Votre Halloween par Papa pis Dada

Vous le saviez, je le savais, mais l’inévitable arrive finalement demain, drette dans la pluie frette pis la frénésie du costume: l’Halloween. L’Halloween, comme vous le savez, est l’occasion de rôder au travers les rues sombres de la ville avec vos enfants déguisés en animal afin de leur apprendre une belle leçon comme quoi c’est correct de supplier des étrangers pour avoir des bonbons. Comme j’suis genre un devin pour tout ce qui attrait les activités familiales, voici en gros à quoi devrait ressembler votre journée de demain.

5h.     Votre enfant retontit dans votre chambre avec les cheveux à droite et les pupilles dilatés comme s’il était sur un gros high d’ectasy, proclamant haut et fort son amour pour l’Halloween et s’il peut déjà mettre son costume. Bonjour la vie!

5h11.   Après un débat féroce qui passe proche du tir au poignet, vous avez réussi à convaincre à votre enfant qu’il vaut mieux se recoucher et attendre que son câlice de réveil montre un p’tit soleil avant de se lever, afin d’être bien en forme pour ce soir. Rappelez à votre enfant aussi que s’il se recouche pas, il risque de voir tous les beaux bonbons qu’il a ramassé durant la soirée r’virer dans le fin fond du bol de toilettes.

6h.     Le p’tit soleil est apparu sur le cadran, donc levez-vous au plus chriss.

6h à 6h30.    Préparez les boites à lunchs ainsi que les cupcakes surprises d’Halloween en forme d’araignées coquines pour la classe de votre enfant, cupcakes qu’il fallait avoir préparé la veille mais que vous aviez oublié, préférant regarder Tous pour un châlet en petites culottes sur votre divan à la place.

6h30.      Préparez un savoureux déjeuner que personne ne va manger tant ils ont l’excitation dans le derrière. Apprêtez vous à jeter céréales et œufs dans le compost pour finalement entendre vos enfants réclamer qu’ils ont subitement très faim.

7h.           Sortez le costume d’Halloween du bébé et de l’enfant. Regardez les yeux confus de votre enfant qui vous signifie de façon saine et raisonnable que ce n’est pas ce costume-là qu’il souhaitait porter. Votre enfant est terriblement déçu de vos capacités parentales quant à deviner télépathiquement ses changements d’idées. Devant l’inévitable, il accepte néanmoins ce costume affreux que vous aviez commandé sur Internet en échange de votre patience. Vous mettez le costume à bébé également, qui semble se dire : « What the fuck? Pourquoi tu me mets un gros ananas sur la tête? ».

7h22.         Appliquez avec délicatesse et finesse le maquillage réclamé par votre enfant. Pas de simple moustaches ou un petit nez rouge, no bitch. Il veut le même maquillage que sur le vidéo Youtube de Swan et Néo qu’il a vu l’autre jour, avec des effets d’ombre et 3D.

Sans titre

Tiens mon p’tit pit, t’es ben beau comme ça. Pareil comme sur ton vidéo!

 

7h25.      Peu importe votre dévouement au maquillage, votre enfant enfile son foulard et sa tuque et vl’à ti-pas tous les beaux fruits de vos efforts qui finissent beurrer tout croche contre le tissu. Câlice.

7h30.       Tentez d’emmitoufler votre bébé dans le siege de voiture sans l’étouffer avec son jovial et fantasque costume qui lui remonte par-dessus la bouche.

8h à 15h.    Boutte calme. Sauf si comme moi vous œuvrez dans le monde des enfants, alors là, vos oreilles bourdonnent sous les cris incessants d’excitation d’un groupe survolté d’enfants tout en suant dans votre costume trop serré qui frôle dangereusement l’appropriation culturel que vous vous obstiné à mettre années après années.

15h30.     Votre enfant de retour de l’école/garderie/centre correctionnel est déjà primé pour aller faire la tournée de l’Halloween. Il est en convulsion sur le tapis du salon alors que vous vous démenez pour préparer un repas simple et succulent qui plaira à toute la famille. La télévision sera votre bonne amie pour ce soir. Votre plat de macaroni ne sera nullement savouré puisque votre enfant se lèvera huit fois pendant le repas pour aller voir si le soleil a commencé à aller se coucher pour signaler l’heure de l’Halloween. Également, vous aurez été sûrement interrompu par des Halloweenieux trop excités qui passent à 4h15.

17h.         Dès les premières traces de noirceur votre enfant hurle qu’il est temps de partir au plus chriss. Aweille les costumes pis le beau maquillage. Mettez-y moins d’efforts, il va faire noir pis pleuvoir anyway.

Promenez-vous de maison en maison avec votre jeune enfant a qui vous avez revêtu son plus beau manteau d’hiver histoire qu’il ne pogne pas son coup de mort. Votre enfant est un peu en est parce qu’on ne voit pas son beau costume d’Halloween sous les huit couches épaisses de protection contre le froid. Accompagnez votre enfant jusqu’aux portes des maisons au cas où un maniaque déguisé en tueur de Frissons surgirait pour foutre la trouille à votre enfant et taché son beau costume de ses selles nauséabondes du même coup. Plantez-vous comme un piquet à quelques pas derrière votre enfant alors qu’il attend dans le grand silence malfaisant que ledit adulte daigne lui donner son p’tit sac de bonbon. Si vous êtes malchanceux, vous tomberez peut-être sur l’adulte joviale qui exige une belle chanson pour un bonbon, fuyez immédiatement.

Rappelez pour la 45ième fois qu’il faut dire merci. Répétez au nauseam.

21h.         Revenez à la maison est chicanez vous avec votre enfant sur le nombre de bonbons auxquels vous avez droit. Attendez que votre enfant se couche, le corps traversés de spasmes dû au nombre élevé de sucre qu’il a dans le sang, puis volez lui une couple de bonbons.

12h.       Réveillez votre enfant et rendez-vous avec lui dans la forêt pour son Baptême Noir. #sabrina

 

Joyeux Halloween!

Dada Blaise

 

 

 

J’aime pas ben ben jouer avec mon enfant

Moi j’suis un joueur. Dans le genre que j’aime ça jouer à un paquet d’affaires. Aux cartes, aux jeux de société, aux fesses, au Nintendo, name it. Fac quand est venu le temps que j’aille un enfant, j’me disais que j’allais kickassé dans le domaine des jeux avec son enfant. J’me voyais, une belle vision de moi dans une chemise blanche échancré, full cheveux golden sur la tête courant dans les champs avec mon enfant, jouant à la tag ou à chat perché puis buvant de la limonade à la lavande en faisant de la pâte à modeler, que j’avais confectionné moi-même avec ledit enfant, créant des animaux de la jungle et lui apprenant de belles leçons de vie par la suite.
Mon grand garçon est maintenant âgé du doux-et-pas-du-tout-chiant âge de 5 ans. Mon bébé approche dangereusement du 1 an. Et quand le plus grand arrive vers moi tout fringant avec son petit air je-croque-dans-la-vie pis qu’il me dit: « Dada, je veux que tu joues avec moi s’il-te-plaît! », j’me dis deux choses à moi-même: « Mon doux qu’il est poli cet enfant! » et « Oh Seigneur Dieu, pas encore jouer ciboire! »I know, I know, je sonne comme le pire parent ingrat et détestable de la Terre, mais je ne suis qu’un homme de 36 ans! Je vis et je souffre et je mérite d’avoir une petite pause de temps en temps bazouel! Dans les nombreux cas où mon enfant me demande de jouer avec lui, je répond parmi les choix suivants:

  • « Bien sûr mon petit lapin! Jouer avec toi me ferait super plaisir! »
  • « Ah peut-être tantôt, d’accord? » (ma réponse préférée)
  •  « Joue à côté de moi, c’est presque pareil! »
  • « Dada peut pas, faut que je plie le linge de la sécheuse! »
  • « Non, j’aimerais mieux me planter une fourchette dans les yeux à la place de jouer avec toi! »
  • « Achale-moi pas j’fais caca bâtard! »

Mais bon, la plupart du temps vu que j’suis pas trop si pire que ça, j’fini par jouer avec lui. Par contre, jouer avec un jeune enfant, qui est TSA de surcroît tout en ayant un jeune bébé qui apprend à marcher dans les pattes, n’est pas toujours évident. Laissez-moi vous le démontrer par des exemples:

  1. Je choisis jamais les jouets que je veux

Mettons qu’on joue aux petites autos, vous savez ce jeu palpitant qui consiste à faire rouler en rond des p’tits chars en faisant « vrrrrrroooooommm » pendant une demi heure, ben qui qui va se ramasser avec la petite auto couleur jaune pisse qui lui manque une roue? Ou si on joue aux pouliches, qui va avoir la vieille pouliche couleur blanc sperme avec une patte mâchonné par le chien? Ou si on joue à la Pat Patrouille, qui qui a Galineta pis c’est toute? Ou si on joue à la Barbie, qui qui va avoir la vieille Barbie unijambiste nue avec les cheveux grichoux et qui semble avoir passé sa vie sur le trottoir? Bref vous voyez où je veux en venir. Dada peux juste jouer avec la scrap.

    2. On ne joue pas vraiment

Après s’être assis à même le sol comme une Geisha dans un congrès de businessmen, on pogne chacun nos bébèlles respectives pis après il y a deux scénarios possibles:

Ou bendonc je joue tout seul et mon garçon me regarde comme un spectateur (c’est son côté TSA, il observe et analyse ce que je fais pour le recopier plus tard) pis j’me sens comme un animateur de foule avec mes p’tites autos et mes pouliches, OU ben mon garçon part dans un scénario ultra complexe et difficile à suivre et si j’ose suggérer un tant soit peu de créativité, j’me fais fusiller du regard sur le champ. Either way, il faut vite comprendre qu’il n’y en a qu’un qui commande, pis c’est pas moi.

Donne moi un jeu de société ou ben des Legos, j’sais quoi faire avec ça, mais la plupart du temps, mon ti n’enfant TSA veut jouer à des jeux qui utilise son imaginaire. Genre:

« Ok Dada, là j’suis un papillon. »

« Ok. »

« Là tu dis, regarde le beau papillon! »

« Oh le beau papillon! »

« Non! J’ai dit qu’il faut que tu dises REGARDE le beau papillon! »

« Ah scuse. »

Le jeu se termine par lui qui fait des culbutes et qui se tortille partout sur le divan en m’expliquant en long et en large une histoire de papillons, de chats, de fille aux longs cheveux, de police, pis de toilettes (si vous connaissez mon garçon, j’ai énuméré ici toutes ses passions. I know, it’s weird, mais welcome to my life). Et ainsi de suite. Bref, on joue pas tant, c’est plus lui qui me raconte des histoires interminables et moi qui me tortille d’impatience en tentant de trouver une idée pour me faufiler vers une autre pièce.

