L’Enfant Autiste et la Garderie (1ère partie)

*Warning! Ce post est tiré de mes expériences et mes observations, donc nullement représentatif de la vie en garderie en général, fac calmez-vous les commentaires de « moi je ». 

 

Que vous soyez un parent au foyer qui est sur le bord de commettre un crime pour vous sentir vivant ou bien un parent qui travaille afin de payer les factures et votre abonnement à Netflix (ou peut-être vous voler le service de vos amis généreux, qui sait), viendra un temps où il vous faudra placer votre petit n’enfant dans une garderie.

Ahhhhh les garderies. S’il y a bien quelque chose qui peut terrifier/faire chier/angoisser un parent, c’est les garderies.  Mais pourquoi vous demandez-vous en sautillant nu dans votre salon? En premier lieu, il faut choisir le genre d’installation: CPE, familial ou privé. Sachez qu’il faut tout d’abord être prévoyant. Si vous voulez envoyer votre enfant dans un CPE, il faudra l’inscrire quelques semaines avant la conception de l’enfant, tant les places y sont restreintes. L’autre option sont les garderies familiales. Là encore, il faut les magasiner afin de ne pas confier votre enfant à une suppôt de Satan ou pire encore une gardienne qui va vous jaser de La Voix à chaque lundi matin. Il faut également vérifier si il y a une odeur de cigarette caché dans les coussins décoratifs, si c’est le genre d’endroit qui prône les siestes de 4 heures d’affilés qui viendront gâcher votre précieux temps libre lors du dodo ou si ils font trop de projets artistiques de bricolage qu’ils vous ramène à la maison à chaque semaine. Votre maison est déjà rempli à rebord avec de beaux dessins et des affaires collés plein de paillettes, avez-vous tant besoin d’avoir un autre carton avec une trace de main en gouache rouge de votre rejeton?

Bref, c’est un véritable casse-tête pour tous un chacun. Pour les parents d’enfants différents comme nous autre, il y a un niveau de difficulté d’une coche supérieur. Papa pis Dada ont vécu ce périple au travers 3 garderies différentes. Trois. Je ne sais pas à quel point notre histoire diffère de celle d’autres parents d’enfants différents, mais voici un petit résumé de notre périple avec notre enfant autiste dans les garderies. Don’t worry, la fin est heureuse même si le début ne l’est pas!

Première Garderie – La Tite Madame qui voulait ben faire mais ne savait pas trop quoi faire

Petit Pou commence son périple des garderies dans une garderie familiale, chez une de nos amies. Tout va bien, Petit Pou est heureux, la vie est rempli de papillons et de jolies rayons de soleil. Puis la garderie ferme pour X raison et il faut en trouver une autre. Yishhh. Dada fouille sur Internet et, hourra!, quel chance, nous trouvons une garderie drette sur notre rue toé chose, à quatre pas littéralement de notre maison. Cela semble parfait. Nous rencontrons la dame et lui présentons le cas de notre enfant. À cette époque, on ne sait pas trop ce qu’il a exactement. Nous savons qu’il est différent, qu’il a quelque chose qui le met à part des autres, mais on ne sait pas trop quoi exactement. Il y a plusieurs hypothèses qui flottent (TDAH, TSA, Trouble de l’attachement dû à son adoption, alouette…), mais rien ne semble certain. Petit Pou à 2 ans.

Papa pis Dada expliquent donc le quotidien de Petit Pou. Il ne fait presque plus de sieste l’après-midi. Il est très anxieux, réagit parfois violemment aux changements comme un nouvel ami dans la garderie, une activité imprévu ou un étranger dans la maison. Nous lui expliquons également qu’il a de la difficulté à jouer avec les autres amis, il ne veut pas toujours participer, il ne veut pas faire d’effort, il dit « oui » mais veut dire « non », il tient tête, il s’oppose, il crie, il tape, il se tape, il grogne, il est inconsolable, etc. Qui plus es, à deux ans, Petit Pou ne parle toujours pas beaucoup, il préfère pointer. L’éducatrice, que nous appellerons Henrietta, semble un peu sceptique et overwhelmed à la fois mais nous dit pas de problème, elle va le prendre. Elle va faire de son mieux. Et c’est parti pour la garderie. Au départ, c’est pas trop mal, Petit Pou est en lune de miel, il est ben colleux et ne fait pas trop de vagues. Mais rapidement, les choses tournent mal. Dada reviens l’après-midi pour chercher son enfant et à chaque fois il doit entendre les litanies de Henrietta, qui est complètement dépassé par les événements.

Je crois qu’ici beaucoup de parents d’enfants différents reconnaitront cette situation. Le négativisme. Se faire expliquer encore et encore, jour après jour, les troubles et les mauvais coup de son enfant. Sentir le découragement de l’éducatrice. Henrietta ne comprend pas pourquoi il ne veut pas faire les bricolages ou les coloriages. On apprend plus tard qu’elle est un peu exigeante sur ce côté, demandant à notre enfant de colorier les bottes du Chat Botté rouge et non jaune. Vous imaginez comment Petit Pou, qui est TSA, réagit à se faire dire une telle consigne. Bref, c’est pas la joie. Ça commence à être lourd pour Dada de sentir le découragement de l’éducatrice. Elle dit qu’elle n’a jamais vu ça, yada yada yada.

Je sais, je sais, c’te pauvre Henrietta faisait ce qu’elle pouvait avec les ressources qu’elle avait et P’tit Pou lui rendait pas la tâche facile. Il lui a quand même péter un carreau de vitre lors d’une crise et il ne dormait presque jamais l’après-midi, fac elle n’avait pas grand pause. Henrietta est d’un certain âge, elle n’a pas son service de garde depuis longtemps et ne comprend juste pas qu’un enfant ne veule pas faire des activités avec les autres ou bien boude ou bien bouge et fait des culbutes au lieu de décorer un petit bonhomme de neige en bout de papier de toilette. Semblerait-il qu’elle n’a eu seulement que des enfants élevés dans la ouate et qui chie de la barbe à papa rose. Elle ne sait pas trop quoi faire avec mon enfant, malgré les belle recommandations des spécialistes que nous avons payés pour l’aider. Après quelques mois là-bas, Dada en a ras le pompon de se faire répéter que c’est donc difficile et qu’elle est épuisée. Il braille son désespoir en mangeant un pot de margarine, alors son chum décide d’agir et va jaser avec Henrietta.

Cette dame aimait notre enfant et faisait réellement tou ce qu’elle pouvait avec ce qu’elle connaissait. Elle n’avait jamais vu de cas d’autisme, ni de TDAH ou autre trouble de ce genre. Elle passait les après-midi où mon p’tit ne dormait pas avec lui, lui tenant compagnie en lui proposant de l’aider à cuisiner ou en écoutant la télévision avec lui. Je ne lui en veux pas. Mon garçon aimait Henrietta. Il aimait aller là-bas. Malgré tout, je sentais bien qu’il n’était pas à la meilleure place pour ses besoins de Petit Pou spécial et unique et merveilleux comme un flocon de neige. Dada décida donc de cherche sur Internet pour tenter de trouver une autre garderie qui serait plus adapté aux besoins de notre petit.

J’allais bientôt découvrir un autre endroit pour mon enfant, et un nouvel enfer qui débuterait. SUSPENSE!

