La Pas-Sieste ou « Moment de Repos »

Je ris toujours violemment en saignant du nez quand quelqu’un m’affirme avec gentillesse que les siestes sont primordiales et très, très importantes. Je le sais qu’elles sont importantes, vitales même, principalement pour le parent. Les siestes font la différence entre un parent heureux et épanoui qui semble tout droit sorti d’un catalogue J. Crew  et le parent qui ressemble à un criminel qui vient tout juste d’être relâché d’un pénitencier, poilu, confus, avec du linge ample, un soulier en moins et arborant un regard psychotique. Malheureusement pour notre foyer, le p’tit a décidé il y a de ça plusieurs mois déjà qu’il n’y aurait plus de siestes dans cette maison. Je sais ce que vous vous dîtes. « Ben voyons, c’est toi le parent, c’est toi qui décide. » Sur ce je répondrai: « Mange du poils. »

C’est connu, l’heure propice à la sieste est tout juste après le dîner, quand votre rejeton s’est bourré la face dans le yogourt et les fruits en ne touchant aucunement à votre pâté au poulet que vous aviez préparé avec amour en l’achetant tout fait au Maxi pour le faire réchauffer cinq minutes au micro-ondes. Peu après le dîner, il existe un moment en particulier où l’enfant peut, l’espace de quelques secondes, ressentir une légère pointe de fatigue. Vous pourrez le voir se frotter les yeux ou bien bailler ou bien regarder le néant. C’est à ce moment qu’il faut agir au plus chriss et précipiter l’enfant dans sa chambre pour la petite histoire, la chansonnette et les caresses dans le dos. Chez Papa pis Dada, le p’tit n’a pas cette seconde où il ressent le sommeil. Ou bien si il l’a, c’est un quart de millième de micro-seconde. Dans le temps qu’il faut pour dire:  » Hyperactif », le p’tit est reparti pour un après-midi de plaisir débridé et pitchage de coussins décoratifs sur le plancher. Certains enfants s’épuisent facilement, se fatiguent et s’endorment dans toutes sortes de positions cocasses durant l’après-midi même s’il refuse de se couchere, pour le plus grand plaisir des mères Instagrammeuses et Pinteresteuses qui créent des univers ludiques autour de leur bambin endormi (MAIS OÙ TROUVENT-ELLES LEUR ÉNERGIE SACRAMENT? XANAX? COCAINE? JE T’HAIS ARTISTE QUI A DU TALENT!).

 

Pas dans ma maison. Ici, plus la fatigue grandi, plus l’énergie du désespoir abonde dans le petit corps dodu de mon enfant, tel un écureuil sur le crack qui aurait ingéré 4 kilos de cocaïne en douce. Les culbutes et les sauts de voltige vont bon train alors que je cherche désespérément le moindre signe de faiblesse pour commencer la routine de la sieste. La plupart du temps, j’affronte le moment de la sieste avec la résolution d’Helen Hunt face à la tornade: je suis déterminé et mes cheveux restent en place malgré la tempête formidable que je m’apprête à affronter. Convaincre mon enfant d’aller faire un sieste n’est pas chose simple. Il faut faire plusieurs détours, répondre à plusieurs caprices et rafale de questions existentielles sur l’origine des nuages, si le Père Noël arrive bientôt, combien de bonbons il pourra manger après le souper et pourquoi le chocolat est la même couleur que son caca. J’aimerais vous dire qu’après mes nombreux efforts le petit fini par s’endormir dans son lit l’espace d’une heure, le temps que j’aille m’endormir moi-même évaché devant une série à la mode sur Netflix avec une palette de chocolat d’Halloween dans la yeule, mais c’est tout le contraire. Il refuse obstinément le sommeil. Il a alors droit à un « Moment de Détente », c’est-à-dire un moment où il est seul, dans sa chambre, la porte fermée, là où il peut tranquillement profiter d’un moment seul avec des livres qu’il aura préalablement câlicer au bout de la pièce tout en réfléchissant sur sa condition d’enfant de 3 ans en bûchant sur le mur et en hurlant qu’il « adore pas ça me reposer! ». Après quelques agréables moments à passer ainsi à me ronger la corne des pieds en cherchant sur Google: « Porte Coupe Son. », je me suis dit que j’étais mieux d’arrêter le « Moment de Détente » avant qu’il y est un trou dans le gyproc de la chambre. J’ai également essayer de mixer de la camomille, du passiflore et quelques pilules de gravol écrasé dans son jus d’orange, mais il était difficile à réveiller par la suite…(je blague…presque.)

Finalement, c’est le p’tit qui a gagné. La Pas-Sieste à lieu tout les jours à présent. À la garderie il reste tranquille sur son petit matelas sans bouger, mais ici nope! Alors j’ai l’immense plaisir d’écouter les 30 premières minutes de Monsters Inc ou le même épisode de 4 minutes de Mickey Mouse en boucle pendant une bonne partie de l’après-midi collé contre mon enfant et à écouter ses questionnements et ses histoires de dragon qui mange les orteils des enfants qui font des culbutes. Ça pourrait être pire, je vous l’avoue. C’est le prix à payer, mais je sais comment gérer la tornade à présent: je me met à l’abris, j’m’accroche à ce que je peux pis j’attends que ça passe.

Et bonus: à 7h30 pile (genre), le p’tit dort à poing fermés, tout écarquillés dans son p’tit lit douillet. Aweille sur Netflix!

Dada Blaise

 

 

 

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