Sujets de conversation à 3:00 du matin

Ce qui amusant dans la vie, c’est quand tu croyais t’être débarrassé d’un problème pis qu’il en survient un autre! Le p’tit fait ses nuits complètes depuis un moment, lui qui autrefois nous offrait des nuits inoubliables, et comme chaque parent en ce monde, j’ose jamais trop m’en vanter ou le le dire tout haut, car je risque que ça fouarre immédiatement la nuit d’après (pourquoi tu viens de l’écrire d’abord, innocent?!). Ce qui est hilarant, c’est que ces temps-ci, c’est Papa pis Dada qui ne dorment plus! Bravo le corps humain qui vieillit et le cerveau qui n’est plus capable de régulariser sa mélatonine! En fait, nous dormons peu car nous sommes une p’tite affaire genre stressé. Why? Parce que, plot twist, on a mis notre maison en vente. C’est un processus super agréable qui permet à un tas de gens inconnus de venir envahir ta maison à tout bout de champ pour venir scruter tes fonds d’armoires et te faire dire que « ouain c’est super beau mais on fait juste regarder, notre maison à nous est même pas encore à vendre, ah ah ah! » Ahhh super. Bref, j’dors pas, pis le Papa non plus. Alors, qu’est-ce qu’on fait quand on dort pas tous les deux?

 

A) On s’envoie en l’air comme des bêtes!

B) On regarde chacun de notre téléphone en cachette

C) On roule d’un bord pis de l’autre pour trouver une position confortable pis on a chaud

D) Dada demande des questions pas rapport

 

Vous l’aurez deviné, la réponse est D. Oui, moi quand je ne dors pas, mon esprit vagabonde et chercher à percer les secrets de l’univers et je me dois de partager tout cela avec mon conjoint de vie. Et après tout, le secret d’un couple heureux et uni est la communication, tout le monde vous le dira. Alors pourquoi pas le faire en plein milieu de la nuit? La prochaine fois que ça vous arrive, je vous suggère les questions suivantes:

  • Quelle couleur tu voudrais peinturer la salle de bain dans la nouvelle maison?
  • As-tu vraiment aimé ma nouvelle recette ce soir ou ben tu fakais ton enthousiasme pour du filet de pangasius?
  • Est-ce qu’on devrait s’acheter un tapis roulant ou s’inscrire au gym?
  • Demain matin, c’est toi ou moi qui va se lever?
  • Tsé quand j’t’ai dit que j’étais pas fâché tantôt? Ben finalement je suis encore fâché un ti peu.
  • On pourrait demander des jumelles pour l’adoption? Me semble que j’me sens prêt finalement pour deux de la shot. Me trouves-tu assez bon pour deux enfants? »
  • Penses-tu que c’est mieux qu’on laisse le p’tit essayer des drogues et de l’alcool sous notre toit, pour avoir une sorte de contrôle sur la situation ou le laisser expérimenter à sa façon?
  • Qu’est-ce que tu veux pour Noël? »
  • On devrait s’acheter de nouveaux oreillers, qu’est-ce que t’en pense?
  • As-tu entendu ce bruit-là?
  • J’pense que j’me verrais sur une ferme. Avec des vaches pis toute. Aimerais-tu ça vivre sur une ferme?
  • As-tu entendu? Écoute, c’est le même bruit. Tout d’un coup que c’est des extraterrestres qui veulent kidnapper le p’tit?
  • Qu’est-ce que tu ferais si tu verrais un extraterrestre?
  • Pourquoi tu me réponds-pas, dors-tu?
  • Est-ce que tu affronterais l’extraterrestre pour me sauver?
  • J’ai peur…va voir c’est quoi le bruit.

 

Et ainsi de suite. Répétez jusqu’à ce que votre conjoint se lève et aille dormir dans la cave parce que « c’est plus frais ». Restez seul dans le lit et allez lire des histoires sur creepypasta. Vous ne dormirez plus jamais!

Dada Blaise

 

Comment Suivre Un Régime En 8 Étapes Simples

Mon enfant s’approche du Fucking Four et je n’ai toujours pas perdu mon baby weight, ce même baby weight que je porte depuis la mi-secondaire.  Il y a des jours où j’me lève et me regarde dans le miroir pis j’me dis: « yeah baby! I still got it! » J’fais des p’tites flexions de mes simili muscles, j’fais des faces coquines, place savamment mes cheveux pis j’me trouve beau et attirant. PIS, il y a des jours où (la saison maillot de bain ou le dimanche matin) où j’me sens donc laid et vieux avec mon corps rabiboché, plein de crevasses, de poils et étranges boutons qui n’étaient pas là avant. C’est à ces moments où je rage contre mon jeune moi, celui de la vingtaine, celui qui pouvait boire et manger des Nachos gratiné plein de gras trans, celui qui perdait du poids rapidement en faisant un minimum d’effort. Ces jours sont bien bien loin maintenant et astheure pour maigrir , j’suis obligé de faire du SPORT et BIEN MANGER, ce qui va contre ma philosophie de vie, mais que veux-tu, il y a des bouttes où j’ai envie de porter des vêtements tendances et branchés et pas seulement des pantalons de joggings mou qui cache mes rondeurs flasques. Donc, une fois aux deux mois environ, l’envie folle de maigrir me pogne et c’est à ce moment que j’me dis (stupidement) que je devrais suivre un régime. J’attend donc au lundi suivant pour le faire, pis là j’pars en grand. Voici donc comment suivre un régime à ma façon:

1. L’Annonce

Dîtes à votre entourage que vous n’êtes pas vraiment au régime. Vous faîtes plutôt un changement dans vos habitudes alimentaires, parce que les régimes ça ne marchent pas vraiment. Vous pensez  d’une nouvelle façon à présent! Cuisinez votre premier déjeuner de vos « nouvelles habitudes alimentaires ». Mangez votre pamplemousse et œuf cuit dur avec la philosophie du « c’est pas si pire que ça dans l’fond! » Terminez le tout en deux bouchées peu satisfaisantes puis courez immédiatement à la salle de bain pour vous peser. Déshabillez-vous et pesez vous à nouveau. Aller à la toilette et pesez-vous à nouveau. Hourra, le régime fonctionne!

2. L’Engagement

Après avoir enfiler 2 repas santé riche en protéines et en fibres bienfaisantes, commencez à vanter les mérites de ce régime/nouvelle attitude à qui veut l’entendre et tout le reste de vos amis Facebook. Malgré que vous n’avez pas encore terminé la journée, considérez -vous maintenant comme le champion et l’expert en matière de régime et perte de poids. Pinterestez à fond vos nouvelles recettes, photoshoppez des pensées positives sur des fonds de forêt amazonienne et des couchers de soleil et énervez la populace entière avec votre positivisme qui vous sort de tous les pores possibles. Pesez-vous sans arrêt et remarquez qu’effectivement, vous perdez (un peu) de poids. Ça marche.

Votre nouveau mantra: « Ce produit contient beaucoup de toxines nocives pour toi, fais attention! »

3. Une Coche Plus Haute

Après une couple de jours où la balance n’annonce plus de perte de poids, sautez aux conclusions hâtives et désespérés et essayer la toute nouvelle mode tendance: les smoothies verts/la purification aux herbes/la diète au peau de raisin/boire uniquement du café avec une cuillérée de beurre dedans/whatever bullshit prôclamé par Gwyneth Paltrow. Sortez dehors et prenez des marches frénétiques du désespoir dans votre quartier avec votre famille, que ça leur plaise ou non.

4. Les Alternatives 

Cherchez de nouveaux moyens pour perdre du poids. Prenez rendez-vous avec des guru du lavement, des docteurs « alternatifs » et des hyptothérapeutes craniosacral. Discutez de vos habitudes et de vos mouvements du bassin. Tout le monde semble très intéressé par vos défécations et leur régularité. Farfouillez le Net et trouvez des solutions miracles fait à base de baies d’acaïe, d’oeufs de sauterelles séchés et d’ossements de vieilles japonaises.

5. L’Entêtement

Courez dans les boutiques de votre jeunesse et soutenez le regard de la jeune vendeuse au corps de Diane avec votre fougue impétueuse. Attrapez une paire de jeans 2 tailles plus basse que ce que vous portez normalement. Filez vers la cabine d’essayage et couchez-vous sur le sol, les jambes graissés de vaseline pour tentez de mettre ladite paire de jeans. La paire de jeans devrait arrêter à vos genoux. Fuyez la boutique en prenant soin de câlisser la belle pile de chandail par terre.

6. Les Exercices Faciles

Vous n’êtes pas dupe au point de croire les info-pubs qui passent le dimanche matin à la télévision. Non madame. Pour maigrir il faut faire de l’exercice, tout le monde le sait. Le secret est de faire quelque chose de plaisant et amusant qui vous fera bouger à la fois. Achetez-vous une Wii et un de ces jeux de sport qui promettent tout cela et plus. Jouez quelques fois en vous promettant mers et mondes que cette fois-ci, vous sentez réellement que c’est la bonne. Pesez-vous sur la machine et entendez la voix robotisé du jeu vous dire « That’s obese! ». Éteignez le jeu et jurez de ne plus jamais jouer à cette esti de niaiserie-là.

7. La Tricherie

Deux semaines ont passés et vous vous sentez merveilleusement bien! Vous avez fait tellement d’effort que vous vous demandez si des pépites de chocolat compte vraiment comme une tricherie. Après tout, sont tellement petites! Ça n’a presque pas de calories ces affaires-là. Une petite poignée ne vous fera pas de mal! Anyway, il est bien pour votre corps qu’il ingurgite des cochoneries, afin de le confondre pour qu’il continue à perdre du poids. Engouffrez le restant de macaroni de votre enfant et mangez la moitié de la brique de fromage lorsque tout le monde est couché. De toute façon, vous continuez de manger vos fibres religieusement et avalez vos oeufs de sauterelles, donc l’affaire est dans la poche!