Dada Blaise

Papa pis Dada et les z’enfants en vacances dans le frette

C’est le mois de mars et la plupart du Québec est en semaine de relâche, c’est-à-dire le temps idéal pour perdre patience après vos enfants parce qu’ils font encore une crise vu qu’ils ont perdu à Hippo Hippo (Chriss, c’est pas compliqué, pèse su’l piton plus vite pis ton hippopotame vas en avoir des maudites billes!). Beaucoup de parents, afin d’éviter les larmes et les « Veux-tu jouer avec moi? » incessant se disent alors: « Tiens, profitons de cette semaine de congé pour partir en vacances quelque part d’exotique et d’amusant à prix boosté! ». C’est une tradition parentale qui dure depuis des lustres, soit de faire profiter nos enfants de nos précieux congés pour les entertainer et leur faire découvrir de nouveaux endroits à visiter.

Malheureusement, tous les parents du monde se tirent royalement dans le pied en voulant faire plaisir à leurs enfants. Soyons honnêtes, des vacances avec des enfants c’est beaucoup de chose, mais ce n’est pas des vacances.

Papa pis Dada, se croyant plus fin finaud que les autres, se sont dit qu’ils allaient partir en vacances avant la semaine de relâche, afin d’éviter la cohue pis la population en général, parce qu’on est donc sauvage pis on haït ça le monde. Papa avait pris congé pour une belle semaine, sentant que Dada allait bientôt être atteint de cabin fever à force de passer ses journées à faire du lavage, donner le biberon à Baby Love et écouter L’Huile de Lorenzo sur Prise 2 en braillant. Fac aweille toute la gang dans le char, on s’en va à Québec pour du plaisir Québécois!

Premier défi, amener tous les trucs nécessaires pour bébé et pour grand garçon afin que ceux-ci soient heureux, bien nourris, au chaud et surtout qu’ils nous achale pas trop. Pour grand garçon, c’est relativement simple, le iPad est toujours winner, ainsi qu’une couple de jouets dont il se câlisse. Pour bébé, c’est plus complexe. Il y a beaucoup de trucs à amener, du thermomètre rectal jusqu’aux petites débarbouillettes pour essuyer son nez plein de morve. Nous ne prenons pas de chance, nous amenons tout ce qui se trouve dans sa chambre.

À peine embarqué dans le char nous voilà donc épuisés. Mais nous n’avons encore rien vu. Alors qu’est-ce qui épuise tant un parent en vacances vous demandez-vous alors en vous tortillant sur votre siège?

Alors qu’autrefois Papa pis Dada partageaient leur temps en vacances entre boire des martinis secs, relaxer en écoutant la tivi dans le lit duveteux d’un hôtel et se lever tard, faire l’amour à 3h de l’après-midi puis visiter des trucs sympas et manger du poulet graissoux le soir venu, il s’agit maintenant d’un test d’endurance à savoir à quel point vous êtes capable de subsiter toute une journée entière de belles activités tel que glisser dans la neige frette, manger dans des restaurants bon marché avec vos bottes qui suintent l’humidité, visiter des files d’attente palpitantes et dire non à un enfant qui veut acheter des bébèlles hors-de-prix et ce avec comme seul carburant des maigres heures de sommeil, un peu de caféine ingurgité dans la voiture entre deux destinations et l’enthousiasme désespéré d’un animateur de camp de vacances maniacodépressif. Bref, il y a beaucoup de monde, beaucoup de choses à faire et en plus, il faut s’amuser et avoir du beau plaisir en famille.

L’esprit d’un parent en vacances ne se repose pas finalement. Il est toujours en marche. Il faut surveiller le p’tit pour ne pas qu’il casse quelque chose dans le beau mégésin souvenir ou bien qu’il ne se fasse pas kidnapper dans les toilettes, se battre avec pour qu’il mette sa tuque ou bien qu’il la garde, lui rappeler que oui il faut brosser ses dents et ce même en vacances, s’assurer qu’il a bien fait pipi à chaque nouvelle toilette que vous voyez, et ce même quand il vous dit qu’il n’a pas envie, faire des listes mentales dans votre tête à chaque nouvelle activité, vous assurant que vous avez apportez tout ce qu’il fallait dans le sac à couche, le lait, les lingettes, les calices de collations variés et bien coupés comme à la garderie parce que sinon il en veut pas, le jouet, l’autre jouet, la suce pour le bébé, le mouche-nez bruyant, les crayons de couleur, Sophie la Girafe cancérigène; se stresser à chaque nouveau restaurant qu’on visite de peur que le bébé braille trop fort ou ben que le p’tit pète sa coche parce que tsé hein sa condition genre.

Et la grosse différence c’est que à la maison vous dormez dans des chambres séparés. Papa pis Dada pis les deux z’enfants eux étaient dans la même chambre d’hôtel. Toute la famille entassé dans une belle chambre sombre avec le bruit intermittent du réfrigérateur qui part, l’air qui se décide pas à être chaud ou frette et un bébé qui se réveille une couple de fois par nuit pour boire, rôter bruyamment, sourire béatement parce qu’il est donc heureux de vivre et réveiller tout le monde par le fait même. Non mais y’as-tu de quoi de plus chiant que de tenter de pas faire de bruit dans une chambre d’hôtel avec ton méri pis ton plus vieux qui dorment fragilement à quelques centimètres à peine tout en swingant de bord en bord un p’tit bébé qui en toute apparence à pas l’air parti pantoute pour se rendormir. Et alors que mon bébé gazouillait/braillait assez fort que ça a réveiller le plus vieux, qui était tellement excité d’aller dans les glissades promises qu’il voulait se lever tout de suite right fucking now à 4 heures du matin, j’ai eu une pensée soudaine:

Me suis dit, ouff, je suis épuisé me semble. Et je ne me reposerai pas plus. Si je n’étais pas vêtu d’un simple boxer, je laisserais subtilement le bébé dans son parc, pognerais mon portefeuille et j’irais me louer une autre chambre dans l’hôtel, juste pour moi, juste pour dire que je dormirais tout seul pendant plus de deux heures d’affilée sans jeune enfants pour me réveiller et sans conjoint gigantesque qui prend toute la place dans le lit avec ses gros bras pis ses grandes jambes.

Mais je suis resté évidemment, parce que l’amour pis le dévouement pis toute, pis me suis levé le lendemain matin en grommelant pis en perdant patience après mon chum parce qu’il était pas prêt assez vite pis après mon p’tit parce qu’il gossait dans le stationnement au lieu d’embarquer dans le char pour qu’on aille se gêler le derrière à voir un hôtel fait de glace. Pis le soir venu on a recommencé tout ça, pis encore, pis encore. Pis je suis revenu chez nous et me suis réveillé le lendemain matin frais comme une rose poqué comme un lendemain de veille, mais sans avoir bu grand alcool.  C’tu pas des belles vacances réussis ça? À en juger par les photos pis le moulin à paroles de mon fils qui nous parlait de ce qu’il a aimé pis qu’il a donc hâte de retourner en « vacances voir mr Vieux Québec », je crois que oui.

There you have it: on aura eu beau être maussade, être impatient, mal dormir pis pogner les nerfs pour un rien, mon p’tit a eu du ben gros fun, pis p’être que moi aussi j’en ai eu quand j’ai glissé vite vite dans la neige avec mon enfant. Mais juste un peu…

Dada Blaise

 

 

Se Chicaner Devant les Enfants

Il y a les couples heureux, ceux qui mangent des pommes saupoudré de cannelle au lieu de chips au vinaigre, ceux qui gambade dans les bois et qui s’offrent des escapades dans des yourtes sans électricité pour se parler dans le blanc des yeux et se retrouver le couple, ceux qui prennent des bains à deux avec des bombes Lush, pis il y a les autres. Ceux qui s’obstinent pour la couverte, qui font l’amour le jeudi soir uniquement par obligation, qui soupirent de frustration parce que l’autre a pas refermé les portes d’armoires et ceux qui se fâchent parce que leur époux semble incapable de mettre son esti de linge dans le panier de linge sale, préférant plutôt le laisser au pied du lit ou bien à quelques pas dudit panier. Get the hint!
Bref…
Papa pis Dada font parti de l’autre catégorie. Ceux qui se chicanent pis qui pognent les nerfs facilement. Il fut un temps où oui nous nous regardions en rigolant et en se caressant la barbe au lieu de s’engueuler lorsque nous avions un petit différent, mais maintenant que nous avons des enfants et que nous dormons en moyenne 4 heures par nuit, il est beaucoup plus facile de se chicaner pour un oui ou pour non.
Voici un exemple:

Dada: Salut!

