Meilleurs Conseils Ever Pour Les Parents

J’vous l’apprend peut-être, mais Papa pis Dada sont sur la mystérieuse et presque mythique liste. THE LIST. Quelle liste? La liste des participants à Célibataires et Nus bien entendu!

Mais non, en fait nous sommes sur la liste de postulants pour recevoir un enfant en tant que famille d’accueil en voie d’adoption.  Ouf c’était long à écrire. Bref, Papa pis Dada ont décidés de s’enfoncer continuer plus loin leur aventure familiale en accueillant un 2e bébé dans leur foyer. Comme la liste est imprévisible, ce bébé pourrait arriver la semaine prochaine comme dans 6 mois. Un autre bébé. Voilà un vent de renouveau dans une vie, n’est-ce pas?

Nous préparer mentalement à avoir un 2e bébé n’est pas une mince affaire. Pourtant, je suis beaucoup moins naïf et beaucoup plus à l’aise à présent (genre admettons dans mes meilleurs jours). J’ai tout même évolué en tant que parent et es appris quelques trucs ici et là.

Voilà les conseils que j’aurais aimé me faire dire avant l’arrivée de mon premier enfant:

Première chose tu vas recevoir la visite d’une infirmière, une intervenante sociale et des amies mamans bienveillantes. Toute la gang vont t’inonder de bons conseils, parce qu’elles veulent ton bien. Une fois qu’elles seront toutes parties, tu vas littéralement oublier tout ce qu’elles viennent de dire à cause du manque de sommeil. Pour compenser, tu vas passer une majeure partie de ton temps à farfouiller les blogs et les forums de discussion sur Internet pour trouver une réponse et tu vas découvrir à quel point l’univers des « mamans » est comparable à un épisode d’Occupation Double, beaucoup de mesquineries et de coups dans le dos.

Tu vas sentir que tout ce que tu fais au début c’est donner le biberon au bébé. T’as raison. C’est ta tâche principale. Pis personne va te dire que tu fais donc une bonne job de donner du lait à ton bébé. Fac félicite toi tout seul, tu le mérites. Tu applaudiras les mamans qui donnent le sein à ce rythme. J’imagine qu’elles ne s’attendaient pas un jour à ce que quelqu’un passe 30 à 40 minutes à jouer après leur nipples, et ce de 10 à 12 fois par jours. Pis fais toi en pas, même si ton p’tit à été nourri au lait formule, il est pas r’viré tout croche et il ne torture pas les animaux pour le plaisir.

Tu vas brailler. Genre beaucoup. Comme une feluette. Comme quelqu’un qui est à bout de souffle, à bout de ressources. Tu vas pleurer parce que ton bébé est tellement beau et parfait que t’as l’impression que ton coeur peut pas contenir autant d’amour et est sur le point d’exploser (American Beauty style). Tu vas aussi brailler parce que t’es fatigué et dépassé par les événements, tu vas brailler parce que tu ne sais pas pourquoi le bébé braille. Tu vas brailler parce que ton émission préféré termine. Tu vas brailler beaucoup.

Il va y avoir des nuits où tu es tellement fatigué que tes jambes en tremblent, littéralement. Tu vas tenir ton bébé, ou plutôt cet espèce de créature chaude et humide qui hurle sans arrêt et qui se calme seulement quand tu marches dans la maison. Tu vas sentir ta rage et ta colère graduellement bouillir dans ton corps, tes émotions vont tilter, tu vas avoir envie de crier: »Pourquoi tu rends ça difficile de même! Laisse toi donc t’aimer! ». C’est là que tu dois déposer le bébé, right now d’ailleurs, puis chrisser le camp. Hors de la chambre, hors de la maison. Même si le bébé braille, même s’il hurle. T’es pas un mauvais parent. T’es un humain, pis les humains sont fait pour agir quand ils entendent de la détresse chez un autre humain. Pis des fois, le mieux pour tout le monde, c’est que tu prennes une p’tite ou grosse pause.

Il va y avoir des moments où ton p’tit va être couvert de morve et de bave et de vieilles traces de compote ou résidus étranges. Il va sentir la marde et la pisse et il ne sera pas du tout mignon et attendrissant. Tu vas juste avoir envie de le mettre dans le bain et le laver avec une hose.

Tu vas faire ton gros possible pour rester en vogue et être drôle et intéressant, mais rapidement toutes tes conversations vont tourner autour du caca de bébé. Tu vas être bizarrement trop intéressé par le caca de bébé. Sa couleur, sa consistance, sa fréquence. Tu vas en parler avec ton conjoint et tous ceux qui vont te demander comment tu vas. Tu vas même prendre en photo ledit caca et l’envoyer à ton conjoint à sa job. Slack un peu.

Il y a des jours où le plus grand défi qui existe est juste de lui chrisser la cuillère de bouffe dans la bouche. Tu vas juste avoir envie de lui forcer sa p’tite bouche ouverte avec une main et d’y enfoncer son dîner dans la gorge avec l’autre. À la place, laisse le jouer dans la bouffe qu’il a pis va t’asseoir plus loin. Tu ramasseras plus tard, c’est pas grave.

Il va y avoir des après-midis où le p’tit va hurler et lancer ses jouets partout parce qu’il veut surtout pas faire de maudite sieste. Tu vas juste avoir envie de le lancer violemment dans son lit. À la place, reste dans ta chambre à toi et écoute tes vidéos de 30 Rock sur le iPad. En braillant, mais c’pas grave. Il veut pas dormir, qu’il dorme pas d’abord.

Il va y avoir des moments où après avoir relu la même fucking histoire pour la quarantième fois, tu vas juste avoir envie de lancer le livre dans le foyer en criant: « J’ÉCOEURÉ DE TON ESTI D’ÉCUREUIL FRISSONS! » À la place, relie l’histoire une 41e fois. Pis vas achetez des nouveaux livres en espérant d’en trouver un autre qui va intéresser le p’tit.

Tu risques de vouloir étrangler et embrasser ton conjoint quand il revient de sa job. Simultanément.

Parfois tu vas avoir le goût de tout abandonner, te coucher en position fœtale tout en regardant ton album photos souvenirs de l’Université, t’sais la fois où on t’avait élu « Party Animal » pis que tu étais on top of the world. Tu peux faire ça. Tu peux aussi faire un liste de tous les gens que tu connais qui ont eut des enfants. J’suis certain qu’il y en a une couple qui sont pas si hot que ça. Donc si eux ont été capable d’élever un enfant sans problème majeur, tu devrais t’en sortir pas trop pire aussi. Tu peux aussi écouter du Adele en boucle.

Finalement, si tu es en train de douter de quoi que ce soit, demande toi: « Est-ce que le bébé est toujours vivant? Bon. Parfait, tu fais une bonne job. »

Dada Blaise

Le Paradoxe Parental

Être parent est la pire job au monde, there I said it…Pis être parent, c’est la meilleure chose qui me soit arrivé. Être parent c’est le pire pis le meilleur mixé dans une seule soirée. C’est de passer toute la gamme des émotions entre la fin du souper jusqu’au dodo. C’est d’avoir envie d’étrangler ton propre enfant puis d’enfouir ton nez dans le creux de son cou pour y respirer l’odeur de familiarité, tout ça dans l’espace de quelques secondes à peine. C’est la haine pis l’amour pis les pleurs pis les rires pis les sâcre moi patience pis viens te coller.

Être parent c’est de constamment vivre dans un état incertain. Être parent c’est vivre des contradictions, des paradoxes. Comme par exemple:

Le Souper

Pour de kessé faire qu’il mange DONC bien à la garderie pis qu’il en redemande alors qu’au souper ça me prendrait des mâchoires de desincarcération pour lui ouvrir la bouche pour qu’il accepte une simple bouchée. Pis ça c’est SI il est resté assis plus de deux minutes sans grouiller pis sacrer le camp en bas de sa chaise ou se lever pour aller faire pipi subitement. Évidemment, les fois où il s’assied avec nous et raconte sa journée tout en mangeant allègrement et en disant « c’est bon Dada! », c’est comme là que j’me dis que notre vie de famille est pas pire pantoute finalement. Il est tellement drôle et mignon cet enfant!

Le Bain

Il déteste aller dans le bain, il déteste sortir du bain, il déteste avoir de l’eau dans les yeux, il déteste fermer ses yeux pour ne pas avoir de l’eau. Pis ça c’est sans parler de la partie « lavage ». Évidemment, les fois qu’il me montre ses prouesses à « se raser » avec la mousse du bain ou qu’il fait le dragon qui glisse dans l’eau, je bidonne de plaisir contagieux. Et il sent tellement bon après avec sa petite peau lisse et douce en prime! Il est tellement beau et attendrissant cet enfant!

L’heure du dodo

Le monde entier va se coucher quand la nuit tombe, alors pourquoi est-ce que c’est si fucking difficile à comprendre pour un jeune enfant? Moi j’me peux plus d’aller me coucher, j’pense à ça toute la journée, mais mon enfant de 3 ans résiste avec toute l’énergie du désespoir qu’il l’habite, et ce à chaque soir ou presque. C’est la guerre et la furie, comparable à essayer d’endormir Satan lui-même. Évidemment, quand il est enfin couché, blotti sous son duvet avec son p’tit lapin et sa doudou et que tu lui chantes Somewhere Out There, c’est comme le meilleur moment ever, non? Pis si tu te colles contre lui et sent la chaleur de son petit corps complètement abandonné au tiens, c’est là que tu te dis que tu t’arracherais le cœur pour qu’il vive. Il est tellement parfait cet enfant!

