L’Enfant Autiste et la Garderie (2ème partie)

*Warning! Ce post est tiré de mes expériences et mes observations, donc nullement représentatif de la vie en garderie en général, fac calmez-vous les commentaires de « moi je ». 

L’Enfant Autiste et la Garderie (1ère partie)

Deuxième Garderie – La Bitch qui Berce l’Enfant

Fac Dada cherche une autre garderie comprends-tu. Il voudrait bien trouver un établissement qui se spécialise avec des enfants autistes/différents, mais ça ne cour par les rues semble-t-il. Pis, coup de chance, il trouve cette petite annonce sur magarderie.com d’une garderie familiale dirigé par Madame Chose (je voulais l’appeler Grosse Chrisse, mais mon chum ne voulait pas…), qui proclame qu’elle a enseigné pendant 10 ans au primaire, qui possède un diplôme en ADAPTATION SCOLAIRE et qui a une bonne expérience auprès des enfants qui ont un handicap ou des besoins particuliers. Heu wow! Jackpot que j’me dis. Heille, c’est tout ce qu’il nous faut et même plus! Papa pis Dada se rendent donc à la rencontre de la nouvelle petite madame. Nous arrivons donc dans le quartier des riches avec les belles grosses cabanes immenses et les jardiniers rutilants de muscles qui baisent les femmes au foyer richissimes. Kessé qu’on fait là qu’on se demande. On arrive à la garderie et on visite le tout. C’est beau, c’est grand, il y a du marbre sur les comptoirs, il y a une kickass grosse piscine creusée à l’arrière, ça semble très bien. On trippe comprends-tu. Mais les apparences sont souvent trompeuses…On rencontre Madame Chose, toute dodue devant, qui semble posée, logique et super compréhensive. Elle est bien excitée d’avoir un couple de papas, elle trouve ça ben l’fun. On réexplique toutes les belles caractéristiques de notre enfant en menu détails afin qu’il n’y est pas de mauvaises surprises plus tard: Pas de sieste. Agressivité envers les autres. Se frappe. Crises diverses pour X raisons. Se braque, s’oppose. Hypothèses diverses, on ne sait pas s’il est autiste ou s’il a quelque chose d’autres.

Pas de problème nous dit Madame Chose. Elle a une bonne expérience et sait comment agir avec ce type d’enfants. Vous allez voir qu’ici c’est un bel environnement pis bla bla bla, full compréhension de l’amour de la patience de la diligence de vive la vie vive la différence. Mon Dieu qu’on se peut plus, Papa pis Dada ont envie de lui acheter un beau gros bouquet de fleurs. On inscrit notre garçon là-bas.

Et c’est reparti pour une autre garderie. Mon enfant à 3 ans.

Au départ, tout va bien. C’est la nouvelle lune de miel. Petit Pou « fit » un peu mieux. Madame Chose nous envoi des photos de notre enfant qui dort l’après-midi et qui joue au parc avec les autres. On est heureux. Puis, après deux semaines, les crises reviennent. Madame Chose gère ça. Elle tient son boutte nous dit-elle. Elle n’est pas stressé par la vie. Elle est organisée et rassurante pour notre enfant. On est encore plus heureux. L’été arrive, la méga grosse belle piscine creusée est ouverte. Petit Pou aime se baigner. Dada est congé, il envoie Petit Pou à temps partiel. L’après-midi il va chercher son enfant et il jase avec Madame Chose. Elle lui jase de ses enfants et de ses beaux voyages qu’elle a fait en Europe pis dans les pays chauds. Elle est ben chummé avec Dada. Elle lui propose même d’emmener son maillot une bonne fois et de se baigner dans sa belle piscine filtré au sel avec des effluves de lavande. Dada se garce une petite gêne. Malgré tout, il aime bien jaser avec Madame Chose. Ensembles, ils émettent des hypothèses sur la condition de son enfant. Dada raconte des événements qui sont arrivés avec son enfant, comment il agit dans telle situation, comment il ne sait pas toujours quoi faire exactement. Madame Chose raconte souvent les beaux progrès de son enfant, genre il a sauté tout seul dans la piscine, il a joué avec la petite fille, il a participé au beau bricolage. Dada est enchanté. Pendant l’été, Dada réussit à avoir un rendez-vous avec la p’tite madame du CLSC. Elle va observer Petit Pou à sa maison, puis à la garderie. Résultat des observations: autisme possible, mais trop jeune encore pour être certain. Il est juste sur le bord genre. Il est pas assez comme ceci, pas assez comme cela. Elle recommande d’attendre à l’an prochain, l’été de ses 4 ans, pour le faire réévaluer. Je retransmets l’information à Madame Chose. Elle semble sceptique. Premier signe de quelque chose qui cloche.

L’été se termine pis Dada commence à sentir un p’tit changement chez Madame Chose. Dada recommence à travailler, il commence un peu plus tôt et termine un peu plus tard of course. Madame Chose fait remarquer en semi blaguant que les autres enfants arrivent vers les presque neuf heures alors que Petit Pou est le premier à 7h45.

Les crises s’accumulent. Petit Pou est en pleine opposition et ce n’est pas facile. Madame Chose me le fait remarquer. Je lui dis que tout ce qu’il fait est pas mal semblable à ce qu’il faisait dans l’autre garderie, ce n’est pas une surprise. Elle se plaint que mon garçon ne joue pas assez avec les autres, il joue juste avec des bébèlles pour plus jeune, n’est pas capable de s’occuper par lui-même, dérange toujours les autres, qu’il se fâche quand il n’a pas ce qu’il veut et patati et patata. J’explique et réexplique qu’elle a bien raison, que c’est pareil à la maison, que nous aussi on nage dans le néant, que la tite madame du CLSC l’a dit elle-même, elle n’est pas certaine de rien. Je lui demande son avis, Madame Chose me rétorque que ce genre de comportement chez un enfant est normalement celui d’un enfant qui a tout ce qu’il veut à la maison, un enfant roi. Ouain…ok. Je lui dis que non, on tient notre bout à la maison. Les semaines se poursuivent, Petit Pou devient de plus en plus difficile. Il cherche à faire réagir Madame Chose. Il vise les autres enfants et leur fait mal, les tape, les pince, etc. C’est pas plaisant pour personne.

Petit Pou est stressé, il a de la difficulté à faire caca ailleurs qu’à la maison. Un vendredi, il s’échappe et a une trace de break dans ses culottes. Madame Chose m’appelle sur mon cellulaire pour m’en informer. Elle me dit qu’elle ne peut pas se permettre de laver ses sous-vêtements comme ça et que si mon garçon souffre d’un tel problème, vaudrait mieux le remettre au couche. Dada pogne les nerfs et sent la désillusion se pointer le bout du bec sale. Il dit que non, son garçon ne portera pas des couches, on ne va pas lui imposer ça. Dada commence à stresser.

Madame Chose continue dans sa belle lancée. Petit Pou a fait ceci, Petit Pou a fait cela. « Il sabote tout ce qu’on fait. C’est un enfant très destructeur, difficile. » me dit-elle. Me semble que j’ai le motton pis que je feel pas après une telle phrase, mais je ne dis pas grand chose. Les jours se suivent. Il n’a pas voulu se déguiser à l’Halloween, il n’a pas voulu faire la tite carte de la pluie, il n’a pas voulu jouer à la cachette avec les autres, il veut tout le temps être dans son coin, etc, etc. Puis arrive le coup de grâce. Un lundi j’arrive du boulot et me rend au parc tout près de la belle grosse maison de la gardienne et elle me dit que les autres parents ont commencé à parler entre eux. Ils ont quasiment formé un groupe Facebook en cachette. Mon enfant semble être catalogué comme le p’tit pas fin, le p’tit chriss. Leur réaction est normale. Moi aussi si quelqu’un blesse mon enfant, je sors hors de mes gonds pis je pète ma coche. Mais voilà, un incident qui est arrivé le vendredi d’avant, dont nous n’avons pas été mis au courant, a fait que Madame Chose a brusquement prise une décision. Une maman proclame qu’elle retirera son enfant et les autres bébés qu’elle a à la maison qui arriveront dans quelque mois si mon enfant n’est pas mis dehors de la garderie.

Je répète ma phrase: Une mère veut qu’on mette mon enfant dehors de la garderie en faisant du simili chantage. Madame Chose dit qu’elle ne peut pas se permettre de perdre de l’argent ainsi. Mon garçon n’est pas à la bonne place. Elle a tout essayé, tout mis en place, rien n’y fait, va falloir qu’il sâcre le camp.

