J’aime pas ben ben jouer avec mon enfant

Moi j’suis un joueur. Dans le genre que j’aime ça jouer à un paquet d’affaires. Aux cartes, aux jeux de société, aux fesses, au Nintendo, name it. Fac quand est venu le temps que j’aille un enfant, j’me disais que j’allais kickassé dans le domaine des jeux avec son enfant. J’me voyais, une belle vision de moi dans une chemise blanche échancré, full cheveux golden sur la tête courant dans les champs avec mon enfant, jouant à la tag ou à chat perché puis buvant de la limonade à la lavande en faisant de la pâte à modeler, que j’avais confectionné moi-même avec ledit enfant, créant des animaux de la jungle et lui apprenant de belles leçons de vie par la suite.
Mon grand garçon est maintenant âgé du doux-et-pas-du-tout-chiant âge de 5 ans. Mon bébé approche dangereusement du 1 an. Et quand le plus grand arrive vers moi tout fringant avec son petit air je-croque-dans-la-vie pis qu’il me dit: « Dada, je veux que tu joues avec moi s’il-te-plaît! », j’me dis deux choses à moi-même: « Mon doux qu’il est poli cet enfant! » et « Oh Seigneur Dieu, pas encore jouer ciboire! »I know, I know, je sonne comme le pire parent ingrat et détestable de la Terre, mais je ne suis qu’un homme de 36 ans! Je vis et je souffre et je mérite d’avoir une petite pause de temps en temps bazouel! Dans les nombreux cas où mon enfant me demande de jouer avec lui, je répond parmi les choix suivants:

  • « Bien sûr mon petit lapin! Jouer avec toi me ferait super plaisir! »
  • « Ah peut-être tantôt, d’accord? » (ma réponse préférée)
  •  « Joue à côté de moi, c’est presque pareil! »
  • « Dada peut pas, faut que je plie le linge de la sécheuse! »
  • « Non, j’aimerais mieux me planter une fourchette dans les yeux à la place de jouer avec toi! »
  • « Achale-moi pas j’fais caca bâtard! »

Mais bon, la plupart du temps vu que j’suis pas trop si pire que ça, j’fini par jouer avec lui. Par contre, jouer avec un jeune enfant, qui est TSA de surcroît tout en ayant un jeune bébé qui apprend à marcher dans les pattes, n’est pas toujours évident. Laissez-moi vous le démontrer par des exemples:

  1. Je choisis jamais les jouets que je veux

Mettons qu’on joue aux petites autos, vous savez ce jeu palpitant qui consiste à faire rouler en rond des p’tits chars en faisant « vrrrrrroooooommm » pendant une demi heure, ben qui qui va se ramasser avec la petite auto couleur jaune pisse qui lui manque une roue? Ou si on joue aux pouliches, qui va avoir la vieille pouliche couleur blanc sperme avec une patte mâchonné par le chien? Ou si on joue à la Pat Patrouille, qui qui a Galineta pis c’est toute? Ou si on joue à la Barbie, qui qui va avoir la vieille Barbie unijambiste nue avec les cheveux grichoux et qui semble avoir passé sa vie sur le trottoir? Bref vous voyez où je veux en venir. Dada peux juste jouer avec la scrap.

    2. On ne joue pas vraiment

Après s’être assis à même le sol comme une Geisha dans un congrès de businessmen, on pogne chacun nos bébèlles respectives pis après il y a deux scénarios possibles:

Ou bendonc je joue tout seul et mon garçon me regarde comme un spectateur (c’est son côté TSA, il observe et analyse ce que je fais pour le recopier plus tard) pis j’me sens comme un animateur de foule avec mes p’tites autos et mes pouliches, OU ben mon garçon part dans un scénario ultra complexe et difficile à suivre et si j’ose suggérer un tant soit peu de créativité, j’me fais fusiller du regard sur le champ. Either way, il faut vite comprendre qu’il n’y en a qu’un qui commande, pis c’est pas moi.

Donne moi un jeu de société ou ben des Legos, j’sais quoi faire avec ça, mais la plupart du temps, mon ti n’enfant TSA veut jouer à des jeux qui utilise son imaginaire. Genre:

« Ok Dada, là j’suis un papillon. »

« Ok. »

« Là tu dis, regarde le beau papillon! »

« Oh le beau papillon! »

« Non! J’ai dit qu’il faut que tu dises REGARDE le beau papillon! »

« Ah scuse. »

Le jeu se termine par lui qui fait des culbutes et qui se tortille partout sur le divan en m’expliquant en long et en large une histoire de papillons, de chats, de fille aux longs cheveux, de police, pis de toilettes (si vous connaissez mon garçon, j’ai énuméré ici toutes ses passions. I know, it’s weird, mais welcome to my life). Et ainsi de suite. Bref, on joue pas tant, c’est plus lui qui me raconte des histoires interminables et moi qui me tortille d’impatience en tentant de trouver une idée pour me faufiler vers une autre pièce.

    3. La crise rode toujours

Avant, jouer avec mon enfant était simple. Nous sortions quelques jouets, on s’obstinait quelques minutes à savoir à quoi jouer, mon garçon se fâchait parce que je ne jouait pas comme il faut pis je pouvais retourner à ma pile de linge à plier dans la sécheuse (Laquelle vous demandez-vous? Peu importe, il y a toujours une pile dans linge à plier dans sécheuse. Toujours). Maintenant, c’est un peu plus compliqué. En plus de tous les critères particuliers de mon fils pour le jeu, soit apprendre à écouter d’autres idées que les siennes, apprendre à être un bon gagnant, ne pas se décourager et câlisser la planchette de jeu par la fenêtre s’il pogne un serpent dans le jeu serpent et échelles, etc, il y a maintenant un nouveau facteur de risque dans nos jeu: Godzibaby. Bébé Bonheur arrive avec son sourire pis ses p’tites fesses dans les airs pis détruit tout sur son passage. Il a aussi la fâcheuse manie de prendre LE jouet que son frère avait spotté. Bref, vous vous imaginez la suite.

« TOUCHE PAS! »

« NON! »

« C’EST MOI QUI VOULAIT CE JOUET-LÀ! »

Le temps de jeu avec mes enfants est en fait devenu un temps où je dois gérer des crises et des colères et des chicanes. Et mon bébé bonheur est vraiment Roger Bon Temps pour l’instant, se faire voler une bébèlle ne lui dérange pas pantoute l’air d’allée. J’ose à peine imaginer ce que ça va être dans 2 ans de cela.

4. C’est interminable

On pourrait croire qu’après un certain temps, genre 15 minutes, un enfant pourrait se tanner de refaire le même jeu, mais semble-t-il que d’avoir son parent en otage est le jeu préféré de mes enfants. Qui plus es, même si j’arrête subtilement de jouer avec la petite auto ou la vieille Barbie pis que je sors discrètement mon téléphone ou ben que je regarde mon destin par la fenêtre, mon enfant va assurément me demander:

« Dada, pourquoi tu joues pas? »

« Dada, regarde, regarde là ce que je fais! »

« Dada, tu aimes pas ça jouer avec moi? Tu aimes plus ton téléphone que tes propres enfants hein? Egoïste! »

C’est ça le merveilleux monde des parents. Tous les jours tu découvres de nouvelles choses sur toi, genre que tu es un peu égoïste finalement pis que tu aimes plus jouer au Playstation que de jouer à faire semblant d’être une chenille/chat qui se cache dans des coussins.

Dada Blaise

Adventures in Adoptionland, PART 5: Round Two

Comme vous le savez déjà, surtout si vous êtes des fidèles lecteurs, l’aventure de l’adoption n’est pas de tout repos. Si vous êtes tout nouveau ici, je vous invite de façon sensuel comme le ferait une bonne hôtesse à aller lire les aventures précédentes. Il y a du drame en masse, un peu d’humour, des surprises et des photos de Harrison Ford jeune. C’est de toute beauté. Enfin bref, disons qu’en adoption, tu ne sais jamais comment ça va se terminer. Il y a des bouts qu’on se croirait dans La Mélodie du Bonheur, gambadant dans les pâquerettes avec ton jeune bébé tout beau tout frais, pis d’autres bouts tu tiens la porte de la chambre dudit enfant de force parce qu’il est entrain de péter un moyenne coche, une colère si énorme qu’elle risque d’avaler toute la lumière qui habite ton fragile esprit. Pis le lendemain tu fais des crêpes en forme de lune pis tu fais des expériences avec ton enfant de mélanger du savon à vaisselle dans du lait pis du colorant pis il s’extasie pis mon dieu que la vie est belle. Bref, on l’a pas toujours eu facile avec notre premier projet d’adoption. Toujours est-il que, comme tous les parents de ce bas-monde qui se demande s’ils veulent vraiment un autre enfant, on s’est dit qu’on avait déjà vécu toute la gamme d’émotion avec le 1er projet, kessé qui pourrait arriver qu’on avait pas déjà vécu avec projet number 2?

