Votre Halloween par Papa pis Dada

Vous le saviez, je le savais, mais l’inévitable arrive finalement demain, drette dans la pluie frette pis la frénésie du costume: l’Halloween. L’Halloween, comme vous le savez, est l’occasion de rôder au travers les rues sombres de la ville avec vos enfants déguisés en animal afin de leur apprendre une belle leçon comme quoi c’est correct de supplier des étrangers pour avoir des bonbons. Comme j’suis genre un devin pour tout ce qui attrait les activités familiales, voici en gros à quoi devrait ressembler votre journée de demain.

5h.     Votre enfant retontit dans votre chambre avec les cheveux à droite et les pupilles dilatés comme s’il était sur un gros high d’ectasy, proclamant haut et fort son amour pour l’Halloween et s’il peut déjà mettre son costume. Bonjour la vie!

5h11.   Après un débat féroce qui passe proche du tir au poignet, vous avez réussi à convaincre à votre enfant qu’il vaut mieux se recoucher et attendre que son câlice de réveil montre un p’tit soleil avant de se lever, afin d’être bien en forme pour ce soir. Rappelez à votre enfant aussi que s’il se recouche pas, il risque de voir tous les beaux bonbons qu’il a ramassé durant la soirée r’virer dans le fin fond du bol de toilettes.

6h.     Le p’tit soleil est apparu sur le cadran, donc levez-vous au plus chriss.

6h à 6h30.    Préparez les boites à lunchs ainsi que les cupcakes surprises d’Halloween en forme d’araignées coquines pour la classe de votre enfant, cupcakes qu’il fallait avoir préparé la veille mais que vous aviez oublié, préférant regarder Tous pour un châlet en petites culottes sur votre divan à la place.

6h30.      Préparez un savoureux déjeuner que personne ne va manger tant ils ont l’excitation dans le derrière. Apprêtez vous à jeter céréales et œufs dans le compost pour finalement entendre vos enfants réclamer qu’ils ont subitement très faim.

7h.           Sortez le costume d’Halloween du bébé et de l’enfant. Regardez les yeux confus de votre enfant qui vous signifie de façon saine et raisonnable que ce n’est pas ce costume-là qu’il souhaitait porter. Votre enfant est terriblement déçu de vos capacités parentales quant à deviner télépathiquement ses changements d’idées. Devant l’inévitable, il accepte néanmoins ce costume affreux que vous aviez commandé sur Internet en échange de votre patience. Vous mettez le costume à bébé également, qui semble se dire : « What the fuck? Pourquoi tu me mets un gros ananas sur la tête? ».

7h22.         Appliquez avec délicatesse et finesse le maquillage réclamé par votre enfant. Pas de simple moustaches ou un petit nez rouge, no bitch. Il veut le même maquillage que sur le vidéo Youtube de Swan et Néo qu’il a vu l’autre jour, avec des effets d’ombre et 3D.

Sans titre

Tiens mon p’tit pit, t’es ben beau comme ça. Pareil comme sur ton vidéo!

 

7h25.      Peu importe votre dévouement au maquillage, votre enfant enfile son foulard et sa tuque et vl’à ti-pas tous les beaux fruits de vos efforts qui finissent beurrer tout croche contre le tissu. Câlice.

7h30.       Tentez d’emmitoufler votre bébé dans le siege de voiture sans l’étouffer avec son jovial et fantasque costume qui lui remonte par-dessus la bouche.

8h à 15h.    Boutte calme. Sauf si comme moi vous œuvrez dans le monde des enfants, alors là, vos oreilles bourdonnent sous les cris incessants d’excitation d’un groupe survolté d’enfants tout en suant dans votre costume trop serré qui frôle dangereusement l’appropriation culturel que vous vous obstiné à mettre années après années.

15h30.     Votre enfant de retour de l’école/garderie/centre correctionnel est déjà primé pour aller faire la tournée de l’Halloween. Il est en convulsion sur le tapis du salon alors que vous vous démenez pour préparer un repas simple et succulent qui plaira à toute la famille. La télévision sera votre bonne amie pour ce soir. Votre plat de macaroni ne sera nullement savouré puisque votre enfant se lèvera huit fois pendant le repas pour aller voir si le soleil a commencé à aller se coucher pour signaler l’heure de l’Halloween. Également, vous aurez été sûrement interrompu par des Halloweenieux trop excités qui passent à 4h15.

17h.         Dès les premières traces de noirceur votre enfant hurle qu’il est temps de partir au plus chriss. Aweille les costumes pis le beau maquillage. Mettez-y moins d’efforts, il va faire noir pis pleuvoir anyway.

Promenez-vous de maison en maison avec votre jeune enfant a qui vous avez revêtu son plus beau manteau d’hiver histoire qu’il ne pogne pas son coup de mort. Votre enfant est un peu en est parce qu’on ne voit pas son beau costume d’Halloween sous les huit couches épaisses de protection contre le froid. Accompagnez votre enfant jusqu’aux portes des maisons au cas où un maniaque déguisé en tueur de Frissons surgirait pour foutre la trouille à votre enfant et taché son beau costume de ses selles nauséabondes du même coup. Plantez-vous comme un piquet à quelques pas derrière votre enfant alors qu’il attend dans le grand silence malfaisant que ledit adulte daigne lui donner son p’tit sac de bonbon. Si vous êtes malchanceux, vous tomberez peut-être sur l’adulte joviale qui exige une belle chanson pour un bonbon, fuyez immédiatement.

Rappelez pour la 45ième fois qu’il faut dire merci. Répétez au nauseam.

21h.         Revenez à la maison est chicanez vous avec votre enfant sur le nombre de bonbons auxquels vous avez droit. Attendez que votre enfant se couche, le corps traversés de spasmes dû au nombre élevé de sucre qu’il a dans le sang, puis volez lui une couple de bonbons.

12h.       Réveillez votre enfant et rendez-vous avec lui dans la forêt pour son Baptême Noir. #sabrina

 

Joyeux Halloween!

Dada Blaise

 

 

 

L’Enfant Autiste et la Garderie (3ième partie)

Après bien des péripéties et des aventures plates, pas souvent très drôles et surtout déchrissantes à souhait, Papa pis Dada ont atterri à la bonne garderie pour leur enfant.

Je la nomme, roulement de tambour pis trompettes pis feux d’artifices:

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Je pourrais vous dire ben des affaires sur cette garderie. Je pourrais vous parler de la propreté de l’endroit, les locaux grands et aérés, rempli de belle lumière et joliment décoré, du ratio des enfants de chaque groupe, du fait qu’il y a un gym à l’intérieur pour que les enfants dépensent leur énergie par mauvais temps, d’une cour à l’extérieur et d’un parc tout près des services. Je pourrais vous beurrer ça ben épais avec une proclamation dithyrambique sur les nombreuses activités offertes, aussi bien motrices que artistiques ou pré-scolaire, de l’organisation super bien pensé et détaillé, l’aspect sécurisant pour l’enfant et le parent. Je pourrais vous parler de l’horaire giga, méga flexible, celui qui permet à un parent d’arriver APRÈS 5 heures et de venir porter son enfant avant huit heures sans se faire faire de gros yeux ronds parce que mon doux qu’on est donc de bonne heure. Je pourrais vous dire ben ben des affaires merveilleuses, mais je vais juste vous parler d’une chose:

Les éducatrices.