    3. La crise rode toujours

Avant, jouer avec mon enfant était simple. Nous sortions quelques jouets, on s’obstinait quelques minutes à savoir à quoi jouer, mon garçon se fâchait parce que je ne jouait pas comme il faut pis je pouvais retourner à ma pile de linge à plier dans la sécheuse (Laquelle vous demandez-vous? Peu importe, il y a toujours une pile dans linge à plier dans sécheuse. Toujours). Maintenant, c’est un peu plus compliqué. En plus de tous les critères particuliers de mon fils pour le jeu, soit apprendre à écouter d’autres idées que les siennes, apprendre à être un bon gagnant, ne pas se décourager et câlisser la planchette de jeu par la fenêtre s’il pogne un serpent dans le jeu serpent et échelles, etc, il y a maintenant un nouveau facteur de risque dans nos jeu: Godzibaby. Bébé Bonheur arrive avec son sourire pis ses p’tites fesses dans les airs pis détruit tout sur son passage. Il a aussi la fâcheuse manie de prendre LE jouet que son frère avait spotté. Bref, vous vous imaginez la suite.

« TOUCHE PAS! »

« NON! »

« C’EST MOI QUI VOULAIT CE JOUET-LÀ! »

Le temps de jeu avec mes enfants est en fait devenu un temps où je dois gérer des crises et des colères et des chicanes. Et mon bébé bonheur est vraiment Roger Bon Temps pour l’instant, se faire voler une bébèlle ne lui dérange pas pantoute l’air d’allée. J’ose à peine imaginer ce que ça va être dans 2 ans de cela.

4. C’est interminable

On pourrait croire qu’après un certain temps, genre 15 minutes, un enfant pourrait se tanner de refaire le même jeu, mais semble-t-il que d’avoir son parent en otage est le jeu préféré de mes enfants. Qui plus es, même si j’arrête subtilement de jouer avec la petite auto ou la vieille Barbie pis que je sors discrètement mon téléphone ou ben que je regarde mon destin par la fenêtre, mon enfant va assurément me demander:

« Dada, pourquoi tu joues pas? »

« Dada, regarde, regarde là ce que je fais! »

« Dada, tu aimes pas ça jouer avec moi? Tu aimes plus ton téléphone que tes propres enfants hein? Egoïste! »

C’est ça le merveilleux monde des parents. Tous les jours tu découvres de nouvelles choses sur toi, genre que tu es un peu égoïste finalement pis que tu aimes plus jouer au Playstation que de jouer à faire semblant d’être une chenille/chat qui se cache dans des coussins.

Dada Blaise

Adventures in Adoptionland, PART 5: Round Two

Comme vous le savez déjà, surtout si vous êtes des fidèles lecteurs, l’aventure de l’adoption n’est pas de tout repos. Si vous êtes tout nouveau ici, je vous invite de façon sensuel comme le ferait une bonne hôtesse à aller lire les aventures précédentes. Il y a du drame en masse, un peu d’humour, des surprises et des photos de Harrison Ford jeune. C’est de toute beauté. Enfin bref, disons qu’en adoption, tu ne sais jamais comment ça va se terminer. Il y a des bouts qu’on se croirait dans La Mélodie du Bonheur, gambadant dans les pâquerettes avec ton jeune bébé tout beau tout frais, pis d’autres bouts tu tiens la porte de la chambre dudit enfant de force parce qu’il est entrain de péter un moyenne coche, une colère si énorme qu’elle risque d’avaler toute la lumière qui habite ton fragile esprit. Pis le lendemain tu fais des crêpes en forme de lune pis tu fais des expériences avec ton enfant de mélanger du savon à vaisselle dans du lait pis du colorant pis il s’extasie pis mon dieu que la vie est belle. Bref, on l’a pas toujours eu facile avec notre premier projet d’adoption. Toujours est-il que, comme tous les parents de ce bas-monde qui se demande s’ils veulent vraiment un autre enfant, on s’est dit qu’on avait déjà vécu toute la gamme d’émotion avec le 1er projet, kessé qui pourrait arriver qu’on avait pas déjà vécu avec projet number 2?

Ben accrochez-vous à vos brassières, nous avons eu toute qu’une surprise…

Si vous le voulez bien, j’aimerais vous ramenez loin dans le passé, l’année 2017 pour être bien précis. Fin octobre. Éric Salvail venait de réaliser que de montrer sa zoune à ses collègues était une mauvaise idée, Despacito jouait encore en boucle à la radio, le gaz coûtait le même prix pis moi et mon chum on essayait d’écouter Riverdale sur Netflix pis on trouvait pas ça ben bon. Bref, le monde roulait comme il fallait. Rappelons-nous que nous étions fraîchement ou presque déménagé dans notre nouvelle demeure et que nous avions dû mettre sur pause nos projets d’adoption numéro 2, parce qu’il était difficile de s’imaginer prendre soin d’un bébé alors qu’il fallait plâtrer les murs et refaire des divisions de la maison en entier. Ainsi donc, le temps de s’obstiner sur la couleur du plancher pis de manger de la poussière de  gypse pour déjeuner, peindre une maison en entier et se laver dans une tite chaudière comme l’aurait fait Émilie Bordeleau, nous étions enfin prêt quelques mois plus tard à nous remettre sur la liste.

But WAIT que nous disait donc la madame au téléphone. New maison, new inspection dumbass! Encore une fois la charmante dame devait revenir chez nous pour s’assurer que nous ne faisions pas pousser de la marijuana dans la cave et que nous ne cachions pas un enfant mutant dans le grenier. La dame inspecte donc les moindres recoins de la maison et semble un peu fragile sur le fait que notre entrée est encore sur le plywood et également qu’il nous faut une clôture autour de la maison au cas où notre bébé de 2 mois veuille s’enfuir par la porte arrière. Blagues à part, malgré le chiant des restrictions, nous comprenons également le pourquoi. Il faut toujours se rappeler que ledit enfant nous est confié, nous sommes sa famille d’accueil au départ et il est sous la responsabilité du gouvernement. La DPJ n’a pas vraiment le choix de faire respecter ce paquet de contraintes, s’assurant ainsi du bien être et de la sécurité de l’enfant.

Une couple de mille piasses plus tard, la clôture noire frost est posé pis Dada s’empresse de rappeler madame DPJ pour qu’elle nous mettre sur la liste au plus sacrant. Ceci arriva en début juillet. Voulant un peu accélérer le processus, Papa pis Dada décident également de cocher la tite case GARÇON OU FILLE, parce que tsé, ils veulent pas que le bébé arrive quand leur autre enfant pogne ses 16 ans. La décoration style gold ancien, petite biche et fleurs rose avaient déjà été choisi, mais advienne que pourra que j’me dis.

Flashfoward en octobre dernier. Au plus précisément le 2 novembre. Dada est dans une nouvelle école depuis peu, pis c’est le genre de gang super joyeuse, conviviale qui aime avoir du plaisir pis toute. Shit que j’me dis. Double shit lorsque j’apprends qu’ils veulent toute s’inscrire à des cours de sport, pour continuer la belle harmonie de groupe. Du plaisir, de la camaraderie pis du sport. Pas le choix, Dada s’inscrit et se ramasse à faire de l’entrainement EXTÉRIEUR, genre courir en gémissant dans le champ pour ensuite faire une série de push-ups. Pas toute ça là, en plus le jeudi, la gang du plaisir et de l’agrément décide également de s’inscrire à un cours de Zumba toé chose. ZUMBA. Avec de la danse pis des chorégraphies pis des cri de ralliements.

Alors voici donc la scène. Nous sommes un jeudi, après les heures de cours évidemment. Dada et toute sa gang joviales d’enseignants dansent dans le gymnase. Comme une matante déchainé le jour du mariage, Dada danse et se fait brasser le bassin sur de la musique latino/hindou, vêtu d’un T-shirt blanc jauni par l’effort et des shorts trop lousses. Après le Zumba, il doit filer au resto rejoindre des amis parce que le soir même c’est le super événement dans la commission scolaire. Tous les enseignants s’en vont voir un beau spectacle de Katherine Levac. Mais alors que Dada danse et pisse de sueur comme une truie, Papa est au travail, bien occupé à dessiner des plans de maison quand il voit son téléphone qui sonne. L’afficheur indique PRIVATE CALLER. C’est l’appel.

ZE CALL.

On l’informe qu’un BRAND NEW BABY est né il y a 2 jours de cela et que tout indique qu’il pourrait être placé chez nous. Comme c’est tout nouveau tout beau, il n’y a pas beaucoup d’information ni de certitude. Il y a même un risque que le ti prout soit placé dans un centre aidant les jeunes mères dans le besoin. Pour le moment, ils veulent surtout savoir si nous sommes willing d’accueillir le petit garçon. Papa appelle frénétiquement Dada, mais celui-ci danse et danse comme Jennifer Beals dans Flashdance, ignorant la méga grosse nouvelle qui l’attend. Le cours se termine, on se félicite, se tape dans les mains (mais pas sur les fesses parce que le mouvement #metoo vient de naître pis on s’watch tsé), et Dada se dirige à son bureau. Il pogne son téléphone et voit la série de notifications. Il ne fait pas ni une ni deux pis rappelle son mari. Papa raconte tout ce qu’il peut. Dada écoute en s’arrachant une touffe de cheveux tellement il est énervé. Il entend des bribes d’information: bébé naissant, garçon, incertitude de placement et finalement, risque de drogues durant la grossesse. Comme dans les vues, Papa pis Dada ont jusqu’au matin pour prendre leur décision. Dada braille et morve dans son beau t-shirt souillé. Papa est, fidèle à son habitude, calme et posé. Il propose que Dada aille à sa soirée quand même, que chacun de leur côté qu’ils réfléchissent à tout cela et qu’ils s’en reparlent plus tard. Dada, qui n’a aucune once d’autorégulation, arrive au restaurant et déblatère à ses copines ce qui lui arrive.

Vous pouvez également vous imaginez que je n’ai pas ben ben écouté le spectacle de Katherine Levac, mon cerveau étant légèrement occupé à autre chose. Le soir même, après une quasi longue discussion, nous prenons la décision que oui, nous sommes prêts à accueillir bébé, peu importe les risques. C’est ça la game qu’on se dit, même si secrètement on espère que le bébé sera rapidement confié et qu’il n’aura aucun risque de santé. Le lendemain, nous appelons la petite madame et lui confirmons que nous sommes prêt à être la famille d’accueil. Nous avons des questions et elle a un peu plus d’information. Le bébé est en parfaite santé, aucune trace de drogues dans son système, aucune anomalie apparente. Il est sous observation pour encore 3 ou 4 jours. Elle nous dit qu’elle nous rappellera lundi prochain pour faire un suivi de la situation. Elle nous informe également qu’il faut préparer le chambre de bébé.