Ben accrochez-vous à vos brassières, nous avons eu toute qu’une surprise…

Si vous le voulez bien, j’aimerais vous ramenez loin dans le passé, l’année 2017 pour être bien précis. Fin octobre. Éric Salvail venait de réaliser que de montrer sa zoune à ses collègues était une mauvaise idée, Despacito jouait encore en boucle à la radio, le gaz coûtait le même prix pis moi et mon chum on essayait d’écouter Riverdale sur Netflix pis on trouvait pas ça ben bon. Bref, le monde roulait comme il fallait. Rappelons-nous que nous étions fraîchement ou presque déménagé dans notre nouvelle demeure et que nous avions dû mettre sur pause nos projets d’adoption numéro 2, parce qu’il était difficile de s’imaginer prendre soin d’un bébé alors qu’il fallait plâtrer les murs et refaire des divisions de la maison en entier. Ainsi donc, le temps de s’obstiner sur la couleur du plancher pis de manger de la poussière de  gypse pour déjeuner, peindre une maison en entier et se laver dans une tite chaudière comme l’aurait fait Émilie Bordeleau, nous étions enfin prêt quelques mois plus tard à nous remettre sur la liste.

But WAIT que nous disait donc la madame au téléphone. New maison, new inspection dumbass! Encore une fois la charmante dame devait revenir chez nous pour s’assurer que nous ne faisions pas pousser de la marijuana dans la cave et que nous ne cachions pas un enfant mutant dans le grenier. La dame inspecte donc les moindres recoins de la maison et semble un peu fragile sur le fait que notre entrée est encore sur le plywood et également qu’il nous faut une clôture autour de la maison au cas où notre bébé de 2 mois veuille s’enfuir par la porte arrière. Blagues à part, malgré le chiant des restrictions, nous comprenons également le pourquoi. Il faut toujours se rappeler que ledit enfant nous est confié, nous sommes sa famille d’accueil au départ et il est sous la responsabilité du gouvernement. La DPJ n’a pas vraiment le choix de faire respecter ce paquet de contraintes, s’assurant ainsi du bien être et de la sécurité de l’enfant.

Une couple de mille piasses plus tard, la clôture noire frost est posé pis Dada s’empresse de rappeler madame DPJ pour qu’elle nous mettre sur la liste au plus sacrant. Ceci arriva en début juillet. Voulant un peu accélérer le processus, Papa pis Dada décident également de cocher la tite case GARÇON OU FILLE, parce que tsé, ils veulent pas que le bébé arrive quand leur autre enfant pogne ses 16 ans. La décoration style gold ancien, petite biche et fleurs rose avaient déjà été choisi, mais advienne que pourra que j’me dis.

Flashfoward en octobre dernier. Au plus précisément le 2 novembre. Dada est dans une nouvelle école depuis peu, pis c’est le genre de gang super joyeuse, conviviale qui aime avoir du plaisir pis toute. Shit que j’me dis. Double shit lorsque j’apprends qu’ils veulent toute s’inscrire à des cours de sport, pour continuer la belle harmonie de groupe. Du plaisir, de la camaraderie pis du sport. Pas le choix, Dada s’inscrit et se ramasse à faire de l’entrainement EXTÉRIEUR, genre courir en gémissant dans le champ pour ensuite faire une série de push-ups. Pas toute ça là, en plus le jeudi, la gang du plaisir et de l’agrément décide également de s’inscrire à un cours de Zumba toé chose. ZUMBA. Avec de la danse pis des chorégraphies pis des cri de ralliements.

Alors voici donc la scène. Nous sommes un jeudi, après les heures de cours évidemment. Dada et toute sa gang joviales d’enseignants dansent dans le gymnase. Comme une matante déchainé le jour du mariage, Dada danse et se fait brasser le bassin sur de la musique latino/hindou, vêtu d’un T-shirt blanc jauni par l’effort et des shorts trop lousses. Après le Zumba, il doit filer au resto rejoindre des amis parce que le soir même c’est le super événement dans la commission scolaire. Tous les enseignants s’en vont voir un beau spectacle de Katherine Levac. Mais alors que Dada danse et pisse de sueur comme une truie, Papa est au travail, bien occupé à dessiner des plans de maison quand il voit son téléphone qui sonne. L’afficheur indique PRIVATE CALLER. C’est l’appel.

ZE CALL.

On l’informe qu’un BRAND NEW BABY est né il y a 2 jours de cela et que tout indique qu’il pourrait être placé chez nous. Comme c’est tout nouveau tout beau, il n’y a pas beaucoup d’information ni de certitude. Il y a même un risque que le ti prout soit placé dans un centre aidant les jeunes mères dans le besoin. Pour le moment, ils veulent surtout savoir si nous sommes willing d’accueillir le petit garçon. Papa appelle frénétiquement Dada, mais celui-ci danse et danse comme Jennifer Beals dans Flashdance, ignorant la méga grosse nouvelle qui l’attend. Le cours se termine, on se félicite, se tape dans les mains (mais pas sur les fesses parce que le mouvement #metoo vient de naître pis on s’watch tsé), et Dada se dirige à son bureau. Il pogne son téléphone et voit la série de notifications. Il ne fait pas ni une ni deux pis rappelle son mari. Papa raconte tout ce qu’il peut. Dada écoute en s’arrachant une touffe de cheveux tellement il est énervé. Il entend des bribes d’information: bébé naissant, garçon, incertitude de placement et finalement, risque de drogues durant la grossesse. Comme dans les vues, Papa pis Dada ont jusqu’au matin pour prendre leur décision. Dada braille et morve dans son beau t-shirt souillé. Papa est, fidèle à son habitude, calme et posé. Il propose que Dada aille à sa soirée quand même, que chacun de leur côté qu’ils réfléchissent à tout cela et qu’ils s’en reparlent plus tard. Dada, qui n’a aucune once d’autorégulation, arrive au restaurant et déblatère à ses copines ce qui lui arrive.

Vous pouvez également vous imaginez que je n’ai pas ben ben écouté le spectacle de Katherine Levac, mon cerveau étant légèrement occupé à autre chose. Le soir même, après une quasi longue discussion, nous prenons la décision que oui, nous sommes prêts à accueillir bébé, peu importe les risques. C’est ça la game qu’on se dit, même si secrètement on espère que le bébé sera rapidement confié et qu’il n’aura aucun risque de santé. Le lendemain, nous appelons la petite madame et lui confirmons que nous sommes prêt à être la famille d’accueil. Nous avons des questions et elle a un peu plus d’information. Le bébé est en parfaite santé, aucune trace de drogues dans son système, aucune anomalie apparente. Il est sous observation pour encore 3 ou 4 jours. Elle nous dit qu’elle nous rappellera lundi prochain pour faire un suivi de la situation. Elle nous informe également qu’il faut préparer le chambre de bébé.

Encore une fois, nous avons le weekend pour nous préparer à l’arrivée d’un bébé, et cette fois-ci, un poupon de quelques jours à peine. Nous y allons avec les priorités: la décoration de la chambre. Ah ben là, c’est la panique! Quel thème choisir? Et quel agencement de couleur? Et les draps? LES DRAPS!?

Le weekend passe, les achats sont faits, les grands-mères sont informés, les amis aussi, les boites de linge rangés dans le fin fond de la cave sont rouvertes, les biberons sont nettoyés, les shitloads de petites débarbouillettes bien lavés, les ti ours polaire décoratif savamment placés. Nous sommes prêts.

Lundi matin arrive. Dada se rend à son travail. Il enseigne une période. Une. Au début de la 2e, le téléphone sonne. Il apprend que bébé arrivera cet après-midi même. Dada va voir sa douce secrétaire et lui informe le tout, le coeur lui battant dans les oreilles. Sorry, je ne peux pas enseigner aujourd’hui, ni demain, ni même pendant genre 1 an parce que j’ai un bébé qui arrive chez nous. Tout le monde saute de joie! On se saisit les mamelons, on yable les attouchements, ça s’embrasse, ça se colle, c’est joyeux, c’est la fête.

Je suis donc parti de mon école, j’ai été acheté d’autres petits trucs et j’ai été rejoindre mon cher chum à la maison. Nous avons monté le p’tit moïse tout à côté de notre lit et avons attendu que le bébé arrive. Et il est arrivé. Un vrai, petit bébé naissant, avec ses tites n’orteils pis ses ti-doigts pis toute de p’tit, p’tit, p’tit. Un p’tit être tellement nouveau qui émet des sons semblables à des miaulements. Dada à le coeur qui fond, qui explose en mille morceaux de merveilleux, l’univers en entier qui se penche et qui retient son souffle devant ce petit être unique aux grands yeux bruns pis au p’tit sourire en coin. C’est le coup de foudre, of course.