On pense souvent à tord qu’être éducatrice c’est facile, que c’est une job pour celles qui aiment les enfants et qui veulent jouer à la maman, que c’est comme être une petite gardienne du voisinage, mais avec juste une couple d’enfants de plus. Ben évidemment, on se fourre royalement en pensant cela, parce que la plupart d’entre nous aurait lancé un enfant par la fenêtre après une semaine ou se retrouverait enfermé dans les p’tites toilettes en braillant pis en lançant des Goldfish aux enfants pour qu’ils nous laissent tranquille. Ceci étant dit, laissez-moi maintenant faire les louanges des éducatrices de la garderie Boule d’Énergie, parce qu’elles le méritent en siouplait:

Disons d’abord une affaire, mon garçon, qui a été diagnostiqué TSA en septembre 2017 rappelons-nous-en, n’est pas un enfant facile, il n’y a pas trente-six façons de le décrire, il est juste pas facile au quotidien, spécialement lorsqu’il est avec un groupe d’enfants dans un environnement rempli de trop de stimuli pour son petit cerveau sensible. Voici tous les comportements dérangeants qu’il a pu avoir pendant qu’il a fréquenté cette garderie:

  • Pleurer, crier, hurler
  • Crises de bacon
  • Lancer des jouets
  • Lancer son assiette pleine de nourriture
  • Lancer sa chaise (WTF?)
  • Frapper tout ce qui était autour de lui
  • Se frapper la tête contre un mur, plancher, name it
  • Se griffer, se faire mal
  • Frapper les autres
  • Griffer les autres
  • Mordre et étrangler les autres amis
  • Descendre un escalier en marchant comme une araignée
  • Parler une langue étrangère, genre le vieux latin
  • Vomir une étrange bouilli verte
  • Dire qu’il va voter pour Trump
  • (J’en ai inventé quelque uns, à vous de deviner lesquels)

Avec tout ça, tous ces comportements dérangeants et franchement terrifiants par certain moment, on ne m’a appelé une fois, une seule fois, pour me dire de venir le chercher car ça devenait trop dangereux pour mon garçon. Une seule fois. Les éducatrices et la direction se sont toujours arrangés pour gérer les crises, trouver des solutions calmantes, aimantes, aidantes. Et surtout, SURTOUT, à chaque fois que je suis venu le chercher et qu’il avait passé une journée horrible, ce genre de journée que tu te demandes si un si petit enfant est capable de supporter autant de colère dans un si petit corps, hé bien je n’ai jamais été accueilli avec le désespoir d’une éducatrice. Jamais. Il y avait toujours un côté positif, encourageant, un mot pour nous supporter, nous faire sentir qu’elles comprenaient et que ce n’était pas de sa faute. C’était ce qu’il y avait de plus important pour moi. Dans tout mon désespoir et mon sentiment d’inutilité face aux comportements de mon enfant, c’était de voir qu’elles comprenaient que même lui n’était pas capable de se gérer. Ce n’était pas des caprices ou bien pour mal faire, c’était tout simplement hors de son contrôle.

Nous avons toujours été informé comme il se doit, il n’y a jamais eu de moments surprises et surtout, dans les bouttes rough, nous nous sommes assis avec les diverses intervenantes pour discuter et tenter de trouver des solutions.

Les éducatrices sont merveilleuses, il n’y a pas d’autres mots. C’est le genre d’endroit, malgré que ce soit très grand et avec beaucoup de groupes d’âge, où elles connaissent tous les enfants par leur nom. Elles saluent mon garçon à chaque matin, même s’il n’est pas leur groupe. Et surtout, elles aiment les enfants. Elles sont dévouées et patientes et tout ce que tu peux penser.

Pis il faut que je finisse par remercier MON éducatrice, celle qui a pris soin de mon Petit Pou depuis presque deux ans maintenant. Celle qui a aimé, bercé, rassuré, consolé, fait rire, raconté des histoires, supervisé les repas, qui a calmé, apaisé, soigné, nettoyé le vomi, essuyé la morve, lavé les foufounnes sales, tenu dans ses bras afin qu’il ne se blesse pas, pris à part pour gérer les nombreuses crises, bercé et câliné, lui a appris les lettres et les chiffres et l’anglais et l’espagnol, le Chili et les recettes de biscuits « spécial », celle qui a chanté, donné, celle qui s’est dévoué. Celle qui nous a accueilli, et ce à chaque maudit matin, CHAQUE MATIN, avec le sourire franc et pimpant de la bonne humeur, celle qui nous a accompagné dans toutes les démarches d’éducatrices spécialisées, de remplissage de formulaire pour ci pis pour ça, d’inquiétudes, de questionnements, d’observation par toutes sortes de monde. C’est une éducatrice qui a pleuré de joie avec nous quand nous avons eu des bonnes nouvelles, qui s’est fâché avec nous quand notre garçon semblait vivre des injustices par notre système de santé et scolaire, c’est une éducatrice comme j’en souhaite à tous ceux qui le méritent.

Kim Fréchette de son prénom. Elle est belle, drôle, dynamique, enjouée, pétillante, intelligente, passionnée et surtout, elle aime notre enfant. Pas moyen de passer à côté. C’est la base. Malgré tout ce que mon petit homme a pu lui faire vivre, elle l’aime.

Donc merci à elle et à toutes les autres éducatrices. Pis si jamais vous êtes du coin de Saint-Jean-sur-le-Richelieu et que vous vous cherchez une garderie, ben bonyeu, qu’est-ce que vous attendez? Go à Garderie Boule d’Énergie c’t’affaire. It’s the best, parole de Dada.

Dada Blaise

 

Garderie Boule d’Énergie

196 Rue Saint-Louis, Saint-Jean-sur-Richelieu

Téléphone : (450) 376-7933

http://www.bouledenergie.ca

 

 

 

L’Enfant Autiste et la Garderie (2ème partie)

*Warning! Ce post est tiré de mes expériences et mes observations, donc nullement représentatif de la vie en garderie en général, fac calmez-vous les commentaires de « moi je ». 

L’Enfant Autiste et la Garderie (1ère partie)

Deuxième Garderie – La Bitch qui Berce l’Enfant

Fac Dada cherche une autre garderie comprends-tu. Il voudrait bien trouver un établissement qui se spécialise avec des enfants autistes/différents, mais ça ne cour par les rues semble-t-il. Pis, coup de chance, il trouve cette petite annonce sur magarderie.com d’une garderie familiale dirigé par Madame Chose (je voulais l’appeler Grosse Chrisse, mais mon chum ne voulait pas…), qui proclame qu’elle a enseigné pendant 10 ans au primaire, qui possède un diplôme en ADAPTATION SCOLAIRE et qui a une bonne expérience auprès des enfants qui ont un handicap ou des besoins particuliers. Heu wow! Jackpot que j’me dis. Heille, c’est tout ce qu’il nous faut et même plus! Papa pis Dada se rendent donc à la rencontre de la nouvelle petite madame. Nous arrivons donc dans le quartier des riches avec les belles grosses cabanes immenses et les jardiniers rutilants de muscles qui baisent les femmes au foyer richissimes. Kessé qu’on fait là qu’on se demande. On arrive à la garderie et on visite le tout. C’est beau, c’est grand, il y a du marbre sur les comptoirs, il y a une kickass grosse piscine creusée à l’arrière, ça semble très bien. On trippe comprends-tu. Mais les apparences sont souvent trompeuses…On rencontre Madame Chose, toute dodue devant, qui semble posée, logique et super compréhensive. Elle est bien excitée d’avoir un couple de papas, elle trouve ça ben l’fun. On réexplique toutes les belles caractéristiques de notre enfant en menu détails afin qu’il n’y est pas de mauvaises surprises plus tard: Pas de sieste. Agressivité envers les autres. Se frappe. Crises diverses pour X raisons. Se braque, s’oppose. Hypothèses diverses, on ne sait pas s’il est autiste ou s’il a quelque chose d’autres.

Pas de problème nous dit Madame Chose. Elle a une bonne expérience et sait comment agir avec ce type d’enfants. Vous allez voir qu’ici c’est un bel environnement pis bla bla bla, full compréhension de l’amour de la patience de la diligence de vive la vie vive la différence. Mon Dieu qu’on se peut plus, Papa pis Dada ont envie de lui acheter un beau gros bouquet de fleurs. On inscrit notre garçon là-bas.

Et c’est reparti pour une autre garderie. Mon enfant à 3 ans.