Encore une fois, nous avons le weekend pour nous préparer à l’arrivée d’un bébé, et cette fois-ci, un poupon de quelques jours à peine. Nous y allons avec les priorités: la décoration de la chambre. Ah ben là, c’est la panique! Quel thème choisir? Et quel agencement de couleur? Et les draps? LES DRAPS!?

Le weekend passe, les achats sont faits, les grands-mères sont informés, les amis aussi, les boites de linge rangés dans le fin fond de la cave sont rouvertes, les biberons sont nettoyés, les shitloads de petites débarbouillettes bien lavés, les ti ours polaire décoratif savamment placés. Nous sommes prêts.

Lundi matin arrive. Dada se rend à son travail. Il enseigne une période. Une. Au début de la 2e, le téléphone sonne. Il apprend que bébé arrivera cet après-midi même. Dada va voir sa douce secrétaire et lui informe le tout, le coeur lui battant dans les oreilles. Sorry, je ne peux pas enseigner aujourd’hui, ni demain, ni même pendant genre 1 an parce que j’ai un bébé qui arrive chez nous. Tout le monde saute de joie! On se saisit les mamelons, on yable les attouchements, ça s’embrasse, ça se colle, c’est joyeux, c’est la fête.

Je suis donc parti de mon école, j’ai été acheté d’autres petits trucs et j’ai été rejoindre mon cher chum à la maison. Nous avons monté le p’tit moïse tout à côté de notre lit et avons attendu que le bébé arrive. Et il est arrivé. Un vrai, petit bébé naissant, avec ses tites n’orteils pis ses ti-doigts pis toute de p’tit, p’tit, p’tit. Un p’tit être tellement nouveau qui émet des sons semblables à des miaulements. Dada à le coeur qui fond, qui explose en mille morceaux de merveilleux, l’univers en entier qui se penche et qui retient son souffle devant ce petit être unique aux grands yeux bruns pis au p’tit sourire en coin. C’est le coup de foudre, of course.

La suite maintenant. Le bout difficile à écrire. L’aventure de l’adoption signifie donc visites supervisées avec les parents biologiques, bouts difficiles, pleurs, cris, terreurs, doute. Mais aventure de l’adoption peut aussi signifier rien de tout cela. Un p’tit bébé bonheur, qui souri de son plein gré à peine à un mois de vie. Un p’tit bébé en santé, heureux, joyeux, qui aime donc la vie pis les gens autour de lui. Un parcours sans visites de parents, sans complications, sans rien. Un parcours qui font même dire aux p’tites madames de la DPJ à quel point on est chanceux. Et c’est pour ça que j’avais peur d’écrire. De peur que le rêve se brise. Que le fait de l’écrire noir sur blanc, de l’annoncer, de le partager vienne assombrir le parcours, que des gros nuages viennent fracasser cette belle réalité. Évidemment, ce n’est pas perpétuellement la belle vie heureuse avec le sentir fleuri pis les anges pis les p’tites abeilles pis les popsicles roses. Mais disons que je pourrais être facilement un parent Eux Autres tellement c’est facile.

Est-ce que le parcours du premier a été tellement tortueux que pour le deuxième je trouve tout beaucoup plus facile? Maybe. Reste toujours que Papa pis Dada n’en reviennent pas toujours de la chance immense qu’ils ont d’avoir eu ce petit être dans leur vie. Ce p’tit bébé qui a agrandi notre famille de plus un. Ce petit être qui pourra bientôt porter notre nom de famille tellement les procédures d’adoption avancent rapidement. Est-ce que le fait de vous le partager viendra gâcher notre bonheur? Je ne le crois pas. Notre bonheur est déjà d’avoir une famille ainsi une famille unique en son genre, fait de deux p’tits gars, deux papas. Me semble que ça manque de fille non? À suivre qui sait.

Pis avant de finir, juste pour vous ramener sur terre un peu, la gastro, cette salope brune qui hante les garderies et les écoles, a décidé de venir s’installer chez nous depuis une semaine maintenant. Mon bébé parfait qui souri à la vie fait des débordements de couche apocalyptiques aux 2 heures. Fac oui notre vie est un beau rêve, mais mon chandail est quand même taché de marde.

Bonne fin de semaine les doudounes!

Dada Blaise

Pour lire les autres aventures de l’adoption, c’est drette-là: 

Adventures in Adoptionland, PART 1: Ze Commencement

Adventures in Adoptionland, Part 2: Petit Pou Contre-Attaque! (Avec de l’amour!)

Adventures in Adoptionland, part 3: Ze Boutte Rough!

Adventures in Adoptionland, part 4: Plot Twist: Autism!

P.S: Je l’sais, je l’sais, ça fait genre 88 semaines que j’avais pas écrit. Qu’est-ce que tu veux, il a fait chaud que l’chriss cet été, pis j’avais pas d’air climatisé! J’étais pas capable de m’asseoir devant mon ordinateur pour écrire, mes doigts étaient trop glissant à cause de la sueur. Pis il fallait que je m’occupe de mon enfant et de mon bébé aussi!

Bon, ok, ok,  j’ai eu un nouveau jeu de Playstation. Pis Netflix. Il fallait que j’écoute Netflix! Je n’suis qu’un être humain!

Êtes-vous Prêt à Être Parent?

Vous voulez des enfants. Pas juste un, non, vous voulez le motherload de la famille moderne, une belle famille comme dans Les Sims, vous voulez de beaux enfants à la dizaine attablé autour d’une belle grosse dinde bien rôti, chantant des cantiques de Noël pis en riant en vous courant autour du divan et en faisant du lip synch sur Ain’t No Mountain High Enough avec vos brosses à cheveux pis vos peignes. C’est beau de rêver.

Si vous êtes un jeune couple hétérosexuel et dans la fleur de l’âge qui respire la fertilité, vous n’avez qu’à coller vos lits jumeaux et emboîter vos organes génitaux respectifs et vous aurez sous peu un joli petit bambin. Si vous êtes célibataire ou un couple avec des problèmes divers de fécondité ou couple homosexuel dans le vent qui veut une famille ou tout simplement parce que vous feelez pour prendre cette voie, l’adoption sera donc de mise pour votre couple.

Sachez-donc, comme je l’ai déjà mentionné auparavant, que viendra un moment dans la panoplie de tests psychosocial et autres entrevues du genre qui peuplent les procédures d’adoption où on vous demandera une série de questions du genre:

« Si votre enfant tient absolument à manger avec son nounours à table, qu’est-ce que vous dites? »

« Votre enfant pique une colère devant vos beaux-parents qui sont venu pour souper, est-ce que vous être trop gêné pour intervenir? »

« Votre enfant écrit REDRUM sur les murs et fait bouger son index en utilisant une voix creepy, qui va le recoucher en plein milieu de la nuit? »

« Vous entrez dans le salon et vos deux enfants se sentent tour à tour les fesses, vous retournez de bord comme si de rien n’était ou vous agissez comme un bon parent? »

Comme tout être humain normal, Papa pis Dada étaient parfois décontenancés à savoir de kessé de comment répondre à ce genre de question. Suite à ça, on se demandait si on était réellement prêt à être parent nous autres là.

Peut-être êtes vous comme nous, plein d’interrogations et de questionnements sur votre avenir et vos capacités en tant que futurs parents. Voici donc quelques petits tests faciles que vous pouvez faire chez vous drette là pour savoir si vous êtes prêt à avoir des enfants.

SPOILER ALERT: La réponse aux tests est non, vous êtes pas prêt à avoir des enfants, jamais.

Premier Test : Se sentir supérieur

Trouvez un couple qui a des enfants et passez du temps avec eux. Une fois dans la voiture avec votre conjoint, jugez les sur leur discipline disparate, leur manque de patience flagrant, leur seuil de tolérance presque inexistant et à quel point leurs enfants sont pas du monde.

Faites-vous de belles promesses sur votre façon d’éduquez vos enfants en riant follement et en faisant l’amour sur le bord de la 30 dans des positions impossibles. Félicitations ! Le premier test est pas mal facile.

Deuxième Test: Vie (et nuit) avec un jeune bébé

À partir de 4 heures de l’après-midi, promenez-vous de pièces en pièces avec une dinde dégelé de 10 lbs environ avec comme musique de fond Crazy Frog, Las Ketchup ou les Hanson (ou tout autre bruit qui vous irrite profondément le système). Crinquez le volume à fond jusqu’à temps que vous aillez envie de brailler ou vous chrisser des crayons dans les oreilles. Ne fermez pas la musique sous aucune raison.

À 10 heures, déposez votre dinde et allez vous coucher. Programmez votre alarme pour qu’elle sonne à toutes les heures environ. Réveillez-vous à chaque fois et promenez-vous avec votre dinde dans une des chambres de la maison. N’oubliez-pas de rallumez la musique irritante. Bercez-vous avec votre dinde et tentez de ne pas l’échapper en vous endormant.

Le matin (pas plus tard que 5h30,), réveillez-vous et prenez votre dinde avec vous. Préparez lunch pour votre époux et petit déjeuner avec votre dinde dans les bras tout en étant jovial et de bonne humeur afin de créer un climat positif pour toute la famille. Gardez le sourire perpétuellement.

Troisième Test: Nourrir jeune bébé

Attachez un bol de grandeur moyenne sur le poteau de votre laveuse. Partez la laveuse à un cycle normal afin que le poteau tourne de droite à gauche sans arrêt. Mélangez des céréales genre Cornflakes dans du yogourt et tentez de mettre de petites cuillerés dans le bol qui bouge sans en échapper sur votre beau plancher. Prenez le reste du bol et sâcrez vous ça sur le chandail, vos pantalons et sur le beau plancher.

Quatrième Test: Vous préparez le matin avec des enfants

Réveillez-vous une heure plus tôt qu’à votre habitude. Habillez-vous et choisissant votre plus beau kit. Préparez un beau déjeuner santé et coloré pour votre dinde/poteau de laveuse. Mangez une toast en courant de pièces en pièces. Sâcrez le beau déjeuner coloré aux vidange. Versez une tasse de crème épaisse et une tasse de jus de citron dans un verre. Chauffez-le 1 minute au micro-onde. Mélangez le tout. Apprêtez-vous à sortir dehors et versez-vous le contenu du verre sur l’épaule et votre belle chemise. Essuyez-vous avec une vieille serviette prise dans votre panier à linge sale. Ne vous changez pas, quittez immédiatement pour le boulot.

