord tout d’un coup, une vie au complet qui change dans un claquement de doigt. Je le sais, ça fait deux fois que je le vis. La différence est que c’te fois-ci, j’étais ben plus préparé. Mettons que je savais dans quoi j’m’embarquais et la marche était moins grande à enjamber qu’en 2013, alors que j’étais un jeune homme avec une tête pleine de joli cheveux chatoyants et des journées entières à lui-même pour faire de la bicyclette et prendre des Cosmo sur le bord de la piscine avec les copines. Le brouhaha et les émotions vives venant subitement de se terminer, j’me suis retrouvé seul avec mon p’tit babylove, pis j’me suis rappelé ces moments-là avec mon premier garçon. Le merveilleux qui venait avec puis toute l’incertitude qui était arrivé par la suite.

Bref, les premiers instants avec un bébé naissant sont vraiment magiques. On a l’impression que la Terre entière est heureuse pour toi. Tout le monde est excité de vous voir et de voir le p’tit bébé, les amis pis la famille retontissent les uns après les autres, les bras chargés de petites tuques mignonnes, petits pyjamas, cadeaux pis de lasagnes aidantes. Le boyfriend, normalement, prend congé et passe plein de temps à la maison pour aider, vous dire d’aller vous reposer et aller acheter de la bouffe Thaï pour le souper. Puis les journées passent et les visites se font moindre et vous vous retrouvez avec votre p’tit bébé tout neuf et son lot de responsabilités. Le quotidien revient subitement avec ses gros sabots et vous tasse la merveille dans le coin.

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Salut! Voilà ta vie maintenant! FOREVER!

Les guides et les bons conseils vous préviennent que de s’occuper d’un petit bébé est difficile, épuisant même, mais il n’y a pas grand chose qui peut vous préparer à ce brusque détournement que votre vie prend en quelques jours. Le nombre incalculable de petites débarbouillettes qui jonchent le sol, la lessive constante, les biberons à moitié vide trainant sur les comptoirs, les taches sur le divan, sur votre linge, votre chaise, vos napperons. Le stress constant à savoir si vous déchiffrer les pleurs comme il faut, si vous le laissez trop ou pas assez brailler, si vous faites les bonnes choses pour créer un lien solide avec lui. Parfois vous êtes assis sur votre divan plein de régurgis avec votre veste à moitié ouverte et vos pantalons mous, votre bol de céréales à moitié mangé et vos piles grandissantes de linges sales pis vous regrettez vos soirées de shooters de Sourpuss où vous vomissiez derrière les poubelles d’un bar avec un étudiant de médecine derrière vous qui attend patiemment que vous terminiez pour vous ramenez à son appartement pour jouer aux fesses pis pas vous rappelez le lendemain.

Vos journées sont longues ou bedonc incroyablement courtes pis vous avez toujours l’impression que vous n’avez rien fait. Les gens vous disent qu’il est donc important de sortir, d’aller dans des groupes avec d’autres jeunes parents et prendre un p’tit café avec eux pis jaser de vomi pis de selles verdâtres, et oui, parfois ça fait du bien, mais aussi, guess what, par boutte vous avez chrissement pas envie d’enfiler des pantalons de neige pour aller courir avec la poussette pis le p’tit tout en regardant d’autres mères aux corps sveltes et aux cheveux plein d’éclat. Pis il y en a toujours une, ou deux ou trois qui raconte que le sien fait ses nuits depuis qu’il a 2 jours, pis l’autre de dire que le sien se tourne déjà de bord pis l’autre renchérir que son chum lui paye toujours un voyage dans le sud avec la nanny après un accouchement pis l’autre elle fait 6 km de jogging tous les matins pour aller ensuite porter secours aux enfants du Tiers-Monde.

Plus souvent qu’autrement, vous vous sentez le seul qui l’a pas l’affaire. Celui qui a pas ben ben de fun finalement. Celui qui est en mode survie.

