Êtes-vous Prêt à Être Parent?

Vous voulez des enfants. Pas juste un, non, vous voulez le motherload de la famille moderne, une belle famille comme dans Les Sims, vous voulez de beaux enfants à la dizaine attablé autour d’une belle grosse dinde bien rôti, chantant des cantiques de Noël pis en riant en vous courant autour du divan et en faisant du lip synch sur Ain’t No Mountain High Enough avec vos brosses à cheveux pis vos peignes. C’est beau de rêver.

Si vous êtes un jeune couple hétérosexuel et dans la fleur de l’âge qui respire la fertilité, vous n’avez qu’à coller vos lits jumeaux et emboîter vos organes génitaux respectifs et vous aurez sous peu un joli petit bambin. Si vous êtes célibataire ou un couple avec des problèmes divers de fécondité ou couple homosexuel dans le vent qui veut une famille ou tout simplement parce que vous feelez pour prendre cette voie, l’adoption sera donc de mise pour votre couple.

Sachez-donc, comme je l’ai déjà mentionné auparavant, que viendra un moment dans la panoplie de tests psychosocial et autres entrevues du genre qui peuplent les procédures d’adoption où on vous demandera une série de questions du genre:

« Si votre enfant tient absolument à manger avec son nounours à table, qu’est-ce que vous dites? »

« Votre enfant pique une colère devant vos beaux-parents qui sont venu pour souper, est-ce que vous être trop gêné pour intervenir? »

« Votre enfant écrit REDRUM sur les murs et fait bouger son index en utilisant une voix creepy, qui va le recoucher en plein milieu de la nuit? »

« Vous entrez dans le salon et vos deux enfants se sentent tour à tour les fesses, vous retournez de bord comme si de rien n’était ou vous agissez comme un bon parent? »

Comme tout être humain normal, Papa pis Dada étaient parfois décontenancés à savoir de kessé de comment répondre à ce genre de question. Suite à ça, on se demandait si on était réellement prêt à être parent nous autres là.

Peut-être êtes vous comme nous, plein d’interrogations et de questionnements sur votre avenir et vos capacités en tant que futurs parents. Voici donc quelques petits tests faciles que vous pouvez faire chez vous drette là pour savoir si vous êtes prêt à avoir des enfants.

SPOILER ALERT: La réponse aux tests est non, vous êtes pas prêt à avoir des enfants, jamais.

Premier Test : Se sentir supérieur

Trouvez un couple qui a des enfants et passez du temps avec eux. Une fois dans la voiture avec votre conjoint, jugez les sur leur discipline disparate, leur manque de patience flagrant, leur seuil de tolérance presque inexistant et à quel point leurs enfants sont pas du monde.

Faites-vous de belles promesses sur votre façon d’éduquez vos enfants en riant follement et en faisant l’amour sur le bord de la 30 dans des positions impossibles. Félicitations ! Le premier test est pas mal facile.

Deuxième Test: Vie (et nuit) avec un jeune bébé

À partir de 4 heures de l’après-midi, promenez-vous de pièces en pièces avec une dinde dégelé de 10 lbs environ avec comme musique de fond Crazy Frog, Las Ketchup ou les Hanson (ou tout autre bruit qui vous irrite profondément le système). Crinquez le volume à fond jusqu’à temps que vous aillez envie de brailler ou vous chrisser des crayons dans les oreilles. Ne fermez pas la musique sous aucune raison.

À 10 heures, déposez votre dinde et allez vous coucher. Programmez votre alarme pour qu’elle sonne à toutes les heures environ. Réveillez-vous à chaque fois et promenez-vous avec votre dinde dans une des chambres de la maison. N’oubliez-pas de rallumez la musique irritante. Bercez-vous avec votre dinde et tentez de ne pas l’échapper en vous endormant.

Le matin (pas plus tard que 5h30,), réveillez-vous et prenez votre dinde avec vous. Préparez lunch pour votre époux et petit déjeuner avec votre dinde dans les bras tout en étant jovial et de bonne humeur afin de créer un climat positif pour toute la famille. Gardez le sourire perpétuellement.

Troisième Test: Nourrir jeune bébé

Attachez un bol de grandeur moyenne sur le poteau de votre laveuse. Partez la laveuse à un cycle normal afin que le poteau tourne de droite à gauche sans arrêt. Mélangez des céréales genre Cornflakes dans du yogourt et tentez de mettre de petites cuillerés dans le bol qui bouge sans en échapper sur votre beau plancher. Prenez le reste du bol et sâcrez vous ça sur le chandail, vos pantalons et sur le beau plancher.

Quatrième Test: Vous préparez le matin avec des enfants

Réveillez-vous une heure plus tôt qu’à votre habitude. Habillez-vous et choisissant votre plus beau kit. Préparez un beau déjeuner santé et coloré pour votre dinde/poteau de laveuse. Mangez une toast en courant de pièces en pièces. Sâcrez le beau déjeuner coloré aux vidange. Versez une tasse de crème épaisse et une tasse de jus de citron dans un verre. Chauffez-le 1 minute au micro-onde. Mélangez le tout. Apprêtez-vous à sortir dehors et versez-vous le contenu du verre sur l’épaule et votre belle chemise. Essuyez-vous avec une vieille serviette prise dans votre panier à linge sale. Ne vous changez pas, quittez immédiatement pour le boulot.

Cinquième Test: Habillez un jeune enfant

Achetez-vous une petite chèvre. Achetez un petit pantalon de Teddy Bear avec le petit chandail et les petits bas et les ti-souliers qui vont avec. Badigeonnez généreusement la petite chèvre d’huile de canola et courez lui après dans toute la maison pour tenter de lui mettre les vêtements en moins de cinq minutes.

Sixième Test: Faire l’épicerie avec des enfants

Amenez votre petite chèvre avec vous à l’épicerie sans la perdre de vue une seule fois. Faites toutes les allées tout en retenant votre petite chèvre afin qu’elle ne mange pas tous les aliments qu’elle voit. Payez tous ce que la petite chèvre à mangé ou détruit accidentellement. En aucun cas il ne faut tuer la petite chèvre, sinon vous échouez royalement le test.

Septième Test: Le ménage avec des enfants

Regardez votre belle maison propre et bien rangé et versez une unique larme sur votre joue droite. Cachez un bol de lait sous votre divan et un cornet de crème glacée sur votre banquette arrière de votre voiture. Cachez des Goldfish et des Legos dans toute votre maison. Beurrez-vous les lèvres de beurre de pinotte, essuyez vous avec vos mains et roulez-vous ensuite dans votre lit, votre tapis et votre fauteuil blanc. Terminez en prenant une clé et marquant votre frigo et votre voiture. Voilà, votre maison est prête à accueillir un enfant.

Huitième Test: Temps libre avec des enfants

Enregistrez votre voix sur un petit magnétophone, répétant votre nom aux 4 secondes (ou vous pouvez répéter Papa, Maman, Dada ou Votre Majesté, peu importe). Installez-vous pour votre activité préférée (écoutez la télé, lire un livre, gosser sur le Net, vous touchez en cachette dans la salle de lavage, whatever) et allumez le petit magnétophone. Mettez le son FORT. Faîtes le jouer à l’infini. FOREVER. Si vous changez de pièce, apportez le petit magnétophone avec vous. Si vous allez dehors dans le remise, apportez votre petit magnétophone avec vous. Si vous vous cachez dans les toilettes, placez le petit magnétophone tout près de la porte fermé et faites le jouer plus vite. Si à tout moment vous détruisez le petit magnétophone ou ben vous le câlissez par la fenêtre, considérez que vous avez échoué le test.

Neuvième Test: Votre vie sexuelle avec des enfants

Ne faites plus l’amour. Fin du test.
Répétez chacun de ces tests à tous les jours et voilà! Vous êtes prêt à être parent. Bonne chance!
Dada Blaise

,

L’Enfant Autiste et la Garderie (2ème partie)

*Warning! Ce post est tiré de mes expériences et mes observations, donc nullement représentatif de la vie en garderie en général, fac calmez-vous les commentaires de « moi je ». 

L’Enfant Autiste et la Garderie (1ère partie)

Deuxième Garderie – La Bitch qui Berce l’Enfant

Fac Dada cherche une autre garderie comprends-tu. Il voudrait bien trouver un établissement qui se spécialise avec des enfants autistes/différents, mais ça ne cour par les rues semble-t-il. Pis, coup de chance, il trouve cette petite annonce sur magarderie.com d’une garderie familiale dirigé par Madame Chose (je voulais l’appeler Grosse Chrisse, mais mon chum ne voulait pas…), qui proclame qu’elle a enseigné pendant 10 ans au primaire, qui possède un diplôme en ADAPTATION SCOLAIRE et qui a une bonne expérience auprès des enfants qui ont un handicap ou des besoins particuliers. Heu wow! Jackpot que j’me dis. Heille, c’est tout ce qu’il nous faut et même plus! Papa pis Dada se rendent donc à la rencontre de la nouvelle petite madame. Nous arrivons donc dans le quartier des riches avec les belles grosses cabanes immenses et les jardiniers rutilants de muscles qui baisent les femmes au foyer richissimes. Kessé qu’on fait là qu’on se demande. On arrive à la garderie et on visite le tout. C’est beau, c’est grand, il y a du marbre sur les comptoirs, il y a une kickass grosse piscine creusée à l’arrière, ça semble très bien. On trippe comprends-tu. Mais les apparences sont souvent trompeuses…On rencontre Madame Chose, toute dodue devant, qui semble posée, logique et super compréhensive. Elle est bien excitée d’avoir un couple de papas, elle trouve ça ben l’fun. On réexplique toutes les belles caractéristiques de notre enfant en menu détails afin qu’il n’y est pas de mauvaises surprises plus tard: Pas de sieste. Agressivité envers les autres. Se frappe. Crises diverses pour X raisons. Se braque, s’oppose. Hypothèses diverses, on ne sait pas s’il est autiste ou s’il a quelque chose d’autres.

