Merci P’pa!

C’est le mois de juin, les pissenlits ont r’virés en mottons poilus, les shorts se font plus courts, la rhubarbe est prête, les jeunes se peuvent plus d’être à l’école (les profs non plus d’ailleurs) et le hockey est enfin terminé. Ça ne veut dire qu’une chose: la fête des Pères approche. La fête des Pères, si on la compare à la fête des Mères, c’est un peu comme la Claudette Dion du calendrier, c’est à dire qu’elle essaye ben fort d’avoir de l’importance, mais elle arrive pas à surpasser sa sœur. Un père, tout le monde le sait, ça n’a pas d’émotions, ça tient pas tant que ça à se faire fêter, ça grogne, chiale parce que quelqu’un a laissé les lumières allumés pis ça s’endort devant la télévision en un temps record.

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Heille, change pas de poste, j’regardais mon émission.

Il se trouve que j’ai également grandi sous la supervision d’un père. Un vrai de vrai comme qu’on dit. Pis, of course, mon papa, ben j’l’aime gros comme le ciel, même si il m’a fait roulé des yeux cinquante six mille fois avec ses histoires interminables et m’a fait honte devant la populace entière. Mon père c’est le crème de la crème des pères, parce qu’il était capable de faire des crêpes en forme de Lucky Luke, inventer des chansons su’l fly, me faire marcher sur ses pieds comme un géant, m’amener manger une p’tite patate frite full vinaigre, m’amener à foire agricole de Saint-Hyacinthe essayer les manèges chambralants et rouillés opérés par des ex-prisonniers tatoués parce que c’était mon plus gros thrill de mon été, m’amener au Servidéo louer des films à tous les weekends, parce que j’avais pas de vie sociale apparemment, pis me montrer à conduire (et me traumatiser du même coup).

J’ai dit merci à ma mère, pis comme j’suis autant téteux pour un comme pour l’autre, et pis que j’veux pas que mon père soit jaloux, c’est à son tour de se faire humilier remercier.

POUR TOI PAPA:

 

Merci p’pa…

…de ne pas m’avoir forcé à faire du sport. J’le sais que tu avais peut=être des grands espoirs que j’sois le prochain Wayne Gretzky ou Lloyd Eisler (c’tu un joueur de hockey ça?), pis que quand on m’a mis sur la glace j’me suis effouaré en braillant, mais t’as jamais insisté pour que je continue. Tu m’as jamais fait sentir cheap ou nul parce que j’m’intéressais pas aux sports ou que j’voulais pas écouter la soirée du hockey. À place tu m’traînais à mes cours de gymnastiques, parce que oui, il fut une époque où j’pouvais fait des pirouettes sur une poutre, me mettre les jambes par dessus la tête et faire des roues sans main. C’était pas le sport le plus viril, mais j’ai quand même gagné mes p’tits rubans bleus, pis t’étais la pour m’applaudir avec toute la fierté paternelle qui te caractérise.

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Ou j’aurais pu être le futur Felipe Alou, le fameux joueur de soccer.

Merci p’pa…

…de m’avoir appris comment charmer les dames. Oui, je sais, tu pensais pas que je te remercierais pour ça, mais sans fausse modestie, chu pas mal pas pire pour charmer le sexe opposée. Grâce à toi, j’ai appris comment complimenter les madames, les faire sentir belles pis drôles et savoir quoi leur dire pour leur faire plaisir. Même si je vis avec un homme, ce don m’est pas mal utile quand j’veux avoir un plus gros budget scolaire avec ma directrice ou lorsque j’veux une plus grosse portion de frites au restaurant en jasant avec la serveuse. Tu m’as montré comment avoir de l’entregent, avec hommes ou femmes en fait, d’être jasant avec le monde, d’être souriant pis de dire s’il-vous-plait et merci.

Merci p’pa…

…de m’avoir construit plein de patentes à gosses pour m’amuser et transformer notre cours arrière comme un cliché de film américain avec une clôture blanche, une cabane dans les arbres, un vieux pneu dans le saule pleureur, et surtout, LA fucking grosse glissade faite en tôle. Ça tenait par la peur, c’était immense, la tôle était brûlante sous le soleil et nous écorchait les fesses, mais c’était l’attraction de la rue. J’pense que j’ai jamais été aussi populaire que la fois où tu as eu l’idée d’installer le boyau d’arrosage sur la glissade pis qu’on descendait à 90 km/h avant d’atterrir dans le gazon qui nous tailladait les cuisses. Merci papa bricole.

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Glissez les enfants, ça va être l’fun! Wheeeeeeeeeeouuuuuchhhhhh!

Merci p’pa…

…de m’avoir trimbalé à tous les films que je voulais aller voir. Le Petit Monstre 2 (où tes rires empêchaient le reste du monde d’écouter le film), Jurassic Park (4 fois dois-je le mentionner, mais c’tais ben trop bon!), Le Roi Lion (j’avais 14 ans pis mes amis se pensaient trop cool pour aller voir ça, mais DAMN IT, j’y ai été pareil!), etc, etc. Merci aussi de m’avoir amené au cinéma quand j’étais adolescent et d’attendre dans le char comme un codingue pendant que j’avais du fun PG-13. T’étais mon taxi de Saint-Jean-sur-Richelieu jusqu’à la campagne perdu de Saint-Sébastien, pis c’était une tâche ingrate, mais tu l’faisais sans chialer…enfin, presque pas.