Ben vous êtes pas les seuls. On est une couple de même, toute la gang. Y’a des jours que c’est difficile, chrissement difficile, pis d’autres que non. Plus souvent qu’autrement, suffit de le dire à quelqu’un d’autre. « C’est vraiment difficile. » « J’me trouve poche. » Ça prend pas de temps que les autres parents vont venir vous confirmer qu’ils ont eut les mêmes sentiments une fois, deux fois, quarante-quatre fois. Mais vous savez quoi? On passe au travers. Les cris de bébé vous tueront pas. Brailler en robe de chambre en mangeant des tranches Singles de Kraft feront pas de vous une loque humaine. Dire que vous vous sentez pas bon fera pas de vous un mauvais parent.

Fac voilà mon premier conseil en tant que Dada pour la 2e fois: Le mode survie c’est ben correct. Faites ce qui faut pour survivre. Allez-y au cinéma avec votre bébé. Mangez la boite de biscuits au complet. Faites du co-dodo. Promenez vous en char pour l’endormir, donnez-y une suce, faites pas le ménage pis écoutez les reprises de Friends toute la journée tout en donnant le biberon. Le pire qui peut vous arriver c’est de vous faire juger par les Eux Autres, pis leur opinion vaut de la marde comme dirait Dada. #cbencorrect #modesurvie

 

Dada Blaise

 

 

 

 

Une bien belle soirée ou Le P’tit VS le suppositoire

Vous vous demandez quel peut être le quotidien d’une famille homoparentale avec un enfant diagnostiqué TSA? Cherchez pas plus loin que drette-là. Attrapez votre pop-corn de la curiosité et votre Pepsi Diet déculpabilisant, pis join the fun!

Le P’tit, ce cher ange merveilleux pis donc bon pour faire des câlins pis faire rire la visite pis nous demander à tout bout de champ il reste combien d’heures avant l’Halloween, était constipé depuis une semaine et demi. Pouet Pouet indeed. Oui, les trucs de matante Suzie et Chantal Lacroix avaient bien été utilisés auparavant pour tenter de le soulager. Prunes juteuses, céréales bien fibreuses, Lax-A-Day, prières à Mr. Hanky the Christmas Poo, tout a été fait. Rien à faire, ce Petit Pou a le sphincter digne de la Muraille de Chine: il est impénétrable.

Rappelons-nous, grâce à cet article, que mon infant a une peur bleue de faire caca. En fait, il a plusieurs peurs concernant la défécation. Il a peur que le caca lui fasse mal. Il a peur que le caca bouche la toilette. Et il a peur de flusher la toilette, parce qu’il craint que la toilette déborde et que ça tombe sur lui. Bref, c’est la joie à chaque nouveau caca! Les enfants TSA ont plus souvent qu’autrement de gros problèmes de ce côté, parce que la plupart du temps, comme pour mon fils, ils sont VISUELS. C’est-à-dire que le traitement de l’information se fait nécessairement mieux avec un contact visuel. La question était maintenant à savoir, de comment faire pour que mon enfant visualise bien son caca?

Parce que pour l’instant, ça n’allait pas très fort. La technique préféré de mon fils lorsqu’il a envie d’un #2 est de croiser solidement les jambes, raidir son corps en entier et espérer que personne ne le remarque tout en retenant le brown stuff le plus longtemps qu’il est humainement possible. Petites fesses serrées veut également dire que petites traces (ou chriss de grosses, c’est selon) de break passe à travers pour aller bien beurrer le tout.