7. La Descente

Lors des soupers entre amis ou aux restos, vous mangez tout ce qu’on offre. Sauf le pain. Vous vous sentez intègre ainsi et prouvez au reste du monde que vous avez des principes. De toute façon, vous n’aurez qu’à prendre une petite marche autour du quartier pour brûler 1% des calories ingérés dans le buffet chinois de la veille!

8. La Réalisation

Malheureusement, réalisez que la SEULE et UNIQUE façon de perdre du pods c’est de faire de l’exercice quotidiennement, une diète équilibrée, échouer sur une île déserte, être incarcéré dans une prison Thaïlandaise ou contracter un parasite intestinal. Puisque rien de tout cela ne semble faisable dans votre vie, continuez avec votre train de vie normal, soit de manger des pâtes dans de la sauce crémeuse avec modération et accepter que vous êtes ben correct de même tout compte fait. #trentaine #bencoudonc #grossacdechipsesti

Dada Blaise

La Fois Que J’Suis Devenu Vieux

 

Bon. Fac…demain c’est ma fête. La fête de Dada en personne. Pis j’vais avoir 34 ans. TRRRRRRRENTE-QUATRE ANS. Ça me dérange pas pantoute dis-je en braillant tout en me mangeant un pot de crème anti-âge. 34 ans. C’est l’âge des poupounnes de Sex and the City dans les premières saisons. C’est l’âge de l’autre bord de la colline. L’âge plate me semble. C’est le premier pas dans le vrai de vrai âge adulte dans ma tête. J’m’approche de la boîte 35 à 40, pis, guess what, j’peux pas reculer. C’est ça la vie j’cré ben.

Depuis que j’ai 30 ans, j’ai l’impression que chacun de mes nouveaux anniversaires apportent leurs mauvaises nouvelles. Comme si chaque nouvelle année m’apportait son petit cadeau personnelle: Oups, un peu moins d’énergie, un peu plus de douleur dans le dos, un peu moins de pulsions sexuelles, un peu plus de manboobs pis un peu moins de cheveux. Beaucoup viendront te dire que l’âge, c’est dans ta tête. Qu’on est jeune de cœur. Vive la margarine pis all that bullshit. Mais ça n’empêche pas que j’fais plus de bruit quand j’m’assois, que j’met de plus en plus de linge mou et que mes doux soyeux cheveux brun n’ont plus de traces de blond mais de GRIS ciboire! Ahhhh! Néanmoins, jusqu’à il n’y pas si longtemps, j’me réconfortais qu’au moins, j’étais encore à la page, j’étais encore in. Que j’savais encore qu’est-ce qui était à la mode et qu’est-ce qui ne l’était pas. Que j’étais encore pas mal hot en ce qui attrait le monde de la culture populaire. J’me disais que j’étais encore dans le coup avec mes connaissances approfondies sur Stranger Things, pis que j’savais c’était qui Calvin Harris, pis dans quel film joue Brie Larson. Que j’étais encore trendy et up to date avec mes chansons de Lana Del Rey, le fait que j’sais c’est quoi Uber, pis que j’suis encore capable d’aller danser follement, même si j’suis un banlieusard dans la trentaine avec un jeune enfant. Les jeunes de l’école me parlaient de One Direction, de Justin Bieber, de iCarly ou de l’émission Le Studio et j’savais de quoi ils parlaient la plupart du temps. Puis dernièrement, tout a changé.

Ça d’abord commencé par Instragram. Cet été. J’me suis dit que vu que j’étais maintenant un bloggeur cool et funky, je me devais également de prendre des photos avec filtres doudounes pour poser mes gerbes de fleurs, mes chapeaux de paille, les napperons savamment barbouillé de mon bambin ou des vues panoramiques de l’océan. J’me suis mis à suivre des célébrités, parce que why not, c’est toujours le fun de savoir que Hugh Jackman est en vacances à Ibiza ou ben que Isabelle Racicot fait un shooting photos cocasses avec ses meilleurs amis. Pis un jour, j’suis tombé sur cette photo de Selena Gomez.

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Comme beaucoup de vieux de plus de trente ans, j’avais une vague connaissance de c’est qui Selena Gomez. J’savais qu’elle étaitpopulaire, parce qu’elle est un genre d’amalgame de Disney Channel, chanteuse, actrice, amitié avec Taylor Swift et bécoteuse de Justin Bieber. Mais je ne savais pas à quel point elle était populaire. Quelques jours plus tard, vl’à ti-pas que j’apprends que cette photo, cette photo ci-haut d’une jeune poupounette qui boit son coke comme je suppose elle le fait tous les matins après avoir mangé ses Pop-Tarts, cette belle et léchée photo a brisé l’Internet. Elle a eu le record de vue le plus élevé de toute la vie avec cette photo qui a été liked plus de 5 millions de fois. C’est là que j’me suis dit…ben voyons esti. Qu’est-ce que je comprend pas moi-là la-dedans? Comment ça qu’elle pogne de même? Pourquoi qu’elle est donc aimé de même? Pourquoi j’ai pas 45 millions de dollar comme elle? Vraiment j’me suis demandé la question. J’aime pas ses chansons, me semble que le monde entier devrait pas l’aimer, non? Pourquoi le monde aime pas les trucs que moi j’aime?

C’est là que j’ai compris. Mon dieu, j’suis devenu vieux. Ça m’a frappé. J’suis d’un autre âge. Je ne comprends plus les modes qui passent. Les chansons de mon temps sont des classiques. Les films de mon temps ressortent sous forme de remake. On parle des années 90 comme « le bon vieux temps ». Coup de Foudre revient à V cet automne!

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Fac le monde (ma mère) avait raison. Un jour j’comprendrais. Un jour j’verrais ben. Un jour ça serait mon tour. Fac oui, j’suis devenu vieux. Astheure, j’suis outré de voir des émissions de télévision comme Beachclub ou ben Célibataires et Nus. Astheure ça m’énarve quand la p’tite caissière du Jean Coutu me tutoie gros comme le bras pis pitonne avec ses grands ongles roses sur sa p’tite caisse. Ça m’énarve quand les jeunes envahissent mon terrain pour chasser des Pokémons. Ça m’énarve quand mon voisin écoute la télévision trop fort. J’ai frette pis j’aime ça me mettre une p’tite laine. J’ai des bonbons dans mes poches. J’aime ça aller prendre mes marches pis r’garder le bord de l’eau. J’aime ça nourrir les oiseaux pis m’exciter quand j’vois des espèces différentes. J’aime ça manger une p’tite soupe, c’est ben en masse, pour le dîner. J’aime ça faire l’amour le samedi soir dans le noir complet, dans le grand silence.

So yes, demain j’vais vieillir. J’suis devenu un « vieux ». Pis c’est correct finalement. J’suis un père, pis j’m’approche du 40 ans, pis c’est le cycle des choses. Quand tu te met à y penser, c’est l’fun être vieux quand même. C’est l’fun pouvoir chialer et dire son opinion haut et fort pis dire fuck that shit avec confiance. C’est l’fun de s’en foutre un peu de l’opinion des autres (mais pas trop, j’reste névrosé et paranoïaque tout de même, seulement pour votre plaisir). C’est l’fun de se sentir mieux avec son soi-même, pis de pas se gêner pour dire ce qui nous déplaît. C’est l’fun faire ce qui nous tente pis pas être obligé de se taper des activités comme du Ultimate Frisbee ou ben du parasiling sensuel juste pour plaire à la masse de gens populaires de ton entourage. C’est l’fun d’être un peu plus moi, le vrai de vrai moi, à chaque jour qui passe.

Dada Blaise

 

 

Pouliche Masculine

En 1985, un jour pas particulièrement spécial, ma mère avait décidé d’aller magasiner au Westcliff avec son p’tit gars de 3 ans. Pour les non-initiés, le Westcliff c’était le gros centre d’achat de ma ville. À cette époque folle de vestons à épaulettes et de cigarette fumé dans le char, il était possible de dumper son enfant à la garderie du centre d’achat, ainsi libérant la femme active des années 80 du fardeau de sa progéniture et lui laissant champ libre pour aller sû Sears essayer des parfums floraux. Moi j’étais un p’tit gars à sa maman, toujours dans ses jupes, fac tu comprends que j’voulais vraiment pas rester dans la garderie décoré avec un gros simili Mickey Mouse dans la mer d’enfants criards au gilet Vuarnet turquoise. Ma mère m’avait promis qu’elle m’achèterait un beau jouet quand elle reviendrait me chercher, parce qu’elle avait comprit la game parental tsé. Et comme promis, ma mère était bel et bien revenu avec un jouet pour moi, le p’tit gars qui braillait en mâchonnant son chandail dans le coin. Le jouet? Une pouliche.

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La coupable.