La Discipline

Donner une tape n’est pas recommandé. Faire un time-out n’est pas recommandé. Crier n’est pas recommandé. Ignorer n’est pas recommandé. Sois que je m’arrache les cheveux de la tête ou ben j’suis à la veille d’appeler Super Nanny à la rescousse. Je réagis constamment de la mauvaise façon et je suis sois trop soft ou ben trop sévère. Évidemment, les fois où il sort des « merci Dada! » ou « Je veux  t’aider à laver la toilette! » ben j’me dis qu’il est donc bien élevé cet enfant pis j’suis un peu fier. Il est si calme et sensible cet enfant!

Le Matin

Il se lève toujours avant 7h, qu’il pleuve ou qu’il grêle, que ce soit la veille de Noël ou ben le lendemain de sa fête, il est toujours debout, prêt à mordre dans la vie. Pis pas question qu’il reste dans le lit pour qu’on se colle et lui fasse des chatouilles comme dans une annonce de Thyme Maternité. Non, il faut qu’ON SE LÈVE, tout le monde, pis grouille toi les amusements pis la bonne humeur! Aweille la toast au beurre de pinotte, coupe la en parallélogramme pis sers lui un verre de jus d’orange ou de lait, à toi de découvrir avec son message télépathique, sinon gare à la crise! Évidemment, les fois où il insiste pour écouter PatPatrouille collé/collé sur le divan en chantant la chanson avec entrain est un bon moyen de te booster pour ta journée à venir, n’est-ce pas? Il est si amusant cet enfant!

Les Activités

Il adore nager! Il adore la gymnastique! Il adore les animaux! Vite, allons faire une activité qui lui plait! Quoi? Il refuse de mettre ses souliers? Il demande quand est-ce qu’on arrive? Il a faim? Veux une collation? Trouve ça plate rendu là-bas? Il veut aller à la maison? Stu une joke ça là? Est-ce qu’on me teste? C’est ça hein? C’est un test de la vie, une épreuve pour savoir si j’vais craquer, si j’vais l’abandonner sur le bord du chemin? Évidemment, il arrive toujours un moment dans l’activité où l’enfant a du fun en même temps que toi, pis mêmes les mauvais moments sont sujet à créer des souvenirs imperrisables.

Pis ça va être à tout recommencer les autres jours. Être parent est la pire job au monde seulement par le simple fait que ça passe donc rapidement. Voilà le paradoxe auquel chaque parent devra faire face éventuellement. Petit poupon parfait aux joues bien roses deviendra inévitablement un jour un toddler tyrannique se nourrissant exclusivement de Goldfish puis ensuite un enfant qui fait pipi sur le siège de la toilette, puis un adolescent avec du poils et des goûts musicaux que vous ne comprenderez tout simplement pas. C’est la pire job au monde parce que le patron (l’enfant) est implacable, demandant, difficile, exigeant et surtout, aucunement reconnaissant de toute votre travail. Mais bon, l’amour inconditionnel, tsé, c’est ça.

Dada Blaise

Tels pères, tel fils

Quand le p’tit est arrivé chez nous, tout le monde capotait parce qu’il ressemblait donc à mon chum, le Papa du duo. Encore aujourd’hui, les gens n’en reviennent pas. « Mon doux qu’il ressemble à son père! » Effectivement, mon chum est grand, costaud, vire sur le blond et à les yeux bleu des mer d’Antilles. Bref, il pourrait faire le cover d’un roman Harlequin à la façon que je le décris.

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Pareil!

Sans blague, le p’tit et son Papa se ressemblent en effet, ce qui peut sembler un phénomène étrange en soi puisque ce n’est pas notre enfant biologique, mais la Nature et des années d’adaptation nous back sur ce point. Il est prouvé qu’un enfant adopté, peu importe ses origines, « pogne » les tics et faciès de ses parents d’adoption à force d’évoluer et grandir avec eux. Et c’est ce que Papa pis Dada remarque à mesure que Petit Pou grandi. Il utilise nos expressions préférés comme « câlisse! » « mon doux! », prononce certains mots de la même façon ou utilise les mêmes tournures de phrases que nous. Il fait des grosses faces coquines, aime faire rire et fait des moues boudeuses quand ça fait pas son affaire, comme Dada. Donc, oui, un enfant qui n’est pas biologiquement le nôtre peut tellement nous imiter qu’il en vient à prendre nos traits physiques. Fucké hein?

Mais quand est-il de sa personnalité? Une de mes plus grandes craintes lors de tout ce processus adoption a toujours été celle-ci: « Est-ce que mon p’tit va me ressembler un jour? » Pas seulement physiquement, non. Est-ce qu’un jour j’vais me voir en mon enfant? Est-ce que je vais reconnaître certains de mes traits de caractère (colérique), mes qualités (great lover), mes défauts (lazy as fuck), mes goûts pour les chansons de Whitney Houston, les chips au vinaigre et ma passion pour les jeux de société bizarres? Comme tout parent rationnel et psychotique sur les bords, j’ai dressé une belle liste de toutes les différences entre mon p’tit et moi, pour voir à quel point on est similaire ou pas:

Manger

Une fois à l’Université, après un party full boisson, j’me suis réveillé hangover comme le maudit, fiévreux et sous l’emprise d’un mal de cœur gastro-entérite intense. J’ai quand même manger les restants de salsa étagé crème sûr/fromage Philadelphia/piment vert à même le plat dans le réfrigérateur. Bref, j’ai toujours faim pis j’aime manger. C’est un plaisir pour moi. Mon p’tit lui, y’a jamais faim. Lui faire manger quelque chose de nouveau est aussi pire que si je lui proposais de lui arracher une dent. Bon, bon d’accord. Propose lui des fucking Goldfish ou des biscuits pis il va faire le beau pis se rouler par terre, mais propose une paella avec des belles écrevisses full antennes pis gros yeux noirs pis tout d’un coup c’est « yark pas bon! ».

Dormir

Pendant que j’me tortille d’impatience en pensant à mon beau grand lit douillet, mon p’tit se défend bec et ongles pour ne surtout, SURTOUT pas aller se coucher. J’comprends que j’suis une personne extraordinaire à côtoyer et qu’il veut surtout pas passer à côté d’une de mes blagues, mais quand il est rendu 10:00 du soir pis qu’il dort toujours pas, j’me demande s’il est pas comme la p’tite fille du film The Ring.


Courir

J’haïs l’effort physique. J’HAÏS courir. Moi j’cours si j’dois me sauver d’un meurtrier sadique, pendant les ventes de feu du IKEA pis si il y a un camion de crème glacée au bout de la rue. Mon p’tit a deux vitesse: « grouille toé l’matin fac j’vais marcher le plus lentement que j’peux » ou « COURIR! ». Il court, pis il cri. Il court des fois tellement vite que j’suis obligé de courir après pis ça me fait presque perdre du poids, pis c’est contre ma philosophie de vie.

Les chars

Vous dire à quel point je ne connais rien au char et à quel point ça ne m’intéresse pas, voici ma meilleure anecdote humiliante sur ce sujet: J’ai du inscrire ma voiture pour le stationnement au Cégep et lorsqu’on m’a demandé la marque de ma voiture j’ai dit: « Chevrolet », et quand on m’a demandé le modèle j’ai dit: « heu…Chrysler? ». Mon p’tit lui adore jouer aux p’tites autos, aime me pointer des « belles » autos (des camions) pis il aime le film Les Bagnoles (boring as hell). J’ai peur qu’il grandisse et se mette à me parler de chars sans arrêt, pis j’saurai pas quoi dire!

M’asseoir

Moi j’aime ça m’asseoir sur le divan pis regarder mon destin par la fenêtre. Pas mon p’tit. Lui il aime ça COURIR, pis SAUTER, pis FAIRE DES CULBUTES! Pis il arrête jamais! Hourrah!

Pis un beau matin, alors que je désespérais de ne jamais voir aucun de mes traits chez mon enfant, j’ai été dans ma chambre pour faire le lit (des fois j’fais ça le ménage). Mon p’tit a resurgi dans la chambre parce que j’ai jamais un moment seul dans c’te maison-là, pis alors que faisais flotter le drap au-dessus du lit, il s’est jeté dedans à grand coup d’éclats de rire pis de bonheur joyeux. « Encore! » qu’il me dit sur le champ. J’obéis. Pis on continue pis on a du fun. Pis discrètement, j’me suis essuyé une p’tite larme de la sensibilité et de l’émotion. Cette scène-là d’un enfant qui joue dans les draps, je l’avais déjà vécu avant. Avec ma maman. P’tit Dada se pitchait avec allégresse dans la vague des draps sous le regard attendrie de sa mère. Mon p’tit fait les mêmes choses que moi tout compte fait. Il sautait et jouait tout comme moi je l’aurais fait. En un instant, j’me suis reconnu dans mon gars. Mon p’tit gars colérique, têtu, bouffon, difficile, maussade, excité, paresseux et jovial. À force de chercher toutes nos différences, j’voyais pas nos ressemblances.