Papa: Allô.

Dada: Qu’est-ce que t’as? Es-tu fâché?

Papa: Je suis correct.

Dada: Ben pourquoi t’as cette face-là?

Papa: Quelle face?

Dada: Ben t’as l’air fâché.

Papa: J’suis pas fâché, j’suis correct.

Dada: T’as l’air de mauvaise humeur entk.

Papa: Je suis pas de mauvaise humeur, j’viens de te dire que j’étais correct!

Dada: Es-tu certain?

Papa: J’AI DIT QUE J’ÉTAIS CORRECT!

Dada: Heille pourquoi tu pognes les nerfs?!

Papa: Ahhh tu m’énaaarves!

Ce genre de conversation hautement titillante arrive fréquemment dans notre jolie maison de la banlieue. Là je sais qu’est-ce que vous vous dite: Vous chicanez-vous devant les enfants?

 

La plupart du temps, quand un couple à un petit désagrément ou un chriss de gros, l’adage et les grands-mères suggèrent de : »ne pas se chicaner devant les enfants ». Il faut donc attendre que le bébé soit bien pelotonné dans son berceau et le grand assommé par l’épuisement dans son grand lit avant de se retrouver dans le salon afin de se chicaner sur qui avait dit tel affaire sur un ton agressif et de ne plus être certain des paroles exactes. La plupart des experts semblent être d’accord que de vous chicaner devant les enfants n’est pas la chose la plus saine à faire.

L’argument le plus fort est que les enfants apprennent par l’exemple, donc s’ils vous voient vous chicaner, ils reproduiront vos paroles et gestes. ATTENTION, je parle d’une chicane de couple, et non pas de problèmes de violence conjugale ici, je suis pas dans Rupture ou whatever boring émission de TVA. Je suis d’avis de démontrer à mon enfant que ses parents ne sont pas parfait et que du même fait, aucune relation ne peut être à cent pour cent parfaite. Je ne veux pas qu’il grandisse pour un jour se retrouver en couple et avoir sa première chicane et puis se mettre à brailler ou ben partir en courant parce qu’il n’aura jamais été confronté à des parents qui ventilent leurs différents.

Voici un autre exemple de chicane chez Papa pis Dada:

Papa: Qu’est-ce qu’on mange?

Dada: J’ai rien fait, ça me tentais pas pour X raison.

Papa: Ben qu’est-ce qu’on fait?

Dada: On peut se faire livrer quelque chose ou ben aller au resto.

Papa: Ok, où veux-tu aller?

Dada: Ah n’importe quoi, ça me dérange pas. Toi tu veux quoi?

Papa: Je t’ai dit que ça me dérangeais pas. N’importe quoi j’ai pas d’idée.

Dada: Je sais pas. Choisi.

Papa: N’importe quoi!

Dada: J’avais pas d’énergie pour faire le souper, j’ai pas d’énergie pour choisir.

Papa: Ah ça fait tout le temps ça, n’importe quoi j’m’en fous!

Dada: Bon t’es fâché?

Papa: Non j’suis correct!

Dada: T’as toujours l’air bête! Ton linge traine par terre! Lève-toi plus vite le matin!

Papa: T’es jamais satisfait! J’fais toujours tout croche! Tu pognes les nerfs pour rien!

Dada: Aaaahhhh!

Papa: Braaagghhh!

 

Et ainsi de suite. Bref, nous aurions pu garder nos émotions bien profondément dans notre derrière et attendre la nuit venue pour nous engueuler dans le lit, mais nous sommes plutôt du style volatile qui pogne les nerfs rapidement pour ensuite s’excuser une heure plus tard. Ces moments peuvent également être un moment parfait pour enseigner à nos enfants comment régler des conflits. Combien de fois j’explique à Petit Pou qu’il faut dire quand quelqu’un nous dérange, exprimer notre colère en le disant avec des mots et sans taper. Et combien de fois il doit aller s’excuser auprès d’un petit ami après une chicane? C’est la même chose, mais pour les grands. Papa pis Dada se chicanent, ils ne sont pas d’accord, ils se fâchent, s’expliquent puis s’excusent.

En résumé, l’idéal serait de ne jamais se chicaner, mais sans une petite chicane de temps en temps, on aurait jamais de make-up sex.

Dada Blaise

Papa pis Dada: Le Making Of

Mon couple va célébrer ses dix ans, et une nuit la semaine passé alors que je donnais le biberon avec les yeux crossside, j’me suis dit que je pourrais écrire l’histoire palpitante de notre rencontre, comme ça si jamais je meurs ben mes enfants sauront comment leur deux papas se sont rencontrés. Pis je sais également que vous vous tortillez d’impatience jours après jours à savoir les origines de mon couple, donc je vous offre ce cadeau de Noël à l’avance juste pour vous autres.

Remontons dans le temps de quelques années, dix ans pour être précis. Ahh 2007. Une époque différente, un temps différent. Un temps où Brad et Angelina étaient toujours ensembles et procréaient un nouveau bébé à chaque nouvelle semaine. Un temps où Facebook n’en était qu’à ses débuts, où l’iPhone arrivait dans toute sa glory et où Britney décida de se raser les cheveux.

C’était un temps où Dada était un jeune homme fraîchement sorti de l’Université, avait de petites fesses rondes et rebondis, une chevelure chatoyante et de l’énergie débordante. Papa lui vivait dans un autre monde complètement…la rive nord si vous pouvez croire ça, fraîchement arrivé à Mourial, rutilant de simili muscles et avec un ventre presque plat. Papa sortait d’une longue relation et après quelques mois de frivolités, était enfin prêt à quelque chose de plus sérieux. Il s’était acheté de nouveaux meubles, une plante verte, un bébé chat et un nouveau système de son qui faisait vibrer le plancher pour aller avec sa brand new télévision flat screen de 20 pouces.

Dada était célibataire depuis un boutte, allant de dates bizarres en dates bizarres, politiciens, acteurs nébuleux, gars qui trippe sur la porn de Batman et qui l’affice sur ses murs, bizounes croches, chandelles parfumées en forme de cône et love addict terrifiant. Bref, pas très prometteur. Arrive décembre. Tanné de tomber sur des taouains qui l’attirent pas ou qui ne rient pas de ses blagues coquines et sarcastiques, Dada décide de mettre le tout sur le tout puis d’utiliser Réseau Contact pis son p’tit moteur de recherche sophistiqué.