So, après un si long moment sans caca, Petit Pou avait genre un peu beaucoup mal au ventre et à la vie en général. Il avait la mauvaise humeur au fin fond du fond, pis tout le monde, même Bob le chat en avait pas mal ras le bol. Aux grands maux les grands moyens: ça prenait un suppositoire, pis au plus chriss. Hourra pour Dada, Papa devait « travailler tard » ce soir-là sous prétexte que gros projet important pis grosses responsabilités pis toute, fac la douce job dudit suppositoire revenait à lui-même. Fac on r’vient de la garderie pis ça prend 40 000 heures parce que les fucking ponts sont fermés, pis c’est long. En arrivant à la maison, le p’tit a faim et veut une sandwich aux oeufs (quel étrange choix quand on est constipé, mais bon…), mais lorsqu’il s’assoit pour manger ça lui fait trop mal au ventre, donc c’est pas mal signe que ça presse. TSA oblige, Dada, sur l’inspiration du moment, sort la plasticine et un entonnoir (oui, pour le vrai), pis mime de quoi qui s’passe dans le bedon du p’tit quand tout son caca est jammé dans les fesses. Le P’tit regarde ça avec fascination puis Dada annonce qu’il faut donc maintenant lui mettre un « médicament » pour aider le caca à sortir. Le P’tit, grâce au spectacle de pâte à modeler, est finalement prêt. Donc je cours à la salle de bain, pogne l’objet de la tendresse pis revient vers mon enfant qui me fuit subitement, sa belle détermination ayant foutu le camp prestement, pantalons baissés et derrière recouvert d’une substance proche du Nutella. Au yable les beaux ongles et mes jolis pantalons, je prends le petit dans mes bras et le berce tout en chantonnant I Dreamed a Dream. L’enfant est semi-calme, la face rouge et la morve autour de la bouche, j’en profite pour faire la job, et lui donner mon arme secrète: une belle sucette verte.

Là, la peur pogne comprends-tu. Mon enfant crains le « médicament » comme je crains les extraterrestres. Il panique légèrement et je dois le retenir afin que mes beaux divans et murs blancs immaculés #Marilou reste blancs. Fac pas le choix, je recommence mes belles comptines et je berce mon enfant, assis sur un pouf de cuir (blanc évidemment, tout est blanc tendance chez nous sti). Je précise que mon enfant est fesses nus, ne l’oubliez pas. Et que le suppositoire fait peu à peu effet, donc ça juite c’t’affaire-là. Sur mes bras. Et mes mains. Et mes pantalons. Alouette! Petit Pou souffre, il a mal au ventre, il pleure, ça feel pas. Dada a le cœur brisé. S’il pouvait, il irait chercher le caca directement, mais il se garde une p’tite gêne. On rince tant bien que mal l’enfant, fait couler un bain pis tente de faire relaxer ce petit bedon et ces p’tites fesses-là. Après quelques minutes, miracle des Dieux de la porcelaine blanche et de tout ce qui est bon et beau! L’enfant dit: « Envie de caca! »

Sors l’enfant de l’eau, swing-le sur la toilette pis on s’accroche aux rebords. Avez-vous déjà été à genoux devant une toilette avec un dessin d’un enfant qui fait caca dans une main tout en caressant et réconfortant un enfant terrifié? Welcome to our life!

Finalement, tout est bien qui fini bien. C’EST sortit. Avec force violence et quasiment un bruit de « POP! » comme un bouchon sur une bouteille. Pour les curieux, voici une photo:

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Nah! On s’garde une p’tite gêne malgré tout.

Donc c’est ça qui est ça. Dada pis le p’tit ont sacré tout le linge, serviettes et tapis de bain dans la laveuse pis ils ont été prendre une bonne douche bien mérité. Papa est arrivé tout de suite après le dodo avec son Subway et ses sympathies. 

Nos soirées ne ressemblent pas toutes à celle-ci, rassurez-vous. Mais, enfant hors de la norme veut également dire parfois un quotidien juste une p’tite affaire pas pareille comme les autres. Fac on aime pis on sort les stratégies sur le fly pis on essaye des affaires, pis surtout, on en rit un bon coup une fois que c’est passé. Sur ce, bon restant de semaine.

Dada Blaise

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Papa pis Dada VS La Charge Mentale

Hé, vous vous rappelez de l’hilarante déclaration de divers groupes religieux, back en 2005 quand le mariage gay est devenu officiellement légal pis que là tout le monde s’énervait donc le poil pubiens en disant que la société allait s’effondrer pis que les enfants allaient être confus et en détresse parce que les rôles des parents ne seraient plus clairement définis pis toute le chior pis l’apocalypse pis les grenouilles qui tombent du ciel pis matante Denise qui ne sait plus à qui faire la carte de Bonne Fête des Mères.

