Voyons câlisse!

J’me rappelle encore la première fois où j’ai sacré de mon plein gré. J’attendais l’autobus sur le coin de ma rue, je devais avoir 7 ou 8 ans, pis il mouillassait, ce genre de p’tite pluie fine comme un crachat frette pis désagréable. On était quelques uns attroupés autour du même spot au coin de la rue à attendre l’absolution/le gros autobus jaune. Il y avait deux filles plus vieilles, elle devait être en 6e année, pis c’était des badass, parce qu’elles mâchaient de la gomme pis elle se gauffraient les cheveux. Une des deux a dit à un moment donné: « Câlisse d’esti de pluie. J’haïs ça. » Quelques approbations et hochements de tête du reste du troupeau. L’autre cool girl a renchéri avec un « esti » pis un « chriss qui fait frette. » Ça y était. Les sacres étaient lâchés lousses. Rapidement, tous et chacun se sont mit à murmurer ou carrément dire leur propre gros mots avec un plaisir coupable. La plus grande de la gang, la sacreuse originale, s’est alors tourné vers moi pis m’a teasé du regard:

« Toi, t’aimes-tu ça la pluie? T’haïs ça toi avec hein? »

« Ouain. » que j’ai dis, avec ma p’tite voix simili certaine qui voulait pas être délaissé.

« Ça te fait chier la pluie toi aussi hein? »

 

Je comprenais son invitation. Il était temps de prouver ma masculinité et ma rébellion contre le système en sacrant moi avec.

 

« Ouain, moi aussi j’haïs ça. J’haïs ça en tabarnak. »

 

Le mot était facile à dire. Presque jubilant. Tabarnak. C’est ainsi que j’ai vécu mon premier sacre. En voulant prouver que moi aussi j’étais capable de le faire. C’était un sacre inutile, il n’avait pas de substance, pas de raison d’être. Pourtant, il m’avait déjà accroché.

Flashfoward en 2016. Un moment où mon stress est trop intense pour toutes les mauvaises raisons, pis j’ai juste envie d’avoir la paix 2 minutes, pis toute me fait chier royalement, pis mon p’tit prend une heure pour mettre son fucking pyjama, pis j’suis entrain de perdre patience, en fait elle est rendu dans l’fond du tiroir à côté des bas blancs que personne ne met jamais. Fac j’m’en va dans un autre pièce pis j’accroche ma belle pile de linge bien plié pis, c’est plus fort que moi, j’lâche un « Voyons câlisse! ». Le p’tit retondit, bien intéressé.

« Kess qui a Dada? Toi fâché? »

Je répond pas tout de suite.

« Toi t’as dit, voyons câlisse? » qu’il demande avec la plus grande clarté et articulation inimaginable.

« Oui, Dada est fâché en tabarnak même! que je me permet, parce que j’étais pas arrêtable pis j’en voulais à la Terre entière et toutes les circonstances qui m’avaient amené à ce point dans ma vie où  je me retrouvais devant une pile de linge détruite.

« Oh…c’est pas grave Dada. »

Bon…d’accord, bon point Petit Pou.

J’exerce un métier prenant et exigeant qui comporte beaucoup de facettes différentes, notamment un self-control sur le langage puisque je passe ma journée à enseigner et à montrer l’exemple sur la bonne conduite à avoir. Il est donc rare de voir un enseignant dire « Bon, on va faire des esti de math pour changer! », « OK, là vous baissez le volume parce que j’suis chrissement écœuré de vous entendre! » ou bien « Yé c’est la fin de la journée, on décalisse d’icitte! » Je me retiens donc toute la journée pour ne pas lâcher des gros sacres bien senti qui me ferait DONC du bien. Je suis un ADULTE après tout. Et le soir à la maison, c’est la même chose. J’essai d’utiliser un langage normal et approprié pour mon enfant de 3 ans et demi. J’essai donc de ne pas dire « Mange tes sacraments de piments! » ou « Laisse moi pisser tranquille câlisse! ». Pourtant, à me r lire, il semblerait que je suis un espèce de bûcheron malpoli qui adore lâcher des « esti » à tout bout de champ, et pourtant pas tant non. Je ne suis pas particulièrement fan de langage vulgaire ou grossier. Je n’ai pas grandi avec des parents qui nous sacraient après sans arrêt. Quoique les partys de famille et les parties de cartes joués par la parenté m’ont quand même fait une belle éducation sur comment sacrer avec jovialité et envoyer chier quelqu’un parce qu’il m’a coupé aux cartes.

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Comme grand-maman le disait: « p’tite truie! »

Mais l’espèce d’interdit qui vient avec ma job de prof et de parent m’a comme qu’on dirait boosté les sacres depuis quelques temps. Une fois le p’tit endormi, les « chriss », « esti » pis « grosse conne » me sortent de la bouche facilement, surtout lorsque j’écoute Canal Vie. Je me défoule comme qu’on dirait (peut-être l’avez vous subtilement remarqué dans mes textes). J’ai donc découvert le pouvoir bénéfique du sacre. C’est un moyen comme un autre de s’offrir une libération émotionnelle. Il parait même que sacrer permet de mieux endurer la douleur. Ainsi, oui godamnit, j’me permets de sacrer pis joualer en masse dans mes textes et mes soirées entre copains. J’aime ça dire parfois que mon p’tit me fait chier, qu’il a été un p’tit câlisse, pis m’imaginer lui faire des fuck you dans sa face quand il annonce que non, il ira pas dans le bain (c’est notre guerre personnelle à tout les deux). Une étude (trouver sur Facebook mais bon, faut c’qui faut) démontre que ce de lâcher des gros mots devant les enfants n’est pas nocif en soi, ce qui est important est de ne pas dénigrer l’enfant par le biais du sacre, ni d’utiliser un langage péjoratif ou insultant. Par contre, si vous vous cogner l’orteil et que vous lâcher un « câlisse », votre enfant ne se mettra pas à vomir du sang et s’auto-mutiler pour autant.

Fac ouain…plus j’y pense, plus que finalement, chriss, j’sacre par boutte. Je suis un jovial sacreur moi avec. Pis, ça me dérange pas tant finalement. Des fois je lâche un « gros épais » quand je conduis ou « hey tabarnak! » quand j’perd à Mario Kart. Mon p’tit me dit « merci » et « s’il-vous-plait » et est poli avec la visite, mais de temps en temps, il entendra peut-être un « câlisse » quand on joue aux cartes. Puis un matin, alors qu’il joue avec ses petites autos pis qu’il tente de les faire tenir en équilibre pour what the fuck raison pis qu’une tombe, j’vais peut-être entendre un « voyons câlisse! ». Pis j’vais aller me cacher dans ma chambre pour ne pas éclater de rire.

Sur ce, j’vous souhaite une esti de belle journée.

Dada Blaise

La Normalité Adoptive

Warning: ce post relève de mes expériences, donc calmez-vous la controverse. Aussi, ce post est un peu plus sensible à votre cher et dévoué auteur.

Les guides, nombreux livres, bons conseils de matante Suzie et nooooooombreux blogs sur l’enfance s’entendent tous sur une chose : « Chaque enfant est unique ». Cette phrase est toujours écrite en belles lettres noires, ben voyante, surlignée, avec des p’tites étoiles autour, pour être ben certain que vous ne le manquerez pas : un mantra que chaque parent devrait se répéter inlassablement. Votre enfant est spécial, unique au monde, un petit flocon de neige one of a kind dans cette tempête de bambins qui peuplent la Terre. Notre belle société moderne se dépeint souvent, au travers de reportages et d’articles nébuleux sur le Net, comme étant un groupe de plus en plus diversifié, qui accepte la différence, le hors-norme. Vive la différence, vive la marginalité, vive le pas-comme-les-autres! Peu importe la race, l’orientation sexuelle, les goûts musicaux ou le fait que vous habitiez le 450, vous êtes un être humain remarquable! En théorie, c’est très beau, c’est parfait. Pourtant, tout le monde le sait ou presque, lorsque la société et ses myriades de bonnes gens sont confrontées à la différence, les premières réactions ne sont pas toujours celles de la tolérance et l’acception, n’est-ce pas?