Et quand je l’ai pris dans mes mains, BAM, c’est là que j’suis devenu gay. That’s it. Pas besoin de plus d’explications que ça. C’est ben clair que ce jouet aux couleurs chatoyantes m’a INSTANTANÉMENT fait r’viré aux hommes. J’me suis mis à aimer dire fabulous et honey, chanter des chansons de comédies musicales et me mettre du linge troués. J’exagère à peine…

Ma relation avec les jouets à toujours été tumultueuse. J’étais un p’tit gars qui jouait beaucoup avec ses jouets. Avec toutes sortes de jouets. Mais j’aimais surtout les jouets « pour filles ». Les belles pouliches pis les Précieux Décors, pis les oiseaux à longues queues pis les princesses de Disney. J’aimais ça dessiner des sirènes avec des grosses boules couvert de coquillages. J’aimais prendre le personnage de la princesse de Super Mario Bros 2. J’aimais faire de la gymnastique pis faire la roue pis toute. J’aimais ça « les affaires de filles ». J’ai par contre rapidement compris sur la cours d’école que les gars jouaient pas avec ça. Les gars ça jouaient au hockey, au LEGOS, aux Tortues Ninja, à He-Man ou à se tapocher. Les filles avaient le droit de jouer avec les jouets de gars, mais pas l’inverse. Une fille qui jouait aux Tortues Ninja, c’était un peu bizarre, mais correct. Un gars qui jouait avec une poupée Bout’chou, c’était interdit, c’était « fif ». J’avais pourtant tous ces autres jouets-là moi avec. Comme tout bon p’tit gars des années 80, j’avais ma part de LEGOS, de Tortues Ninjas pis de He-Man, Masters of the Universe. Mais j’avais surtout pas le droit de dire que j’avais la Barbie de Ariel, ni la maison rose des pouliches, ni une poupée Bout’chou qui s’appelait Geneviève.

La grande question est celle-ci: est-ce que ces jouets m’ont rendus homosexuel? Est-ce que le fait que je jouais avec des princesses pis des p’tits rubans pis des p’tits froufous m’ont tellement féminisé que je suis devenu un homme qui aime les hommes? Si vous voulez mon avis, j’ai eu plus de risque d’être gay à force de jouer avec ceci:

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Oh yeah, juste les vraies gars virils jouent avec des hommes musclés en p’tites culottes fait de fourrure.

Fastfoward trente-ans plus tard. Le P’tit m’achale pour avoir des jouets, pis moi j’ai ben ben envie de lui en donner, parce que j’trippe autant que lui sur les bébèlles pour enfant. J’avais ben hâte que mon p’tit soit assez grand pour qu’il passe aux vraies jouets, aux figurines, pis aux LEGOS pis aux grosses affaires cool. J’voulais qu’il me demande des p’tites autos pis des pistes de courses, un filet de hockey ou ben une épée stiromousse. J’avais cet image du p’tit gars que j’avais pas été, le modèle boys will be boys, avec sa p’tite dent fendu, sa tache de bouette pis son pantalon troué. Mon gars serait un vrai gars bonyeu. J’me suis ainsi rendu au Toys’R’Us.

J’étais ben prêt. « Tiens ti-gars, on va aller t’acheter des nouveaux jouets. » Le p’tit est excité et me montre des balles. Non, pas ça, t’en as cinquante milles. On va t’acheter des vraies jouets, un gros là, un le fun. On se promène et il n’y a pas grand chose qui l’intéresse. Les jouets de PatPatrouille? Bof. Les dinosaures là? Pffff. Le gros bidule à cent mille piasse? Whatever. Tout d’un coup, le p’tit entre dans la rangée des « filles ». Vous savez de quelle rangée je parle, c’est celle avec un gros vagin au-dessus. Non? Vous avez pas vu ça comme ça? Ah non c’est vrai. La rangée de jouets pour filles est ROSE. Parce que la Nature (et les stylos Bic) ont décidé que toutes les choses féminines serait roses. Bref, Petit Pou se promène et spot une pouliche. Il l’a veut. Moi, étant évolué, j’me dis immédiatement: « Bon, kess que le monde va penser!? Un p’tit gars avec 2 pères qui veut jouer aux pouliches! Malédiction! »

Oui, comme le reste de la population, j’ai succombé à mon jugement intérieur, à matante Culpabilité. J’me suis dit que c’était un jouet de « filles ». J’ai même insisté comme un épais qu’on aille voir dans l’autre rangée, voir s’il voulait un camion ou ben un dinosaure ou ben quelque chose avec des muscles pis du poils. J’insistais. J’écoutais pas. J’me disais que je faisais ça pour le protéger, parce que je savais c’était quoi d’être le p’tit différent, celui qui joue pas exactement comme les autres. Je ne voulais pas qu’il subisse les jugements du monde entier, parce que le monde a pas évolué. C’est déjà ben assez difficile quand un enfant « fit » pas dans le cadre pré-établi, ça l’est doublement pour un p’tit gars qui embrasse sa féminité. De nos jours, on prône la joie de la différence, l’égalité, la force de caractère, l’intelligence, mais si un p’tit gars veut jouer à la coiffeuse ou à la Barbie, yark caca. GAY! Une p’tite fille peut aimer Star Wars et jouer avec sa figurine de Han Solo, mais qu’un p’tit gars joue avec Rey, mmm, trouble en vue! Les campagnes publicitaires prônent le hourrah les filles peuvent faire ce qu’elles veulent, mécanicienne, astronaute, chauffeuse de motocross, mais un p’tit gars veut être coiffeur ou danseur de ballet jazz, DANGER!

J’me suis dit que le monde, en trente ans, avait pas changé tant que ça finalement. La conception des jouets est encore la même qu’avant, sinon pire. Tu as les jouets pour gars, pis les jouets pour filles. Tu as des figurines d’action pour gars, pis des belles affaires coquettes pour les filles. Il y a bel et bien quelques jouets neutres, mais plus l’enfant grandit, plus il doit choisir son camp. Rose ou bleu. Vagin ou pénis. Viril ou Coquette. C’est alors que mon attitude parentale « fuck that shit » est resurgit, cette belle et béatifique attitude qui me fait dire que c’est correct de crier parfois ou ben de laisser le p’tit jouer pendant que je gosse sur mon téléphone. Fuck that shit que j’me dis. Tiens, j’t’en achète 2 pouliches. La jaune pis la bleu, les deux que tu voulais. Pis à la maison, on va écouter l’émission des pouliches. On est reparti, pis il était content. Il a voulu déballer ces pouliches drette-là pis il a joué avec dans le char. À la maison, il a joué avec les pouliches pis ses dinosaures, avec Joie de Inside Out pis avec Ruben de PatPatrouille. Il y avait pas de distinction pour lui. C’était juste des jouets. J’étais ben humble devant lui. Il avait son gros fun noir, pis j’avais failli lui enlever ça. J’avais honte de mon moi-même. D’avoir tenté de forcer la « normalité » sur mon enfant. J’me suis rappelé cette photo vu sur le Net.

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Faque on a été chez ma mère pis on fouillé dans le vieux coffre à jouet pis j’ai ressortit les vieilles pouliches qui avaient survécus. MES pouliches. Kin mon ti-gars. Joue. Il a joué, il a trippé, pis comme tout enfant de 3 ans, il s’est tanné au bout de 2 jours pis a recommencé à m’achaler pour avoir de nouveaux jouets. There you have it. Une leçon de plus pour Dada. Qu’il joue donc avec ce qu’il veut, tant que ça l’occupe pendant un p’tit bout pis que je sois pas obligé de l’amuser incessamment. #minimumparenting #jouedoncaveccequetuveux

Dada Blaise

 

Magasiner en Panic Mode

Vous rappelez vous d’autrefois, le temps « avant » les enfants? Moi oui. J’m’en rappelle, hé que j’m’en rappelle donc, j’m’en rappelle constamment, j’m’en rappelle quand j’suis seul dans la salle de bain en braillant, la face pleine de mascara en chantant « All By Myself », mais ça c’est moi. Le bon vieux temps semble si loin parfois. Le temps des matins en p’tites culottes à jouer au Playstation, les matinées à préparer des œufs bénédictines portobello/brie, les soirées entre copines à boire des Cosmopolitan et parler de Big et surtout, SURTOUT, ces longs après-midis à faire des courses dans les rues branchées de la métropole (ou Brossard, c’est selon). Oui, magasiner. Voilà ce qui me manque le plus. « Ben là Dadadelidoudou, tu peux encore magasiner avec ton p’tit! » Ouain mais moi je parle du VRAI magasinage. Marcher calmement dans les allées, déambulant nonchalamment entre les diverses boutiques, attrapant ici un livre pour en lire quelques pages, là une bouteille de parfum pour en sentir les effluves, essayer cette chemise beaucoup trop cher, juste pour le fun, manger un yogourt glacé aux abricots en regardant les literies blanches immaculés, s’arrêter pour sentir des chandelles, juste parce que, tsé. Faire du browsing. Magasiner paresseusement.

L’habileté de magasiner paresseusement meurt violemment dans les cris assourdissants une fois qu’arrive les enfants et est remplacé par magasiner en Panic Mode. Le Panic Mode est le seul mode de magasinage disponible d’ailleurs à présent que j’ai un enfant. Si, par une chance inestimable je me retrouve seul à St-Bruno pour un avant-midi d’emplettes plaisantes, je suis tellement stressé de prendre mon temps et de profiter du moment que j’me mets à paniquer que j’en profite pas assez pis j’tombe en Panic Mode anyway.

Le Panic Mode, vous savez c’est quoi, non?

