Là Fois Que J’Suis Devenu Un Parent Classique

Un jour, genre hier, mon p’tit a retonti dans la cuisine avec un beau sourire dans sa face. Vous connaissez de quel sourire je parle. Le sourire qui veut dire que j’vais être en beau tabarnak dans quelques instants.

« Qu’est-ce qu’il y a mon cher enfant? » demandais-je alors avec un empressement anxieux dans le fond du trémolo.

« Rien. »

« Qu’est-ce que tu faisais dans le bureau depuis tantôt? »

« Je sais pas. »

Le « je sais pas » est généralement signe qu’il sait exactement, mais joue la carte évasive pour voir ma réaction. Alors donc, pendant que je cuisinais un délicieux plat exquis (fine, fine, pendant que je gossais sur mon téléphone alors que les Pogos cuisaient dans le four), ce cher poussinot qui est mien à procédé à découper avec ses petites cideaus quelques crayons de cire de son coffre à dessin. Oh, et pas juste égrainer genre, mais bel et bien découpé pour ensuite bien les effouarer sur le plancher, de façon à ce que ça rentre entre les craques pis toute. Sur mon plancher neur. TOUT NEUF bâtard! #firstworldproblem

Faque c’est à ce moment que j’suis devenu un véritable parent. Dans le sens connu, comme un parent de sitcom, un papa universelle, l’archétype:

D’abord, j’étais sous le choc. La bouche ouverte, pas capable de parler, alternant entre mon fiston et le ramassis de couleurs chatoyantes, les mains bien placés sur les hanches. J’entendais quasiment les rires de l’audience.

Ensuite, j’suis sorti de la pièce ben vite, comme si j’espérais qu’en revenant j’allais réaliser que c’était juste un glitch dans la Matrice ou ben qu’une bulle m’étais monté au cerveau pis que j’avais imaginé tout le désordre.

Puis est venu le boutte des questions. Vous savez de quel genre de questions. Ce genre de questions rhétoriques et bien au-dessus de la capacité de mon enfant à répondre correctement:

« Pourquoi t’as fait ça? »

« À quoi t’a pensé!?! »

« Qu’est-ce que t’essayait de faire au juste?!! »

« Tu le sais ben que le orange et le mauve ça clash ensemble! Rappelle-toi ton cercle chromatique! »

La colère est arrivé. La grosse. Celle-qui fait bouillir le sang, prendre 40 lbs pis fait twitcher l’œil gauche avec force violence. J’ai tombé dans la tactique « j’prend une décision sur le coup de la colère. » J’me précipite sur TOUT le contenu du bac à bricolage pis j’menace que j’vais sâcrer ça aux vidanges parce que ça a pas de bon sens, qu’il est pas assez grand pour jouer avec ça pis que là ça va faire pis la vie pis la guerre pis les pauvre p’tits Africains qui se fendraient en quatre pour jouer avec des crayons comme du monde. Le p’tit me regarde de ses deux confus yeux.

Évidemment, rendu à la poubelle, la froide claque de la raison m’assène une bonne gifle et me fait me calmer un peu. Je déposai alors ledit bac pis me rappelle en farfouillant bien fort mon esprit que j’ai déjà dû faire pire à ma maman. Genre couper des glaïeuls du jardin, me sâcrer dans du plâtre tout nu, faire jouer mon disque de Passe-Partout en boucle ou ben allumer des allumettes en cachette au-dessus de l’évier de la cave. Karma baby que j’me dis.

Fac je ramène le bac, sors tout ce qu’il faut pour nettoyer pis aweille mon beau, j’frotte pis j’essuie pis je refrotte pis je ressuie pis j’gratte entre les p’tites craques pis j’serre les dents. J’suis encore en chriss, fac j’ose pas trop répondre aux « Dada » incessants de mon enfant.  Après le 54e appel envers ma personne, je réponds d’un gratieux et pas du tout impatient: « QUOI? »

Il me regarde avec la p’tite lèvre tremblotante.

« Je veux pas toi fâché. »

Il n’y a pas grand chose à faire dans ce temps-là. J’ai pas ben l’choix de ne plus être fâché, pas avec le trémolo pis les grands yeux bleus pis la p’tite face cutie d’un enfant de 4 ans. J’ai fait le câlin de l’amour, dit que c’était pas ben grave, pendant que mon cerveau hurlait que c’était chrissement grave mais bon, le plancher est pas détruit, la maison a pas pris feu pis personne est mort. Le p’tit est finalement retourné jouer plus loin (parce que j’ai quand même prévenu qu’il fallait un p’tit 2 minutes à Dada), pis j’ai fini de ramasser le tout. J’me suis ensuite assis tout près de mon enfant sur le divan, enfin, à la place qu’il daignait me laisser parce que le reste était envahi par Marcus, Chase, Ruben pis toutes les autres.

Quand mon p’tit est arrivé chez nous, j’suis devenu un Dada. Pis par moment, j’deviens un parent classique. Celui qui réagit toujours de la façon la plus primaire, basique, celle que les guides nous prescrivent toujours de ne pas faire. Être Dada, c’est facile. Aimer, cajoler, c’est facile. Agir de la bonne façon, être un vrai de vrai parent, c’est plus rough.

Dada Blaise

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