Arrive dans ce flot d’amour, de tolérance et d’acceptation, mon Petit Pou. Le p’tit de Papa pis Dada lui-même, l’enfant adopté, en chair et en yeux bleus. Dès le départ, nous avions été prévenus que l’enfant ne serait pas « comme les autres ». Papa pis Dada avaient lu (ben Dada a lu pis a fait un résumé à Papa) qu’un enfant adopté, peu importe par quel processus, tombait généralement dans la catégorie « Normalité Adoptive ». De kessé que c’est ça, que vous vous demandez? La Normalité Adoptive, selon Johanne Lemieux dans son ouvrage La Normalité Adoptive: Les Clés pour Accompagner l’Enfant Adopté, est :

« …l’ensemble des défis physiques, affectifs, cognitifs et sociaux qui découlent des conditions de vie particulières de l’enfant avant, pendant et après son adoption. Cet ensemble de défis constitue une norme si on les compare aux défis ordinaires, habituels de l’ensemble des enfants non adoptés. »

Mais là vous vous dites: « Dada, c’mon, concrètement, ça change-tu vraiment quelque chose qu’il ait été adopté? C’est pas un peu exagéré toutes ces histoires-là? Ton p’tit a l’air ben normal j’trouve! » Encore une fois, j’excuse #lesgens car ils sont tout simplement mal informés. Oui, en apparence, mon p’tit grandit, évolue, se comporte de façon normale. Sauf que… C’est là le problème, toute l’essence de la normalité adoptive. Le « sauf que ». Il parle, marche et rit… sauf que ça été un peu plus long pour lui. Il aime jouer avec les autres… sauf que des fois il panique quand il y a trop d’enfants. Il veut exprimer sa colère… sauf qu’il n’est pas capable autrement que par des coups et des cris. Il aime être avec son Dada… sauf que parfois s’il pouvait se coudre à lui, il le ferait. Un enfant adopté vient nécessairement d’un foyer brisé, d’un manque quelque part. Il arrive chez vous avec un p’tit trou dans l’cœur, un vide qui ne s’explique pas, grugé par l’abandon, le drame, la tristesse, l’instabilité. Qu’il ait été adopté à la naissance, à 3 mois ou à 2 ans, rien n’y change. Ce p’tit trou se forme, peu importe l’âge auquel il a été adopté. Certains enfants sont plus tough, plus résilients. Leur p’tit trou est moins gros, moins difficile à rempli, à réparer. Pour d’autres, ce p’tit trou passe son temps à se vider ou à agrandir. Ses parents adoptifs doivent constamment le remplir, le réparer, le rabibocher comme ils peuvent. Papa pis Dada ont un p’tit anxieux. Un p’tit incertain. Un p’tit ambivalent. C’est un p’tit qui aime tester la solidité de son lien avec nous. M’aimes-tu vraiment, pour le vrai de vrai? Si je câlisse toute par terre, vas-tu m’aimer encore? Si je te tape, vas-tu m’aimer encore? Si je crie assez fort, vas-tu m’endurer encore? Il y a des jours, des semaines sans rien. Du gros bonheur, une vraie annonce de Tide. C’est si facile, que j’me dis, mon Dieu, j’en aurais 15 enfants. J’me dis que finalement, il entre dans la normalité « normale ». Pis il y a des jours, des semaines que c’est l’Apocalypse, les Sept Fléaux, avec les pustules pis la pluie, le feu pis les voix d’outre-tombe pis les « j’m’en sortirais pas vivant certain ». C’est semblable à une montagne russe, il y a des cris pis des haut-le-cœur, pis la structure semble pas toujours super solide.

« Ouain mais tsé, hein, tous les enfants font ça. Tous les enfants sont difficiles. », qu’on entend à droite et à gauche. Maybe. Sauf qu’un enfant de la normalité adoptive EST différent, qu’on le veuille ou non. Malgré toutes les bonnes intentions et les « ça va passer », reste qu’il y aura toujours ce petit hic, ce « juste une p’tite affaire différente ». Certains sont tout le contraire de notre p’tit. Ils se renferment, s’isolent. D’autres sont de vraies stars, ils sont performants, ils veulent se faire aimer à tout prix, jusqu’à épuisement s’il le faut. Aux parents de décrypter tout cela et de gérer sur le fly, entre deux bouchées de toasts et de gros yeux exaspérés. « Wow » que vous vous dites. « Vous êtes fait forts ». Ben pas tant, non. On est ben normal. On laisse les grosses crises passer sans réconforter des fois. On lève le ton d’impatience, on envoie dans sa chambre, on prive de dessert, on s’enferme en quelque part, pis on varge sur un coussin avec l’énergie du désespoir. D’autres fois, on est là, on est proches, on est l’image même que vous vous faites, le protecteur, le rocher, l’inébranlable parent. Ce qui est difficile à comprendre pour la plupart des gens, c’est que mon enfant est parfois comme les autres. Il joue, culbute, réclame, rigole, câline et caresse, puis s’endort. Il « fit » parfaitement dans le casse-tête. Et par moment, il ne « fit » pas pantoute. Il veut jouer avec des jouets qui ne sont pas de son âge, il ne veut pas jouer avec les autres amis, il ne veut pas participer, il ne veut pas faire d’effort, il dit « oui » mais veut dire « non », il tient tête, il s’oppose, il crie, il tape, il se tape, il grogne, il est inconsolable. C’est une réalité difficile à accepter pour tout le monde, nous les premiers. C’est impressionnant, c’est terrifiant, c’est surprenant à chaque fois que ça resurgit des tréfonds de son p’tit corps. Et c’est là que tu réalises, dans le vrai de vrai monde, qu’une fois confronté à quelque chose de différent, de terrifiant, le beau et joli concept de « chaque enfant est unique, chaque enfant est différent » se retrouve à revoler dans le couloir. Les gens ont peur, les gens ne savent pas quoi faire, les gens n’aiment pas quand ça ne « fit » pas correctement. Je leur en veux pas. J’ai moi-même dû me battre avec mes propres conceptions, mon propre jugement facile, mon propre « chriss pourquoi qu’il fait pas comme les autres ». Mon p’tit dans sa jeune vie un peu rock’n’roll a déjà dû faire face aux jugements, à la discrimination, à l’intolérance parce qu’il était juste une p’tite coche pas pareil, juste une p’tite affaire trop intense, hors-norme, différent. J’ai entendu des commentaires comme « il est pas normal », « il a quelque chose », « il ne fait pas pareil comme les autres ». Ça m’horrifiait au début. J’voulais qu’il « fit » comme il faut. J’voulais que ça soit facile pour lui parce que moi, j’ai jamais fitté dans le moule. J’ai toujours été un peu à côté de la track de la normalité avec mes jeux imaginaires, mes chansons de Barbra pis mes fantasmes sur Indiana Jones. Pis c’est là que j’me suis dit : on n’est pas supposé accepter la différence? Yé où le beau : « chaque enfant est précieux et unique? ».  Fac j’ai pas eu le choix. J’me suis dit: Fuck that Shit. J’ai passé mon adolescence et une partie de mon enfance à essayer de fitter, pour me rendre compte que de « pas fitter » faisait partie de ma personnalité. J’peux pas dire à mon p’tit : Fuck That Shit. Pas encore.  Un jour, peut-être que la société sera bel et bien aussi belle que nous le laissent croire les annonces de Coca-Cola pis de céréales Special K, là où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, se tenant par la main en acceptant humblement les différences de chacun. Mais en attendant ce jour-là, j’peux juste l’encourager le mieux que je peux, lui sacrer patience de temps en temps, pis répéter encore et toujours aux gens de son entourage que « c’est peut-être pas normal pour les autres, mais ça l’est pour lui. » Pis une fois de temps en temps, quand mon p’tit regarde pas, j’me permets un « ferme ta yeule vieille madame qui juge ». Quand mon p’tit sera assez vieux, j’pourrai me pencher vers lui et lui chuchoter ce précieux conseil :

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Je ne peux pas prédire l’avenir. Je ne sais pas si mon p’tit aura un, deux, trois troubles sévères ou plus. J’sais juste que tout comme ma différence, on ne peut rien y changer. Faut juste, dare I say it, l’aimer de même.

Dada Blaise, le parent différent d’un enfant différent

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Adventures in Adoptionland, part 3: Ze Boutte Rough!

Adventures in Adoptionland, PART 1: Ze Commencement

Adventures in Adoptionland, PART 2: Petit Pou Contre-Attaque (avec de l’amour!)