Like fathers, like son after all.

Dada Blaise

La Fois Que J’Suis Devenu Vieux

 

Bon. Fac…demain c’est ma fête. La fête de Dada en personne. Pis j’vais avoir 34 ans. TRRRRRRRENTE-QUATRE ANS. Ça me dérange pas pantoute dis-je en braillant tout en me mangeant un pot de crème anti-âge. 34 ans. C’est l’âge des poupounnes de Sex and the City dans les premières saisons. C’est l’âge de l’autre bord de la colline. L’âge plate me semble. C’est le premier pas dans le vrai de vrai âge adulte dans ma tête. J’m’approche de la boîte 35 à 40, pis, guess what, j’peux pas reculer. C’est ça la vie j’cré ben.

Depuis que j’ai 30 ans, j’ai l’impression que chacun de mes nouveaux anniversaires apportent leurs mauvaises nouvelles. Comme si chaque nouvelle année m’apportait son petit cadeau personnelle: Oups, un peu moins d’énergie, un peu plus de douleur dans le dos, un peu moins de pulsions sexuelles, un peu plus de manboobs pis un peu moins de cheveux. Beaucoup viendront te dire que l’âge, c’est dans ta tête. Qu’on est jeune de cœur. Vive la margarine pis all that bullshit. Mais ça n’empêche pas que j’fais plus de bruit quand j’m’assois, que j’met de plus en plus de linge mou et que mes doux soyeux cheveux brun n’ont plus de traces de blond mais de GRIS ciboire! Ahhhh! Néanmoins, jusqu’à il n’y pas si longtemps, j’me réconfortais qu’au moins, j’étais encore à la page, j’étais encore in. Que j’savais encore qu’est-ce qui était à la mode et qu’est-ce qui ne l’était pas. Que j’étais encore pas mal hot en ce qui attrait le monde de la culture populaire. J’me disais que j’étais encore dans le coup avec mes connaissances approfondies sur Stranger Things, pis que j’savais c’était qui Calvin Harris, pis dans quel film joue Brie Larson. Que j’étais encore trendy et up to date avec mes chansons de Lana Del Rey, le fait que j’sais c’est quoi Uber, pis que j’suis encore capable d’aller danser follement, même si j’suis un banlieusard dans la trentaine avec un jeune enfant. Les jeunes de l’école me parlaient de One Direction, de Justin Bieber, de iCarly ou de l’émission Le Studio et j’savais de quoi ils parlaient la plupart du temps. Puis dernièrement, tout a changé.

Ça d’abord commencé par Instragram. Cet été. J’me suis dit que vu que j’étais maintenant un bloggeur cool et funky, je me devais également de prendre des photos avec filtres doudounes pour poser mes gerbes de fleurs, mes chapeaux de paille, les napperons savamment barbouillé de mon bambin ou des vues panoramiques de l’océan. J’me suis mis à suivre des célébrités, parce que why not, c’est toujours le fun de savoir que Hugh Jackman est en vacances à Ibiza ou ben que Isabelle Racicot fait un shooting photos cocasses avec ses meilleurs amis. Pis un jour, j’suis tombé sur cette photo de Selena Gomez.

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Comme beaucoup de vieux de plus de trente ans, j’avais une vague connaissance de c’est qui Selena Gomez. J’savais qu’elle étaitpopulaire, parce qu’elle est un genre d’amalgame de Disney Channel, chanteuse, actrice, amitié avec Taylor Swift et bécoteuse de Justin Bieber. Mais je ne savais pas à quel point elle était populaire. Quelques jours plus tard, vl’à ti-pas que j’apprends que cette photo, cette photo ci-haut d’une jeune poupounette qui boit son coke comme je suppose elle le fait tous les matins après avoir mangé ses Pop-Tarts, cette belle et léchée photo a brisé l’Internet. Elle a eu le record de vue le plus élevé de toute la vie avec cette photo qui a été liked plus de 5 millions de fois. C’est là que j’me suis dit…ben voyons esti. Qu’est-ce que je comprend pas moi-là la-dedans? Comment ça qu’elle pogne de même? Pourquoi qu’elle est donc aimé de même? Pourquoi j’ai pas 45 millions de dollar comme elle? Vraiment j’me suis demandé la question. J’aime pas ses chansons, me semble que le monde entier devrait pas l’aimer, non? Pourquoi le monde aime pas les trucs que moi j’aime?

C’est là que j’ai compris. Mon dieu, j’suis devenu vieux. Ça m’a frappé. J’suis d’un autre âge. Je ne comprends plus les modes qui passent. Les chansons de mon temps sont des classiques. Les films de mon temps ressortent sous forme de remake. On parle des années 90 comme « le bon vieux temps ». Coup de Foudre revient à V cet automne!

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Fac le monde (ma mère) avait raison. Un jour j’comprendrais. Un jour j’verrais ben. Un jour ça serait mon tour. Fac oui, j’suis devenu vieux. Astheure, j’suis outré de voir des émissions de télévision comme Beachclub ou ben Célibataires et Nus. Astheure ça m’énarve quand la p’tite caissière du Jean Coutu me tutoie gros comme le bras pis pitonne avec ses grands ongles roses sur sa p’tite caisse. Ça m’énarve quand les jeunes envahissent mon terrain pour chasser des Pokémons. Ça m’énarve quand mon voisin écoute la télévision trop fort. J’ai frette pis j’aime ça me mettre une p’tite laine. J’ai des bonbons dans mes poches. J’aime ça aller prendre mes marches pis r’garder le bord de l’eau. J’aime ça nourrir les oiseaux pis m’exciter quand j’vois des espèces différentes. J’aime ça manger une p’tite soupe, c’est ben en masse, pour le dîner. J’aime ça faire l’amour le samedi soir dans le noir complet, dans le grand silence.

So yes, demain j’vais vieillir. J’suis devenu un « vieux ». Pis c’est correct finalement. J’suis un père, pis j’m’approche du 40 ans, pis c’est le cycle des choses. Quand tu te met à y penser, c’est l’fun être vieux quand même. C’est l’fun pouvoir chialer et dire son opinion haut et fort pis dire fuck that shit avec confiance. C’est l’fun de s’en foutre un peu de l’opinion des autres (mais pas trop, j’reste névrosé et paranoïaque tout de même, seulement pour votre plaisir). C’est l’fun de se sentir mieux avec son soi-même, pis de pas se gêner pour dire ce qui nous déplaît. C’est l’fun faire ce qui nous tente pis pas être obligé de se taper des activités comme du Ultimate Frisbee ou ben du parasiling sensuel juste pour plaire à la masse de gens populaires de ton entourage. C’est l’fun d’être un peu plus moi, le vrai de vrai moi, à chaque jour qui passe.

Dada Blaise

 

 

Une P’tite Rentrée Aigre-Douce

On le sent dans le fond de l’air, une touche de froid, les premiers frissons de la fin. Dehors, dans la chaleur massive, sous le soleil chaud et jaune, c’est déjà le début d’une autre saison, la sève qui se retire, les feuilles qui se pavanent pis qui se meurent. La fin des vacances. Y’a ti pas un mot plus triste que ça? Fin. Pourtant, c’est une réalité que tous les enfants doivent affronter un jour ou l’autre. La fin de la liberté, la fin du gros fun noir, la fin de se coucher tard pis se lever tard, la fin de la piscine, la fin du chlore pis du gazon coupé. La fin de l’été. La rentrée scolaire. Le début, pis la fin. La tristesse, pis l’excitation. L’aigre pis le doux.

La rentrée scolaire, c’est cyclique. C’est toujours la même chose, peu importe l’âge. D’abord, il y a les articles pour réussir la rentrée scolaire tout en restant saine et heureuse qui ont fait leur apparition. Les bons conseils vont de bon train, tout le monde se rue dans les magasins et chiale sur le Net que ça pas de maudit bon sens ces maudites listes de matériel scolaire là. Voyons donc 24 crayons mine! Plus qu’une efface? Coudonc ils leur donnent-tu à manger? Des crayons-feutres aux couleurs différentes? On n’est pas des millionnaires bonyeu! Va falloir faire des lunchs santé avec des collations de légumes? Yousse qu’on est, au Ritz? Puis arrivent les photos. LES photos. Vous savez de quoi je parle. Les photos de mamans enchantées, qui sautent de joie avec un rictus dément devant les enfants à la face de baboune, armé de sac à dos et de tristesse. C’est drôle! Ah ah ah! Vive la liberté, j’t’écoeuré d’avoir mes enfants dans les pattes! Ensuite c’est les autres qui se pointent, les rabat-joies de ce monde, dents et griffes acérés, commentaires prêt. C’est PAS drôle. J’adore mes enfants. J’veux passer tous mes jours avec eux. Si j’me retenais pas, j’me coudrais à eux pour ne pas manquer un seul moment. Les indignes pis les dignes. Pas d’entre-deux.