Ouch. Reouch, twist dans le coeur, grosse peine pour Dada. Chriss de grosse colère. Il n’y a pas assez de mot pour dire comment je me sens trahi. Sous le choc, je ne dis rien et pars chez moi. Je braille à mon chum qui lui appelle la méchante madame et demande à la rencontrer. Rencontre il y a, mais Madame Chose est catégorique. Elle devrait faire du 1 pour 1 avec notre enfant, il est trop agressif et violent envers les autres, elle ne peut pas le gérer. Les autres parents commencent à avoir peur. Peur dit-elle. J’ai les larmes aux yeux juste à écrire ça. Je peux comprendre qu’un parent puisse avoir peur puisqu’il est face à l’inconnu, ne sait pas trop qui est cet enfant et qu’il ne veut pas que son propre enfant soit en danger. Mais je ne m’explique pas comment une intervenante en garderie, qui dit avoir de l’expérience en ADAPTATION SCOLAIRE et avec des enfants différents, ne peut pas expliquer la situation aux autres parents. N’est-ce pas son rôle de rassurer tout le monde? N’est-ce pas son rôle de démontrer qu’elle a le contrôle sur sa garderie? N’est-ce pas son rôle de prendre soin de TOUS les enfants de son groupe?

Papa est en beau joualvert. Il ne veut pas que Petit Pou quitte la garderie, parce que malgré tout, lui il est ben là-bas. Dada lui ne peut pas s’imaginer d’avoir à lui expliquer qu’il doit changer de garderie parce qu’il est indésirable. Nous nous entendons avec Madame Chose pour dire qu’il restera jusqu’à notre déménagement (en janvier) et qu’ensuite il partira. Deal. Petit Pou continue d’y aller, Dada a le coeur gros, Papa enquête. Il appelle au bureau CPE avec qui la garderie est affilié et SURPRISE, elle n’a pas fait de demande d’aide. Elle n’a même pas signalé qu’il y avait un problème. La madame au bout du fil est surprise et semble un peu fâchée, dit qu’elle va enquêter sur ça. Elle dit qu’avant de mettre fin à des services, il faut mettre en place un plan d’intervention et tout le tralala. Quand Dada confronte Madame Chose avec ça, celle-ci répond que ça ne changerait rien de toute façon, qu’elle ne recevrait pas les services adéquats. Fine que je lui répond, mais on fait tout ce qu’il faut quand même. Parfait dit-elle d’un air condescendant, si c’est ce que vous voulez. Bref, les relations sont genre un peu tendus.

Puis arrive le boutte triste encore plus. Un soir, alors que je couche mon enfant, celui-ci me dit qu’il ne veut plus faire dodo « en bas, dans la cave ». « Où ça, chez nous? » que je demande. « Non, chez Madame Chose. J’aime pas faire dodo en bas, j’ai peur. » À force de le faire parler et à déchiffrer ce qu’il raconte, j’en déduis que l’après-midi, quand il pète sa coche pour ne pas faire de sieste, il est amené dans une autre pièce, dans la cave. Ah ben là, calvaire. Mon chum va porter notre enfant le matin et confronte Grosse Chrisse Madame Chose qui dit que oui, il dort en bas avec son assistant (Que Petit Pou connait mais quand même…) afin de ne pas déranger les autres. Donc, on enferme mon enfant dans une pièce au sous-sol avec l’assistant. Mon chum me texte ça. Je call à ma job et je demande un congé pis je chriss mon camp à la garderie. Il s’en va, drette-là que je lui dis. V’là ton chèque. Après un moment awkward où mon enfant dit bye aux autres sans vraiment comprendre pourquoi, je l’attache dans le char pis je me retourne vers Madame Chose qui nous a suivi dehors avec le cadeau de Noël qu’elle avait préparé pour mon enfant et d’autres trucs. Avec tout le fiel et la colère que j’ai dans le fin fond du bas-ventre, je lui susssurre entre les dents que je n’ai jamais vécu un tel sentiment de trahison. Elle me bafouille quelque chose que j’ai oublié tellement je suis en esti. Pis je pars.

Je n’ai jamais revu Madame Chose. Mais encore aujourd’hui, je lui en veut amèrement. Encore aujourd’hui je fantasme d’aller détruire son beau parterre de fleurs, péter les pneus de son char ou ben aller pisser dans sa belle grosse piscine creusée. Le sentiment de trahison était réel et l’es encore. Oui, c’est vrai que mon enfant n’est pas facile. Tu sais quoi, il est même horriblement difficile par boutte. Mais tu sais, aucun parent au monde ne souhaite que son enfant soit le p’tit difficile à la garderie. Aucun parent au monde espère arriver le soir pis se faire dire que son enfant à mordu, pincer, attaquer un autre. On ne sait jamais trop comment réagir dans ce temps-là. On a beau chicaner, punir, intervenir, il est trop tard rendu le soir. On vit dans une incertitude constante. Quand tu es parent d’un enfant différent, tous les intervenants qui gravitent autour de ton enfant deviennent alors très important pour toi. Ils sont de l’aide, ils sont des confidents, des personnes avec qui tu peux partager ton quotidien et expliquer que oui, ce n’est pas facile. Je lui ai dit beaucoup de choses à cette madame, beaucoup de mes craintes, de mes peurs face à mon enfant. Alors quand est venu le temps de mettre fin au service, oui j’ai été blessé. Je n’aurai jamais pu m’imaginer que mon enfant aurait pu être jeter ainsi. Qu’on aurait pu s’en débarrasser ainsi parce qu’il dérangeait, ne « fittait » pas dans le système. Pour une question d’argent. Pour un question d’impopularité. C’est là que j’ai compris dans quel système je vivais et dans quoi j’allais m’embarquer avec mon enfant différent. Qu’il faudrait que je me batte pis que je sors les crocs pis les griffes pour qu’il soit traiter comme il se doit.

La semaine prochaine, la belle fin heureuse de Petit Pou qui a trouvé LA garderie la meilleure plus plus plus du monde entier.

Dada Blaise

L’Enfant Autiste et la Garderie (1ère partie)

*Warning! Ce post est tiré de mes expériences et mes observations, donc nullement représentatif de la vie en garderie en général, fac calmez-vous les commentaires de « moi je ». 

 

Que vous soyez un parent au foyer qui est sur le bord de commettre un crime pour vous sentir vivant ou bien un parent qui travaille afin de payer les factures et votre abonnement à Netflix (ou peut-être vous voler le service de vos amis généreux, qui sait), viendra un temps où il vous faudra placer votre petit n’enfant dans une garderie.

Ahhhhh les garderies. S’il y a bien quelque chose qui peut terrifier/faire chier/angoisser un parent, c’est les garderies.  Mais pourquoi vous demandez-vous en sautillant nu dans votre salon? En premier lieu, il faut choisir le genre d’installation: CPE, familial ou privé. Sachez qu’il faut tout d’abord être prévoyant. Si vous voulez envoyer votre enfant dans un CPE, il faudra l’inscrire quelques semaines avant la conception de l’enfant, tant les places y sont restreintes. L’autre option sont les garderies familiales. Là encore, il faut les magasiner afin de ne pas confier votre enfant à une suppôt de Satan ou pire encore une gardienne qui va vous jaser de La Voix à chaque lundi matin. Il faut également vérifier si il y a une odeur de cigarette caché dans les coussins décoratifs, si c’est le genre d’endroit qui prône les siestes de 4 heures d’affilés qui viendront gâcher votre précieux temps libre lors du dodo ou si ils font trop de projets artistiques de bricolage qu’ils vous ramène à la maison à chaque semaine. Votre maison est déjà rempli à rebord avec de beaux dessins et des affaires collés plein de paillettes, avez-vous tant besoin d’avoir un autre carton avec une trace de main en gouache rouge de votre rejeton?

Bref, c’est un véritable casse-tête pour tous un chacun. Pour les parents d’enfants différents comme nous autre, il y a un niveau de difficulté d’une coche supérieur. Papa pis Dada ont vécu ce périple au travers 3 garderies différentes. Trois. Je ne sais pas à quel point notre histoire diffère de celle d’autres parents d’enfants différents, mais voici un petit résumé de notre périple avec notre enfant autiste dans les garderies. Don’t worry, la fin est heureuse même si le début ne l’est pas!