Merci p’pa…

…de tout m’avoir appris sur les autos. Je l’sais que je devais pas être facile à cerner comme ti-gars vu que je jouais aux pouliches pis aux princesses, mais t’as quand même voulu m’inculquer tout ton savoir sur les autos. La nettoyer toutes les semaines, la shiner ben comme il faut, laisser le guenille sale proche du moteur pour qu’elle pogne dans la courroie, comment changer un pneu, pis bien reconnaître les différents modèles. Merci d’avoir autant essayer, pis désolé que j’aille pas écouté grand chose. La preuve ultime est quand j’ai du inscrire ma voiture pour le stationnement au Cégep et que lorsqu’on m’a demandé la marque de ma voiture j’ai dit: « Chevrolet », et quand on m’a demandé le modèle j’ai dit: « heu…Chrysler? Ben le char beige que tout le monde a ». #alwaysawkward

Merci p’pa…

…de m’avoir amené vivre à la campagne. Grâce à ça, j’ai appris à faire du cheval, ranger des « bales » de foin dans une grange, tondre le gazon avec un tracteur (tout croche, mais c’pas grave), nourrir des poules et des lapins (pas souvent, mais c’pas grave), pis à travailler su’à terre (le moins possible, mais c’pas grave). J’ai grandi dans la banlieue blanche et verte pour ensuite vivre dans l’odeur de fumier pis les grands espaces et les champs de blé d’inde. C’est comme si j’avais vécu plusieurs vies, pis je t’en remercie. Même si j’étais pas toujours ben vaillant ou le plus viril de la gang, vivre en campagne m’a fait découvrir une facette plus masculine de ma personnalité. Ça m’fait un thrill de savoir que j’suis capable d’être un gars « gars » parfois, pis que j’suis capable d’allumer un feu de camp en crachant pis en rotant en me pognant le paquet.

Merci p’pa…

…de m’avoir transmis ta calvitie. Ma grosse tignasse qui poussait en boule s’amincit à mesure que je vieilli, me permettant ainsi d’avoir moins chaud l’été et me présenter comme député.

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Moi dans 3 mois.

Merci p’pa…

…d’avoir été celui qui participait. T’as toujours été le joueur, celui qui était willing de faire une p’tite partie de cartes avec nous autres, faire le mort dans nos films d’horreur, jouer à Scattergories même si t’hais ça le bruit du buzzer, essayer de jouer au bowling sur la Wii ou ben de faire des mimes pas déchiffrable. Surtout, merci d’avoir toujours voulu nous suivre dans les manèges. Astheure que j’ai un p’tit, j’trouve ça ben plate faire les p’tits avions qui tournent pendant cent mille ans. Mais toi tu l’faisais toujours avec le sourire, entouré d’une bande d’enfants criards et boosté au sucre, alors chapeau papa.

 

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R’gardez-nous donc le sourire Crest de ma soeurette qui vole le show comme d’habitude. Moi j’suis en arrière sur le bord, parce que mon cousin avait trop peur.

Merci p’pa…

…de m’avoir appris à jouer aux cartes, de m’avoir lancé dans les airs pis fait faire toutes sortes d’acrobaties, de m’avoir fait des spectacles de musique à bouche, de m’avoir fait écouter du Félix Leclerc, de m’avoir aidé à nous construire une friggin‘ maison, à moi et ma soeur, de m’avoir appris à nager pis faire de la bicyclette, de m’avoir protéger des extraterrestres quand j’allais me coucher avec toi, de m’avoir endurer pendant ma crise d’adolescent incompris, de m’avoir poussé à aller porter des C.V., d’arrêter au dépanneur à chaque semaine m’acheter mon Safarir, pis finalement, de m’avoir toujours, toujours, toujours serré dans tes bras, peu importe mon âge, peu importe ce qui arrivait. Tu as toujours voulu te démontrer affectueux, pis tu peux pas savoir comment c’était important pour moi que tu le sois. Pour tous tes gros câlins, tous ceux que tu m’as fait quand j’étais jeune et ceux que tu m’as fait pareil même quand je t’ai annoncé que j’étais amoureux d’un garçon, j’te dis merci p’pa. T’es réellement le meilleur père qu’un p’tit gars comme moi pouvait avoir.

 

Mon père c’t’un tendre, fac essuie tes grosses larmes p’pa, mouche ton nez moustachu, pis j’te fini ça avec un p’tit vidéo de tes acteurs préférés, pour te faire plaisir.

 

 

Quand je te demandais d’aller louer un film pis que j’oubliais de spécifier QUEL film, tu r’venais toujours avec ces maudits films-là. Chriss que c’tait plate bon.

 

Dada Blaise

Une réflexion sur “Merci P’pa!

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