La Crise expliquée en 5 étapes

Ah les crises. Voilà ti pas un beau moyen de te scraper un après-midi familial? Le beau temps, le soleil, l’odeur du gazon fraîchement coupé…Fuck that. Le p’tit a décidé de vous faire payer d’être aussi heureux. Aweille la crise.

Je vous apprend rien, une crise, c’est poche. Ça hurle, ça pleure, ça lance des affaires, ça s’effouare par terre, ça te fait honte devant la visite, fun times! Quand c’est ton premier, tu ne sais jamais trop comment agir face à ça. Tu lis des livres, des articles douteux sur le Net, tu demandes au pédiatre, tu demandes même conseil aux fameux « Eux Autres » tellement tu es désespéré. Et pour une fois, la plupart des gens sont d’accord pour te dire une chose: les crises sont un moyen que ton p’tit a trouvé pour te tester. Il veut savoir tes limites et faire de toi sa prison bitch, te faire faire tout ce qu’il veut. C’est le temps de prouver que tu es (gulp!) l’adulte de la situation. Alors la solution est simple: ignore le p’tit. Ignore the shit out of him.

Et cette solution SEMBLE facile à première vue. Pourtant, ignorer une crise n’est pas quelque chose de simple à faire, surtout dans un endroit public. Le masse populaire qui se trouve dans les magasins et restaurants semble toujours réagir de la même manière lorsqu’il voit en enfant en crise dans un endroit public: comme s’il n’avait jamais vu ça de leur vie. Les regards accusateurs et les « ben voyons » se font aller allègrement, quoique tu fasses. Ignorer une crise dans le confort de votre foyer peut être aussi difficile. Les gesticulations et objets lancés sont une chose, les cris et les pleurs incessants sont une autre. Votre mal de tête s’intensifie, votre gros nerf du cou est sur le bord d’exploser et vous noyez votre rage en avalant une brique entière de fromage Velveeta ou en vous enfermant dans votre chambre et hurler calmement dans un oreiller.

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Ou tu peux passer en mode psycho bitch et trancher le tête du toutou de ton p’tit. Tout dépend de ton tempérament.

Avoir un toddler signifie nécessairement que tu auras à vivre une chrisse crise de bacon au moins une fois dans ta vie (ou 134 008 fois, c’est selon). Vous savez ce que c’est ces crises, tout le monde à déjà assisté de près ou de loin à ce genre de crise, surtout si tu oses t’aventurer dans un Wal-Mart dans le temps des Fêtes. Évidemment, il y a toujours une bonne âme charitable et légèrement chiante pour venir te dire qu’est-ce que tu devrais faire pour désamorcer la crise alors que tu es en plein dedans. On te suggère d’apprendre le Mandarin à ton enfant ou le calmer en lui offrant un bon verre d’eau (yes, for real). As-tu déjà tenté de calmer un enfant en crise? C’est l’équivalent de calmer un cheval schizophrène dans une écurie en feu, tu reçois beaucoup de coups et de crachat, pis ton verre d’eau se retrouve calissé à terre bien rapidement. Il est de mon humble avis qu’il est impossible d’éviter les crises, ni même de les arrêter complètement. J’crois qu’il faut que ça sorte de leur p’tit corps, pour faire place à tout ce qui est bon et beau. Les crises, c’est inévitable, comme les dimanches matins à bruncher avec la belle-famille. Par contre, il y a de l’espoir. Après quelques crises, tu commences à discerner un pattern récurrent. La crise est toujours composée des mêmes cinq étapes et bien les connaître aide grandement à passer au travers.

Voici donc une belle liste qui vous indiquera clairement à quelle étape vous êtes rendu et combien de temps il vous reste à souffrir avant la prochaine.

Première étape: Le Déni

Souvent accompagnée du lirage, cette étape commence tout de suite après que le parent ait décidé de ne pas combler le désir du petit, que ce soit de le laisser jouer dans la neige sans mettre ses bottes ou de ne pas avoir voulu couper son sandwich en forme de triangle isocèle (J’viens de les couper en carré de 4cm par 4 cm! Qu’est-ce que tu veux de plus!? Si je les coupe encore il n’y en aura plus de fucking sandwich!).

L’enfant va continuer à s’opposer férocement à tout ce que le parent annonce. Les larmes peuvent couler à flots ainsi que les « mais j’le veuuuuuuuuuuux! ». C’est LUI qui décide et ici les spécialistes vous diront que l’enfant « s’affirme ». Je comprends que l’affirmation de soi et un esprit fort sont des belles qualités pour devenir patron d’une multinationale, mais pour l’instant, shut the fuck up honey.

Cette étape peut être longue, tout dépendant des talents d’acteur de votre enfant et la longueur de sa mèche avant de péter un gasket.

Deuxième étape: La Colère

La grosse colère. L’autobus scolaire (jeu de mots familial ici). Ici, toutes prétentions de civilité prend le bord. Shit gets real. L’enfant comprend que les pleurs ne servent à rien et passe en mode dramatique. C’est l’étape la plus connue, car c’est elle qui est la plus visible. Les cris, les larmes de la haine, les tapes, les convulsions, les coups, les morsures, le feu, le sang qui gicle, tout y passe. Et tout ça en quelques minutes à peine!