Première Garderie – La Tite Madame qui voulait ben faire mais ne savait pas trop quoi faire

Petit Pou commence son périple des garderies dans une garderie familiale, chez une de nos amies. Tout va bien, Petit Pou est heureux, la vie est rempli de papillons et de jolies rayons de soleil. Puis la garderie ferme pour X raison et il faut en trouver une autre. Yishhh. Dada fouille sur Internet et, hourra!, quel chance, nous trouvons une garderie drette sur notre rue toé chose, à quatre pas littéralement de notre maison. Cela semble parfait. Nous rencontrons la dame et lui présentons le cas de notre enfant. À cette époque, on ne sait pas trop ce qu’il a exactement. Nous savons qu’il est différent, qu’il a quelque chose qui le met à part des autres, mais on ne sait pas trop quoi exactement. Il y a plusieurs hypothèses qui flottent (TDAH, TSA, Trouble de l’attachement dû à son adoption, alouette…), mais rien ne semble certain. Petit Pou à 2 ans.

Papa pis Dada expliquent donc le quotidien de Petit Pou. Il ne fait presque plus de sieste l’après-midi. Il est très anxieux, réagit parfois violemment aux changements comme un nouvel ami dans la garderie, une activité imprévu ou un étranger dans la maison. Nous lui expliquons également qu’il a de la difficulté à jouer avec les autres amis, il ne veut pas toujours participer, il ne veut pas faire d’effort, il dit « oui » mais veut dire « non », il tient tête, il s’oppose, il crie, il tape, il se tape, il grogne, il est inconsolable, etc. Qui plus es, à deux ans, Petit Pou ne parle toujours pas beaucoup, il préfère pointer. L’éducatrice, que nous appellerons Henrietta, semble un peu sceptique et overwhelmed à la fois mais nous dit pas de problème, elle va le prendre. Elle va faire de son mieux. Et c’est parti pour la garderie. Au départ, c’est pas trop mal, Petit Pou est en lune de miel, il est ben colleux et ne fait pas trop de vagues. Mais rapidement, les choses tournent mal. Dada reviens l’après-midi pour chercher son enfant et à chaque fois il doit entendre les litanies de Henrietta, qui est complètement dépassé par les événements.

Je crois qu’ici beaucoup de parents d’enfants différents reconnaitront cette situation. Le négativisme. Se faire expliquer encore et encore, jour après jour, les troubles et les mauvais coup de son enfant. Sentir le découragement de l’éducatrice. Henrietta ne comprend pas pourquoi il ne veut pas faire les bricolages ou les coloriages. On apprend plus tard qu’elle est un peu exigeante sur ce côté, demandant à notre enfant de colorier les bottes du Chat Botté rouge et non jaune. Vous imaginez comment Petit Pou, qui est TSA, réagit à se faire dire une telle consigne. Bref, c’est pas la joie. Ça commence à être lourd pour Dada de sentir le découragement de l’éducatrice. Elle dit qu’elle n’a jamais vu ça, yada yada yada.

Je sais, je sais, c’te pauvre Henrietta faisait ce qu’elle pouvait avec les ressources qu’elle avait et P’tit Pou lui rendait pas la tâche facile. Il lui a quand même péter un carreau de vitre lors d’une crise et il ne dormait presque jamais l’après-midi, fac elle n’avait pas grand pause. Henrietta est d’un certain âge, elle n’a pas son service de garde depuis longtemps et ne comprend juste pas qu’un enfant ne veule pas faire des activités avec les autres ou bien boude ou bien bouge et fait des culbutes au lieu de décorer un petit bonhomme de neige en bout de papier de toilette. Semblerait-il qu’elle n’a eu seulement que des enfants élevés dans la ouate et qui chie de la barbe à papa rose. Elle ne sait pas trop quoi faire avec mon enfant, malgré les belle recommandations des spécialistes que nous avons payés pour l’aider. Après quelques mois là-bas, Dada en a ras le pompon de se faire répéter que c’est donc difficile et qu’elle est épuisée. Il braille son désespoir en mangeant un pot de margarine, alors son chum décide d’agir et va jaser avec Henrietta.

Cette dame aimait notre enfant et faisait réellement tou ce qu’elle pouvait avec ce qu’elle connaissait. Elle n’avait jamais vu de cas d’autisme, ni de TDAH ou autre trouble de ce genre. Elle passait les après-midi où mon p’tit ne dormait pas avec lui, lui tenant compagnie en lui proposant de l’aider à cuisiner ou en écoutant la télévision avec lui. Je ne lui en veux pas. Mon garçon aimait Henrietta. Il aimait aller là-bas. Malgré tout, je sentais bien qu’il n’était pas à la meilleure place pour ses besoins de Petit Pou spécial et unique et merveilleux comme un flocon de neige. Dada décida donc de cherche sur Internet pour tenter de trouver une autre garderie qui serait plus adapté aux besoins de notre petit.

J’allais bientôt découvrir un autre endroit pour mon enfant, et un nouvel enfer qui débuterait. SUSPENSE!

Dada Blaise

Comment Être un Mauvais Parent

Imaginez que vous avez un enfant. Il naît, arrive chez vous par le biais de l’adoption, vous le trouvez sous une feuille de chou ou bien flottant dans un panier d’osier, peu importe. Vous l’avez placé dans son petit berceau et vous le regardez tendrement et, évidemment, vous vous demandez quarante-six-milles questions du genre: c’est quoi une bonne nuit pour un bébé? Est-ce que je risque de le rendre trop gâté à le tenir tout le temps dans mes bras? Suis-je obligé de lui faire porter un chapeau en tout temps? Son caca est vert, est-ce qu’il est humain? Bref, vous avez des questionnements, des inquiétudes, vous vous demandez si telle ou telle affaire est normale pour votre enfant et vous cherchez de l’aide. Comme vous êtes moderne et de votre époque, vous vous tournez vers votre Bible, c’est-à-dire Internet ou plus spécifiquement Facebook. Pauvre fou. Rapidement, vous découvrirez à quel point vous êtes un mauvais parent.

Une des premières choses qui fera de vous un mauvais parent est que vous laissez votre bébé faire la sieste sur vous. Tisk, tisk jeune imprudent. Dr. Spock, Super Nanny, Jacynthe René et toutes les mamans ordinaires vous le diront: votre bébé est supposé dormir un bon deux heures dans sa couchette et se réveiller frais, heureux et dispo avec le sourire fendu jusqu’aux oreilles et la soif de découvrir le monde qui l’entoure avec vous couché sur un tapis blanc avec des chatons blanc duveteux qui jouent derrière vous.

Well, mon p’tit Baby Love ne semblait pas comprendre ce concept. Je lui ai expliqué pourtant! J’ai eu beau m’asseoir avec mon brand new baby pis lui pointer dans le livre qu’il était supposé dormir au moins deux heures dans son petit moïse, rien à faire. C’est comme s’il était pas capable de lire! Mon grand garçon dormait quasiment trois heures de temps et ce uniquement sur moi et ce réveillait comme un chacal enragé, donc, j’étais clairement un mauvais parent et ce depuis longtemps.

Deuxième bébé aime bien dormir dans sa balancigne (nom inventé pour l’espèce de chaise qui se berce tout seul et qui me permet d’écouter Black Mirror en paix). Encore une fois, je suis vraiment un mauvais parent de faire ça, parce que mon bébé n’apprend pas à s’endormir par lui-même, ce qui est encore un autre gros non, non, non gros épais. Dans le monde des parents, avoir un bébé qui s’endort par lui-même est l’équivalent d’avoir mis la main sur le Saint-Graäl. Les autres parents les vénèrent et les adulent comme les Dieux parfaits qu’ils sont, eux qui ont réussis à enfanter un bébé qui s’endort tout seul.

Bon, peut-être que votre bébé est maintenant rendu à un autre stade ou encore votre enfant à grandit et s’endort effectivement par lui-même. Pas de désespoir, il y a encore plein d’autres façons d’être un mauvais parent! Peut-être donnez-vous la suce à votre enfant, ce qui déformera ses dents, le rendra incapable de parler autrement que par grognement de singe et garanti qu’il va l’utiliser encore quand il sera à l’Université!

Vous pensiez donner du chocolat à Pâques pour vos enfants? Oh, oh, j’espère que vous avez assez économiser pour des broches quand il aura 16 ans!

Des promesses de iPad s’il est gentil au restaurant? Ça sonne comme des pots-de-vin de la submission bitch!

Dire à votre enfant qu’il vous laisse tranquille pendant que vous gosser sur l’ordinateur? Devinez qui ira en prison pour vol à main armée dans son adolescence pour cause de carence affective?

