J’aime pas ben ben jouer avec mon enfant

Moi j’suis un joueur. Dans le genre que j’aime ça jouer à un paquet d’affaires. Aux cartes, aux jeux de société, aux fesses, au Nintendo, name it. Fac quand est venu le temps que j’aille un enfant, j’me disais que j’allais kickassé dans le domaine des jeux avec son enfant. J’me voyais, une belle vision de moi dans une chemise blanche échancré, full cheveux golden sur la tête courant dans les champs avec mon enfant, jouant à la tag ou à chat perché puis buvant de la limonade à la lavande en faisant de la pâte à modeler, que j’avais confectionné moi-même avec ledit enfant, créant des animaux de la jungle et lui apprenant de belles leçons de vie par la suite.
Mon grand garçon est maintenant âgé du doux-et-pas-du-tout-chiant âge de 5 ans. Mon bébé approche dangereusement du 1 an. Et quand le plus grand arrive vers moi tout fringant avec son petit air je-croque-dans-la-vie pis qu’il me dit: « Dada, je veux que tu joues avec moi s’il-te-plaît! », j’me dis deux choses à moi-même: « Mon doux qu’il est poli cet enfant! » et « Oh Seigneur Dieu, pas encore jouer ciboire! »I know, I know, je sonne comme le pire parent ingrat et détestable de la Terre, mais je ne suis qu’un homme de 36 ans! Je vis et je souffre et je mérite d’avoir une petite pause de temps en temps bazouel! Dans les nombreux cas où mon enfant me demande de jouer avec lui, je répond parmi les choix suivants:

  • « Bien sûr mon petit lapin! Jouer avec toi me ferait super plaisir! »
  • « Ah peut-être tantôt, d’accord? » (ma réponse préférée)
  •  « Joue à côté de moi, c’est presque pareil! »
  • « Dada peut pas, faut que je plie le linge de la sécheuse! »
  • « Non, j’aimerais mieux me planter une fourchette dans les yeux à la place de jouer avec toi! »
  • « Achale-moi pas j’fais caca bâtard! »

Mais bon, la plupart du temps vu que j’suis pas trop si pire que ça, j’fini par jouer avec lui. Par contre, jouer avec un jeune enfant, qui est TSA de surcroît tout en ayant un jeune bébé qui apprend à marcher dans les pattes, n’est pas toujours évident. Laissez-moi vous le démontrer par des exemples:

  1. Je choisis jamais les jouets que je veux

Mettons qu’on joue aux petites autos, vous savez ce jeu palpitant qui consiste à faire rouler en rond des p’tits chars en faisant « vrrrrrroooooommm » pendant une demi heure, ben qui qui va se ramasser avec la petite auto couleur jaune pisse qui lui manque une roue? Ou si on joue aux pouliches, qui va avoir la vieille pouliche couleur blanc sperme avec une patte mâchonné par le chien? Ou si on joue à la Pat Patrouille, qui qui a Galineta pis c’est toute? Ou si on joue à la Barbie, qui qui va avoir la vieille Barbie unijambiste nue avec les cheveux grichoux et qui semble avoir passé sa vie sur le trottoir? Bref vous voyez où je veux en venir. Dada peux juste jouer avec la scrap.

    2. On ne joue pas vraiment

Après s’être assis à même le sol comme une Geisha dans un congrès de businessmen, on pogne chacun nos bébèlles respectives pis après il y a deux scénarios possibles:

Ou bendonc je joue tout seul et mon garçon me regarde comme un spectateur (c’est son côté TSA, il observe et analyse ce que je fais pour le recopier plus tard) pis j’me sens comme un animateur de foule avec mes p’tites autos et mes pouliches, OU ben mon garçon part dans un scénario ultra complexe et difficile à suivre et si j’ose suggérer un tant soit peu de créativité, j’me fais fusiller du regard sur le champ. Either way, il faut vite comprendre qu’il n’y en a qu’un qui commande, pis c’est pas moi.