Papa pis Dada, dans leur vie « pré-bébé de l’amour », n’avaient pas de gros questionnements quant à leur futur avec des enfants. C’était assez clair que, biologiquement parlant, ça ne serait pas possible d’avoir un enfant, même si on essayait tous les soirs (oh those were the days…). On était pas mal satisfait de notre vie par contre. Vous devez d’ailleurs pouvoir vous l’imaginer: caviar, champagne, sexe dans le hot-tub, couchers de soleil tout rose, glitter, danse dans les clubs et voyages aux Bahamas…Oui, on pouvait voir tout cela à la télévision dans Occupation Double, assis sur notre grand sectionnel blanc immaculé, en mangeant des chips BBQ. Pis un jour on s’est dit: « Heille, me semble que c’est trop propre pis calme chez nous pis qu’on feel pour avoir un p’tit tout mignon à aimer et éduquer qui serait l’équivalent d’avoir à contrôler les dégâts d’un blender pas de couvercle. » Donc oui, comme tous les futurs parents, un m’ment donné, l’envie d’avoir un enfant nous a pogné. Lors des entrevues pré-sélection, l’intervenante adoption nous a demandée pourquoi on en voulait un exactement. Et en effet, c’est LA question non? Pourquoi les parents ont des enfants?  Je sais que si je posais cette question à mes grands-parents ou mes arrières grands-parents, ils me regarderaient avec un air bafoué tout en agrippant leur Reader’s Digest et leur bol de peppermint pour me dire:

« Parce que c’est d’même. »

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« J’suis parti en famille. » « Batince. »

 

Je comprends qu’il y a une part biologique et survie de l’espèce préprogrammée dans nos esprits qui nous pousse à procréer. Je comprends également que pour certains, c’est un désir profond qui ne s’explique pas, qui se vit. Mais une partie de mon cerveau, la partie logique, froide, analytique, se demande pourquoi l’être humain d’aujourd’hui, qui sait comme moi que le monde est dur, cruel, froid, plein de danger, de risque, de mort, décide d’avoir un enfant.

Je sais également que beaucoup se demande pourquoi un couple serait prêt à adopter un enfant comme nous l’avons fait, avec tous les risques, troubles, pleurs et crises que cela comporte. Pourquoi avoir un enfant dans ce cas? Cette question revient souvent pendant l’aventure de l’adoption. Elle est sournoise, sneaky, te réveille en pleine nuit pour te murmurer à l’oreille, te faire douter. Parce que, oh oui, il y a des bouts difficiles. Chrissement difficile même. Tu ne peux pas t’imaginer à quel point c’est dur pour la tête et le cœur, pour tout ce qui fait de toi un être humain sain d’esprit. Mais on passe au travers. Les humains sont résilients de même. On affronte les pires horreurs pis on survit. Et le plus extraordinaire dans tout cela, le p’tit aussi. Il passe des moments difficiles, tristes, déchirants. Mais il s’en sort. La volonté d’un enfant à s’trouver une place dans le monde est grande, impressionnante. Son besoin de s’faire aimer l’est tout autant. Et toutes ces aventures feront alors de ce petit être un superhéros à part entière, comme ses Supers Parents.

Sans plus tarder, voici la suite des aventures de l’adoption, où l’on plonge tête première, avec témérité et un peu de folie, yeux grand ouverts dans toutes les épreuves qui ont tissé notre famille. Encore une fois, tout ceci est MA propre expérience et n’est aucunement représentatif des autres gens qui vivent l’aventure de l’adoption au Québec.

 

SIXIÈME ÉTAPE: ON S’PARTAGE LE BÉBÉ

Donc tu feel le parfait bonheur avec ton p’tit enfant. Oui, il y a eut une période d’adaptation, le p’tit a réagi un peu plus fort que tu t’attendais parfois, mais somme toute, c’est relativement facile. Un beau matin tu reçois un appel de l’intervenante sociale du p’tit qui te rappelle que les visites supervisées vont débuter la semaine suivante. Visites supervisées, tu sais c’est quoi. Tu as été prévenu. C’est des visites qui ont été ordonnées par le juge, celui-la même qui a décidé de placer le p’tit chez vous, même s’il vous a jamais vu de sa sainte-vie. Tu prends note l’heure et l’adresse de la rencontre, pis tu raccroches. La réalité sonne à la porte et rentre chez vous avec ses grosses bottes sales pis il fouille dans ton intimité sans demander la permission.

Le matin de la visite, tu prépares ton p’tit. Tu sors la grosse poche qu’on t’avait donnée quand tu as été le chercher, celle que tu as mise au fin fond d’un garde-robe pour ne plus y penser. Une poche remplie de trucs qui appartient à la maman biologique de ton p’tit. La Bio. C’est d’même que tu vas l’appeler à présent. Elle devient une entité qui reste et plane dans ta vie, un fantôme que tu ne pourras pas chasser facilement. Tu farfouilles dans les trucs et la désolation te serre le cœur. Les maigres affaires de la Bio se résument à un sac à couche, des jouets, des trucs de bébé et du linge trop petit. Tu pognes le sac à couche, une suce et un chapeau que tu trouves pas beau mais que tu prends pareil, question de montrer à la Bio tes bonnes intentions. Tu prépares les bouteilles de lait, ta propre suce, ta doudou, couches et tous les trucs indispensables dans ton propre sac à couche. Tu pars avec bébé dans sa coquille et deux sacs à couche ben chargés d’émotions différentes.

C’est avec appréhension que tu dois donc te rendre dans une autre ville que la tienne, ton p’tit dans sa coquille ben endormi. Première épreuve, ton GPS t’amène en plein milieu d’un champ et tu appelles en panique au Centre Jeunesse pour dire que tu vas être en retard. So far so good. Tu arrives enfin et tu entres dans un petit bâtiment adjacent à une école délabrée. C’est gris, c’est petit, c’est sombre, c’est super. Il y a des affiches de chat dans un pot de fleur (Hang in There) et des enfants qui sourient. Tu t’annonces à la secrétaire, tu signes un papier et tu attends dans la salle d’attente, ton cœur une fraction de ce qu’il peut être tellement tu es nerveux. Tu t’excuses pour le retard. Ce n’est pas bien grave, la Bio est également en retard. Par contre ce retard occasionne une rencontre entre vous deux qui n’était pas prévue, le principe étant que la Bio attende dans la salle et que l’intervenante amène le bébé elle-même. Bang. Face à face avec la Bio. Ici tu vas vivre la relation le plus étrange, houleuse et torturée de ta vie. La Bio est à la fois ta pire ennemie, ta fan incontestée, ton amie, ton cauchemar, ta rivale et ta raison de te sentir coupable. Elle est comme tu te l’es imaginé. Jeune, horriblement jeune, et pauvre. On ne peut pas passer à côté. Elle est comme un cliché dans sa robe trouée et ses cheveux gras et tu te sens affreusement mal et décadent avec tes sandales Puma et ton chandail Ralph Lauren La Bio te fait un sourire rapide et va s’asseoir. Giga malaise. Tu as son bébé avec toi, c’est SON bébé. Une voix te le répète sans cesse dans ta tête, nasillarde pis un peu bitchy. Ce n’est pas ton bébé. Comme tu es fin et aimes plaire aux gens par tous les moyens, tu lui demandes si elle veut le prendre. Elle dit que oui, gênée.

Elle se penche et pogne la coquille et parle avec une p’tite voix au bébé. Toi t’es clairement pas à ta place. L’intervenante arrive, une jeune poupounette qui a clairement terminé ses études la veille. Elle arrive, trépidante de bonne humeur, se présente et indique à la Bio qu’il est temps pour la visite avec la joie d’une cheerleader. Un peu plus pis tu te créerais en camp de vacances. La Bio n’a de yeux que pour le bébé. Tu lui donnes son sac à couche. À ce moment, tu l’haïs la Bio. Tu l’haïs comme jamais t’a haïs quelqu’un. L’amour de ta vie, ce p’tit bébé qu’on vient de te donner est en train de te filer entre les doigts. Pis ta haine part subitement, parce que tu la regardes partir cette pauvre fille-là, pis tu comprends. Tu comprends qu’elle a pas demandé à être comme elle est, à vivre ce qu’elle vit. C’est une fille qui a pas pigé le bon numéro dans l’jeu de la vie, pis sa réalité est à des kilomètres de la tienne. C’est comme se retrouver en présence d’un extraterrestre, son monde est tellement différent du tiens que tu ne peux pas t’imaginer comment elle pense ou qu’est-ce qui la pousse à agir. Tu ne peux pas te permettre de la juger car tu n’as aucune idée qu’est-ce que c’est vivre sa vie. Alors tu te fermes la trappe, ben humble, ben terrifié, ben p’tit dans tes culottes. L’intervenante, la Bio et le p’tit dans les bras partent pour la salle. Toi, tu restes comme un codingue dans la salle d’attente. Ici, plusieurs options s’offrent à toi:

  1. Quitter et aller manger tes émotions dans un snack-bar douteux que tu as vu à deux coins de rue d’ici.
  2. Quitter et aller dépenser tes émotions au centre d’achat de la ville.
  3. Quitter et aller brailler dans le char en écoutant Adele en boucle.
  4. Attendre dans la salle d’attente et lire les magazines Sept Jours circa 1996 avec Céline sur le cover, les nerfs en boule, l’oreille tendu pour le moindre pleur.