La suite maintenant. Le bout difficile à écrire. L’aventure de l’adoption signifie donc visites supervisées avec les parents biologiques, bouts difficiles, pleurs, cris, terreurs, doute. Mais aventure de l’adoption peut aussi signifier rien de tout cela. Un p’tit bébé bonheur, qui souri de son plein gré à peine à un mois de vie. Un p’tit bébé en santé, heureux, joyeux, qui aime donc la vie pis les gens autour de lui. Un parcours sans visites de parents, sans complications, sans rien. Un parcours qui font même dire aux p’tites madames de la DPJ à quel point on est chanceux. Et c’est pour ça que j’avais peur d’écrire. De peur que le rêve se brise. Que le fait de l’écrire noir sur blanc, de l’annoncer, de le partager vienne assombrir le parcours, que des gros nuages viennent fracasser cette belle réalité. Évidemment, ce n’est pas perpétuellement la belle vie heureuse avec le sentir fleuri pis les anges pis les p’tites abeilles pis les popsicles roses. Mais disons que je pourrais être facilement un parent Eux Autres tellement c’est facile.

Est-ce que le parcours du premier a été tellement tortueux que pour le deuxième je trouve tout beaucoup plus facile? Maybe. Reste toujours que Papa pis Dada n’en reviennent pas toujours de la chance immense qu’ils ont d’avoir eu ce petit être dans leur vie. Ce p’tit bébé qui a agrandi notre famille de plus un. Ce petit être qui pourra bientôt porter notre nom de famille tellement les procédures d’adoption avancent rapidement. Est-ce que le fait de vous le partager viendra gâcher notre bonheur? Je ne le crois pas. Notre bonheur est déjà d’avoir une famille ainsi une famille unique en son genre, fait de deux p’tits gars, deux papas. Me semble que ça manque de fille non? À suivre qui sait.

Pis avant de finir, juste pour vous ramener sur terre un peu, la gastro, cette salope brune qui hante les garderies et les écoles, a décidé de venir s’installer chez nous depuis une semaine maintenant. Mon bébé parfait qui souri à la vie fait des débordements de couche apocalyptiques aux 2 heures. Fac oui notre vie est un beau rêve, mais mon chandail est quand même taché de marde.

Bonne fin de semaine les doudounes!

Dada Blaise

Pour lire les autres aventures de l’adoption, c’est drette-là: 

Adventures in Adoptionland, PART 1: Ze Commencement

Adventures in Adoptionland, Part 2: Petit Pou Contre-Attaque! (Avec de l’amour!)

Adventures in Adoptionland, part 3: Ze Boutte Rough!

Adventures in Adoptionland, part 4: Plot Twist: Autism!

P.S: Je l’sais, je l’sais, ça fait genre 88 semaines que j’avais pas écrit. Qu’est-ce que tu veux, il a fait chaud que l’chriss cet été, pis j’avais pas d’air climatisé! J’étais pas capable de m’asseoir devant mon ordinateur pour écrire, mes doigts étaient trop glissant à cause de la sueur. Pis il fallait que je m’occupe de mon enfant et de mon bébé aussi!

Bon, ok, ok,  j’ai eu un nouveau jeu de Playstation. Pis Netflix. Il fallait que j’écoute Netflix! Je n’suis qu’un être humain!

10 façons d’avoir l’attention de vos enfants

Une des premières leçons que vous apprenez lorsque vous devenez parent d’un enfant qui se met à parler et marcher, c’est que votre enfant devient une personne à part entière. Il a ses propres idées, ses propres envies et sa volonté d’agir. Le monde s’ouvre à lui et voilà ti-pas qu’il se met à s’occuper par lui-même de plus en plus souvent. Bless the Lord! Ou pas. Qui dit enfant occupé, dit aussi enfant qui ne vous écoute pas toujours. Certains ordres et demandes comme « viens souper », « viens t’habiller », « viens mettre tes souliers » et « va te coucher » peuvent être élégamment ignorés. N’est-ce pas génial de ne pas se faire écouter par son enfant? La solution? HURLER, CRIER, LEVER LE TON!

Bon, bon, bon. Ça d’l’air que les enfants sont « sensibles », « fragiles » et sont « de petits êtres tout doux, tout mignons » et qu’il ne faut surtout pas crier ou lever le ton devant eux. Correct, correct. Papa pis Dada vous propose ici 10 moyens autres que de crier pour avoir l’attention de vos enfants :

1 – Allez aux toilettes

Saviez-vous qu’un enfant naît avec un 6e sens? Celui de ressentir les vibrations du siège de toilette. Rendez-vous dans la salle de bain et asseyez-vous sur le siège : ceci déclenchera automatiquement chez l’enfant une profonde curiosité/famine/urgence/alarme. Regardez à quelle vitesse il vous retrouvera assis sur le bol avec votre téléphone en main en train de scruter les fins fonds de Kijiji pour trouver une gardienne disponible pour la journée même. Bonus round: Votre enfant voudra vérifier la largeur de vos défécations et tiendra à lui-même flusher le tout.

2 – Allez vous laver

Le 6e sens est également déclenché par le bruit de la douche. Déshabillez-vous et profitez de 3 secondes d’extase alors que l’eau chaude ruisselle sur votre corps meurtri par les « concours de boxe » de votre enfant. Juste au moment où vous devriez ressentir les bienfaits de la relaxation, l’enfant surgira rapidement pour vous demander une question du genre : « Est-ce que je peux jouer avec l’essoreuse à salade et la pâte à modeler? » ou se plaindre de « la grosse mouche qui vole dans la fenêtre ». Bonus round: L’enfant se joindra à vous, glissera maladroitement dans le fond de la douche, se plaindra de l’eau dans ses yeux et vous questionnera sur votre appareil reproducteur.

3 – Asseyez-vous pour lire un bon livre

Vous êtes bien assis confortablement avec un best-seller recommandé par Oprah elle-même, l’air apaisé et serein? Parfait! Regardez autour de vous! Hé oui, ce sont vos enfants qui virevoltent incessamment en bourdonnant des demandes et des requêtes, comme des mouches autour de la marde du miel. Bonus round: L’enfant aura la bonne idée d’apporter SON livre afin que vous lui fassiez la lecture. Yeah, Frissons l’Écureuil pour la 329e fois!

4 – Essayez de manger des sucreries en cachette

Les enfants sont comme des requins. Ils sentent l’odeur du sang du chocolat à des kilomètres. Ils ont également le pouvoir magique de se téléporter à l’endroit où vous êtes, exactement au moment où vous vous apprêtez à enfourner un shitload de chocolat dans votre bouche. Magie! Bonus round: Tentez d’expliquer pourquoi vous avez le droit de manger ça, et pas eux. #bullshittingisanart

5 – Faites un appel important au téléphone

Rappelez-vous que vous êtes un adulte et que parfois vous devez parler à un autre être humain, et non tout régler par emails/textos. Empoignez le téléphone nerveusement et tentez de parler sérieusement avec l’interlocuteur, alors que derrière, le bruit infernal de vos enfants qui s’approchent dangereusement de vous se fait entendre. Vos enfants ne pourront résister à l’envie pressante de venir vous voir et de vous achaler pour savoir avec qui vous parlez et de vous dire avec une voix de ténor qu’ils ont faim/envie/ont un objet étrange pogné dans la narine gauche. Bonus round: Tentez d’empêcher votre enfant qui tient absolument à raconter ce qu’il a fait au parc à la madame des assurances.

6 – Parlez avec un autre adulte

Cette technique s’applique mieux dans un endroit public, parce que vous êtes toujours seul à la maison, comme la pauvre âme en peine qui noie ses malheurs dans le vin que vous êtes. Trouvez un autre adulte qui accepte de vous parler et engagez la conversation. Particulièrement efficace si vous voulez avoir vos enfants pendus après vous, couchés de tout leur long sur vos genoux ou gigotant comme un ver de terre cardiaque entre vos jambes. Bonus round: Recevez une violente gifle « non volontaire » de votre enfant alors qu’il tentait de vous faire un câlin pour que vous sachiez qu’il était là et qu’il est la seule personne qui compte sur Terre.

7 – Restez pogné dans le trafic

Vous vouliez que votre p’tit répète votre nom cinquante-six mille fois d’une voix suraiguë que seuls les dauphins peuvent comprendre? Bingo! Endurez le son mélodieux de votre enfant et soyez ébahi devant la force de votre lien d’attachement qui vous unit et qui vous empêche de lui pitcher votre café en pleine face. Bonus round: Vous ne pouvez vous échapper de la voiture! Aren’t kids the best?