Pas de problème nous dit Madame Chose. Elle a une bonne expérience et sait comment agir avec ce type d’enfants. Vous allez voir qu’ici c’est un bel environnement pis bla bla bla, full compréhension de l’amour de la patience de la diligence de vive la vie vive la différence. Mon Dieu qu’on se peut plus, Papa pis Dada ont envie de lui acheter un beau gros bouquet de fleurs. On inscrit notre garçon là-bas.

Et c’est reparti pour une autre garderie. Mon enfant à 3 ans.

Au départ, tout va bien. C’est la nouvelle lune de miel. Petit Pou « fit » un peu mieux. Madame Chose nous envoi des photos de notre enfant qui dort l’après-midi et qui joue au parc avec les autres. On est heureux. Puis, après deux semaines, les crises reviennent. Madame Chose gère ça. Elle tient son boutte nous dit-elle. Elle n’est pas stressé par la vie. Elle est organisée et rassurante pour notre enfant. On est encore plus heureux. L’été arrive, la méga grosse belle piscine creusée est ouverte. Petit Pou aime se baigner. Dada est congé, il envoie Petit Pou à temps partiel. L’après-midi il va chercher son enfant et il jase avec Madame Chose. Elle lui jase de ses enfants et de ses beaux voyages qu’elle a fait en Europe pis dans les pays chauds. Elle est ben chummé avec Dada. Elle lui propose même d’emmener son maillot une bonne fois et de se baigner dans sa belle piscine filtré au sel avec des effluves de lavande. Dada se garce une petite gêne. Malgré tout, il aime bien jaser avec Madame Chose. Ensembles, ils émettent des hypothèses sur la condition de son enfant. Dada raconte des événements qui sont arrivés avec son enfant, comment il agit dans telle situation, comment il ne sait pas toujours quoi faire exactement. Madame Chose raconte souvent les beaux progrès de son enfant, genre il a sauté tout seul dans la piscine, il a joué avec la petite fille, il a participé au beau bricolage. Dada est enchanté. Pendant l’été, Dada réussit à avoir un rendez-vous avec la p’tite madame du CLSC. Elle va observer Petit Pou à sa maison, puis à la garderie. Résultat des observations: autisme possible, mais trop jeune encore pour être certain. Il est juste sur le bord genre. Il est pas assez comme ceci, pas assez comme cela. Elle recommande d’attendre à l’an prochain, l’été de ses 4 ans, pour le faire réévaluer. Je retransmets l’information à Madame Chose. Elle semble sceptique. Premier signe de quelque chose qui cloche.

L’été se termine pis Dada commence à sentir un p’tit changement chez Madame Chose. Dada recommence à travailler, il commence un peu plus tôt et termine un peu plus tard of course. Madame Chose fait remarquer en semi blaguant que les autres enfants arrivent vers les presque neuf heures alors que Petit Pou est le premier à 7h45.

Les crises s’accumulent. Petit Pou est en pleine opposition et ce n’est pas facile. Madame Chose me le fait remarquer. Je lui dis que tout ce qu’il fait est pas mal semblable à ce qu’il faisait dans l’autre garderie, ce n’est pas une surprise. Elle se plaint que mon garçon ne joue pas assez avec les autres, il joue juste avec des bébèlles pour plus jeune, n’est pas capable de s’occuper par lui-même, dérange toujours les autres, qu’il se fâche quand il n’a pas ce qu’il veut et patati et patata. J’explique et réexplique qu’elle a bien raison, que c’est pareil à la maison, que nous aussi on nage dans le néant, que la tite madame du CLSC l’a dit elle-même, elle n’est pas certaine de rien. Je lui demande son avis, Madame Chose me rétorque que ce genre de comportement chez un enfant est normalement celui d’un enfant qui a tout ce qu’il veut à la maison, un enfant roi. Ouain…ok. Je lui dis que non, on tient notre bout à la maison. Les semaines se poursuivent, Petit Pou devient de plus en plus difficile. Il cherche à faire réagir Madame Chose. Il vise les autres enfants et leur fait mal, les tape, les pince, etc. C’est pas plaisant pour personne.

Petit Pou est stressé, il a de la difficulté à faire caca ailleurs qu’à la maison. Un vendredi, il s’échappe et a une trace de break dans ses culottes. Madame Chose m’appelle sur mon cellulaire pour m’en informer. Elle me dit qu’elle ne peut pas se permettre de laver ses sous-vêtements comme ça et que si mon garçon souffre d’un tel problème, vaudrait mieux le remettre au couche. Dada pogne les nerfs et sent la désillusion se pointer le bout du bec sale. Il dit que non, son garçon ne portera pas des couches, on ne va pas lui imposer ça. Dada commence à stresser.

Madame Chose continue dans sa belle lancée. Petit Pou a fait ceci, Petit Pou a fait cela. « Il sabote tout ce qu’on fait. C’est un enfant très destructeur, difficile. » me dit-elle. Me semble que j’ai le motton pis que je feel pas après une telle phrase, mais je ne dis pas grand chose. Les jours se suivent. Il n’a pas voulu se déguiser à l’Halloween, il n’a pas voulu faire la tite carte de la pluie, il n’a pas voulu jouer à la cachette avec les autres, il veut tout le temps être dans son coin, etc, etc. Puis arrive le coup de grâce. Un lundi j’arrive du boulot et me rend au parc tout près de la belle grosse maison de la gardienne et elle me dit que les autres parents ont commencé à parler entre eux. Ils ont quasiment formé un groupe Facebook en cachette. Mon enfant semble être catalogué comme le p’tit pas fin, le p’tit chriss. Leur réaction est normale. Moi aussi si quelqu’un blesse mon enfant, je sors hors de mes gonds pis je pète ma coche. Mais voilà, un incident qui est arrivé le vendredi d’avant, dont nous n’avons pas été mis au courant, a fait que Madame Chose a brusquement prise une décision. Une maman proclame qu’elle retirera son enfant et les autres bébés qu’elle a à la maison qui arriveront dans quelque mois si mon enfant n’est pas mis dehors de la garderie.

Je répète ma phrase: Une mère veut qu’on mette mon enfant dehors de la garderie en faisant du simili chantage. Madame Chose dit qu’elle ne peut pas se permettre de perdre de l’argent ainsi. Mon garçon n’est pas à la bonne place. Elle a tout essayé, tout mis en place, rien n’y fait, va falloir qu’il sâcre le camp.

Ouch. Reouch, twist dans le coeur, grosse peine pour Dada. Chriss de grosse colère. Il n’y a pas assez de mot pour dire comment je me sens trahi. Sous le choc, je ne dis rien et pars chez moi. Je braille à mon chum qui lui appelle la méchante madame et demande à la rencontrer. Rencontre il y a, mais Madame Chose est catégorique. Elle devrait faire du 1 pour 1 avec notre enfant, il est trop agressif et violent envers les autres, elle ne peut pas le gérer. Les autres parents commencent à avoir peur. Peur dit-elle. J’ai les larmes aux yeux juste à écrire ça. Je peux comprendre qu’un parent puisse avoir peur puisqu’il est face à l’inconnu, ne sait pas trop qui est cet enfant et qu’il ne veut pas que son propre enfant soit en danger. Mais je ne m’explique pas comment une intervenante en garderie, qui dit avoir de l’expérience en ADAPTATION SCOLAIRE et avec des enfants différents, ne peut pas expliquer la situation aux autres parents. N’est-ce pas son rôle de rassurer tout le monde? N’est-ce pas son rôle de démontrer qu’elle a le contrôle sur sa garderie? N’est-ce pas son rôle de prendre soin de TOUS les enfants de son groupe?