Aweille le fantasme que j’me dit. Je coche la bonne bracket d’âge, les intérêts, la grandeur pis toute. 5 photos ont retontis sur mon écran. Yark. Trop loin. Bof. Ouhhh…interesting. Je regarde pas la dernière photo. Je vais sur le profil de mon futur époux/conjoint de fait, pis j’regarde la photo de ce grand costaud, tout sourire dans son p’tit polo rose tendance, clean cut pis yeux bleus des mers du sud. Il disait pas grand chose, juste une référence de catalogue Sears, pis j’trouvais ça charmant. Ça semblait trop beau pour être vrai,mais vl’à ti-pas que j’pitonne pis j’lui fais signe que wink wink, tu m’intéresses buddy. Il me répond. On se jase sur MSN messenger, parce que dans le temps c’était de même, pis on s’jase au téléphone. Futur Papa est stressé de dire mon nom, il a peur de mal le prononcer. Moi j’ris comme une écolière en me tortillant sur ma chaise pis en mâchant ma gomme. Me semble qu’on s’adonne bien que j’me dis. Il reste une semaine avant les vacances de Nouëlle, pis il m’invite à une date le vendredi. J’accepte en me pinçant secrètement les mamelons.

Malheur, Dada a oublié que depuis quelques semaines, il fait des palpitations cardiaques étranges par moment pis que ledit vendredi du super rencart, il doit porter un appareil sur le chest qui mesure les battements de son cœur. Il rappelle son beau Brummel au téléphone et lui raconte l’anecdote. Papa répond que ça dérange pas. Ben coudonc.Vendredi arrive pis les deux tourtereaux se donnent rendez-vous au summum des endroits romantiques, le Dix30. Papa attend devant le cinéma avec son p’tit veston assorti pis son 6’2 ben sonné. Dada attend dans le char, tellement stressé que le cardiogramme qu’il a sur le corps doit être entrain de surchauffer. Dada est tellement sur le gros nerf qu’il en a oublié son portefeuille à la maison. Dada observe sa date depuis son p’tit char. Il est grand, check. Il est costaud, check. Il ne semble pas roux, check. Il ressemble à sa photo, check. 1, 2, 3 go, Dada sort du char pis marche jusqu’à Papa.

Tsé souvent les gens disent que tu l’sais tout de suite oui ou non si ça va marcher, si tu va bien t’entendre avec une personne? Ben c’était ça. On s’est salué un peu awkard, souri, pis tout de suite ça marchait. C’était facile. Gênant un peu, mais facile. En quelque part, ben caché dans le fin fond de nous autres, c’est comme si on savait. Sans se le dire vraiment, mais on l’savait un peu tout les deux qu’on fittait ben ensemble. La soirée a été comme vous vous l’imaginez: restaurant, regards furtifs, effleurements sous la table, gossage parce que le souper est fini pis qu’on veut pas trop que ça soit fini parce que Dada, prudent pis sur la défensive, avait prévu seulement un souper, proposition d’aller au cinéma, déambulage dans un Dollorama, pis film un peu plate. Papa a tout payé, comme un gentlemen qui sort sa doudounne pour les grandes occasions (Dix ans plus tard, mon chum croit encore que j’ai fait exprès, mais non, j’ai vraiment oublié mon portefeuille ok là!).

À la fin de la soirée, Dada prévient qu’il a effectivement son appareil qui lui mesure ses battements de coeur. Papa blague qu’avec ça il pourra pas se passer grand chose entre eux deux. Dada rigole qu’il n’est pas aussi facile, ah ah ah (mensonge!). Sous la p’tite neige, les deux se disent au revoir encore une fois un peu malaisant. Le lendemain matin, Dada s’arrache son appareil du corps pis ça fait mal en chriss. Surprise, en avant-midi, c’est l’autre toé chose, Papa en personne qui appelle pour dire qu’il veut aller faire des courses sur la rive-sud du bonheur, pis demande à Dada s’il veut l’accompagner. Ben coudonc, pourquoi pas qu’il dit, même si en vérité il saute en petite culotte dans la pièce.

Une ride de char plus tard avec des effleurements de mains lorsqu’on change les pitons sur le radio, Papa ramène Dada chez lui pis lui donne un beau gros bisou avec la langue pis toute, pis c’est de même que ça commencé.

Qui aurait pu croire que dix ans plus tard, on serait encore ensembles à se donner des bisous pis à s’effleurer les mains en changeant des couches pis en prenant des p’tits dans nos bras? C’était peut-être pas la romance du siècle, ni écrit dans les étoiles, mais bonyeu my love, on est encore là aujourd’hui, se tapant sur les nerfs à tout bout de champ pis se lovant ben ben collé quand qu’on peut, avec en prime deux p’tits gars à nous deux.

Bon dix ans my love, je nous souhaite plein d’autres années à rester effouarés sur le divan, ensembles. xxx

 

Dada Blaise

 

 

 

 

 

 

 

Une bien belle soirée ou Le P’tit VS le suppositoire

Vous vous demandez quel peut être le quotidien d’une famille homoparentale avec un enfant diagnostiqué TSA? Cherchez pas plus loin que drette-là. Attrapez votre pop-corn de la curiosité et votre Pepsi Diet déculpabilisant, pis join the fun!

Le P’tit, ce cher ange merveilleux pis donc bon pour faire des câlins pis faire rire la visite pis nous demander à tout bout de champ il reste combien d’heures avant l’Halloween, était constipé depuis une semaine et demi. Pouet Pouet indeed. Oui, les trucs de matante Suzie et Chantal Lacroix avaient bien été utilisés auparavant pour tenter de le soulager. Prunes juteuses, céréales bien fibreuses, Lax-A-Day, prières à Mr. Hanky the Christmas Poo, tout a été fait. Rien à faire, ce Petit Pou a le sphincter digne de la Muraille de Chine: il est impénétrable.

Rappelons-nous, grâce à cet article, que mon infant a une peur bleue de faire caca. En fait, il a plusieurs peurs concernant la défécation. Il a peur que le caca lui fasse mal. Il a peur que le caca bouche la toilette. Et il a peur de flusher la toilette, parce qu’il craint que la toilette déborde et que ça tombe sur lui. Bref, c’est la joie à chaque nouveau caca! Les enfants TSA ont plus souvent qu’autrement de gros problèmes de ce côté, parce que la plupart du temps, comme pour mon fils, ils sont VISUELS. C’est-à-dire que le traitement de l’information se fait nécessairement mieux avec un contact visuel. La question était maintenant à savoir, de comment faire pour que mon enfant visualise bien son caca?

Parce que pour l’instant, ça n’allait pas très fort. La technique préféré de mon fils lorsqu’il a envie d’un #2 est de croiser solidement les jambes, raidir son corps en entier et espérer que personne ne le remarque tout en retenant le brown stuff le plus longtemps qu’il est humainement possible. Petites fesses serrées veut également dire que petites traces (ou chriss de grosses, c’est selon) de break passe à travers pour aller bien beurrer le tout.

So, après un si long moment sans caca, Petit Pou avait genre un peu beaucoup mal au ventre et à la vie en général. Il avait la mauvaise humeur au fin fond du fond, pis tout le monde, même Bob le chat en avait pas mal ras le bol. Aux grands maux les grands moyens: ça prenait un suppositoire, pis au plus chriss. Hourra pour Dada, Papa devait « travailler tard » ce soir-là sous prétexte que gros projet important pis grosses responsabilités pis toute, fac la douce job dudit suppositoire revenait à lui-même. Fac on r’vient de la garderie pis ça prend 40 000 heures parce que les fucking ponts sont fermés, pis c’est long. En arrivant à la maison, le p’tit a faim et veut une sandwich aux oeufs (quel étrange choix quand on est constipé, mais bon…), mais lorsqu’il s’assoit pour manger ça lui fait trop mal au ventre, donc c’est pas mal signe que ça presse. TSA oblige, Dada, sur l’inspiration du moment, sort la plasticine et un entonnoir (oui, pour le vrai), pis mime de quoi qui s’passe dans le bedon du p’tit quand tout son caca est jammé dans les fesses. Le P’tit regarde ça avec fascination puis Dada annonce qu’il faut donc maintenant lui mettre un « médicament » pour aider le caca à sortir. Le P’tit, grâce au spectacle de pâte à modeler, est finalement prêt. Donc je cours à la salle de bain, pogne l’objet de la tendresse pis revient vers mon enfant qui me fuit subitement, sa belle détermination ayant foutu le camp prestement, pantalons baissés et derrière recouvert d’une substance proche du Nutella. Au yable les beaux ongles et mes jolis pantalons, je prends le petit dans mes bras et le berce tout en chantonnant I Dreamed a Dream. L’enfant est semi-calme, la face rouge et la morve autour de la bouche, j’en profite pour faire la job, et lui donner mon arme secrète: une belle sucette verte.