8 – Essayez de travailler

Tentez d’avoir une vie autre que de préparer du macaroni Kraft et de peler des clémentines, en vous installant avec un portable/cahier/tableau et une craie (whatever, I don’t judge) sur un coin de table afin de travailler. Plus le travail est pressant/important, plus l’enfant devrait arriver vite et insister qu’il veut lui aussi « écrire » ou regarder Pat’Patrouille sur l’ordinateur. Bonus round: Riez follement lorsque l’enfant pèse accidentellement sur le piton power de l’ordinateur. FML

9 – Allez dans votre lit

Le 6e sens de la douche et de la toilette? Il y en a un pour votre lit aussi! Tentez de vous allonger pour vous reposer dans la pénombre bienveillante de votre chambre. Tournez la tête et hurlez de terreur en apercevant le visage de votre enfant à quelques millimètres de votre face. Bonus round: « J’ai fait caca… par terre… regarde mes mains! »

10 – Tentez de faire des cochonneries avec votre conjoint

Le simple fait de grimper dans votre lit n’a pas fonctionné? Alors allez chercher votre conjoint et commencez à faire des galipettes. Tournez-vous et retrouvez votre enfant au pied du lit, les yeux écarquillés et la bouche béate d’horreur. Tadam! Attention assurée! Bonus round: Vous ne pourrez plus jamais faire l’amour de votre vie de jeune adulte!

Dada Blaise

 

 

Papa pis Dada VS La Charge Mentale

Hé, vous vous rappelez de l’hilarante déclaration de divers groupes religieux, back en 2005 quand le mariage gay est devenu officiellement légal pis que là tout le monde s’énervait donc le poil pubiens en disant que la société allait s’effondrer pis que les enfants allaient être confus et en détresse parce que les rôles des parents ne seraient plus clairement définis pis toute le chior pis l’apocalypse pis les grenouilles qui tombent du ciel pis matante Denise qui ne sait plus à qui faire la carte de Bonne Fête des Mères.

Well, well, well…r’garde donc la date toé chose. 2017. Pis non la société s’est pas auto-détruite pis les familles homoparentales continuent de pousser comme la belle mauvaise herbe fashion et trendy qui la caractérise. La croyance que les couples homoparentales viendraient nuire à l’institution de la famille semble un peu dépassé. Tout ceci originait du simple fait que pour beaucoup de gens, les rôles parentaux sont clair, net et précis. Je vous le résume en quelques mots: le père travaille et s’occupe d’amuser les enfants de temps en temps. La mère fait tout le reste.

J’pensais pourtant qu’en 2017, notre belle et merveilleuse société moderne aurait appris à passer par-dessus une telle notion, mais quelle ne fut pas ma surprise de voir des vidéos et des posts hilarants (not!) de mères donc ordinaires débordés par la vie  et le trop plein de verre de vin, accompagnés de leur mari ridicule qui ne sont pas capable de faire un pas devant l’autre sans s’enfarger dans leurs souliers, donc surtout pas capable de passer une soirée avec leur enfants, ni de trouver l’allée des épices dans une épicerie. Ben non, les stéréotypes n’ont toujours pas quittés la stratosphères parentale semble-t-il, et c’est bien dommage.

Voilà donc Papa pis Dada, fier parents du p’tit devil qui aime les billes pis le film Mon Voisin Totoro, marchant bravement au travers cette jungle de parents aux rôles bien définis. Comme la plupart des couples homosexuelles de notre belle planète, on a appris à improviser au fur et à mesure sur nos diverses tâches. Puisque nous sommes deux hommes, il n’y avait pas de rôle pré-établi par rapport aux habituels clichés de qui part les chicanes, qui initie le sexe, qui va changer les couches, qui va couper le gazon, qui va se trimmer les ongles au-dessus du lavabo et qui va faire la vaisselle en écoutant du Lana Del Rey.

Parce que la réalité moderne est tout autre. Malgré nos beaux pétages de bretelles pis nos belles tapes de félicitations dans le dos que nous sommes donc ouvert d’esprit pis avant-garde pis hipster pis « égaux », le couple moderne est encore un peu beaucoup prisonnier de son genre masculin et féminin. L’homme fait telle affaire, la femme fait l’autre affaire. Monsieur gosse sur le iPad, Madame torche pis s’épivarde comme une poule pas de tête sur le statut du couple pis le problème de mathématique du p’tit. Pas d’échange. La norme est telle. Pis ça m’enrage. Ça m’enrage de voir des vieux clichés ressortir de temps en temps, c’te pauvre père-là tout croche pis donc maladroit parce qu’il a les enfants avec lui. Ça m’enrage de voir des mères que je connais crouler sous le poids des responsabilités, dépassé par les événements parce qu’elles doivent tout gérer dans la maison. C’est le combat du moment. Le mot tendance. La charge mentale. Chercher un peu et vous verrez la tonne d’articles et témoignages sur le sujet. Même La Presse m’a appelé cet été pour me jaser de la charge mentale.

De kessé que les femmes se plaignent donc? M’a vous dire ça drette-là:

Je l’ai connu la charge mentale. La charge mentale c’est le poids perpétuelle du quotidien qui te pèse dans le cerveau. C’est de penser et prévoir et calculer et remémorer tout ce qu’il faut pour que toute la maisonnée soit vivante, au chaud, nourri et au sec à la fin d’une journée. C’est la présence constante, CONSTANTE, de tous ces détails dans ton esprit, alors que tu dois travailler et gérer mille autre chose à la fois. Pis non, ça se met pas à OFF de même.

Au départ de notre périple parentale, j’encaissais beaucoup. Je gérais beaucoup. J’en faisais beaucoup. Papa participait comme il le pouvait, il lui suffisait seulement que je lui demande un peu. Mais c’était justement-là que la situation se corsait. Moi j’anticipais tous les coups, les moindres situations complexes qui pourraient subvenir, alors que mon chum lui attendait le débordement pour agir. Il agissait quand l’Apocalypse survenait, sans se rendre compte que j’avais déjà détruites mille autres petites apocalypse auparavant. On s’est engueulé. On s’est crié après. On a eu du rough sex de la réconciliation ensuite. Mais c’était toujours un peu la même chose malgré tout. Jusqu’à ce que je réalise peu à peu que je mettais mis moi-même cette charge mentale-là parce que je m’étais attribué toutes les taches de la « maman ». Pis là j’ai capoté. Parce que j’ai réalisé que pour certaines choses, je l’avais pas pantoute. J’suis nul pour remplir un formulaire pis me rappeler des dates importantes. J’hais ça faire l’épicerie. J’hais ça aller acheter du linge pour mon p’tit. J’hais ça aller jouer dehors.

Fac peu à peu, Papa pis Dada ont commencé à se partager la charge mentale tout comme les taches de la maison. Ce n’est pas nos organes génitaux qui ont décidés qui ferait quoi, mais nos intérêts. C’tu pas magique ça? C’est ce que je trouvais intéressant. Comment nos familles homoparentales différaient de la norme. Comment nos couples à un genre s’en sortait pas trop pire pantoute finalement. Fac sorry, normalité hétérosexuelle, mais peut-être que pour une fois, vous auriez avantage à faire comme nous. Les critiques et les white trash habituels viendront dire qu’un couple homosexuel vient déformer la réalité parce qu’ils forment un couple « sans genre ». Ouain…mais mettons qu’on applique le « sans genre » à un couple hétérosexuel, cela veut dire que la tendre épouse n’est pas automatiquement celle qui sera responsable de remplir les formulaires de service de garde, de faire à manger, de prévoir les rendez-vous chez le dentiste, préparer la fête thème Mon Petit Poney pour la p’tite, se lever la nuit pour consoler l’autre, se rendre chez le pédiatre pis trouver un cadeau pour la prof. J’pense que beaucoup de mes amies mamans diraient « FUCK YES! » si on venait appliquer le terme « sans genre » à leur couple.

 

Dada Blaise

 

Comment garder votre maison propre quand vous avez des enfants

C’est bien connu, quand votre vie chie dans le ventilo, que ça va donc mal, que vous avez oublié de squeezer le p’tit jus dégueulasse de moutarde avant de l’étendre sur votre sandwich, que votre chum est laissé un bout de facture dans sa poche de jeans pis que là toute la batch de linge était rempli de p’tits chriss de bouttes de papiers qui part pas pis que vous pensiez qu’on était jeudi mais que finalement on est juste fucking mercredi, la seule solution afin de retrouver votre sourire et votre zénitude: c’est de saigner du nez violemment faire le ménage!

Quoi, vous n’êtes pas d’accord? Allons donc! Quoi de mieux que de vous retrouver à quatre pattes le nez à deux pouces du bol de toilette à frotter l’urine de votre jeune bambin qui ne semble pas pouvoir contrôler sa bizoune, avec Patricia Kaas en musique de fond? Qui plus es, le ménage et la propreté de votre maison est ce qui fait de vous un être humain de qualité aux yeux de la société Facebookienne et sa cousine la salope Instagram. N’oubliez pas de prendre le plus de photos possibles de votre décor peint à la main, cadres et breloques en or massif, shitloat de couleurs Pinterest et tête de cerfs, lit baldaquin fait avec un vieux tonneau et du bois de grange et bien sûr, des pots de cactus dans des supports fait de macramé.

 

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N’oubliez pas qu’avant de faire du ménage avec votre enfant votre maison devrait être préalablement spotless. Et n’hésitez pas à donner des produits nocifs à votre enfant. Les fumes des produits nettoyants devraient faciliter la sieste!