Rapidement vous pouvez commencer à vous sentir plus que mauvais, et même un peu coupable! Ben guess what, les guides et tous les autres vous disent que vous devriez arrêtez de vous sentir coupable! Aweille mauvais parent, un parent qui se sent coupable émet de mauvaises vibrations ou ben some shit ésotérique de même au bébé pis il va avoir de la difficulté à s’attacher ou ne mangera plus jamais de légumes de sa vie! Les articles de Facebook vous disent qu’il faut être le parent imparfait pis croquer dans le bonheur mais aussi se foutre de tout les autres pis faire des bricolages mais pas trop, sinon, ding ding, mauvais parent!

Maintenant, imaginez que votre enfant a une condition. Autisme, hyperactivité, agressivité, strabisme divergeant, intolérance au lactose, hermaphrodite, parle avec les morts, peu importe. Votre enfant agit différemment et cela double votre dose de doute de soi-même quant à vos capacités parentales. Afin de vous sentir moins seul, vous vous embarquez sur diverses forums ou pages Facebook avec d’autres parents comme vous. Vous vous dîtes qu’ici tout le monde se comprendra enfin. Pauvre conne va…Non, encore une fois vous découvrirez que vous êtes encore un mauvais parent toé chose!

En effet, il y a toujours le bon parent, celui qui en a donc vécu des choses et qui sait comment vous faire sentir comme une grosse marde et ce avec quelques mots seulement:

« Les parents d’aujourd’hui ne sont pas assez fermes, moi mes enfants sont (TSA, TDAH, albinos, peu importe), pis j’ai jamais eu de problème avec eux. Suffit d’un peu d’autorité! »

Peu importe le forum, thread de discussion, ce parent s’y retrouve sous une forme ou une autre. Imaginez-vous donc que ce bon parent a réussi grâce à ses capacités extraordinaires, sa voix douce et autoritaire et ses yeux exorbités à faire faire telle affaire à son jeune, que ce soit prendre l’avion pendant 12 heures de temps, lui faire manger des choux de Bruxelles ou bien le faire circoncire à frette. Ce bon parent est le top voyez-vous, parce qu’il vit avec un enfant différent et qui plus es, n’a JAMAIS eu de problèmes de sa vie. Jamais. Il sait quoi faire.

Maintenant imaginez que vous êtes un peu dans le doute, incertain, fragile parce que votre p’tit différent a hurlé pendant deux heures de temps et que vous avez dû l’arrêtez physiquement avant qu’il ne se blesse lui-même. Et que vous lisez ce genre de commentaire. Ouch, crunch, destruction du peu d’estime qui restait.

Je sais que ces personnes ne sont pas réellement conscientes de ce qu’elles ont écrit. Probablement qu’elles ne savent même pas le pouvoir de leur mots. Que plusieurs parents anonymes, comme moi, liront ces mots et ne lui répondront pas, n’auront pas la force de s’obstiner sur Internet avec un inconnu pour démontrer qu’il n’est pas toujours si simple d’avoir la « fermeté » et « l’autorité » avec un enfant, peu importe sa condition. Ces parents ne sauront pas à quel point ils pourront venir ébranler la force d’autres, les faire douter, les décourager, les anéantir.

Être un mauvais parent, c’est ben facile selon tout le monde. Alors, si vous êtes un bon parent parce que vous avec donc le tour, vous avez écouté Virginie et savez quoi faire, parce que vous avec eu le secret des Dieux, vous avez donné la bonne purée avant 4 mois et avez allaité votre bébé sur le côté les jambes dans les airs en lisant votre mantra, bravo. Partagez le juste pas avec le reste des mauvais parents. On le sait déjà ce qu’on fait de tout croche, on veut pas savoir ton truc, ni ton jugement, bitch.

Dada Blaise

 

Je suis tanné de penser à lui

Je suis tanné de penser à mon enfant. Je suis tanné de penser à ce qu’il a fait, n’a pas fait, devrait faire ou aurait du faire. Je suis tanné de m’inquiéter sur son avenir, sur la journée de demain, s’il va avoir une belle matinée, un bel après-midi, s’il va faire mal aux autres ou bien se faire mal.

Je suis tanné de penser à lui, à sa condition, à l’autisme. Je suis tanné d’attendre après des réponses qui n’arriveront probablement jamais.

Je suis tanné de voir de la famille, des amis, des collègues, des connaissances et me faire dire comment mon garçon est mignon, et à quel point il n’a pas l’air « autiste » ou « si pire que ça » et de ressentir le besoin pressant de les corriger et d’expliquer qu’en fait il ne va pas toujours très bien, que de s’habiller ou prendre un bain peut r’virer en cauchemar et que de voir son enfant se frapper la tête sur le sol pour se calmer est une image que je ne souhaite à aucun parent.

Je suis tanné de sa rigidité mais je suis également tanné du regard des autres lorsque j’agis pour le bien de mon garçon en sachant où sont ses limites et qu’est-ce qui est mieux pour lui.

Je suis tanné des contradictions des spécialistes, des recherches, des autres parents.

Je suis tanné de mes propres contradictions. Je suis tanné de toujours me demander si telle ou telle intervention est la bonne.

Je suis tanné de me demander si tel ou tel geste est autiste ou simplement normal.

Je suis tanné de ne jamais véritablement savoir exactement ce que je devrais faire.

Je suis tanné qu’il n’y est pas un livre du genre: Le Guide du Parfait Petit Parent du Petit Autiste Parfait.  

Je suis tanné d’avoir à prévoir et gérer le futur d’une simple journée, à me demander si telle activité sera trop pour le petit cerveau de mon fiston, comment il pourra réagir, quelle stratégie je devrai utiliser et quel moyen je devrai prendre pour l’aider.

Je suis tanné d’être optimiste et espérer qu’une simple marche autour du carré de maison avec une trottinette pourrait être un beau moment en famille mais aussi de prévoir le coup en sachant très bien que la frustration et l’échec de ne pas réussir du premier coup feront que mon garçon pourrait se jeter au sol et se frapper ou bien fuir directement vers la rue ou pire encore.

Je suis tanné de ne pas pouvoir m’asseoir dans mon salon sans me faire tourner autour et me faire frapper parce que mon garçon ne sait pas comment gérer son ennuie et est incapable de s’occuper seul.

Je suis tanné d’avoir à expliquer à mon enfant qui veut constamment inviter des amis à la maison que parfois il faut prendre une pause d’inviter des amis, parce que quand il y a trop de gens, trop d’amis, quand il cour trop, qu’il saute, s’excite, mange des cochonneries, ben sa petite tête peut se rempli d’éclairs et que là il peut perdre le contrôle, frapper, se taper, ses éclairs peuvent sortir de sa tête et personne ne veut ça.

Je suis tanné d’inviter des amis pareil pis de sortir ma panoplie d’horaire, de pictogrammes, d’objets et autres trucs, de faire un plan de soirée et de stratégies avec mon garçon, nous épuiser avant même que ça commence et de me dire chriss, ça devrait pas être aussi difficile que ça de prévoir un souper avec des amis. Que moi aussi j’ai le droit de m’asseoir pis boire du vin pis de pas à avoir à m’inquiéter sur si mon garçon va en frapper un autre avec un camion parce que l’ami à passer trop près ou n’a pas voulu jouer comme il l’avait prévu.

Mais après tout cela, je réalise aussi que, oui, ça va toujours être aussi difficile. Difficile va faire parti de mon vocabulaire et ce jusqu’à la fin des temps. Parce que quand c’est difficile, c’est parce qu’il faut que je porte attention. Pis c’est à ce moment là que j’ai le goût d’arrêter de penser à mon garçon, à l’autisme, aux solutions pis aux stratégies.

C’est là que je réalise que dans l’fond, ce que j’veux, c’est juste que mon p’tit gars se sente un peu comme les autres enfants. Que de temps en temps, qu’il puisse courir, pis sauter, pis  s’énerver, pis manger, pis suivre pis faire un peu n’importe quoi, juste pour qu’il se sente comme un p’tit garçon de 4 ans, juste pour qu’il se sente comme un enfant.

Et là, je ne suis pas tanné d’être surpris lorsque mon garçon joue comme si de rien n’était avec d’autres amis ou qu’il fait des câlins aux autres à la garderie.

Et je ne me tannerai jamais d’être presque ému aux larmes lorsque je vois mon garçon jouer pendant plus de 5 minutes avec son petit set Playmobil.