Là, la peur pogne comprends-tu. Mon enfant crains le « médicament » comme je crains les extraterrestres. Il panique légèrement et je dois le retenir afin que mes beaux divans et murs blancs immaculés #Marilou reste blancs. Fac pas le choix, je recommence mes belles comptines et je berce mon enfant, assis sur un pouf de cuir (blanc évidemment, tout est blanc tendance chez nous sti). Je précise que mon enfant est fesses nus, ne l’oubliez pas. Et que le suppositoire fait peu à peu effet, donc ça juite c’t’affaire-là. Sur mes bras. Et mes mains. Et mes pantalons. Alouette! Petit Pou souffre, il a mal au ventre, il pleure, ça feel pas. Dada a le cœur brisé. S’il pouvait, il irait chercher le caca directement, mais il se garde une p’tite gêne. On rince tant bien que mal l’enfant, fait couler un bain pis tente de faire relaxer ce petit bedon et ces p’tites fesses-là. Après quelques minutes, miracle des Dieux de la porcelaine blanche et de tout ce qui est bon et beau! L’enfant dit: « Envie de caca! »

Sors l’enfant de l’eau, swing-le sur la toilette pis on s’accroche aux rebords. Avez-vous déjà été à genoux devant une toilette avec un dessin d’un enfant qui fait caca dans une main tout en caressant et réconfortant un enfant terrifié? Welcome to our life!

Finalement, tout est bien qui fini bien. C’EST sortit. Avec force violence et quasiment un bruit de « POP! » comme un bouchon sur une bouteille. Pour les curieux, voici une photo:

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Nah! On s’garde une p’tite gêne malgré tout.

Donc c’est ça qui est ça. Dada pis le p’tit ont sacré tout le linge, serviettes et tapis de bain dans la laveuse pis ils ont été prendre une bonne douche bien mérité. Papa est arrivé tout de suite après le dodo avec son Subway et ses sympathies. 

Nos soirées ne ressemblent pas toutes à celle-ci, rassurez-vous. Mais, enfant hors de la norme veut également dire parfois un quotidien juste une p’tite affaire pas pareille comme les autres. Fac on aime pis on sort les stratégies sur le fly pis on essaye des affaires, pis surtout, on en rit un bon coup une fois que c’est passé. Sur ce, bon restant de semaine.

Dada Blaise

Comic-Sketch-ShitHitFan

 

 

 

C’est d’la marde! (Littéralement)

Un parent se dévoue corps et âme pour son enfant. La maman, bless her vagina, se fend littéralement en quatre pour lui donner la vie. Un parent donne de son temps, son savoir et surtout, son énergie vitale pour que son enfant apprenne à parler, marcher, sauter, compter, reconnaitre ses couleurs et écrire son nom, pour qu’il soit un adulte fonctionne et SURTOUT pour impressionner les autres parents de la garderie. Mais s’il y a bien une facette de l’apprentissage qui est ingrate pour un parent, c’est l’apprentissage de la propreté.

 

Un enfant devient ou bedonc propre d’un coup ou il s’en sacre complètement. Il n’y a pas d’entre deux semble-t-il. Pis vous aurez beau avoir tout acheté la panoplie de Pull-Ups qui s’illuminent ou qui ont un signal d’alarme quand c’est mouillé, les tableaux de récompenses, les promesses de Skittles et les beaux collants, il n’y a rien qui pourra vous préparez à shaker un petit pot de plastique au-dessus d’une toilette afin d’y décoller la crotte humide qui descend d’une lenteur d’escargot. Vous aimez laver des traces de break dans des petites culottes? Vous aimez arracher des petits morceaux de caca séchés dans le fond de ladite culotte? Alors l’apprentissage de la propreté sera une partie de plaisir pour vous! Vous adorerez également l’appel élégant qui résonne dans toute la maison : « J’AI FINI! », et vous serez aux anges lorsque vous arriverez dans la salle de bain pour voir votre enfant se présenter les fesses en l’air. Torche et essuie esclave. Si vous avez un chien, il faut également surveiller le p’tit fucker qui peut MANGER LE CACA alors que vous essuyez les fesses gigotantes de votre enfant. Aussi, à force de passer des heures à laver et essuyer du caca frais, l’odeur s’imprègnera à vos cheveux et poils de narines et vous aurez l’impression que tout dans votre maison sent la marde. Ne vous en faites pas, en fait ce n’est que vous qui sentez la marde parce que vous en avez en-dessous des ongles et vous ne vous en êtes pas rendu compte! Des heures et des heures de plaisir.

Bon, bon, d’accord. Nous ici nous avons un cas spécial, normalité adoptive pis toute venant jouer sur le comportement propreté de notre enfant. L’âge moyen d’un enfant propre est autour de 2, 3 ans selon les matantes. Ici, Petit Pou a été propre autour de 2 ans. Whoah, pourquoi tu chiales espèce de beau menteur aux yeux d’azur vous demandez-vous? Mon enfant à été propre pour le pipi en une journée. Pipi dans la toilette, pas de petites culottes ou draps mouillés. Facile, facile, facile. Tellement que j’étais prêt à me vanter à quiconque que, phhhff, y’a rien là voyons donc. Surtout que dans les cas d’adoption, l’apprentissage à la propreté peut s’étirer jusqu’à cinq, six ans et plus selon les cas. Mais le numéro 2. Oh numéro 2….tu me fais vraiment chier. Petit Pou étant qui il est, c’est à dire insécure et anxieux, a développé une peur bleu de faire caca sur une toilette. Il a donc l’habitude de se retenir avec élégance lorsque le cigare se présente au bord des lèvres. Subtilement, il se cache derrière une colonne ou un divan, les jambes croisés, les yeux cross side, pis il attend que ça passe, en espérant qu’on ne le remarque pas. Il faut donc s’armer de patience et de vitamines jujubes en forme de poisson, pour le convaincre d’aller sur le petit pot pour faire son trésor brun.

Il a aussi la folle habitude d’avoir envie de caca aux meilleurs moments, soit lorsqu’on vient de s’asseoir pour souper, à la piscine, à un party de fête extérieur avec aucune toilette en vue, en visite chez l’arrière-grand-mère dans un centre de personnes âgées ou lorsque Papa pis Dada se magasinent se font à croire qu’ils sont riches en regardant de nouveaux meubles chez Roche Bobois. Enfant qui se retient avec la force du désespoir égale généralement des petites fesses beurré bien épais. Essayez d’essuyer ça avec 3 petites serviettes humides Pampers tout en gardant un jeune bambin immobile.

Mais pourquoi a-t-il peur de faire caca ainsi?

Voici la coupable:

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Cue musique de Psycho: Twii! Twii! Twii!