  • C’est de prendre un vêtement dans ses mains pour examiner le motif pis se retourner pour voir ton p’tit entrain de lever la jupe du mannequin ou de lui faire des attouchements pervers sous les yeux outrés d’une septuagénaire terrifiée.
  • C’est de passer ton temps à asseoir et sortir ton p’tit de la poussette, selon son bon vouloir et ses demandes incessantes.
  • C’est de vieillir de 10 ans de plus en voyant ton p’tit empoigner des coupes de cristal avec ses p’tites mains poisseuses pis de courir autour des cygnes Swarovski.
  • C’est d’éviter l’allée jouets puis arriver à la caisse pour apercevoir que ton p’tit a malgré tout réussi à prendre le toutou de PatPatrouille et le mettre dans la poussette. C’est également endurer la crise interminable parce que non, tu l’achèteras pas le fucking toutou, correct là?
  • C’est de perdre une demi-heure dans les escaliers roulants, parce que c’est le meilleur manège sur la Terre.
  • C’est de se faire dire « ENVIE CACA! » pendant que tu es dans la cabine d’essayage avec l’enfant, les jeans à terre et le t-shirt à 80$ que tu achèteras même pas finalement sur la tête.
  • C’est essayer de te faire à croire que tu es capable de rentrer dans ses jeans-là finalement pis d’entendre le rire moqueur de ton p’tit derrière toi qui te pointe tes grosses fesses.
  • C’est d’acheter à peu près n’importe quel morceau de linge finalement, juste pour décalisser au plus sacrant pis dire qu’au moins t’as un nouveau morceau de linge pour la job.
  • C’est courir frénétiquement dans des allées serrés avec une poussette qui contient un simili carcajou enragé qui bave et crache de colère parce qu’il faut absolument trouver un cadeau pour la responsable du service de garde.
  • C’est de trouver une place dans le coin restaurants et disant « scusez, scusez » à répétitions pendant que le p’tit boude parce que peu importe.
  • C’est de passer devant Toys’R’Us et assurer que non, on ira pas dans le magasin, se retrouver dans le magasin de toute façon et voir ton p’tit tendre fièrement la grosse base gigantesque de LEGO à 45 000$.
  • C’est de promettre d’aller dans un autre magasin et que là, tu pourras acheter TOUT ce que tu veux.
  • C’est de finir ton magasinage au Dollarama, te félicitant d’être un parent aussi sharp et allumé.
  • C’est de te taper une autre crise parce qu’il faut partir du magasin pis tu ne veux pas lui acheter le vieux bibelot laid du Dollarama et la chandelle parfumé Chocolate Love.
  • C’est se promettre que la prochaine fois, tu commanderas sur Amazon ou ailleurs pendant que ton p’tit fait des pirouettes tout nu sur le divan.

Ahhh…c’est l’fun être parent! Pis n’oubliez pas, Noël arrive dans 4 mois à peine! Hourrah!

Dada Blaise

Comme le ferait la une jeune lycéenne amoureuse, partager cet article avec votre meilleure copine en vous excitant comme une puce tout en mâchonnant un chewing-gum rose.

 

Une Journée au Zoo avec le P’tit

L’été achève! Et comme il est fait toujours aussi beau et étant des parents consciencieux qui veulent maximiser la passe qu’ils ont payés en début de saison, Papa pis Dada ont traîné leur p’tit vers l’ultime destination de villégiature pour les enfants, le Zoo. Ça ressemble à quoi une journée au Zoo en notre compagnie vous vous demandez en vous pinçant les mamelons? Calmez-vous, m’a vous raconter ça:

9h44.         Papa pis Dada pis le p’tit sont pognés dans l’immense ligne de traffic de chars qui veulent tous aller au Zoo. Les voitures entrent au compte-goutte dans le stationnement, dirigés par l’adolescent désabusé de la vie qui fait de grands signes de main peu jovial. Un monsieur et sa poussette ont alors la bonne idée de traverser le stationnement à pied, bloquant ainsi l’accès à tout le monde. Les coups de klaxons et les « chriss de con » des autres voitures ne semblent aucunement le déranger et il ralenti la cadence. La journée s’annonce agréable!

9h50.         La voiture est enfin stationné! Vite, il faut rapidement tout sortir! La glacière, le sac de plage, les serviettes, la poussette, la balayeuse, le sac de couchage, le BBQ portable, les condoms, les pouliches, les p’tites chaises pliantes et le sac à dos. Papa aime être prêt à TOUTES éventualités.

9h52.        Tout le monde se rend vers l’entrée du Zoo. Le p’tit se plaint déjà qu’il a chaud/faim/c’est long. Papa va chercher les passes/bracelets. Dada dit au p’tit de s’asseoir dans la poussette et d’attendre là, que les portes ouvriront à 10h00, promis.

10h00.     Papa pis Dada s’avancent dans la mer de monde. Au loin, les portes sont toujours fermés. Le p’tit se tourne vers Dada, la trahison évidente dans le regard.

10h02.      Le p’tit a faim. Il réclame une collation. Dada farfouille avec difficulté dans la glacière accroché à la poussette. Il pogne la première sur le dessus.

10h03.       Évidemment, ce n’était pas la collation souhaité. Dada recommence.

10h06.      Après quelques essais/erreurs, Dada a trouvé la bonne collation, une pomme. Le p’tit prend allègrement une bouchée puis dit qu’il n’a plus faim. Papa s’offre pour terminer de manger la pomme. Le p’tit refuse que personne d’autre ne mange la pomme. Dada jette la pomme à peine entamer dans la poubelle.

10h10.       Il y a du mouvement à l’avant. La masse de gens se pressent tout autour de Papa pis Dada et le p’tit. Papa empoigne la poussette. On sent la nervosité et l’agressivité montante des parents déjà exaspérés. Vive les activités familiales!

10h12.       Les portes ouvrent! Hurlement de victoire et applaudissements!

10h13.        Et c’est parti! Les gens s’engouffrent par les portes ouvertes. À l’assaut! On se rue avec force, poussettes et glacières roulantes s’entrechoquant violemment et pas de quartier pour les gougounes! C’est l’Apocalypse du plaisir! Tout le monde veut aller s’amuser au plus chriss! Le monde se rue tous vers la même destination: les tables à pique-nique ou les chaises longues. Le p’tit s’accroche à ses Goldfish alors que Papa marche d’un pas rapide vers les tables à pique-nique. Dada suit derrière en traînant les quarante-cinq milles sacs.

10h14.      Marche rapide? Nope, il faut courir finalement. As-tu déjà vu courir une vieille p’tite madame avec l’énergie du désespoir vers des chaises longues? Ça court vite!

10h15.       C’est les Hunger Games! C’est chacun pour soi! Tous sur les tables à pique-nique et les coins d’ombre! Dada hurle de l’abandonner derrière, il se sacrifie pour bloquer le plus de gens possible. Son enfant aura droit à sa table de pique-nique!

10h16.       Papa se faufile entre les familles et contourne les divers obstacles. Il arrive à une table à pique-nique en poussant un cri tribal, grognant et montrant les dents aux autres qui s’approchent trop près. Rapidement, Papa urine tout autour pour marquer son territoire. Il jette ensuite des roches aux passants. Il faut savoir imposer l’autorité.

10h18.       Dada arrive et câlisse tous les sac par terre place les serviettes, sort la glacière et le sac de plage. Il sort également la crème solaire. Le p’tit passe en mode convulsion. Qu’il est agréable de crémer un enfant mou comme une guenille!

10h22.      Après plusieurs essais, Dada abandonne et asperge le p’tit de crème comme s’il arrosait un hot-dog de ketchup, espérant ainsi le couvrir du mieux qu’il peut. La nature se chargera du reste.

10h23.       Papa pis Dada enlèvent leur chandails. Pas de commentaires.

10h24.       Le p’tit est dooooooonc prêt pour aller s’amuser, fait quarante fois qu’il l’exprime avec une voix agréable. Let’s go, on y va!

10h25 à 11h45.        C’est la joie pure et dure! Pour le vrai! Aweille dans l’eau frette et les vieux résidus de peau des autres vacanciers! Glissades! Rigolades! Tête dans l’eau! Mamelons durcis par le vent et la bruine! Sol brûlant! Soleil tapant! Gros monsieur plein de poil dans l’dos! Bain de mousse géant qui titille la craque des fesses et picote les yeux! R’tourne dans l’eau! Grosse statue qui crache de l’eau avec des yeux rouges terrifiants qui vont donner des cauchemars aux enfants! Vieux band-aid qui flotte dans l’eau! P’tit qui plonge dans l’eau, bouche ouverte! BOIS PAS L’EAU YARK!

11h50.        Le p’tit est affamé. Vite, de retour à la table de pique-nique! Évidemment, la plus grande famille du monde, avec oncles, tantes, cousins, grand-parents aux bas qui plissent dans les sandales et bambins criards se sont installés à quelques centimètres de la table. Ils sacrent, éclatent de rire, pètent, crient après leurs enfants et mangent des sandwichs aux œufs odorantes. Joie!

11h52.       Le p’tit mange sa p’tite sandwich jambon uniquement, don’t you dare put mayo or mustard in that shit goddamnit!, content d’être heureux. Papa pis Dada se bourrent la face également. Les chips sont permises en sortie familiale, hourrah!

12h00.       La gang de Guidos/Guidettes, directement de Laval, bronzés pis rutilant de muscles et de boules dur comme le roc, s’installent derrière Papa pis Dada. Ils se sont payés le cabana privé et c’est le PARTY au Zoo pour eux! On se croirait dans une annonce de Budweiser. Papa pis Dada rangent leur chips et rentrent leur ventre flasque.

12h30.        Le p’tit veut encore aller dans l’eau mais sa voix sonne comme le désespoir et la surstimulation abondante d’un enfant sur le bord d’une sieste. Papa pis Dada proposent qu’ils aillent voir les animaux à la place.

12h31.           Le p’tit ne veut pas voir les animaux et le fait savoir en s’écrasant sur le sol et en lançant son flotteur à l’effigie d’hippocampe mauve en spécial chez Costco le plus loin possible.

12h32           Papa pis Dada se tapent l’agréable moment spécial qui uni les parents, c’est à dire gérer une crise, forcer un enfant hors de son maillot mouillé et l’habiller tant bien que mal sans que personne ne se blesse.

12h34.        « Est-ce qu’on peut prendre votre table? » « FUCK OFF! »

12h37.       Quoi de mieux que de marcher dans la chaleur en se cognant inévitablement contre la foule de monde avec un enfant qui braille dans sa poussette? Nothing I tell you! C’est le moment idéal pour se chicaner en couple sur une idiotie, ce que Papa pis Dada s’empressent de faire!