Et je me tannerai jamais de voir un petit geste, un petit mot, un petit sentiment se dégager de mon garçon, quelque chose qui vient prouver que tous les sacrifices, efforts et découragements en valent la peine, au bout du compte.

Et je me tannerai jamais de lui.

 

Dada Blaise

 

40 Choses qui gossent un parent (Summer 2017 version)

C’est l’été au cas où vous ne vous en êtes pas rendu compte!

Il fait chaud, fait frette, des alertes aux tornades menacent notre pique-nique champêtre, les annonces de retour à l’école sont déjà sur nos écrans pis mon enfant me tourne autour parce qu’il s’ennuie pis ne sait pas quoi faire de lui mis à part faire des cascades entre le divan pis la table du salon au lieu de jouer à faire du coloriage en silence pendant 6 heures d’affilée comme je le souhaiterais.

Hé oui! Je suis maussade et grognon pis j’ai le goût de chialer, sue me! C’est supposé être la belle saison du bonheur pis du plaisir en famille, mais moi y’a plein de choses qui me gossent ces temps-ci. Les voici dans le désordre:

1. Regarder un enfant mettre ses sandales pendant 45 minutes.

2. Les vieillards ben trop en forme qui font de la bicyclette avec des cuissards serrés.

3. Les flushs automatiques des toilettes publiques.

4. Les apps pour enfants « gratuites » qui coûtent finalement un bras pis un montant équivalent au downcash d’une première maison.

5. Le film Emoji

6. Les employés du Rona.

7. Oublier un papier dans la poche de mes shorts pis le ramasser en 33 bouttes dans la sécheuse.

8. Beurrer un épi de blé d’Inde avec un couteau.

9. Les enfants qui jouent à faire r’virer une bouteille d’eau à l’endroit.

10. Internet qui chie.

11. Ouvrir une petite salade de fruit pis me faire éclabousser immanquablement.

12. Le monde à l’épicerie.

13. Le monde au Zoo de Granby.

14. Le monde qui marche trop lentement.

15. Le monde à la plage.

16. Le monde en général.

17. Faire du camping.

18. Le poster de De Père en Flic 2.

19. La tension sexuelle palpable entre Ryder et Katie.

20. Les pantalons de yoga

21. Les « Life Hacks »

22. La maison à vendre de Mario Tessier

23. Le retour des pots suspendu en macramé

24. Les décomptes de 30 secondes avant Les Chefs

25. #blessed

26. Les machines à bonbons qui sont partout

27. Faire du compost

28. Les costumes d’Halloween au Costco

29. Les mouches à chevreuil

30. Suer sur une terrasse avec un drink ben trop cher

31. Cueillir des belles fleurs de dehors pis les rentrer en dedans pis avoir un shitload de fourmis

32. Les p’tits jouets du McDonald’s

33. Être obligé de porter un casque de vélo pour montrer le bon exemple

34. La personne (the boyfriend!!!) qui bourre le congélateur de popsicles et fudges engraissant sur lesquels je n’ai aucun self-control

35. Le sable de la plage ou d’un lac

36. Le sable qui s’infiltre dans le sac de plage

37. Le sable qui reste collé dans les sandales

38. Le sable collé dans craque

39. Ceux qui ont des bons conseils pour éviter le sable qui s’infiltre partout

40. Les vacances qui achèvent déjà

Bonne semaine là!

Dada Blaise

Parler Avec Son Enfant (Ou le plaisir d’entendre son nom être répéter 45 mille fois)

Avant d’avoir un enfant, je m’imaginais moi, mince et avec un sourire blanc scintillant, parlant des heures avec ma progéniture. Je me disais qu’une des plus belles facettes d’être parent était sûrement les conversations amusantes et attendrissantes entre un parent et son enfant. Oh mon doux que j’allais jaser avec mon p’tit! Les heures que j’allais passer avec lui, riant, répondant à tous ses questionnements sur le monde, lui ouvrant la porte sur la philosophie et l’esprit critique, lui faisant découvrir mers et mondes, forêts de l’imaginaire et vaste circonférences astrales. Nos discussions seraient pas mal le ciment qui souderait notre lien si fort et si puissant.

Quand j’voyais les autres parents à l’épicerie ou ben au parc ou bedonc dans des situations sociales agir du genre:

Enfant: J’veux c’t’affaire-là!

Parent: Sâcre-moi la paix!

Enfant: Pourquoi l’auto est rouge?

Parent: Parce que c’est d’même!!!!

 

J’avais alors presque envie de courir jusqu’à ce pauvre enfant et lui demander de venir vivre avec moi, loin de ces ingrats de parents qui ne savaient donc pas écouter leur enfant.

Moi, je ne dirais jamais à mon enfant de me sacrer patience. Moi, je ne dirais jamais à mon enfant de se la fermer. JAMAIS! Non, moi et mon enfant utopique nous irions courir dans les paquerettes, sous la voûte des cieux azur et observerions les nuages et parlerions toute la journée des mystères de la vie.

Fac quand Petit Pou est bel et bien arrivé dans mon foyer, tu peux t’imaginer que j’avais donc hâte qu’il me parle. J’avais vraiment hâte qu’il dise « Dada ». Qu’il m’appelle, moi. Qu’il est besoin de moi. Qu’il veule me parler, à moi. Je passais mes avants-midis à répéter « Dada » comme un forcené devant les yeux curieux de mon bel enfant, qui déjà semblait se dire « voyons qu’est-ce qu’il me veut lui calisse? ».

Puis un jour, c’est enfin arrivé. Le p’tit a bel et bien dit « Dada ». Pis pas juste par hasard ou ben entre deux prouts plein de bave. Un vrai « Dada » bien senti, qui allait drette dans le coeur. Les jours ont commencés à défiler à la vitesse de la lumière, pis le p’tit y allait de bon train avec « Dada » par ici pis « Dada » par là. Pis ben vite, ça a commencé à ressembler à des situations que j’avais déjà vu…

Le p’tit a vite catché d’autres mots également. Dans le temps de le dire, il savait comment demander « Pourquoi ». Une belle combinaison avec le mot « Dada ». Dans le genre:

Dada, pourquoi la carotte est orange?

Dada, pourquoi toi un gros ventre?

Dada, pourquoi le monsieur est foncé?

Dada, pourquoi le chat vomi?

Dada, pourquoi toi tu bois du gin à même la bouteille?

Je m’étais ben promis comme un épais de ne jamais dire à mon enfant de se la fermer, que j’allais apprécier chaque petites questions, mais tsé…Quand le p’tit m’a demandé pourquoi il y avait des trous dans son nez, j’ai failli répondre: « Pour que tu puisses respirer chriss de cave! » Mais comme je sais comment me contenir, j’ai juste répondu: « Là j’m’en vais aux toilettes deux minutes, Dada a besoin d’un p’tit break my love. »

Mais tu ne peux pas t’échapper de la parole de tes enfants. Il n’y a aucun endroit pour se cacher. Ils savent toujours vous retrouver…Ma fantaisie que j’ai écris plus haut, où je roule dans un champ de fleurs pis que je réponds aux sempiternelles questions de mon enfant? Ouain…ma fantaisie a changé astheure. Ma fantaisie est maintenant que j’aille aux toilettes 5 minutes sans entendre une question, varger dans la porte ou voir retontir mon enfant à deux pouces de ma face pour me faire demander si je fais caca ou pipi ou me faire dire « Je veux voir dans la toilette ce que tu as fait! »

Ces dernier temps, le p’tit a commencé à utiliser le mot « Dada » comme une arme de destruction massive. Sa cible? Ma santé mentale.

Le P’tit: Dada?

Dada: Quoi minou?

Le P’tit: Dada?

Dada: Oui?

Le P’tit: Dadaaaa?

Dada: Qu’est-ce que tu veux?

Le P’tit: Dadaaaaaaaa?

Dada: OUI? QUOIIIIIIIIIIII?

Le P’tit: Dadddddda? Dada? Dadaaa?

Dada: KESS TU VEUX!!??!?!???!???!??!!??!???!???!????!?

 

La meilleure solution dans ce temps-là?

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Tiens, un beau bol de poissons. Astheure va jouer plus loin là. 

