Voulez-vous ti ben vous mêler de vos affaires, vieille madame?

Bon. Les madames. Les vieilles madames là. Eux autres, celles passées la cinquantaine (scuse moi maman!). Celles que tu rencontres dans les magasins pis les épiceries un mardi matin avec ta coquille sous le bras pis ta bonne volonté dans l’autre pis qui te font un sourire attendri en voyant ton bébé. Ces p’tites madames-là qui errent avec ou sans but, question de passer le temps ou fuir leur foyer? Ben j’ai eu affaire avec eux souvent pendant mon congé de dadaternité (C’est comme la maternité, sans l’allaitement pis l’accouchement, mais avec toute l’angoisse et l’incertitude). Ces ptites mesdames-là se multipliaient, comme des ptits vers blancs sur une carcasse de chat mort, aussitôt que je me pointais quelque part de public avec bébé joufflu. Je parle des tites madames qui trouvent ton bébé tellement mignon qu’elles veulent le toucher et le tâtonner à tout prix en disant: « Qu’il est beau. » Non madame, touche pas mon bébé please. J’ose même pas le toucher moi même parce que je viens d’ouvrir la porte du magasin pis j’ai peur de lui transmettre l’herpès avec mes mains sales. Peux-tu garder tes mains d’inconnue chez vous s’il vous plaît? Mais bon, eux autres sont inoffensifs la plupart du temps, elles veulent toucher pis complimentent pis elles partent, repues.

Mais j’ai eu affaire avec un autre type de ptite madame. La p’tite madame qui juge. La p’tite madame pas gentille. Exemple concret: Petit Pou s’endormait toujours avec sa doudou sur la tête. Il se la ramassait en tapon sur le crâne pis s’en pognait un p’tit bout dans sa p’tite main pis se frottait ça sur le nez. Pis il s’endormait comme ça, avec la couverte qui lui couvrait toute la tête, jusqu’au nez. Faque, bébé dort avec sa couronne de couverte en lin bleu sur la tête pis on roule en carrosse sur le bord du canal, p’tit train va loin, la vie est belle. P’tite madame marche à contre sens. Genre de madame retraité mais qui fait de la marche professionally, parce qu’elle a un tracking suit mauve, pis des grosses lunettes fumées, pis une coupe de cheveux agressivement courte. On se croise, elle regarde instinctivement le bébé, puis moi ensuite. Un papa qu’elle se dit sûrement, avec juste une petite dose de mépris. Je le vois tout de suite dans ses yeux. Un homme pis son bébé. Elle regarde le p’tit à nouveau et tout bonnement avec toute la suffisance qu’elle peut se permettre, me dit: « Mon doux, mais il respire tu cet enfant la? » Pas de gêne, elle se penche et enlève la couverte de sur sa tête. Parce que manifestement, elle sait qu’est-ce qui faut faire.

Hé ben. Pas de trouble hein? Je replace prestement la couverte sur le crâne bien doux et bien chaud de mon nouveau rejeton pis je lui dit: « Inquiétez-vous pas, il respire. Je suis capable de m’en occuper tout seul, madame. » Pis je pars. En chriss. Elle aussi, ses pantalons frottant de façon désagréable sous la vigueur de ses pas.

Alors je me demande, pourquoi elle peut se permettre un tel geste? Non, je le sais, elle ne l’a pas battu ou ben attaqué. Mais imaginons une situation inverse, elle se promène avec son petit-fils pis lui il mange une crème en glace mettons, full chocolat. Moi je m’arrêtes tu pour lui dire, mmm, vous êtes certaine que c’est bon pour lui tout ce chocolat? Je n’en aurais pas parlé si l’incident avait arrêté là. Ça aurait été une anecdote cocasse pour tous mes amis, on aurait rit pis aurait bu une gorgée de vin. Mais non. Les p’tites madames s’étaient donné le mot on dirait. Par plus de quatre fois en quelques mois, après l’incident de la couverte, je me suis fait apostropher par des p’tites madames. « Mon Doux! » qu’elles disaient à l’unisson. « Il ne fait pas un peu chaud pour avoir un gros manteau de même? » « Il pleure, mais donnez-lui sa suce! » « Il dort un peu le cou tout croche, il doit avoir mal pauvre pit! » et la meilleure: « Il pleure, pov’ ti. Hooon, tu veux voir ta maman hein? »

Ah ben la…elle…elle…elle a gagné le jackpot. Dada en esti. « Heille p’tite madame du Wal Mart avec ses bottes trop grandes pis son manteau qui pu la cigarette! Peux-tu te mêler de tes affaires? (J’ai peut-être sacré un peu plus que ça, je suis plus certain). Cet enfant la, y’en a pas de mère, juste deux papas, pis on fait notre possible! Correct? »

Fac voilà. Petites madames du monde, inquiétez-vous pas. On fait de notre mieux, nous les papas. Et j’englobe tous mes papas compatriotes, homosexuels ou pas. On change les couches pis on essuie les gouttes de pipi, pis on cuisine, pis on va aux rendez-vous importants, pis on console pis on …

Pis si on est ben mal pris, entouca pour Papa pis Dada, ben j’appelle ma maman en panique pis on y demande ses précieux conseils. Elle c’est une p’tite madame qui a le droit se mêler de mes affaires.

 

Dada Blaise

3 réflexions sur “Voulez-vous ti ben vous mêler de vos affaires, vieille madame?

  1. Christyne dit :

    Amen. Je pense que tous les parents ont une anecdote similaire. Une madame est venue couvrir la tête de mon bébé de 10 mois, avec ses mains, parce que je passais proche du gros réfrigérateur chez Costco. Ce qui était l’fun, c’est la façon dont elle m’a complètement ignoré en interagissant avec mon enfant. Je pense qu’elle n’a jamais eu connaissance du fait que je lui ai dit de se mêler de ses affaires.

    Pourquoi madame? Pourquoi…

    À l’inverse, un homme m’a dit un jour :  » pourquoi t’ allaites pas? C’est si simple!  »
    ……………
    -_-‘

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s