 

Les toilettes publiques. Apprendre la propreté à un enfant veut dire qu’il vous faudra visiter les toilettes publiques, genre TOUTES les toilettes publiques que vous rencontrerez lors de vos périples hors de la maison. Petit Pou en était à ses débuts de la propreté. Pis comme tout enfant, il a eut envie de caca. Il voulait aller sur la toilette, tout seul, comme un grand. Il voulait lui aussi faire l’expérience de siège imbibé de vieille urine dans une odeur de négligence humide. Alors le voilà assis sur la toilette, s’accrochant aux rebords de la toilette comme Jack et Rose s’accrochaient à la vie sur leur petit radeau. Il pousse son petit caca lorsque, HORREUR, la toilette, écœuré d’attendre après mon enfant, a décidé de flusher toute seule. Si pensiez avoir déjà vu une expression de terreur pure sur un visage, vous n’avez pas vu celle qui était sur le visage de mon enfant. Et depuis ce jour, mon cher petit est terrifié à l’idée de s’asseoir sur le bol de toilette, de peur qu’elle décide de flusher toute seule et qu’elle l’avale.

La solution?

Y’en a pas. Pas à pas, caca par caca, encouragements par encouragements, on s’éloigne du petit pot et on s’approche de la toilette. Et je me suis aussi résigné que mon enfant devrait être propre d’ici son entrée au secondaire.

Ou vous pouvez faire comme ce couple de pédiatres Californiens qui ont mis leur nouveau-né propre à 1 mois. Ou fuck you tout simplement.

Dada Blaise

 

La Semaine de Relâche Du Plaisir

Vous venez peut-être tout juste de terminer une semaine de relâche. Ou ben vous êtes en plein dedans. Ou bedonc vous ne connaissez pas ce terme »semaine de relâche » parce que vous n’avez pas d’enfant, ni de travail relié à l’éducation et vous êtes sur votre yacht à vous faire bronzer les seins nus ressuillant d’huile de noix de coco alors qu’un bel éphèbe d’une vingtaine d’années s’approche avec un verre de champagne dans une main, un bol de chips au vinaigre dans l’autre et une érection qui pourrait détruire tout Tokyo en entier.

Le monde entier sait habituellement que c’est la semaine de relâche par le simple fait que les familles heureuses aiment donc broadcaster sur leur Facebook quelles activités amusantes ils ont de prévu ou ils ont fait pendant ces sept jours de congé. Les plus nantis d’entre eux révéleront que leur croisière dans les Bahamas était donc merveilleuse, que cette semaine en Jamaïque était donc relaxante, que ce chalet à Tremblant était donc rustique chic, alors que le reste d’entre nous se contente de faire à semblant qu’ils sont content de rester à la maison pour faire du « cocooning » tout en braillant dans leur relevé de compte hypothécaire.

Bref, voici un résumé d’une semaine de relâche « typique » pour le commun des mortels:

Lundi: 

Hourra! C’est le lundi pis il n’y a pas d’école, pas de garderie! Heille, on fait ça « spécial » pis on reste en pyjama toute la journée! Pour garder l’illusion que vous n’êtes pas mortifié à l’idée d’endurer votre enfant pendant une semaine entière, confectionner un petit déjeuner avec crêpe, œufs, bacon croustillant et fruits variés et colorés qui donneront l’effet d’un tableau impressionniste dans l’assiette de votre enfant. Ou ben câlisser le tout aux vidanges et servez l’habituelle toast beurre de pinotte puis manger dans le salon devant la tivi, c’est selon. Restez dans cette position jusqu’à midi, puis voyez comment votre enfant pogne rapidement la gigote et l’ennui et vous achale pour une activité quelconque.

Suggestion de Dada: Pognez des petites bébèlles et gugusses inutiles et mettez ça dans un gros bac à glace. Congelez. Dîtes au p’tit qu’il doit creusez et détruire la glace pour pogner ses jouets. Entertainement garanti pendant des HEURES! (P.S.: C’est une vraie affaire là, c’est pas une blague!)

Mardi:

Proposez une nouvelle journée pyjama! Recevez un accueil plutôt mitigé ainsi qu’un coussin par la tête. Cessez de jalousez ces familles parfaites et leurs photos de ventres plats et ciel azur sur mer des Caraïbes, et participez vous aussi à une activité digne d’un voyage dans le sud: Allez à la piscine municipale! D’accord, vous aurez à partager l’espace avec les 300 autres familles qui ont eut la même idée, mais c’est pas grave, l’expérience est presque la même que dans un resort à Cuba: il faut chaud, c’est humide, c’est bondé de gens et vous risquez de pogner le va-vite à force de patauger dans le jus sale de la ville entière!

Mercredi: 

Votre enfant n’en peut plus de votre unique compagnie et vous sentez que votre relation prend une tournure Psycho avec Norman Bates tellement vous et votre enfant passez du temps ensembles? Invitez des amis à passer du temps à la maison! Sortez des jeux de société divers, des jouets amusants et des repas équilibrés et voyez comment votre propre enfant devient une peste et ne veut RIEN faire de vos activités pendant que les autres s’amusent comme des fous. Rassurez les mamans qui vous demandent si vous serez bien capable de gérer autant d’enfants dans votre maison puis terminez la journée avec un enfant en pleurs, un autre couvert de bouette et votre propre petit avec le front en sang parce qu’il a foncé dans le mur en jouant à tag. #bestbabysitterever #noworries #Idrankwineduringlunch

Jeudi:

Planifier une journée empreinte de découvertes et de magie en sortant un peu de la maison et en proposant à votre enfant que vous devez aller chercher le plancher de céramique pour la chambre de bain. Ajoutez également que vous irez marcher en forêt ou regarder les canards se geler le derrière ou whatever pour que le p’tit entre dans le satané char. N’oubliez pas que vous vivez au Québec et que nous sommes en plein mois de Mars, ce qui veut dire qu’il faudra donc planifier d’apporter les mitaines, tuque et foulards ainsi que la crème solaire et les bottes de pluie pour votre petite virée dans la nature. Si vous arrêtez dans un parc, préparez-vous à pousser votre enfant sur les balancoires alors que vous enfoncez de 13 pieds dans la gadoue.

Vendredi: 

Bon, c’est ben beau le plaisir gratuit, mais il faut un peu de travail manuel pour cet enfant, non? Attrapez moppe, balais, éponge et vieille guenilles rapiécé dans la blouse de votre grand-mère et nettoyez la maison de fond en comble. Le p’tit n’a pas de fun? Faite un concours à savoir qui trouvera le plus de petits morceaux de LEGO, d’élastiques colorés et de billes qui sont supposés aller dans le jeu Hungry Hungry Hippo. Mettez de la musique qui groove et qui donne le goût de danser, la musique que vous écoutiez sur votre Discman avec vos copines du Cégep genre. Faites vous chicaner par votre enfant. Changez de tounes et mettes la calisse de bande sonore du film Trolls. Moppez le plancher tout en chantant avec Anna Kendrick. Faites vous chicaner par votre enfant qui n’aime pas que vous chantiez par-dessus la musique.

Samedi: 

C’est le temps de relaxer! La raison? Les virus étranges et autres trucs qui flottaient dans la piscine municipale risque d’avoir assez incuber dans le ventre de votre petit ange pour afin le rendre malade! résultait, le pauvre p’tit pit feel pas et dors sur le divan. Célébrez brièvement puis rappelez-vous que vous devez vous occupez de votre enfant malade malgré tout, et qu’en plus vous allez sûrement être malade par la suite! Écoutez Riverdale et fantasmez sur Archie comme jamais vous auriez pensé le faire.

Dimanche:

Planifiez tout de suite un plan d’épargne afin que vous puissiez vous payez des vacances l’an prochain.