Cinquième Test: Habillez un jeune enfant

Achetez-vous une petite chèvre. Achetez un petit pantalon de Teddy Bear avec le petit chandail et les petits bas et les ti-souliers qui vont avec. Badigeonnez généreusement la petite chèvre d’huile de canola et courez lui après dans toute la maison pour tenter de lui mettre les vêtements en moins de cinq minutes.

Sixième Test: Faire l’épicerie avec des enfants

Amenez votre petite chèvre avec vous à l’épicerie sans la perdre de vue une seule fois. Faites toutes les allées tout en retenant votre petite chèvre afin qu’elle ne mange pas tous les aliments qu’elle voit. Payez tous ce que la petite chèvre à mangé ou détruit accidentellement. En aucun cas il ne faut tuer la petite chèvre, sinon vous échouez royalement le test.

Septième Test: Le ménage avec des enfants

Regardez votre belle maison propre et bien rangé et versez une unique larme sur votre joue droite. Cachez un bol de lait sous votre divan et un cornet de crème glacée sur votre banquette arrière de votre voiture. Cachez des Goldfish et des Legos dans toute votre maison. Beurrez-vous les lèvres de beurre de pinotte, essuyez vous avec vos mains et roulez-vous ensuite dans votre lit, votre tapis et votre fauteuil blanc. Terminez en prenant une clé et marquant votre frigo et votre voiture. Voilà, votre maison est prête à accueillir un enfant.

Huitième Test: Temps libre avec des enfants

Enregistrez votre voix sur un petit magnétophone, répétant votre nom aux 4 secondes (ou vous pouvez répéter Papa, Maman, Dada ou Votre Majesté, peu importe). Installez-vous pour votre activité préférée (écoutez la télé, lire un livre, gosser sur le Net, vous touchez en cachette dans la salle de lavage, whatever) et allumez le petit magnétophone. Mettez le son FORT. Faîtes le jouer à l’infini. FOREVER. Si vous changez de pièce, apportez le petit magnétophone avec vous. Si vous allez dehors dans le remise, apportez votre petit magnétophone avec vous. Si vous vous cachez dans les toilettes, placez le petit magnétophone tout près de la porte fermé et faites le jouer plus vite. Si à tout moment vous détruisez le petit magnétophone ou ben vous le câlissez par la fenêtre, considérez que vous avez échoué le test.

Neuvième Test: Votre vie sexuelle avec des enfants

Ne faites plus l’amour. Fin du test.
Répétez chacun de ces tests à tous les jours et voilà! Vous êtes prêt à être parent. Bonne chance!
Dada Blaise

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L’Enfant Autiste et la Garderie (3ième partie)

Après bien des péripéties et des aventures plates, pas souvent très drôles et surtout déchrissantes à souhait, Papa pis Dada ont atterri à la bonne garderie pour leur enfant.

Je la nomme, roulement de tambour pis trompettes pis feux d’artifices:

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Je pourrais vous dire ben des affaires sur cette garderie. Je pourrais vous parler de la propreté de l’endroit, les locaux grands et aérés, rempli de belle lumière et joliment décoré, du ratio des enfants de chaque groupe, du fait qu’il y a un gym à l’intérieur pour que les enfants dépensent leur énergie par mauvais temps, d’une cour à l’extérieur et d’un parc tout près des services. Je pourrais vous beurrer ça ben épais avec une proclamation dithyrambique sur les nombreuses activités offertes, aussi bien motrices que artistiques ou pré-scolaire, de l’organisation super bien pensé et détaillé, l’aspect sécurisant pour l’enfant et le parent. Je pourrais vous parler de l’horaire giga, méga flexible, celui qui permet à un parent d’arriver APRÈS 5 heures et de venir porter son enfant avant huit heures sans se faire faire de gros yeux ronds parce que mon doux qu’on est donc de bonne heure. Je pourrais vous dire ben ben des affaires merveilleuses, mais je vais juste vous parler d’une chose:

Les éducatrices.

On pense souvent à tord qu’être éducatrice c’est facile, que c’est une job pour celles qui aiment les enfants et qui veulent jouer à la maman, que c’est comme être une petite gardienne du voisinage, mais avec juste une couple d’enfants de plus. Ben évidemment, on se fourre royalement en pensant cela, parce que la plupart d’entre nous aurait lancé un enfant par la fenêtre après une semaine ou se retrouverait enfermé dans les p’tites toilettes en braillant pis en lançant des Goldfish aux enfants pour qu’ils nous laissent tranquille. Ceci étant dit, laissez-moi maintenant faire les louanges des éducatrices de la garderie Boule d’Énergie, parce qu’elles le méritent en siouplait:

Disons d’abord une affaire, mon garçon, qui a été diagnostiqué TSA en septembre 2017 rappelons-nous-en, n’est pas un enfant facile, il n’y a pas trente-six façons de le décrire, il est juste pas facile au quotidien, spécialement lorsqu’il est avec un groupe d’enfants dans un environnement rempli de trop de stimuli pour son petit cerveau sensible. Voici tous les comportements dérangeants qu’il a pu avoir pendant qu’il a fréquenté cette garderie:

  • Pleurer, crier, hurler
  • Crises de bacon
  • Lancer des jouets
  • Lancer son assiette pleine de nourriture
  • Lancer sa chaise (WTF?)
  • Frapper tout ce qui était autour de lui
  • Se frapper la tête contre un mur, plancher, name it
  • Se griffer, se faire mal
  • Frapper les autres
  • Griffer les autres
  • Mordre et étrangler les autres amis
  • Descendre un escalier en marchant comme une araignée
  • Parler une langue étrangère, genre le vieux latin
  • Vomir une étrange bouilli verte
  • Dire qu’il va voter pour Trump
  • (J’en ai inventé quelque uns, à vous de deviner lesquels)

Avec tout ça, tous ces comportements dérangeants et franchement terrifiants par certain moment, on ne m’a appelé une fois, une seule fois, pour me dire de venir le chercher car ça devenait trop dangereux pour mon garçon. Une seule fois. Les éducatrices et la direction se sont toujours arrangés pour gérer les crises, trouver des solutions calmantes, aimantes, aidantes. Et surtout, SURTOUT, à chaque fois que je suis venu le chercher et qu’il avait passé une journée horrible, ce genre de journée que tu te demandes si un si petit enfant est capable de supporter autant de colère dans un si petit corps, hé bien je n’ai jamais été accueilli avec le désespoir d’une éducatrice. Jamais. Il y avait toujours un côté positif, encourageant, un mot pour nous supporter, nous faire sentir qu’elles comprenaient et que ce n’était pas de sa faute. C’était ce qu’il y avait de plus important pour moi. Dans tout mon désespoir et mon sentiment d’inutilité face aux comportements de mon enfant, c’était de voir qu’elles comprenaient que même lui n’était pas capable de se gérer. Ce n’était pas des caprices ou bien pour mal faire, c’était tout simplement hors de son contrôle.

Nous avons toujours été informé comme il se doit, il n’y a jamais eu de moments surprises et surtout, dans les bouttes rough, nous nous sommes assis avec les diverses intervenantes pour discuter et tenter de trouver des solutions.

Les éducatrices sont merveilleuses, il n’y a pas d’autres mots. C’est le genre d’endroit, malgré que ce soit très grand et avec beaucoup de groupes d’âge, où elles connaissent tous les enfants par leur nom. Elles saluent mon garçon à chaque matin, même s’il n’est pas leur groupe. Et surtout, elles aiment les enfants. Elles sont dévouées et patientes et tout ce que tu peux penser.

Pis il faut que je finisse par remercier MON éducatrice, celle qui a pris soin de mon Petit Pou depuis presque deux ans maintenant. Celle qui a aimé, bercé, rassuré, consolé, fait rire, raconté des histoires, supervisé les repas, qui a calmé, apaisé, soigné, nettoyé le vomi, essuyé la morve, lavé les foufounnes sales, tenu dans ses bras afin qu’il ne se blesse pas, pris à part pour gérer les nombreuses crises, bercé et câliné, lui a appris les lettres et les chiffres et l’anglais et l’espagnol, le Chili et les recettes de biscuits « spécial », celle qui a chanté, donné, celle qui s’est dévoué. Celle qui nous a accueilli, et ce à chaque maudit matin, CHAQUE MATIN, avec le sourire franc et pimpant de la bonne humeur, celle qui nous a accompagné dans toutes les démarches d’éducatrices spécialisées, de remplissage de formulaire pour ci pis pour ça, d’inquiétudes, de questionnements, d’observation par toutes sortes de monde. C’est une éducatrice qui a pleuré de joie avec nous quand nous avons eu des bonnes nouvelles, qui s’est fâché avec nous quand notre garçon semblait vivre des injustices par notre système de santé et scolaire, c’est une éducatrice comme j’en souhaite à tous ceux qui le méritent.

Kim Fréchette de son prénom. Elle est belle, drôle, dynamique, enjouée, pétillante, intelligente, passionnée et surtout, elle aime notre enfant. Pas moyen de passer à côté. C’est la base. Malgré tout ce que mon petit homme a pu lui faire vivre, elle l’aime.

Donc merci à elle et à toutes les autres éducatrices. Pis si jamais vous êtes du coin de Saint-Jean-sur-le-Richelieu et que vous vous cherchez une garderie, ben bonyeu, qu’est-ce que vous attendez? Go à Garderie Boule d’Énergie c’t’affaire. It’s the best, parole de Dada.

Dada Blaise

 

Garderie Boule d’Énergie

196 Rue Saint-Louis, Saint-Jean-sur-Richelieu

Téléphone : (450) 376-7933

http://www.bouledenergie.ca

 

 

 

L’Enfant Autiste et la Garderie (2ème partie)

*Warning! Ce post est tiré de mes expériences et mes observations, donc nullement représentatif de la vie en garderie en général, fac calmez-vous les commentaires de « moi je ». 

