Le Parent Idiot

Être parent signifie échouer. Échouer tous les jours pour toutes sortes de raisons. Échouer quand ton p’tit mange pas ses légumes au complet. Échouer quand ton p’tit ne veut pas embarquer dans le bain. Échouer quand ton p’tit joue avec son pénis devant grand-maman. Échouer de façon grandiose en public, devant une foule de gens magnifiques, branchés et pimpants de bonheur pendant que tu ramasses les morceaux d’un pot de tapenade aux olives noires fracassé sur le carrelage d’une épicerie fine tout en retenant ton enfant qui a décidé qu’il voulait ingurgiter les morceaux de verres comme collation santé. Et même lorsque tu crois être le meilleur des meilleurs, tu es toujours sous le regard des gens, scruté et analysé dans tes moindres faits et gestes parce que tu as osé transporté ton p’tit dans tes bras au Zoo au lieu de le faire marcher sur le sol brûlant (oui, un véritable fait vécu par Dada lui-même…).

À ce que je peux comprendre avec cette mentalité de jugement qui est constante dans notre société, c’est que nous sommes tous une belle gang de caves quand viens le temps d’être parent. Qu’un parent est programmé pour fucker son enfant de mille façons différentes, soit en étant trop présent, trop impliqué, trop détaché, en offrant du miel avant 4 ans ou en lui essuyant les fesses trop fort. Ce que je trouve étrange c’est que tant de gens, et surtout d’autres parents, se sentent aussi confortables pour vous donner une opinion sur l’éducation de votre enfant. Certains en font même un métier semble-t-il. Pourtant le temps n’est pas si loin où moi aussi j’avais une opinion sur les parents. Le temps B.C. (Before Children) Je me rappelle très bien d’observer une famille et de me demander pourquoi leurs enfants étaient aussi bruyants, pourquoi ils les laissaient brailler ou ne les chicanaient pas plus que ça, pourquoi ils les laissaient manger telle ou telle affaire et pourquoi les parents étaient autant en amour avec leurs enfants.

Of course, j’ai ravalé ben vite mes beaux jugements de « moi ça va être différent », « moi chui capable, moi j’vais être un peu mieux que les autres », « moi il va m’écouter quand j’vais dire non. » quand j’suis devenu un Dada à mon tour. J’ai alors compris que la tâche parentale est énorme, intimidante et énervante, un projet sans fin semble-t-il, qui vous laisse toujours pantois et sur le qui-vive. Au départ, quand le petit n’est qu’un bébé, quand tu commences à peine à déchiffrer tout ce quoi implique la vie avec un bébé, tu te sens un peu plus insécure donc plus prompt à juger rapidement les autres. Tu sens une p’tite pointe de jalousie émerveillé également à voir certains parents aller, de voir à quel point ça semble facile et béatifique pour d’autres, que ce soit les nuits, calmer les pleurs, changer les couches ou réussir à partir du point A au point B dans un endroit public sans t’être arrêté 4 fois parce que le p’tit veut pas suivre. Chaque action commise semble énorme et irréversible, chaque cuillerée de crème glacée de trop semble la prémisse de l’obésité infantile, chaque câlin de trop semble être le début d’une relation malsaine, chaque « là ça va faire » semble être les premiers pas vers de l’abus verbale. Mais évidemment, plus mon enfant a grandit, plus mon jugement s’est estompé peu à peu, ainsi que ma jalousie et mes revendications de « ouain mais c’est pas juste! ». Je comprend mieux que les parents interagissent différemment avec leurs enfants selon leurs humeurs, leurs envies, leurs valeurs et leurs défauts.

J’aimerais terminer en affirmant que le jugement c’est out et qu’il faut arrêter immédiatement, mais c’est inutile. Je ne suis pas encore assez optimiste pour croire que le jugement va s’estomper aussi facilement. Parce que oui, c’est l’fun passer un commentaire disgracieux envers un autre. C’est méchant pis bitch pis c’est un plaisir malsain qu’on peut faire un soir entre copines. Le jugement restera présent parce qu’il est inné pour l’être humain de le faire et il est inné pour un parent de se sentir jugé. Essayons au moins d’être plus discret dans notre jugement public, gardons-le pour les soirées arrosé de vin, là où elles ont leur place.

Dada Blaise

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s