Au départ, tout va bien. C’est la nouvelle lune de miel. Petit Pou « fit » un peu mieux. Madame Chose nous envoi des photos de notre enfant qui dort l’après-midi et qui joue au parc avec les autres. On est heureux. Puis, après deux semaines, les crises reviennent. Madame Chose gère ça. Elle tient son boutte nous dit-elle. Elle n’est pas stressé par la vie. Elle est organisée et rassurante pour notre enfant. On est encore plus heureux. L’été arrive, la méga grosse belle piscine creusée est ouverte. Petit Pou aime se baigner. Dada est congé, il envoie Petit Pou à temps partiel. L’après-midi il va chercher son enfant et il jase avec Madame Chose. Elle lui jase de ses enfants et de ses beaux voyages qu’elle a fait en Europe pis dans les pays chauds. Elle est ben chummé avec Dada. Elle lui propose même d’emmener son maillot une bonne fois et de se baigner dans sa belle piscine filtré au sel avec des effluves de lavande. Dada se garce une petite gêne. Malgré tout, il aime bien jaser avec Madame Chose. Ensembles, ils émettent des hypothèses sur la condition de son enfant. Dada raconte des événements qui sont arrivés avec son enfant, comment il agit dans telle situation, comment il ne sait pas toujours quoi faire exactement. Madame Chose raconte souvent les beaux progrès de son enfant, genre il a sauté tout seul dans la piscine, il a joué avec la petite fille, il a participé au beau bricolage. Dada est enchanté. Pendant l’été, Dada réussit à avoir un rendez-vous avec la p’tite madame du CLSC. Elle va observer Petit Pou à sa maison, puis à la garderie. Résultat des observations: autisme possible, mais trop jeune encore pour être certain. Il est juste sur le bord genre. Il est pas assez comme ceci, pas assez comme cela. Elle recommande d’attendre à l’an prochain, l’été de ses 4 ans, pour le faire réévaluer. Je retransmets l’information à Madame Chose. Elle semble sceptique. Premier signe de quelque chose qui cloche.

L’été se termine pis Dada commence à sentir un p’tit changement chez Madame Chose. Dada recommence à travailler, il commence un peu plus tôt et termine un peu plus tard of course. Madame Chose fait remarquer en semi blaguant que les autres enfants arrivent vers les presque neuf heures alors que Petit Pou est le premier à 7h45.

Les crises s’accumulent. Petit Pou est en pleine opposition et ce n’est pas facile. Madame Chose me le fait remarquer. Je lui dis que tout ce qu’il fait est pas mal semblable à ce qu’il faisait dans l’autre garderie, ce n’est pas une surprise. Elle se plaint que mon garçon ne joue pas assez avec les autres, il joue juste avec des bébèlles pour plus jeune, n’est pas capable de s’occuper par lui-même, dérange toujours les autres, qu’il se fâche quand il n’a pas ce qu’il veut et patati et patata. J’explique et réexplique qu’elle a bien raison, que c’est pareil à la maison, que nous aussi on nage dans le néant, que la tite madame du CLSC l’a dit elle-même, elle n’est pas certaine de rien. Je lui demande son avis, Madame Chose me rétorque que ce genre de comportement chez un enfant est normalement celui d’un enfant qui a tout ce qu’il veut à la maison, un enfant roi. Ouain…ok. Je lui dis que non, on tient notre bout à la maison. Les semaines se poursuivent, Petit Pou devient de plus en plus difficile. Il cherche à faire réagir Madame Chose. Il vise les autres enfants et leur fait mal, les tape, les pince, etc. C’est pas plaisant pour personne.

Petit Pou est stressé, il a de la difficulté à faire caca ailleurs qu’à la maison. Un vendredi, il s’échappe et a une trace de break dans ses culottes. Madame Chose m’appelle sur mon cellulaire pour m’en informer. Elle me dit qu’elle ne peut pas se permettre de laver ses sous-vêtements comme ça et que si mon garçon souffre d’un tel problème, vaudrait mieux le remettre au couche. Dada pogne les nerfs et sent la désillusion se pointer le bout du bec sale. Il dit que non, son garçon ne portera pas des couches, on ne va pas lui imposer ça. Dada commence à stresser.

Madame Chose continue dans sa belle lancée. Petit Pou a fait ceci, Petit Pou a fait cela. « Il sabote tout ce qu’on fait. C’est un enfant très destructeur, difficile. » me dit-elle. Me semble que j’ai le motton pis que je feel pas après une telle phrase, mais je ne dis pas grand chose. Les jours se suivent. Il n’a pas voulu se déguiser à l’Halloween, il n’a pas voulu faire la tite carte de la pluie, il n’a pas voulu jouer à la cachette avec les autres, il veut tout le temps être dans son coin, etc, etc. Puis arrive le coup de grâce. Un lundi j’arrive du boulot et me rend au parc tout près de la belle grosse maison de la gardienne et elle me dit que les autres parents ont commencé à parler entre eux. Ils ont quasiment formé un groupe Facebook en cachette. Mon enfant semble être catalogué comme le p’tit pas fin, le p’tit chriss. Leur réaction est normale. Moi aussi si quelqu’un blesse mon enfant, je sors hors de mes gonds pis je pète ma coche. Mais voilà, un incident qui est arrivé le vendredi d’avant, dont nous n’avons pas été mis au courant, a fait que Madame Chose a brusquement prise une décision. Une maman proclame qu’elle retirera son enfant et les autres bébés qu’elle a à la maison qui arriveront dans quelque mois si mon enfant n’est pas mis dehors de la garderie.

Je répète ma phrase: Une mère veut qu’on mette mon enfant dehors de la garderie en faisant du simili chantage. Madame Chose dit qu’elle ne peut pas se permettre de perdre de l’argent ainsi. Mon garçon n’est pas à la bonne place. Elle a tout essayé, tout mis en place, rien n’y fait, va falloir qu’il sâcre le camp.

Ouch. Reouch, twist dans le coeur, grosse peine pour Dada. Chriss de grosse colère. Il n’y a pas assez de mot pour dire comment je me sens trahi. Sous le choc, je ne dis rien et pars chez moi. Je braille à mon chum qui lui appelle la méchante madame et demande à la rencontrer. Rencontre il y a, mais Madame Chose est catégorique. Elle devrait faire du 1 pour 1 avec notre enfant, il est trop agressif et violent envers les autres, elle ne peut pas le gérer. Les autres parents commencent à avoir peur. Peur dit-elle. J’ai les larmes aux yeux juste à écrire ça. Je peux comprendre qu’un parent puisse avoir peur puisqu’il est face à l’inconnu, ne sait pas trop qui est cet enfant et qu’il ne veut pas que son propre enfant soit en danger. Mais je ne m’explique pas comment une intervenante en garderie, qui dit avoir de l’expérience en ADAPTATION SCOLAIRE et avec des enfants différents, ne peut pas expliquer la situation aux autres parents. N’est-ce pas son rôle de rassurer tout le monde? N’est-ce pas son rôle de démontrer qu’elle a le contrôle sur sa garderie? N’est-ce pas son rôle de prendre soin de TOUS les enfants de son groupe?

Papa est en beau joualvert. Il ne veut pas que Petit Pou quitte la garderie, parce que malgré tout, lui il est ben là-bas. Dada lui ne peut pas s’imaginer d’avoir à lui expliquer qu’il doit changer de garderie parce qu’il est indésirable. Nous nous entendons avec Madame Chose pour dire qu’il restera jusqu’à notre déménagement (en janvier) et qu’ensuite il partira. Deal. Petit Pou continue d’y aller, Dada a le coeur gros, Papa enquête. Il appelle au bureau CPE avec qui la garderie est affilié et SURPRISE, elle n’a pas fait de demande d’aide. Elle n’a même pas signalé qu’il y avait un problème. La madame au bout du fil est surprise et semble un peu fâchée, dit qu’elle va enquêter sur ça. Elle dit qu’avant de mettre fin à des services, il faut mettre en place un plan d’intervention et tout le tralala. Quand Dada confronte Madame Chose avec ça, celle-ci répond que ça ne changerait rien de toute façon, qu’elle ne recevrait pas les services adéquats. Fine que je lui répond, mais on fait tout ce qu’il faut quand même. Parfait dit-elle d’un air condescendant, si c’est ce que vous voulez. Bref, les relations sont genre un peu tendus.