Je sais, je sais. JE LE SAIS, OK LÀ? Faire le ménage quand on a des enfants dans une maison, particulièrement de jeunes enfants, c’est next to IMPOSSIBLE. Un jeune enfant peut réagir vivement, voir violemment quand il voit un environnement bien rangé. La propreté vient déranger leur sensibilité et ne soyez pas surpris lorsque vous les verrez vous suivre de pièces en pièces, éparpillant avec un certain sadisme les jouets que vous venez tout juste de ranger alors que vous tentez de replacer pour la quarante dix-huitième mille fois les ostis de coussins décoratifs qui jonchent sur le plancher. Qu’à cela ne tienne, attrapez vos gants jaunes, votre nettoyant multi-surfaces et votre joli sourire, pis suivez à la lettre ces bons conseils propreté:

 

  1. Apprenez à votre enfant à regardez ses jouets au lieu de les toucher, comme un objet dans un musée. La stimulation visuelle est aussi importante que la motricité fine.
  2. Cessez de préparer de la nourriture pour la maisonnée, évitant ainsi toutes traces de miettes sur votre plancher. Mangez plutôt au restaurant en permanence ou allez au Costco sur l’heure du souper pour vous empiffrez dans les dégustations gratuites, une activité familiale qui vous permettra de tisser de beaux liens.
  3. La balayeuse devrait maintenant faire partie intégrale de votre famille. Amenez-là avec vous dans vos sorties familiales et le dimanche à l’épicerie. Passez la balayeuse aux vingt minutes, peu importe l’heure ou le jour.
  4. N’hésitez pas à repartir la sécheuse fréquemment avec la brassée dedans. On n’est jamais trop prudent avec ces plis malfaisants dans les petites culottes ou la belle chemise fleurie.
  5. Agencez votre décor avec les piles d’assiettes sales et les bols de céréales à moitié vide qui traînent sur les comptoirs et dans les éviers au lieu de les laver.
  6.  Faites un estifi de gros ménage au moins une fois pis prenez toutes les pièces en photos. Regardez ces photos de temps en temps en position fœtale dans le corridor tout en braillant dans les minous de poussières gigantesques qui flottent autour de vous.

Donc, cher restant des gens des Zinternet, moms et dads, n’oubliez pas qu’il est normal que votre maison ressemble en partie à une zone sinistré où règne en permanence restant de Goldfish, bas solitaire, calisse de bébèlles inutiles, balles quelconques et bols de yogourt dangereusement proche de prendre vie. Votre job première est de gardez votre enfant en vie pis le faire sourire de temps en temps. Tout le reste n’est que broutille.

#cbencorrect

Dada Blaise

 

Comment sâcrer son camp du zoo (ou autres endroits amusants) avec un semblant d’élégance

Comme beaucoup de parents en manque d’imagination, Papa pis Dada se ruent généralement vers toutes les activités typiques des familles de la classe moyenne lorsque le beau temps le permet: Parcs, jeux d’eau, musées pour enfants, marché d’antiquités, route des vins, tournées des terrasses, spa massage, vous voyez le genre. Le plus populaire chez nous, The Zoo.

Le parent moyen se fend généralement en quatre pour amuser son p’tit. Pacter les glacières, se chicaner sur le choix de sandwich, préparer le serviettes et trucs pour se baigner, mettre la crème solaire aux enfants, brailler, se fâcher, se compresser dans une voiture, endurer les questions incessantes de « Quand est-ce qu’on arrive? », brailler, trouver un stationnement, brailler, avoir chaud, payer le prix d’entrée pour l’activité, brailler, attendre en file pour avoir du plaisir pis attendre son destin ne fait partie des choses les plus amusantes à faire pour un adulte qui se respecte. Bref, le parent moyen aime mieux généralement fouarrer sur son patio et regarder les voisins de chicaner plutôt que de souffrir pour le plaisir de son enfant. Mais nous le faisons tous, non? It’s all for the kids! Pour le bien-être de notre enfant, pour lui créer de beaux souvenirs et surtout pour lui faire plaisir.

C’est pourquoi l’autre jour, après une belle journée ou le p’tit s’excite, joue dans les beaux manèges, mange une crème glacée qui coule sur ses belles shorts neuves, rigole pis s’esclaffe dans les jeux d’eaux, que lorsque vient le temps de partir et qu’on propose au p’tit qu’on pourrait aller souper au restaurant (chose qu’il adore généralement), le voici qui pète violemment sa coche au lieu de nous remercier en récitant l’alphabet en anglais tout en exigeant qu’il va s’occuper de laver la glacière à notre retour à la maison. Mais non toé, la crise, comme les cent mille autres avant celle-ci.

So… De rien, ça fait plaisir mon p’tit câlisse chéri de t’avoir amené au Zoo?

Si vous êtes comme moi, vous êtes toujours un peu surpris par une nouvelle crise de bacon parce que dans vôtre tête, vous vous étiez dit qu’à l’âge où vôtre enfant est rendu, me semble que c’était supposé être fini ces maudites crises d’hystéries-là. Heh non. Les crises perdurent FOREVER, que votre enfant est 2 ans, 3 ans, 4 ans ou ben 13 ans et que vous lui ayez refusé de lui acheter un nouveau iPhone et que vous êtes la pire mère bitch du monde parce que TOUS les autres parents permettent à leurs enfants un téléphone dernier cri. Bref, quitter un endroit public bondé comme un parc d’amusement ou un zoo n’est pas chose simple comme lorsque vous allez au parc. En effet, vous avez à gérer un enfant qui s’effouare sur l’asphalte gommante, la foule de gens accusateur, le soleil brûlant, les odeurs nauséabondes de friture et de gens en sueur, les boutiques souvenirs qui étalent leur petits toutous cheaps affriolants comme des femmes de basses vertus du Red Light District, la glacière qui risque de sâcrer le camp par terre et la mascotte terrifiante qui twerk comme Miley Cyrus sur un fond de musique boboche.

Alors, comment quitter au plus chriss? Accrochez-vous à vôtre crème solaire et le peu d’argent qu’il vous reste, m’a vous dire ça:

Première étape – La Décision

Après avoir fait le petit manège qui tourne tellement vite que votre chemisier explose sous la pression de la force G et que vous ayez attendu en file une heure pour faire un tour de poney, votre tendre moitié vous annonce qu’il commence à avoir la magie dans l’cul et qu’il est pas mal l’heure de partir. Regardez-vous avec l’angoisse apparente dans les yeux. Jouer à roche/papier/ciseau pour choisir qui devra l’annoncer aux enfants.

Deuxième étape – L’Annonce

Annoncez d’une voix douce et compréhensive qui est également ferme et convaincue qu’il est temps de quitter et de dire au revoir aux animaux. Dîtes à votre progéniture que vous allez faire telle affaire une dernière fois et qu’ensuite vous allez quitter, d’accord? L’enfant acquiescera de façon saine et rationnelle, car il aura compris qu’il est donc chanceux d’avoir passé une belle journée et que ses parents méritent maintenant une pause bière/chips tout en détachant leur bouton de shorts trop serrés sans entendre des demandes incessantes d’un enfant.

Troisième étape – « Bon, on s’en va! »

Vous l’aviez prévenu. Vous l’aviez dit! Après avoir fait un autre tour de poney, chameau, manège de petit train qui tourne en rond, saut sur la trampoline et visite dans la salle de bain qui ressemble à une zone sinistré, il est maintenant temps de partir, pour le vrai de vrai cette fois-ci! L’écume qui sort de la bouche de Papa en est la preuve! Mais qu’est-ce que ce cri strident et suraigu qui s’élève dans l’air humide subitement? Un dauphin? Un vélociraptor? Un petit castrat qui pratique sa gamme mineure? Nope! C’est votre enfant qui vous fait comprendre qu’il n’avait pas réellement saisi que vous vouliez partir immédiatement et vous le fait savoir de façon coquine et attendrissante avec un hurlement.

Quatrième étape – Le Time Out

Vous êtes maintenant un parent évolué et vous avez appris de vos erreurs passés. Pas question de finir une si belle journée dans une crise de larmes et de cris. No way! Vous allez mettre à profit tous les beaux trucs que vous avez appris dernièrement grâce aux nombreux conseils provenant des différents blogues que vous passez votre temps à lire au lieu de faire votre beau projet DIY de décaper le buffet ancestral de votre grand-mère.

Essayez d’abord la technique la plus simple: Le time-out. Vous devriez préalablement avoir aménagé un coin de retrait pour votre enfant à même le zoo/parc d’attractions, préférablement éloigné, avec un bean bag pour se défouler et une fontaine de jardin japonais pour relaxer. S’il est difficile pour vous de trouver un coin retrait en pleine foule, c’est que vous êtes un mauvais parent, tout simplement. Passez à la prochaine étape.