Well, well, well…r’garde donc la date toé chose. 2017. Pis non la société s’est pas auto-détruite pis les familles homoparentales continuent de pousser comme la belle mauvaise herbe fashion et trendy qui la caractérise. La croyance que les couples homoparentales viendraient nuire à l’institution de la famille semble un peu dépassé. Tout ceci originait du simple fait que pour beaucoup de gens, les rôles parentaux sont clair, net et précis. Je vous le résume en quelques mots: le père travaille et s’occupe d’amuser les enfants de temps en temps. La mère fait tout le reste.

J’pensais pourtant qu’en 2017, notre belle et merveilleuse société moderne aurait appris à passer par-dessus une telle notion, mais quelle ne fut pas ma surprise de voir des vidéos et des posts hilarants (not!) de mères donc ordinaires débordés par la vie  et le trop plein de verre de vin, accompagnés de leur mari ridicule qui ne sont pas capable de faire un pas devant l’autre sans s’enfarger dans leurs souliers, donc surtout pas capable de passer une soirée avec leur enfants, ni de trouver l’allée des épices dans une épicerie. Ben non, les stéréotypes n’ont toujours pas quittés la stratosphères parentale semble-t-il, et c’est bien dommage.

Voilà donc Papa pis Dada, fier parents du p’tit devil qui aime les billes pis le film Mon Voisin Totoro, marchant bravement au travers cette jungle de parents aux rôles bien définis. Comme la plupart des couples homosexuelles de notre belle planète, on a appris à improviser au fur et à mesure sur nos diverses tâches. Puisque nous sommes deux hommes, il n’y avait pas de rôle pré-établi par rapport aux habituels clichés de qui part les chicanes, qui initie le sexe, qui va changer les couches, qui va couper le gazon, qui va se trimmer les ongles au-dessus du lavabo et qui va faire la vaisselle en écoutant du Lana Del Rey.

Parce que la réalité moderne est tout autre. Malgré nos beaux pétages de bretelles pis nos belles tapes de félicitations dans le dos que nous sommes donc ouvert d’esprit pis avant-garde pis hipster pis « égaux », le couple moderne est encore un peu beaucoup prisonnier de son genre masculin et féminin. L’homme fait telle affaire, la femme fait l’autre affaire. Monsieur gosse sur le iPad, Madame torche pis s’épivarde comme une poule pas de tête sur le statut du couple pis le problème de mathématique du p’tit. Pas d’échange. La norme est telle. Pis ça m’enrage. Ça m’enrage de voir des vieux clichés ressortir de temps en temps, c’te pauvre père-là tout croche pis donc maladroit parce qu’il a les enfants avec lui. Ça m’enrage de voir des mères que je connais crouler sous le poids des responsabilités, dépassé par les événements parce qu’elles doivent tout gérer dans la maison. C’est le combat du moment. Le mot tendance. La charge mentale. Chercher un peu et vous verrez la tonne d’articles et témoignages sur le sujet. Même La Presse m’a appelé cet été pour me jaser de la charge mentale.

De kessé que les femmes se plaignent donc? M’a vous dire ça drette-là:

Je l’ai connu la charge mentale. La charge mentale c’est le poids perpétuelle du quotidien qui te pèse dans le cerveau. C’est de penser et prévoir et calculer et remémorer tout ce qu’il faut pour que toute la maisonnée soit vivante, au chaud, nourri et au sec à la fin d’une journée. C’est la présence constante, CONSTANTE, de tous ces détails dans ton esprit, alors que tu dois travailler et gérer mille autre chose à la fois. Pis non, ça se met pas à OFF de même.