12h41.       Le p’tit se calme à l’aide de l’arme secrète de Dada, une autre collation!

13h.            Papa pis Dada marchent en direction des animaux de l’Afrique. Le p’tit regarde avec vif intérêt les éléphants pendant 4 secondes de pur extase. Le p’tit veut les toucher, évidemment. « Tu peux pas mon chéri. » On passe en mode dramatique.

13h12.         L’enclos des lions! Un homme étrange vêtu d’une chemise démodé décoré de grosses flammes orange se presse contre la clôture et fait des bruits de bouche orgasmiques qui sonnent comme le rugissement d’un lion, apparemment. Papa pis Dada sacrent leur camp de là quand le p’tit demande qu’est-ce qu’il a le monsieur.

13h20.       Alléluia! Alors que la famille traverse le coin des gorilles, le p’tit tombe profondément endormi. #pasdejokesurharambe

13h30.      Papa pis Dada vont dans les toilettes pour faire l’amour sauvagement s’asseoir et se cherchent un coin d’ombre vu que le p’tit dort. Et une place qui vent de l’alcool.

15h.          Le p’tit se réveille frais comme une rose, reposé, revigoré et avec une faim énorme. Vite, une autre collation! Papa pis Dada ont passé le stade de prétendre qu’ils sont de bons parents et vont manger une crème glacée.

15h08.     Le p’tit veut absolument aller dans les manèges. What could go wrong?

15h11.       Le p’tit pis Dada attendent en ligne pour faire les p’tites motos qui tournent en rond.

15h13.       Le p’tit embarque tant bien que mal sur sa p’tite moto. Dada va de l’autre bord. Papa fait comme les autres papas du coin et attend avec la poussette tout en regardant son téléphone.

15h14.       Le manège part à grands coups de Beat It de Michael Jackson!  Le p’tit s’accroche aux poignées comme on s’accroche à la vie. Il vacille entre sourire extatique et terreur extrême. Dada prend des photos.

15h15.      Le p’tit pogne confiance et fait des : »R’garde moi Dada! » à tout bout de champ. Dada prend des photos.

15h50.     Après avoir fait les p’tites hélicoptères, le p’tit train, les p’tites autos pis la p’tite roue qui tourne ben trop vite, Papa suggère que tout le monde sacre son camp. Le p’tit refuse la proposition poliment en hurlant.

15h51.    Un enfant tout près vomi brusquement sa barbe à papa sur les pieds de Papa. Pas de discussion, on câlice notre camp right now ordonne Papa.

16h15.    Retourner à la voiture n’est pas chose simple! Papa pis Dada évitent intelligemment les kiosques à crème glacée, bonbons, boutiques souvenirs et Isabelle Maréchal qui demande aux gens à quel âge il faudrait demander aux femmes d’arrêter le bikini. Ouf!

16h30.    Le char est bien rempli, la bouteille d’eau à fendu dans la glacière et a coulé partout, le p’tit a échappé son restant de Goldfish par terre pis il braille de fatigue accumulé. Somme toute, une journée réussie!

Dada Blaise

Partagez cet article comme la vieille dame qui pousse pour pogner une chaise longue: avec condescendance et force surprenante. 

Papa pis Dada se détendent

L’autre jour, comme les parents ingrats et sans-cœur qu’ils sont, Papa pis Dada ont fait GARDER LEUR P’TIT et ont passé la journée ENSEMBLES SANS LUI!!

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Je sais, je sais. Pour kessé faire qu’on a eu un enfant si c’est pour le faire garder par une belle journée de soleil chez la première venue (sa grand-mère) alors qu’on se vautrait dans l’aisance et le plaisir débridé de la relaxation bon marché? Oui, vous l’aurez deviné, Papa pis Dada avaient besoin d’un break et ont filé poussière au vent vers le lieu de détente par excellence pour les couples yuppies de la banlieue, le Spa Détente.

Voici un résumé de notre fabulous journée, sans le p’tit:

Après avoir droppé le cher enfant chez la mamie qui attendait ivre de joie la face effouarée dans la porte-patio, le congélateur ben rempli de sandwichs à crème à glace et de popsicles, Papa pis Dada sont repartis aussi vite qu’ils le pouvaient, riant aux éclats, doigts entrelacés, enivrés de liberté et d’aventures. Vite, au Spa Détente Balnea! Papa pis Dada arrivent et stationnent leur voiture parmi le lot de Jaguar, BMW et Porche présentes qui brillent sous le soleil de la richesse. Gulp! Les deux se grouillent de sortir de leur auto médiocre et ajuste leur polo et chemise, question d’avoir l’air plus riche qu’ils ne le sont. Ils passent à la réception, jasent avec la p’tite jeunesse au tailleur noir serré et aux mini-shorts inutilement sexy, puis se rendent dans les vestiaires. Maillot de bain blanc immaculé? check. Grosse bedaine molle qui dépasse du maillot? check. Peignoir ouvert juste un peu pour laisser voir le p’tit poil sexy? check. Papa pis Dada sortent des vestiaires prêt comme jamais à être détendus et recentrés sur eux-mêmes.

Première étape, le massage. Ils se rendent dans le Lounge, une grande pièce lumineuse surplombant le lac et la forêt belle à faire brailler. Après avoir dégusté une boisson fraîche fait à partir d’extrait d’eucalyptus et d’eau minérale, qui au dire de la madame est comme boire les larmes de Jésus lui-même tellement c’est bon pour la santé, on leur demande de remplir le petit questionnaire pré-massage puis d’attendre leur massothérapeute. Un demi-dieu bronzé aux bras d’acier et aux rutilants pectoraux à peine retenu par son uniforme noir fait son entrée, le sourire Crest et le pantalon plein. Joie! Malheureusement, il appelle une dame plus loin qui regarde autour d’elle éberluée, cherchant à comprendre ce qu’elle a fait pour mériter un tel bonheur dans la vie. Elle marche les jambes tremblotante derrière lui. On peut parier qu’elle enlèvera tous ses vêtements sous la couverture. Papa se fait appeler par une bonne femme joviale et frisé à mille lieux d’un demi-dieu. Jackpot. Dada se fait appeler par une dame âgée et frêle qui semble sur le point de mourir.  Hourrah! Massage s’en suit. C’est avec humilité que Dada ravale ses impressions, parce que la p’tite madame, à masse comme pas une. Dada aime se faire jouer dans la face et les cheveux et la p’tite madame oblige, doigts pesants et pressions parfaites. Dada sort de sa session étourdi de détente et c’est avec avidité qu’il boit son p’tit jus vert aux plantes bienveillantes tout en regardant le paysage, un p’tit coulis de bave au menton. Papa sort à son tour, l’air songeur et quelque peu troublé.

« La p’tite madame, quand elle t’a dit de te tourner sur le ventre, elle as-tu levé la couverte? » demande-t-il.

« Non. Ben, un peu, pour que je puisse bouger. »

« O.k. Moi elle a carrément levé la couverte au complet. »

« Genre, la graine à l’air pis toute? »

« Pis toute. J’suis comme resté surpris. »

« Elle s’est gâtée la cochonne! »

Après avoir rigolé comme des écolières, Papa pis Dada prennent le chemin vers l’autre étape de la détente, les bains. Il fait quarante six mille degré à l’extérieur et le soleil est rond comme un ballon, mais c’pas grave! On va se détendre coûte que coûte. Aweille dans l’eau chaude et les bulles. Papa est rouge comme un homard et son costume de bain fait des grosses ballounes, donc il fait signe à Dada qu’il en a marre. De son bord, Dada est ben excité. Il se sent comme dans un parc d’attractions, il ne tient pas en place et veut essayer toutes les affaires. Après avoir traîné son chum dans les bains chauds, frettes, steam room, salon Marocain et chambre à gaz, Dada est prêt à aller s’étendre un peu. Papa s’effouare et ferme les yeux. Fidèle à lui-même, il s’endort au bout de quelques microsecondes. Dada apprécie la vie et la nature…et se demande combien de temps de détente avant qu’il puisse aller chercher son téléphone pour jouer à Snakebird. Pourtant, le bruit de l’eau qui coule et le doux murmure du vent font leur job et Dada commence à relaxer, pour le vrai. Just kidding! Alors qu’on intime les gens à être silencieux, deux dames assises plus loin ont décidés qu’elles avaient le goût de jaser eux-autres là. Deux p’tites médames, maillot de bain fleuries et coiffures fraîchement spraynetté. Elles tentent de respecter la consigne du silence en « chuchotant », c’est-à-dire qu’elles crachent leur mot avec intensité sous le couvert des murmures.

« Pis qu’est-ce tu vas faire pour souper? »

« Ben j’ai dégelé du p’tit poulet dans la noix de coco, avec des bons piments rouges. »

« Tu vas-tu faire du riz aussi ou juste ça? »

« Ah j’sais pas. C’est lourd un peu le riz, pis il faut chaud sans bon sens. »

And so on and so forth. Entendre jaser popotte dans un Spa Détente était pas mal number one dans ma bucket list, fac j’étais content tu comprends. Dada gosse et se tourne les pouces lorsque tout à coup, STARSTRUCK! Une célébrité est au spa, dans son peignoir blanc pis toute. Julie Le Breton toi chose.