La grande journée arrive. Le plus p’tit trépigne d’énervement. Son sac à dos est plus gros que lui. La plus grande se la joue cool. Elle est aussi nerveuse qu’avant. Chu-tu encore dans la gang? Mon prof va-tu être fin? Celle au secondaire n’a pas voulu déjeuner. Elle a passer la veille à choisir le bon vêtement, celui qui est casual enough, celui qui ne la classifie pas dans aucun groupe, mais qui ne la mettra pas à part non plus. J’m’en fou, mais j’m’en fou pas. Même le cégépien, ben fier dans son char rouillé, a des flatulences de stress intense. Ici c’est immense. Ici c’est réel. L’universitaire quant à lui est habillé en Schtroumpf, pour son initiation. Kessé qui vont me faire? Ça d’l’air qu’ils peuvent te forcer à te mettre tout nu ou boire des 18 shooters d’affilés. Même le prof, de son côté, se mâchouille les lèvres de nervosité en alignant les bureaux. J’espère que ça va bien aller. J’espère avoir le contrôle sur eux. J’espère que je vais les intéresser.J’espère qu’ils vont être fins.

Peu importe l’âge, c’est la même émotion, comme un choc électrique qui se propagerait d’enfant en enfant, partagés par une mer d’écoliers, d’adolescents, d’adultes. L’inconnu. Le rejet. Vais-je être accepté? Vais-je être à la hauteur? Où est-ce que j’vais aboutir? Qu’est-ce qui va m’arriver? J’veux pas y aller. J’veux rester chez nous, j’veux rester dans les vacances. C’est bel et bien la fin d’un temps, la fin du chaud pis des popsicles à l’orange. Ça sent les cahiers neufs, les crayons-feutres magiques, ça sent la possibilité. Les p’tits pieds trépignes, les talons claquent, les fermetures éclairs sont remontés, les cheveux sont couvert de gel, de spray-net, les yeux se mouillent, les câlins sont un peu plus long, un peu plus fort. Aweille vas-y ti-gars. Vas-y ma grande, ça va ben aller. Bye bonne journée. Amuse toi. Ce sont-là les premiers pas vers la grande vie. Vers le grand monde. Vers le vrai de vrai. Au revoir limonade sucrée, au revoir temps doux. Salut l’prof. Salut les amis.

Bonne rentrée scolaire!

Dada Blaise

Comment Occuper Vos Enfants Cet Été

L’été bat son plein, avec son soleil tapant de l’après-midi, son odeur du chlore et de gazon, sa chaleur brûlante qui émane de l’asphalte noir, ses courses folles dans les champs de pâquerettes pis ses rides de bicyclette au dépanneur. Cet été, vous vous êtes promis un été parfaitement imparfait. Vos enfants et vous-même allez apprendre à lâcher-prise, à relaxer. Ce sera un été de popsicles, de bord de l’eau, de cache-cache dans le p’tit boisé, d’oiseaux, de tondeuse, de champ de blé, de fleurs, de films dans le sous-sol, pis de s’endormir en p’tite boule pendant que les adultes parlent autour du feu. Vos enfants vont vivre comme quand vous étiez jeune, relaxer, s’amuser et apprendre des belles leçons de vie sur l’amour et l’amitié. Ils vont apprendre ce que c’est l’ennui tout en restant actifs. Vous avez décidé que cet été, vos enfants allaient se créer des souvenirs qu’ils chériront forever.

Fin juin. Vous vous êtes levé relativement tôt et avez déjeuné sur le balcon. Le p’tit a taché vos beaux coussins extérieurs Club Piscine avec de la confiture, mais ce n’est pas grave, vous êtes EN VACANCES! Vous avez décidé de laisser filer le temps. Le p’tit a réclamé le iPad. D’accord, mais 30 minutes seulement. Après une crise énorme parce que vous avez enlevé le iPad et sa chanson redondante et tonitruante, vous avez convaincu le p’tit d’aller faire une promenade bucolique dans la forêt. Super! Vous avez marché avec lui pour trouver des libellules et des coccinelles. Vous lui chuchotez les merveilles du monde et inventez des histoires de gnomes et de fées. Votre p’tit est terrifié par l’idée de croiser une gnome ou de toucher une libellule. Vous fuyez la forêt prestement avec un enfant en larmes et à jamais traumatisé des marches en forêt. #guesswhoissleepinginyourbed

Début juillet. Vous vous baignez régulièrement mais le p’tit vous ordonne de nager comme ceci, de mettre votre tête sous l’eau, de sauter, de nager sur le dos, non, sur le ventre, de le lancer dans l’eau, mais pas trop, juste un peu. Vous sortez de l’eau et vous faites sécher au soleil avec un bon livre, pour vous reposer et avoir un p’tit peu la paix. Votre p’tit joue avec des balles et des bulles. C’est parfait. Il faut profiter. Il faut prendre le temps. Votre roman est complexe et vous avez de la difficulté à comprendre l’intrigue car votre p’tit vous demande incessamment de l’aider à faire des bulles. Vous prenez un magazine à la place. #lesscommitment

Vous êtes optimiste. Vous allez faire un petit projet de bricolage tout beau, tout simple que vous avez déniché sur Pinterest. C’est facile et vous avez tout ce qu’il faut à la maison! Vous vous rendez chez Rona, Wal-Mart et Michael’s pour trouver tout ce que vous auriez dû avoir à la maison et revenez chez vous. Le p’tit a chaud et a faim. Vous le nourrissez. Vous passez 4 heures à confectionner le bricolage par vous-même et prenez des tonnes de photos du p’tit qui bizoune avec la colle. Le p’tit a faim et a trop chaud pour faire le reste. Vous passez proche de tout calisser à la poubelle. Vous terminez la soirée au McDonald’s. #parentsneedabreak

Nous sommes à la mi-juillet et vos belles idées s’effritent rapidement. Vous aviez limité la télévision à une heure par jour, puis deux finalement. Pis fuck off, écoute-la ta maudite émission de Peppa Pig en boucle si c’est ça que tu veux! Vous allez au Costco en après-midi faire des commissions puis manger un hot-dog et une frite pour le souper parce que votre conjoint « travaille tard » encore. Alors que vous contemplez la masse de gens sous les néons aveuglant vous vous demandez comment vous allez survivre jusqu’à la fin des vacances. #stareintotheabyss

Le ton monte d’un cran chaque jour. Les pleurnicheries aussi. Vous forcez votre enfant à s’ennuyer et à s’occuper tout seul, mais il passe son temps à vous achaler de toutes les façons imaginables. Les articles du Net ont menti comme les vendeuses de sous-vêtements du Simons. Vous feignez une violente diarrhée pour vous réfugier à la salle de bain, mais peine perdu, le p’tit vous retrouve toujours. Comme les vélociraptors de Jurassic Park, il sait ouvrir les portes. Vous allez au parc pour fuir la couleur délavée de vos murs et vos vitres sales qui vous accusent de ne rien faire. Votre p’tit coure dans les jeux d’eau avec un autre garçon. Vous essayez de vous faire ami avec la mère du garçon pour ensuite lui proposer des sleepovers d’une semaine/une semaine. Vos larmes de panique et votre sourire terrifié la rendent légèrement mal à l’aise. Elle vous menace avec son Pepper Spray. Vous abandonnez le parc et votre sac de plage. #whenwillthistortureend

Votre p’tit écoute la télévision pendant toute la matinée alors que vous regardez le restant de bricolage qui traîne sur la table du salon depuis le début des vacances. L’échec vous sourit sous forme de gouache et paillettes éparpillées, les décombres de vos belles intentions.

Les vacances de la construction arrivent ainsi que l’absolution à cet abyme qui vous engloutit de jour en jour, votre tendre conjoint. Il est le héro des vacances, rutilant de muscles et de belles idées! Roadtrip, valises, glacière, hôtel, camping, sortie familiale! #makingmemories #pleaseshutthefuckup #planningiforuptightpeople #soblessed

Août se pointe. L’insidieux temps froid aussi, masqué dans le vent, traînant sa promesse terrifiante du retour au travail, du retour à l’école, du retour à la réalité. Vous avez le souffle court, les mains serrés. Les publicités mentent. Vous n’êtes pas si excités que ça de renvoyer vos enfants à l’école et à la garderie en fin de compte. Le pincement au cœur est bel et bien là. La sainte paix est proche, pis vous la voulez plus vraiment. C’est là toute l’essence d’être parent. La proximité, la chaleur, l’étouffement, les pleurs, le besoin d’être proche et éloigné, d’être tranquille et dérangé, d’entendre les cris et le silence. C’est le plus beau paradoxe qui existe. Pis les souvenirs se sont créés d’eux-mêmes malgré tout.

Dada Blaise

Comme le disait ma grand-mère: sharing is caring. 