Au départ de notre périple parentale, j’encaissais beaucoup. Je gérais beaucoup. J’en faisais beaucoup. Papa participait comme il le pouvait, il lui suffisait seulement que je lui demande un peu. Mais c’était justement-là que la situation se corsait. Moi j’anticipais tous les coups, les moindres situations complexes qui pourraient subvenir, alors que mon chum lui attendait le débordement pour agir. Il agissait quand l’Apocalypse survenait, sans se rendre compte que j’avais déjà détruites mille autres petites apocalypse auparavant. On s’est engueulé. On s’est crié après. On a eu du rough sex de la réconciliation ensuite. Mais c’était toujours un peu la même chose malgré tout. Jusqu’à ce que je réalise peu à peu que je mettais mis moi-même cette charge mentale-là parce que je m’étais attribué toutes les taches de la « maman ». Pis là j’ai capoté. Parce que j’ai réalisé que pour certaines choses, je l’avais pas pantoute. J’suis nul pour remplir un formulaire pis me rappeler des dates importantes. J’hais ça faire l’épicerie. J’hais ça aller acheter du linge pour mon p’tit. J’hais ça aller jouer dehors.

Fac peu à peu, Papa pis Dada ont commencé à se partager la charge mentale tout comme les taches de la maison. Ce n’est pas nos organes génitaux qui ont décidés qui ferait quoi, mais nos intérêts. C’tu pas magique ça? C’est ce que je trouvais intéressant. Comment nos familles homoparentales différaient de la norme. Comment nos couples à un genre s’en sortait pas trop pire pantoute finalement. Fac sorry, normalité hétérosexuelle, mais peut-être que pour une fois, vous auriez avantage à faire comme nous. Les critiques et les white trash habituels viendront dire qu’un couple homosexuel vient déformer la réalité parce qu’ils forment un couple « sans genre ». Ouain…mais mettons qu’on applique le « sans genre » à un couple hétérosexuel, cela veut dire que la tendre épouse n’est pas automatiquement celle qui sera responsable de remplir les formulaires de service de garde, de faire à manger, de prévoir les rendez-vous chez le dentiste, préparer la fête thème Mon Petit Poney pour la p’tite, se lever la nuit pour consoler l’autre, se rendre chez le pédiatre pis trouver un cadeau pour la prof. J’pense que beaucoup de mes amies mamans diraient « FUCK YES! » si on venait appliquer le terme « sans genre » à leur couple.

 

Dada Blaise

 

Comment garder votre maison propre quand vous avez des enfants

C’est bien connu, quand votre vie chie dans le ventilo, que ça va donc mal, que vous avez oublié de squeezer le p’tit jus dégueulasse de moutarde avant de l’étendre sur votre sandwich, que votre chum est laissé un bout de facture dans sa poche de jeans pis que là toute la batch de linge était rempli de p’tits chriss de bouttes de papiers qui part pas pis que vous pensiez qu’on était jeudi mais que finalement on est juste fucking mercredi, la seule solution afin de retrouver votre sourire et votre zénitude: c’est de saigner du nez violemment faire le ménage!

Quoi, vous n’êtes pas d’accord? Allons donc! Quoi de mieux que de vous retrouver à quatre pattes le nez à deux pouces du bol de toilette à frotter l’urine de votre jeune bambin qui ne semble pas pouvoir contrôler sa bizoune, avec Patricia Kaas en musique de fond? Qui plus es, le ménage et la propreté de votre maison est ce qui fait de vous un être humain de qualité aux yeux de la société Facebookienne et sa cousine la salope Instagram. N’oubliez pas de prendre le plus de photos possibles de votre décor peint à la main, cadres et breloques en or massif, shitloat de couleurs Pinterest et tête de cerfs, lit baldaquin fait avec un vieux tonneau et du bois de grange et bien sûr, des pots de cactus dans des supports fait de macramé.

 

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N’oubliez pas qu’avant de faire du ménage avec votre enfant votre maison devrait être préalablement spotless. Et n’hésitez pas à donner des produits nocifs à votre enfant. Les fumes des produits nettoyants devraient faciliter la sieste!