L’Enfant Autiste et la Garderie (1ère partie)

Deuxième Garderie – La Bitch qui Berce l’Enfant

Fac Dada cherche une autre garderie comprends-tu. Il voudrait bien trouver un établissement qui se spécialise avec des enfants autistes/différents, mais ça ne cour par les rues semble-t-il. Pis, coup de chance, il trouve cette petite annonce sur magarderie.com d’une garderie familiale dirigé par Madame Chose (je voulais l’appeler Grosse Chrisse, mais mon chum ne voulait pas…), qui proclame qu’elle a enseigné pendant 10 ans au primaire, qui possède un diplôme en ADAPTATION SCOLAIRE et qui a une bonne expérience auprès des enfants qui ont un handicap ou des besoins particuliers. Heu wow! Jackpot que j’me dis. Heille, c’est tout ce qu’il nous faut et même plus! Papa pis Dada se rendent donc à la rencontre de la nouvelle petite madame. Nous arrivons donc dans le quartier des riches avec les belles grosses cabanes immenses et les jardiniers rutilants de muscles qui baisent les femmes au foyer richissimes. Kessé qu’on fait là qu’on se demande. On arrive à la garderie et on visite le tout. C’est beau, c’est grand, il y a du marbre sur les comptoirs, il y a une kickass grosse piscine creusée à l’arrière, ça semble très bien. On trippe comprends-tu. Mais les apparences sont souvent trompeuses…On rencontre Madame Chose, toute dodue devant, qui semble posée, logique et super compréhensive. Elle est bien excitée d’avoir un couple de papas, elle trouve ça ben l’fun. On réexplique toutes les belles caractéristiques de notre enfant en menu détails afin qu’il n’y est pas de mauvaises surprises plus tard: Pas de sieste. Agressivité envers les autres. Se frappe. Crises diverses pour X raisons. Se braque, s’oppose. Hypothèses diverses, on ne sait pas s’il est autiste ou s’il a quelque chose d’autres.

Pas de problème nous dit Madame Chose. Elle a une bonne expérience et sait comment agir avec ce type d’enfants. Vous allez voir qu’ici c’est un bel environnement pis bla bla bla, full compréhension de l’amour de la patience de la diligence de vive la vie vive la différence. Mon Dieu qu’on se peut plus, Papa pis Dada ont envie de lui acheter un beau gros bouquet de fleurs. On inscrit notre garçon là-bas.

Et c’est reparti pour une autre garderie. Mon enfant à 3 ans.

Au départ, tout va bien. C’est la nouvelle lune de miel. Petit Pou « fit » un peu mieux. Madame Chose nous envoi des photos de notre enfant qui dort l’après-midi et qui joue au parc avec les autres. On est heureux. Puis, après deux semaines, les crises reviennent. Madame Chose gère ça. Elle tient son boutte nous dit-elle. Elle n’est pas stressé par la vie. Elle est organisée et rassurante pour notre enfant. On est encore plus heureux. L’été arrive, la méga grosse belle piscine creusée est ouverte. Petit Pou aime se baigner. Dada est congé, il envoie Petit Pou à temps partiel. L’après-midi il va chercher son enfant et il jase avec Madame Chose. Elle lui jase de ses enfants et de ses beaux voyages qu’elle a fait en Europe pis dans les pays chauds. Elle est ben chummé avec Dada. Elle lui propose même d’emmener son maillot une bonne fois et de se baigner dans sa belle piscine filtré au sel avec des effluves de lavande. Dada se garce une petite gêne. Malgré tout, il aime bien jaser avec Madame Chose. Ensembles, ils émettent des hypothèses sur la condition de son enfant. Dada raconte des événements qui sont arrivés avec son enfant, comment il agit dans telle situation, comment il ne sait pas toujours quoi faire exactement. Madame Chose raconte souvent les beaux progrès de son enfant, genre il a sauté tout seul dans la piscine, il a joué avec la petite fille, il a participé au beau bricolage. Dada est enchanté. Pendant l’été, Dada réussit à avoir un rendez-vous avec la p’tite madame du CLSC. Elle va observer Petit Pou à sa maison, puis à la garderie. Résultat des observations: autisme possible, mais trop jeune encore pour être certain. Il est juste sur le bord genre. Il est pas assez comme ceci, pas assez comme cela. Elle recommande d’attendre à l’an prochain, l’été de ses 4 ans, pour le faire réévaluer. Je retransmets l’information à Madame Chose. Elle semble sceptique. Premier signe de quelque chose qui cloche.

L’été se termine pis Dada commence à sentir un p’tit changement chez Madame Chose. Dada recommence à travailler, il commence un peu plus tôt et termine un peu plus tard of course. Madame Chose fait remarquer en semi blaguant que les autres enfants arrivent vers les presque neuf heures alors que Petit Pou est le premier à 7h45.

Les crises s’accumulent. Petit Pou est en pleine opposition et ce n’est pas facile. Madame Chose me le fait remarquer. Je lui dis que tout ce qu’il fait est pas mal semblable à ce qu’il faisait dans l’autre garderie, ce n’est pas une surprise. Elle se plaint que mon garçon ne joue pas assez avec les autres, il joue juste avec des bébèlles pour plus jeune, n’est pas capable de s’occuper par lui-même, dérange toujours les autres, qu’il se fâche quand il n’a pas ce qu’il veut et patati et patata. J’explique et réexplique qu’elle a bien raison, que c’est pareil à la maison, que nous aussi on nage dans le néant, que la tite madame du CLSC l’a dit elle-même, elle n’est pas certaine de rien. Je lui demande son avis, Madame Chose me rétorque que ce genre de comportement chez un enfant est normalement celui d’un enfant qui a tout ce qu’il veut à la maison, un enfant roi. Ouain…ok. Je lui dis que non, on tient notre bout à la maison. Les semaines se poursuivent, Petit Pou devient de plus en plus difficile. Il cherche à faire réagir Madame Chose. Il vise les autres enfants et leur fait mal, les tape, les pince, etc. C’est pas plaisant pour personne.

Petit Pou est stressé, il a de la difficulté à faire caca ailleurs qu’à la maison. Un vendredi, il s’échappe et a une trace de break dans ses culottes. Madame Chose m’appelle sur mon cellulaire pour m’en informer. Elle me dit qu’elle ne peut pas se permettre de laver ses sous-vêtements comme ça et que si mon garçon souffre d’un tel problème, vaudrait mieux le remettre au couche. Dada pogne les nerfs et sent la désillusion se pointer le bout du bec sale. Il dit que non, son garçon ne portera pas des couches, on ne va pas lui imposer ça. Dada commence à stresser.

Madame Chose continue dans sa belle lancée. Petit Pou a fait ceci, Petit Pou a fait cela. « Il sabote tout ce qu’on fait. C’est un enfant très destructeur, difficile. » me dit-elle. Me semble que j’ai le motton pis que je feel pas après une telle phrase, mais je ne dis pas grand chose. Les jours se suivent. Il n’a pas voulu se déguiser à l’Halloween, il n’a pas voulu faire la tite carte de la pluie, il n’a pas voulu jouer à la cachette avec les autres, il veut tout le temps être dans son coin, etc, etc. Puis arrive le coup de grâce. Un lundi j’arrive du boulot et me rend au parc tout près de la belle grosse maison de la gardienne et elle me dit que les autres parents ont commencé à parler entre eux. Ils ont quasiment formé un groupe Facebook en cachette. Mon enfant semble être catalogué comme le p’tit pas fin, le p’tit chriss. Leur réaction est normale. Moi aussi si quelqu’un blesse mon enfant, je sors hors de mes gonds pis je pète ma coche. Mais voilà, un incident qui est arrivé le vendredi d’avant, dont nous n’avons pas été mis au courant, a fait que Madame Chose a brusquement prise une décision. Une maman proclame qu’elle retirera son enfant et les autres bébés qu’elle a à la maison qui arriveront dans quelque mois si mon enfant n’est pas mis dehors de la garderie.

Je répète ma phrase: Une mère veut qu’on mette mon enfant dehors de la garderie en faisant du simili chantage. Madame Chose dit qu’elle ne peut pas se permettre de perdre de l’argent ainsi. Mon garçon n’est pas à la bonne place. Elle a tout essayé, tout mis en place, rien n’y fait, va falloir qu’il sâcre le camp.

Ouch. Reouch, twist dans le coeur, grosse peine pour Dada. Chriss de grosse colère. Il n’y a pas assez de mot pour dire comment je me sens trahi. Sous le choc, je ne dis rien et pars chez moi. Je braille à mon chum qui lui appelle la méchante madame et demande à la rencontrer. Rencontre il y a, mais Madame Chose est catégorique. Elle devrait faire du 1 pour 1 avec notre enfant, il est trop agressif et violent envers les autres, elle ne peut pas le gérer. Les autres parents commencent à avoir peur. Peur dit-elle. J’ai les larmes aux yeux juste à écrire ça. Je peux comprendre qu’un parent puisse avoir peur puisqu’il est face à l’inconnu, ne sait pas trop qui est cet enfant et qu’il ne veut pas que son propre enfant soit en danger. Mais je ne m’explique pas comment une intervenante en garderie, qui dit avoir de l’expérience en ADAPTATION SCOLAIRE et avec des enfants différents, ne peut pas expliquer la situation aux autres parents. N’est-ce pas son rôle de rassurer tout le monde? N’est-ce pas son rôle de démontrer qu’elle a le contrôle sur sa garderie? N’est-ce pas son rôle de prendre soin de TOUS les enfants de son groupe?

Papa est en beau joualvert. Il ne veut pas que Petit Pou quitte la garderie, parce que malgré tout, lui il est ben là-bas. Dada lui ne peut pas s’imaginer d’avoir à lui expliquer qu’il doit changer de garderie parce qu’il est indésirable. Nous nous entendons avec Madame Chose pour dire qu’il restera jusqu’à notre déménagement (en janvier) et qu’ensuite il partira. Deal. Petit Pou continue d’y aller, Dada a le coeur gros, Papa enquête. Il appelle au bureau CPE avec qui la garderie est affilié et SURPRISE, elle n’a pas fait de demande d’aide. Elle n’a même pas signalé qu’il y avait un problème. La madame au bout du fil est surprise et semble un peu fâchée, dit qu’elle va enquêter sur ça. Elle dit qu’avant de mettre fin à des services, il faut mettre en place un plan d’intervention et tout le tralala. Quand Dada confronte Madame Chose avec ça, celle-ci répond que ça ne changerait rien de toute façon, qu’elle ne recevrait pas les services adéquats. Fine que je lui répond, mais on fait tout ce qu’il faut quand même. Parfait dit-elle d’un air condescendant, si c’est ce que vous voulez. Bref, les relations sont genre un peu tendus.