 

 

 

 

 

15 phrases que je ne pensais jamais dire un jour

Avant d’avoir des enfants, tu te fais beaucoup de promesses. Mon p’tit n’écoutera pas la télévision avant qu’il ait 2 ans. Moi j’vais être capable de contrôler mon enfant à l’épicerie. Voyons, c’est pas si difficile, tu lui dis non pis c’est toute! Mon p’tit va manger des légumes à chaque repas. Je ne vais pas parler de caca et des heures de sommeil de mon enfant avec mes amis. J’vais dormir quand le p’tit va dormir. Je ne vais jamais dire: « O.k, arrête de parler », « Parce que c’est moi qui décide! », « Va demander à ton père » ou « C’est à qui le gros caca? »

Hé oui. Guess what? Tu vas tout faire ça. Et même plus! Voici 15 phrases que je ne pensais jamais dire à voix haute un jour:

« Enlève ton pénis de sur la table. »

« On ne liche pas le plancher de l’épicerie mon ti-gars. »

« Enlève ton pénis de sur mon coussin. »

« Est-ce que c’est du chocolat ou du caca ça? »

« Enlève ton pénis de sur le iPad. »

« Je le sais que tu as envie de caca, ment moi pas! »

« Là va glisser pis t’es mieux de t’amuser, compris? »

« Oui grand-maman a un vagin. »

« As-tu mis ton doigt dans tes fesses? »

« As-tu trouvé ça dans les poubelles? »

« Enlève ton pénis de sur la télévision. »

« Arrête de licher le chat! »

« J’ai pas dit ton câlisse de père. J’ai dit ton réglisse de père. RÉGLISSE. »

« Parce que j’aime pas me faire mordre, correct là!? »

« Ah ouain t’es capable de faire 3 culbutes de suite? R’garde, moi j’suis capable de faire un nœud avec ma queue de cerise avec ma langue! Same thing! »

 

Dada Blaise

Pour plus de ridicule quotidien, clique drette-là

Merci P’pa!

C’est le mois de juin, les pissenlits ont r’virés en mottons poilus, les shorts se font plus courts, la rhubarbe est prête, les jeunes se peuvent plus d’être à l’école (les profs non plus d’ailleurs) et le hockey est enfin terminé. Ça ne veut dire qu’une chose: la fête des Pères approche. La fête des Pères, si on la compare à la fête des Mères, c’est un peu comme la Claudette Dion du calendrier, c’est à dire qu’elle essaye ben fort d’avoir de l’importance, mais elle arrive pas à surpasser sa sœur. Un père, tout le monde le sait, ça n’a pas d’émotions, ça tient pas tant que ça à se faire fêter, ça grogne, chiale parce que quelqu’un a laissé les lumières allumés pis ça s’endort devant la télévision en un temps record.

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Heille, change pas de poste, j’regardais mon émission.

Il se trouve que j’ai également grandi sous la supervision d’un père. Un vrai de vrai comme qu’on dit. Pis, of course, mon papa, ben j’l’aime gros comme le ciel, même si il m’a fait roulé des yeux cinquante six mille fois avec ses histoires interminables et m’a fait honte devant la populace entière. Mon père c’est le crème de la crème des pères, parce qu’il était capable de faire des crêpes en forme de Lucky Luke, inventer des chansons su’l fly, me faire marcher sur ses pieds comme un géant, m’amener manger une p’tite patate frite full vinaigre, m’amener à foire agricole de Saint-Hyacinthe essayer les manèges chambralants et rouillés opérés par des ex-prisonniers tatoués parce que c’était mon plus gros thrill de mon été, m’amener au Servidéo louer des films à tous les weekends, parce que j’avais pas de vie sociale apparemment, pis me montrer à conduire (et me traumatiser du même coup).

J’ai dit merci à ma mère, pis comme j’suis autant téteux pour un comme pour l’autre, et pis que j’veux pas que mon père soit jaloux, c’est à son tour de se faire humilier remercier.

POUR TOI PAPA:

 

Merci p’pa…

…de ne pas m’avoir forcé à faire du sport. J’le sais que tu avais peut=être des grands espoirs que j’sois le prochain Wayne Gretzky ou Lloyd Eisler (c’tu un joueur de hockey ça?), pis que quand on m’a mis sur la glace j’me suis effouaré en braillant, mais t’as jamais insisté pour que je continue. Tu m’as jamais fait sentir cheap ou nul parce que j’m’intéressais pas aux sports ou que j’voulais pas écouter la soirée du hockey. À place tu m’traînais à mes cours de gymnastiques, parce que oui, il fut une époque où j’pouvais fait des pirouettes sur une poutre, me mettre les jambes par dessus la tête et faire des roues sans main. C’était pas le sport le plus viril, mais j’ai quand même gagné mes p’tits rubans bleus, pis t’étais la pour m’applaudir avec toute la fierté paternelle qui te caractérise.

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Ou j’aurais pu être le futur Felipe Alou, le fameux joueur de soccer.

Merci p’pa…

…de m’avoir appris comment charmer les dames. Oui, je sais, tu pensais pas que je te remercierais pour ça, mais sans fausse modestie, chu pas mal pas pire pour charmer le sexe opposée. Grâce à toi, j’ai appris comment complimenter les madames, les faire sentir belles pis drôles et savoir quoi leur dire pour leur faire plaisir. Même si je vis avec un homme, ce don m’est pas mal utile quand j’veux avoir un plus gros budget scolaire avec ma directrice ou lorsque j’veux une plus grosse portion de frites au restaurant en jasant avec la serveuse. Tu m’as montré comment avoir de l’entregent, avec hommes ou femmes en fait, d’être jasant avec le monde, d’être souriant pis de dire s’il-vous-plait et merci.

Merci p’pa…

…de m’avoir construit plein de patentes à gosses pour m’amuser et transformer notre cours arrière comme un cliché de film américain avec une clôture blanche, une cabane dans les arbres, un vieux pneu dans le saule pleureur, et surtout, LA fucking grosse glissade faite en tôle. Ça tenait par la peur, c’était immense, la tôle était brûlante sous le soleil et nous écorchait les fesses, mais c’était l’attraction de la rue. J’pense que j’ai jamais été aussi populaire que la fois où tu as eu l’idée d’installer le boyau d’arrosage sur la glissade pis qu’on descendait à 90 km/h avant d’atterrir dans le gazon qui nous tailladait les cuisses. Merci papa bricole.

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Glissez les enfants, ça va être l’fun! Wheeeeeeeeeeouuuuuchhhhhh!

Merci p’pa…

…de m’avoir trimbalé à tous les films que je voulais aller voir. Le Petit Monstre 2 (où tes rires empêchaient le reste du monde d’écouter le film), Jurassic Park (4 fois dois-je le mentionner, mais c’tais ben trop bon!), Le Roi Lion (j’avais 14 ans pis mes amis se pensaient trop cool pour aller voir ça, mais DAMN IT, j’y ai été pareil!), etc, etc. Merci aussi de m’avoir amené au cinéma quand j’étais adolescent et d’attendre dans le char comme un codingue pendant que j’avais du fun PG-13. T’étais mon taxi de Saint-Jean-sur-Richelieu jusqu’à la campagne perdu de Saint-Sébastien, pis c’était une tâche ingrate, mais tu l’faisais sans chialer…enfin, presque pas.

Merci p’pa…

…de tout m’avoir appris sur les autos. Je l’sais que je devais pas être facile à cerner comme ti-gars vu que je jouais aux pouliches pis aux princesses, mais t’as quand même voulu m’inculquer tout ton savoir sur les autos. La nettoyer toutes les semaines, la shiner ben comme il faut, laisser le guenille sale proche du moteur pour qu’elle pogne dans la courroie, comment changer un pneu, pis bien reconnaître les différents modèles. Merci d’avoir autant essayer, pis désolé que j’aille pas écouté grand chose. La preuve ultime est quand j’ai du inscrire ma voiture pour le stationnement au Cégep et que lorsqu’on m’a demandé la marque de ma voiture j’ai dit: « Chevrolet », et quand on m’a demandé le modèle j’ai dit: « heu…Chrysler? Ben le char beige que tout le monde a ». #alwaysawkward

Merci p’pa…

…de m’avoir amené vivre à la campagne. Grâce à ça, j’ai appris à faire du cheval, ranger des « bales » de foin dans une grange, tondre le gazon avec un tracteur (tout croche, mais c’pas grave), nourrir des poules et des lapins (pas souvent, mais c’pas grave), pis à travailler su’à terre (le moins possible, mais c’pas grave). J’ai grandi dans la banlieue blanche et verte pour ensuite vivre dans l’odeur de fumier pis les grands espaces et les champs de blé d’inde. C’est comme si j’avais vécu plusieurs vies, pis je t’en remercie. Même si j’étais pas toujours ben vaillant ou le plus viril de la gang, vivre en campagne m’a fait découvrir une facette plus masculine de ma personnalité. Ça m’fait un thrill de savoir que j’suis capable d’être un gars « gars » parfois, pis que j’suis capable d’allumer un feu de camp en crachant pis en rotant en me pognant le paquet.

Merci p’pa…

…de m’avoir transmis ta calvitie. Ma grosse tignasse qui poussait en boule s’amincit à mesure que je vieilli, me permettant ainsi d’avoir moins chaud l’été et me présenter comme député.

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Moi dans 3 mois.

Merci p’pa…

…d’avoir été celui qui participait. T’as toujours été le joueur, celui qui était willing de faire une p’tite partie de cartes avec nous autres, faire le mort dans nos films d’horreur, jouer à Scattergories même si t’hais ça le bruit du buzzer, essayer de jouer au bowling sur la Wii ou ben de faire des mimes pas déchiffrable. Surtout, merci d’avoir toujours voulu nous suivre dans les manèges. Astheure que j’ai un p’tit, j’trouve ça ben plate faire les p’tits avions qui tournent pendant cent mille ans. Mais toi tu l’faisais toujours avec le sourire, entouré d’une bande d’enfants criards et boosté au sucre, alors chapeau papa.

 

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R’gardez-nous donc le sourire Crest de ma soeurette qui vole le show comme d’habitude. Moi j’suis en arrière sur le bord, parce que mon cousin avait trop peur.