Comme Dada est pragmatique, il a déjà son muffin pépites de chocolat et émotions trop intenses avec lui, qu’il dévore dans le temps de dire « adieu taille semi-mince ». C’est ici que Dada va attendre pendant 1 heure et 30 minutes à chaque fois, avec la petite secrétaire sympathique qui comprend son malheur, mais qui ne peut rien faire juste de l’autre côté de son plexiglast. Après ce long laps de temps, la Bio et l’intervenante reviennent avec le p’tit. À chaque fois Dada se dis, ça y est, il va parler et va dire tout haut: « J’veux repartir avec elle! C’est elle ma mère! ». Mais le p’tit, qui n’est pas capable de saisir les objets encore, reste dans sa coquille, bien sage. La Bio lui fait un gros bisou et lui parle et n’arrête pas de dire qu’elle l’aime, ce qui est son droit, mais Dada, comme un enfant boudeur, veut lui interdire ces mots. Mais il est maintenant un adulte mature, alors Dada sourit même si son cœur se fend en mille morceaux, parce qu’il comprend la peine de cette fille-là, il comprend l’amour qu’elle veut lui donner. Il comprend que cet enfant-là est aimé par beaucoup de monde, pis que chacun veut qu’il lui redonne son amour. C’t’enfant-là va devoir être partagé entre plusieurs parents, pis il a à peine 3 mois.

La Bio quitte, penaude et ton cœur se resserre plus fort, te faisant réaliser que oui, il est possible que tu feel encore plus cheap qu’avant! Isn’t this great? Ensuite, tu placotes rapidement avec l’intervenante, tu cherches les détails sordides. Est-ce que ça bien été, ton bébé a-t-il pleuré à en fendre l’âme tout le long, est-ce qu’il a bu son lait, est-ce qu’il la regardait, est-ce qu’elle va être apte à le reprendre? L’intervenante te sourit et essaye de te rassurer, mais elle ne peut pas dire grand-chose. Elle te dit que c’était correct, débrouille-toi pour déchiffrer ça comme tu veux. Tu dois donc refaire la grande route jusque chez toi, ton bébé dormant paisiblement derrière, tes convictions et ta vision des chose fracassées au-delà des réparations. Toi tu repars dans ton char qui shine la richesse pis la Bio repart sur sa bicyclette rouillée. Tu gagnes, tu l’sais. C’est toi qui a le bébé pis le beau char, pis elle, elle a rien. Fac pourquoi tu te sens aussi mal?

Et n’oublie pas qu’une fois chez toi, tu dois être comme Mary Poppins et être aimant, doux, chanter, faire voler les objets et faire de la claquette. Qui plus es, tu dois continuer d’épater la galerie, amuser la visite, faire le souper, le ménage, pis avoir du dirty sex sur le comptoir de la salle de bain. Donc ça se peut que, parfois, tu manges tes émotions, tu bois ta peine ou tu dis à ta tendre moitié, sacre-moi patience. Ou tu peux faire comme moi et engueuler n’importe qui.

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SEPTIÈME ÉTAPE: STRAIGHT TO HELL AND BACK

Si tout ça paraît morose et soul crushing difficile, ben ça l’est! Parfois ça coule comme l’eau su’l dos d’un canard, c’est-à-dire que le p’tit réagi pas vraiment, mis à part qu’il est fatigué. Pis d’autre fois, le p’tit braille et braille sans arrêt suite aux visites. Non, non. Pas comme le tiens Il BRAILLE comprends-tu? Braille sa vie. Plus il vieilli, pire c’est. Plus il passe du temps chez vous, pire c’est. Les visites continuent, elle n’arrête pas. Ton p’tit est de plus en plus attaché à toi. Tu te rappelles la période cocooning? Ben c’est à ça que ça sert. À te rendre exclusif au p’tit. C’est dur pour tout le monde, ta famille pis ton conjoint, parce que tu deviens indispensable au p’tit. Mais c’est le but. Ton p’tit va se consoler uniquement dans TES bras, il va boire son lait uniquement dans TES bras, il va s’endormir uniquement dans TES bras. T’as voulu connaître la parentalité, vis là astheure! Nonstop!

Les visites supervisées vont venir gérer ta vie. Elles reviennent encore et toujours, réglées comme un tour d’horloge. Certains les vivent 3 fois semaines, d’autres aux mois. La durée et la fréquence changent selon les cas. Ce n’est jamais le même jour, ça change constamment. Tu pensais que t’avais connu la peur pis l’angoisse parce que t’as écouté The Exorcist avec ton cousin tout seul dans une maison noire en pleine campagne pendant que vos parents étaient en vacances? T’as rien vu mon poulet.

 

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« On as-tu barré la porte en bas? » « J’sais pas. » « Va voir toi. » « Fuck that. »

 

Dada continu vaillamment de se rendre aux visites, comme s’il avait le choix. Il continue de tendre son p’tit vers l’intervenante. Parfois il croise la Bio, parfois non. Elle aime lui parler après les visites, lui donner des conseils. Elle n’aime pas la doudou ou la suce que Dada donne au p’tit. Elle veut sa doudou ou les vêtements qu’elle avait au départ. Il voudrait faire plaisir, mais sa doudou pue la misère et ses vêtements sont trop petits. Il aimerait passer par-dessus ça, mais il est pas capable, parce qu’il est trop impliqué, juvénile et blessé. Pourtant la Bio a encore plein pouvoir sur certaines décisions dans la vie de bébé. Elle choisit s’il peut ou non aller en vacances hors du pays avec sa famille d’accueil. Elle peut choisir ou non si Papa pis Dada peuvent couper les cheveux du p’tit. Elle refuse presque tout. Pas pour être méchante ou bitch, seulement parce que c’est là les dernières parcelles de sa parentalité. C’est sa dernière emprise sur son enfant, pis elle le veut, comme toute mère au monde.

Les visites vont de pire en pire. Le p’tit, qui a 4 mois, pis 5 mois, pis 6 mois, hurle aussitôt qu’il te quitte. Il n’est pas ben. Il ne veut pas se faire prendre par quelqu’un d’autre et veut surtout pas boire du lait donné par quelqu’un d’autre. Le p’tit veut se faire entendre. Et toi t’es où pendant ce temps-là? Bingo! La salle d’attente, à te ronger les sangs. La secrétaire te fait une face défaite, pis toi tu as le goût casser quelque chose. Il faut respecter l’heure des visites, jusqu’au bout. Ça va de pire en pire, c’est l’enfer. L’horreur. Le p’tit est pu ton p’tit. La visite semble se poursuivre chez vous. Ses réactions prennent de l’ampleur. Ça dure 1 jour, 2 jours, 3 jours. Il braille et ne veut pas que tu le touches. Il braille et veut que tu le prennes. Non non t’a pas compris, décode son humeur tout de suite, right now, constamment. Sers-le, aime-le, gère-le, prend-le. Garde-le dans tes bras, berce-le. Non arrête pas, même quand tu penses qu’il est correct, arrête pas. Arrête jamais. Genre tu peux pas vraiment aller aux toilettes, parce que le p’tit a peur que tu t’en ailles forever. Voilà l’étendue des visites. Une anxiété pis une peur de l’abandon que tu dois réparer, rabibocher, recoller à chaque coup. À chaque fois. Alors quand une p’tite caissière du IGA te dit: « Il doit avoir des coliques. C’est pour ça qu’il braille de même. », ben tu as le droit de lui hurler: « TA YEULE! ».

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« Ça doit être ses de… » PUNCH!

 

Pis subitement, alors que tu crois virer fou, un ange arrive. La divine nouvelle intervenante, la kickass intervenante, la bénit entre toutes. Celle qui va te poser une main sur l’épaule pis te dire: « C’correct. On va penser au p’tit en premier dans cette histoire-là. »

Ici je prends un moment pour vous dire que ce n’est pas comme ça pour chacun. Certains ont des histoires d’horreur et d’incompréhension avec leur intervenante. Mais un peu de positif, ça fait du bien parfois.

Donc l’intervenante vous sauve la vie, littéralement, sauve votre couple, votre famille, toute. Un nouveau jugement est décrété par un autre juge, les visites tombent à une fois par mois et l’intervenante mets en place un système pour votre p’tit. Finis les crises interminables, fini l’incertitude. Maintenant on le laisse plus pleurer. Maintenant on lui donne une chance.