Donne moi un jeu de société ou ben des Legos, j’sais quoi faire avec ça, mais la plupart du temps, mon ti n’enfant TSA veut jouer à des jeux qui utilise son imaginaire. Genre:

« Ok Dada, là j’suis un papillon. »

« Ok. »

« Là tu dis, regarde le beau papillon! »

« Oh le beau papillon! »

« Non! J’ai dit qu’il faut que tu dises REGARDE le beau papillon! »

« Ah scuse. »

Le jeu se termine par lui qui fait des culbutes et qui se tortille partout sur le divan en m’expliquant en long et en large une histoire de papillons, de chats, de fille aux longs cheveux, de police, pis de toilettes (si vous connaissez mon garçon, j’ai énuméré ici toutes ses passions. I know, it’s weird, mais welcome to my life). Et ainsi de suite. Bref, on joue pas tant, c’est plus lui qui me raconte des histoires interminables et moi qui me tortille d’impatience en tentant de trouver une idée pour me faufiler vers une autre pièce.

    3. La crise rode toujours

Avant, jouer avec mon enfant était simple. Nous sortions quelques jouets, on s’obstinait quelques minutes à savoir à quoi jouer, mon garçon se fâchait parce que je ne jouait pas comme il faut pis je pouvais retourner à ma pile de linge à plier dans la sécheuse (Laquelle vous demandez-vous? Peu importe, il y a toujours une pile dans linge à plier dans sécheuse. Toujours). Maintenant, c’est un peu plus compliqué. En plus de tous les critères particuliers de mon fils pour le jeu, soit apprendre à écouter d’autres idées que les siennes, apprendre à être un bon gagnant, ne pas se décourager et câlisser la planchette de jeu par la fenêtre s’il pogne un serpent dans le jeu serpent et échelles, etc, il y a maintenant un nouveau facteur de risque dans nos jeu: Godzibaby. Bébé Bonheur arrive avec son sourire pis ses p’tites fesses dans les airs pis détruit tout sur son passage. Il a aussi la fâcheuse manie de prendre LE jouet que son frère avait spotté. Bref, vous vous imaginez la suite.

« TOUCHE PAS! »

« NON! »

« C’EST MOI QUI VOULAIT CE JOUET-LÀ! »

Le temps de jeu avec mes enfants est en fait devenu un temps où je dois gérer des crises et des colères et des chicanes. Et mon bébé bonheur est vraiment Roger Bon Temps pour l’instant, se faire voler une bébèlle ne lui dérange pas pantoute l’air d’allée. J’ose à peine imaginer ce que ça va être dans 2 ans de cela.

4. C’est interminable

On pourrait croire qu’après un certain temps, genre 15 minutes, un enfant pourrait se tanner de refaire le même jeu, mais semble-t-il que d’avoir son parent en otage est le jeu préféré de mes enfants. Qui plus es, même si j’arrête subtilement de jouer avec la petite auto ou la vieille Barbie pis que je sors discrètement mon téléphone ou ben que je regarde mon destin par la fenêtre, mon enfant va assurément me demander:

« Dada, pourquoi tu joues pas? »

« Dada, regarde, regarde là ce que je fais! »

« Dada, tu aimes pas ça jouer avec moi? Tu aimes plus ton téléphone que tes propres enfants hein? Egoïste! »

C’est ça le merveilleux monde des parents. Tous les jours tu découvres de nouvelles choses sur toi, genre que tu es un peu égoïste finalement pis que tu aimes plus jouer au Playstation que de jouer à faire semblant d’être une chenille/chat qui se cache dans des coussins.

Dada Blaise

Une réflexion sur “J’aime pas ben ben jouer avec mon enfant

  1. Yolande dit :

    Mais quel bonheur de vous lire! (Je comprends pas toujours vos expressions exotiques..) mais je me régale.. votre récit sur les jeux avec les petits me parle.. en tant que grandma pas très souple je vis les mêmes moments parfois compliqués.. Mon préféré est le Memory ! Je suis nulle pour le plus grand bonheur de mes petits… que je laisse gagner avec plaisir hihihi 😉 Allez! Courage!
    Plus qu’une dizaine d’années, ensuite vous pourrez rejouer à la PlayStation s’ils vous la laisse…..

    Aimé par 1 personne

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