Comment sâcrer son camp du zoo (ou autres endroits amusants) avec un semblant d’élégance

Comme beaucoup de parents en manque d’imagination, Papa pis Dada se ruent généralement vers toutes les activités typiques des familles de la classe moyenne lorsque le beau temps le permet: Parcs, jeux d’eau, musées pour enfants, marché d’antiquités, route des vins, tournées des terrasses, spa massage, vous voyez le genre. Le plus populaire chez nous, The Zoo.

Le parent moyen se fend généralement en quatre pour amuser son p’tit. Pacter les glacières, se chicaner sur le choix de sandwich, préparer le serviettes et trucs pour se baigner, mettre la crème solaire aux enfants, brailler, se fâcher, se compresser dans une voiture, endurer les questions incessantes de « Quand est-ce qu’on arrive? », brailler, trouver un stationnement, brailler, avoir chaud, payer le prix d’entrée pour l’activité, brailler, attendre en file pour avoir du plaisir pis attendre son destin ne fait partie des choses les plus amusantes à faire pour un adulte qui se respecte. Bref, le parent moyen aime mieux généralement fouarrer sur son patio et regarder les voisins de chicaner plutôt que de souffrir pour le plaisir de son enfant. Mais nous le faisons tous, non? It’s all for the kids! Pour le bien-être de notre enfant, pour lui créer de beaux souvenirs et surtout pour lui faire plaisir.

C’est pourquoi l’autre jour, après une belle journée ou le p’tit s’excite, joue dans les beaux manèges, mange une crème glacée qui coule sur ses belles shorts neuves, rigole pis s’esclaffe dans les jeux d’eaux, que lorsque vient le temps de partir et qu’on propose au p’tit qu’on pourrait aller souper au restaurant (chose qu’il adore généralement), le voici qui pète violemment sa coche au lieu de nous remercier en récitant l’alphabet en anglais tout en exigeant qu’il va s’occuper de laver la glacière à notre retour à la maison. Mais non toé, la crise, comme les cent mille autres avant celle-ci.

So… De rien, ça fait plaisir mon p’tit câlisse chéri de t’avoir amené au Zoo?

Si vous êtes comme moi, vous êtes toujours un peu surpris par une nouvelle crise de bacon parce que dans vôtre tête, vous vous étiez dit qu’à l’âge où vôtre enfant est rendu, me semble que c’était supposé être fini ces maudites crises d’hystéries-là. Heh non. Les crises perdurent FOREVER, que votre enfant est 2 ans, 3 ans, 4 ans ou ben 13 ans et que vous lui ayez refusé de lui acheter un nouveau iPhone et que vous êtes la pire mère bitch du monde parce que TOUS les autres parents permettent à leurs enfants un téléphone dernier cri. Bref, quitter un endroit public bondé comme un parc d’amusement ou un zoo n’est pas chose simple comme lorsque vous allez au parc. En effet, vous avez à gérer un enfant qui s’effouare sur l’asphalte gommante, la foule de gens accusateur, le soleil brûlant, les odeurs nauséabondes de friture et de gens en sueur, les boutiques souvenirs qui étalent leur petits toutous cheaps affriolants comme des femmes de basses vertus du Red Light District, la glacière qui risque de sâcrer le camp par terre et la mascotte terrifiante qui twerk comme Miley Cyrus sur un fond de musique boboche.

Alors, comment quitter au plus chriss? Accrochez-vous à vôtre crème solaire et le peu d’argent qu’il vous reste, m’a vous dire ça:

Première étape – La Décision

Après avoir fait le petit manège qui tourne tellement vite que votre chemisier explose sous la pression de la force G et que vous ayez attendu en file une heure pour faire un tour de poney, votre tendre moitié vous annonce qu’il commence à avoir la magie dans l’cul et qu’il est pas mal l’heure de partir. Regardez-vous avec l’angoisse apparente dans les yeux. Jouer à roche/papier/ciseau pour choisir qui devra l’annoncer aux enfants.

Deuxième étape – L’Annonce

Annoncez d’une voix douce et compréhensive qui est également ferme et convaincue qu’il est temps de quitter et de dire au revoir aux animaux. Dîtes à votre progéniture que vous allez faire telle affaire une dernière fois et qu’ensuite vous allez quitter, d’accord? L’enfant acquiescera de façon saine et rationnelle, car il aura compris qu’il est donc chanceux d’avoir passé une belle journée et que ses parents méritent maintenant une pause bière/chips tout en détachant leur bouton de shorts trop serrés sans entendre des demandes incessantes d’un enfant.