Je sais, je sais. JE LE SAIS, OK LÀ? Faire le ménage quand on a des enfants dans une maison, particulièrement de jeunes enfants, c’est next to IMPOSSIBLE. Un jeune enfant peut réagir vivement, voir violemment quand il voit un environnement bien rangé. La propreté vient déranger leur sensibilité et ne soyez pas surpris lorsque vous les verrez vous suivre de pièces en pièces, éparpillant avec un certain sadisme les jouets que vous venez tout juste de ranger alors que vous tentez de replacer pour la quarante dix-huitième mille fois les ostis de coussins décoratifs qui jonchent sur le plancher. Qu’à cela ne tienne, attrapez vos gants jaunes, votre nettoyant multi-surfaces et votre joli sourire, pis suivez à la lettre ces bons conseils propreté:

 

  1. Apprenez à votre enfant à regardez ses jouets au lieu de les toucher, comme un objet dans un musée. La stimulation visuelle est aussi importante que la motricité fine.
  2. Cessez de préparer de la nourriture pour la maisonnée, évitant ainsi toutes traces de miettes sur votre plancher. Mangez plutôt au restaurant en permanence ou allez au Costco sur l’heure du souper pour vous empiffrez dans les dégustations gratuites, une activité familiale qui vous permettra de tisser de beaux liens.
  3. La balayeuse devrait maintenant faire partie intégrale de votre famille. Amenez-là avec vous dans vos sorties familiales et le dimanche à l’épicerie. Passez la balayeuse aux vingt minutes, peu importe l’heure ou le jour.
  4. N’hésitez pas à repartir la sécheuse fréquemment avec la brassée dedans. On n’est jamais trop prudent avec ces plis malfaisants dans les petites culottes ou la belle chemise fleurie.
  5. Agencez votre décor avec les piles d’assiettes sales et les bols de céréales à moitié vide qui traînent sur les comptoirs et dans les éviers au lieu de les laver.
  6.  Faites un estifi de gros ménage au moins une fois pis prenez toutes les pièces en photos. Regardez ces photos de temps en temps en position fœtale dans le corridor tout en braillant dans les minous de poussières gigantesques qui flottent autour de vous.

Donc, cher restant des gens des Zinternet, moms et dads, n’oubliez pas qu’il est normal que votre maison ressemble en partie à une zone sinistré où règne en permanence restant de Goldfish, bas solitaire, calisse de bébèlles inutiles, balles quelconques et bols de yogourt dangereusement proche de prendre vie. Votre job première est de gardez votre enfant en vie pis le faire sourire de temps en temps. Tout le reste n’est que broutille.

#cbencorrect

Dada Blaise

 

Plot Twist: Autisme!

ADVENTURES IN ADOPTIONLAND PART 4: PLOT TWIST: AUTISME!

 

Ouf! J’sais pas vous autres, mais ici on a eu toute qu’une rentrée scolaire! Une nouvelle école pour Dada, un nouveau bébé chaton qui nous réveille la nuit en nous sautant sur les gosses, des chaleurs intenses, le retour d’Occupation Double, mon p’tit qui a embrassé sa p’tite copine de garderie SUR LA BOUCHE, ma soeur qui s’est marié, j’me suis mis à faire du sport, pis, oh, oui, un p’tit diagnostic sur mon enfant, la déclaration officielle TSA. Il n’y a pas trente-six milles façon de l’annoncer. Après plus d’un an d’observation par divers petites madames bien intentionnés, du CLSC au pédiatre en passant par une voyante d’Outremont qui lit dans des boules de crystal, nous avons enfin eu notre verdict: notre p’tit garçon est autiste. Enfin, le nouveau terme est qu’il a un trouble du spectre de l’autisme.

La question qui reste est celle-ci: vais-je pouvoir devenir meilleur amis avec toutes les célébrités à la mode qui campagne pour la cause des enfants autistes? Peut-on toujours faire des blagues sur notre enfant et écrire les hauts et les bas de la vie familiale lorsqu’il y a un enfant TSA sous notre toit? Est-ce que mon enfant va être comme Dustin Hoffman dans Rainman et m’aider à faire fortune en escroquant les casinos?