Cinquième étape – L’Amour

Vous l’aviez oublié, mais l’amour guéri tous les maux! Penchez-vous vers l’enfant en crise et faites lui un câlin de l’amour qui saura apaiser sa grosse colère tout en lui chuchotant que vous comprenez l’injustice qu’il subit, qu’il est vrai que c’est terrible de quitter un tel endroit merveilleux. Relevez-vous rapidement lorsque l’enfant tente de vous mordre l’épaule pour vous faire comprendre que vous dites n’importe quoi.

Sixième étape – Les Distractions

Sortez la collation secrète qui était bien caché dans le fin fond du sac de plage, sous les serviettes humides et les maillots de bain juteux. Brandissez votre biscuit devant l’enfant et faites des pas furtifs vers la sortie. L’enfant devrait vous suivre à petits pas, grognant et en frappant le sol de ses petits pieds. Surtout pas de mouvement brusque ou l’enfant pourrait se sauver!

Septième étape – Les Belles Promesses

Continuez de baragouiner n’importe quoi pour que le p’tit vous suive jusqu’au char.

« Oui vous allez arrêter manger une crème en glace sur le chemin du retour! Oui, promis juré! »

Puis une fois en chemin, vous pouvez toujours mentir que le magasin de crème glacée est fermé. #cruelbutnecessary

Huitième étape – Pour les Autres

La plupart des enfants sont dociles et suivront avec bonheur leurs parents jusqu’à la voiture pour avoir la chance de dévorer ledit biscuit ou bien de croire béatement à la crème glacée miraculeuse et inexistante. Pis il y a les autres enfants…

Pour les autres, passez à l’étape neuf dès que vous n’en pouvez plus d’entendre les jérémiades de votre enfant, c’est-à-dire dès le début du processus.

Neuvième étape – Le Boulet Humain

L’enfant wise a compris que de manger le biscuit n’équivaut pas au plaisir hilarant de faire un petit tour d’hélicoptère qui monte et descend. Il se peut qu’il boque encore et reste planté là devant le stand de popcorn. Empoignez simplement votre enfant par le bras et marchez d’un pas décidé vers la sortie pendant que votre conjoint se sauve avec le reste des trucs à un kilomètre plus loin, prenant bien soin de mettre le plus de distance entre lui et l’enfant qui hurle tout en faisant semblant qu’il ne vous connait pas. Le petit risque alors de perdre subitement l’usage de ses jambes et son poids peut augmenter drastiquement. Suffit simplement de la tirer par le bras tout en évitant de lui casser la clavicule tout en proférant des menaces au travers vos dents serrés.

« On remettra plus jamais les pieds icitte. »

« Arrête de te mettre mou! »

« Aide toi un peu! »

« Tout le monde nous regarde!

« C’est la dernière fois que tu m’fais honte de même. »

« Tes fonds universitaires tu peux leur dire adieu, je m’achète une nouvelle barre de son SONOS pis c’est toute! »

Dixième étape – La Ride en Char

Victoire! Tout le monde est assis dans la voiture et est prêt à faire le chemin du retour vers le domicile. Ouvrez les fenêtres pour ne plus entendre les pleurs qui peuvent perdurer et surtout, ne manquez pas de parler plus fort dès que vous voyez votre enfant somnoler derrière. Parce qu’il y a bien pire qu’un enfant qui pique une crise au départ du Zoo…un enfant qui s’endort en char et qui n’est pas couchable le soir venu.

Dada Blaise

 

 

 

Sâcrons-nous patience avec les téléphones!

L’été s’en vient ce qui signifie nécessairement visite au Zoo de Granby, piochage de petits pieds sur le siège, crème glacée qui coule et visite au parc tout en se sentant coupable parce que vous regardez votre téléphone au lieu de vous extasier devant les pirouettes de votre enfant. Cette rengaine semble indémodable dans le monde de la parentalité. Les technologies sont le mal incarné, regarder notre téléphone est l’équivalent de forcer notre enfant à boire l’urine de Satan, nos enfants grandissent dans l’ignorance et sont livrés à eux-mêmes, ils vont grandir pour devenir des ignares qui ne sauront plus comment interagir entre eux sauf par le moyen d’emojis et ainsi de suite.

Évidemment, quand je lis ce genre d’article, c’est quand je suis sur mon téléphone en train d’ignorer mon enfant tout en lisant un article qui me dit de NE PAS ignorer mon enfant avec mon téléphone. #worstparentever

Fac là après of course j’me sens donc coupable et je me fais des belles promesses que je vais passer moins de temps à jouer sur mon téléphone et apprendre à aimer, faire mon propre jardin et perdre quelques livres du même coup. Pis après ben j’me sens en esti. Comme ce soir. Comme quand je vois des chicanes Facebook éclater parce que quelqu’un clame qu’il a vu un parent ne pas décrocher de son téléphone l’autre jour au parc alors que le p’tit pétait une coche, indignation pis arrachage de cheveux pis « mon doux » advienne que pourra. Oui le message véhiculé est bien, qu’on devrait toujours un peu slaquer sur le téléphone/télévision/jeux vidéo/cocaïne de temps en temps, l’argument principal est que la technologie et les tendances modernes sont à blâmer sur tout ce qui va mal dans le monde et dans les enfants, et ça ça m’irrite le poil des jambes. Je me suis déjà exprimé sur le sujet, mais j’avais encore le goût de chialer à nouveau, avec une liste parce que tsé, c’est plus agréable à lire:

  1. J’ignore mon enfant de toutes sortes de manières, pas juste avec mon téléphone!

 

Que ce soit avec la préparation du souper, plier des draps contours en sacrant ou en rêvassant que j’suis sur une plage à me faire masser par Heny Cavill tout en me saoulant avec des mojitos bien frais, j’ignore constamment mon enfant. Ça en est devenu un vrai sport! Je suis capable d’ignorer mon enfant sans l’aide de la technologie! Tous comme les autres générations avant nous! Avez-vous déjà vu ma mère en train de lire un roman avec intensité? Et qu’elle était tellement « concentrée » qu’elle n’entendait pas mes demandes incessantes pour une gorgée de Pepsi Diet à même son verre? Me semble qu’elle lisait si intensément qu’elle n’entendait pas ma voix suppliante et stridente!

Je crois avoir été ignoré bien des fois étant jeune, tout comme vous autres.  Je crois aussi que la génération actuelle de parents, c’est-à-dire la mienne, a un peu le sens de la compétition dans le derrière en ce qui attrait à c’est quoi être un « bon » parent. Jouer et se rouler par terre constamment à été remplacer par la création de châteaux dans des boites de frigidaires avec un pont levis qui marche qu’il faut vite aller poster sur Pinterest tout en proposant 8 trucs pour faire de la pâte à modeler avec de la gélatine industrielle pas trouvable nulle part.

2. Ignorer votre enfant est bon pour lui

Croyez-le ou non, mais votre enfant n’est pas le centre de l’univers. Il l’apprendra bien vite une fois à la garderie et encore plus à l’école. Des générations entières de unique et magnifique entrent peu à peu dans la société. Vous savez ces nombreuses émissions de recherche de talent qui pleuvent la tivi? Vous savez ce genre de participant qui est donc persuadé qu’il est la renaissance de Jésus avec la voix de Dalida? On voit alors sa famille extatique dans les coulisses, leurs visages crispés par l’énergie du désespoir? Pis là vous vous demandez comment ce genre de monde peut bien penser qu’il chante bien? Guess who had too much attention as a kid? Demandez aux profs de votre entourage. Les classes sont rempli maintenant de ces enfants qui demandent, voire exigent que les choses soient fait que pour eux, à leur envies, leur besoin, leur right here right now.

De toute façon, qui a le temps et l’énergie de s’asseoir pendant des heures à crier des encouragements à son enfant pendant qu’il joue? J’passe ma vie à parler dans le vide à mon conjoint et mes collègues de travail ou ben me faire ignorer par la caissière du IGA, se faire ignorer est un des plaisir dans la vie. Aussi ben que votre enfant l’apprenne au plus chriss.

 

3. Utilisons les outils qu’on nous offre!

Imaginez nos pauvres parents. Il n’y a pas si longtemps, quand le p’tit pétait une coche et se faisait aller bras et jambes sur le carrelage, il ne pouvait rien faire d’autre qu’attendre en regardant par la fenêtre ou ben en faisant semblant de bizouner dans le frigo. Maintenant, quand un enfant fait sa crise, zoup le téléphone dans les mains et allez hop sur Facebook! C’est simple, facile et occupe votre esprit tout en permettant à l’enfant de s’exprimer adéquatement en frappant dans les portes d’armoires avec ses pieds.

S’occuper d’un enfant toute la journée, tout seul, c’est long. S’occuper d’un enfant toue la journée, tout seul, par jour de pluie ou grand frette déguelasse qui remonte les testicules dans le bas-ventre, c’est fucking long. Avant il fallait passer le temps en lisant un livre, YARK! Maintenant, les possibilités sont infinis! Le petit peut être désennuyer à l’aide de la télévision, la bébèlle électronique qui avance tout seul, la tablette! Pis en plus il y a une multitude de apps sensationnels pour jeunes enfants! Il peut apprendre à lire, faire des casse-têtes, réviser ses chiffres, chanter l’alphabet, apprendre l’espagnol et trouver la valeur au carré d’une sphère. Astheure, la tablette sert de mère, père, prof, gardienne et voisine sensuelle!