L’étape de la colère est impressionnante et vous fera réaliser qu’il n’y a rien de plus fort et dangereux qu’un toddler qui pète sa coche. Votre foi judéo-chrétienne sera subitement remise en question. C’est l’étape la plus difficile à ignorer, surtout en plein Zellers (oui avant il y avait des Zellers, j’suis d’une autre génération moi). Abandonnez votre panier rempli de gogosses inutiles et fuyez vers la voiture. La crise intensifiera sans doute dans le confort de votre automobile, mais vous aurez le champ libre pour vous ploguer les écouteurs de votre iPhone dans les oreilles et écouter à plein volume vos chansons de Coeur de Pirate, cherchant ainsi à noyer les pleurs incessants avec la voix rêveuse de Béatrice.

Cette étape est terriblement longue, car selon la théorie de la relativité du monde des parents, chaque minute passée avec un enfant qui hurle à pleins poumons équivaut à 1 heure.

Troisième étape: Le Marchandage

Afin de reposer ses cordes vocales et vous prouvez que vos êtes en train de perdre la raison, l’enfant changera brusquement de tactique et sera tout miel, tout sucre. Il peut utiliser la technique « J’penche la tête sur le côté avec une petite voix mignonne » pour vous amadouer ou la promesse de « j’vais être gentil ». En bref, le p’tit flirt gros comme le bras pour avoir ce qu’il veut. Après l’horreur de la deuxième étape, la plupart des parents répondent à la demande de façon logique: « tu m’ris-tu en pleine face ciboire? »

Si la réponse fournie ne lui plait pas, l’enfant pourra facilement retourner à la deuxième étape, et ce en quelques millisecondes à peine. La transformation est digne de Dr. Jekyll et Mr. Hyde et c’est ici qu’on peut considérer sérieusement d’appeler le Père Merrin et son eau bénite.

Cette étape est INTERMINABLE et c’est ici que vous préparez mentalement toutes les futures interdictions injustes que vous imposerez à votre enfant quand il sera ado.

Quatrième étape: La Dépression

Cette étape commence lorsque l’enfant a épuisé toutes ses ressources et tous les tours dans son sac. Bien que les cris ont cessé, les larmes et les pleurs peuvent continuer de couler. Il peut également simplement se coucher face première et gémir inlassablement. En ces moments-là, Papa adore chanter : « s’effondre sur l’asphalte, et me laisser mourir! Stone! Le monde est stone! » Le p’tit trouve ça rarement drôle.

Cette étape est la plus difficile, car certains enfants sont des véritables Kate Winslet ou Tom Hanks et leur jeu d’acteur est si puissant de vérité qu’il peut vous arracher des larmes facilement et vous faire flancher. Restez fort. Le p’tit prépare déjà son speech pour les Oscars.

Point positif, l’enfant semble se tanner plus rapidement de pleurer que de crier, donc cette étape est généralement très courte.

Cinquième Étape: L’acceptation

L’enfant comprend votre point de vue et les explications fournies. Il va tranquillement s’asseoir sur sa chaise dans le salon pour enfin sortir le petit jeu « J’apprends à compter » aimanté qu’il a reçu à Noël et qui n’a jamais été ouvert. L’enfant joue seul pendant deux heures de temps et revient vous faire un gros câlin après un moment. Bonus: il sait maintenant compter et vous aidera à faire vos déclarations d’impôts à l’avenir!

Just kidding!

L’enfant a maintenant le choix: abandonner la partie, recommencer la crise ou quitter avec un peu de dignité. L’enfant utilisera la meilleure technique qui lui reste, celle que Dada utilise encore lorsqu’il se chicane avec son chum: le boudage. En croisant les bras et en tapant du pied, le p’tit s’éloigne et fait des « mmmm » sonores, afin de vous faire bien comprendre que ça ne fait toujours pas son affaire.

Il est conseillé ici de ne pas provoquer la bête, car la deuxième étape peut facilement être de retour, et ce de plein fouet. Attendez quelques minutes (heures) puis le p’tit se sera calmé. Attendez encore quelques secondes et le p’tit va spotter autre chose qu’il désire ardemment (les couteaux de cuisine/le « back massager » de maman/la litière du chat) et recommencer la liste du début! Enjoy the moment! Ça passe si vite!

 

Dada Blaise

 

 

 

4 réflexions sur “La Crise expliquée en 5 étapes

  1. Lexie dit :

    J’ai une spécialiste du gémissement larmoyant à la maison. Elle saute parfois toutes les étapes pour arriver directement à celle-ci. Plus vivable? Pas pantoute! Elle le fait parfois du lever au coucher du soleil, avec pour seule interruption la garderie, où elle se «garde une petite gêne» dixit les éducatrices 🙂

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  2. Nath the nantaise dit :

    Coucou,
    Étant française, j’ai encore un peu de mal avec vos expressions, mais je vois que les petits monstres français n’ont rien à envier à ceux de Canada!
    Mon petit zouave de 2ans 1/2 est un acteur dramatique terrible qui je pense décrochera un Oscar avant ses 3 ans!
    J’adore vous lire ça me rassure, merci continuez!!!

    Aimé par 1 personne

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