Papa est en beau joualvert. Il ne veut pas que Petit Pou quitte la garderie, parce que malgré tout, lui il est ben là-bas. Dada lui ne peut pas s’imaginer d’avoir à lui expliquer qu’il doit changer de garderie parce qu’il est indésirable. Nous nous entendons avec Madame Chose pour dire qu’il restera jusqu’à notre déménagement (en janvier) et qu’ensuite il partira. Deal. Petit Pou continue d’y aller, Dada a le coeur gros, Papa enquête. Il appelle au bureau CPE avec qui la garderie est affilié et SURPRISE, elle n’a pas fait de demande d’aide. Elle n’a même pas signalé qu’il y avait un problème. La madame au bout du fil est surprise et semble un peu fâchée, dit qu’elle va enquêter sur ça. Elle dit qu’avant de mettre fin à des services, il faut mettre en place un plan d’intervention et tout le tralala. Quand Dada confronte Madame Chose avec ça, celle-ci répond que ça ne changerait rien de toute façon, qu’elle ne recevrait pas les services adéquats. Fine que je lui répond, mais on fait tout ce qu’il faut quand même. Parfait dit-elle d’un air condescendant, si c’est ce que vous voulez. Bref, les relations sont genre un peu tendus.

Puis arrive le boutte triste encore plus. Un soir, alors que je couche mon enfant, celui-ci me dit qu’il ne veut plus faire dodo « en bas, dans la cave ». « Où ça, chez nous? » que je demande. « Non, chez Madame Chose. J’aime pas faire dodo en bas, j’ai peur. » À force de le faire parler et à déchiffrer ce qu’il raconte, j’en déduis que l’après-midi, quand il pète sa coche pour ne pas faire de sieste, il est amené dans une autre pièce, dans la cave. Ah ben là, calvaire. Mon chum va porter notre enfant le matin et confronte Grosse Chrisse Madame Chose qui dit que oui, il dort en bas avec son assistant (Que Petit Pou connait mais quand même…) afin de ne pas déranger les autres. Donc, on enferme mon enfant dans une pièce au sous-sol avec l’assistant. Mon chum me texte ça. Je call à ma job et je demande un congé pis je chriss mon camp à la garderie. Il s’en va, drette-là que je lui dis. V’là ton chèque. Après un moment awkward où mon enfant dit bye aux autres sans vraiment comprendre pourquoi, je l’attache dans le char pis je me retourne vers Madame Chose qui nous a suivi dehors avec le cadeau de Noël qu’elle avait préparé pour mon enfant et d’autres trucs. Avec tout le fiel et la colère que j’ai dans le fin fond du bas-ventre, je lui susssurre entre les dents que je n’ai jamais vécu un tel sentiment de trahison. Elle me bafouille quelque chose que j’ai oublié tellement je suis en esti. Pis je pars.

Je n’ai jamais revu Madame Chose. Mais encore aujourd’hui, je lui en veut amèrement. Encore aujourd’hui je fantasme d’aller détruire son beau parterre de fleurs, péter les pneus de son char ou ben aller pisser dans sa belle grosse piscine creusée. Le sentiment de trahison était réel et l’es encore. Oui, c’est vrai que mon enfant n’est pas facile. Tu sais quoi, il est même horriblement difficile par boutte. Mais tu sais, aucun parent au monde ne souhaite que son enfant soit le p’tit difficile à la garderie. Aucun parent au monde espère arriver le soir pis se faire dire que son enfant à mordu, pincer, attaquer un autre. On ne sait jamais trop comment réagir dans ce temps-là. On a beau chicaner, punir, intervenir, il est trop tard rendu le soir. On vit dans une incertitude constante. Quand tu es parent d’un enfant différent, tous les intervenants qui gravitent autour de ton enfant deviennent alors très important pour toi. Ils sont de l’aide, ils sont des confidents, des personnes avec qui tu peux partager ton quotidien et expliquer que oui, ce n’est pas facile. Je lui ai dit beaucoup de choses à cette madame, beaucoup de mes craintes, de mes peurs face à mon enfant. Alors quand est venu le temps de mettre fin au service, oui j’ai été blessé. Je n’aurai jamais pu m’imaginer que mon enfant aurait pu être jeter ainsi. Qu’on aurait pu s’en débarrasser ainsi parce qu’il dérangeait, ne « fittait » pas dans le système. Pour une question d’argent. Pour un question d’impopularité. C’est là que j’ai compris dans quel système je vivais et dans quoi j’allais m’embarquer avec mon enfant différent. Qu’il faudrait que je me batte pis que je sors les crocs pis les griffes pour qu’il soit traiter comme il se doit.

La semaine prochaine, la belle fin heureuse de Petit Pou qui a trouvé LA garderie la meilleure plus plus plus du monde entier.

Dada Blaise

L’Enfant Autiste et la Garderie (1ère partie)

*Warning! Ce post est tiré de mes expériences et mes observations, donc nullement représentatif de la vie en garderie en général, fac calmez-vous les commentaires de « moi je ». 

 

Que vous soyez un parent au foyer qui est sur le bord de commettre un crime pour vous sentir vivant ou bien un parent qui travaille afin de payer les factures et votre abonnement à Netflix (ou peut-être vous voler le service de vos amis généreux, qui sait), viendra un temps où il vous faudra placer votre petit n’enfant dans une garderie.

Ahhhhh les garderies. S’il y a bien quelque chose qui peut terrifier/faire chier/angoisser un parent, c’est les garderies.  Mais pourquoi vous demandez-vous en sautillant nu dans votre salon? En premier lieu, il faut choisir le genre d’installation: CPE, familial ou privé. Sachez qu’il faut tout d’abord être prévoyant. Si vous voulez envoyer votre enfant dans un CPE, il faudra l’inscrire quelques semaines avant la conception de l’enfant, tant les places y sont restreintes. L’autre option sont les garderies familiales. Là encore, il faut les magasiner afin de ne pas confier votre enfant à une suppôt de Satan ou pire encore une gardienne qui va vous jaser de La Voix à chaque lundi matin. Il faut également vérifier si il y a une odeur de cigarette caché dans les coussins décoratifs, si c’est le genre d’endroit qui prône les siestes de 4 heures d’affilés qui viendront gâcher votre précieux temps libre lors du dodo ou si ils font trop de projets artistiques de bricolage qu’ils vous ramène à la maison à chaque semaine. Votre maison est déjà rempli à rebord avec de beaux dessins et des affaires collés plein de paillettes, avez-vous tant besoin d’avoir un autre carton avec une trace de main en gouache rouge de votre rejeton?

Bref, c’est un véritable casse-tête pour tous un chacun. Pour les parents d’enfants différents comme nous autre, il y a un niveau de difficulté d’une coche supérieur. Papa pis Dada ont vécu ce périple au travers 3 garderies différentes. Trois. Je ne sais pas à quel point notre histoire diffère de celle d’autres parents d’enfants différents, mais voici un petit résumé de notre périple avec notre enfant autiste dans les garderies. Don’t worry, la fin est heureuse même si le début ne l’est pas!

Première Garderie – La Tite Madame qui voulait ben faire mais ne savait pas trop quoi faire

Petit Pou commence son périple des garderies dans une garderie familiale, chez une de nos amies. Tout va bien, Petit Pou est heureux, la vie est rempli de papillons et de jolies rayons de soleil. Puis la garderie ferme pour X raison et il faut en trouver une autre. Yishhh. Dada fouille sur Internet et, hourra!, quel chance, nous trouvons une garderie drette sur notre rue toé chose, à quatre pas littéralement de notre maison. Cela semble parfait. Nous rencontrons la dame et lui présentons le cas de notre enfant. À cette époque, on ne sait pas trop ce qu’il a exactement. Nous savons qu’il est différent, qu’il a quelque chose qui le met à part des autres, mais on ne sait pas trop quoi exactement. Il y a plusieurs hypothèses qui flottent (TDAH, TSA, Trouble de l’attachement dû à son adoption, alouette…), mais rien ne semble certain. Petit Pou à 2 ans.

Papa pis Dada expliquent donc le quotidien de Petit Pou. Il ne fait presque plus de sieste l’après-midi. Il est très anxieux, réagit parfois violemment aux changements comme un nouvel ami dans la garderie, une activité imprévu ou un étranger dans la maison. Nous lui expliquons également qu’il a de la difficulté à jouer avec les autres amis, il ne veut pas toujours participer, il ne veut pas faire d’effort, il dit « oui » mais veut dire « non », il tient tête, il s’oppose, il crie, il tape, il se tape, il grogne, il est inconsolable, etc. Qui plus es, à deux ans, Petit Pou ne parle toujours pas beaucoup, il préfère pointer. L’éducatrice, que nous appellerons Henrietta, semble un peu sceptique et overwhelmed à la fois mais nous dit pas de problème, elle va le prendre. Elle va faire de son mieux. Et c’est parti pour la garderie. Au départ, c’est pas trop mal, Petit Pou est en lune de miel, il est ben colleux et ne fait pas trop de vagues. Mais rapidement, les choses tournent mal. Dada reviens l’après-midi pour chercher son enfant et à chaque fois il doit entendre les litanies de Henrietta, qui est complètement dépassé par les événements.

Je crois qu’ici beaucoup de parents d’enfants différents reconnaitront cette situation. Le négativisme. Se faire expliquer encore et encore, jour après jour, les troubles et les mauvais coup de son enfant. Sentir le découragement de l’éducatrice. Henrietta ne comprend pas pourquoi il ne veut pas faire les bricolages ou les coloriages. On apprend plus tard qu’elle est un peu exigeante sur ce côté, demandant à notre enfant de colorier les bottes du Chat Botté rouge et non jaune. Vous imaginez comment Petit Pou, qui est TSA, réagit à se faire dire une telle consigne. Bref, c’est pas la joie. Ça commence à être lourd pour Dada de sentir le découragement de l’éducatrice. Elle dit qu’elle n’a jamais vu ça, yada yada yada.