Dada Blaise,

pour qui les Goldfish sont souvent la solution universelle

 

L’Enfant Têtu a.k.a Tête de Cochon

Il n’y a pas 36 façons de l’expliquer: ou bedonc ton enfant a la détermination et la force de caractère équivalent à un cadre d’entreprise international ou ben non. Il n’y a pas d’entre deux. L’enfant têtu à toujours la switch à on, testant constamment l’autorité, les limites de toutes les situations possibles et imaginables. Pourquoi? Parce que. C’est de même. Ils sont fait comme ça. Ils peuvent être TDAH, TSA, syndrome de ci ou de ça, whatever, ça n’a pas d’importance. On dit de ces enfants qu’ils ont du « caractère », qu’ils sont « strong-willed », qu’ils ont un « tempérament ». Bla bla bla. Quand ton enfant à ce trait de personnalité communément appelé « têtu » ou « tête de cochon » ou « My God arrête d’argumenter! », tu le sais. Oh boy que tu le sais et ce très très tôt. Aussitôt que le petit est en mesure d’exprimer quelque chose autre que des pleurs, le parent sait immédiatement à quel genre d’enfant il a à faire.

Être parent d’un enfant têtu n’est pas seulement difficile, c’est aussi freaking épuisant.

Comment ça? Laissez moi vous l’expliquer à l’aide d’une liste:

 

1. Le combat est éternel

On penserait associer la tête de cochon à une phase, à un âge en particulier, au temps gris ou à la tempête de neige, Vénus qui se fend le Scorpion ou whatever, mais malheureusement, il n’y a pas de temps de répit. Dès que le matin se pointe le bout de la craque, les arguments et les questions arrivent, et souvent avant même que j’aille réussi à ouvrir les yeux. Mon enfant est capable de me tenir tête sur le choix de la chaussette jusqu’à quel toilette il devrait utiliser dans la maison avant de partir. Il n’y a pas de solutions faciles, un matin telle truc peut marcher sur des roulettes pis la semaine d’après, surprise motherfucker!, c’est drette pas ça qu’il fallait faire.

2. Les « bons conseils » arrivent facilement

Les gens, vous les connaissez, ils aiment donc ça nous rappeler comment faire. Oh souvent ils le font subtilement, en affirmant qu’avec LEUR enfant ça marchait de même pis c’était merveilleux. Ben guess what, ça marche pas icitte. Un peu de « discipline » pis de « tableau récompense » pis de « coin de la punitance », ça marche pas pour un enfant têtu/opposant. Ça te force plutôt à constamment te réinventer et à surtout ne plus juger les méthodes des autres parents.

3. Tu te sens poche ben plus souvent qu’autrement

Les autres enfants, mon doux que ça a l’air facile pour eux autres. « Viens dans le bain pour chéri! » pis zoop le p’tit a enlevé son pyjama pis il est dans le bain en train de se laver les cheveux avec de l’huile de noix de coco. Est-ce qu’il est réellement possible de demander seulement UNE fois à un enfant d’arrêter de jouer pis de venir dans l’auto? Vraiment? Pour la plupart c’est facile, facile, de petits événements quotidiens qu’on ne remarque pas, mais quand ton enfant est un têtu/opposant, tu te poses sans arrêt des questions, tu lis tous les bons conseils sur le net pis dans les bons livres, tu essayes toutes les fucking méthodes inimaginables pis souvent tu finis ta soirée dans ton lit avec les oreilles qui résonnent par les résidus de crises intenses en priant le ciel qu’il s’endorme rapidement avant que tu prennes 300 lbs en chips de la désolation.

4. Tu te découvres plein de nouvelles émotions pis tu grandis (une p’tite affaire)

Parfois le combat entre moi et mon enfant est si intense qu’il dure jusqu’au réveil, où mon petit me réveille avec la petite lèvre qui se mordille, l’air songeur pis le gros câlin. C’est notre petit répit, une petite déclaration de paix, même si je sais qu’elle ne durera pas très longtemps. Il tiendra son point sur n’importe quel sujet qu’il trouvera. Le petit défiant est très bon pour trouver les pitons, la faille et m’a fait ressortir plus d’une fois une émotion terrifiante et noire que je ne pensais pas posséder. Il m’a également fait découvrir des nouvelles sources d’énergie que j’ignorais que je possédais. Et m’a appris que j’aimais cet enfant-là plus que tout.

5. Mais…

 

La Nature a fait que mon bambin est extra, triple crème mignon, ce qui l’aide beaucoup à ce qu’il gagne certaines de nos batailles. Mais punitions il y a, conséquences et récompenses, yeux piteux et Dada qui tient son bord, le plus serré qu’il peut pour que la leçon soit comprise. Mais l’est-elle vraiment? Fuck if I know. Pour une heure, un jour, puis la belle leçon semble s’effriter, à refaire, à recommencer. Mais j’ai toujours espoir qu’il reste tout de même une petite trace, une poussière, peu importe la grosseur, juste quelque chose, puis qu’à chaque leçon, chaque bataille, ce petit point grandisse et grossisse, jusqu’à ce qu’il emplisse complètement mon enfant et le modifie de l’intérieur, peu à peu, à son rythme à lui. Et c’est pas mal le côté le plus difficile de la vie d’un parent, non?

Dada Blaise, caché dans sa chambre entrain de manger des chips

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Vive le Malheur!

De nos jours, il faut être heureux, tout simplement.  Il faut être de bonne humeur. Il faut donc être joyeux de notre joie de vivre, Namasté, consécration, r’garde moi donc mes beaux cheveux pis mon sourire enchanté dans la lumière naissante du matin, enfants coquins, plaisirs simples, rions en cœur, long fleuve tranquille, food porn, no filter, love my life. Maintenant, le bonheur est constamment mis et remis sous notre nez. Sois heureux damn it. Profites. Relaxe. Prend le temps. Mange bien. Fais ce qui te plaît. Zéro culpabilité. Aime. Prie. Mange du Kraft Dinner avec des tites saucisses. Regarde la lune pis savoure la nuit. On s’amuse entre copines, on se fait des massages, on pense à soi, on s’bataille dans le Jell-O, on va danser, on fait rien, on coure en détachant notre brassière. Être heureux est particulièrement épuisant en notre ère moderne de partage et ouverture sur le monde. Les réseaux sociaux et les médias proclament souvent que le bonheur, la joie de vivre sont le résultat, le but, le pot d’or à la fin de l’arc-en-ciel. Être heureux est l’aboutissement de dur labeur et d’efforts. Tu mérites d’être heureux après tout ce qui t’es arrivé. Cette année, tu mises sur le bonheur, tu as assez eu d’embûches comme ça.

Ce qui est de la belle bullshit, non?

Parce que tout le monde vous le dira, la vie est loin d’être aussi simple. Le bonheur réside dans les craques du divan, dans le tas de poussière, il est mêlé au malheur intimement, pis à l’excitation, pis la peine, l’angoisse, la peur aussi pis la culpabilité. C’est un beau sentiment, mais j’suis pas mieux que les autres.  J’ai un esprit compétitif. J’aime jouer. J’aime gagner. J’aime me surpasser. J’aime me démarquer. Comme plusieurs autres jeunes gens de ma génération d’ailleurs. Moi aussi j’voulais être heureux bonyeu. Surtout en étant parent. Parce que le monde des parents est truffé de bonheur, de petits plaisirs, de joies débridés, de belles photos de la complicité et de la candeur partagé en famille. J’voulais moi aussi gagner la course du bonheur. Coûte que coûte. Avec l’avènement des réseaux sociaux, beaucoup de parents jouent maintenant à la game du bonheur. Oh bien sûr, la game est subtile, avec quelques commentaires ici et de jolies photos par-là. Un petit mensonge blanc, un sourire de plus, voilà. Les parents aiment se dire qu’il faut arrêter de nous comparer. Que nos vies sont riches de différences, riches de leur propre complexité, riches de merveilleuses banalités. Mais voilà que le bonheur revient constamment à la charge, te rappelant sournoisement que tu as pas autant de fun que l’autre là-bas, toi tu n’es pas sur le bord de la plage en pleine restructuration de ton soi-même, toi tu n’es pas zen et relaxe, toi en fait, tu es dans ton simple bungalow avec ta plante qui est en train de pourrir pis ta tarte aux pommes qui a fouerré partout sur le comptoir. Moi aussi j’voulais être épanoui et heureux et voulait mordre dans la vie. J’voulais être aussi heureux qu’une madame qui mange de la salade.