Dada Blaise

Retourner Vivre Chez Ses Parent

Papa pis Dada, comme le couple de jeunes gens modernes et tendances qu’ils croient être sont en plein projet de rénovation amusant et pas du tout stressant pour le gros nerf du cou. Ils se sont achetés une maison des années 50 qu’ils sont en train de transformer à leur goût à grand coup d’arrachage de vieux tapis poussiéreux et de tapisserie bleu poudre. C’est comme l’émission Comment rénover quand on mène une vie de fou ou toutes ces autres émissions de Canal Vie, sauf sans le budget des producteurs pis les conseils judicieux de Brigitte et ses yeux bleus pétillants de vie et de fait chier un peu. Notre maison étant pour l’instant composé de frames de bois et de fils électriques qui pendent, j’ai dû faire comme beaucoup de jeunes gens post-universitaires qui ont fait leur études en Histoire de l’Art, c’est-à-dire retourner vivre chez mes tendres parents le temps de me remettre sur pied. Et dans la vie il n’y a pas plus grand plaisir que de trimballer la moitié de son garde-robe dans des valises, quelques jouets pour son rejeton et envahir l’espace bureau de ses parents pour dormir sur un matelas gonflable.

Vivre avec ses parents une fois à l’âge adulte est une longue série de moments étranges et surréels, de bouffe abondante (mon Dieu qu’on mange!), de plaisir partagé et d’être agacé par n’importe quel petit détail anodin. Bref, on dirait que j’ai quinze ans à nouveau, mais avec un enfant à mes côtés. En plus, il y a le bonus de partager constamment la même chambre que son enfant! Hourrah la proximité!

Qu’à cela ne tienne, il ne faut surtout pas se décourager. Il parait qu’il n’est pas rare de nos jours pour un jeune adulte de retourner vivre avec ses parents pour quelques raisons que ce soit. Mais est-ce que c’est si plaisant que ça vivre avec ses parents une fois à l’âge adulte?Ouvrez donc vos boîtes de cartons et rangez-y votre amour propre, voici les nombreuses raisons pourquoi retourner vivre chez ses parents est la PIRE affaire au monde!

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Le Lavage

Quoi de PIRE que de revenir du travail pour constater que le lit est fait et que par-dessus, on y a déposé des piles de notre linge tendrement plié? J’étais habitué de porter ma paire de jeans 3 jours de suite afin de sauver sur le lavage et mes gilets blancs étaient toujours jauni par la sueur, maintenant tout mon linge est propre et sent la lavande fraîche, ce qui m’enlève toute crédibilité auprès des jeunes gens hipsters de mon âge….Franchement maman!

Les Repas

Oh sure, au départ ça semble être le paradis sur Terre, tous ses repas succulents et full fromage préparé avec tendresse, recelant la saveur particulière donc seul ma mère à le secret, mais rapidement, je réalise que peut-être que mes parents font maintenant partie d’une secte diabolique et qu’il tente de m’engraisser pour un sacrifice imminent à Lucifer, car c’est pas mal la seule explication logique qui expliquerait leur attitude étrange qui les pousse constamment à me demander si j’ai encore faim et si je veux une autre portion de poulet cacciatore ou ben un p’tit quelque chose de sucré.

The Price is Right

Comme les jours de semaine de mon enfance où je pouvais rester à la maison parce que je fakais j’étais malade, à 11hres, c’est sacré, il faut s’asseoir pour écouter The Price is Right. Le bruit agaçant de « Spin that wheel! » et les « Come on down! » m’agacent les oreilles! Pis Drew Carey est peut-être comique, mais rien ne bat Bob Barker, son long micro et ses remarques sexistes sur les Beauties.

La Proximité

Dormir avec son enfant toutes les nuits semble un rêve pour certain, mais pas pour Dada. La gifle dans la face, les ronflements et les pets abondants me rappellent l’époque des partys d’Université ou tout le monde s’endormait en gros tapon dans le salon à 5hres du matin. Et surtout la maudite veilleuse bleue qu’il faut ABSOLUMENT laisser allumer sinon les Gremlins ou j’sais pas quoi pourraient venir nous manger et qui éclaire comme un spot de 8ooo watts.

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La coupable.

La Proximité (Prise 2)

Et quoi de mieux que de se lever à 11h du soir pour aller à la salle de bain et tomber sur son père, nu, sur la toilette?

Redevenir jeune

À chaque jour nous découvrons une vieille relique de mon passé, que ce soit une vieille pouliche sale, Alan Grant de Jurassic Park, un projet de bricolage du primaire, une photo de moi déguisé en grand-mère dans une pièce de théâtre ou un jeu de société rongé par la moisissure. Peu à peu, je me sens rajeunir, comme si j’étais redevenu adolescent, comme un genre de Benjamin Button, mais sans le six pack. Rapidement, je passe mes soirées devant mon ordinateur à jouer à Warcraft ou à gosser dans la cave, en pantalon de jogging, à attendre mes repas tout en buvant de l’Orange Crush et en prenant 20 lbs par jour.

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Tout de même, merci Pa pis M’man de me faire des pizza sur petit pain croûté et de me laisser jouer au Playstation pendant que vous entertainer mon rejeton avec des biscuits.

Dada Blaise

 

 

 

Tels pères, tel fils

Quand le p’tit est arrivé chez nous, tout le monde capotait parce qu’il ressemblait donc à mon chum, le Papa du duo. Encore aujourd’hui, les gens n’en reviennent pas. « Mon doux qu’il ressemble à son père! » Effectivement, mon chum est grand, costaud, vire sur le blond et à les yeux bleu des mer d’Antilles. Bref, il pourrait faire le cover d’un roman Harlequin à la façon que je le décris.

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Pareil!

Sans blague, le p’tit et son Papa se ressemblent en effet, ce qui peut sembler un phénomène étrange en soi puisque ce n’est pas notre enfant biologique, mais la Nature et des années d’adaptation nous back sur ce point. Il est prouvé qu’un enfant adopté, peu importe ses origines, « pogne » les tics et faciès de ses parents d’adoption à force d’évoluer et grandir avec eux. Et c’est ce que Papa pis Dada remarque à mesure que Petit Pou grandi. Il utilise nos expressions préférés comme « câlisse! » « mon doux! », prononce certains mots de la même façon ou utilise les mêmes tournures de phrases que nous. Il fait des grosses faces coquines, aime faire rire et fait des moues boudeuses quand ça fait pas son affaire, comme Dada. Donc, oui, un enfant qui n’est pas biologiquement le nôtre peut tellement nous imiter qu’il en vient à prendre nos traits physiques. Fucké hein?

Mais quand est-il de sa personnalité? Une de mes plus grandes craintes lors de tout ce processus adoption a toujours été celle-ci: « Est-ce que mon p’tit va me ressembler un jour? » Pas seulement physiquement, non. Est-ce qu’un jour j’vais me voir en mon enfant? Est-ce que je vais reconnaître certains de mes traits de caractère (colérique), mes qualités (great lover), mes défauts (lazy as fuck), mes goûts pour les chansons de Whitney Houston, les chips au vinaigre et ma passion pour les jeux de société bizarres? Comme tout parent rationnel et psychotique sur les bords, j’ai dressé une belle liste de toutes les différences entre mon p’tit et moi, pour voir à quel point on est similaire ou pas:

Manger

Une fois à l’Université, après un party full boisson, j’me suis réveillé hangover comme le maudit, fiévreux et sous l’emprise d’un mal de cœur gastro-entérite intense. J’ai quand même manger les restants de salsa étagé crème sûr/fromage Philadelphia/piment vert à même le plat dans le réfrigérateur. Bref, j’ai toujours faim pis j’aime manger. C’est un plaisir pour moi. Mon p’tit lui, y’a jamais faim. Lui faire manger quelque chose de nouveau est aussi pire que si je lui proposais de lui arracher une dent. Bon, bon d’accord. Propose lui des fucking Goldfish ou des biscuits pis il va faire le beau pis se rouler par terre, mais propose une paella avec des belles écrevisses full antennes pis gros yeux noirs pis tout d’un coup c’est « yark pas bon! ».