Je sais, je sais, c’te pauvre Henrietta faisait ce qu’elle pouvait avec les ressources qu’elle avait et P’tit Pou lui rendait pas la tâche facile. Il lui a quand même péter un carreau de vitre lors d’une crise et il ne dormait presque jamais l’après-midi, fac elle n’avait pas grand pause. Henrietta est d’un certain âge, elle n’a pas son service de garde depuis longtemps et ne comprend juste pas qu’un enfant ne veule pas faire des activités avec les autres ou bien boude ou bien bouge et fait des culbutes au lieu de décorer un petit bonhomme de neige en bout de papier de toilette. Semblerait-il qu’elle n’a eu seulement que des enfants élevés dans la ouate et qui chie de la barbe à papa rose. Elle ne sait pas trop quoi faire avec mon enfant, malgré les belle recommandations des spécialistes que nous avons payés pour l’aider. Après quelques mois là-bas, Dada en a ras le pompon de se faire répéter que c’est donc difficile et qu’elle est épuisée. Il braille son désespoir en mangeant un pot de margarine, alors son chum décide d’agir et va jaser avec Henrietta.

Cette dame aimait notre enfant et faisait réellement tou ce qu’elle pouvait avec ce qu’elle connaissait. Elle n’avait jamais vu de cas d’autisme, ni de TDAH ou autre trouble de ce genre. Elle passait les après-midi où mon p’tit ne dormait pas avec lui, lui tenant compagnie en lui proposant de l’aider à cuisiner ou en écoutant la télévision avec lui. Je ne lui en veux pas. Mon garçon aimait Henrietta. Il aimait aller là-bas. Malgré tout, je sentais bien qu’il n’était pas à la meilleure place pour ses besoins de Petit Pou spécial et unique et merveilleux comme un flocon de neige. Dada décida donc de cherche sur Internet pour tenter de trouver une autre garderie qui serait plus adapté aux besoins de notre petit.

J’allais bientôt découvrir un autre endroit pour mon enfant, et un nouvel enfer qui débuterait. SUSPENSE!

Dada Blaise

10 façons d’avoir l’attention de vos enfants

Une des premières leçons que vous apprenez lorsque vous devenez parent d’un enfant qui se met à parler et marcher, c’est que votre enfant devient une personne à part entière. Il a ses propres idées, ses propres envies et sa volonté d’agir. Le monde s’ouvre à lui et voilà ti-pas qu’il se met à s’occuper par lui-même de plus en plus souvent. Bless the Lord! Ou pas. Qui dit enfant occupé, dit aussi enfant qui ne vous écoute pas toujours. Certains ordres et demandes comme « viens souper », « viens t’habiller », « viens mettre tes souliers » et « va te coucher » peuvent être élégamment ignorés. N’est-ce pas génial de ne pas se faire écouter par son enfant? La solution? HURLER, CRIER, LEVER LE TON!

Bon, bon, bon. Ça d’l’air que les enfants sont « sensibles », « fragiles » et sont « de petits êtres tout doux, tout mignons » et qu’il ne faut surtout pas crier ou lever le ton devant eux. Correct, correct. Papa pis Dada vous propose ici 10 moyens autres que de crier pour avoir l’attention de vos enfants :

1 – Allez aux toilettes

Saviez-vous qu’un enfant naît avec un 6e sens? Celui de ressentir les vibrations du siège de toilette. Rendez-vous dans la salle de bain et asseyez-vous sur le siège : ceci déclenchera automatiquement chez l’enfant une profonde curiosité/famine/urgence/alarme. Regardez à quelle vitesse il vous retrouvera assis sur le bol avec votre téléphone en main en train de scruter les fins fonds de Kijiji pour trouver une gardienne disponible pour la journée même. Bonus round: Votre enfant voudra vérifier la largeur de vos défécations et tiendra à lui-même flusher le tout.

2 – Allez vous laver

Le 6e sens est également déclenché par le bruit de la douche. Déshabillez-vous et profitez de 3 secondes d’extase alors que l’eau chaude ruisselle sur votre corps meurtri par les « concours de boxe » de votre enfant. Juste au moment où vous devriez ressentir les bienfaits de la relaxation, l’enfant surgira rapidement pour vous demander une question du genre : « Est-ce que je peux jouer avec l’essoreuse à salade et la pâte à modeler? » ou se plaindre de « la grosse mouche qui vole dans la fenêtre ». Bonus round: L’enfant se joindra à vous, glissera maladroitement dans le fond de la douche, se plaindra de l’eau dans ses yeux et vous questionnera sur votre appareil reproducteur.

3 – Asseyez-vous pour lire un bon livre

Vous êtes bien assis confortablement avec un best-seller recommandé par Oprah elle-même, l’air apaisé et serein? Parfait! Regardez autour de vous! Hé oui, ce sont vos enfants qui virevoltent incessamment en bourdonnant des demandes et des requêtes, comme des mouches autour de la marde du miel. Bonus round: L’enfant aura la bonne idée d’apporter SON livre afin que vous lui fassiez la lecture. Yeah, Frissons l’Écureuil pour la 329e fois!

4 – Essayez de manger des sucreries en cachette

Les enfants sont comme des requins. Ils sentent l’odeur du sang du chocolat à des kilomètres. Ils ont également le pouvoir magique de se téléporter à l’endroit où vous êtes, exactement au moment où vous vous apprêtez à enfourner un shitload de chocolat dans votre bouche. Magie! Bonus round: Tentez d’expliquer pourquoi vous avez le droit de manger ça, et pas eux. #bullshittingisanart

5 – Faites un appel important au téléphone

Rappelez-vous que vous êtes un adulte et que parfois vous devez parler à un autre être humain, et non tout régler par emails/textos. Empoignez le téléphone nerveusement et tentez de parler sérieusement avec l’interlocuteur, alors que derrière, le bruit infernal de vos enfants qui s’approchent dangereusement de vous se fait entendre. Vos enfants ne pourront résister à l’envie pressante de venir vous voir et de vous achaler pour savoir avec qui vous parlez et de vous dire avec une voix de ténor qu’ils ont faim/envie/ont un objet étrange pogné dans la narine gauche. Bonus round: Tentez d’empêcher votre enfant qui tient absolument à raconter ce qu’il a fait au parc à la madame des assurances.

6 – Parlez avec un autre adulte

Cette technique s’applique mieux dans un endroit public, parce que vous êtes toujours seul à la maison, comme la pauvre âme en peine qui noie ses malheurs dans le vin que vous êtes. Trouvez un autre adulte qui accepte de vous parler et engagez la conversation. Particulièrement efficace si vous voulez avoir vos enfants pendus après vous, couchés de tout leur long sur vos genoux ou gigotant comme un ver de terre cardiaque entre vos jambes. Bonus round: Recevez une violente gifle « non volontaire » de votre enfant alors qu’il tentait de vous faire un câlin pour que vous sachiez qu’il était là et qu’il est la seule personne qui compte sur Terre.

7 – Restez pogné dans le trafic

Vous vouliez que votre p’tit répète votre nom cinquante-six mille fois d’une voix suraiguë que seuls les dauphins peuvent comprendre? Bingo! Endurez le son mélodieux de votre enfant et soyez ébahi devant la force de votre lien d’attachement qui vous unit et qui vous empêche de lui pitcher votre café en pleine face. Bonus round: Vous ne pouvez vous échapper de la voiture! Aren’t kids the best?

8 – Essayez de travailler

Tentez d’avoir une vie autre que de préparer du macaroni Kraft et de peler des clémentines, en vous installant avec un portable/cahier/tableau et une craie (whatever, I don’t judge) sur un coin de table afin de travailler. Plus le travail est pressant/important, plus l’enfant devrait arriver vite et insister qu’il veut lui aussi « écrire » ou regarder Pat’Patrouille sur l’ordinateur. Bonus round: Riez follement lorsque l’enfant pèse accidentellement sur le piton power de l’ordinateur. FML

9 – Allez dans votre lit

Le 6e sens de la douche et de la toilette? Il y en a un pour votre lit aussi! Tentez de vous allonger pour vous reposer dans la pénombre bienveillante de votre chambre. Tournez la tête et hurlez de terreur en apercevant le visage de votre enfant à quelques millimètres de votre face. Bonus round: « J’ai fait caca… par terre… regarde mes mains! »

10 – Tentez de faire des cochonneries avec votre conjoint

Le simple fait de grimper dans votre lit n’a pas fonctionné? Alors allez chercher votre conjoint et commencez à faire des galipettes. Tournez-vous et retrouvez votre enfant au pied du lit, les yeux écarquillés et la bouche béate d’horreur. Tadam! Attention assurée! Bonus round: Vous ne pourrez plus jamais faire l’amour de votre vie de jeune adulte!