Je m’ennuyais du bon vieux bonheur d’avant, celui qui se comparait entre voisins croisés à l’épicerie ou sur le coin de la rue, le bonheur compétitif qui se limitait aux partys de famille pis aux visites chez le coiffeur. Tu savais que tel ou telle était partie dans le sud mais t’avais pas à te taper toutes leurs photos en plus! Y’avait ben assez de mononc Fermand et matante Bérangère qui revenait d’Acapulco pour te montrer aussitôt la porte franchi leur démarcation de bronzage région brassière et fessiers! Le bonheur n’était pas constamment étalé dans ta face et te rappelant qu’il fallait sourire à pleine dents aujourd’hui pis aller jouer dehors parce que c’était donc une belle journée. Dans ce temps-là, tu pouvais rester effouaré sur ton divan à écouter L’Amour Dans de Beaux Draps en mangeant des crottes au fromage pis tu ne savais pas que Gina ou ben la voisine était sur un bateau de croisière à se faire griller son fessier parfait entouré d’éphèbes bien membrés. Regarde mes chats, regarde mon bateau, regarde mon bébé, regarde mon beau salon, regarde comme j’ai du plaisir, regarde comment je suis songeur, regarde les belles couleurs, regarde le beau bricolage, regarde nos sourires, regarde la belle vue que j’vais avoir, drette sur le bord de l’eau toi chose (ferme toi donc avec ton bonheur!).

Mais comme pour beaucoup d’autres, j’me suis fait avoir dans la game du bonheur, pis j’ai fait ça tout seul. J’ai trop misé sur le bonheur pis j’ai oublié le malheur. Ce pauvre yable que tout le monde repousse violemment ces derniers temps. Quand le bonheur est si grand qu’il fait chier, le malheur reviens toujours à la charge avec une pas belle journée, une petite crisette, une bonne chicane de couple, une constipation chronique ou tache de pâte à dents dans le miroir. Le malheur est là pour t’aider à être de mauvaise humeur pis chialer pis bitcher pis s’en câlisser de la belle énergie pis des balades en forêt, pis du beau pain frais pis de la salade de chia de la voisine. J’me suis rappelé que dans le fond, j’aime le malheur un petit peu. J’aime me baigner dedans de temps en temps, me lever de mauvaise humeur pis rager pis bougonner. J’aime me rappeler que ça va mal par boutte, pis que c’est correct, que je suis pas tout seul. Ça fait du bien pour l’ego. Ça fait du bien pour la personne. Ça fait du bien pour la colère et les frustrations. Ça fait du bien d’être jaloux pis envieux, pis être amer et insatisfait. Ça nous pousse à agir, ça nous pousse à trouver des solutions, ça nous pousse à chercher les petits bonheur qu’on a déjà, pis ça ben, c’est ben ben correct.

Dada Blaise

 

 

S’Habiller le Matin, Cet Éternel Combat

Il y a beaucoup de choses dont je suis fier dans la façon que je gère mon foyer (les crazy moments de danse spontané dans le salon, à quel point mon p’tit est poli et courtois, les concours de pets, mon gâteau aux carottes) et il y a pluuuuuuuusieurs choses dont je suis une p’tite affaire moins fier (les matins chaotiques, les nombreuses fois que je préfère jouer à l’ordi plutôt que de jouer avec mon enfant, les soirs « croquettes/frites, mon tour de taille). La chose la plus difficile à gérer dans ma maison, c’est d’entretenir une harmonie entre les trois personnalités si contradictoires des membres de ma famille, Papa pis Dada pis le P’tit. Papa est grognon, légèrement bourru et aime avoir raison. Dada aime se faire écouter, parle sans arrêt et aime avoir raison. Le p’tit est émotionnel, défiant et aime avoir raison. Finalement on est pas TANT différent finalement, mais beaucoup de petites tâches qui semblent simples et anodines dans une famille se transforment en véritable guerre mentale dans la notre.

Ainsi donc, demander à Petit Pou de faire quelque chose qui exige d’être accompli avec un peu d’effort ou par lui-même et qui n’entre pas dans la catégorie hilarante, drôle ou délicieusement couvert de chocolat est source de problème sans fin. Une chose en particulier: s’habiller le matin. Je sais, je sais, tout le monde le sait, mon père le sait, même Sonia Vachon le sait, beaucoup de jeunes enfants n’aiment pas s’habiller. Ils tiennent à cette parcelle de pouvoir avec toute la volonté dans leur petite main poisseuse et taché de yogourt. Je sais également qu’il ne faut pas presser l’enfant et que s’il n’est pas prêt à s’habiller seul, c’est correct. Je sais aussi qu’il est important que l’enfant apprenne à se responsabiliser et apprennent à s’habiller seul pour être indépendant. Mais pas trop vite! Mais pas trop tard non plus! Avant la maternelle genre! Mais il faut le laisser aller à son rythme là! Les autres à la garderie s’habillent seuls! Mais tous les enfants sont différents! L’important est d’imposer une ROUTINE et une saine AUTORITÉ parentale avec des instructions claires et des conséquences pour les actions. Bref, j’suis prêt à brûler le linge, ça semble plus simple. #lesconseilsaidentbeaucoup

Notre Petit Pou lui, n’aime pas s’habiller. Pour X raison. Parce qu’il n’aime pas vraiment les transitions. Il n’aime pas quitter son Papa pis son Dada. Il n’aime pas le fait d’aller à la garderie. Il a besoin d’être en sécurité avec des gens qu’il connait. Et ce n’est pas la faute de la garderie et de l’éducatrice qui se fend à quatre et se roule à terre pour tenter de le mettre à l’aise. Le p’tit aime juste pas aller là-bas. Et il nous le fait payer en refusant, à chaque fucking matin de s’habiller. (Bon, pas à chhhhhaaaaaque matin me fait préciser Papa, mais QUASIMENT!)

Au départ, j’ai suivi le modèle des menaces sans grande conviction:

« Si tu ne mets pas tes souliers tout de suite je m’en vais sans toi! »  – Évidemment je ne peux pas le faire réellement, pour plusieurs raisons: c’est illégal; je risque de revenir devant une maison en flamme; c’est illégal; mon p’tit a peur de l’abandon; pis je risque de ne plus avoir de nourriture dans la partie basse du frigo; c’est illégal.

« Bon, tu ne m’écoutes pas, plus de iPad d’abord! » – Sauf qu’ici la punition serait pour moi, parce que ces précieux moments où le p’tit joue au iPad sont les moments où je peux faire caca en paix/faire le souper/pleurer dans mon coussin/faire du quick sexe avec mon époux

« Veux-tu que je t’enlève ta doudou? » – Non, je ne suis pas aussi bitch que ça.

« Si tu ne t’habilles pas, tu iras tout nu à la garderie! » – Il attend juste ça, p’tit exhibitionniste qu’il est.

« Là je compte jusqu’à trois! 1…2…3… » – Pis là, j’fais quoi? Je l’enferme dans le caveau? Je jette son linge dans la poubelle? Je sors un gun pis j’y met sur la tempe?

J’ai également mis en place des nouveaux règlements pour mon p’tit, du genre:

  • Après ton déjeuner, tu enlèves ton pyjama et tu mets tes vêtements. Dire que tu n’es pas capable ne marche pas, vu que je t’ai FILMÉ en secret alors que la veille, oui batard, tu t’habillais seul, la fois où ça te tentait ça d’l’air.
  • Ça serait l’fun que tu t’habilles en dedans de 15 minutes mettons, et non pas dans un laps de temps d’une heure où tu lances ton chandail et place ton pantalon sur ta tête.
  • Tu dois également mettre tes souliers toi-même avant de quitter pour la garderie (ou ailleurs). Mettre ton orteil dans le fond du soulier pour l’enlever ensuite en disant que tu n’es pas capable ne compte pas.
  • J »apprécierais aussi que tu ailles à la salle de bain quand tu sens ton envie de pipi, et non pas quand la vessie est sur le bord de t’exploser et que tu gigotes violemment dans toute la pièce en te pognant le zouiz.

Évidemment, après avoir relu ma belle liste de règlements, j’ai câlissé le tout à la poubelle. Mon gars à trois ans. J’ai beau faire des menaces et faire des règlements à pu finir, il va faire les choses à son rythme. Pis mon gars est la personne qu’il est. Pis j’me dis qu’avec toute l’énergie que je met sur l’étape de l’habillage, ben ça compte pour mon cardio de la semaine, fac j’peux me permettre une coupe de vin avec le souper.

Hourrah le pragmatisme parental!