Merci p’pa…

…de m’avoir appris à jouer aux cartes, de m’avoir lancé dans les airs pis fait faire toutes sortes d’acrobaties, de m’avoir fait des spectacles de musique à bouche, de m’avoir fait écouter du Félix Leclerc, de m’avoir aidé à nous construire une friggin‘ maison, à moi et ma soeur, de m’avoir appris à nager pis faire de la bicyclette, de m’avoir protéger des extraterrestres quand j’allais me coucher avec toi, de m’avoir endurer pendant ma crise d’adolescent incompris, de m’avoir poussé à aller porter des C.V., d’arrêter au dépanneur à chaque semaine m’acheter mon Safarir, pis finalement, de m’avoir toujours, toujours, toujours serré dans tes bras, peu importe mon âge, peu importe ce qui arrivait. Tu as toujours voulu te démontrer affectueux, pis tu peux pas savoir comment c’était important pour moi que tu le sois. Pour tous tes gros câlins, tous ceux que tu m’as fait quand j’étais jeune et ceux que tu m’as fait pareil même quand je t’ai annoncé que j’étais amoureux d’un garçon, j’te dis merci p’pa. T’es réellement le meilleur père qu’un p’tit gars comme moi pouvait avoir.

 

Mon père c’t’un tendre, fac essuie tes grosses larmes p’pa, mouche ton nez moustachu, pis j’te fini ça avec un p’tit vidéo de tes acteurs préférés, pour te faire plaisir.

 

 

Quand je te demandais d’aller louer un film pis que j’oubliais de spécifier QUEL film, tu r’venais toujours avec ces maudits films-là. Chriss que c’tait plate bon.

 

Dada Blaise

Adventures in Adoptionland, part 3: Ze Boutte Rough!

Adventures in Adoptionland, PART 1: Ze Commencement

Adventures in Adoptionland, PART 2: Petit Pou Contre-Attaque (avec de l’amour!)

Papa pis Dada, dans leur vie « pré-bébé de l’amour », n’avaient pas de gros questionnements quant à leur futur avec des enfants. C’était assez clair que, biologiquement parlant, ça ne serait pas possible d’avoir un enfant, même si on essayait tous les soirs (oh those were the days…). On était pas mal satisfait de notre vie par contre. Vous devez d’ailleurs pouvoir vous l’imaginer: caviar, champagne, sexe dans le hot-tub, couchers de soleil tout rose, glitter, danse dans les clubs et voyages aux Bahamas…Oui, on pouvait voir tout cela à la télévision dans Occupation Double, assis sur notre grand sectionnel blanc immaculé, en mangeant des chips BBQ. Pis un jour on s’est dit: « Heille, me semble que c’est trop propre pis calme chez nous pis qu’on feel pour avoir un p’tit tout mignon à aimer et éduquer qui serait l’équivalent d’avoir à contrôler les dégâts d’un blender pas de couvercle. » Donc oui, comme tous les futurs parents, un m’ment donné, l’envie d’avoir un enfant nous a pogné. Lors des entrevues pré-sélection, l’intervenante adoption nous a demandée pourquoi on en voulait un exactement. Et en effet, c’est LA question non? Pourquoi les parents ont des enfants?  Je sais que si je posais cette question à mes grands-parents ou mes arrières grands-parents, ils me regarderaient avec un air bafoué tout en agrippant leur Reader’s Digest et leur bol de peppermint pour me dire:

« Parce que c’est d’même. »

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« J’suis parti en famille. » « Batince. »

 

Je comprends qu’il y a une part biologique et survie de l’espèce préprogrammée dans nos esprits qui nous pousse à procréer. Je comprends également que pour certains, c’est un désir profond qui ne s’explique pas, qui se vit. Mais une partie de mon cerveau, la partie logique, froide, analytique, se demande pourquoi l’être humain d’aujourd’hui, qui sait comme moi que le monde est dur, cruel, froid, plein de danger, de risque, de mort, décide d’avoir un enfant.

Je sais également que beaucoup se demande pourquoi un couple serait prêt à adopter un enfant comme nous l’avons fait, avec tous les risques, troubles, pleurs et crises que cela comporte. Pourquoi avoir un enfant dans ce cas? Cette question revient souvent pendant l’aventure de l’adoption. Elle est sournoise, sneaky, te réveille en pleine nuit pour te murmurer à l’oreille, te faire douter. Parce que, oh oui, il y a des bouts difficiles. Chrissement difficile même. Tu ne peux pas t’imaginer à quel point c’est dur pour la tête et le cœur, pour tout ce qui fait de toi un être humain sain d’esprit. Mais on passe au travers. Les humains sont résilients de même. On affronte les pires horreurs pis on survit. Et le plus extraordinaire dans tout cela, le p’tit aussi. Il passe des moments difficiles, tristes, déchirants. Mais il s’en sort. La volonté d’un enfant à s’trouver une place dans le monde est grande, impressionnante. Son besoin de s’faire aimer l’est tout autant. Et toutes ces aventures feront alors de ce petit être un superhéros à part entière, comme ses Supers Parents.

Sans plus tarder, voici la suite des aventures de l’adoption, où l’on plonge tête première, avec témérité et un peu de folie, yeux grand ouverts dans toutes les épreuves qui ont tissé notre famille. Encore une fois, tout ceci est MA propre expérience et n’est aucunement représentatif des autres gens qui vivent l’aventure de l’adoption au Québec.

 

SIXIÈME ÉTAPE: ON S’PARTAGE LE BÉBÉ

Donc tu feel le parfait bonheur avec ton p’tit enfant. Oui, il y a eut une période d’adaptation, le p’tit a réagi un peu plus fort que tu t’attendais parfois, mais somme toute, c’est relativement facile. Un beau matin tu reçois un appel de l’intervenante sociale du p’tit qui te rappelle que les visites supervisées vont débuter la semaine suivante. Visites supervisées, tu sais c’est quoi. Tu as été prévenu. C’est des visites qui ont été ordonnées par le juge, celui-la même qui a décidé de placer le p’tit chez vous, même s’il vous a jamais vu de sa sainte-vie. Tu prends note l’heure et l’adresse de la rencontre, pis tu raccroches. La réalité sonne à la porte et rentre chez vous avec ses grosses bottes sales pis il fouille dans ton intimité sans demander la permission.

Le matin de la visite, tu prépares ton p’tit. Tu sors la grosse poche qu’on t’avait donnée quand tu as été le chercher, celle que tu as mise au fin fond d’un garde-robe pour ne plus y penser. Une poche remplie de trucs qui appartient à la maman biologique de ton p’tit. La Bio. C’est d’même que tu vas l’appeler à présent. Elle devient une entité qui reste et plane dans ta vie, un fantôme que tu ne pourras pas chasser facilement. Tu farfouilles dans les trucs et la désolation te serre le cœur. Les maigres affaires de la Bio se résument à un sac à couche, des jouets, des trucs de bébé et du linge trop petit. Tu pognes le sac à couche, une suce et un chapeau que tu trouves pas beau mais que tu prends pareil, question de montrer à la Bio tes bonnes intentions. Tu prépares les bouteilles de lait, ta propre suce, ta doudou, couches et tous les trucs indispensables dans ton propre sac à couche. Tu pars avec bébé dans sa coquille et deux sacs à couche ben chargés d’émotions différentes.

C’est avec appréhension que tu dois donc te rendre dans une autre ville que la tienne, ton p’tit dans sa coquille ben endormi. Première épreuve, ton GPS t’amène en plein milieu d’un champ et tu appelles en panique au Centre Jeunesse pour dire que tu vas être en retard. So far so good. Tu arrives enfin et tu entres dans un petit bâtiment adjacent à une école délabrée. C’est gris, c’est petit, c’est sombre, c’est super. Il y a des affiches de chat dans un pot de fleur (Hang in There) et des enfants qui sourient. Tu t’annonces à la secrétaire, tu signes un papier et tu attends dans la salle d’attente, ton cœur une fraction de ce qu’il peut être tellement tu es nerveux. Tu t’excuses pour le retard. Ce n’est pas bien grave, la Bio est également en retard. Par contre ce retard occasionne une rencontre entre vous deux qui n’était pas prévue, le principe étant que la Bio attende dans la salle et que l’intervenante amène le bébé elle-même. Bang. Face à face avec la Bio. Ici tu vas vivre la relation le plus étrange, houleuse et torturée de ta vie. La Bio est à la fois ta pire ennemie, ta fan incontestée, ton amie, ton cauchemar, ta rivale et ta raison de te sentir coupable. Elle est comme tu te l’es imaginé. Jeune, horriblement jeune, et pauvre. On ne peut pas passer à côté. Elle est comme un cliché dans sa robe trouée et ses cheveux gras et tu te sens affreusement mal et décadent avec tes sandales Puma et ton chandail Ralph Lauren La Bio te fait un sourire rapide et va s’asseoir. Giga malaise. Tu as son bébé avec toi, c’est SON bébé. Une voix te le répète sans cesse dans ta tête, nasillarde pis un peu bitchy. Ce n’est pas ton bébé. Comme tu es fin et aimes plaire aux gens par tous les moyens, tu lui demandes si elle veut le prendre. Elle dit que oui, gênée.