Puis arrive le boutte triste encore plus. Un soir, alors que je couche mon enfant, celui-ci me dit qu’il ne veut plus faire dodo « en bas, dans la cave ». « Où ça, chez nous? » que je demande. « Non, chez Madame Chose. J’aime pas faire dodo en bas, j’ai peur. » À force de le faire parler et à déchiffrer ce qu’il raconte, j’en déduis que l’après-midi, quand il pète sa coche pour ne pas faire de sieste, il est amené dans une autre pièce, dans la cave. Ah ben là, calvaire. Mon chum va porter notre enfant le matin et confronte Grosse Chrisse Madame Chose qui dit que oui, il dort en bas avec son assistant (Que Petit Pou connait mais quand même…) afin de ne pas déranger les autres. Donc, on enferme mon enfant dans une pièce au sous-sol avec l’assistant. Mon chum me texte ça. Je call à ma job et je demande un congé pis je chriss mon camp à la garderie. Il s’en va, drette-là que je lui dis. V’là ton chèque. Après un moment awkward où mon enfant dit bye aux autres sans vraiment comprendre pourquoi, je l’attache dans le char pis je me retourne vers Madame Chose qui nous a suivi dehors avec le cadeau de Noël qu’elle avait préparé pour mon enfant et d’autres trucs. Avec tout le fiel et la colère que j’ai dans le fin fond du bas-ventre, je lui susssurre entre les dents que je n’ai jamais vécu un tel sentiment de trahison. Elle me bafouille quelque chose que j’ai oublié tellement je suis en esti. Pis je pars.

Je n’ai jamais revu Madame Chose. Mais encore aujourd’hui, je lui en veut amèrement. Encore aujourd’hui je fantasme d’aller détruire son beau parterre de fleurs, péter les pneus de son char ou ben aller pisser dans sa belle grosse piscine creusée. Le sentiment de trahison était réel et l’es encore. Oui, c’est vrai que mon enfant n’est pas facile. Tu sais quoi, il est même horriblement difficile par boutte. Mais tu sais, aucun parent au monde ne souhaite que son enfant soit le p’tit difficile à la garderie. Aucun parent au monde espère arriver le soir pis se faire dire que son enfant à mordu, pincer, attaquer un autre. On ne sait jamais trop comment réagir dans ce temps-là. On a beau chicaner, punir, intervenir, il est trop tard rendu le soir. On vit dans une incertitude constante. Quand tu es parent d’un enfant différent, tous les intervenants qui gravitent autour de ton enfant deviennent alors très important pour toi. Ils sont de l’aide, ils sont des confidents, des personnes avec qui tu peux partager ton quotidien et expliquer que oui, ce n’est pas facile. Je lui ai dit beaucoup de choses à cette madame, beaucoup de mes craintes, de mes peurs face à mon enfant. Alors quand est venu le temps de mettre fin au service, oui j’ai été blessé. Je n’aurai jamais pu m’imaginer que mon enfant aurait pu être jeter ainsi. Qu’on aurait pu s’en débarrasser ainsi parce qu’il dérangeait, ne « fittait » pas dans le système. Pour une question d’argent. Pour un question d’impopularité. C’est là que j’ai compris dans quel système je vivais et dans quoi j’allais m’embarquer avec mon enfant différent. Qu’il faudrait que je me batte pis que je sors les crocs pis les griffes pour qu’il soit traiter comme il se doit.

La semaine prochaine, la belle fin heureuse de Petit Pou qui a trouvé LA garderie la meilleure plus plus plus du monde entier.

Dada Blaise

L’Enfant Autiste et la Garderie (1ère partie)

*Warning! Ce post est tiré de mes expériences et mes observations, donc nullement représentatif de la vie en garderie en général, fac calmez-vous les commentaires de « moi je ». 

 

Que vous soyez un parent au foyer qui est sur le bord de commettre un crime pour vous sentir vivant ou bien un parent qui travaille afin de payer les factures et votre abonnement à Netflix (ou peut-être vous voler le service de vos amis généreux, qui sait), viendra un temps où il vous faudra placer votre petit n’enfant dans une garderie.

Ahhhhh les garderies. S’il y a bien quelque chose qui peut terrifier/faire chier/angoisser un parent, c’est les garderies.  Mais pourquoi vous demandez-vous en sautillant nu dans votre salon? En premier lieu, il faut choisir le genre d’installation: CPE, familial ou privé. Sachez qu’il faut tout d’abord être prévoyant. Si vous voulez envoyer votre enfant dans un CPE, il faudra l’inscrire quelques semaines avant la conception de l’enfant, tant les places y sont restreintes. L’autre option sont les garderies familiales. Là encore, il faut les magasiner afin de ne pas confier votre enfant à une suppôt de Satan ou pire encore une gardienne qui va vous jaser de La Voix à chaque lundi matin. Il faut également vérifier si il y a une odeur de cigarette caché dans les coussins décoratifs, si c’est le genre d’endroit qui prône les siestes de 4 heures d’affilés qui viendront gâcher votre précieux temps libre lors du dodo ou si ils font trop de projets artistiques de bricolage qu’ils vous ramène à la maison à chaque semaine. Votre maison est déjà rempli à rebord avec de beaux dessins et des affaires collés plein de paillettes, avez-vous tant besoin d’avoir un autre carton avec une trace de main en gouache rouge de votre rejeton?

Bref, c’est un véritable casse-tête pour tous un chacun. Pour les parents d’enfants différents comme nous autre, il y a un niveau de difficulté d’une coche supérieur. Papa pis Dada ont vécu ce périple au travers 3 garderies différentes. Trois. Je ne sais pas à quel point notre histoire diffère de celle d’autres parents d’enfants différents, mais voici un petit résumé de notre périple avec notre enfant autiste dans les garderies. Don’t worry, la fin est heureuse même si le début ne l’est pas!

Première Garderie – La Tite Madame qui voulait ben faire mais ne savait pas trop quoi faire

Petit Pou commence son périple des garderies dans une garderie familiale, chez une de nos amies. Tout va bien, Petit Pou est heureux, la vie est rempli de papillons et de jolies rayons de soleil. Puis la garderie ferme pour X raison et il faut en trouver une autre. Yishhh. Dada fouille sur Internet et, hourra!, quel chance, nous trouvons une garderie drette sur notre rue toé chose, à quatre pas littéralement de notre maison. Cela semble parfait. Nous rencontrons la dame et lui présentons le cas de notre enfant. À cette époque, on ne sait pas trop ce qu’il a exactement. Nous savons qu’il est différent, qu’il a quelque chose qui le met à part des autres, mais on ne sait pas trop quoi exactement. Il y a plusieurs hypothèses qui flottent (TDAH, TSA, Trouble de l’attachement dû à son adoption, alouette…), mais rien ne semble certain. Petit Pou à 2 ans.

Papa pis Dada expliquent donc le quotidien de Petit Pou. Il ne fait presque plus de sieste l’après-midi. Il est très anxieux, réagit parfois violemment aux changements comme un nouvel ami dans la garderie, une activité imprévu ou un étranger dans la maison. Nous lui expliquons également qu’il a de la difficulté à jouer avec les autres amis, il ne veut pas toujours participer, il ne veut pas faire d’effort, il dit « oui » mais veut dire « non », il tient tête, il s’oppose, il crie, il tape, il se tape, il grogne, il est inconsolable, etc. Qui plus es, à deux ans, Petit Pou ne parle toujours pas beaucoup, il préfère pointer. L’éducatrice, que nous appellerons Henrietta, semble un peu sceptique et overwhelmed à la fois mais nous dit pas de problème, elle va le prendre. Elle va faire de son mieux. Et c’est parti pour la garderie. Au départ, c’est pas trop mal, Petit Pou est en lune de miel, il est ben colleux et ne fait pas trop de vagues. Mais rapidement, les choses tournent mal. Dada reviens l’après-midi pour chercher son enfant et à chaque fois il doit entendre les litanies de Henrietta, qui est complètement dépassé par les événements.

Je crois qu’ici beaucoup de parents d’enfants différents reconnaitront cette situation. Le négativisme. Se faire expliquer encore et encore, jour après jour, les troubles et les mauvais coup de son enfant. Sentir le découragement de l’éducatrice. Henrietta ne comprend pas pourquoi il ne veut pas faire les bricolages ou les coloriages. On apprend plus tard qu’elle est un peu exigeante sur ce côté, demandant à notre enfant de colorier les bottes du Chat Botté rouge et non jaune. Vous imaginez comment Petit Pou, qui est TSA, réagit à se faire dire une telle consigne. Bref, c’est pas la joie. Ça commence à être lourd pour Dada de sentir le découragement de l’éducatrice. Elle dit qu’elle n’a jamais vu ça, yada yada yada.

Je sais, je sais, c’te pauvre Henrietta faisait ce qu’elle pouvait avec les ressources qu’elle avait et P’tit Pou lui rendait pas la tâche facile. Il lui a quand même péter un carreau de vitre lors d’une crise et il ne dormait presque jamais l’après-midi, fac elle n’avait pas grand pause. Henrietta est d’un certain âge, elle n’a pas son service de garde depuis longtemps et ne comprend juste pas qu’un enfant ne veule pas faire des activités avec les autres ou bien boude ou bien bouge et fait des culbutes au lieu de décorer un petit bonhomme de neige en bout de papier de toilette. Semblerait-il qu’elle n’a eu seulement que des enfants élevés dans la ouate et qui chie de la barbe à papa rose. Elle ne sait pas trop quoi faire avec mon enfant, malgré les belle recommandations des spécialistes que nous avons payés pour l’aider. Après quelques mois là-bas, Dada en a ras le pompon de se faire répéter que c’est donc difficile et qu’elle est épuisée. Il braille son désespoir en mangeant un pot de margarine, alors son chum décide d’agir et va jaser avec Henrietta.

Cette dame aimait notre enfant et faisait réellement tou ce qu’elle pouvait avec ce qu’elle connaissait. Elle n’avait jamais vu de cas d’autisme, ni de TDAH ou autre trouble de ce genre. Elle passait les après-midi où mon p’tit ne dormait pas avec lui, lui tenant compagnie en lui proposant de l’aider à cuisiner ou en écoutant la télévision avec lui. Je ne lui en veux pas. Mon garçon aimait Henrietta. Il aimait aller là-bas. Malgré tout, je sentais bien qu’il n’était pas à la meilleure place pour ses besoins de Petit Pou spécial et unique et merveilleux comme un flocon de neige. Dada décida donc de cherche sur Internet pour tenter de trouver une autre garderie qui serait plus adapté aux besoins de notre petit.

J’allais bientôt découvrir un autre endroit pour mon enfant, et un nouvel enfer qui débuterait. SUSPENSE!