Dada Blaise

 

 

Comment Être un Mauvais Parent

Imaginez que vous avez un enfant. Il naît, arrive chez vous par le biais de l’adoption, vous le trouvez sous une feuille de chou ou bien flottant dans un panier d’osier, peu importe. Vous l’avez placé dans son petit berceau et vous le regardez tendrement et, évidemment, vous vous demandez quarante-six-milles questions du genre: c’est quoi une bonne nuit pour un bébé? Est-ce que je risque de le rendre trop gâté à le tenir tout le temps dans mes bras? Suis-je obligé de lui faire porter un chapeau en tout temps? Son caca est vert, est-ce qu’il est humain? Bref, vous avez des questionnements, des inquiétudes, vous vous demandez si telle ou telle affaire est normale pour votre enfant et vous cherchez de l’aide. Comme vous êtes moderne et de votre époque, vous vous tournez vers votre Bible, c’est-à-dire Internet ou plus spécifiquement Facebook. Pauvre fou. Rapidement, vous découvrirez à quel point vous êtes un mauvais parent.

Une des premières choses qui fera de vous un mauvais parent est que vous laissez votre bébé faire la sieste sur vous. Tisk, tisk jeune imprudent. Dr. Spock, Super Nanny, Jacynthe René et toutes les mamans ordinaires vous le diront: votre bébé est supposé dormir un bon deux heures dans sa couchette et se réveiller frais, heureux et dispo avec le sourire fendu jusqu’aux oreilles et la soif de découvrir le monde qui l’entoure avec vous couché sur un tapis blanc avec des chatons blanc duveteux qui jouent derrière vous.

Well, mon p’tit Baby Love ne semblait pas comprendre ce concept. Je lui ai expliqué pourtant! J’ai eu beau m’asseoir avec mon brand new baby pis lui pointer dans le livre qu’il était supposé dormir au moins deux heures dans son petit moïse, rien à faire. C’est comme s’il était pas capable de lire! Mon grand garçon dormait quasiment trois heures de temps et ce uniquement sur moi et ce réveillait comme un chacal enragé, donc, j’étais clairement un mauvais parent et ce depuis longtemps.

Deuxième bébé aime bien dormir dans sa balancigne (nom inventé pour l’espèce de chaise qui se berce tout seul et qui me permet d’écouter Black Mirror en paix). Encore une fois, je suis vraiment un mauvais parent de faire ça, parce que mon bébé n’apprend pas à s’endormir par lui-même, ce qui est encore un autre gros non, non, non gros épais. Dans le monde des parents, avoir un bébé qui s’endort par lui-même est l’équivalent d’avoir mis la main sur le Saint-Graäl. Les autres parents les vénèrent et les adulent comme les Dieux parfaits qu’ils sont, eux qui ont réussis à enfanter un bébé qui s’endort tout seul.

Bon, peut-être que votre bébé est maintenant rendu à un autre stade ou encore votre enfant à grandit et s’endort effectivement par lui-même. Pas de désespoir, il y a encore plein d’autres façons d’être un mauvais parent! Peut-être donnez-vous la suce à votre enfant, ce qui déformera ses dents, le rendra incapable de parler autrement que par grognement de singe et garanti qu’il va l’utiliser encore quand il sera à l’Université!

Vous pensiez donner du chocolat à Pâques pour vos enfants? Oh, oh, j’espère que vous avez assez économiser pour des broches quand il aura 16 ans!

Des promesses de iPad s’il est gentil au restaurant? Ça sonne comme des pots-de-vin de la submission bitch!

Dire à votre enfant qu’il vous laisse tranquille pendant que vous gosser sur l’ordinateur? Devinez qui ira en prison pour vol à main armée dans son adolescence pour cause de carence affective?

Rapidement vous pouvez commencer à vous sentir plus que mauvais, et même un peu coupable! Ben guess what, les guides et tous les autres vous disent que vous devriez arrêtez de vous sentir coupable! Aweille mauvais parent, un parent qui se sent coupable émet de mauvaises vibrations ou ben some shit ésotérique de même au bébé pis il va avoir de la difficulté à s’attacher ou ne mangera plus jamais de légumes de sa vie! Les articles de Facebook vous disent qu’il faut être le parent imparfait pis croquer dans le bonheur mais aussi se foutre de tout les autres pis faire des bricolages mais pas trop, sinon, ding ding, mauvais parent!

Maintenant, imaginez que votre enfant a une condition. Autisme, hyperactivité, agressivité, strabisme divergeant, intolérance au lactose, hermaphrodite, parle avec les morts, peu importe. Votre enfant agit différemment et cela double votre dose de doute de soi-même quant à vos capacités parentales. Afin de vous sentir moins seul, vous vous embarquez sur diverses forums ou pages Facebook avec d’autres parents comme vous. Vous vous dîtes qu’ici tout le monde se comprendra enfin. Pauvre conne va…Non, encore une fois vous découvrirez que vous êtes encore un mauvais parent toé chose!

En effet, il y a toujours le bon parent, celui qui en a donc vécu des choses et qui sait comment vous faire sentir comme une grosse marde et ce avec quelques mots seulement:

« Les parents d’aujourd’hui ne sont pas assez fermes, moi mes enfants sont (TSA, TDAH, albinos, peu importe), pis j’ai jamais eu de problème avec eux. Suffit d’un peu d’autorité! »

Peu importe le forum, thread de discussion, ce parent s’y retrouve sous une forme ou une autre. Imaginez-vous donc que ce bon parent a réussi grâce à ses capacités extraordinaires, sa voix douce et autoritaire et ses yeux exorbités à faire faire telle affaire à son jeune, que ce soit prendre l’avion pendant 12 heures de temps, lui faire manger des choux de Bruxelles ou bien le faire circoncire à frette. Ce bon parent est le top voyez-vous, parce qu’il vit avec un enfant différent et qui plus es, n’a JAMAIS eu de problèmes de sa vie. Jamais. Il sait quoi faire.

Maintenant imaginez que vous êtes un peu dans le doute, incertain, fragile parce que votre p’tit différent a hurlé pendant deux heures de temps et que vous avez dû l’arrêtez physiquement avant qu’il ne se blesse lui-même. Et que vous lisez ce genre de commentaire. Ouch, crunch, destruction du peu d’estime qui restait.

Je sais que ces personnes ne sont pas réellement conscientes de ce qu’elles ont écrit. Probablement qu’elles ne savent même pas le pouvoir de leur mots. Que plusieurs parents anonymes, comme moi, liront ces mots et ne lui répondront pas, n’auront pas la force de s’obstiner sur Internet avec un inconnu pour démontrer qu’il n’est pas toujours si simple d’avoir la « fermeté » et « l’autorité » avec un enfant, peu importe sa condition. Ces parents ne sauront pas à quel point ils pourront venir ébranler la force d’autres, les faire douter, les décourager, les anéantir.

Être un mauvais parent, c’est ben facile selon tout le monde. Alors, si vous êtes un bon parent parce que vous avec donc le tour, vous avez écouté Virginie et savez quoi faire, parce que vous avec eu le secret des Dieux, vous avez donné la bonne purée avant 4 mois et avez allaité votre bébé sur le côté les jambes dans les airs en lisant votre mantra, bravo. Partagez le juste pas avec le reste des mauvais parents. On le sait déjà ce qu’on fait de tout croche, on veut pas savoir ton truc, ni ton jugement, bitch.

Dada Blaise

 

Papa pis Dada et les z’enfants en vacances dans le frette

C’est le mois de mars et la plupart du Québec est en semaine de relâche, c’est-à-dire le temps idéal pour perdre patience après vos enfants parce qu’ils font encore une crise vu qu’ils ont perdu à Hippo Hippo (Chriss, c’est pas compliqué, pèse su’l piton plus vite pis ton hippopotame vas en avoir des maudites billes!). Beaucoup de parents, afin d’éviter les larmes et les « Veux-tu jouer avec moi? » incessant se disent alors: « Tiens, profitons de cette semaine de congé pour partir en vacances quelque part d’exotique et d’amusant à prix boosté! ». C’est une tradition parentale qui dure depuis des lustres, soit de faire profiter nos enfants de nos précieux congés pour les entertainer et leur faire découvrir de nouveaux endroits à visiter.

Malheureusement, tous les parents du monde se tirent royalement dans le pied en voulant faire plaisir à leurs enfants. Soyons honnêtes, des vacances avec des enfants c’est beaucoup de chose, mais ce n’est pas des vacances.

Papa pis Dada, se croyant plus fin finaud que les autres, se sont dit qu’ils allaient partir en vacances avant la semaine de relâche, afin d’éviter la cohue pis la population en général, parce qu’on est donc sauvage pis on haït ça le monde. Papa avait pris congé pour une belle semaine, sentant que Dada allait bientôt être atteint de cabin fever à force de passer ses journées à faire du lavage, donner le biberon à Baby Love et écouter L’Huile de Lorenzo sur Prise 2 en braillant. Fac aweille toute la gang dans le char, on s’en va à Québec pour du plaisir Québécois!