Conclusion: vous savez quoi faire. Vous êtes le premier à vous sentir coupable après trop temps sur votre téléphone. Fac sâcrons-nous patience collectivement. On ignore pas notre enfant, on capote pas non plus, yadadada. #cbencorrect

Dada Blaise

Là Fois Que J’Suis Devenu Un Parent Classique

Un jour, genre hier, mon p’tit a retonti dans la cuisine avec un beau sourire dans sa face. Vous connaissez de quel sourire je parle. Le sourire qui veut dire que j’vais être en beau tabarnak dans quelques instants.

« Qu’est-ce qu’il y a mon cher enfant? » demandais-je alors avec un empressement anxieux dans le fond du trémolo.

« Rien. »

« Qu’est-ce que tu faisais dans le bureau depuis tantôt? »

« Je sais pas. »

Le « je sais pas » est généralement signe qu’il sait exactement, mais joue la carte évasive pour voir ma réaction. Alors donc, pendant que je cuisinais un délicieux plat exquis (fine, fine, pendant que je gossais sur mon téléphone alors que les Pogos cuisaient dans le four), ce cher poussinot qui est mien à procédé à découper avec ses petites cideaus quelques crayons de cire de son coffre à dessin. Oh, et pas juste égrainer genre, mais bel et bien découpé pour ensuite bien les effouarer sur le plancher, de façon à ce que ça rentre entre les craques pis toute. Sur mon plancher neur. TOUT NEUF bâtard! #firstworldproblem

Faque c’est à ce moment que j’suis devenu un véritable parent. Dans le sens connu, comme un parent de sitcom, un papa universelle, l’archétype:

D’abord, j’étais sous le choc. La bouche ouverte, pas capable de parler, alternant entre mon fiston et le ramassis de couleurs chatoyantes, les mains bien placés sur les hanches. J’entendais quasiment les rires de l’audience.

Ensuite, j’suis sorti de la pièce ben vite, comme si j’espérais qu’en revenant j’allais réaliser que c’était juste un glitch dans la Matrice ou ben qu’une bulle m’étais monté au cerveau pis que j’avais imaginé tout le désordre.

Puis est venu le boutte des questions. Vous savez de quel genre de questions. Ce genre de questions rhétoriques et bien au-dessus de la capacité de mon enfant à répondre correctement:

« Pourquoi t’as fait ça? »

« À quoi t’a pensé!?! »

« Qu’est-ce que t’essayait de faire au juste?!! »

« Tu le sais ben que le orange et le mauve ça clash ensemble! Rappelle-toi ton cercle chromatique! »

La colère est arrivé. La grosse. Celle-qui fait bouillir le sang, prendre 40 lbs pis fait twitcher l’œil gauche avec force violence. J’ai tombé dans la tactique « j’prend une décision sur le coup de la colère. » J’me précipite sur TOUT le contenu du bac à bricolage pis j’menace que j’vais sâcrer ça aux vidanges parce que ça a pas de bon sens, qu’il est pas assez grand pour jouer avec ça pis que là ça va faire pis la vie pis la guerre pis les pauvre p’tits Africains qui se fendraient en quatre pour jouer avec des crayons comme du monde. Le p’tit me regarde de ses deux confus yeux.

Évidemment, rendu à la poubelle, la froide claque de la raison m’assène une bonne gifle et me fait me calmer un peu. Je déposai alors ledit bac pis me rappelle en farfouillant bien fort mon esprit que j’ai déjà dû faire pire à ma maman. Genre couper des glaïeuls du jardin, me sâcrer dans du plâtre tout nu, faire jouer mon disque de Passe-Partout en boucle ou ben allumer des allumettes en cachette au-dessus de l’évier de la cave. Karma baby que j’me dis.

Fac je ramène le bac, sors tout ce qu’il faut pour nettoyer pis aweille mon beau, j’frotte pis j’essuie pis je refrotte pis je ressuie pis j’gratte entre les p’tites craques pis j’serre les dents. J’suis encore en chriss, fac j’ose pas trop répondre aux « Dada » incessants de mon enfant.  Après le 54e appel envers ma personne, je réponds d’un gratieux et pas du tout impatient: « QUOI? »

Il me regarde avec la p’tite lèvre tremblotante.

« Je veux pas toi fâché. »

Il n’y a pas grand chose à faire dans ce temps-là. J’ai pas ben l’choix de ne plus être fâché, pas avec le trémolo pis les grands yeux bleus pis la p’tite face cutie d’un enfant de 4 ans. J’ai fait le câlin de l’amour, dit que c’était pas ben grave, pendant que mon cerveau hurlait que c’était chrissement grave mais bon, le plancher est pas détruit, la maison a pas pris feu pis personne est mort. Le p’tit est finalement retourné jouer plus loin (parce que j’ai quand même prévenu qu’il fallait un p’tit 2 minutes à Dada), pis j’ai fini de ramasser le tout. J’me suis ensuite assis tout près de mon enfant sur le divan, enfin, à la place qu’il daignait me laisser parce que le reste était envahi par Marcus, Chase, Ruben pis toutes les autres.

Quand mon p’tit est arrivé chez nous, j’suis devenu un Dada. Pis par moment, j’deviens un parent classique. Celui qui réagit toujours de la façon la plus primaire, basique, celle que les guides nous prescrivent toujours de ne pas faire. Être Dada, c’est facile. Aimer, cajoler, c’est facile. Agir de la bonne façon, être un vrai de vrai parent, c’est plus rough.

Dada Blaise

Invasion Dans Le Lit

Papa pis Dada ont une nouvelle maison, ce qui veut dire que la plupart de mes temps libres sont maintenant consacrés à peindre des cadrages de portes, monter des armoires IKEA, admirer mon plancher neuf en me frottant flambant nu dessus et manger ben du riz blanc parce que je n’ai plus d’argent pour faire l’épicerie. Bref, nous sommes ben occupés et ça explique un peu pourquoi j’ai un peu slaqué sur les textes sur le blog, pas parce qu’il ne m’arrive plus de situations embarrassantes ou bien que mon enfant est subitement devenu un ange qui dit toujours « oui Dada » et va se laver tout seul dans le bain tout en prenant soin de ne pas tout chrisser par terre en chemin, mais bien parce que quand arrive le temps libre, je m’effouare pour écouter la tivi 5 minutes pis je m’endors dessus. L’âge adulte est si gratifiant!

Comme mon enfant est qui il est, j’avais donc ben peur que le gros changement de maison le rende complètement fou et qu’il se mette à arracher les rideaux ou autre terrifiante notion que mon cerveau ne pouvait imaginer. Finalement, le déménagement et les grosses-giga-rénovations-de-la-mort-avec-de-la-poussière-partout-interminable-pis-avec-ben-du-sâcrage-pis-du-bourrage-dans-les-chips-pour-éviter-de-s’entre tuer sont passés, et le petit s’en est pas trop mal tiré. SAUF, pour ce qui attrait à le « drette au milieu de la nuit ». Si vous lisez les péripéties ridicules de mon humble famille moderne, vous savez peut-être déjà que mon enfant n’a jamais vraiment aimé dormir avec nous. Lorsqu’il était bébé ou même jusqu’à récemment, lorsque l’enfant se réveillait en pleine nuit, l’emmener dans notre lit était l’équivalent à le forcer d’écouter en rafale Unité 9 avec comme collation un petit bol de chips aux bananes, bref, une vraie corvée. (Désolé aux fans de Unité 9).

Mais nouvelle maison et nouvelle chambre font que l’enfant est un peu inquiet la nuit et vient donc rejoindre son duo de papas pour se faire réconforter et dormir tout écarquiller. Je sais ben, je sais, je sais, JE SAIS qu’il faudrait en fait que je me relève pis que je le ramène dans son p’tit lit pour qu’il apprenne à vaincre sa frousse tout seul, dans le silence, la constance pis toute pis bla bla bla mais la fatigue man, la fatiguante fatigue empêche souvent pas mal de faire la bonne chose et mon jugement est un peu tout croche à 3hres du matin avec un pli de drap au travers la face pis de tenter de trouver mes p’tites culottes dans le noir, fac j’opte souvent pour la solution facile, c’est-à-dire d’amener l’enfant dans le lit. Le scénario idéal est bien évidemment que le petit se pelotonne contre moi et s’endort paisiblement derechef. Ce qui arrive…parfois…

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Préférablement dans de beaux draps blancs immaculés avec une douce odeur de lavande et non pas un flot incessant de flatulences

Comme c’est tout nouveau pour Papa pis Dada de se faire envahir ainsi nuit après nuit (je dis Papa pis Dada, mais c’est pas mal juste Dada parce que Papa est quasiment coma quand il dort et remarque la présence de son enfant le matin seulement) voici donc en quoi consiste une invasion de lit par chez nous:

L’Arrivée

D’abord, Dada se réveille en sursaut parce qu’une présence maléfique se tient à quelques pouces de sa face, mais c’est finalement que son enfant qui le fixe avec des yeux sur le bord d’être creepy, chuchotant son nom encore et encore.