 

Dada Blaise

 

Moi VS Les Mères Parfaites

Aussitôt que nous avons pris notre décision d’avoir un enfant, il a fallu déterminer qui d’entre moi et le chum allait rester à la maison pour le congé parental. Dans la plupart des couples c’est la maman qui prend ce congé. Vieilles habitudes, contraintes de la société, critères attendus, tempérament, name it. La mère s’occupe des bébés, pis c’est de même. Moi j’me suis jamais senti comme une « maman ». J’me suis jamais senti interpellé par ce rôle en particulier. Je m’imaginais pas avec des bigoudis pis  ma robe de chambre à fumer ma cigarette pis dire au p’tit: « Dans 2 minutes mon bébé, môman fini ça cigarette. » J’avais envie d’avoir un enfant, j’avais envie que mon chum et moi formions une famille et j’avais plus d’affinités avec les jeunes enfants, donc c’est moi qui a pris le rôle. J’suis devenu le Dada, cet espèce de mutant entre les deux parents, pas tout à fait un père, pis pas tout à fait une mère.

Fac Dada, à force de longues journées en compagnie de son p’tit, à force de changer les couches, pis donner le biberon, pis consoler, pis accompagner, pis jouer, pis apprendre ceci pis cela, est devenu une virile maman. C’était correct. J’me plaisais. C’est vrai que j’étais plus « maternel » que mon chum. J’étais plus câlineux pis enjoué de faire des activités pis j’pouvais passer des heures à me bercer avec. J’étais une mom. Pis j’me suis fais avoir à mon propre jeu. Comme la plupart des mamans de ce monde, j’me suis mis à avoir des aspirations désillusionnées d’être la Maman Parfaite, la Super Mom, la Gratienne. J’voulais être comme celle qu’on retrouve dans toutes les belles photos, les belles annonces, les beaux films. Celle qui cuisine les déjeuners colorés en forme d’Elsa, celle qui fait de beaux projets avec de noix de pin et de la Mod Podge, celle qui nettoie la maison en riant, celle qui a le temps de gérer un carrière, un époux, un enfant, un foyer, des amis et des aspirations créatives. Vous savez de quoi je parle, vous avez eu les mêmes rêves il y a de cela longtemps. Ces temps-ci, après que le p’tit fut doucement amené et pas du tout menacé d’aller au lit au plus chriss, j’m’assied sur mon beau divan blanc tâché de j’sais pas trop quoi, pis je réalise que j’suis pas la Super Mom, j’suis pas le Super Dada. Ces temps-ci, j’pense que j’passe à peine la barre du Juste Correct Dada. J’suis pas un mauvais parent en tant que tel, mais quand j’regarde ma maison et ma belle énergie absente qui me dit que ça me tente donc pas de jouer avec mon enfant et j’me demande de kessé que j’fais pas de correct coudonc. Pis là j’me rappelle les nombreux et nombreux articles qui pleuvent l’Internet qui nous rappelle que la parfaite maman, ou parfait parent, n’existe pas. Que cette pression, on se la met tout seul.

Ouain…MAIS! te dis-je alors. Oui, il est vrai que le parent se met souvent la pression lui-même, qu’on doit cesser de se comparer mais un doute me ronge le cerveau malgré tout. Si elle fait tant parler d’elle, cette satanée mère parfaite, c’est qu’elle doit ben exister en quelque part, non? Ben je l’ai trouvé. Pour le vrai de vrai. La simili mère parfaite, celle qui dérange tant.

C’est dans les commentaires en dessous de ces fameux articles que la mère parfaite resurgit toujours. Elle est sneaky, parfois presque imperceptible, mais elle réussit toujours, TOUJOURS, à te faire feeler cheap avec son bonheur et son « j’comprends pas, chez nous on fait ça comme ça pis on a pas de problème ». Chez eux c’est donc plaisant, chez eux c’est donc propre, chez eux c’est donc bien organisé au quart de tour. Comme j’suis tanné de me sentir comme le pire fléau qui existe parce que j’ai fait garder mon enfant CINQ jours la semaine passé pis que ma salle de bain est tout crotté, j’me suis compilé une belle liste de corvées qui viendront une fois pour toute damner le pion à cette Mère Parfaite inexistante mais qui existe malgré tout finalement. Vlan dans tes belle dents blanches et droites nullement tâchés de vin rouge!

1. Le Lavage

Bien sûr, bien sûr, tous les paniers à linge sales peuvent être vidés et les salopes overachievers pourront vous dire qu’elles prennent bien le temps de plier et immédiatement ranger le linge, mais ATTENDEZ! Allez voir sous votre lit, dans le fond du garde-robe, dans la salle de bain ou même dans l’auto. Vous y trouverez des vêtements, garanti. Mensonge que le lavage est toujours fait! Mensonges que je dis! Serviettes, débarbouillettes, vieilles p’tites culottes, p’tits gants d’automne full morve, il y a toujours des choses à laver, FOREVER.

2. La Vaisselle

Bon, bon, bon. La mère parfaite réussi à faire un bon repas coloré, full légumes et craquant en bouche, pis oui, après elle fait la vaisselle tout en préparant les lunchs et en faisant un willey à son époux. Elle prend le temps, elle. Vous ne trouverez pas de vieilles vaisselles dans le fond de l’évier ou sur le bord du comptoir chez eux, non, non. Pourtant, vous le savez, une famille, parents, enfants, ça sali de la vaisselle. En viarge. Ici mon lave-vaisselle devrait être parti deux fois par jour. Et il y a toujours quelqu’un qui s’est pris un verre d’eau, qui a mangé un yogourt pis qui a laissé la cuillère dans les vieilles craques du divan, qui a mangé des Goldfish en cachette pis qui a oublié le bol à côté du lit… Fouillez dans votre maison mère parfaite, vous finirez ben par trouver ce vieux gobelet jaune, celui que le p’tit aimait donc, tellement qu’il l’avait caché en-dessous de son lit, entre les lattes de bois. Ah, le voilà donc. Pas la peine de le laver celui-là, ce serait cruel après tout de détruire l’aussi beau et précieux écosystème qui s’y trouve.

3. Jouer

Ah ça, la mère parfaite aime donc ça jouer avec ses enfants. Non, non, elle a pas le temps d’aller au 5 à 7, ni d’assister au concert privé de Bono dans une croisière aux Bahamas, elle veut jouer avec ses enfants et s’extasier devant l’immensité de leur imaginaire! Aweille à quatre pattes à faire le cheval et le cochon qui se roule dans la boue. D’accord, oui, ça peut être plaisant jouer avec un enfant, parce que, you know, l’amour pis les liens pis les beaux souvenirs. Mais, mère parfaite, assied-toi avec un tyran haut comme trois pommes pour jouer à un jeu, vraiment jouer là, comme qu’il veut. Qu’est-ce qui arrive donc? Ben vite tu entends des non, pas ce jeu-là, l’autre, non, pas lui, lui, LUI, pis joue comme ça, non, de même, non toi tu ne prend pas l’auto jaune, non, toi tu fais pas ça, non, PAS COMME ÇA, joue de même, à l’envers, NON…Ah pis joue donc tout seul! Si tu n’as jamais perdu patience à jouer avec ton enfant, c’est que tu es une imposteur robot d’une autre dimension, tout simplement.

4. Le Chialage

On aime nos enfants. Tout le monde aime ses enfants, tout le monde le sait. Mais…MAIS…Un enfant ça ressent un besoin pressant d’exprimer toutes ses émotions et vocaliser tout ce qui lui passe par la tête, ce qui est très bien I know, I know, mais cette gamme d’émotions et de sentiments contient également le chialage. Mon enfant chiale constamment. Il veut quelque chose, il chiale. Il ne veut pas cette chose, il chiale. Il chiale quand on dit non, quand on dit oui. S’il fait trop froid, trop chaud. Il chiale contre le bol rouge, le choix de vêtements, le fait qu’il doive faire pipi, contre le débat Trump/Hilary, contre sa tuque. Il chiale que je ne suis pas Super Mom ou Super Dada, parce que si j’étais Super Mom ou Super Dada, ben ça fait longtemps que j’aurais trouvé le moyen qu’il arrête de chialer, n’est-ce pas?

Fac ouain, j’suis pas un Dada parfait. Mon p’tit aura pas une enfance parfaite où ses parents sont toujours épanouies dans la joie du bonheur de l’amour de la tendresse. Des fois ça va être sale, pis ça va puer, pis on va dire joue tout seul, tu m’énarves, pis on va chialer. On va juste le fucker un peu, juste assez pour qu’il soit un adulte légèrement névrosé et sardonique, avec ses complexes non résolus qui le rendront intéressant, amusant et sexy. It’s a win/win situation en fin de compte.

Dada Blaise