J’suis un parent: 5 bonnes raisons de « crier » après les enfants

De nos jours, il ne suffit plus d’être parent, il faut également se souscrire à une catégorie parentale. Il y a plusieurs choix, tel le parent-hélicoptère, le parent-phare, le parent-dauphin ou le parent-concombre de mer ascendant tracteur. Chaque jour il semble y avoir une nouvelle mode, une nouvelle tendance, une nouvelle façon de faire pour éduquer, aimer, protéger, élever un enfant. « Qu’il est compliqué d’être parent! » me dis-je les mains sur les hanches tout en préparant mon Hamburer Helper matinal.

Le problème avec toutes ces belles philosophies parentales c’est qu’on vous demande la perfection. De toujours faire ce qu’il y a de mieux pour les enfants, peu importe l’effet que ça aura sur vous, votre santé mentale ou vos valeurs. La perfection revient souvent dans le monde des parents, elle est insistante comme le sac de chips qui vous appelle du haut de l’armoire. Comme chacun de nous souhaite être le meilleur parent possible, on vise souvent le A+, le best, la perfection. Et quand on rate notre coup, quand on perd patience et qu’on cri « Arrête de crier! », ben on se sent évidemment comme une grosse marde qui a l’a pas pantoute.

Être en colère. Hurler. Crier. Tout ceci est un gros « no, no » par les temps qui courent. Cela semble être devenu la nouvelle tape sur les fesses, la technique à proscrire. Qu’un parent perde patience et lâche un « heille ça va faire! » bien retentissant soulève autant de sourcils des alarmistes de ce monde que si je lui avais lavé la bouche avec du savon. Des articles pleuvent sur le Net de mères qui se sentent coupables d’avoir crié après leur petit. Moi aussi je les ai lu. Moi aussi j’me suis senti tout croche. J’me suis senti cheap et l’équivalent d’Adolf Hitler parce que j’ai haussé le ton en plein restaurant bondé parce que mon p’tit hurlait pis était désagréable. « Oh désolé cher clientèle du St-Hubert, je ne voulais pas déranger la belle sérénité et le calme qui règne dans ce restaurant à 17h35 un jeudi soir! ». En fait j’avais juste envie de leur crier plus fort:

« Étouffez-vous avec votre vin rouge maison et votre cuisse de poulet graissoux! Vous vous rappelez pas c’est quoi élever un p’tit de 3 ans? »

Crier, perdre patience, c’est être humain. Oui, crier après un enfant n’est pas la solution et oui, ça les surprend, leur fait peur même, mais c’est un peu le but non? JE NE DIS PAS QU’IL FAUT HURLER SANS ARRÊT, calme-toi matante Suzie et compagnie. Mais…un petit haussement de voix bien sonné a toujours fait son effet depuis la nuit des temps. Voici 4 bonnes raisons de crier après ses enfants:

1. Ils sont en danger.

S’il y a bien UNE bonne raison de crier, c’est celle-là. Tu veux une réponse instantanée, cri « DANGER! » ou « ATTENTION AUX AUTOS! ». Quand tu hurles: « TOUCHE PAS AU ROND DU POÊLE! » ou « METS PAS TON PÉNIS DANS LA BALAYEUSE! » c’est parce que tu veux te faire entendre et obéir right fucking now.

Les puristes diront qu’il ne faut en aucun cas crier, qu’il faut prendre le temps de bien s’asseoir et expliquer aux enfants les événements. Par contre, je me vois mal attirer l’attention des enfants au parc et dire d’une voix douce et compréhensive: « Les enfants, pardonnez-moi d’interrompre votre jeu, mais il semble y avoir un énorme tyrannosaure enragé qui court en notre direction, donc, calmement, formez une ligne et suivez-moi vers l’abri le plus proche ».

2. Pour se faire comprendre.

J’sais pas pour vous, mais le niveau de son qui accompagne un groupe d’enfants est semblable entre le bruit ambiant au Grand Prix ou une foule de madames excités à l’événement Fruits & Passions en Giga Rabais. Chez Papa pis Dada, il n’y a qu’un seul enfant et parfois j’ai l’impression qu’il est en train de jouer à Jumanji dans la cave avec des rhinocéros pis des lions tellement il y a du bruit et de l’action. Donc, quand le souper est prêt, je me vois mal appeler le p’tit d’une voix angélique: « Mon petit poussin, le souper est servi! Vite, j’ai servi du brocoli vapeur sans sel et sans beurre ainsi qu’une délicieuse poitrine de poulet recouverte de sauce grise aux champignons molasses, ton plat préféré! ». Parfois, la seule façon de se faire comprendre c’est de lâcher un : »VIENS MANGER! » Cet ordre est aussi valable pour Papa qui bizounne dehors dans ses affaires et qui n’entend pas mon charmant appel.

Puis, une fois tout le monde bien assis, on peut utiliser notre voix de tous les jours. SAUF lorsque le p’tit commence à bouder et attrape son assiette pour nous démontrer de façon subtile son mécontentement. Dans ce cas…

3. Parce que tu es en esti!

Élever un enfant veut dire tout lui apprendre, right? La joie, la peine, la colère, l’empathie. Surtout l’empathie. Donc quand mon p’tit se chicane avec son ami au parc et lui sacre un coup de pied « pour voir ce que ça ferait », le premier regard que mon jeune me lance n’est pas celui du regret, mais bien de la fierté et du défi alors que l’autre est par terre en hurlant de douleur.