J’ai mis beaucoup de temps à écrire cette suite de notre aventure adoption, car effectivement, c’est un boutte extrêmement difficile et surtout, pas très drôle. Mon but avec ce blogue est de vous faire découvrir les facettes comiques de l’adoption et la parentalité en général, donc il m’a été difficile de trouver le drôle dans cette partie de mon récit. Malgré tout, j’ai fait de mon mieux. Et ça m’a fait revivre l’entière gamme des émotions qui accompagnaient chacune de ces visites. Donc j’ai du boire quelques coupes de vin et me suis bercé en pleurant, comme dans l’temps. Ah doux souvenir.

Malgré tout, en revisitant ces moments sombres, j’ai compris pourquoi on voulait avoir un enfant. C’est illogique, ça ne fait pas de sens de vouloir souffrir autant pour un être, que ce soit l’accouchement ou des visites de ce genre. Oui, du point de vue logique, ça ne fait aucun sens, mais les meilleures choses en ce monde sont illogiques, comme l’amour inconditionnel qu’on porte à quelqu’un. C’est ça être parent. Et la preuve ultime est que malgré toutes les épreuves, Papa pis Dada sont en liste pour un deuxième projet d’adoption. C’est ti pas merveilleux, l’être humain?

Ne manquez pas la suite et fin de la saga, Adventures in Adoptionland: Papa pis Dada pis le P’tit, Forever. À paraître quand ça va me tenter.

 

Dada Blaise

Faites comme mon p’tit et « partagez » cet article avec vos amis, c’est-à-dire donnez l’auto verte rouillée qui lui manque une porte à l’autre ami et gardez le reste pour vous.

 

 

 

 

 

 

 

Capitaine Bobettes contre l’homophobie!

Ceux qui me connaissent savent que je trippe sur la littérature jeunesse. Effectivement, les livres pour adultes m’ennuient profondément, surtout quand je lis des mots comme « quintessence », « immarcescible » ou « maracas ». L’imaginaire et l’humour des jeunes me convient beaucoup plus, et c’est particulièrement le cas pour un de mes héros favori de la littérature jeunesse, soit l’hilarant Captain Underpants ou Capitaine Bobettes en français. C’est une série parfaite pour moi, rempli de pipi/caca/poil, extraterrestres, sirènes et p’tite culotte.

61BF74w84wL._SX336_BO1,204,203,200_.jpgLa série est extrêmement populaire auprès des jeunes et extrêmement détesté par les groupes « boo », « shame on you! » protestataires de ce monde qui adorent s’insurger contre ce genre de livre. Aux États-Unis, la série à topper  la liste des livres les plus bannis des bibliothèques. Pourquoi? Parce que les deux jeunes jouent de vilain tours, le héros principal est en p’tite culotte, et ils disent de « vilains mots » comme « morve » et « vieux idiot ». Les livres sont relativement inoffensifs, racontant l’histoire de deux amis et voisins, George et Harold, qui adorent jouer des tours et faire les clowns en classe. Un jour, ils créent un héros de bande dessinée et par un concours de circonstances, ils hypnotisent leur méchant directeur afin qu’il croit qu’il est le superhéros Captain Underpants. Chaque livre est un assortiment d’aventures ridicules où les trois affrontent des villains comme Professor Poopypants, des robots affublés de boxers, des extraterrestres qui vomissent, des toilettes qui parlent, etc. C’est puéril, juvénile et vraiment fucking drôle.

Comme je suis un prof modèle, j’adore acheter ces livres pour ma classe. Tous les enfants raffolent de ces aventures. Et qu’elle ne fut pas ma surprise quand j’ai lu le dernier livre de la saga, “Captain Underpants and the Sensational Saga of Sir Stinks-a-Lot” pour y découvrir une raison de plus d’aimer la série.

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Dans le dernier livre de la série, les deux protagonistes voyagent dans le futur avec l’aide de ptérodactyles/hamsters mutants (see, weird) et rencontrent leurs versions futures. Plot twist, Futur George est dans une relation interraciale et a deux enfants, alors que Futur Harold est marié avec un autre homme et ont deux enfants. 1876.jpg

 

“Soon, everyone had gathered together in Old Geroge’s studio. Old George, his wife, and their kids, Meena and Nik, sat on the couch, while Old Harold, his husband, and their twins, Owen and Kei, plopped down in the giant beanbag chair.”

Je traduis librement: « Tous se réunirent dans l’appartement de Vieux George. Vieux George, son épouse et leurs enfants, Meena et Nik, s’assoyèrent sur le divan alors que Vieux Harold, son époux et leurs jumeaux, Owen et Kei, s’affalèrent sur l’énorme fauteuil. »

Et c’est tout. L’aventure se poursuit tout bonnement, avec des gaz puants et des pets tonitruants. C’est bien certain que les primates et hommes des cavernes ont sorti de leur tanière pour accuser l’auteur, Dav Pikley, de vouloir corrompre la jeunesse Américaine à coup d’allusions et d’imageries sexuelles (ça dérange beaucoup que le héro soit à moitié nu…ou ça les allume peut-être? Un de des deux). Certains commentaires sont terrifiants de haine et de menaces, ce qui n’est pas surprenant. On a qu’à regarder les commentaires joyeusement stupides qui sont apparus à la suite du « coming out » d’Eric Salvail pour voir que notre chère société n’est pas encore si évolué que ça. L’auteur de Captain Underpants est habitué à ce genre d’accusations et trouve toujours un moyen de rendre l’appareil, que je trouve hilarant by the way, en incluant le GOP (Grouchy Old People), un groupe de vilains récurrents dans la série.

 

The "GOP", according to Dav Pilkey

C’est bien certain que ce petit livre ne changera pas l’avis des homophobes, racistes ou misogynes de ce monde, je ne suis pas naïf à ce point. J’aurais seulement aimé avoir lu ce livre lorsque j’avais moi-même 10 ans. Les vingt-deux années qui ont suivi auraient peut-être été plus facile à supporter par ce simple exemple qui m’aurait prouver que OUI, c’était possible qu’un p’tit garçon puisse un jour se marier et fonder une famille avec un autre garçon. Ça aurait permis à Dada d’avoir le courage d’envoyer chier les nombreux connards de mon secondaire qui avec leur subtil encouragement haineux faisait de ma vie un enfer constant. Ça aurait permis de garder espoir, un espoir plus grand, un espoir plus fort qu’il était possible d’être heureux malgré tout.

Ça peut paraître bien anodin, bien peu pour certain. Une page dans un livre pour kids, une simple illustration perdu dans le flot d’Internet. Mais c’est tellement plus. C’est un symbole puissant pour toute une future générations de p’tit Dada en devenir, pour tous ces p’tits gros mal dans leur peau qui trippent aussi sur Patrick Swayze, qui rêvent un jour de marcher main dans la main avec un autre homme. Oui il y a de plus en plus de modèles différents pour les jeunes, mais ce n’est pas assez. Plusieurs réclament du changement.

Donc, en ce 17 mai, jour contre l’homophobie, j’aimerais féliciter Harold pour sa future vie de famille. Tu le mérites après avoir autant de fois sauver l’univers. Pour les autres, on continue de rester fort. Oubliez pas, Captain Underpants est de notre bord astheure.

Dada Blaise

 

P.S: Et allez chier certains individus finissants 1999 de PCAR. J’vous l’ai jamais dit, mais allez chier, sincèrement. Pis tant mieux si vous avez maintenant un gros cul, des seins pendouillants, une job poche au buffet Chinois, une maison mobile ou un casier judiciaire pour avoir péter une vitre de dépanneur. Vous le méritez.

 

Les Eux Autres: 4 Genres de Parents qui Font Chier un Tantinet

En ce bas monde, il y a plusieurs types de parents, mais la plupart d’entre eux peuvent être catalogués dans deux catégories. Le parent classique pis les Eux Autres.

Le parent classique est de son époque: il est fatigué, stressé, colérique, épuisé, à bout de nerfs, en manque de sommeil, impatient et crevé (j’ai tu dis fatigué, me sembles hein?). Certes, le parent classique adore son enfant, c’est toute son existence, se fendrait en quatre pour le rendre heureux et fait tout ce qu’il peut pour y arriver, mais le parent classique comprend aussi qu’il est humain donc, susceptible aux erreurs de parcours et aux « là ça m’tente pas ».