Elle se penche et pogne la coquille et parle avec une p’tite voix au bébé. Toi t’es clairement pas à ta place. L’intervenante arrive, une jeune poupounette qui a clairement terminé ses études la veille. Elle arrive, trépidante de bonne humeur, se présente et indique à la Bio qu’il est temps pour la visite avec la joie d’une cheerleader. Un peu plus pis tu te créerais en camp de vacances. La Bio n’a de yeux que pour le bébé. Tu lui donnes son sac à couche. À ce moment, tu l’haïs la Bio. Tu l’haïs comme jamais t’a haïs quelqu’un. L’amour de ta vie, ce p’tit bébé qu’on vient de te donner est en train de te filer entre les doigts. Pis ta haine part subitement, parce que tu la regardes partir cette pauvre fille-là, pis tu comprends. Tu comprends qu’elle a pas demandé à être comme elle est, à vivre ce qu’elle vit. C’est une fille qui a pas pigé le bon numéro dans l’jeu de la vie, pis sa réalité est à des kilomètres de la tienne. C’est comme se retrouver en présence d’un extraterrestre, son monde est tellement différent du tiens que tu ne peux pas t’imaginer comment elle pense ou qu’est-ce qui la pousse à agir. Tu ne peux pas te permettre de la juger car tu n’as aucune idée qu’est-ce que c’est vivre sa vie. Alors tu te fermes la trappe, ben humble, ben terrifié, ben p’tit dans tes culottes. L’intervenante, la Bio et le p’tit dans les bras partent pour la salle. Toi, tu restes comme un codingue dans la salle d’attente. Ici, plusieurs options s’offrent à toi:

  1. Quitter et aller manger tes émotions dans un snack-bar douteux que tu as vu à deux coins de rue d’ici.
  2. Quitter et aller dépenser tes émotions au centre d’achat de la ville.
  3. Quitter et aller brailler dans le char en écoutant Adele en boucle.
  4. Attendre dans la salle d’attente et lire les magazines Sept Jours circa 1996 avec Céline sur le cover, les nerfs en boule, l’oreille tendu pour le moindre pleur.

Comme Dada est pragmatique, il a déjà son muffin pépites de chocolat et émotions trop intenses avec lui, qu’il dévore dans le temps de dire « adieu taille semi-mince ». C’est ici que Dada va attendre pendant 1 heure et 30 minutes à chaque fois, avec la petite secrétaire sympathique qui comprend son malheur, mais qui ne peut rien faire juste de l’autre côté de son plexiglast. Après ce long laps de temps, la Bio et l’intervenante reviennent avec le p’tit. À chaque fois Dada se dis, ça y est, il va parler et va dire tout haut: « J’veux repartir avec elle! C’est elle ma mère! ». Mais le p’tit, qui n’est pas capable de saisir les objets encore, reste dans sa coquille, bien sage. La Bio lui fait un gros bisou et lui parle et n’arrête pas de dire qu’elle l’aime, ce qui est son droit, mais Dada, comme un enfant boudeur, veut lui interdire ces mots. Mais il est maintenant un adulte mature, alors Dada sourit même si son cœur se fend en mille morceaux, parce qu’il comprend la peine de cette fille-là, il comprend l’amour qu’elle veut lui donner. Il comprend que cet enfant-là est aimé par beaucoup de monde, pis que chacun veut qu’il lui redonne son amour. C’t’enfant-là va devoir être partagé entre plusieurs parents, pis il a à peine 3 mois.

La Bio quitte, penaude et ton cœur se resserre plus fort, te faisant réaliser que oui, il est possible que tu feel encore plus cheap qu’avant! Isn’t this great? Ensuite, tu placotes rapidement avec l’intervenante, tu cherches les détails sordides. Est-ce que ça bien été, ton bébé a-t-il pleuré à en fendre l’âme tout le long, est-ce qu’il a bu son lait, est-ce qu’il la regardait, est-ce qu’elle va être apte à le reprendre? L’intervenante te sourit et essaye de te rassurer, mais elle ne peut pas dire grand-chose. Elle te dit que c’était correct, débrouille-toi pour déchiffrer ça comme tu veux. Tu dois donc refaire la grande route jusque chez toi, ton bébé dormant paisiblement derrière, tes convictions et ta vision des chose fracassées au-delà des réparations. Toi tu repars dans ton char qui shine la richesse pis la Bio repart sur sa bicyclette rouillée. Tu gagnes, tu l’sais. C’est toi qui a le bébé pis le beau char, pis elle, elle a rien. Fac pourquoi tu te sens aussi mal?

Et n’oublie pas qu’une fois chez toi, tu dois être comme Mary Poppins et être aimant, doux, chanter, faire voler les objets et faire de la claquette. Qui plus es, tu dois continuer d’épater la galerie, amuser la visite, faire le souper, le ménage, pis avoir du dirty sex sur le comptoir de la salle de bain. Donc ça se peut que, parfois, tu manges tes émotions, tu bois ta peine ou tu dis à ta tendre moitié, sacre-moi patience. Ou tu peux faire comme moi et engueuler n’importe qui.

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SEPTIÈME ÉTAPE: STRAIGHT TO HELL AND BACK

Si tout ça paraît morose et soul crushing difficile, ben ça l’est! Parfois ça coule comme l’eau su’l dos d’un canard, c’est-à-dire que le p’tit réagi pas vraiment, mis à part qu’il est fatigué. Pis d’autre fois, le p’tit braille et braille sans arrêt suite aux visites. Non, non. Pas comme le tiens Il BRAILLE comprends-tu? Braille sa vie. Plus il vieilli, pire c’est. Plus il passe du temps chez vous, pire c’est. Les visites continuent, elle n’arrête pas. Ton p’tit est de plus en plus attaché à toi. Tu te rappelles la période cocooning? Ben c’est à ça que ça sert. À te rendre exclusif au p’tit. C’est dur pour tout le monde, ta famille pis ton conjoint, parce que tu deviens indispensable au p’tit. Mais c’est le but. Ton p’tit va se consoler uniquement dans TES bras, il va boire son lait uniquement dans TES bras, il va s’endormir uniquement dans TES bras. T’as voulu connaître la parentalité, vis là astheure! Nonstop!

Les visites supervisées vont venir gérer ta vie. Elles reviennent encore et toujours, réglées comme un tour d’horloge. Certains les vivent 3 fois semaines, d’autres aux mois. La durée et la fréquence changent selon les cas. Ce n’est jamais le même jour, ça change constamment. Tu pensais que t’avais connu la peur pis l’angoisse parce que t’as écouté The Exorcist avec ton cousin tout seul dans une maison noire en pleine campagne pendant que vos parents étaient en vacances? T’as rien vu mon poulet.

 

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« On as-tu barré la porte en bas? » « J’sais pas. » « Va voir toi. » « Fuck that. »

 

Dada continu vaillamment de se rendre aux visites, comme s’il avait le choix. Il continue de tendre son p’tit vers l’intervenante. Parfois il croise la Bio, parfois non. Elle aime lui parler après les visites, lui donner des conseils. Elle n’aime pas la doudou ou la suce que Dada donne au p’tit. Elle veut sa doudou ou les vêtements qu’elle avait au départ. Il voudrait faire plaisir, mais sa doudou pue la misère et ses vêtements sont trop petits. Il aimerait passer par-dessus ça, mais il est pas capable, parce qu’il est trop impliqué, juvénile et blessé. Pourtant la Bio a encore plein pouvoir sur certaines décisions dans la vie de bébé. Elle choisit s’il peut ou non aller en vacances hors du pays avec sa famille d’accueil. Elle peut choisir ou non si Papa pis Dada peuvent couper les cheveux du p’tit. Elle refuse presque tout. Pas pour être méchante ou bitch, seulement parce que c’est là les dernières parcelles de sa parentalité. C’est sa dernière emprise sur son enfant, pis elle le veut, comme toute mère au monde.

Les visites vont de pire en pire. Le p’tit, qui a 4 mois, pis 5 mois, pis 6 mois, hurle aussitôt qu’il te quitte. Il n’est pas ben. Il ne veut pas se faire prendre par quelqu’un d’autre et veut surtout pas boire du lait donné par quelqu’un d’autre. Le p’tit veut se faire entendre. Et toi t’es où pendant ce temps-là? Bingo! La salle d’attente, à te ronger les sangs. La secrétaire te fait une face défaite, pis toi tu as le goût casser quelque chose. Il faut respecter l’heure des visites, jusqu’au bout. Ça va de pire en pire, c’est l’enfer. L’horreur. Le p’tit est pu ton p’tit. La visite semble se poursuivre chez vous. Ses réactions prennent de l’ampleur. Ça dure 1 jour, 2 jours, 3 jours. Il braille et ne veut pas que tu le touches. Il braille et veut que tu le prennes. Non non t’a pas compris, décode son humeur tout de suite, right now, constamment. Sers-le, aime-le, gère-le, prend-le. Garde-le dans tes bras, berce-le. Non arrête pas, même quand tu penses qu’il est correct, arrête pas. Arrête jamais. Genre tu peux pas vraiment aller aux toilettes, parce que le p’tit a peur que tu t’en ailles forever. Voilà l’étendue des visites. Une anxiété pis une peur de l’abandon que tu dois réparer, rabibocher, recoller à chaque coup. À chaque fois. Alors quand une p’tite caissière du IGA te dit: « Il doit avoir des coliques. C’est pour ça qu’il braille de même. », ben tu as le droit de lui hurler: « TA YEULE! ».