Premier défi, amener tous les trucs nécessaires pour bébé et pour grand garçon afin que ceux-ci soient heureux, bien nourris, au chaud et surtout qu’ils nous achale pas trop. Pour grand garçon, c’est relativement simple, le iPad est toujours winner, ainsi qu’une couple de jouets dont il se câlisse. Pour bébé, c’est plus complexe. Il y a beaucoup de trucs à amener, du thermomètre rectal jusqu’aux petites débarbouillettes pour essuyer son nez plein de morve. Nous ne prenons pas de chance, nous amenons tout ce qui se trouve dans sa chambre.

À peine embarqué dans le char nous voilà donc épuisés. Mais nous n’avons encore rien vu. Alors qu’est-ce qui épuise tant un parent en vacances vous demandez-vous alors en vous tortillant sur votre siège?

Alors qu’autrefois Papa pis Dada partageaient leur temps en vacances entre boire des martinis secs, relaxer en écoutant la tivi dans le lit duveteux d’un hôtel et se lever tard, faire l’amour à 3h de l’après-midi puis visiter des trucs sympas et manger du poulet graissoux le soir venu, il s’agit maintenant d’un test d’endurance à savoir à quel point vous êtes capable de subsiter toute une journée entière de belles activités tel que glisser dans la neige frette, manger dans des restaurants bon marché avec vos bottes qui suintent l’humidité, visiter des files d’attente palpitantes et dire non à un enfant qui veut acheter des bébèlles hors-de-prix et ce avec comme seul carburant des maigres heures de sommeil, un peu de caféine ingurgité dans la voiture entre deux destinations et l’enthousiasme désespéré d’un animateur de camp de vacances maniacodépressif. Bref, il y a beaucoup de monde, beaucoup de choses à faire et en plus, il faut s’amuser et avoir du beau plaisir en famille.

L’esprit d’un parent en vacances ne se repose pas finalement. Il est toujours en marche. Il faut surveiller le p’tit pour ne pas qu’il casse quelque chose dans le beau mégésin souvenir ou bien qu’il ne se fasse pas kidnapper dans les toilettes, se battre avec pour qu’il mette sa tuque ou bien qu’il la garde, lui rappeler que oui il faut brosser ses dents et ce même en vacances, s’assurer qu’il a bien fait pipi à chaque nouvelle toilette que vous voyez, et ce même quand il vous dit qu’il n’a pas envie, faire des listes mentales dans votre tête à chaque nouvelle activité, vous assurant que vous avez apportez tout ce qu’il fallait dans le sac à couche, le lait, les lingettes, les calices de collations variés et bien coupés comme à la garderie parce que sinon il en veut pas, le jouet, l’autre jouet, la suce pour le bébé, le mouche-nez bruyant, les crayons de couleur, Sophie la Girafe cancérigène; se stresser à chaque nouveau restaurant qu’on visite de peur que le bébé braille trop fort ou ben que le p’tit pète sa coche parce que tsé hein sa condition genre.

Et la grosse différence c’est que à la maison vous dormez dans des chambres séparés. Papa pis Dada pis les deux z’enfants eux étaient dans la même chambre d’hôtel. Toute la famille entassé dans une belle chambre sombre avec le bruit intermittent du réfrigérateur qui part, l’air qui se décide pas à être chaud ou frette et un bébé qui se réveille une couple de fois par nuit pour boire, rôter bruyamment, sourire béatement parce qu’il est donc heureux de vivre et réveiller tout le monde par le fait même. Non mais y’as-tu de quoi de plus chiant que de tenter de pas faire de bruit dans une chambre d’hôtel avec ton méri pis ton plus vieux qui dorment fragilement à quelques centimètres à peine tout en swingant de bord en bord un p’tit bébé qui en toute apparence à pas l’air parti pantoute pour se rendormir. Et alors que mon bébé gazouillait/braillait assez fort que ça a réveiller le plus vieux, qui était tellement excité d’aller dans les glissades promises qu’il voulait se lever tout de suite right fucking now à 4 heures du matin, j’ai eu une pensée soudaine:

Me suis dit, ouff, je suis épuisé me semble. Et je ne me reposerai pas plus. Si je n’étais pas vêtu d’un simple boxer, je laisserais subtilement le bébé dans son parc, pognerais mon portefeuille et j’irais me louer une autre chambre dans l’hôtel, juste pour moi, juste pour dire que je dormirais tout seul pendant plus de deux heures d’affilée sans jeune enfants pour me réveiller et sans conjoint gigantesque qui prend toute la place dans le lit avec ses gros bras pis ses grandes jambes.

Mais je suis resté évidemment, parce que l’amour pis le dévouement pis toute, pis me suis levé le lendemain matin en grommelant pis en perdant patience après mon chum parce qu’il était pas prêt assez vite pis après mon p’tit parce qu’il gossait dans le stationnement au lieu d’embarquer dans le char pour qu’on aille se gêler le derrière à voir un hôtel fait de glace. Pis le soir venu on a recommencé tout ça, pis encore, pis encore. Pis je suis revenu chez nous et me suis réveillé le lendemain matin frais comme une rose poqué comme un lendemain de veille, mais sans avoir bu grand alcool.  C’tu pas des belles vacances réussis ça? À en juger par les photos pis le moulin à paroles de mon fils qui nous parlait de ce qu’il a aimé pis qu’il a donc hâte de retourner en « vacances voir mr Vieux Québec », je crois que oui.

There you have it: on aura eu beau être maussade, être impatient, mal dormir pis pogner les nerfs pour un rien, mon p’tit a eu du ben gros fun, pis p’être que moi aussi j’en ai eu quand j’ai glissé vite vite dans la neige avec mon enfant. Mais juste un peu…

Dada Blaise

 

 

Comment Organiser Une Fête d’Enfant Sans Saigner du Nez

Ahhh les fêtes d’enfants. L’apothéose de la parentalité moderne. C’est ici que le parent peut démontrer tout l’amour qu’il porte à son enfant en engageant des poneys aux couleurs chatoyantes, des clowns non-binaires, créant des cupcakes végétaliens à l’effigie du dernier personnage Disney à la mode, ainsi que des banderoles et fanions confectionnés avec des bouts de rideaux pour décorer la maison en entier.

Malheureusement être parent veut nécessairement dire qu’un jour votre enfant va grandir et d’années en années, il faudra le célébrer avec une petite et charmante fête. Il n’y a pas grand monde su’à Terre qui aime ça organiser un party d’enfants, alors voici donc mes trucs pour ne pas vous retrouver dans le fond de la cave à manger le papier peint:

Première Étape: Choisir un thème

Aller fouiller sur Pinterest comment créer un décor simple et enchanteur sur le personnage qui fait tripper votre enfant. Aller acheter des rouleaux de tulle, des paillettes, du papier crêpe et du fil à pêche. Brailler devant cet espèce de machin lovecraftien difforme qui pend au-dessus de la salle à dîner qui est supposé être un troll.

Foncez jusqu’au Dollorama pis acheter le kit générique de décoration. Tiens, c’est ça ton thème, des ballons pis des chapeaux.

Deuxième Étape: De kessé que vous allez manger

Vous avez deux choix ici:

Ou ben donc vous vous fendez la face à faire des tites crudités pis des mamwichs découpés en triangles isocèles pis en face de Tortue Ninja pour vous tenir ensuite nerveusement derrière votre enfant en jetant violemment des morceaux de légumes dans sa bouche, prouvant ainsi aux autres que votre enfant mange adéquatement tous les jours. #mangetescocombrespourlamourdusainthcriss

Ou ben donc vous faites cuire des tites saucisses dans la sauce VH pis vous garnissez le tout de gros bol de chips, sucrant tout ça sur la table en vous enfuyant dans l’autre pièce avec les autres adultes.

Bonus: fournissez de l’alcool. Il n’y a jamais trop d’alcool à un party pour enfants.

Troisième Étape: Divertir ce beau monde-là

Il y a une raison pourquoi engager des clowns, Spiderman ou un magicien qui twist les ballons coûte une fortune et vos économies pour ce weekend érotique à Platsburgh que vous et votre mari vous étiez promis, c’est parce que faire c’te job-là ça doit être HORRIBLE. J’suis prof dans la vie pis des fois j’me demande combien j’demanderais qu’on me paye si on me demandait de vêtir un p’tit costume tight de Pokémon pour que je danse pis que je chante devant une foule d’enfants survoltés qui carburent sur le jus cheap et les crottes au fromage. La réponse est pas mal cher.

Vous pouvez toujours économiser en engageant un entertainer de prix modique, genre Ariel sur son lendemain de veille qui sent les Uppercut ou ben Anna et Elsa version Showgirls, mais vous risquer de recevoir des plaintes des autres parents.