Pis il y a les Eux Autres. Les Eux Autres ils l’ont l’affaire. Ils ont compris le sens de l’univers, pis ils sont merveilleusement bien. Ils sont heureux d’être heureux pis ils vont te le faire savoir.

Les Eux Autres SAVENT ce qui es bon. Ils CONNAISSENT la vérité. J’vais vous le dire carré, les Eux Autres, y m’énarve beaucoup. Les Eux Autres sont habituellement pas tes amis. Ils sont souvent la connaissance d’une connaissance, une relique de ton passé que tu croises un beau jeudi en sortant du dépanneur, le trou du cul en dessous du bras pis le jeune qui hurle sa vie que tu traînes par la main. C’est évidemment là que les Eux Autres vont t’offrir jugement, souvenirs embarrassants et conseils dénigrants du même coup.

Afin de vous préparer à affronter les Eux Autres, et toujours dans le but de vous éduquer sur les réalités du monde, Dada vous offre ici quelques exemples types que vous risquer de croiser sur Facebook ou ailleurs:

Le « Hey que c’est l’fun! »

Commençons par les pires, parce qu’ils font le plus chier de toute la gang. Ils sont ben ben fins et ils sont sincères également. Ils sont beaux, drôles, heureux, ont du wild sex respectueux tous les soirs et le bonheur leur sort par tous les orifices possibles. Il apparaît évident que la vie les a choisis comme porte-parole de la joie et les a récompensés avec un enfant parfait qui aime le riz brun et les fibres, qui s’endort tôt et se lève tard et qui s’occupe tout l’après-midi en lisant des livres et en construisant des tours avec des blocs de bois. Quand tu leur racontes tes malheurs, ils haussent les épaules, bonasses, en disant « Ben coudonc! ». Tu leur souhaites toujours un p’tit malheur, genre que son p’tit pogne une diarrhée explosive ou que leur maison périsse dans les flammes. Trop les fréquenter pourrait mal finir…pour eux.

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La « Sans Gluten »

Elle fait de la musique tribale avec son djembé, ses cheveux sont lavés avec du sperme d’hippocampe, elle dort nue en position cuillère avec ses adolescents et porte rarement une brassière, donnant ainsi un libre accès pour allaiter ses enfants de 5 et 7 ans, la petite Quinoa et le rouquin Fève Germée. Elle n’accepte aucune toxine dans son corps et pour elle, l’allaitement est une religion. Le lait formule est l’équivalent de nourrir ton enfant avec l’urine du Diable. Elle fait son propre fromage, récupère sa cire d’oreille pour faire ses propres chandelles et elle RECYCLE! Elle va te conseiller à outrance sur les saines habitudes de vie, l’anti-vaccination et les omégas-3, que tu le veuilles ou non. L’inviter à manger chez vous n’est pas recommandé, car elle risque d’arriver avec une vinaigrette sang de mouton/épinards et te demander « est-ce que ce poulet à été élevé en liberté? » Fuck off.

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La « Tu m’en dois une! »

Elle, au lieu d’être jalouse et bitter comme nous autres, a choisi l’autre voie: righteousness. SON choix de vie est le meilleur, pis c’est toute. Elle a élevé la prochaine génération de premiers ministres, docteurs, péquistes et participants à Le Banquier, la société devrait donc la vénérer! Elle est une MÈRE. Elle s’implique, elle prend congé de sa job pour passer du temps en famille, nettoyer le parc de sa communauté, faire une murale contre le racisme et donner une conférence sur les bienfaits de l’accouchement dans la douleur et le silence. Non, non, elle ne demande pas un salaire ou de trophée. Seulement un peu de compréhension. Que tu comprennes pourquoi ce qu’elle fait compte, que sa vie est signifiante dans ce grand et complexe univers, contrairement à ta pathétique vie vide de sens, pleine d’argent sale de drogués et de virée dans les bars louches. Pis vient pas la faire chier que tu peux dormir le matin! Dérange la pas avec des choses banales comme une invitation à un souper de fête pour tes 30 ans ou une soirée à jouer aux cartes en prenant une petite bière. Elle n’a pas le temps!!! Peux-tu comprendre ça? Elle est occupée à être une SUPER MOM pour sa famille! D’ailleurs, n’as tu point lu son horaire détaillé sur Facebook, qu’elle update à la minute?

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La « Moi le mien »

Elle a l’ego sensible et le mariage instable, donc on mise sur le kid! GO! Son p’tit est dans chaque cours pas possible, du judo tantrique jusqu’au ballet jazz/funky/slutty. Son p’tit a mangé le plus de légumes, a fait le plus beau dessin, a chié le plus gros caca et a donné le meilleur câlin de tous les amis de la garderie. Elle cherche souvent à savoir où en est rendu le tien juste pour te upstager avec les prouesses du sien. Alors quand le tien vient de réussir à attraper les objets, le sien saute, roule et danse dans les grands ballets canadiens comprends-tu. »Heille, 6 mois et demi! » comme dirait maître Pérusse.

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C’est ti pas heureux tout ce beau monde là? Changez pas chers Eux Autres. Vous faites tourner le monde…et alimenter Facebook.

Dada Blaise

Psss, pour plus de blagues et de sarcasme, clique ici!

C’est l’démon!: 10 Trucs Pour Passer Au Travers le Terrible Two de Façon Sereine

Quand la fameuse étape du « Terrible Two » va arriver dans vos vies et n’ayez crainte elle arrivera sinon ce n’est pas juste et vous n’avez pas le droit de me le dire, multiples options s’offriront à vous pour gérer les crises qui accompagnent cette phase: le laisser pleurer, lui parler de ses sentiments à cœur ouvert, une petite tape sur les fesses ou la main, l’ignorer, le mettre dans le donjon ou lui faire faire un dessin de sa colère avec des macaronis sèches. Chacun à sa méthode. Mais malgré tout, y’a rien à y faire, vous êtes cerné par la société: vous allez vous faire JUGER!

 

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Argh, cette femme a osé enlever le jouet préféré de son enfant en guise de punition! Lynchons-la!

 

Oui. Désolé chers parents, mais la société est plate de même. On ne peut s’en empêcher.

  • Tu laisses ton p’tit pleurer et fais à semblant de t’éloigner parce qu’il ne veut pas vous suivre? Voyons, y fait rien! Si ça de l’allure laisser un enfant brailler de même! Il va se sentir abandonné!
  • Tu pognes ton p’tit par le bras pour qu’il tes suive parce qu’il est fixé sur l’escalier roulant pis ça fait 30 minutes que tu es là à poiroter pis t’as pas juste ça à faire? Mon doux! Heille on bardasse pas un enfant de même! Parles-y! Comprends-le un peu!
  • Tu t’agenouilles à sa hauteur et lui demandes d’extérioriser ses sentiments profonds à savoir pourquoi il pleure alors que tu sais très bien que c’est parce qu’il voulait enlever ses pantalons et sauter dans la fontaine d’eau pour se baigner? Bon le parent moderne! C’est ça, jases-y! Il t’écoute même pas innocent, il est en crise!
  • Tu gueules après ton jeune et lui dis: « Là ça fera! » alors qu’il hurle depuis une heure parce que tu n’as pas voulu acheter le petit chiot qu’il a vu à l’animalerie en passant? Barbare! Heille, on crie pas après un enfant sans raison! C’est ça, alimente sa crise.
  • Tu plies sous la demande du bambin pis tu lui donne son esti de suçon vert ce pourquoi il te harcèle sans relâche depuis que vous êtes entré dans l’épicerie? Bravo! Pas de colonne. Aucune discipline. Y’a donc ben pas le tour!

Étant un parent à la page et de son époque, je me devais de passer le plus clair de mon temps sur Internet afin de trouver LA solution à mon « Terrible Two » avant que je craque et aille me cacher dans le cabanon et y élire domicile jusqu’à ce que Petit Pou pogne son 4 ans. Dieu merci, Pinterest et Facebook sont là pour me suggérer des articles et listes qui viennent rapidement m’informer comment bien éduquer et surtout, discipliner mon enfant tout en venant détruire mon estime de soi à grands coups de réprimandes. Super Nanny, Dr. Sears, Gwyneth Paltrow, tous se relayent pour me dire ENFIN les erreurs que j’ai probablement faites jusqu’à présent en osant dire à mon enfant qu’il me laisse tranquille 2 minutes et tout le mal que j’ai pu lui faire en lui donnant des fraises CULTIVÉ EN SERRE!

Je sais, je sais. La plupart des gens veulent bien faire et leurs conseils et suggestions sont bien intentionnés, mais lorsque ton bambin de 2 ans vomit de la bouilli verte et sa tête fait un 360 parce qu’il ne veut pas mettre ses mitaines, tu peux te les fourrer où tu penses tes belles intentions.