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« Dada réveille-toi! J’ai envie d’ouvrir la porte des ténèbres et des souffrances éternelles…pis j’ai envie de pipi pis j’ai peur d’y aller tout seul. »

Le « Je me mets confortable pis fuck tout le monde pis toute le reste »

Le petit s’infiltre sournoisement au pied du lit et glisse comme un amphibien pas de colonne entre les énormes montagnes de jambes poilus qui gisent sous les couvertures. Le p’tit se retrouve assez facilement entre Papa pis Dada, mais il a pas mal la tangente d’étouffer de se coller sur Dada. Par « coller » je veux dire se greffer direct sur mon omoplate. Le p’tit entame ici le ballet nocturne de l’enfant qui se cherche une position pour dormir. Aweille à droite, à gauche, à 3 millimètres de la face, les bras dans les airs, les jambes dans les airs, les fesses dans les airs, alouette! À le regarder aller, on croirait qu’il fait exprès et…c’est pas mal ça. #soblessed

Les Chansons

Si l’enfant n’arrive pas à s’endormir rapidement, il va saisir l’occasion pour s’entertainer tout seul. Il débute alors avec la bonne idée de chanter. Le p’tit s’imagine qu’il chuchote à voix basse et se met à fredonner les airs qu’il connaît un à la suite de l’autre avec une voix apaisante et pas du tout à 4 pouces de mon oreille droite. Il fait alors un remix de Pat Patrouille, Lana Del Rey, The Nightmare Before Christmas, comptines de la garderie et Sia. En même temps.

Le Sommeil

Après 2 heures de retournage d’un bord pis de l’autre, de soupirs pis de « esti » ravalés par un de ses parents parce que leurs schnolls ont été percutés, l’enfant se trouve ENFIN une position confortable, la tête à 2 centimètres de la face de Dada, le derrière vers son Papa. L’enfant préfère dormir la bouche grande ouvarte, respirant son haleine chaude et qui sent vaguement le ketchup et le concombre. Oh, et bien entendu, le petit respire avec force et bruyamment. Un peu comme Papa qui ronfle de son bord de lit. On penserait qu’une fois endormi l’enfant serait plus facile à gérer, MAIS NON, parce que tsé hein, la vie. Non, un enfant qui dort ne dort pas paisiblement comme on vous le fait croire Hollywood depuis des années. Non, non, non. Un enfant qui dort ça BOUGE comprends-tu? Un enfant ça fait des culbutes pis des salut au soleil pis ça fait des contorsions digne des petites Chinoises du Cirque du Soleil. ET, un enfant ça MORVE et ça BAVE quand ça dort. Après un boutte, Papa chrisse habituellement le camp du lit et se réfugie sur le divan et Dada fini en position fœtale pour éviter les coups, se tenant de façon précaire à semi dans le vide sur le bord du lit, partageant le même oreiller que son enfant. #cododoisnotforme

 

Le plus ironique c’est qu’une fois qu’il va pogner l’âge ingrat du début de l’adolescence pis que j’vais être un vieux Gay Dad tout ratatiné avec une brassière double C pour mes manboobs, j’vais regretter ces jours où mon cher petit dormait lové contre moi avec tout l’abandon d’un enfant envers son parent.

Dada Blaise

 

 

Comment Se Faire des Amis « Parents » PART 2

Voilà maintenant que vous êtes  un adulte fonctionnel qui marche, parle et dépense plus de 300$ pour une Nintendo Switch au lieu de payer l’épicerie, parce que tsé, priorities! Vous avez un conjoint merveilleux qui est capable de parker le char en parallèle sur la rue St-Denis avec une sex face irrésistible. Vous avez un bambin relativement attendrissant, surtout quand il dort et après avoir affronté le PARC, les COURS DE PISCINE et vous questionner sur QUEL PARENT VOUS DEVRIEZ ÊTRE AMI AVEC, vous avez enfin trouvé un autre adulte/parent qui semble pas trop psychotique sur les bords et qui porte des vêtements agréables. Maintenant, reste à savoir si cette rencontre fortuite avec ce parent rencontré purement par hasard et non du stlaking intense au parc sera une relation qui durera pour toujours ou un simplement une aventure d’un après-midi.

Première affaire: comment aborder ledit adulte? Comment de kessé lui parler? De kessé que vous allez jaser?

D’abord, spottez le parent qui vous ressemble, c’est-à-dire avec du linge mou un peu taché, les cheveux épars et légèrement gras et leurs enfants qui répondent seulement aux pots-de-vin sous forme de bonbons. Le fait de passer beaucoup de temps avec un jeune enfant à aussi tendance à alourdir vos facultés à jaser avec un autre être humain de votre âge et vous pouvez oublier certaines fonctions sociales importantes. Vous pouvez aborder l’autre parent avec des banalités du genre la pluie et le beau temps, ou y aller straight dans le vif. Voici quelques exemples:

« Admettons  que tu as un gun sur la tempe, lequel de tes enfants tu sacrifierais en premier mettons? »

« Fait combien de jours que tu t’es pas lavé? »

« Quand tu es sur le bord d’une crise de nerf, quel bouffe tu aimes le plus manger en cachette? Sucré ou salé? »

« As-tu déjà fantasmé d’être arrêté par la police, juste pour la possibilité d’être logé et nourris sans personne pour t’achaler? »

« As-tu déjà fait un achat impulsif à 3hres du matin pendant que tu donnais le biberon à ton enfant, genre une série de DVD Work That Ass mettons? »

« Est-ce que tu t’y connais beaucoup en démangeaison rectale? »

« Mélatonine? »

 

Ensuite, une fois la conversation bien engagé, poursuivez avec les activités suivantes:

 

Une P’tite Marche avec les Poussettes

Commencer par quelque chose de simple. Le but ultime est que vous l’invitiez à souper et vous louer un chalet dans les Laurentides pendant les vacances de la construction, mais partez pas en grandes histoire de ne pas effrayer votre future best friend. Première affaire, si elle a une montre GPS, des poids pour les chevilles et une poussette « jogging » pis que toi tu as un sac de fromage en crottes dans le cup holder, ça part un peu mal. Faites un petit tour du quartier en vous dirigeant vers sa maison en premier. Si elle a la giga-barraque, vous pouvez continuer l’amitié bourgeonnante dans l’espoir qu’elle vous invite à faire du bateau en moment donné.

Les « Playdates »

Testez la solidité de votre fragile amitié en envoyant vos enfants chez votre nouvelle amie le temps d’une playdate, un après-midi où vous domper vos enfants chez quelqu’un d’autre pendant que vous allez à votre « rendez-vous » important, c’est-à-dire Netflix. Demandez les impressions sur votre future nouvelle amie à votre progéniture.

Si il y a trop de projets de bricolage, de biscuits fait maison et de parcours motricité organisé par le parent elle-même, peut-être avez-vous trouvé la personne idéale qui viendra contrebalancer votre désinvolture parentale. Ou bedonc le restant de votre vie vous serez constamment comparé à l’autre maman, celle qui est donc cool pis à quel point vous vous êtes poche. À vous d’y voir.

Magasiner

La prochaine étape naturelle. Votre nouvelle amie adulte doit vous comprendre et être aussi misérable que vous lorsque viens le temps de s’acheter des vêtements, pas quelqu’un de trop confiant qui va courir d’un magasin à l’autre avec toute l’aise du monde sans une seule fois se plaindre de son gros cul, d’à quel point plus rien ne lui fait pis qu’elle n’es juste pas capable de s’arrêter de manger.

S’inviter à souper chez l’un pis chez l’autre

Si ils vous serve du filet mignon, du melon avec des cerises glacées, des asperges enrobés de prosciutto et du sorbet à la mangue fait maison, vous le savez ben que ça cliquera juste pas en fin de compte. Parce que vous saurez ben que même s’ils vous disent à quel point votre poulet au beurre était bon, vous le savez ben qu’elle voulait pas vraiment la recette, surtout quand elle saura que vous l’avez pogné sur la cane de soupe directement.

 

Si votre amie adulte passe tout ces tests rigoureux, alors félicitations! Vous aurez maintenant un ou une nouvelle best friend forever! Ensuite, assurez-vous que vos enfants s’entendent bien, forcez les dans une relation amoureuse lorsqu’ils vont pognez l’adolescence et ensuite vous serez unis pour toujours par les liens sacrés du mariage. Deux familles réunis FOREVER! Si c’est pas de l’amitié ça, j’sais pas ce que c’est. Bonne chance dans les parcs cet été!

Dada Blaise

Pour de vrais de vrais conseils sur comment vous faire des amis parents, lisez ceci: 

Comment se faire plein d’amis parents, partie 1 : premier contact