Bien sûr, bien sûr au départ tout n’était pas hilarant et rose fleuri avec de la dentelle pis des pétales de fleurs. J’pensais être pas mal prêt à tout tsé. J’avais lu mes livres sur la normalité adoptive, sur les enfants adoptés. J’avais fait mes devoirs avec les livres sur les bébés, parcouru les forums, interrogés les matantes pis les belles-soeurs. J’avais réécouté De Quoi J’Me Mêle. J’étais prêt.

Pis of course, mon bébé est arrivé pis surprise, j’étais pas prêt finalement! T’as beau avoir lu ben des livres pis des regardé ben des films, y’a pas grand chose qui te prépare à changer une couche abondante dans une salle de bain sans table à langer dans un restaurant de Westmount tout en chantonnant Somewhere Over the Rainbown à un enfant pour qu’il se calme.

J’étais par contre pas vraiment préparé à me sentir poche la plupart du temps. J’étais pas mal confiant en mes habiletés parentales pourtant. Après tout, en tant que prof au primaire, j’étais capable de contrôler un groupe d’une vingtaine d’élèves, calmer des crises et attacher des souliers pis rezipper des manteaux d’hiver j’fais ça de toute ma sainte journée, fac j’pensais que je l’aurais facile. Quand j’ai vu mon p’tit la première fois, quand je l’ai pris dans mes bras pis que je l’ai bercé pendant que mon chum était parti acheté des trucs pis respirer dans un sac de papier avant d’hyperventiler par la nouvelle responsabilité d’un bébé, j’me trouvais pas mal bon. J’trouvais que ce p’tit-là pis moi, qu’on était pas mal destiné d’être ensembles. J’trouvais qu’il était à la bonne place, pis qu’on s’rait ben. Le sentiment était bien réel, bien incrusté dans mon coeur. On était meant to be. Flashfoward deux ans plus tard. Quand le Terrible Two commençait. Les crises, les pleurs, les demandes, les cris, les larmes, les crises, encore et encore.

Me semble que c’était difficile que j’me disais. Me semble que c’est, genre, câlissement difficile. Mais bon, l’internet tout entier semblait me dire que oui, élever des enfants était difficile. Pis que oui, le Terrible Two était assez intense, mais que c’était une phase. Une phase pis une autre pis une autre. Fac alors que le temps passait, j’en revenais à ce moment au tout début, entre mon p’tit pis moi, celui qui me disait qu’on était ben ensembles, que j’étais celui dont il avait besoin. Pis je continuais à me sentir poche, malgré les beaux compliments des amis pis de la famille pis du boyfriend. Fac j’ai persévéré, pis j’ai fait comme tout bon parent overwhelmed, j’me suis pitché un peu partout pour essayer à peu près n’importe quoi. Parce que les crises, elles arrêtaient pas. Les tantrums interminables, ils arrêtaient pas. Peut-être qu’on avait besoin de plus d’Omega-3. Peut-être qu’on avait besoin de plus d’air frais. Plus d’espace. Moins de gras trans. Une nouvelle chambre. Plus de probiotiques. Être plus sévère. Moins sévère. Parler en anglais. Une chambre avec des couleurs pastels. Des spinners? Jésus?

« C’est son âge. C’est normal. » ou « Le mien était pareil. Le mien a fait ça aussi. »Voilà ce que j’entendais à droite pis à gauche. Fac j’me disais que j’devais capoter. Ou ben que c’était l’adoption, la normalité adoptive. J’ai même écris là-dessus, parce que tsé, j’vide mon âme à tout bout de champ. Ce qui devenait mélangeant, c’est que mon cher et tendre démon aux yeux bleux et aux cheveux dorés comme le blé ne présente pas les signes habituellement associés à l’autisme. Ou du moins, l’image de l’enfant autiste que je m’était fait. Il est super affectueux. Me regarde dans les yeux. Veut mon attention. Parle comme nous. Puis, les signes pis les petites alarmes ont commencés à s’accumuler. Pis j’ai appris peu à peu à mieux comprendre l’autisme. 