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Dada capote, parce qu’il est juvénile et aime ça voir du monde connu, même s’il oserait jamais aller lui parler, de peur d’y scrapper sa détente. Arrive 11:00 et un petit employé sort dehors pour enlever la petite chaîne qui bloquait l’accès au lac. Vite, fuck la détente, tout le monde se rue vers le lac et les autres bains placés plus bas, car tout le monde sait que ces bains là détendent beaucoup mieux que ceux d’en haut. Dada réveille Papa pis ils partent, descendant l’abrupte sentir de p’tites roches blanches qui glissent et roulent parfaitement sous les gougounes mouillés du spa, l’occasion idéale pour sacré le camp tête première. La berge du lac est composé de grands espaces détentes, de lits doubles, de coussins Fatboy et de planchers de bois qui craquent. Tout le monde s’en sacre, on veut aller sur le quai! Ici on a disposé des chaises longues inconfortables et des matelas gonflables pour se détendre sur l’eau. Dada pousse une vieille dame et attrape le dernier matelas disponible. Julie le Breton est déjà partie avec son viril conjoint. Dada s’est toujours demandé quelle couleur de maillot de bain elle portait. Il a sa réponse. Turquoise. Papa pis Dada flottent aisément sur l’eau placide, baigné de lumière et de verdure. C’est bucolique. Dada se pitch à l’eau parce que il a chaud. Il nage et tournoi dans l’eau étonnamment chaude puis est finalement prêt à remonter sur le matelas. C’est avec grâce et élégance qu’il tente de remonter sur la surface humide alors que son maillot de bain s’acharne à rester dans l’eau. Papa ne fait pas grand chose pour aider, évidemment. Dada se tourne alors et aperçoit la splendide Julie le Breton qui est dans la même situation. Pour vous dire que peu importe notre statut social, il est difficile d’avoir l’air cool en s’extirpant sur un matelas au beau milieu d’un lac.

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Après tous ces nombreux exercices, Papa et Dada se sont rendus au petit restaurant chic pour déguster quelques figues, dattes et noix croquantes savamment placées sur un gros billot de bois laqué. Ils sont ensuite retournés dans les verts plaisirs qu’offraient la journée, marchant bras dessus, bras dessous, les peignoirs flottants allègrement, la détente bien enclenchée. Pis OUI, ça a fait du bien de ne pas avoir le p’tit dans les jambes une journée! Pis OUI, tout le monde mérite une pause. Pis OUI, on a mangé une crème glacée parce que les p’tites noix nous avaient pas rassasiés!

Ce sera tout,

Dada Blaise

Vous savez, certains blogues se voient parfois offrir la chance inestimable de se faire payer une journée comme ceci en échange d’un article. Ben c’était pas le cas pour cet article. Mais n’empêche que j’ai trippé sur l’endroit et que je veux y retourner tous les jours de ma vie. Surtout si Julie le Breton est là. #stalker

Une matinée avec le p’tit

 

Beaucoup a été dit sur les bienfaits d’être un lève-tôt. Fouillez su’l Net et vous trouverez 56 017 articles qui expliquent en long et en large comment les personnes qui se lèvent en même temps que le soleil sont plus proactif, ont de meilleurs résultats à l’école, sont plus heureux, peuvent transformer l’eau en vin et ont plus de chance de devenir PDG d’une grosse entreprise. Autrefois, j’étais une de ces personnes. J’aimais me lever tôt. Mais j’ai eu un enfant et j’ai appris qu’est-ce que c’était le sens du mot « tôt ». Et le sens du mot « têtu ». Mon p’tit adore le soleil, semble-t-il, et aime se lever en même temps que lui. Et là partez pas en peur avec vos cinquante millions de trucs pour qu’il reste couché plus longtemps. Matante Suzie me les a déjà dit, mais j’ai des principes et je ne crois pas que donner une shot de gin à mon garçon de 3 ans est tout indiqué afin qu’il dorme plus tard le matin. De toute façon, les trucs de Matante Suzie ne fonctionnent pas pour endormir notre p’tit.

Encore une fois j’ouvre grandes les portes de mon intimité et vous partage l’horaire de notre « matin ». Note: le matin débute relativement tôt chez nous.

 

1h01.       Toute la maisonnée dort à point fermé sous la lumière bleutée de la lune paisible. Subitement, le voisin de Papa pis Dada a une envie soudaine et pressante de démonter sa piscine hors terre. Vite, il sort dehors et se met à la besogne. Il utilise deux outils: une massue et la discrétion d’une jeune universitaire qui rentre chez elle saoule à 3hres du matin. Les raclements de métal et les coups tonitruants, étrangement, réveillent tout le monde dans la maison.

1h03.      Le p’tit est terrifié et Dada se lève pour aller le consoler. Les cris du p’tit doublent d’intensité lorsqu’il aperçoit que Dada n’a pas de pantalon. Dada va s’habiller et reviens, ayant ainsi traumatisé son enfant à tout jamais.

1h04.     Pendant ce temps, Papa se lève et pense à la dernière minute d’enfiler quelque chose, puis il sort sur le perron. Il salue le voisin d’un viril « heille gros épais » et lui demande gentiment d’arrêter de varger comme un malade en pleine nuit. Le voisin se confond en excuse et réalise qu’effectivement, il fait noir dehors. Il retourne à l’intérieur.

1h30.     Tout le monde se recouche et s’endort relativement vite. Sauf Dada qui gosse sur  Pinterest pour trouver une idée de bricolage qui occupe un enfant de 3 ans pendant 4 heures d’affilée.

2h00.     Dada, de fil en aiguille, est maintenant en train de lire des histoires d’horreur de gens qui affirment s’être fait enlever par des extraterrestres en pleine nuit. Bravo.

3h02.      Dada s’endort en position fœtale, terrifié et se traitant d’innocent d’avoir lu ces histoires.

3h33.       Le p’tit se réveille brusquement et fait son chemin discrètement vers la chambre de Papa pis Dada. Au lieu de hurler son habituel chant mélodieux, il utilise sa nouvelle technique préférée: « J’me plante à côté du lit et je te fixe comme un creepy little silent demon. ». Dada se réveille et passe proche d’y sacrer un coup de poing tellement il fait le saut.

3h35        Dada passe un bon 2 minutes à se demander si c’est bel et bien son enfant et non pas Mac, du film Mac et Moi, qui est venu l’attaquer.

 

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Chriss de film…R’garde moi ça?! WTF!? Pis c’était censé être un film pour enfant? Fuck you Super Écran 1988, tu as gâché mes nuits!

 

3h39.       Dada ramène le p’tit qui est plus ou moins d’accord d’aller se recoucher et le fait savoir avec de subtils commentaires comme: « pas gentil », « pas dodo », « noooooooonnnnn » et « tu vas connaître toute la puissance de ma colère » avec une voix d’outre-tombe.

3h44.       Le p’tit boude à côté de son lit, refusant catégoriquement de se recoucher. Dada s’effouare dans la chaise berçante et se berce tout seul.

3h45.       Dada passe proche de s’endormir, ce qui insulte le p’tit. Il hurle qu’il veut se coucher. Dada couche le p’tit.

3h47.       Le p’tit affirme qu’il a peur et réclame un câlin. Dada en fait un.

3h48.       Le p’tit veut un bisou. Dada en donne un.

3h49.       Le p’tit veut sa doudou. Dada lui donne.

3h50.        Non, la doudou doit aller SUR sa tête. Dada place la doudou.

3h51.         Le p’tit veut son toutou. Lequel? À Dada de savoir par le biais du langage télépathique qu’offre le p’tit.

3h52.         Dada donne le toutou lapin, ce qui n’était clairement pas le bon choix. Le lapin revole dans le couloir.

3h53.         Dada menace d’amener les toutous faire dodo avec lui ou les mettre dans les vidanges si le p’tit se décide pas. Le p’tit affirme qu’il n’a JAMAIS voulu de toutou. Dada se demande si on peut faire une crise de coeur tellement on est en esti

3h55.        Le p’tit veut une gorgée d’eau. Dada passe proche de lui lancer le verre au visage, mais il se rappelle qu’on est pas dans Les Fleurs sur la Neige, donc il donne une gorgée d’eau à son enfant.

3h56.       Le p’tit refuse de s’endormir seul. Dada, abandonnant toutes prétentions qu’il a le dessus sur la situation, s’installe à côté de son p’tit.

3h59.      Le p’tit pète sa coche violemment parce que clairement, Dada n’a pas compris le message. Il veut dormir SEUL dans son lit, mais Dada doit tout de même rester tout près.

4h.      Dada s’agenouille près du lit et dépose sa tête sur le bord en une position ultra comfortable. Il aimerait bien dormir, mais les 45 000 lumières et veilleuses qui éclairent la pièce avec une puissance équivalant d’un followspot de l’Olymia l’empêche de dormir.

4h06.      Le p’tit chante l’alphabet en chuchotant. Dada contemple l’idée d’acheter un billet pour la Floride pour une semaine, seul.

4h08.      Le p’tit s’endort subitement après le « T ». Rapidement, Dada retourne dans son lit tout en riant/pleurant.

4h09.      Papa a profité de l’absence de son conjoint pour dormir en diagonale. Comme il mesure 6’2 et est bâtit comme un bucheron, il ne reste pas grand place. Dada qui ne trouve plus aucune trace de patience en son corps, intime « gentiment » son conjoint de se tasser parce qu’il prend toute l’esti de place.

5h32.     Rise and shine motherfuckers! Les premiers rayons de soleil se pointent le bout du nez et le p’tit se réveille frais comme une rose.

5h34.      Le p’tit court vers la chambre de ses parents en hurlant « C’est le matin! ». Papa pis Dada jouent au jeu de « Qui peut faire semblant qu’il dort le plus longtemps avant que l’autre réagisse ». C’est Dada qui gagne, principalement parce qu’il a fait du théâtre au secondaire, donc il est un EXCELLENT acteur.

5h32.      Papa marmonne quelque chose et le p’tit encourage son père à parler clairement en s’approchant à deux pouces de sa face et en lui agrippant les joues.