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« Ça doit être ses de… » PUNCH!

 

Pis subitement, alors que tu crois virer fou, un ange arrive. La divine nouvelle intervenante, la kickass intervenante, la bénit entre toutes. Celle qui va te poser une main sur l’épaule pis te dire: « C’correct. On va penser au p’tit en premier dans cette histoire-là. »

Ici je prends un moment pour vous dire que ce n’est pas comme ça pour chacun. Certains ont des histoires d’horreur et d’incompréhension avec leur intervenante. Mais un peu de positif, ça fait du bien parfois.

Donc l’intervenante vous sauve la vie, littéralement, sauve votre couple, votre famille, toute. Un nouveau jugement est décrété par un autre juge, les visites tombent à une fois par mois et l’intervenante mets en place un système pour votre p’tit. Finis les crises interminables, fini l’incertitude. Maintenant on le laisse plus pleurer. Maintenant on lui donne une chance.

J’ai mis beaucoup de temps à écrire cette suite de notre aventure adoption, car effectivement, c’est un boutte extrêmement difficile et surtout, pas très drôle. Mon but avec ce blogue est de vous faire découvrir les facettes comiques de l’adoption et la parentalité en général, donc il m’a été difficile de trouver le drôle dans cette partie de mon récit. Malgré tout, j’ai fait de mon mieux. Et ça m’a fait revivre l’entière gamme des émotions qui accompagnaient chacune de ces visites. Donc j’ai du boire quelques coupes de vin et me suis bercé en pleurant, comme dans l’temps. Ah doux souvenir.

Malgré tout, en revisitant ces moments sombres, j’ai compris pourquoi on voulait avoir un enfant. C’est illogique, ça ne fait pas de sens de vouloir souffrir autant pour un être, que ce soit l’accouchement ou des visites de ce genre. Oui, du point de vue logique, ça ne fait aucun sens, mais les meilleures choses en ce monde sont illogiques, comme l’amour inconditionnel qu’on porte à quelqu’un. C’est ça être parent. Et la preuve ultime est que malgré toutes les épreuves, Papa pis Dada sont en liste pour un deuxième projet d’adoption. C’est ti pas merveilleux, l’être humain?

Ne manquez pas la suite et fin de la saga, Adventures in Adoptionland: Papa pis Dada pis le P’tit, Forever. À paraître quand ça va me tenter.

 

Dada Blaise

Faites comme mon p’tit et « partagez » cet article avec vos amis, c’est-à-dire donnez l’auto verte rouillée qui lui manque une porte à l’autre ami et gardez le reste pour vous.

 

 

 

 

 

 

 

6 exemples de parents qui sont ben plus poches que vous

Tous les parents auront au moins un moment (ou quinze millions de moments) où ils vont se sentir le pire parent sur la Terre. Pis si ça ne vous est pas arrivé, j’vous félicite avec votre bonheur et votre château rose fluo et vos licornes domestiques qui pètent des arcs-en-ciel et du chocolat Lindt. Pour le reste de la population, c’est normal, ne vous en faites pas. Il y a de ces journées où rien de ce que tu fais fonctionne, ton p’tit braille sans arrêt, la maison est tout croche, ça pue, ton couvre-lit match pas avec la couleur des murs…bref, comme le dirait mon chum: ça chie dans pelle. Durant ces moments de noirceur, tu peux faire comme ma grande sœur et aller voir ton père en pleurant sur le pas de la porte et en disant que t’es pas bonne pour qu’il te dise « ben non, t’es bonne pis t’a un beau bébé! » pour qu’il te tapote tendrement sur l’épaule et retourner chez vous juste ensuite.

Tu peux aussi faire comme moi et brailler en raclant le pot de mayonnaise avec une spatule tout en écoutant des films des années 80/90 parce que je suis trop lazy pour prendre le char et brailler devant mes parents. Quand je suis down, un p’tit film kétaine de fin d’après-midi TVA me remet toujours sur le piton. Vous savez quel genre de film je parle. Ce sont ces films pas trop complexes avec des acteurs plus ou moins populaires que tu ne replaces pas, mais que tu reconnais malgré tout. Ces films sont sans prétention, amusants, inoffensifs, avec de jolies couleurs et un abus de spray-net évident. C’est le genre de film que j’écoutais avec ma grande sœur enroulés dans notre doudou blanche et bleu poudre en mangeant du McDonald’s un samedi de juillet qui pleut à boire debout. Bref, ça m’fait du bien d’écouter ça.

Puisque j’ai vécu BEAUCOUP (j’exagère à peine, wink!) de moments dramatiques avec mon enfant, j’en ai écouté des tonnes de ces films. Et voilà ce que j’ai découvert: beaucoup de ces films mettent en scènes des parents poches. Et ce n’est pas volontaire de la part des cinéastes. Ces parents, avec le recul et ma soudaine expertise profonde de nouveau parent, sont vraiment poches.

Alors vous feelez down vous aussi? Pour vous remonter le moral, voici quelques exemples de parents cinématographiques ben plus poches que vous:

 

La Mère –Il Ne Faut Pas Dire à Maman que la Gardienne Mange des Pissenlits par la Racine

Premièrement, je dois dire que c’est le titre le plus long sur la Terre. Deuxièmement, parlons du fait que la mère a élevé cinq enfants impolis et visiblement en carence de discipline parentale. Troisièmement, ladite mère se paye des vacances en Australie pendant deux mois et engage une étrangère pour prendre soin de ses cinq enfants. DEUX MOIS. Et quatrièmement, discutons du fait que le message du film est qu’une fois la maman hors de vue, les enfants trouvent le sens du bonheur et leur place en ce monde…Bravo mère sans nom de revenir, tu as tout gâché la vie de famille que Sue Ellen avait mis en place. BRAVO! WTF?

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Wayne and Diane Szalinski – Chérie, j’ai Réduit les Enfants

C’mon! Ils sont capables de s’acheter une immense maison mais Wayne ne peut pas investir pour un CADENAS sur sa porte de son laboratoire, l’endroit où il a une invention TOP SECRÈTE et SUPER DANGEREUSE qui, jusqu’à preuve du contraire, détruisait les objets au lieu de les réduire? WTF?
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Daniel Hillard – Mrs. Doubtfire

Creepy, juste creepy. Le père a peut-être une belle et bonne intention, mais écoute ce film avec un regard d’adulte et la situation est juste non stop crazy, creepy, stalkery. Les enfants seront marqués à vie de cet incident. Et son ex-femme lui pardonne? WTF en double!
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George et Lorraine McFly – Retour Vers le Futur

En mettant de côté toute l’histoire incestueuse entre Lorraine et son futur fils qu’elle ne reconnaît PAS dans le futur (c’mon, voir que tu ne trouves pas weird que le gars que tu trippais dessus étant jeune ressemble à ton gars!), les parents McFly sont déjà weird et problématique dès le début du film. Personne ne s’inquiète que leur petit Marty, un adolescent de 16 ans environ dois-je vous le rappeler, a une relation proche/trop proche avec un scientifique instable que tout le monde croit fou et qui fait des deals nébuleux avec des terroristes (ah les années 80). En plus il peut partir en pleine nuit, pas de problème pour rejoindre un vieil homme dans un parking. Non? Ça n’inquiète personne? Juste moi? WTF?

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Tom et Katie Bueller – La Folle Journée de Ferris Bueller

Première chose: Ferris? C’est quoi c’nom là? Deuxièmement, peux-tu dire « favoritisme »? Jeannie, la sœur de Ferris, est clairement la mal aimée que tout le monde déteste dans la famille. Ferris joue clairement la comédie et TOUT le monde l’aime! Pis les parents ne voient rien, not fair! Ferris est chiant et mérite de se faire prendre! Moi j’suis du bord de la sœur! Mort aux populaires et aux gens trop heureux! Pis en plus c’est Cameron, l’ami de Ferris déprimé, qui mange toute la marde à la fin et qui paye les conséquences de la folle journée. WTF?!

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Peter and Kate McCallister – Maman j’ai Raté l’Avion 1 & 2

Ils ont quand même oublié leur enfant à la maison…deux fois. WTF!
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Jack Torrence – Le Shining

Sans commentaires.

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Alors ne vous en faites pas si vous avez préparé du Kraft Dinner agrémenté de saucisses hot-dogs pour le souper ou si votre jeune à joué au IPad pendant 2 heures de temps. Je suis ben certain que c’est pas SI grave que ça. Au pire, faite comme la copine de Sue Ellen (ou ma soeur avec ses copines) dans Il Ne Faut Pas Dire à Maman que la Gardienne Mange des Pissenlits par la Racine et dansez avec toute la fougue fin des années 80. Dieu sait que danser ainsi m’a aidé à ne pas sombrer dans la dépression.

Dada Blaise

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J’vais dire une chose: si tout le monde dansait ainsi à chaque vendredi soir, la Terre se porterait beaucoup mieux.

 

Avez-vous su la nouvelle? Papa pis Dada a sa propre page Facebook! Allez voir, c’est ben ben l’fun, avec des p’tites banderoles, des fanions, de la couleur pis des photos léchés avec de la fioriture sans bon sens.