Votre autre choix est d’organiser des jeux pour amuser les enfants. La croyance populaire est que vous pouvez laisser les enfants s’amuser seul, mais rapidement ils se retrouveront dans la zone adulte à se courir après et passer dangereusement proche de renverser vos précieux verres de vin. Alors pour éviter qu’un enfant déboule les marches ou s’entretuent pour savoir qui aura droit de prendre Zuma, vous pouvez proposer des idées de jeux. Exemples:

La Chaise Musical ou Comment Grafigner Votre Beau Plancher En 5 Minutes

Déballer le Cadeau en Cercle ou Comment Faire Brailler Huit Enfants du Même Coup

Accrocher la Queue de l’Âne ou Comment Taquer une Épingle à Tableau Dans le Front d’un Enfant

Quatrième Étape: Les Goodies Bag

Bon…Non. Juste non là. On peux-tu arrêter cette tradition-là? J’veux ben donner un petit suçon mais aucun adulte raisonnable veut voir son enfant revenir chez lui avec un p’tit sac qui contient de la scrap en plastique parfaite pour s’étouffer rapidement s’empiler sur la table de chevet de votre enfant. Fuck les Goodies Bag.

Cinquième Étape: Le Gâteau

Ahhh shit. Vous vouliez être le roi de Facebook et épater la galerie avec votre gâteau de quarante-six étage qui fait des feux d’artifices pis qui bouge tout seul, mais vous avez découvert que un beau gâteau coloré avec shitload de pâte d’amande ça goute pas ben ben bon pis que personne en mange? Alors quoi faire?

Un gâteau est nécéssaire dans une fête d’enfants, parce que, c’mon, tous les enfants adorent le gâteau, pis les adultes aussi parce que quand il y a le gâteau ça signifie habituellement que la fête est sur le point de se terminer.

Faites donc un gâteau McCain, un acheter au Costco ou si vous êtes chanceux comme moi, demandez à la grand-mère talentueuse ou ben la marraine habile d’en faire un pis faites vous pas chier avec ça!

Sixième Étape: La durée de la fête

Le temps fonctionne différemment dans une fête d’enfants. Un peu comme dans Inception, genre ça passe crissement plus lentement, surtout le plus d’enfants qu’il y a dans la place. Fac après la bouffe, le gâteau pis les cadeaux, sortez l’arme ultime: un film devant la tivi avec du popcorn. Si vous vous sentez wild, spiké les p’tits jus des enfants avec de la mélatonine. Pis après le vrai party commence. #nojudgement

Dada Blaise

 

 

 

 

 

 

Se Chicaner Devant les Enfants

Il y a les couples heureux, ceux qui mangent des pommes saupoudré de cannelle au lieu de chips au vinaigre, ceux qui gambade dans les bois et qui s’offrent des escapades dans des yourtes sans électricité pour se parler dans le blanc des yeux et se retrouver le couple, ceux qui prennent des bains à deux avec des bombes Lush, pis il y a les autres. Ceux qui s’obstinent pour la couverte, qui font l’amour le jeudi soir uniquement par obligation, qui soupirent de frustration parce que l’autre a pas refermé les portes d’armoires et ceux qui se fâchent parce que leur époux semble incapable de mettre son esti de linge dans le panier de linge sale, préférant plutôt le laisser au pied du lit ou bien à quelques pas dudit panier. Get the hint!
Bref…
Papa pis Dada font parti de l’autre catégorie. Ceux qui se chicanent pis qui pognent les nerfs facilement. Il fut un temps où oui nous nous regardions en rigolant et en se caressant la barbe au lieu de s’engueuler lorsque nous avions un petit différent, mais maintenant que nous avons des enfants et que nous dormons en moyenne 4 heures par nuit, il est beaucoup plus facile de se chicaner pour un oui ou pour non.
Voici un exemple:

Dada: Salut!

Papa: Allô.

Dada: Qu’est-ce que t’as? Es-tu fâché?

Papa: Je suis correct.

Dada: Ben pourquoi t’as cette face-là?

Papa: Quelle face?

Dada: Ben t’as l’air fâché.

Papa: J’suis pas fâché, j’suis correct.

Dada: T’as l’air de mauvaise humeur entk.

Papa: Je suis pas de mauvaise humeur, j’viens de te dire que j’étais correct!

Dada: Es-tu certain?

Papa: J’AI DIT QUE J’ÉTAIS CORRECT!

Dada: Heille pourquoi tu pognes les nerfs?!

Papa: Ahhh tu m’énaaarves!

Ce genre de conversation hautement titillante arrive fréquemment dans notre jolie maison de la banlieue. Là je sais qu’est-ce que vous vous dite: Vous chicanez-vous devant les enfants?

 

La plupart du temps, quand un couple à un petit désagrément ou un chriss de gros, l’adage et les grands-mères suggèrent de : »ne pas se chicaner devant les enfants ». Il faut donc attendre que le bébé soit bien pelotonné dans son berceau et le grand assommé par l’épuisement dans son grand lit avant de se retrouver dans le salon afin de se chicaner sur qui avait dit tel affaire sur un ton agressif et de ne plus être certain des paroles exactes. La plupart des experts semblent être d’accord que de vous chicaner devant les enfants n’est pas la chose la plus saine à faire.

L’argument le plus fort est que les enfants apprennent par l’exemple, donc s’ils vous voient vous chicaner, ils reproduiront vos paroles et gestes. ATTENTION, je parle d’une chicane de couple, et non pas de problèmes de violence conjugale ici, je suis pas dans Rupture ou whatever boring émission de TVA. Je suis d’avis de démontrer à mon enfant que ses parents ne sont pas parfait et que du même fait, aucune relation ne peut être à cent pour cent parfaite. Je ne veux pas qu’il grandisse pour un jour se retrouver en couple et avoir sa première chicane et puis se mettre à brailler ou ben partir en courant parce qu’il n’aura jamais été confronté à des parents qui ventilent leurs différents.

Voici un autre exemple de chicane chez Papa pis Dada:

Papa: Qu’est-ce qu’on mange?

Dada: J’ai rien fait, ça me tentais pas pour X raison.

Papa: Ben qu’est-ce qu’on fait?

Dada: On peut se faire livrer quelque chose ou ben aller au resto.

Papa: Ok, où veux-tu aller?

Dada: Ah n’importe quoi, ça me dérange pas. Toi tu veux quoi?

Papa: Je t’ai dit que ça me dérangeais pas. N’importe quoi j’ai pas d’idée.

Dada: Je sais pas. Choisi.

Papa: N’importe quoi!

Dada: J’avais pas d’énergie pour faire le souper, j’ai pas d’énergie pour choisir.

Papa: Ah ça fait tout le temps ça, n’importe quoi j’m’en fous!

Dada: Bon t’es fâché?

Papa: Non j’suis correct!

Dada: T’as toujours l’air bête! Ton linge traine par terre! Lève-toi plus vite le matin!

Papa: T’es jamais satisfait! J’fais toujours tout croche! Tu pognes les nerfs pour rien!

Dada: Aaaahhhh!

Papa: Braaagghhh!

 

Et ainsi de suite. Bref, nous aurions pu garder nos émotions bien profondément dans notre derrière et attendre la nuit venue pour nous engueuler dans le lit, mais nous sommes plutôt du style volatile qui pogne les nerfs rapidement pour ensuite s’excuser une heure plus tard. Ces moments peuvent également être un moment parfait pour enseigner à nos enfants comment régler des conflits. Combien de fois j’explique à Petit Pou qu’il faut dire quand quelqu’un nous dérange, exprimer notre colère en le disant avec des mots et sans taper. Et combien de fois il doit aller s’excuser auprès d’un petit ami après une chicane? C’est la même chose, mais pour les grands. Papa pis Dada se chicanent, ils ne sont pas d’accord, ils se fâchent, s’expliquent puis s’excusent.

En résumé, l’idéal serait de ne jamais se chicaner, mais sans une petite chicane de temps en temps, on aurait jamais de make-up sex.

Dada Blaise

Je suis tanné de penser à lui

Je suis tanné de penser à mon enfant. Je suis tanné de penser à ce qu’il a fait, n’a pas fait, devrait faire ou aurait du faire. Je suis tanné de m’inquiéter sur son avenir, sur la journée de demain, s’il va avoir une belle matinée, un bel après-midi, s’il va faire mal aux autres ou bien se faire mal.

Je suis tanné de penser à lui, à sa condition, à l’autisme. Je suis tanné d’attendre après des réponses qui n’arriveront probablement jamais.

Je suis tanné de voir de la famille, des amis, des collègues, des connaissances et me faire dire comment mon garçon est mignon, et à quel point il n’a pas l’air « autiste » ou « si pire que ça » et de ressentir le besoin pressant de les corriger et d’expliquer qu’en fait il ne va pas toujours très bien, que de s’habiller ou prendre un bain peut r’virer en cauchemar et que de voir son enfant se frapper la tête sur le sol pour se calmer est une image que je ne souhaite à aucun parent.

Je suis tanné de sa rigidité mais je suis également tanné du regard des autres lorsque j’agis pour le bien de mon garçon en sachant où sont ses limites et qu’est-ce qui est mieux pour lui.

Je suis tanné des contradictions des spécialistes, des recherches, des autres parents.

Je suis tanné de mes propres contradictions. Je suis tanné de toujours me demander si telle ou telle intervention est la bonne.

Je suis tanné de me demander si tel ou tel geste est autiste ou simplement normal.

Je suis tanné de ne jamais véritablement savoir exactement ce que je devrais faire.