5h37.     Papa explique que c’est encore la nuit. Le p’tit explique que non, c’est le matin, il y a le soleil dumbass. Devant une telle logique implacable, Papa ravale ses arguments et quelques gros mots et redirige subtilement son enfant vers sa chambre. Papa remarque alors par la fenêtre du salon qu’une voiture est stationnée juste devant la maison. Alors qu’il tient la main du p’tit, il scrute attentivement la voiture, parce qu’il est du genre scèneux et belette un peu sur les bords.

5h40.     Pas de doute, il y a bel et bien un couple de jeunes collégiens qui forniquent à bouche que veux-tu dans la voiture stationné devant la maison. On peut même entendre les grincements de chucks et le klaxon qui résonne lorsque la collégienne presse ses gros seins contre le volant. Oups, I’m so clumsy!

5h41.      Le p’tit demande quel était ce bruit. Papa entraîne le p’tit dans sa chambre.

5h47.     Le p’tit a « accepté » de se recoucher dans son lit, après beaucoup de persuasions. Papa s’installe dans la chaise berçante.

5h48,     Le p’tit fixe son cadran GRO-CLOCK et a décidé qu’il allait annoncer chaque changement d’heure à son père.

5h49.     « Papa! », jubile le p’tit, « 5, 4, 9! ».

5h50.     « Papa! », s’exclame le p’tit, « 5, 5, 0! »

Le p’tit répète ainsi jusqu’à plus soif.

6h03.      « Papa! », s’exulte le p’tit, « 6, 0, 3! »

6h04.       Papa a découvert qu’il était capable de dormir les yeux ouverts. Le p’tit arrête de compter et cherche un autre moyen pour énerver son père.

6h12.       Après avoir entendu son nom répété 54 fois, Papa se lève. Le p’tit également, en imitant le cri du gorille. Papa à déjà hâte d’avoir un deuxième enfant.

6h15.      Le p’tit refuse d’aller à la toilette, alors Papa lui demande d’attendre dans la cuisine.

6h17.     Le p’tit surgit dans la salle de bain, car il semble avoir compris que Papa voulait un auditoire. Il s’approche le plus près possible de son père et le complimente sur la force de son jet. La maison de Papa pis Dada regorge de bons compliments comme ceci.

6h23.     C’est le temps de déjeuner! Le p’tit veut une toast et semble horrifié quand Papa lui propose de manger autre chose pour une fois. Le p’tit explique qu’il veut une toast et également qu’elle soit découpée en forme de Zuma dans PatPatrouille. Le p’tit fini avec une rôtie au beurre d’arachide et un « là c’est la toast ou rien, correct? ».

6h25.     Le p’tit mange allègrement et est heureux. Papa pleure silencieusement dans son café.

6h30.     Dada se réveille et sort de la chambre. La lumière semble soudainement plus scintillante et on entend du Pucini en background. Les voisins se sont rassemblés pour observer ce moment tellement c’est beau à voir.

6h40.    Papa pis Dada mangent en silence. Le p’tit lâche un « maudit soleil! » et ils reconnaissent leur propre caractère maussade en leur fils. Ils sont tous les deux fiers.

7h.         Tout le monde a terminé de manger. Il faut maintenant s’habiller. Kill me now.

7h04.      Le p’tit a du beurre de pinotte et de la confiture dans le nez et les cheveux. Good start!

7h06.      Après avoir couru après son enfant avec une débarbouillette, Dada va choisir les vêtements pour la journée.

7h07.      Yark! Quel choix horrible! Le p’tit lui fait savoir QUELS vêtements il voulait réellement: des jeans rouges et un coton ouaté double épaisseur jaune. Le look Ronald McDonald.

7h08.       Dada tente de mettre les jeans rouge, mais le p’tit s’enfuie dans la maison nu fesses.

7h09.       Dada se dit qu’il chérira ces moments jusqu’à sa mort. Qui risque d’être bientôt avec toute ces montées de pression artérielle.

7h11.         Dada habille le p’tit et se créerait à un match de lutte. Il réalise qu’il vient de faire son cardio pour la semaine juste en habillant le p’tit. Il se récompensera pour ses beaux efforts physiques en s’achetant un Cappuccino glacé en allant travailler.

7h13.         Le p’tit décide que c’est le moment idéal pour sortir le jeu avec cinquante millions de morceaux et de bidules complexes.

7h15.         Oups, la moitié du jeu chriss le camp par terre et les morceaux et figurines roulent partout dans le salon. Le p’tit passe en mode dramatique.

7h18.        Papa pis Dada se fendent en quatre pour trouver tous les foutus morceaux et jurent contre leur ami qui a osé acheter un tel jouet à leur enfant. Ils décident qu’ils se vengeront en achetant un jouet à la musique tonitruante à leur ami lorsqu’il aura un bébé. Le p’tit est toujours en mode dramatique.

7h19.       Papa pis Dada n’ont jamais eut aussi hâte d’aller travailler de leur vie. Le p’tit veut mettre ses bottes de pluie. Whatever.

7h21.        Papa et le p’tit quittent enfin pour la garderie. Tout le monde se fait des câlins et des bisous. Le p’tit veut faire le plus gros câlin du monde à Dada. Il le serre tellement fort qu’il lâche un gros pet. Encore une fois, le pet fait rire tout le monde. #goodparenting

7h23.        Papa pis Dada réalisent qu’on est vendredi et se disent qu’il est nécessaire pour la survie de la famille qu’ils socialisent avec des adultes humains ce soir. Préférablement des adultes qui ont eux-même un enfant ou une télévision qui pourra entertainé le p’tit. Et du vin. Lots of it.

Dada Blaise

Un Sept à Sept avec le P’tit

Coucher un enfant ce n’est pas facile. Pis là avant que les « Eux Autres » viennent me dire que pour eux non, c’est facile et me souligner tout ce que j’aurais dû faire et ne pas faire, I know ok? J’ai lu les mêmes articles que vous sur Internet pis j’ai suivi les conseils de matante Suzie qui disait de ne jamais coucher un enfant sans lui avoir fait boire un grand verre d’eau, tourner autour d’un miroir en faisant brûler de la sauge et chanter une berceuse japonaise. Mais bon, qu’est-ce tu veux, il me réclamait son chocolat de Pâques avant de dormir, qu’est-ce que je suis sensé faire, ne pas lui en donner? Je ne suis qu’un humain!

Afin de vous faire sentir mieux et vous prouver que ça peut toujours aller plus mal quelque part d’autre, voici l’horaire de la nuit précédente de mon garçon de 3 ans :

19h.      Le p’tit annonce que c’est la fin du bain, alors qu’il vient à peine d’y entrer. Dada le savonne rapidement du mieux qu’il le peut, parce que le p’tit est déjà en train de grimper hors du bain en lançant son poney tout mouillé sur le plancher. Dada essuie le p’tit, puis ensuite la céramique, se disant que ça compte comme du ménage.

19h12.   Le p’tit se brosse les dents avec la brosse à dents électrique Dora. Il chiale subitement parce que c’est LUI qui veut refermer le tube de pâte à dent et insiste pour tenter de remettre la petite crotte de pâte à dent, qui est tombée dans l’évier, de retour dans le tube

19h20.     Dada demande au p’tit s’il a envie de pipi. Il réfléchit avec intensité, peut-être a-t-il simili envie, mais feel pas pour y aller tout de suite. Dada lui donne un bisou pis un gros câlin et le pousse subtilement vers Papa.

19h24.      Le p’tit veut dormir avec ses petites balles rebondissantes, Papa lui bullshit qu’elles ne dormiront pas bien dans son lit et les place sur sa commode. Ça fait pas son affaire, il passe en mode dramatique.

19h25.      Papa lui rappelle qu’il faut choisir l’histoire. Yé! Il oublie du coup pourquoi il pleurait. Il hésite beaucoup parce que rien ne lui tente puis devient subitement très spécifique, cherchant une histoire en particulier et offrant peu d’indices sur laquelle il veut. Papa se tanne et en choisit une. Ça fait pas l’affaire du p’tit, il passe en mode dramatique.

19h27.      Papa veut ranger l’histoire, mais le p’tit veut celle-là finalement, c’est elle qu’il a voulu depuis le début. Ils s’installent tout deux confortablement et lisent: « Le Petit Lapin Qui Va Dormir Tranquille Sans Chialer ». Le message est nuancé et subtil. Papa lit avec toute l’intensité de Meryl Streep et le p’tit s’extasie. Évidemment, il veut relire l’histoire. Papa dit non. Le drame monte d’un cran et le p’tit lance sa doudou par terre. Papa annonce qu’il va sortir de la chambre. Le p’tit se calme et saute dans le lit pour ensuite s’emmitoufler dans ses couvertures. Papa le cajole, l’embrasse, lui dit « Je t’aime! » et le petit s’endort paisiblement alors que papa quitte la pièce. Just kidding!

19h28.      Papa a à peine eu le temps de refermer la porte que le p’tit saute en bas du lit comme s’il avait pris feu. Il a soif. Papa revient avec un verre d’eau. Le p’tit retourne dans son lit et boit. Ça fait du bien, hein papa? Papa repart après lui avoir donné un bisou. Le p’tit veut sa doudou sur la tête. Papa obéit. Le petit s’endort paisiblement. Just kidding!

19h31.       Le p’tit fend l’air comme un obus et arrive à la porte. Il a envie de pipi. Jamais eu autant envie de sa vie semble-t-il. Il s’accroche à Papa avec l’énergie du désespoir, lui faisant comprendre que s’il ne va pas faire pipi, un de ses reins pourrait exploser et est-ce qu’il veut réellement que son garçon grandisse avec un rein en moins?

19h33.       Le p’tit fait pipi. Deux, trois petites gouttes tombent dans l’eau dans un silence gênant.