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Calme-toi au nom du Christ, p’tit chriss!

Ce genre d’articles, souvent intitulés « Comment Parler À Votre Enfant Pour qu’Il Vous Écoute », « Gérer la Crise en Douceur », « Du Navet Pour Contrer Le Terrible Two? » ou « Cette Femme À Donner Une Flûte à Son Enfant de 2 Ans En Crise, La Suite Va Vous Épater! », sont relativement semblables les uns des autres. Leurs techniques sont intéressantes quoique légèrement utopiques, car il faut en apparence mémoriser et se souvenir d’urgence les 8 étapes pour désamorcer une crise en douceur alors que votre enfant est en train d’arracher la tête du mannequin chez Sears. Si vous êtes comme moi, vous aller mettre en pratique ce genre de bons conseils une fois et ensuite totalement oublier votre belle sérénité lorsque votre p’tit vous a craché au visage pour la 3e fois alors que vous lui avez demandé de venir souper.

Voici donc quelques judicieux conseils, tous réels soit dit en passant, pour vous aider à passer au travers le « Terrible Two » de façon zen:

  1. Restez Positif

L’alcool sera donc de mise à ce que je vois.

     2. Parler De Vos Sentiments

Exemple: « Lorsque tu t’enfuis dans le magasin, j’ai peur de te perdre! » Sentez vous ensuite horriblement coupable pour avoir brièvement fantasmé sur cette possibilité.

    3. Donner Des Choix

« Est-ce que tu veux me lancer ton jouet dans la face ou me lancer ton soulier dans la face? »

    4. Demander À Votre Enfant de Répéter La Consigne

N’oubliez pas de dire « Jean Dit » avant, sinon ça ne compte pas!

    5. Parler À Votre Enfant Comme Vous Lui Parleriez en Société

J’imagine qu’on ne peut pas dire « petit câlisse »?

    6. Parler À Votre Enfant Selon Son Âge De Dévelopement

J’imagine qu’on ne peut pas lui dire « petit câlisse »?

    7. Le « Tu » Est Très Accusateur. Utiliser Le « Je »

Là, JE vais péter ma coche!

    8. Parler Doucement À Votre Enfant

Le plus fort il cri, le plus doucement vous devez lui parler. C’est ben enrageant pour l’enfant, c’est comme si vous vous moquiez de lui. Une de mes techniques préférées.

   9. Laisser Votre Enfant Terminer La Consigne Lui-Même

Parfait lorsque vous avez un bon huit heures à tuer.

   10. Soyez Ferme et Mettez Fin À La Discussion

Soyez inébranlable, dîtes que non c’est non et que vous ne changerez pas d’idée, point final. Puis, voyez combien de temps cela vous prendra avant de crouler sous la pression des cris et des larmes pour finalement changer d’idée.

 

Conseil Bonus: ne prenez pas tout trop au sérieux. Ça donne des rides.

 Dada Blaise

 

P.S: Ça d’l’air qu’on ne s’en sort pas. Après le Terrible Two, il y a le Fucking Four, puis le Fuck My Life Five, le Sinister Six, le Sacrament Seven, le Esti Eight, le Nope! Nine et le That’s It I’m Done Ten. Hurray for my life!

Heille! Si le coeur t’en dit viens me voir sur ma page Facebook, 

https://m.facebook.com/papapisdada/

J’écris plein de niaiseries pis tu peux venir comparer ta vie à la mienne et te sentir beaucoup mieux! 

Excuses à Mr. Asphalte et Tous les Autres #sorrynotsorry

J’sais pas pour vous, mais moi j’aime un peu ça me fâcher. Juste un peu. Juste pour dire. Et quand j’étais en « congé » de dadaternité (c’est comme la maternité, sauf qu’il n’y pas tout ce débat sur l’allaitement), j’aimais ça pogner les nerfs après plein d’affaires. J’me suis découvert un côté lion féroce qui protège son p’tit et comme l’aventure de l’adoption est rempli de situations stressantes et incontrôlables, disons que je me vengeais sur le quotidien et toutes les petites injustices sociales qui peuvent t’irriter au plus haut point quand tu n’as dormi qu’une heure la nuit précédente. Maintenant je suis serein et en paix avec mon intérieur, car j’ai grandi, acquit de l’expérience et de la sagesse avec les épreuves de la vie, je suis un adulte mature et surtout, mon enfant s’est endormi par lui-même ce soir et j’ai terminé la bouteille de vin tout seul devant l’ordinateur. I feel great!

Voici donc dans le désordre et chaos total une belle grande liste d’excuse pour les quelques fois où j’aurai peut-être exagéré légèrement dans ma colère:

Je m’excuse Mr. Asphalte qui est venu sonner chez nous en plein mois d’août pour me faire une offre spectaculaire de patcher mon entrée de goudron noir d’asphalte odorant pour une centaine de dollars seulement. Tu ne le savais pas, mais t’étais le huitième qui passait cet été là, pis tu ne savais pas non plus, mais quand tu sonnes à ma porte, mon petit chien saucisse jappe comme si on était en train de l’égorger pis ça réveille mon petit poupon qui fait sa sieste paisible de l’après-midi, moment sacré où je peux enfin m’adonner à des activités constructives et reposantes pour mon moi-même, c’est-à-dire être à moitié évaché sur mon divan avec mon Iphone dans les mains entrain de regarder des vidéos de vieilles madames qui tombent sur la glace. Je m’excuse de t’avoir dit que ton offre était inutile et mal chié, et je m’excuse également d’avoir pleuré 15 longues minutes pendu à ton bras afin d’avoir un peu de réconfort humain et de t’avoir raconté que mon bébé était constipé et que je ne savais pas quoi faire pour le soulager.

Je m’excuse Grosse Madame qui m’a volé mon stationnement « Maman+Poussette » au Wal-Mart. C’était le temps des Fêtes et tu étais probablement aussi pressé que moi d’aller dans une mer de monde louche et psychotique afin d’acheter des Legos et un sac de crottes au fromage. Je le sais que tu m’as pas vu attendre patiemment dans mon auto, avec mon clignotant pis toute, parce que tu jasais avec ton amie à grand coup d’éclat de rire. Je m’excuse d’avoir attendu à côté du stationnement pour voir si tu sortais bel et bien avec un bébé et que non, finalement t’en avait pas. Je m’excuse de t’avoir demandé haut et fort si tu prenais ce stationnement seulement parce que tu étais trop paresseuse pour marcher tout le stationnement avec tes grosses cuisses. Comme tu m’as fait un doigt d’honneur de la compassion, je crois que mes excuses ont été acceptées relativement vite.

Je m’excuse à toi Jeune Adolescent au parc. Je le sais que tu avais ben du fun avec tes amis de 13 ans pis jouer à la tag dans des glissades et des échelles c’est vraiment chill à 3hres de l’après-midi, mais quand tu as bousculé mon Petit Pou de 18 mois qui commençait à peine à marcher et que je t’ai vu le tasser avec ta délicatesse d’adolescent pressé par la vie, j’me suis senti interpellé. Je m’excuse de t’avoir un peu attrapé par le bras et un peu tiré vers moi avec autorité démentiel d’un prof en congé parental. J’avais comme pas beaucoup dormi la veille et le matin j’avais mit du savon à vaisselle dans la boîte à lunch de mon chum au lieu de sa vinaigrette, donc tu comprendras pourquoi j’ai attrapé ton skateboard et l’ai lancé au-dessus des bosquets de cèdre. Je m’excuse aussi d’avoir pleuré 40 minutes accroché à ton bras afin d’avoir un peu de réconfort humain tout en te disant d’aller au bout de tes rêves et de contrer le décrochage scolaire.

Je m’excuse Madame en Ligne au Centre du Pneu Costco. Je le sais que tu n’avais pas vu la file de monde qui attendait comme des moutons à l’abattoir et que c’est pour ça que tu m’as coupé prestement pour aller directement à la caisse quand c’était rendu mon tour. Je m’excuse d’avoir sorti ma voix de prof/ancienne religieuse indignée et de t’avoir demandé si tu avais bel et bien vu tous les gens qui attendaient patiemment comme des épais et que si tu te sentais supérieure au reste des communs mortels que nous sommes. À voir ton visage indigné et ton sac à main Louis Vutton acheté à Chinatown, je crois que tu t’en calissais un peu, mais ton « Scusez-moi mon Dieu! » m’a fait grandement du bien et je t’en remercie beaucoup.