Puis arrive le boutte triste encore plus. Un soir, alors que je couche mon enfant, celui-ci me dit qu’il ne veut plus faire dodo « en bas, dans la cave ». « Où ça, chez nous? » que je demande. « Non, chez Madame Chose. J’aime pas faire dodo en bas, j’ai peur. » À force de le faire parler et à déchiffrer ce qu’il raconte, j’en déduis que l’après-midi, quand il pète sa coche pour ne pas faire de sieste, il est amené dans une autre pièce, dans la cave. Ah ben là, calvaire. Mon chum va porter notre enfant le matin et confronte Grosse Chrisse Madame Chose qui dit que oui, il dort en bas avec son assistant (Que Petit Pou connait mais quand même…) afin de ne pas déranger les autres. Donc, on enferme mon enfant dans une pièce au sous-sol avec l’assistant. Mon chum me texte ça. Je call à ma job et je demande un congé pis je chriss mon camp à la garderie. Il s’en va, drette-là que je lui dis. V’là ton chèque. Après un moment awkward où mon enfant dit bye aux autres sans vraiment comprendre pourquoi, je l’attache dans le char pis je me retourne vers Madame Chose qui nous a suivi dehors avec le cadeau de Noël qu’elle avait préparé pour mon enfant et d’autres trucs. Avec tout le fiel et la colère que j’ai dans le fin fond du bas-ventre, je lui susssurre entre les dents que je n’ai jamais vécu un tel sentiment de trahison. Elle me bafouille quelque chose que j’ai oublié tellement je suis en esti. Pis je pars.

Je n’ai jamais revu Madame Chose. Mais encore aujourd’hui, je lui en veut amèrement. Encore aujourd’hui je fantasme d’aller détruire son beau parterre de fleurs, péter les pneus de son char ou ben aller pisser dans sa belle grosse piscine creusée. Le sentiment de trahison était réel et l’es encore. Oui, c’est vrai que mon enfant n’est pas facile. Tu sais quoi, il est même horriblement difficile par boutte. Mais tu sais, aucun parent au monde ne souhaite que son enfant soit le p’tit difficile à la garderie. Aucun parent au monde espère arriver le soir pis se faire dire que son enfant à mordu, pincer, attaquer un autre. On ne sait jamais trop comment réagir dans ce temps-là. On a beau chicaner, punir, intervenir, il est trop tard rendu le soir. On vit dans une incertitude constante. Quand tu es parent d’un enfant différent, tous les intervenants qui gravitent autour de ton enfant deviennent alors très important pour toi. Ils sont de l’aide, ils sont des confidents, des personnes avec qui tu peux partager ton quotidien et expliquer que oui, ce n’est pas facile. Je lui ai dit beaucoup de choses à cette madame, beaucoup de mes craintes, de mes peurs face à mon enfant. Alors quand est venu le temps de mettre fin au service, oui j’ai été blessé. Je n’aurai jamais pu m’imaginer que mon enfant aurait pu être jeter ainsi. Qu’on aurait pu s’en débarrasser ainsi parce qu’il dérangeait, ne « fittait » pas dans le système. Pour une question d’argent. Pour un question d’impopularité. C’est là que j’ai compris dans quel système je vivais et dans quoi j’allais m’embarquer avec mon enfant différent. Qu’il faudrait que je me batte pis que je sors les crocs pis les griffes pour qu’il soit traiter comme il se doit.

La semaine prochaine, la belle fin heureuse de Petit Pou qui a trouvé LA garderie la meilleure plus plus plus du monde entier.

Dada Blaise

Sujets de Discussion Awkward Avec Son Enfant Autiste – Part 1: La Mort

Faque, imaginez-vous donc que ces temps-ci on parle de la mort. Genre sans arrêt. Mon cher et tendre garçon unique en son genre à découvert, dieu sait comment, le sujet de la mort. Pis il veut savoir de kessé que ça implique, comprends-tu? Jour après jour, me voilà bombarder de questions du genre à quel âge on meurt, est-ce que grand-maman va mourir bientôt et où on va quand on est mort. Et tout cela avant huit heures du matin la plupart du temps. Happy thoughts!

Tout cela est en partie la faute d’un chien. Spécifiquement feu Wilson, notre p’tit chien saucisse qui pissait de bonheur sur nos piles de linge. Mon p’tit avait à peine 3 ans quand petit chien a quitté notre foyer et on avait pas mal sugercoaté son départ. Mais vl’à ti-pas que grace à nouveau bébé dans notre foyer, mon grand garçon nous plonge dans les souvenirs larmoyants en regardant son album photos de bébé. Pis qui apparait sur plein de photos? P’tit chien saucisse Wilson. Petit Pou s’ennuie de Wilson. Il en veut un autre. Et comme tous les parents d’enfant autiste savent, quand il a une idée dans la tête, il l’a pas dans l’derrière. L’idée est ben incrusté, il en veut un chien, pis drette tout de suite fucking now, peu importe mes manoeuvres de distractions boboches comme ce joli jouet de chien qui culbute. Frappant un mur et étant un peu écoeuré de me faire demander quand on aurait un chien, je fais comme tout parent coincé fait et je porte le blâme sur mon conjoint:

« On ne peut pas avoir de chien parce que papa peut pas avoir de chien. Il est allergique. Il ne peut pas avoir un chien dans la maison sinon il va tomber vraiment malade. »

Le sujet semble clos et je me félicite chaudement. Pis, vl’à soudain que la logistique autiste de mon garçon s’enclenche pis qu’un beau jour, en revenant de la garderie, mon enfant m’annonce:

« Tu sais, quand papa va être mort là, on achètera un chien. »

Craignant qu’il dévise alors un plan machiavélique de tuer mon tendre époux dans la nuit avec une paire de ciseau dans le but d’avoir un chien, je lui explique prestement:

« Tu sais tu vas grandir et devenir un grand garçon, aussi grand que papa. Tu pourras avoir ton propre chien dans ce temps-là! »

« Mais papa y vas-tu être mort? »

« Non. Papa il va mourir dans très très longtemps. »

 

Pause.

 

« Pis toi? C’est quand tu vas être mort? »

« Dans très longtemps aussi. Je vais être vieux, vieux, vieux. »

 

Je sens le malaise d’un petit garçon de 4 ans face à la brusque réalité de nos vies limités. Il semble bien seul et perdu sur son p’tit siège derrière moi. J’m’arrête dans un stationnement et je tente de bullshiter une réponse un peu fabuleuse, magique et réconfortante à la fois. Personnellement, je tente de garder un esprit ouvert sur le grand mystère de la mort et j’aimerais rien de mieux que d’aller straight au paradis avec des anges tout nus qui ressemblent à Hugh Jackman pis jouer aux cartes avec mes ancêtres pis retrouver mes anciens chiens, mais bof, j’suis quand même réalise. Anyway, peu importe ce qui va arriver, j’me vois mal aussi annoncer à mon enfant qu’après la mort ton corps pourri horriblement dans la terre pis se fait dévorer par des p’tits vers blancs dégoutant. Fac j’opte pour l’option facile:

« Yada, yada, yada, on quitte vers les étoiles pis chacun des petits points brillants dans le ciel c’est une personne ou un animal que tu as beaucoup aimé. Et quand tu t’ennuies de Wilson ben tu peux regarder le ciel et trouver l’étoile qui brille la plus fort! »

Tout est beau que j’me dis. Sauf que j’vois de ses deux confus yeux qu’il est entrain de s’imaginer l’espace tout entier avec un paquet de corps mort d’animaux pis de personnes qui flottent dans l’espace noir et infini de l’espace. Oups!

« Mais Dada, quand tu vas être mort pis papa aussi…moi je vais être tout seul? »

Oufff…Je vois bien sa grande peur, cette éternelle peur qui est resté ancré dans le fin fond de son p’tit coeur, celle qu’il a gardé depuis qu’il a changé de famille à ses 3 mois. Cette peur d’être tout seul, d’être abandonné.

« Qui va s’occuper de moi? » me demande-t-il avec un début de trémolo dans le fond de la gorge.

Je me trouve bien embêté et honnêtement, un peu sur le bord de brailler à mon tour. Faut-il que je sois le plus honnête possible? Et comment je fais quand je ne peux même pas être certain de ce qui va arriver? Fac je lui dit que peu importe ce qui va m’arriver, mon amour va rester là. Direct dans son coeur. Je fais une petite boule avec ma main.