19h34.       Le p’tit veut voir Dada et lui donner un bisou. Dada s’incline.

19h36.       Le p’tit va dans son lit et se rappelle subitement qu’il voulait ses balles avec lui dans le lit. Il les aperçoit sur sa commode, toute seule et perdue dans le pénombre. Il coure vers la porte.

19h37.       Papa ramène le p’tit dans son lit, la tendresse paternelle toujours présente, mais un peu usée.

19h38.        Et le p’tit revient à la charge.

19h39.        Papa ramène le p’tit dans son lit, la patience bien agrippé à sa mâchoire qui se resserre.

19h40.        Knock, knock! Le p’tit est à la porte!

19h41.         Papa le ramène dans son lit, l’écume à la bouche et la veine du cou menaçant d’exploser.

Le processus se répète quelques agréables fois.

20h02.       Le p’tit reste dans son lit pendant plus de deux minutes. Papa et Dada sautent de joie, en silence, comme des fillettes jouant à la marelle.

20h10.       Le p’tit jase dans son lit. Il jase de la vie en général, pas vraiment discrètement. Il ne dort toujours pas.

20h30.        Papa et Dada mangent les chips de la désolation en cachette, oubliant du coup qu’ils s’étaient promis de faire du sport une fois que le p’tit serait assoupi. Le p’tit ne dort toujours pas.

20h38.        Le p’tit pousse un cri de mort. Papa et Dada se précipitent dans la chambre, leur taux de cortisol si grand qu’une partie de leurs cheveux est restée sur le divan. Le p’tit à échapper sa doudou par terre.

21h04.         Papa et Dada écoutent la télévision dans le grand silence, de peur de réveiller le p’tit. Aucun bruit ne provient de la chambre. Ils montent le son et entendent immédiatement le p’tit qui jase avec son lapin. Manifestement, il ne dort toujours pas.

21h12.          Papa ronfle sur le divan.

21h30.          Papa et Dada vont se coucher. Le p’tit ne dort toujours pas.

21h42.          Comme tout couple moderne et sain d’esprit, Papa et Dada s’installent dans le lit, chacun avec leurs cellulaires. Le secret d’un couple qui dure: la communication.

21h51.           Cela fait plus de dix minutes qu’il n’y a pas de bruit. Le p’tit dort. En quelque part dans le monde, des cloches sonnent et les anges pleurent la miséricorde. Papa dort également, parce que lui c’est instantané pis ça fait chier un peu.

22h22.          Dada ne dort pas, lisant avec avidité son mur Facebook comme un épais au lieu de dormir.

23h38.          Dada vient de s’endormir après s’être demandé une question existentielle comme qu’est-ce que Napoléon mangeait pour déjeuner et entend un cri primal qui fait vibrer les fenêtres de la maison. Dada coure jusque dans la chambre, le pyjama tout croche et la bedaine à l’air, de quoi traumatiser le p’tit à vie. Le p’tit s’est réveillé et a fait un cauchemar. Dada va s’asseoir à côté de lui, le console, le berce un peu et le recouche, tout ça dans un état second, les yeux fermés.

23h39.        Dada sort de la pièce. Le p’tit ne dort pas et ne veut pas qu’il parte. Sa voix est toute petite dans le noir et les émotions de Dada prennent le dessus.

23h40.       Dada refuse de dormir dans le lit du p’tit, par principe de bonne éducation parentale et parce que le p’tit prend de la place pour cinq. Comme un pauvre petit chien, Dada va dormir à même le plancher du corridor, tout en rappelant au p’tit qu’il est bel et bien là et que non il ne partira pas. Le plancher est froid et poussiéreux, Dada n’a jamais été aussi confortable.

1h02.         Dada se réveille en sursaut, toussant un motton de poussière ou (gasp!) une araignée qui s’était aventurée par là. Il part se recoucher dans son lit mais le bruit du plancher qui craque réveille le p’tit. Dada doit évidemment retourner consoler son enfant dans la joie et le bonheur d’être père.

1h08.         Le p’tit a envie. Dada frôle lui dire de le faire à même son coffre à jouets, mais se rappelle qu’il est supposé être un bon parent et l’amène plutôt à la salle de bain.

1h10.          Le p’tit fait pipi avec force violence, réveillant toute la maison. Dada ravale ses larmes d’épuisement en se disant qu’il chérira sûrement ses moments-là un jour, mais pas en ce moment.

1h13.           Le p’tit se recouche et s’endort rapidement. Dada est surpris et va se recoucher aussi, jubilant car il lui reste 5hres de sommeil avant le cadran.

1h14.          Dada ne dort pas, il se sent prêt à faire sa journée et monterais le mont Saint-Grégoire en courant.

3h33.          Dada, qui ne dort toujours pas, pogne la chienne parce qu’il se rappelle dans les films d’horreur que c’est l’heure des démons et s’imagine toutes sortes d’affaires qui font peur.

3h34.          Le p’tit se réveille en hurlant. Dada sursaute si haut qu’il passe proche de sacrer le camp à terre. Dada va dans la chambre en regardant par la fenêtre du salon, craignant y voir un extraterrestre ou un fantôme. Son pas est rapide. Le p’tit pointe le coin dans le chambre en répétant « Peur ». Dada ramène virilement son enfant avec lui en courant dans le corridor.

3h35.          Le p’tit est INSULTÉ d’être dans le lit de ses parents. C’est la PIRE chose à vie. Il refuse d’être dans le lit et veut brusquement retourner dans sa chambre à lui, avec les fantômes pis les extraterrestres. Dada a peur, mais retourne son enfant prestement.

4h02.         Le p’tit s’est rendormi. Dada retourne dans sa chambre.

4h05.          Dada s’endort sur le coin de son lit, en position fœtale, le drap dans la bouche.

5h47.          Le p’tit est debout et croque dans la vie comme dans les annonces de margarine! Il attend sagement que le soleil jaune orange s’allume sur son réveil GRO CLOCK, car il a apprit qu’il ne fallait pas se lever trop tôt. Just kidding!

5h48.         Papa se lève, voit son conjoint et est immédiatement charmé par le coulis de bave et la bouche grande ouverte qu’il aperçoit. Il se dit que ce soir il va lui acheter un cadeau.

6h.             Papa attend dans le lit du p’tit que le soleil jaune se pointe la face. Il remarque que l’heure n’est pas la bonne sur le cadran car ils ont oublié d’avancer l’heure depuis la fin du mois de mars.

6h02.         Papa jase avec son enfant. Le p’tit chuchote, ce qui veut dire que les voisins peuvent l’entendre. Papa écoute avec l’intensité de Barbara Walters, mains sous le menton, yeux dans la graisse de bine.

6h30.         Papa fait semblant de vérifier le GRO CLOCK et allume le soleil, n’en pouvant plus de tenter de comprendre le p’tit qui répète inlassablement « Wahlpa? ».

6h33.          Papa se lève mais le p’tit réclame que TOUTE la maisonnée se lève aussi.

6h42.         Dada se lève et est l’image même de la perfection. On l’applaudit et des pétales de roses apparaissent derrière lui.

6h47.          Dada va au toilette, ce qui est terriblement dramatique, parce que le p’tit voulait y aller AVANT lui.

6h53.          Le p’tit veut manger du beurre d’arachide pour déjeuner. Pas de pain, juste du beurre sur une cuillère. Papa pis Dada s’en câlisse un peu ce matin et donne une belle grosse cuillerée d’amour et de beurre de pinotte à leur enfant.

6h55.          Le p’tit fait un gros pet tout en mangeant, ce qui fait bien évidemment rire Papa pis Dada car ils ont un niveau d’humour puéril et sans imagination. Le pet réconcilie Papa pis Dada avec leur enfant.

7h.              Le p’tit veut finalement des toasts et également les céréales de Dada. La journée commence et Papa pis Dada remontent leurs manches et se disent que c’est vendredi, donc socialement accepté de boire un cocktail ce soir. Ou peut-être trois?

 

Dada Blaise

Le Cardinal de la Complicité

Hier, on sort sur la galerie et Petit Pou est très excité, il veut donner du manger aux oiseaux. On sort le gros sac de graines, descend la mangeoire rouillée pis on verse la nourriture sous les piaillements excités des oiseaux et de mon enfant. Tout à coup, Petit Pou m’interpelle: « Dada! Oiseau rouge! » Ben oui toi, un superbe cardinal est perché sur le fil électrique. Et là je pense à mon cher et tendre chum:

Il y a une éternité, alors que nous étions un jeune couple fringant et à la page, on s’était mis en tête de faire du jardinage ensemble, parce qu’on était de même nous autre, on faisait des activités de couple plate comme planter des fleurs. Mon chum était à quatre pattes les mains dans la terre et moi je virevoltais en arrière, aucunement intéressé par le travail manuel, m’exclamant sur la beauté du vert, le souffle du vent, le pouvoir de la nature, etc. Bref, je trippe pis lui, y’a chaud. Et puis, magie, un magnifique cardinal se pointe la plume rouge vif dans les arbres au loin. Vite, je suis si excité que je tapote l’épaule de mon amoureux et lui dis en pointant au loin:

« Regarde le cardinal! »

« Hein? »

« Le cardinal. »

« Le quoi? »

« Cardinal. Tsé, l’oiseau? »

« Hein? »

« L’oiseau rouge! Un cardinal! »

« Ah! Où ça? »

« La, juste là dans l’arbre! »

« Où ça? »

« Ben là! »

« Où? »

« Là, regarde, là là!!! »

« Où ça? »

« Dans l’arbreeeee! L’oiseau rouge! »

« Ah sacre moi patience, j’en ai déjà vu un esti de cardinal! »

 

Ahh, qu’on a une belle complicité. À plus!

Dada Blaise