Je m’excuse Monsieur au Téléphone avec qui j’essayais de régler mon problème d’Internet. Tu le ne savais pas que je voulais aller sur Netflix parce que mon garçon me réclamait POCOYO à tue-tête depuis le matin et que j’avais finalement flanché malgré mes belles convictions que mon enfant écouterait seulement 10 minutes de télévision par jour. Je le sais que tu étais probablement pas dans le même pays que moi et que la connexion était difficile, mais oui je l’avais bel et bien éteint et rallumé mon routeur sans fil, ainsi que rebranché le fil d’Internet. Je m’excuse de t’avoir dit de manger du poils, je t’expliquerai plus tard ce que ça veut dire.

Je m’excuse Madame au Téléphone qui m’a également appelé pour me vendre un cellulaire. Je le sais que tu voulais bien faire et aussi impressionner ta superviseure qui devait te juger derrière toi dans son tailleur Liz Claiborne de chez Target, mais lorsque tu m’as demandé pourquoi je ne voulais pas de nouveau cellulaire plus performant, j’ai comme craqué. Je m’excuse de t’avoir dit que ma mère était morte en conduisant au cellulaire et que depuis j’étais incapable de toucher à un cellulaire. Tu as du te sentir bien mal et peut-être as-tu complètement réévalué tes choix de vie et de carrière jusqu’à ce jour et questionner pourquoi tu passais tes soirées à déranger le pauvre monde avec tes offres bidons de cellulaires.

Finalement, je m’excuse mon chéri, mon tendre et cher chum. Je m’excuse pour toutes les fois où tu es revenu pimpant de bonheur de ta job et que je t’ai quasiment lancé notre enfant dans les bras pour aller me réfugier dans notre chambre afin d’aller hyper ventiler sagement dans un sac de papier brun. Je m’excuse pour toutes les nombreuses fois où je t’ai accusé de faire du bruit inutilement, que tu ne donnais pas le biberon de la bonne façon et t’accuser avec véhémence d’avoir fait exprès de laisser traîner ton linge près du lit pour que je m’enfarge dedans. Je m’excuse de t’avoir affirmé que j’haïssais ça la Saint-Valentin et que je trouvais ça kétaine pour ensuite bouder parce que tu ne m’avais pas acheté rien en fin de compte. Et finalement je te remercie d’avoir été aussi patient et de m’avoir ramené sur terre d’innombrables fois, d’avoir été m’acheter de la crème glacée Haggen Daas quand je t’en faisais la demande, d’être resté fort et sensé dans les moments de crise. Tu es pas mal la meilleure chose qui me soit arrivée et qui plus es, tu m’as vu à mes moments les plus désastreux, tu as senti mon haleine du matin, tu as enduré les histoires interminables de mon père et tu te tapes mes brusques envies d’écouter Black Swan et La Petite Sirène pour la 23e fois de suite sans trop chialer, alors il m’apparaît clair que tu es le bon et qu’on est pas mal un bon team ensemble. Je t’aime ben ben fort gros grognon.

Dada Blaise

Étiez vous une des personnes que j’ai malmené pendant mon congé?

Vous aussi vous aimez ça être en esti après les caissières bêtes du Rona? 

Alors démontrer vous aussi votre haine des vieux monsieurs qui prennent trois heures pour tourner dans l’entrée du Metro en partageant cet article avec toute votre furie. 

 

 

 

 

Voulez-vous ti ben vous mêler de vos affaires, vieille madame?

Bon. Les madames. Les vieilles madames là. Eux autres, celles passées la cinquantaine (scuse moi maman!). Celles que tu rencontres dans les magasins pis les épiceries un mardi matin avec ta coquille sous le bras pis ta bonne volonté dans l’autre pis qui te font un sourire attendri en voyant ton bébé. Ces p’tites madames-là qui errent avec ou sans but, question de passer le temps ou fuir leur foyer? Ben j’ai eu affaire avec eux souvent pendant mon congé de dadaternité (C’est comme la maternité, sans l’allaitement pis l’accouchement, mais avec toute l’angoisse et l’incertitude). Ces ptites mesdames-là se multipliaient, comme des ptits vers blancs sur une carcasse de chat mort, aussitôt que je me pointais quelque part de public avec bébé joufflu. Je parle des tites madames qui trouvent ton bébé tellement mignon qu’elles veulent le toucher et le tâtonner à tout prix en disant: « Qu’il est beau. » Non madame, touche pas mon bébé please. J’ose même pas le toucher moi même parce que je viens d’ouvrir la porte du magasin pis j’ai peur de lui transmettre l’herpès avec mes mains sales. Peux-tu garder tes mains d’inconnue chez vous s’il vous plaît? Mais bon, eux autres sont inoffensifs la plupart du temps, elles veulent toucher pis complimentent pis elles partent, repues.

Mais j’ai eu affaire avec un autre type de ptite madame. La p’tite madame qui juge. La p’tite madame pas gentille. Exemple concret: Petit Pou s’endormait toujours avec sa doudou sur la tête. Il se la ramassait en tapon sur le crâne pis s’en pognait un p’tit bout dans sa p’tite main pis se frottait ça sur le nez. Pis il s’endormait comme ça, avec la couverte qui lui couvrait toute la tête, jusqu’au nez. Faque, bébé dort avec sa couronne de couverte en lin bleu sur la tête pis on roule en carrosse sur le bord du canal, p’tit train va loin, la vie est belle. P’tite madame marche à contre sens. Genre de madame retraité mais qui fait de la marche professionally, parce qu’elle a un tracking suit mauve, pis des grosses lunettes fumées, pis une coupe de cheveux agressivement courte. On se croise, elle regarde instinctivement le bébé, puis moi ensuite. Un papa qu’elle se dit sûrement, avec juste une petite dose de mépris. Je le vois tout de suite dans ses yeux. Un homme pis son bébé. Elle regarde le p’tit à nouveau et tout bonnement avec toute la suffisance qu’elle peut se permettre, me dit: « Mon doux, mais il respire tu cet enfant la? » Pas de gêne, elle se penche et enlève la couverte de sur sa tête. Parce que manifestement, elle sait qu’est-ce qui faut faire.

Hé ben. Pas de trouble hein? Je replace prestement la couverte sur le crâne bien doux et bien chaud de mon nouveau rejeton pis je lui dit: « Inquiétez-vous pas, il respire. Je suis capable de m’en occuper tout seul, madame. » Pis je pars. En chriss. Elle aussi, ses pantalons frottant de façon désagréable sous la vigueur de ses pas.

Alors je me demande, pourquoi elle peut se permettre un tel geste? Non, je le sais, elle ne l’a pas battu ou ben attaqué. Mais imaginons une situation inverse, elle se promène avec son petit-fils pis lui il mange une crème en glace mettons, full chocolat. Moi je m’arrêtes tu pour lui dire, mmm, vous êtes certaine que c’est bon pour lui tout ce chocolat? Je n’en aurais pas parlé si l’incident avait arrêté là. Ça aurait été une anecdote cocasse pour tous mes amis, on aurait rit pis aurait bu une gorgée de vin. Mais non. Les p’tites madames s’étaient donné le mot on dirait. Par plus de quatre fois en quelques mois, après l’incident de la couverte, je me suis fait apostropher par des p’tites madames. « Mon Doux! » qu’elles disaient à l’unisson. « Il ne fait pas un peu chaud pour avoir un gros manteau de même? » « Il pleure, mais donnez-lui sa suce! » « Il dort un peu le cou tout croche, il doit avoir mal pauvre pit! » et la meilleure: « Il pleure, pov’ ti. Hooon, tu veux voir ta maman hein? »

Ah ben la…elle…elle…elle a gagné le jackpot. Dada en esti. « Heille p’tite madame du Wal Mart avec ses bottes trop grandes pis son manteau qui pu la cigarette! Peux-tu te mêler de tes affaires? (J’ai peut-être sacré un peu plus que ça, je suis plus certain). Cet enfant la, y’en a pas de mère, juste deux papas, pis on fait notre possible! Correct? »

Fac voilà. Petites madames du monde, inquiétez-vous pas. On fait de notre mieux, nous les papas. Et j’englobe tous mes papas compatriotes, homosexuels ou pas. On change les couches pis on essuie les gouttes de pipi, pis on cuisine, pis on va aux rendez-vous importants, pis on console pis on …

Pis si on est ben mal pris, entouca pour Papa pis Dada, ben j’appelle ma maman en panique pis on y demande ses précieux conseils. Elle c’est une p’tite madame qui a le droit se mêler de mes affaires.

 

Dada Blaise