Dada Blaise

10 façons d’avoir l’attention de vos enfants

Une des premières leçons que vous apprenez lorsque vous devenez parent d’un enfant qui se met à parler et marcher, c’est que votre enfant devient une personne à part entière. Il a ses propres idées, ses propres envies et sa volonté d’agir. Le monde s’ouvre à lui et voilà ti-pas qu’il se met à s’occuper par lui-même de plus en plus souvent. Bless the Lord! Ou pas. Qui dit enfant occupé, dit aussi enfant qui ne vous écoute pas toujours. Certains ordres et demandes comme « viens souper », « viens t’habiller », « viens mettre tes souliers » et « va te coucher » peuvent être élégamment ignorés. N’est-ce pas génial de ne pas se faire écouter par son enfant? La solution? HURLER, CRIER, LEVER LE TON!

Bon, bon, bon. Ça d’l’air que les enfants sont « sensibles », « fragiles » et sont « de petits êtres tout doux, tout mignons » et qu’il ne faut surtout pas crier ou lever le ton devant eux. Correct, correct. Papa pis Dada vous propose ici 10 moyens autres que de crier pour avoir l’attention de vos enfants :

1 – Allez aux toilettes

Saviez-vous qu’un enfant naît avec un 6e sens? Celui de ressentir les vibrations du siège de toilette. Rendez-vous dans la salle de bain et asseyez-vous sur le siège : ceci déclenchera automatiquement chez l’enfant une profonde curiosité/famine/urgence/alarme. Regardez à quelle vitesse il vous retrouvera assis sur le bol avec votre téléphone en main en train de scruter les fins fonds de Kijiji pour trouver une gardienne disponible pour la journée même. Bonus round: Votre enfant voudra vérifier la largeur de vos défécations et tiendra à lui-même flusher le tout.

2 – Allez vous laver

Le 6e sens est également déclenché par le bruit de la douche. Déshabillez-vous et profitez de 3 secondes d’extase alors que l’eau chaude ruisselle sur votre corps meurtri par les « concours de boxe » de votre enfant. Juste au moment où vous devriez ressentir les bienfaits de la relaxation, l’enfant surgira rapidement pour vous demander une question du genre : « Est-ce que je peux jouer avec l’essoreuse à salade et la pâte à modeler? » ou se plaindre de « la grosse mouche qui vole dans la fenêtre ». Bonus round: L’enfant se joindra à vous, glissera maladroitement dans le fond de la douche, se plaindra de l’eau dans ses yeux et vous questionnera sur votre appareil reproducteur.

3 – Asseyez-vous pour lire un bon livre

Vous êtes bien assis confortablement avec un best-seller recommandé par Oprah elle-même, l’air apaisé et serein? Parfait! Regardez autour de vous! Hé oui, ce sont vos enfants qui virevoltent incessamment en bourdonnant des demandes et des requêtes, comme des mouches autour de la marde du miel. Bonus round: L’enfant aura la bonne idée d’apporter SON livre afin que vous lui fassiez la lecture. Yeah, Frissons l’Écureuil pour la 329e fois!

4 – Essayez de manger des sucreries en cachette

Les enfants sont comme des requins. Ils sentent l’odeur du sang du chocolat à des kilomètres. Ils ont également le pouvoir magique de se téléporter à l’endroit où vous êtes, exactement au moment où vous vous apprêtez à enfourner un shitload de chocolat dans votre bouche. Magie! Bonus round: Tentez d’expliquer pourquoi vous avez le droit de manger ça, et pas eux. #bullshittingisanart

5 – Faites un appel important au téléphone

Rappelez-vous que vous êtes un adulte et que parfois vous devez parler à un autre être humain, et non tout régler par emails/textos. Empoignez le téléphone nerveusement et tentez de parler sérieusement avec l’interlocuteur, alors que derrière, le bruit infernal de vos enfants qui s’approchent dangereusement de vous se fait entendre. Vos enfants ne pourront résister à l’envie pressante de venir vous voir et de vous achaler pour savoir avec qui vous parlez et de vous dire avec une voix de ténor qu’ils ont faim/envie/ont un objet étrange pogné dans la narine gauche. Bonus round: Tentez d’empêcher votre enfant qui tient absolument à raconter ce qu’il a fait au parc à la madame des assurances.

6 – Parlez avec un autre adulte

Cette technique s’applique mieux dans un endroit public, parce que vous êtes toujours seul à la maison, comme la pauvre âme en peine qui noie ses malheurs dans le vin que vous êtes. Trouvez un autre adulte qui accepte de vous parler et engagez la conversation. Particulièrement efficace si vous voulez avoir vos enfants pendus après vous, couchés de tout leur long sur vos genoux ou gigotant comme un ver de terre cardiaque entre vos jambes. Bonus round: Recevez une violente gifle « non volontaire » de votre enfant alors qu’il tentait de vous faire un câlin pour que vous sachiez qu’il était là et qu’il est la seule personne qui compte sur Terre.

7 – Restez pogné dans le trafic

Vous vouliez que votre p’tit répète votre nom cinquante-six mille fois d’une voix suraiguë que seuls les dauphins peuvent comprendre? Bingo! Endurez le son mélodieux de votre enfant et soyez ébahi devant la force de votre lien d’attachement qui vous unit et qui vous empêche de lui pitcher votre café en pleine face. Bonus round: Vous ne pouvez vous échapper de la voiture! Aren’t kids the best?

8 – Essayez de travailler

Tentez d’avoir une vie autre que de préparer du macaroni Kraft et de peler des clémentines, en vous installant avec un portable/cahier/tableau et une craie (whatever, I don’t judge) sur un coin de table afin de travailler. Plus le travail est pressant/important, plus l’enfant devrait arriver vite et insister qu’il veut lui aussi « écrire » ou regarder Pat’Patrouille sur l’ordinateur. Bonus round: Riez follement lorsque l’enfant pèse accidentellement sur le piton power de l’ordinateur. FML

9 – Allez dans votre lit

Le 6e sens de la douche et de la toilette? Il y en a un pour votre lit aussi! Tentez de vous allonger pour vous reposer dans la pénombre bienveillante de votre chambre. Tournez la tête et hurlez de terreur en apercevant le visage de votre enfant à quelques millimètres de votre face. Bonus round: « J’ai fait caca… par terre… regarde mes mains! »

10 – Tentez de faire des cochonneries avec votre conjoint

Le simple fait de grimper dans votre lit n’a pas fonctionné? Alors allez chercher votre conjoint et commencez à faire des galipettes. Tournez-vous et retrouvez votre enfant au pied du lit, les yeux écarquillés et la bouche béate d’horreur. Tadam! Attention assurée! Bonus round: Vous ne pourrez plus jamais faire l’amour de votre vie de jeune adulte!

Dada Blaise

 

 

Comment Être un Mauvais Parent

Imaginez que vous avez un enfant. Il naît, arrive chez vous par le biais de l’adoption, vous le trouvez sous une feuille de chou ou bien flottant dans un panier d’osier, peu importe. Vous l’avez placé dans son petit berceau et vous le regardez tendrement et, évidemment, vous vous demandez quarante-six-milles questions du genre: c’est quoi une bonne nuit pour un bébé? Est-ce que je risque de le rendre trop gâté à le tenir tout le temps dans mes bras? Suis-je obligé de lui faire porter un chapeau en tout temps? Son caca est vert, est-ce qu’il est humain? Bref, vous avez des questionnements, des inquiétudes, vous vous demandez si telle ou telle affaire est normale pour votre enfant et vous cherchez de l’aide. Comme vous êtes moderne et de votre époque, vous vous tournez vers votre Bible, c’est-à-dire Internet ou plus spécifiquement Facebook. Pauvre fou. Rapidement, vous découvrirez à quel point vous êtes un mauvais parent.

Une des premières choses qui fera de vous un mauvais parent est que vous laissez votre bébé faire la sieste sur vous. Tisk, tisk jeune imprudent. Dr. Spock, Super Nanny, Jacynthe René et toutes les mamans ordinaires vous le diront: votre bébé est supposé dormir un bon deux heures dans sa couchette et se réveiller frais, heureux et dispo avec le sourire fendu jusqu’aux oreilles et la soif de découvrir le monde qui l’entoure avec vous couché sur un tapis blanc avec des chatons blanc duveteux qui jouent derrière vous.

Well, mon p’tit Baby Love ne semblait pas comprendre ce concept. Je lui ai expliqué pourtant! J’ai eu beau m’asseoir avec mon brand new baby pis lui pointer dans le livre qu’il était supposé dormir au moins deux heures dans son petit moïse, rien à faire. C’est comme s’il était pas capable de lire! Mon grand garçon dormait quasiment trois heures de temps et ce uniquement sur moi et ce réveillait comme un chacal enragé, donc, j’étais clairement un mauvais parent et ce depuis longtemps.

Deuxième bébé aime bien dormir dans sa balancigne (nom inventé pour l’espèce de chaise qui se berce tout seul et qui me permet d’écouter Black Mirror en paix). Encore une fois, je suis vraiment un mauvais parent de faire ça, parce que mon bébé n’apprend pas à s’endormir par lui-même, ce qui est encore un autre gros non, non, non gros épais. Dans le monde des parents, avoir un bébé qui s’endort par lui-même est l’équivalent d’avoir mis la main sur le Saint-Graäl. Les autres parents les vénèrent et les adulent comme les Dieux parfaits qu’ils sont, eux qui ont réussis à enfanter un bébé qui s’endort tout seul.

Bon, peut-être que votre bébé est maintenant rendu à un autre stade ou encore votre enfant à grandit et s’endort effectivement par lui-même. Pas de désespoir, il y a encore plein d’autres façons d’être un mauvais parent! Peut-être donnez-vous la suce à votre enfant, ce qui déformera ses dents, le rendra incapable de parler autrement que par grognement de singe et garanti qu’il va l’utiliser encore quand il sera à l’Université!

Vous pensiez donner du chocolat à Pâques pour vos enfants? Oh, oh, j’espère que vous avez assez économiser pour des broches quand il aura 16 ans!

Des promesses de iPad s’il est gentil au restaurant? Ça sonne comme des pots-de-vin de la submission bitch!

Dire à votre enfant qu’il vous laisse tranquille pendant que vous gosser sur l’ordinateur? Devinez qui ira en prison pour vol à main armée dans son adolescence pour cause de carence affective?

Rapidement vous pouvez commencer à vous sentir plus que mauvais, et même un peu coupable! Ben guess what, les guides et tous les autres vous disent que vous devriez arrêtez de vous sentir coupable! Aweille mauvais parent, un parent qui se sent coupable émet de mauvaises vibrations ou ben some shit ésotérique de même au bébé pis il va avoir de la difficulté à s’attacher ou ne mangera plus jamais de légumes de sa vie! Les articles de Facebook vous disent qu’il faut être le parent imparfait pis croquer dans le bonheur mais aussi se foutre de tout les autres pis faire des bricolages mais pas trop, sinon, ding ding, mauvais parent!