« Mon amour c’est ça. Pis il va être dans ton coeur pis celui de ton frère pis celui de papa. Pour toujours. Mon amour il ne peut pas s’en aller de ton coeur. Donc à chaque fois que tu vas t’ennuyer de Dada, tu vas avoir mon amour avec toi. »

Il me regarde furtivement, ses petits yeux bleus se remplissant de p’tites larmes.

« Tes mots me font rendre triste dans mes yeux mais sourire en même temps. » qu’il me dit  en se séchant les yeux.

J’dis pas que j’ai tout réglé avec ma phrase magique, mais disons que quand il me ressort un « C’est quand tu vas mourir? », j’lui rappelle de toucher son coeur pour vérifier si mon amour est encore là. Pis guess what, il l’est encore.

Dada Blaise

 

 

Papa pis Dada VS La Charge Mentale

Hé, vous vous rappelez de l’hilarante déclaration de divers groupes religieux, back en 2005 quand le mariage gay est devenu officiellement légal pis que là tout le monde s’énervait donc le poil pubiens en disant que la société allait s’effondrer pis que les enfants allaient être confus et en détresse parce que les rôles des parents ne seraient plus clairement définis pis toute le chior pis l’apocalypse pis les grenouilles qui tombent du ciel pis matante Denise qui ne sait plus à qui faire la carte de Bonne Fête des Mères.

Well, well, well…r’garde donc la date toé chose. 2017. Pis non la société s’est pas auto-détruite pis les familles homoparentales continuent de pousser comme la belle mauvaise herbe fashion et trendy qui la caractérise. La croyance que les couples homoparentales viendraient nuire à l’institution de la famille semble un peu dépassé. Tout ceci originait du simple fait que pour beaucoup de gens, les rôles parentaux sont clair, net et précis. Je vous le résume en quelques mots: le père travaille et s’occupe d’amuser les enfants de temps en temps. La mère fait tout le reste.

J’pensais pourtant qu’en 2017, notre belle et merveilleuse société moderne aurait appris à passer par-dessus une telle notion, mais quelle ne fut pas ma surprise de voir des vidéos et des posts hilarants (not!) de mères donc ordinaires débordés par la vie  et le trop plein de verre de vin, accompagnés de leur mari ridicule qui ne sont pas capable de faire un pas devant l’autre sans s’enfarger dans leurs souliers, donc surtout pas capable de passer une soirée avec leur enfants, ni de trouver l’allée des épices dans une épicerie. Ben non, les stéréotypes n’ont toujours pas quittés la stratosphères parentale semble-t-il, et c’est bien dommage.

Voilà donc Papa pis Dada, fier parents du p’tit devil qui aime les billes pis le film Mon Voisin Totoro, marchant bravement au travers cette jungle de parents aux rôles bien définis. Comme la plupart des couples homosexuelles de notre belle planète, on a appris à improviser au fur et à mesure sur nos diverses tâches. Puisque nous sommes deux hommes, il n’y avait pas de rôle pré-établi par rapport aux habituels clichés de qui part les chicanes, qui initie le sexe, qui va changer les couches, qui va couper le gazon, qui va se trimmer les ongles au-dessus du lavabo et qui va faire la vaisselle en écoutant du Lana Del Rey.

Parce que la réalité moderne est tout autre. Malgré nos beaux pétages de bretelles pis nos belles tapes de félicitations dans le dos que nous sommes donc ouvert d’esprit pis avant-garde pis hipster pis « égaux », le couple moderne est encore un peu beaucoup prisonnier de son genre masculin et féminin. L’homme fait telle affaire, la femme fait l’autre affaire. Monsieur gosse sur le iPad, Madame torche pis s’épivarde comme une poule pas de tête sur le statut du couple pis le problème de mathématique du p’tit. Pas d’échange. La norme est telle. Pis ça m’enrage. Ça m’enrage de voir des vieux clichés ressortir de temps en temps, c’te pauvre père-là tout croche pis donc maladroit parce qu’il a les enfants avec lui. Ça m’enrage de voir des mères que je connais crouler sous le poids des responsabilités, dépassé par les événements parce qu’elles doivent tout gérer dans la maison. C’est le combat du moment. Le mot tendance. La charge mentale. Chercher un peu et vous verrez la tonne d’articles et témoignages sur le sujet. Même La Presse m’a appelé cet été pour me jaser de la charge mentale.

De kessé que les femmes se plaignent donc? M’a vous dire ça drette-là:

Je l’ai connu la charge mentale. La charge mentale c’est le poids perpétuelle du quotidien qui te pèse dans le cerveau. C’est de penser et prévoir et calculer et remémorer tout ce qu’il faut pour que toute la maisonnée soit vivante, au chaud, nourri et au sec à la fin d’une journée. C’est la présence constante, CONSTANTE, de tous ces détails dans ton esprit, alors que tu dois travailler et gérer mille autre chose à la fois. Pis non, ça se met pas à OFF de même.

Au départ de notre périple parentale, j’encaissais beaucoup. Je gérais beaucoup. J’en faisais beaucoup. Papa participait comme il le pouvait, il lui suffisait seulement que je lui demande un peu. Mais c’était justement-là que la situation se corsait. Moi j’anticipais tous les coups, les moindres situations complexes qui pourraient subvenir, alors que mon chum lui attendait le débordement pour agir. Il agissait quand l’Apocalypse survenait, sans se rendre compte que j’avais déjà détruites mille autres petites apocalypse auparavant. On s’est engueulé. On s’est crié après. On a eu du rough sex de la réconciliation ensuite. Mais c’était toujours un peu la même chose malgré tout. Jusqu’à ce que je réalise peu à peu que je mettais mis moi-même cette charge mentale-là parce que je m’étais attribué toutes les taches de la « maman ». Pis là j’ai capoté. Parce que j’ai réalisé que pour certaines choses, je l’avais pas pantoute. J’suis nul pour remplir un formulaire pis me rappeler des dates importantes. J’hais ça faire l’épicerie. J’hais ça aller acheter du linge pour mon p’tit. J’hais ça aller jouer dehors.

Fac peu à peu, Papa pis Dada ont commencé à se partager la charge mentale tout comme les taches de la maison. Ce n’est pas nos organes génitaux qui ont décidés qui ferait quoi, mais nos intérêts. C’tu pas magique ça? C’est ce que je trouvais intéressant. Comment nos familles homoparentales différaient de la norme. Comment nos couples à un genre s’en sortait pas trop pire pantoute finalement. Fac sorry, normalité hétérosexuelle, mais peut-être que pour une fois, vous auriez avantage à faire comme nous. Les critiques et les white trash habituels viendront dire qu’un couple homosexuel vient déformer la réalité parce qu’ils forment un couple « sans genre ». Ouain…mais mettons qu’on applique le « sans genre » à un couple hétérosexuel, cela veut dire que la tendre épouse n’est pas automatiquement celle qui sera responsable de remplir les formulaires de service de garde, de faire à manger, de prévoir les rendez-vous chez le dentiste, préparer la fête thème Mon Petit Poney pour la p’tite, se lever la nuit pour consoler l’autre, se rendre chez le pédiatre pis trouver un cadeau pour la prof. J’pense que beaucoup de mes amies mamans diraient « FUCK YES! » si on venait appliquer le terme « sans genre » à leur couple.

 

Dada Blaise

 

Plot Twist: Autisme!

ADVENTURES IN ADOPTIONLAND PART 4: PLOT TWIST: AUTISME!

 

Ouf! J’sais pas vous autres, mais ici on a eu toute qu’une rentrée scolaire! Une nouvelle école pour Dada, un nouveau bébé chaton qui nous réveille la nuit en nous sautant sur les gosses, des chaleurs intenses, le retour d’Occupation Double, mon p’tit qui a embrassé sa p’tite copine de garderie SUR LA BOUCHE, ma soeur qui s’est marié, j’me suis mis à faire du sport, pis, oh, oui, un p’tit diagnostic sur mon enfant, la déclaration officielle TSA. Il n’y a pas trente-six milles façon de l’annoncer. Après plus d’un an d’observation par divers petites madames bien intentionnés, du CLSC au pédiatre en passant par une voyante d’Outremont qui lit dans des boules de crystal, nous avons enfin eu notre verdict: notre p’tit garçon est autiste. Enfin, le nouveau terme est qu’il a un trouble du spectre de l’autisme.