Troisième étape – « Bon, on s’en va! »

Vous l’aviez prévenu. Vous l’aviez dit! Après avoir fait un autre tour de poney, chameau, manège de petit train qui tourne en rond, saut sur la trampoline et visite dans la salle de bain qui ressemble à une zone sinistré, il est maintenant temps de partir, pour le vrai de vrai cette fois-ci! L’écume qui sort de la bouche de Papa en est la preuve! Mais qu’est-ce que ce cri strident et suraigu qui s’élève dans l’air humide subitement? Un dauphin? Un vélociraptor? Un petit castrat qui pratique sa gamme mineure? Nope! C’est votre enfant qui vous fait comprendre qu’il n’avait pas réellement saisi que vous vouliez partir immédiatement et vous le fait savoir de façon coquine et attendrissante avec un hurlement.

Quatrième étape – Le Time Out

Vous êtes maintenant un parent évolué et vous avez appris de vos erreurs passés. Pas question de finir une si belle journée dans une crise de larmes et de cris. No way! Vous allez mettre à profit tous les beaux trucs que vous avez appris dernièrement grâce aux nombreux conseils provenant des différents blogues que vous passez votre temps à lire au lieu de faire votre beau projet DIY de décaper le buffet ancestral de votre grand-mère.

Essayez d’abord la technique la plus simple: Le time-out. Vous devriez préalablement avoir aménagé un coin de retrait pour votre enfant à même le zoo/parc d’attractions, préférablement éloigné, avec un bean bag pour se défouler et une fontaine de jardin japonais pour relaxer. S’il est difficile pour vous de trouver un coin retrait en pleine foule, c’est que vous êtes un mauvais parent, tout simplement. Passez à la prochaine étape.

Cinquième étape – L’Amour

Vous l’aviez oublié, mais l’amour guéri tous les maux! Penchez-vous vers l’enfant en crise et faites lui un câlin de l’amour qui saura apaiser sa grosse colère tout en lui chuchotant que vous comprenez l’injustice qu’il subit, qu’il est vrai que c’est terrible de quitter un tel endroit merveilleux. Relevez-vous rapidement lorsque l’enfant tente de vous mordre l’épaule pour vous faire comprendre que vous dites n’importe quoi.

Sixième étape – Les Distractions

Sortez la collation secrète qui était bien caché dans le fin fond du sac de plage, sous les serviettes humides et les maillots de bain juteux. Brandissez votre biscuit devant l’enfant et faites des pas furtifs vers la sortie. L’enfant devrait vous suivre à petits pas, grognant et en frappant le sol de ses petits pieds. Surtout pas de mouvement brusque ou l’enfant pourrait se sauver!

Septième étape – Les Belles Promesses

Continuez de baragouiner n’importe quoi pour que le p’tit vous suive jusqu’au char.

« Oui vous allez arrêter manger une crème en glace sur le chemin du retour! Oui, promis juré! »

Puis une fois en chemin, vous pouvez toujours mentir que le magasin de crème glacée est fermé. #cruelbutnecessary

Huitième étape – Pour les Autres

La plupart des enfants sont dociles et suivront avec bonheur leurs parents jusqu’à la voiture pour avoir la chance de dévorer ledit biscuit ou bien de croire béatement à la crème glacée miraculeuse et inexistante. Pis il y a les autres enfants…

Pour les autres, passez à l’étape neuf dès que vous n’en pouvez plus d’entendre les jérémiades de votre enfant, c’est-à-dire dès le début du processus.

Neuvième étape – Le Boulet Humain

L’enfant wise a compris que de manger le biscuit n’équivaut pas au plaisir hilarant de faire un petit tour d’hélicoptère qui monte et descend. Il se peut qu’il boque encore et reste planté là devant le stand de popcorn. Empoignez simplement votre enfant par le bras et marchez d’un pas décidé vers la sortie pendant que votre conjoint se sauve avec le reste des trucs à un kilomètre plus loin, prenant bien soin de mettre le plus de distance entre lui et l’enfant qui hurle tout en faisant semblant qu’il ne vous connait pas. Le petit risque alors de perdre subitement l’usage de ses jambes et son poids peut augmenter drastiquement. Suffit simplement de la tirer par le bras tout en évitant de lui casser la clavicule tout en proférant des menaces au travers vos dents serrés.

« On remettra plus jamais les pieds icitte. »

« Arrête de te mettre mou! »

« Aide toi un peu! »

« Tout le monde nous regarde!

« C’est la dernière fois que tu m’fais honte de même. »

« Tes fonds universitaires tu peux leur dire adieu, je m’achète une nouvelle barre de son SONOS pis c’est toute! »

Dixième étape – La Ride en Char

Victoire! Tout le monde est assis dans la voiture et est prêt à faire le chemin du retour vers le domicile. Ouvrez les fenêtres pour ne plus entendre les pleurs qui peuvent perdurer et surtout, ne manquez pas de parler plus fort dès que vous voyez votre enfant somnoler derrière. Parce qu’il y a bien pire qu’un enfant qui pique une crise au départ du Zoo…un enfant qui s’endort en char et qui n’est pas couchable le soir venu.

Dada Blaise

 

 

 

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