Maintenant, imaginez que votre enfant a une condition. Autisme, hyperactivité, agressivité, strabisme divergeant, intolérance au lactose, hermaphrodite, parle avec les morts, peu importe. Votre enfant agit différemment et cela double votre dose de doute de soi-même quant à vos capacités parentales. Afin de vous sentir moins seul, vous vous embarquez sur diverses forums ou pages Facebook avec d’autres parents comme vous. Vous vous dîtes qu’ici tout le monde se comprendra enfin. Pauvre conne va…Non, encore une fois vous découvrirez que vous êtes encore un mauvais parent toé chose!

En effet, il y a toujours le bon parent, celui qui en a donc vécu des choses et qui sait comment vous faire sentir comme une grosse marde et ce avec quelques mots seulement:

« Les parents d’aujourd’hui ne sont pas assez fermes, moi mes enfants sont (TSA, TDAH, albinos, peu importe), pis j’ai jamais eu de problème avec eux. Suffit d’un peu d’autorité! »

Peu importe le forum, thread de discussion, ce parent s’y retrouve sous une forme ou une autre. Imaginez-vous donc que ce bon parent a réussi grâce à ses capacités extraordinaires, sa voix douce et autoritaire et ses yeux exorbités à faire faire telle affaire à son jeune, que ce soit prendre l’avion pendant 12 heures de temps, lui faire manger des choux de Bruxelles ou bien le faire circoncire à frette. Ce bon parent est le top voyez-vous, parce qu’il vit avec un enfant différent et qui plus es, n’a JAMAIS eu de problèmes de sa vie. Jamais. Il sait quoi faire.

Maintenant imaginez que vous êtes un peu dans le doute, incertain, fragile parce que votre p’tit différent a hurlé pendant deux heures de temps et que vous avez dû l’arrêtez physiquement avant qu’il ne se blesse lui-même. Et que vous lisez ce genre de commentaire. Ouch, crunch, destruction du peu d’estime qui restait.

Je sais que ces personnes ne sont pas réellement conscientes de ce qu’elles ont écrit. Probablement qu’elles ne savent même pas le pouvoir de leur mots. Que plusieurs parents anonymes, comme moi, liront ces mots et ne lui répondront pas, n’auront pas la force de s’obstiner sur Internet avec un inconnu pour démontrer qu’il n’est pas toujours si simple d’avoir la « fermeté » et « l’autorité » avec un enfant, peu importe sa condition. Ces parents ne sauront pas à quel point ils pourront venir ébranler la force d’autres, les faire douter, les décourager, les anéantir.

Être un mauvais parent, c’est ben facile selon tout le monde. Alors, si vous êtes un bon parent parce que vous avec donc le tour, vous avez écouté Virginie et savez quoi faire, parce que vous avec eu le secret des Dieux, vous avez donné la bonne purée avant 4 mois et avez allaité votre bébé sur le côté les jambes dans les airs en lisant votre mantra, bravo. Partagez le juste pas avec le reste des mauvais parents. On le sait déjà ce qu’on fait de tout croche, on veut pas savoir ton truc, ni ton jugement, bitch.

Dada Blaise

 

Papa pis Dada et les z’enfants en vacances dans le frette

C’est le mois de mars et la plupart du Québec est en semaine de relâche, c’est-à-dire le temps idéal pour perdre patience après vos enfants parce qu’ils font encore une crise vu qu’ils ont perdu à Hippo Hippo (Chriss, c’est pas compliqué, pèse su’l piton plus vite pis ton hippopotame vas en avoir des maudites billes!). Beaucoup de parents, afin d’éviter les larmes et les « Veux-tu jouer avec moi? » incessant se disent alors: « Tiens, profitons de cette semaine de congé pour partir en vacances quelque part d’exotique et d’amusant à prix boosté! ». C’est une tradition parentale qui dure depuis des lustres, soit de faire profiter nos enfants de nos précieux congés pour les entertainer et leur faire découvrir de nouveaux endroits à visiter.

Malheureusement, tous les parents du monde se tirent royalement dans le pied en voulant faire plaisir à leurs enfants. Soyons honnêtes, des vacances avec des enfants c’est beaucoup de chose, mais ce n’est pas des vacances.

Papa pis Dada, se croyant plus fin finaud que les autres, se sont dit qu’ils allaient partir en vacances avant la semaine de relâche, afin d’éviter la cohue pis la population en général, parce qu’on est donc sauvage pis on haït ça le monde. Papa avait pris congé pour une belle semaine, sentant que Dada allait bientôt être atteint de cabin fever à force de passer ses journées à faire du lavage, donner le biberon à Baby Love et écouter L’Huile de Lorenzo sur Prise 2 en braillant. Fac aweille toute la gang dans le char, on s’en va à Québec pour du plaisir Québécois!

Premier défi, amener tous les trucs nécessaires pour bébé et pour grand garçon afin que ceux-ci soient heureux, bien nourris, au chaud et surtout qu’ils nous achale pas trop. Pour grand garçon, c’est relativement simple, le iPad est toujours winner, ainsi qu’une couple de jouets dont il se câlisse. Pour bébé, c’est plus complexe. Il y a beaucoup de trucs à amener, du thermomètre rectal jusqu’aux petites débarbouillettes pour essuyer son nez plein de morve. Nous ne prenons pas de chance, nous amenons tout ce qui se trouve dans sa chambre.

À peine embarqué dans le char nous voilà donc épuisés. Mais nous n’avons encore rien vu. Alors qu’est-ce qui épuise tant un parent en vacances vous demandez-vous alors en vous tortillant sur votre siège?

Alors qu’autrefois Papa pis Dada partageaient leur temps en vacances entre boire des martinis secs, relaxer en écoutant la tivi dans le lit duveteux d’un hôtel et se lever tard, faire l’amour à 3h de l’après-midi puis visiter des trucs sympas et manger du poulet graissoux le soir venu, il s’agit maintenant d’un test d’endurance à savoir à quel point vous êtes capable de subsiter toute une journée entière de belles activités tel que glisser dans la neige frette, manger dans des restaurants bon marché avec vos bottes qui suintent l’humidité, visiter des files d’attente palpitantes et dire non à un enfant qui veut acheter des bébèlles hors-de-prix et ce avec comme seul carburant des maigres heures de sommeil, un peu de caféine ingurgité dans la voiture entre deux destinations et l’enthousiasme désespéré d’un animateur de camp de vacances maniacodépressif. Bref, il y a beaucoup de monde, beaucoup de choses à faire et en plus, il faut s’amuser et avoir du beau plaisir en famille.

L’esprit d’un parent en vacances ne se repose pas finalement. Il est toujours en marche. Il faut surveiller le p’tit pour ne pas qu’il casse quelque chose dans le beau mégésin souvenir ou bien qu’il ne se fasse pas kidnapper dans les toilettes, se battre avec pour qu’il mette sa tuque ou bien qu’il la garde, lui rappeler que oui il faut brosser ses dents et ce même en vacances, s’assurer qu’il a bien fait pipi à chaque nouvelle toilette que vous voyez, et ce même quand il vous dit qu’il n’a pas envie, faire des listes mentales dans votre tête à chaque nouvelle activité, vous assurant que vous avez apportez tout ce qu’il fallait dans le sac à couche, le lait, les lingettes, les calices de collations variés et bien coupés comme à la garderie parce que sinon il en veut pas, le jouet, l’autre jouet, la suce pour le bébé, le mouche-nez bruyant, les crayons de couleur, Sophie la Girafe cancérigène; se stresser à chaque nouveau restaurant qu’on visite de peur que le bébé braille trop fort ou ben que le p’tit pète sa coche parce que tsé hein sa condition genre.

Et la grosse différence c’est que à la maison vous dormez dans des chambres séparés. Papa pis Dada pis les deux z’enfants eux étaient dans la même chambre d’hôtel. Toute la famille entassé dans une belle chambre sombre avec le bruit intermittent du réfrigérateur qui part, l’air qui se décide pas à être chaud ou frette et un bébé qui se réveille une couple de fois par nuit pour boire, rôter bruyamment, sourire béatement parce qu’il est donc heureux de vivre et réveiller tout le monde par le fait même. Non mais y’as-tu de quoi de plus chiant que de tenter de pas faire de bruit dans une chambre d’hôtel avec ton méri pis ton plus vieux qui dorment fragilement à quelques centimètres à peine tout en swingant de bord en bord un p’tit bébé qui en toute apparence à pas l’air parti pantoute pour se rendormir. Et alors que mon bébé gazouillait/braillait assez fort que ça a réveiller le plus vieux, qui était tellement excité d’aller dans les glissades promises qu’il voulait se lever tout de suite right fucking now à 4 heures du matin, j’ai eu une pensée soudaine:

Me suis dit, ouff, je suis épuisé me semble. Et je ne me reposerai pas plus. Si je n’étais pas vêtu d’un simple boxer, je laisserais subtilement le bébé dans son parc, pognerais mon portefeuille et j’irais me louer une autre chambre dans l’hôtel, juste pour moi, juste pour dire que je dormirais tout seul pendant plus de deux heures d’affilée sans jeune enfants pour me réveiller et sans conjoint gigantesque qui prend toute la place dans le lit avec ses gros bras pis ses grandes jambes.

Mais je suis resté évidemment, parce que l’amour pis le dévouement pis toute, pis me suis levé le lendemain matin en grommelant pis en perdant patience après mon chum parce qu’il était pas prêt assez vite pis après mon p’tit parce qu’il gossait dans le stationnement au lieu d’embarquer dans le char pour qu’on aille se gêler le derrière à voir un hôtel fait de glace. Pis le soir venu on a recommencé tout ça, pis encore, pis encore. Pis je suis revenu chez nous et me suis réveillé le lendemain matin frais comme une rose poqué comme un lendemain de veille, mais sans avoir bu grand alcool.  C’tu pas des belles vacances réussis ça? À en juger par les photos pis le moulin à paroles de mon fils qui nous parlait de ce qu’il a aimé pis qu’il a donc hâte de retourner en « vacances voir mr Vieux Québec », je crois que oui.

There you have it: on aura eu beau être maussade, être impatient, mal dormir pis pogner les nerfs pour un rien, mon p’tit a eu du ben gros fun, pis p’être que moi aussi j’en ai eu quand j’ai glissé vite vite dans la neige avec mon enfant. Mais juste un peu…

Dada Blaise