Dormir

Pendant que j’me tortille d’impatience en pensant à mon beau grand lit douillet, mon p’tit se défend bec et ongles pour ne surtout, SURTOUT pas aller se coucher. J’comprends que j’suis une personne extraordinaire à côtoyer et qu’il veut surtout pas passer à côté d’une de mes blagues, mais quand il est rendu 10:00 du soir pis qu’il dort toujours pas, j’me demande s’il est pas comme la p’tite fille du film The Ring.


Courir

J’haïs l’effort physique. J’HAÏS courir. Moi j’cours si j’dois me sauver d’un meurtrier sadique, pendant les ventes de feu du IKEA pis si il y a un camion de crème glacée au bout de la rue. Mon p’tit a deux vitesse: « grouille toé l’matin fac j’vais marcher le plus lentement que j’peux » ou « COURIR! ». Il court, pis il cri. Il court des fois tellement vite que j’suis obligé de courir après pis ça me fait presque perdre du poids, pis c’est contre ma philosophie de vie.

Les chars

Vous dire à quel point je ne connais rien au char et à quel point ça ne m’intéresse pas, voici ma meilleure anecdote humiliante sur ce sujet: J’ai du inscrire ma voiture pour le stationnement au Cégep et lorsqu’on m’a demandé la marque de ma voiture j’ai dit: « Chevrolet », et quand on m’a demandé le modèle j’ai dit: « heu…Chrysler? ». Mon p’tit lui adore jouer aux p’tites autos, aime me pointer des « belles » autos (des camions) pis il aime le film Les Bagnoles (boring as hell). J’ai peur qu’il grandisse et se mette à me parler de chars sans arrêt, pis j’saurai pas quoi dire!

M’asseoir

Moi j’aime ça m’asseoir sur le divan pis regarder mon destin par la fenêtre. Pas mon p’tit. Lui il aime ça COURIR, pis SAUTER, pis FAIRE DES CULBUTES! Pis il arrête jamais! Hourrah!

Pis un beau matin, alors que je désespérais de ne jamais voir aucun de mes traits chez mon enfant, j’ai été dans ma chambre pour faire le lit (des fois j’fais ça le ménage). Mon p’tit a resurgi dans la chambre parce que j’ai jamais un moment seul dans c’te maison-là, pis alors que faisais flotter le drap au-dessus du lit, il s’est jeté dedans à grand coup d’éclats de rire pis de bonheur joyeux. « Encore! » qu’il me dit sur le champ. J’obéis. Pis on continue pis on a du fun. Pis discrètement, j’me suis essuyé une p’tite larme de la sensibilité et de l’émotion. Cette scène-là d’un enfant qui joue dans les draps, je l’avais déjà vécu avant. Avec ma maman. P’tit Dada se pitchait avec allégresse dans la vague des draps sous le regard attendrie de sa mère. Mon p’tit fait les mêmes choses que moi tout compte fait. Il sautait et jouait tout comme moi je l’aurais fait. En un instant, j’me suis reconnu dans mon gars. Mon p’tit gars colérique, têtu, bouffon, difficile, maussade, excité, paresseux et jovial. À force de chercher toutes nos différences, j’voyais pas nos ressemblances.

Like fathers, like son after all.

Dada Blaise

Pourquoi Autant de Jouets?

Comme pour beaucoup de choses dans ma vie, je m’étais fait une image parfaite dans ma tête sur un enfant qui joue avec des jouets. L’image était un amalgame de mes propres souvenirs, d’annonces de jouets full cool effets spéciaux retrouvés sur les postes américains de ma jeunesse, quelques scènes de films et photos de magazine. Je m’imaginais mon enfant, cheveux bouclés et joues bien roses, jouant avec ses petits blocs de bois solides, s’amusant à en faire des belles tours bien hautes ou tout simplement les alignant un derrière l’autre pour en faire des pistes de courses. Je m’imaginais également qu’un enfant adorait jouer avec des jouets, qu’il pouvait passer des heures à jouer avec des figurines et des Legos, se créant des histoires rocambolesques et des épopées fantastique grâce au puissant pouvoir de l’imagination.

Avant d’avoir des enfants, moi, Dada, je me permettais également le jugement du jouet. Quand j’allais chez les gens qui avaient des enfants, j’me disais avec ma voix sassy et assuré « Voire que ces jeunes-là ont AUTANT besoin de jouets que ça. Ils en ont ben trop! », pis je repartais fièrement avec ma tête arborant une énorme tignasse de cheveux sexy pis mes fesses rebondis. Mais la vie, cette salope cruelle qui offre et enlève en même temps, m’a donné la chance inestimable d’avoir un enfant tout en me ramollissant les fesses. Moi qui m’étais promis que mon salon n’allait pas ressembler à un sous-sol de garderie, ben regarde moi donc les centaines de chars, pis grosses pistes de courses, pis pouliches pis nourriture de plastique qui se répandent partout, pis toutes sortes d’autres belles affaires inutiles.

OUI, j’ai appris et je suis repentant. Je suis comme tous les autres parents à présent, je cours dans les Wal-Mart et Toys’r’Us de ce monde pour acheter quarante-cinq-mille bébèlles différentes. Ma salle de jeux et mon salon sont rempli à rebord de jouets dans un seul et unique but: occuper mon enfant assez longtemps pour que je puisse faire le souper/uriner/liker des photos sur Facebook. La vie d’un parent est difficile. Le parent mérite une pause. Les jouets sont là pour ça. Alors pourquoi il y en a autant?

Pour diverses raisons:

  • Dans l’espoir de trouver LE jouet, LA bonne affaire qui déclenchera un spark d’intérêt fabuleux qui donnera envie à votre enfant de jouer le plus longtemps possible tranquille et de façon raisonnable tout en développant son intellectuel et ses talents artistiques.
  • Parce que votre enfant en reçoit des tonnes et des tonnes à chaque Noël et jour de fête, particulièrement le genre de jouet électronique qui chante sans arrêt, surtout parce que l’enfant pèse et repèse sur le piton jusqu’à ce que la chanson ce soit incrusté dans votre cerveau comme un parasite et fasse partie de votre personnalité intégrale à jamais.
  • Parce que vous avez visité des amis qui ont des enfants et vous avez vu à quel point ils ont des jouets cool et branché comparé aux vôtres, pis ben coudonc, vous êtes jaloux pis vous aussi vous les voulez ces beaux jouets-là esti.
  • Parce que vous avez donc joué avec ce jouet-là quand vous étiez p’tit pis vous avez donc aimé ça, pis damn it, votre p’tit aussi va jouer pis avoir autant de plaisir que vous pis vous allez partager un beau moment pis ça va être le fun, correct-là? Pis évidemment le p’tit en a rien à faire de votre jouet plate et délavé.
  • Parce que vous avez eu le malheur d’écouter PatPatrouille, pis guess what, ça vous prend les p’tites figurines de chaque chiens. Les chars aussi. Pis la grosse base. Pis le temple. Pis les toutous. Pis devinez quoi? La nouvelle saison est sortie, pis il y a un nouveau chien! Hourra le mercantilisme et la faible volonté d’un parent qui aime avoir les belles collections « au complet »!

 

Dada Blaise