La question qui reste est celle-ci: vais-je pouvoir devenir meilleur amis avec toutes les célébrités à la mode qui campagne pour la cause des enfants autistes? Peut-on toujours faire des blagues sur notre enfant et écrire les hauts et les bas de la vie familiale lorsqu’il y a un enfant TSA sous notre toit? Est-ce que mon enfant va être comme Dustin Hoffman dans Rainman et m’aider à faire fortune en escroquant les casinos?

Bien sûr, bien sûr au départ tout n’était pas hilarant et rose fleuri avec de la dentelle pis des pétales de fleurs. J’pensais être pas mal prêt à tout tsé. J’avais lu mes livres sur la normalité adoptive, sur les enfants adoptés. J’avais fait mes devoirs avec les livres sur les bébés, parcouru les forums, interrogés les matantes pis les belles-soeurs. J’avais réécouté De Quoi J’Me Mêle. J’étais prêt.

Pis of course, mon bébé est arrivé pis surprise, j’étais pas prêt finalement! T’as beau avoir lu ben des livres pis des regardé ben des films, y’a pas grand chose qui te prépare à changer une couche abondante dans une salle de bain sans table à langer dans un restaurant de Westmount tout en chantonnant Somewhere Over the Rainbown à un enfant pour qu’il se calme.

J’étais par contre pas vraiment préparé à me sentir poche la plupart du temps. J’étais pas mal confiant en mes habiletés parentales pourtant. Après tout, en tant que prof au primaire, j’étais capable de contrôler un groupe d’une vingtaine d’élèves, calmer des crises et attacher des souliers pis rezipper des manteaux d’hiver j’fais ça de toute ma sainte journée, fac j’pensais que je l’aurais facile. Quand j’ai vu mon p’tit la première fois, quand je l’ai pris dans mes bras pis que je l’ai bercé pendant que mon chum était parti acheté des trucs pis respirer dans un sac de papier avant d’hyperventiler par la nouvelle responsabilité d’un bébé, j’me trouvais pas mal bon. J’trouvais que ce p’tit-là pis moi, qu’on était pas mal destiné d’être ensembles. J’trouvais qu’il était à la bonne place, pis qu’on s’rait ben. Le sentiment était bien réel, bien incrusté dans mon coeur. On était meant to be. Flashfoward deux ans plus tard. Quand le Terrible Two commençait. Les crises, les pleurs, les demandes, les cris, les larmes, les crises, encore et encore.

Me semble que c’était difficile que j’me disais. Me semble que c’est, genre, câlissement difficile. Mais bon, l’internet tout entier semblait me dire que oui, élever des enfants était difficile. Pis que oui, le Terrible Two était assez intense, mais que c’était une phase. Une phase pis une autre pis une autre. Fac alors que le temps passait, j’en revenais à ce moment au tout début, entre mon p’tit pis moi, celui qui me disait qu’on était ben ensembles, que j’étais celui dont il avait besoin. Pis je continuais à me sentir poche, malgré les beaux compliments des amis pis de la famille pis du boyfriend. Fac j’ai persévéré, pis j’ai fait comme tout bon parent overwhelmed, j’me suis pitché un peu partout pour essayer à peu près n’importe quoi. Parce que les crises, elles arrêtaient pas. Les tantrums interminables, ils arrêtaient pas. Peut-être qu’on avait besoin de plus d’Omega-3. Peut-être qu’on avait besoin de plus d’air frais. Plus d’espace. Moins de gras trans. Une nouvelle chambre. Plus de probiotiques. Être plus sévère. Moins sévère. Parler en anglais. Une chambre avec des couleurs pastels. Des spinners? Jésus?

« C’est son âge. C’est normal. » ou « Le mien était pareil. Le mien a fait ça aussi. »Voilà ce que j’entendais à droite pis à gauche. Fac j’me disais que j’devais capoter. Ou ben que c’était l’adoption, la normalité adoptive. J’ai même écris là-dessus, parce que tsé, j’vide mon âme à tout bout de champ. Ce qui devenait mélangeant, c’est que mon cher et tendre démon aux yeux bleux et aux cheveux dorés comme le blé ne présente pas les signes habituellement associés à l’autisme. Ou du moins, l’image de l’enfant autiste que je m’était fait. Il est super affectueux. Me regarde dans les yeux. Veut mon attention. Parle comme nous. Puis, les signes pis les petites alarmes ont commencés à s’accumuler. Pis j’ai appris peu à peu à mieux comprendre l’autisme. 

Malgré la normalité adoptive, malgré son âge, malgré ceci pis cela, quelque chose semblait incertain. Il est vraiment doué avec les chiffres, genre un peu trop. Il alignait ses petites autos. Il a un gros imaginaire. Il a une obsession pour les horloges. Il a de la difficulté à jouer seul (voir incapable). Il frappait les amis, s’obstinait, se braquait aux changements. Et les crises…Oh boy. J’en ai parlé quelques fois sur le blog, mais des crises j’en ai vu, et ce de toutes les couleurs. Des crises terrifiantes où mon enfant se frappait la tête avec sa main, se cognait la tête sur le plancher, hurlait à en faire saigner les oreilles. J’exagérais pas quand je le comparais à Regan dans The Exorcist. Les chriss de crises, celles où j’allais m’enfermer dans ma propre chambre, que je devais barrer la porte et respirer à grand coups pour être certain de pas craquer. Parce que j’ai failli. Mon chum aussi. On a compris les parents qui pouvaient r’virer sur le capot. Ceux dont-on entend parler dans les nouvelles. Ceux qui ont enfermés leur p’tit dans la cave ou ben dans un garde-robe, ceux qui ont shakés l’enfant pour qu’il se ferme. Des sentiments noirs pis poisseux pis terrifiants. Pis au travers tout cela, il y avait toujours le même refrain d’un peu tout le monde:

« C’est son âge. C’est normal. » ou « Le mien était pareil. Le mien a fait ça aussi. »

J’ai essayé plus fort, plus ardemment. Aweille les ateliers créatifs pis les marionnettes pis les flûtes de pan relaxantes pis la lavande ingurgité de force. Ignorer ou ben tenir tête, les timeouts, les punitions, les récompenses, la prise de poids excessive pour noyer sa peine avec les chips du désespoir, tout y a passé. Arriver jour après jour à la garderie pis entendre les difficultés, les épreuves, les crises. Se débiner à tenter de trouver exactement où était le problème, parce que damn it, dans mon fin fond du fond, j’savais qu’il y avait quelque chose qui clochait. Pis finalement, ça s’est fait. Pas plus tard que la semaine passé. Fidèle à nous-mêmes, Papa pis Dada ont rigolés avec les pédopsychiatres et les spécialistes. Il n’y a pas eu d’énormes crises de larmes, pas d’arrachage de linge, pas de « DAMN YOU LIFE! » en hurlant vers le ciel. Juste un soulagement. Un énorme poids sur les épaules qui a disparu. Une piste à suivre. Un p’tit sentiment de: sti j’avais raison.

Fac on en est là. Savoir que mon enfant à un trouble du spectre de l’autisme a pas changé mon amour pour lui. Ça ne l’a pas changé non plus. L’étiquette que lui colle et qu’il aura toute sa vie ne le change aucunement à mes yeux. Il reste pareil, il est le même ti-gars qu’avant. Je ne crains pas l’étiquette qu’il a. Je ne crains pas le mot. Je sais simplement maintenant comment mon enfant fonctionne et comment j’vais faire pour l’aider au maximum de mes capacités.

Donc voilà pourquoi il y a longtemps que je n’ai pas écris. Il m’a fallu du temps pour savoir si je devais continuer ou pas. On est encore là finalement. Tant de questions et beaucoup d’incertitude, c’est pas mal le deal avec tout, n’est-ce pas?

Papa pis Dada pis le p’tit; notre famille juste un peu différente, avec maintenant un p’tit extra de pas pareil comme les autres!