Malgré la normalité adoptive, malgré son âge, malgré ceci pis cela, quelque chose semblait incertain. Il est vraiment doué avec les chiffres, genre un peu trop. Il alignait ses petites autos. Il a un gros imaginaire. Il a une obsession pour les horloges. Il a de la difficulté à jouer seul (voir incapable). Il frappait les amis, s’obstinait, se braquait aux changements. Et les crises…Oh boy. J’en ai parlé quelques fois sur le blog, mais des crises j’en ai vu, et ce de toutes les couleurs. Des crises terrifiantes où mon enfant se frappait la tête avec sa main, se cognait la tête sur le plancher, hurlait à en faire saigner les oreilles. J’exagérais pas quand je le comparais à Regan dans The Exorcist. Les chriss de crises, celles où j’allais m’enfermer dans ma propre chambre, que je devais barrer la porte et respirer à grand coups pour être certain de pas craquer. Parce que j’ai failli. Mon chum aussi. On a compris les parents qui pouvaient r’virer sur le capot. Ceux dont-on entend parler dans les nouvelles. Ceux qui ont enfermés leur p’tit dans la cave ou ben dans un garde-robe, ceux qui ont shakés l’enfant pour qu’il se ferme. Des sentiments noirs pis poisseux pis terrifiants. Pis au travers tout cela, il y avait toujours le même refrain d’un peu tout le monde:

« C’est son âge. C’est normal. » ou « Le mien était pareil. Le mien a fait ça aussi. »

J’ai essayé plus fort, plus ardemment. Aweille les ateliers créatifs pis les marionnettes pis les flûtes de pan relaxantes pis la lavande ingurgité de force. Ignorer ou ben tenir tête, les timeouts, les punitions, les récompenses, la prise de poids excessive pour noyer sa peine avec les chips du désespoir, tout y a passé. Arriver jour après jour à la garderie pis entendre les difficultés, les épreuves, les crises. Se débiner à tenter de trouver exactement où était le problème, parce que damn it, dans mon fin fond du fond, j’savais qu’il y avait quelque chose qui clochait. Pis finalement, ça s’est fait. Pas plus tard que la semaine passé. Fidèle à nous-mêmes, Papa pis Dada ont rigolés avec les pédopsychiatres et les spécialistes. Il n’y a pas eu d’énormes crises de larmes, pas d’arrachage de linge, pas de « DAMN YOU LIFE! » en hurlant vers le ciel. Juste un soulagement. Un énorme poids sur les épaules qui a disparu. Une piste à suivre. Un p’tit sentiment de: sti j’avais raison.

Fac on en est là. Savoir que mon enfant à un trouble du spectre de l’autisme a pas changé mon amour pour lui. Ça ne l’a pas changé non plus. L’étiquette que lui colle et qu’il aura toute sa vie ne le change aucunement à mes yeux. Il reste pareil, il est le même ti-gars qu’avant. Je ne crains pas l’étiquette qu’il a. Je ne crains pas le mot. Je sais simplement maintenant comment mon enfant fonctionne et comment j’vais faire pour l’aider au maximum de mes capacités.

Donc voilà pourquoi il y a longtemps que je n’ai pas écris. Il m’a fallu du temps pour savoir si je devais continuer ou pas. On est encore là finalement. Tant de questions et beaucoup d’incertitude, c’est pas mal le deal avec tout, n’est-ce pas?

Papa pis Dada pis le p’tit; notre famille juste un peu différente, avec maintenant un p’tit extra de pas pareil comme les autres!

 

Dada Blaise

Pour lire les autres aventures de l’adoption, c’est drette-là: 

Adventures in Adoptionland, PART 1: Ze Commencement

Adventures in Adoptionland, Part 2: Petit Pou Contre-Attaque! (Avec de l’amour!)

Adventures in Adoptionland, part 3: Ze Boutte Rough!