Je suis tanné qu’il n’y est pas un livre du genre: Le Guide du Parfait Petit Parent du Petit Autiste Parfait.  

Je suis tanné d’avoir à prévoir et gérer le futur d’une simple journée, à me demander si telle activité sera trop pour le petit cerveau de mon fiston, comment il pourra réagir, quelle stratégie je devrai utiliser et quel moyen je devrai prendre pour l’aider.

Je suis tanné d’être optimiste et espérer qu’une simple marche autour du carré de maison avec une trottinette pourrait être un beau moment en famille mais aussi de prévoir le coup en sachant très bien que la frustration et l’échec de ne pas réussir du premier coup feront que mon garçon pourrait se jeter au sol et se frapper ou bien fuir directement vers la rue ou pire encore.

Je suis tanné de ne pas pouvoir m’asseoir dans mon salon sans me faire tourner autour et me faire frapper parce que mon garçon ne sait pas comment gérer son ennuie et est incapable de s’occuper seul.

Je suis tanné d’avoir à expliquer à mon enfant qui veut constamment inviter des amis à la maison que parfois il faut prendre une pause d’inviter des amis, parce que quand il y a trop de gens, trop d’amis, quand il cour trop, qu’il saute, s’excite, mange des cochonneries, ben sa petite tête peut se rempli d’éclairs et que là il peut perdre le contrôle, frapper, se taper, ses éclairs peuvent sortir de sa tête et personne ne veut ça.

Je suis tanné d’inviter des amis pareil pis de sortir ma panoplie d’horaire, de pictogrammes, d’objets et autres trucs, de faire un plan de soirée et de stratégies avec mon garçon, nous épuiser avant même que ça commence et de me dire chriss, ça devrait pas être aussi difficile que ça de prévoir un souper avec des amis. Que moi aussi j’ai le droit de m’asseoir pis boire du vin pis de pas à avoir à m’inquiéter sur si mon garçon va en frapper un autre avec un camion parce que l’ami à passer trop près ou n’a pas voulu jouer comme il l’avait prévu.

Mais après tout cela, je réalise aussi que, oui, ça va toujours être aussi difficile. Difficile va faire parti de mon vocabulaire et ce jusqu’à la fin des temps. Parce que quand c’est difficile, c’est parce qu’il faut que je porte attention. Pis c’est à ce moment là que j’ai le goût d’arrêter de penser à mon garçon, à l’autisme, aux solutions pis aux stratégies.

C’est là que je réalise que dans l’fond, ce que j’veux, c’est juste que mon p’tit gars se sente un peu comme les autres enfants. Que de temps en temps, qu’il puisse courir, pis sauter, pis  s’énerver, pis manger, pis suivre pis faire un peu n’importe quoi, juste pour qu’il se sente comme un p’tit garçon de 4 ans, juste pour qu’il se sente comme un enfant.

Et là, je ne suis pas tanné d’être surpris lorsque mon garçon joue comme si de rien n’était avec d’autres amis ou qu’il fait des câlins aux autres à la garderie.

Et je ne me tannerai jamais d’être presque ému aux larmes lorsque je vois mon garçon jouer pendant plus de 5 minutes avec son petit set Playmobil.

Et je me tannerai jamais de voir un petit geste, un petit mot, un petit sentiment se dégager de mon garçon, quelque chose qui vient prouver que tous les sacrifices, efforts et découragements en valent la peine, au bout du compte.

Et je me tannerai jamais de lui.

 

Dada Blaise

 

Sujets de Discussion Awkward Avec Son Enfant Autiste – Part 1: La Mort

Faque, imaginez-vous donc que ces temps-ci on parle de la mort. Genre sans arrêt. Mon cher et tendre garçon unique en son genre à découvert, dieu sait comment, le sujet de la mort. Pis il veut savoir de kessé que ça implique, comprends-tu? Jour après jour, me voilà bombarder de questions du genre à quel âge on meurt, est-ce que grand-maman va mourir bientôt et où on va quand on est mort. Et tout cela avant huit heures du matin la plupart du temps. Happy thoughts!

Tout cela est en partie la faute d’un chien. Spécifiquement feu Wilson, notre p’tit chien saucisse qui pissait de bonheur sur nos piles de linge. Mon p’tit avait à peine 3 ans quand petit chien a quitté notre foyer et on avait pas mal sugercoaté son départ. Mais vl’à ti-pas que grace à nouveau bébé dans notre foyer, mon grand garçon nous plonge dans les souvenirs larmoyants en regardant son album photos de bébé. Pis qui apparait sur plein de photos? P’tit chien saucisse Wilson. Petit Pou s’ennuie de Wilson. Il en veut un autre. Et comme tous les parents d’enfant autiste savent, quand il a une idée dans la tête, il l’a pas dans l’derrière. L’idée est ben incrusté, il en veut un chien, pis drette tout de suite fucking now, peu importe mes manoeuvres de distractions boboches comme ce joli jouet de chien qui culbute. Frappant un mur et étant un peu écoeuré de me faire demander quand on aurait un chien, je fais comme tout parent coincé fait et je porte le blâme sur mon conjoint:

« On ne peut pas avoir de chien parce que papa peut pas avoir de chien. Il est allergique. Il ne peut pas avoir un chien dans la maison sinon il va tomber vraiment malade. »

Le sujet semble clos et je me félicite chaudement. Pis, vl’à soudain que la logistique autiste de mon garçon s’enclenche pis qu’un beau jour, en revenant de la garderie, mon enfant m’annonce:

« Tu sais, quand papa va être mort là, on achètera un chien. »

Craignant qu’il dévise alors un plan machiavélique de tuer mon tendre époux dans la nuit avec une paire de ciseau dans le but d’avoir un chien, je lui explique prestement:

« Tu sais tu vas grandir et devenir un grand garçon, aussi grand que papa. Tu pourras avoir ton propre chien dans ce temps-là! »

« Mais papa y vas-tu être mort? »

« Non. Papa il va mourir dans très très longtemps. »

 

Pause.

 

« Pis toi? C’est quand tu vas être mort? »

« Dans très longtemps aussi. Je vais être vieux, vieux, vieux. »

 

Je sens le malaise d’un petit garçon de 4 ans face à la brusque réalité de nos vies limités. Il semble bien seul et perdu sur son p’tit siège derrière moi. J’m’arrête dans un stationnement et je tente de bullshiter une réponse un peu fabuleuse, magique et réconfortante à la fois. Personnellement, je tente de garder un esprit ouvert sur le grand mystère de la mort et j’aimerais rien de mieux que d’aller straight au paradis avec des anges tout nus qui ressemblent à Hugh Jackman pis jouer aux cartes avec mes ancêtres pis retrouver mes anciens chiens, mais bof, j’suis quand même réalise. Anyway, peu importe ce qui va arriver, j’me vois mal aussi annoncer à mon enfant qu’après la mort ton corps pourri horriblement dans la terre pis se fait dévorer par des p’tits vers blancs dégoutant. Fac j’opte pour l’option facile:

« Yada, yada, yada, on quitte vers les étoiles pis chacun des petits points brillants dans le ciel c’est une personne ou un animal que tu as beaucoup aimé. Et quand tu t’ennuies de Wilson ben tu peux regarder le ciel et trouver l’étoile qui brille la plus fort! »

Tout est beau que j’me dis. Sauf que j’vois de ses deux confus yeux qu’il est entrain de s’imaginer l’espace tout entier avec un paquet de corps mort d’animaux pis de personnes qui flottent dans l’espace noir et infini de l’espace. Oups!

« Mais Dada, quand tu vas être mort pis papa aussi…moi je vais être tout seul? »

Oufff…Je vois bien sa grande peur, cette éternelle peur qui est resté ancré dans le fin fond de son p’tit coeur, celle qu’il a gardé depuis qu’il a changé de famille à ses 3 mois. Cette peur d’être tout seul, d’être abandonné.

« Qui va s’occuper de moi? » me demande-t-il avec un début de trémolo dans le fond de la gorge.

Je me trouve bien embêté et honnêtement, un peu sur le bord de brailler à mon tour. Faut-il que je sois le plus honnête possible? Et comment je fais quand je ne peux même pas être certain de ce qui va arriver? Fac je lui dit que peu importe ce qui va m’arriver, mon amour va rester là. Direct dans son coeur. Je fais une petite boule avec ma main.

« Mon amour c’est ça. Pis il va être dans ton coeur pis celui de ton frère pis celui de papa. Pour toujours. Mon amour il ne peut pas s’en aller de ton coeur. Donc à chaque fois que tu vas t’ennuyer de Dada, tu vas avoir mon amour avec toi. »

Il me regarde furtivement, ses petits yeux bleus se remplissant de p’tites larmes.

« Tes mots me font rendre triste dans mes yeux mais sourire en même temps. » qu’il me dit  en se séchant les yeux.

J’dis pas que j’ai tout réglé avec ma phrase magique, mais disons que quand il me ressort un « C’est quand tu vas mourir? », j’lui rappelle de toucher son coeur pour vérifier si mon amour est encore là. Pis guess what, il l’est encore.

Dada Blaise