 

Dada Blaise

Pour lire les autres aventures de l’adoption, c’est drette-là: 

Adventures in Adoptionland, PART 1: Ze Commencement

Adventures in Adoptionland, Part 2: Petit Pou Contre-Attaque! (Avec de l’amour!)

Adventures in Adoptionland, part 3: Ze Boutte Rough!

 

10 Choses Que Vous Devriez Faire Pour Avoir Un Enfant À Succès

Arrêtez de vous mentir pis de vous faire des à croires que ce maillot de bain vous fait encore, que ce gâteau-là à presque pas de calories pis que vous allez faire du vélo tous les jours cet été. Regardez la vérité en face: tous les parents ont à peu près le même but pour leurs enfants, peu importe leurs opinions ou valeurs, nous voulons que nos enfants grandissent pour devenir un être humain heureux, en santé et avec toutes les qualités qui feront de lui une personne merveilleuse, aimé, adulé et ayant un succès interplanétaire.

Alors, comme une belle bande de caves qui savent pas trop ce qu’ils font, les parents punissent pis encouragent pis inscrivent à des cours de soccer valorisant l’esprit d’équipe. La plupart des parents s’en sortent pas trop mal avec cette technique à tâtons, seulement voilà, un article sur I Fucking Love Science m’a expliqué clairement que je devais en faire BEAUCOUP PLUS!

Selon la SCIENCE pis une petite dose de Beyoncé, les parents d’enfants à succès ont beaucoup de choses en commun, mis à part la chance et quelques millions en trop. Donc voici quelques petits trucs simples que vous devriez inculquer à vos enfants et ce le PLUS TÔT POSSIBLE enfin que votre enfant fasse des millions à 14 ans et que vous puissiez enfin vous acheter votre machine à smoothie Vitamix pis un chalet sur le bord de la mer avec beaucoup de grandes fenêtres pis un hamac à bananes.

  1. Donnez des tâches à votre enfant

C’est important d’instiller une bonne éthique de travail à votre enfant, c’est pourquoi mon enfant, qui a encore de la difficulté à mettre ses souliers tout seul, doit passer la tondeuse quotidiennement. Parfois il se plaint que c’est difficile à pousser la tondeuse et qu’il a peur que la lame coupe ses orteils, ce à quoi je lui réponds: « Ben mets les tes estis de souliers! »

2. Apprenez à vos enfants des compétences sociales

Mon enfant apprend ses compétences sociales en me regardant, donc il sait maintenant passer un petit commentaire sarcastique, éviter le regard des vendeuses dans les grands magasins, se fâcher rapidement pis grogner en guise de réponse lorsqu’il est 6 heures du matin.

3. Placez vos attentes très hautes 

Mes attentes sont que mon enfant puisse allumer la télévision par lui-même le samedi matin.

4. Ayez des relations harmonieuses dans votre couple

Selon l’article, l’harmonie du couple aide l’enfant à avoir confiance en lui. Hourra, ici on s’obstine à savoir quel émission regarder jusqu’à ce que Dada boude dans sa chambre, so, win?

5. Apprenez à vos enfants les mathématiques le plus tôt possible

Mon enfant n’a pas le droit de regarder Pat Patrouille. Je lui fais écouter des vieilles cassettes de Télé-Universitaire qui parle d’algèbre en grichant. #happychildhood

6. Les parents ont un statut socio-économique élevé

Aaaaahhh! C’est sûr que ça aide d’engager un chef pis une bonne et ainsi j’aurais le temps d’apprendre la grammaire allemande à mon enfant et lui enseigner les bases pour se créer une PME qui génère des millions avant son dix-huitième anniversaire.

7. Les parents sont moins stressés

Ahahahaahhaha! #crazylaugh #uglycrying

8. La maman devrait avoir un travail 

Shit, y’a pas de maman ici. We are doomed! 

9. Enseignez à vos enfants d’avoir du cran

 Pour l’instant je lui enseigne à ne pas avoir peur d’allumer tout seul la lumière de la salle de bain. 

10. Soyez autoritaire au lieu d’être permissif ou dominant

Autoritaire comme dans le fameux « On part dans 5 minutes! » qui finalement deviens « Là un dernier 5 minutes pis c’est tout! ». 

 

Cette liste prouve également qu’il y a une seule façon d’avoir des enfants qui ont du succès, donc si vous êtes divorcé, venez d’un milieu économique plus ou moins élevé, êtes différent ou que vous vous êtes levé du mauvais pieds votre enfant ne réussiront pas dans la vie, fac too bad!

                                                           Dada Blaise

 

Conseils pour une Saint-Valentin des plus réussi

Ahh la Saint-Valentin. L’amour, les p’tits anges tout nus, le chocolat, les films porn softcore qui passent à la tivi, la pression de la société à célébrer l’amour à tout prix!

Étant semi-jeune et de mon époque, je suis absolument contre cette fête idiote qui ne crée que de l’anxiété et me rappelle mes soirées tristes de célibataire horny, où masturbation en braillant dans mon pot de crème glacée Haggen Daas tout en écoutant The Notebook représentaient ma soirée de Saint-Valentin. Mais, astheure que j’suis dans un couple solide, JE SAIS comment bien passer au travers de cette fameuse fête de l’amour, des cœurs pis de la jalousie tout en gardant mon amour-propre et ma dignité relativement intact.

Voici donc mes conseils pour une Saint-Valentin des plus réussi et des plus romantique (le terme romantique est subjectif pour le parent, puisqu’une soirée de St-Valentin peut comporter des éléments comme une diarrhée explosive à nettoyer dans le petit pot de la salle de bain):

  1. Débutez votre journée avec votre partenaire en riant des conventions de la société qui oblige à célébrer l’amour par le moyen de fleurs, chocolats et cartes. Confirmez-vous l’un l’autre que vous n’avez NULLEMENT besoin d’une telle fête pour vous rappeler que vous vous aimez.
  2. Prenez une décision de couple qui enquiert que au lieu de mettre de l’argent inutilement sur des cadeaux, vous devriez vous achetez de nouveaux rideaux pour le salon.
  3. Répétez le mantra suivant: « Nous n’avons pas besoin d’une fête pour nous prouver notre amour voyons donc! » quelques fois à vous-même, puis sur Facebook et autres avenues, pour finalement en rire avec vos collègues de bureau.
  4. Réveillez-vous le matin du 14 février et faite une soudaine violente crise à votre partenaire, parce que finalement, vous voulez des fucking fleurs et des fucking chocolats, c’tu clair?
  5. Alertez votre partenaire que vous voulez également une soirée romantique, parce que vous avez besoin de ressentir la preuve de son amour drette là buddy et soyez surpris par la panique évidente qui se dessine sur son visage ébahi, surtout que vous vivez cette même situation année après année depuis 2008.
  6. Scrollez frénétiquement dans vos contacts pour trouver une gardienne pour la soirée.
  7. Considérez une nouvelle fois votre mantra de « Nous n’avons pas besoin d’une fête pour nous prouver notre amour voyons donc! » lorsque tous vos contacts se révèlent être indisponibles parce qu’ils célèbrent la soirée de Saint-Valentin avec leur amour parfait et respectueux.
  8. Contentez vous de la solution date night à la maison. Fouillez dans vos tiroirs pour trouver vos dessous les plus sexy et affriolants. Réalisez que vous êtes sérieusement dû pour de nouveaux sous-vêtements, car tout ce que vous possédez est beige, blanc ou plein de trous.
  9. Allez dans une boutique et pognez les derniers sous-vêtements semi-sensuel qui reste.
  10. Lavez lesdits sous-vêtements.
  11. Mettez les sous-vêtements.
  12. Allez chercher votre enfant à la garderie tout en vous rappelant ces jours passés où vous et votre conjoint faisiez l’amour en vous aspergeant de champagne au coin du feu. (Ou aviez-vous vu cela dans un film?) Qu’importe.
  13. Pleurez.
  14. Promettez-vous une soirée mémorable et endurez votre enfant qui sent votre impatience et qui en profite pour tenter de brosser les dents du chat avec une paire de ciseau.
  15. Buvez du vin en attendant votre conjoint.
  16. Faite cuire des croquettes pour votre enfant. Et allumez la télévision.
  17. Buvez du vin.
  18. Attendez encore et toujours. Replacez votre sous-vêtement qui pique et qui est ben trop serré. Promettez-vous de maigrir sous peu.
  19. Buvez du vin.
  20. Voyez enfin les lumières du char arriver.
  21. Pogner les nerfs parce que votre conjoint arrive donc ben tard.
  22. Il cherchait une chriss de place qui leur restait des fleurs, fac calmez-vous.
  23. Remerciez votre conjoint. Annoncez que finalement vous n’avez pas de gardienne et vous n’avez pas fait de souper romantique parce que, reasons.
  24. Amusez l’enfant et couchez le au plus vite. (Mélatonine!)
  25. Attendez que votre conjoint revienne avec du bon McDo.
  26. Mangez votre bon repas devant Neflix, le sourire taché de ketchup. Embrassez-vous, parce que vous êtes ben, juste de même, finalement.