Un petit: « Oh, oh. Ce n’est pas gentil ça » ne risque pas de briser cette belle fierté. Je ne hurle pas à m’époumoner. Je ne crie pas des méchancetés ou des menaces violentes. Je LÈVE le ton d’un cran pour que le message soit clair: 1) tu as fais quelque chose de mal et 2) c’est moi qui commande ici. Parfois, c’est important que l’enfant saississe rapidement que ça fait pas ton affaire, que tu es en colère. La colère fait partie de la vie, même à Chambly.

4. Parce que la perfection n’existe pas.

Il nous arrive à tous d’être les meilleurs, d’être parfaits, d’être des kickass parents. Mais nous sommes rarement capable de garder cette perfection perpétuellement. Parfois, je cri parce que j’ai plus de patience. J’suis tanné de répéter au p’tit  de venir s’habiller ou de sortir du bain ou de ne pas mettre le crayon dans son nez. Pis oui je cri, pis oui j’me sens mal. Est-ce que j’suis un mauvais parent? Est-ce que je peux promettre à mon p’tit que je ne perdrai plus jamais patience, que je ne crierai plus jamais? Non. Crier me rend humain. Pis c’est ce que je dis à mon p’tit: « Dada s’excuse d’avoir crié. Dada est fâché. J’suis en colère. Tu le sais que je t’aime plus que tout, même quand j’suis fâché. Mais là, sérieusement, viens mettre tes p’tites culottes pis ça presse. »

5. Pour faire une surprise!

La meilleure raison, cachez-vous dans le garde-robe et quand votre p’tit arrive proche, hurlez « SURPRISE! ». Il sera amusé et s’en rappellera toute sa vie, de la fois où vous avez « crié » après lui. Surtout si vous portiez un masque de hockey avec une chainsaw dans les mains.

 

Donc, chers parents, ne visez pas le A+ à tous les coups. Croyez-en l’expérience d’un jeune prof, parfois un B, ou même un C+ est juste ce qu’il faut. Ça mérite un beau collant dans votre p’tit cahier de parents, pis même un beau commentaire: « Bel effort aujourd’hui! » Fac allez voir votre p’tit tantôt pis hurlez: « J’T’AIME! » ben ben fort. Ça fait du bien de crier de temps en temps, pour toutes les bonnes et les mauvaises raisons.

Dada Blaise

P.S: Partagez cet article à grands cris si vous le voulez. #êtreparentestdifficileparboutte

8 réflexions sur “J’suis un parent: 5 bonnes raisons de « crier » après les enfants

  1. l'Emmèredeuse dit :

    L’important, vraiment c’est d’être capable de se regarder en toute humilité ! Il m’arrive de dire : je m’excuse d’avoir crié maman a eu peur. Ou je m’excuse d’avoir crié, j’étais fâché. Il ne faut simplement pas se surprendre après si nos cocos crient quand ils ont peur ou quand ils sont fâchés. Sinon c’est comme une roue sans fin. J’ai crié, mais c’est pas toujours la bonne façon d’exprimer ce que l’on ressent .
    Parce que si nous on se sent coupable, et qu’on est capable de l’exprimer, eux n’ont pas tout le temps le vocabulaire nécessaire pour le faire.
    Je pense que les parents parfaits sont ceux qui ont les enfants les plus complexés : comment ça ce fait dont que maman est parfaite pis pas moi?

    Parfaits dans notre imperfection. Props!

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  2. Vincent Raymond dit :

    Être plus saint qu’un saint; voilà la nouvelle tendance. Ne déçois personne, observe bien le petit Larousse de la bienséance en publique et dis  » merci madame de partager votre expérience  » quand une esti de j’me mêle de tout viens te dire comment élever tes jeunes lorsqu’ils sont fatigués ou manipulateurs… « Ahh les parents d’aujourd’hui ils passent plus de temps sur les internets qu’à s’occupper leurs petits » Dans ton temps matante, t’avais pas besoin de savoir conduire … on te demandait pas non plus de t’instruire ». On est passé de cet extrême à l’autre en 3, voir même 2 générations. Lâchez pas les hommes modernes, si vous avez des petits gars à la maison n’oubliez pas de les rendre fier d’avoir un pénis, car les rôles s’inversent et on vera ça basculer d’une génération à l’autre.

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  3. Pingback: Pouliche Masculine
  4. Gigi dit :

    OMG! Ça fait tellement du bien de lire ça! Moi aussi j’me sens tellement cheap après avoir succombé au désir irrépressible de crier par la tête de mon garçon quand ça fait fucking 10 fois minimum que je lui repete la même chose plus autres tentatives ingénieuses pour le convaincre qu’il ferait mieux de m’écouter. Thing is, c’est comme manger un gros morceau de chocolat. C’est satisfaisant sur le coup mais culpabilisant drette apres. Do I have to tell you I love my little bugger? Dur, dur d’être parent…mais quiconque passe à côté is missing out I think.

    Aimé par 1 personne

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