Dada Blaise

Papa pis Dada: Best Of

Hey c’est la nouvelle année, pis comme j’suis prof, ben j’suis en vacances full de longtemps, avec toute la morve, les tempêtes de simili verglas, les sorties familiales bondée de bonnes gens pis oh, rénover une maison des années 50 dans la joie et l’harmonie de couple.

Fac gâtez vous avec mes 10 articles les plus lus depuis mon début de cette péripétie de blogue semi tendance!

 

10.   Gratienne fait du jogging

9.     Comment Traumatiser Votre Enfant (1ère partie)

8.     La Normalité Adoptive

7.     Comment Endormir Votre Enfant Avec Sérénité en 10 Étapes Faciles

6.     Comment Expliquer Notre Famille Homoparentale À La Populace

5.     5 choses à faire pendant la crise d’un enfant

4.    C’est l’démon!: 10 Trucs Pour Passer Au Travers le Terrible Two de Façon Sereine

3.     J’suis un parent: 4 bonnes raisons de “crier” après les enfants

2.      Mon Adolescent de 3 ans

  1. Comment quitter le parc avec dignité en 10 étapes faciles

 

Fac j’en conclus que vous aimez quand je bitch pis quand quand je raconte mes malheurs. Well, good news everybody, 2017 s’annonce encore plus intense! Hourrah pour la parentalité moderne et conflictuelle!

Dada Blaise

 

Le Paradoxe Parental

Être parent est la pire job au monde, there I said it…Pis être parent, c’est la meilleure chose qui me soit arrivé. Être parent c’est le pire pis le meilleur mixé dans une seule soirée. C’est de passer toute la gamme des émotions entre la fin du souper jusqu’au dodo. C’est d’avoir envie d’étrangler ton propre enfant puis d’enfouir ton nez dans le creux de son cou pour y respirer l’odeur de familiarité, tout ça dans l’espace de quelques secondes à peine. C’est la haine pis l’amour pis les pleurs pis les rires pis les sâcre moi patience pis viens te coller.

Être parent c’est de constamment vivre dans un état incertain. Être parent c’est vivre des contradictions, des paradoxes. Comme par exemple:

Le Souper

Pour de kessé faire qu’il mange DONC bien à la garderie pis qu’il en redemande alors qu’au souper ça me prendrait des mâchoires de desincarcération pour lui ouvrir la bouche pour qu’il accepte une simple bouchée. Pis ça c’est SI il est resté assis plus de deux minutes sans grouiller pis sacrer le camp en bas de sa chaise ou se lever pour aller faire pipi subitement. Évidemment, les fois où il s’assied avec nous et raconte sa journée tout en mangeant allègrement et en disant « c’est bon Dada! », c’est comme là que j’me dis que notre vie de famille est pas pire pantoute finalement. Il est tellement drôle et mignon cet enfant!

Le Bain

Il déteste aller dans le bain, il déteste sortir du bain, il déteste avoir de l’eau dans les yeux, il déteste fermer ses yeux pour ne pas avoir de l’eau. Pis ça c’est sans parler de la partie « lavage ». Évidemment, les fois qu’il me montre ses prouesses à « se raser » avec la mousse du bain ou qu’il fait le dragon qui glisse dans l’eau, je bidonne de plaisir contagieux. Et il sent tellement bon après avec sa petite peau lisse et douce en prime! Il est tellement beau et attendrissant cet enfant!

L’heure du dodo

Le monde entier va se coucher quand la nuit tombe, alors pourquoi est-ce que c’est si fucking difficile à comprendre pour un jeune enfant? Moi j’me peux plus d’aller me coucher, j’pense à ça toute la journée, mais mon enfant de 3 ans résiste avec toute l’énergie du désespoir qu’il l’habite, et ce à chaque soir ou presque. C’est la guerre et la furie, comparable à essayer d’endormir Satan lui-même. Évidemment, quand il est enfin couché, blotti sous son duvet avec son p’tit lapin et sa doudou et que tu lui chantes Somewhere Out There, c’est comme le meilleur moment ever, non? Pis si tu te colles contre lui et sent la chaleur de son petit corps complètement abandonné au tiens, c’est là que tu te dis que tu t’arracherais le cœur pour qu’il vive. Il est tellement parfait cet enfant!

La Discipline

Donner une tape n’est pas recommandé. Faire un time-out n’est pas recommandé. Crier n’est pas recommandé. Ignorer n’est pas recommandé. Sois que je m’arrache les cheveux de la tête ou ben j’suis à la veille d’appeler Super Nanny à la rescousse. Je réagis constamment de la mauvaise façon et je suis sois trop soft ou ben trop sévère. Évidemment, les fois où il sort des « merci Dada! » ou « Je veux  t’aider à laver la toilette! » ben j’me dis qu’il est donc bien élevé cet enfant pis j’suis un peu fier. Il est si calme et sensible cet enfant!

Le Matin

Il se lève toujours avant 7h, qu’il pleuve ou qu’il grêle, que ce soit la veille de Noël ou ben le lendemain de sa fête, il est toujours debout, prêt à mordre dans la vie. Pis pas question qu’il reste dans le lit pour qu’on se colle et lui fasse des chatouilles comme dans une annonce de Thyme Maternité. Non, il faut qu’ON SE LÈVE, tout le monde, pis grouille toi les amusements pis la bonne humeur! Aweille la toast au beurre de pinotte, coupe la en parallélogramme pis sers lui un verre de jus d’orange ou de lait, à toi de découvrir avec son message télépathique, sinon gare à la crise! Évidemment, les fois où il insiste pour écouter PatPatrouille collé/collé sur le divan en chantant la chanson avec entrain est un bon moyen de te booster pour ta journée à venir, n’est-ce pas? Il est si amusant cet enfant!

Les Activités

Il adore nager! Il adore la gymnastique! Il adore les animaux! Vite, allons faire une activité qui lui plait! Quoi? Il refuse de mettre ses souliers? Il demande quand est-ce qu’on arrive? Il a faim? Veux une collation? Trouve ça plate rendu là-bas? Il veut aller à la maison? Stu une joke ça là? Est-ce qu’on me teste? C’est ça hein? C’est un test de la vie, une épreuve pour savoir si j’vais craquer, si j’vais l’abandonner sur le bord du chemin? Évidemment, il arrive toujours un moment dans l’activité où l’enfant a du fun en même temps que toi, pis mêmes les mauvais moments sont sujet à créer des souvenirs imperrisables.

Pis ça va être à tout recommencer les autres jours. Être parent est la pire job au monde seulement par le simple fait que ça passe donc rapidement. Voilà le paradoxe auquel chaque parent devra faire face éventuellement. Petit poupon parfait aux joues bien roses deviendra inévitablement un jour un toddler tyrannique se nourrissant exclusivement de Goldfish puis ensuite un enfant qui fait pipi sur le siège de la toilette, puis un adolescent avec du poils et des goûts musicaux que vous ne comprenderez tout simplement pas. C’est la pire job au monde parce que le patron (l’enfant) est implacable, demandant, difficile, exigeant et surtout, aucunement reconnaissant de toute votre travail. Mais bon, l’amour inconditionnel, tsé, c’est ça.

Dada Blaise